Aller au contenu

Loufiat

Membre
  • Compteur de contenus

    2 602
  • Inscription

  • Dernière visite

Tout ce qui a été posté par Loufiat

  1. Loufiat

    La vérité, c'est quoi ?

    On peut dire la vérité en mentant ? On peut dire une chose exacte alors qu'on ment, ça d'accord. Mais pas dire la vérité en mentant. Je n'ai pas dit que vérité et sincérité étaient une seule chose, mais qu'elles sont dans un rapport très étroit. Qu'est-ce qui vous échappe ? Un enfant affirmant qu'il dessine une maison alors qu'il dessine une maison, qu'il le veut et le fait, ne dit-il pas la vérité ? Son affirmation ne remplie-t-elle pas parfaitement tous les critères de la vérité dans sa définition commune et usuelle ?
  2. Loufiat

    La vérité, c'est quoi ?

    Regrettes-tu d'avoir connu ça ?
  3. Loufiat

    La vérité, c'est quoi ?

    C'est drôle, pourquoi refusez-vous le cadre posé au départ ? Pouvez-vous me dire en quoi les éléments que j'ai rappelés, parfaitement connus de tous dans la vie quotidienne, repris dans nos institutions (le droit), sortent-ils de la définition consensuelle de la vérité ? Parce que nous touchons à la sincérité, nous sortons de la vérité ? Vous en voyez pas le rapport entre les deux ? Qu'est-ce qui vous chagrine plus précisément, qu'est-ce qui bloque ?
  4. Loufiat

    La vérité, c'est quoi ?

    As-tu jamais cessé d'aimer quelqu'un ?
  5. Loufiat

    La vérité, c'est quoi ?

    Je suis désolé pour les multiples répétitions. Si je me réfère constamment à l'enfant auquel on demande ce qu'il fait ou a fait, c'est parce que je tente de remonter les effets de l'application du critère de la vérité dans nos relations les uns aux autres. Je pense que l'introduction de ce critère est l'origine de la formation d'un moi psychologique, prémisse d'un individu responsable. Je pars d'un enfant qui n'a pas d'unité psychologique. Cet enfant vit, pleure, rit, fait l'expérience toutes choses qu'il touche, entend et voit mais aucun "moi" n'intervient encore ; l'enfant, disent les psychologues, ne fait pas de différence entre soi et le monde, il n'y a pas de "conscience de soi". Mais son environnement ne cesse de se référer à l'enfant comme à un "moi", à son nom. On lui attribue une volonté. L'enfant est constamment au contact d'un "double", d'un "moi" légendaire qu'on lui construit avec ou sans sa participation et auquel on le ramène constamment, de gré ou de force. Vient, à partir du moment où il parle, la confrontation entre une chose qu'il aura dite et une chose qu'il aura faite. Il va découvrir que si une action n'a pas de limite, il ne peut jamais dire qu'une seule chose. La parole est un acte bien particulier. Parler c'est poser une origine. Chaque acte d'énonciation pose une nouvelle origine, que le prochain va seulement pouvoir reprendre en "originant" à nouveau. Exemple : on me demande si c'est moi qui ai cassé le pot de fleurs. Je sens que c'est une mauvaise chose. Mais je ne peux pas répondre oui et non simultanément. Je dois répondre oui ou non. Et une fois chaque parole prononcée, elles le devient pour toujours. Pleine et "originante". Je pourrai "revenir dessus", mais ces mots resteront précisément là où ils sont (et c'est pourquoi je peux y "revenir"), dans cette dimension impalpable où je ne pourrai pas faire qu'elles ne soient plus, qu'elles n'aient jamais été prononcées. La vérité alors pour l'enfant est un défi. Il va explorer cette dimension, il va apprendre à jouer avec ce moi et la "tension" dans les histoires que les moi créent tous ensemble. Il va d'abord vouloir découvrir quelle est l'histoire. Pourquoi on fait ceci et cela. Pourquoi... Ce que l'enfant demande alors c'est qu'on peuple cette dimension de la parole. On évoquera des ancêtres qui ont fait ceci ou cela. L'histoire du monde. Et il va se situer là, aiguillonné par le "moi". Il va tenter d'être une personne avec une parole - et ou d'y échapper par ailleurs. Il reste ce centre insondable. Que l'enfant se consulte et se détermine bel et bien. Et c'est tout le paradoxe de la chose. La parole et le critère de vérité, en originant, ne déterminent pas, puisque précisément, c'est à partir de là que l'individu se trouve projeté dans la dimension de la morale et de sa liberté, car il ne subit pas passivement la légende du moi ni tout ce qui peuple cette dimension, il en devient effectivement l'acteur, libre de paroles et d'actes qui auront des conséquences et aux conséquences desquelles il sera confronté. Le voilà projeté libre dans une histoire où il a à se former. C'est tout le drame de l'individu moderne, son moi ne se trouve pas dans une légende stable, bien posée par terre dans un système de castes ou autre ni non plus dans une origine mythologique. Le "moi" moderne n'a pas d'assiette, il se trouve constamment à se replier sur lui-même ou à désespérément chercher son assiette. Autre problème pourquoi la confusion entre vérité et réalité est maintenant si répandue, si totale. Tout dépend ce qu'on appelle aimer. Oui il y a un amour qui ne s'éteint jamais.
  6. Loufiat

    La vérité, c'est quoi ?

    Le mensonge n'est pas beaucoup plus répandu, ça n'a pas de sens en fait dans mon idée. Là où il y a du mensonge, le critère vérité joue, s'applique déjà. Dire la vérité c'est dire ce qu'on fait, ce qu'on croit faire, ce qu'on veut faire, etc. On peut s'occuper du mensonge si vous voulez mais il n'a pas d'être positif, ce n'est pas une puissance comme la vérité l'est, il n'existe que par rapport à elle. S'il n'y a pas de volonté déterminée et exprimable, il n'y a pas de vérité pas plus que de mensonge. Je reprends : la verite est l'adequation entre ce qu'une personne fait et ce qu'elle dit. Ça suppose une volonté, une détermination et l'aller retour par la parole entre des "moi" qui se consultent, se déterminent, agissent les uns en fonction des autres. Je demande à un enfant ce qu'il fait, il se consulte et décide de sa réponse. C'est un acte de volonté qui donne sa matière au critère "vérité", c'est lui le contenu de la vérité. Ensuite je peux la cacher, la dissimuler, lui donner un tour plus avantageux par la parole, que sais-je..
  7. Loufiat

    La vérité, c'est quoi ?

    Oui c'est une situation qui correspond. C'est dans ces situations que le critère de vérité s'applique et joue. Vous jouez avec ce critère constamment. Ça n'implique pas pour autant que vous disiez constamment la vérité ou toute la vérité, évidemment. Mais vous êtes engagée par, et référée à, vos actions et vos paroles par ceux qu'elles engagent aussi. Dans cette discussion, c'est ce qui ne relève pas de l'intentionnalité.
  8. Loufiat

    La vérité, c'est quoi ?

    Je ne vois pas la nécessité ni même l'intérêt d'en passer par un observateur impartial. Les relations personnelles suffisent. La vérité ne s'effiloche pas quand l'observateur impartial s'efface mais quand l'individu n'est plus référé par les autres comme à une personne, un moi. Lorsqu'une personne glisse dans Alzheimer la vérité cesse d'exister pour elle, cette puissance décline jusqu'à la nuit complète. Et dans l'enfant elle se fait jour par ses relations aux autres qui ne cessent de se référer à lui comme à un "moi", une personne, responsable de ses actes, capable d'intentions et d'exprimer ces intentions, etc. Je ne crois plus qu'il y ait une unité de la personne (un "individu") sans l'acte de la parole et sans le nom - une personne a un nom et une parole. Sans la parole (et ou ses dérivés) il n'y a aucune nécessité de la personne, de la formation psychologique d'un "moi" et tout ce qui va avec.
  9. Loufiat

    La vérité, c'est quoi ?

    En fait je pense que c'est l'inverse. Il y a d'abord le critère de la vérité que nous appliquons. On demande par exemple à un enfant ce qu'il fait. On suppose par là qu'il fait quelque-chose. Peut-être lui même ne pensait rien faire de bien déterminé. Mais notre question appelle une réponse, laquelle suppose qu'il se détermine. Qu'il forme et formule une intention. Et un jour l'enfant répond. "Je fais...ça". Naissance d'un sujet "intentionné", d'une personne, aux paroles de laquelle on va pouvoir appliquer ce critère de la vérité. Qui peut dire "voilà ce que j'ai fais, ce que je veux faire" ou bien encore "ce que je croyais faire". Le fait que nous nous trompons, le fait que nos intentions se heurtent à des criconstances qui nous échappent, le fait même que nous soyons des êtres divisés aux intentions contradictoires n'enlève rien. C'est un processus qui s'ouvre quand est introduit ce critère de la vérité. Vais je confirmer mes actes et mes paroles ? Que dois-je faire et dire ? Je suis entraîné par là dans l'histoire où je vais découvrir toutes les déclinaisons possibles du mensonge, mais ce critère simplissime lui reste égal à lui-même. Je ne suis pas tout à fait d'accord. Ce critère en s'appliquant invite l'individu, la personne à se former. Comme on peut choisir de ne plus promettre parce qu'on a fait l'expérience de faillir a sa promesse. La promesse est un risque, et ne plus promettre revient a renoncer à prendre ce risque. De même la vérité est un défi à l'individu qui n'est pas d'emblée indivisé, mais qui peut tendre à le devenir. Édit : j'avais lu trop vite nous disons en fait la même chose.
  10. Loufiat

    La vérité, c'est quoi ?

    Oui donc la vérité dans son contenu est dynamique, c'est une histoire (ouverte).
  11. Loufiat

    La vérité, c'est quoi ?

    La vérité est un critère de la parole : le jugement vrai / faux s'applique à des paroles et pas à des faits qui ne sont ni vrais ni faux mais "sont", et sont par exemple "bons" ou "mauvais" pour telle ou telle raison mais en tout cas pas vrais ou faux. Un fait faux ça n'a pas de sens. C'est toujours une parole, un discours qui est vrai ou faux, éventuellement par rapport à des faits (faux témoignage par exemple). Qu'y a t il de subjectif à dire que je vais faire les courses quand je vais faire les courses ? La science ne dit pas la vérité elle dit la réalité. La vérité c'est l'adéquation de la parole et de l'action (passée présente future).
  12. Loufiat

    La vérité, c'est quoi ?

    Je ne dirais pas entre l'intérieur et l'extérieur, mais une affaire relationnelle entre des personnes. Je pense pas que la vérité ne puisse pas être dite, au contraire elle suppose (en suivant mon cadre) un sujet formant et formulant des intentions (et qui peut chercher à les masquer). Donc une tension, un vouloir, des choix, un engagement réciproque des personnes dans et par leurs actions et leurs paroles. La vérité est l'adéquation entre les paroles et les actes. "Que fais-tu ?" "Je vais faire les courses". C'est ce genre de situations où le critère de la vérité s'applique. Ou bien à un procès (témoignages, aveux, etc.). Au-dela c'est métaphorique. La réalité (objective) et le descriptif sont réintégrés parce que les actions sont en lien avec des connaissance, avec des situations, évaluations, circonstances etc. qui ne dépendent d'aucun vouloir.
  13. Y en a marre des grands discours sur la vérité et son inaccessibilité. Je voudrais connaître la vérité que je peux connaître. Alors j'ai pensé restreindre drastiquement le domaine de la vérité pour la contenir à un niveau que nous saisissons tous. La vérité c'est ce qui s'oppose au mensonge. La vérité n'est donc pas l'exactitude, la précision, etc., qui s'opposent à l'erreur, quand, par exemple, on cherche à décrire une chose, ou à résoudre un problème logique. Non, il n'y a pas de vérité de la théière, de l'arbre ou de la rivière. La vérité est ce critère de la parole qui s'oppose au mensonge. Ça nous place immédiatement les grands termes du drame. Ça suppose des sujets, des acteurs énonçant des intentions ou évoquant des actes passés. Ça nous situé forcément dans une histoire. Dire la vérité c'est simplement dire ce qu'on a fait, ce qu'on fait, ce qu'on veut faire. Il y a donc forcément des individus en train de se parler, de vouloir et d'agir les uns en fonction des autres ; c'est uniquement dans ce cadre que le critère de la vérité peut s'appliquer. Au-delà, c'est métaphorique. Oui, non ?
  14. Où l'on voit que votre posture est fausse, c'est que, si vous suiviez votre prescription jusqu'au bout, vous n'auriez plus qu'à vous taire : nous n'avons jamais toutes les "informations" à propos de rien. Alors, bien sûr, on a toutes les raisons de ne pas se sentir concerné personnellement, intimement, par le conflit, mais quitte à venir écrire ici sur ce sujet, ne vaut-il pas mieux quitter la posture du dégagement et de l'au-dessus-de-tout-ça ? Qui ne reflète le plus souvent qu'une médiocre indifférence, très largement répandue en France (mais certes enguirlandée, comme il se doit, de propos toujours plus intelligents et subtils les uns que les autres). On n'y peut rien, c'est comme ça, le quidam lambda n'a pas de sensibilité pour comprendre ce que signifie que la Russie plante les griffes de son armée et de son administration dégénérées sur l'Ukraine. ne reste plus qu'à saluer votre réflexe de ne pas vous laisser happer lorsqu'on veut vous contraindre au schémas ami/ennemi. Bravo ! C'est déjà plus qu'on ne saurait attendre, au dessus de la moyenne. Quant aux défenseurs invétérés du régime Russe, il n'y a rien à faire avec ceux-là ; tôt ou tard ils verront leurs os éclater sous le feu de leur propre iniquité.
  15. Loufiat

    Recherches

    Je ne peux m'empêcher de trouver dans votre réponse les signes d'un renoncement à penser une réalité pourtant majeure de notre temps. Mais j'ai peut-être simplement mal posé ma question. Celle ci n'était pas pourquoi untel a fait telle découverte, pourquoi tel autre a imaginé telle application. Ma question était : pourquoi les techniques de l'information ont pris un tel essor, une telle place dans notre monde. D'une part il y a le foisonnement des inventions. De toutes parts, dans tous les sens. Ceci déjà est spécifique de la société technicienne. Passons. Puis il y a le resserrement, la sanction du réel, du marché, etc. Et là nous sortons du flou artistique pour atteindre a des réalités plus structurelles, à des déterminations plus lourdes et donc plus facilement identifiables. Les techniques de l'information, la communication automatisée entre des machines, ce n'est ni plus ni moins que la mise en relation de tous les domaines d'activité. Ceci a permis de dépasser les problèmes qui étaient survenus dans la dernière phase de croissance du système technicien (système dès lors que tous les éléments sont interdépendants et évoluent préférentiellement en fonction les uns des autres). L'informatique ce sont d'abord les systèmes d'information qui permettent que la production, par exemple de pots de yaourts, soit détachée et coordonnée entre tant d'usines a travers la planète, que le prix de revient du pot soir calculé en temps réel en fonction du prix des matières premières lesquels sont eux mêmes fixés par le jeu de communication automatisées. C'est ça l'informatique au niveau structurel. Instagram et wikipédia ne sont rien, sont des accidents sur ce basculement monumental qui s'effectue a partir des années 60, où l'ensemble du milieu technique évolue et change de nature par le biais des techniques de l'information. Vous voyez qu on ne se situe pas exactement au même niveau. Or ce basculement d'une part reste étonnamment inconscient, d'autre part transforme toutes les données concrètes de la vie humaine. C'est a dire qu'il est conduit pour ainsi dire automatiquement, et on lui trouve seulement des justifications a posteriori, sur le plan des grandes idées (se connecter les uns aux autres, que sais-je des conneries qu'on a pu entendre). Or il s'agit d'une transformation majeure, qui donc est conduite inconsciemment, par automatismes, par une sorte de sens commun, mal défini, qui fait comprendre à tous la nécessité, l'impératif de prendre cette direction. Bien sûr tous ceux qui ne l'ont pas prise sont désormais effacés. C'est le milieu technique lui même qui sanctionne. Ce sont les difficultés accumulées dans ses dernières phases qui ont rendu l'informatique obligatoire. Parce qu'on faisait face a des blocages intolérables, parce qu'on était incapable de traiter autant de données, de telles vitesses, de tels calculs avec des moyens symboliques, parole, etc. Personne ne mesure, semble t il, l'importance d'un tel basculement. Et l'IA n'est encore rien d'autre qu'un système d'information assurant une corrélation toujours plus étroite. C'est un seul et même mouvement, celui de la constitution en système du milieu technique. Et il devient évident, lorsqu'on se place a ce niveau d'analyse, que l'évolution de quantité de représentation, des valeurs, etc., reflète seulement, et ne decance pas du tout ce mouvement. Cela signifie aussi la fin de la dialectique, l'entree dans autre chose, un autre rôle, une autre façon d'être et de progresser de la pensée.
  16. Loufiat

    Recherches

    Je crois que nous faisons seulement face à diverses strates du milieu technique, dont la dernière ne présente plus les mêmes caractères que ceux précédents, qui restent généralement retenus : rationalité, découpage, mécanisme.. ce qui correspond au milieu technique d'il y a un siecle, un demi siècle au moins. Vous ne pouvez pas circonscrire l'informatique et les techniques associées comme si elles étaient à part du reste, une singularité. C'est l'ensemble du milieu technique qui est engagé, transformé. Or pourquoi l'informatique ? Pensez vous que les effets que vous décrivez sont la raison d'être, la cause de l'ensemble informatique ? Un tel phénomène doit s'enraciner dans quelque chose de beaucoup plus profond. Pourquoi l'informatique s'est elle imposée partout de façon aussi impérative et universelle ? Pourquoi ce mouvement s'est naturellement présenté à tous, dans le monde technicisé, comme un progrès et une nécessité incontournable ?
  17. Je suis pro sanctions pour autant que ça veuille dire quelque chose et accepte pour ma part les conséquences d'icelles. Ensuite, je vis dans la certitude que le temps de cette société passera et qu'il faut nous préparer à un sevrage, en douceur si possible mais forcément douloureux, peut-être fatal, à ce que d'autres ont décrit très justement comme une dépendance pathologique à l'électricité (s'il n'y avait que ça). Le nucléaire reste une fuite en avant typique de notre fonctionnement qui, par le nucléaire ou d'autres voies, va indubitablement conduire à des catastrophes qui s'annoncent de plus en plus graves et dangereuses, cela ne fait aucune espèce de doute, la seule question est quand, comment et jusqu'où les évènements vont dégénérer.
  18. Loufiat

    Recherches

    Mais pourquoi certaines représentations deviennent vraies, déterminantes pour les êtres humains ? Comment s'organisent-elles, quelle logique, s'il y en a une, suit leur émergence, leur affermissement au sein d'un ensemble culturel dynamique ou au contraire leur calcification puis leur disparition dans le limon d'un nouvel imaginaire, de nouvelles représentations ? Lorsque des scientifiques dressent à partir des dernières découvertes une représentation plus générale de la nature et de l'homme, ils impliquent, en les reconduisant, certains rapports, une certaine situation dans le monde. Aujourd'hui cette situation se confond toujours plus étroitement avec le milieu technique. Votre recherche dans microcosmos est assez illustrative de ça. Dans les études que vous y évoquez, l'identité est stricte entre les nouveaux caractères attribués au monde naturel et ceux du milieu technique lui-même : primauté des échanges, de l’interaction, interdépendance, collaboration et symbiose, systémique, énergie et information... Alors le scientifique ou le philosophe des sciences, en se retournant vers les représentations culturelles, en invoquant la capacité créatrice et de renouvellement des représentations, se trouve dans une situation assez paradoxale, où les représentations qu'il avance et dont il se fait le porte-voix, sont seulement en avance par rapport au reste de la population, parce qu'il est à la pointe du système plutôt qu'à l'arrière et qu'il a, davantage que les autres, trempé ses représentations dans l'objectivité scientifique et intégré les dernières règles et contraintes du milieu technique. Si le véritable enjeu civilisationnel est bien aujourd'hui et pour encore des décennies la situation de l'homme vis-à-vis du milieu technique, si tous les autres enjeux sont secondaires et liés de proche en proche à cette aventure où il s'est lancé, nos scientifiques n'ont guère de chance d'être ce terreau, de conduire une révolution des représentations et de l'imaginaire, des valeurs et des pratiques, qui conduise l'homme à dominer cet enjeu. Et qu'observons-nous en fait ? chez ces hommes de science, la suspension et la déconstruction méthodique des visions du monde héritées et la substitution systématique, à leur place, dans le fond comme dans la forme, des dernières valeurs induites par l'évolution technique, le plus souvent sans aucune conscience de ce qu'ils font, sans aucune attention particulière à leur propre intégration, leur adaptation toujours plus complète et celle, qu'ils promeuvent, de leurs congénères. Ils font à ce sujet le plus souvent preuve d'une naïveté et d'une innocence confondantes, et d'une mauvaise foi frisant la bêtise crasse.
  19. Plus que la tenue, qui peut bien sûr jouer, je suis persuadé que c'est la vulnérabilité qui excite le violeur et précipite son passage à l'acte.
  20. Il ne vous intéresse pas d'apprendre que des personnes en état de mort cérébrale ont pu assister à des scènes réelles qui se déroulaient loin d'elles et en rendre compte après leur réanimation. Pourquoi choisissez-vous d'ignorer ces témoignages dont certains ont fait l'objet d'études documentées, recoupées, etc. ? C'est votre choix et votre plus grand droit mais cela mine quelque peu la position "ne m'imposez pas vos croyances" etc. Ou disons que cela en reflète la fermeture dans l'a priori. Pourriez vous expliquer ce choix de la fermeture que vous faites ?
  21. Examine l'avant pour connaître l'après. Interroge les religions, les sages, les prophètes, confronte-les dans l'esprit d'un scientifique ou d'un enquêteur. Tu trouveras des travaux sérieux sur les expériences de mort imminente, ils devraient t'intéresser.
  22. C'est l'objet de la sociologie. Tenter de comprendre comment les institutions, pratiques, croyances, significations et leurs effets, positifs et négatifs s'enchaînent. Mais nous avons tendance à traiter ces sujets un peu à la volée. Le divertissement et la consommation de masse par exemple, pour avoir pris une telle ampleur, doivent avoir une fonction absolument essentielle, reposer sur des "mécanismes" très forts. Comment va-t-on déterminer cette fonction, quels sont ces mécanismes sous-jacents ? C'est d'abord l'histoire du football qu'il faudrait reprendre, pour comprendre comment il a pris une telle place dans la vie de certains peuples. Pourquoi, quand, par qui, où le sport et ce sport en particulier a été promulgué par des autorités publiques, etc. Et puis pourquoi les êtres humains s'adonnent-ils à des sports ? Pourquoi joue-t-on à la pétanque ? Est-ce pour les mêmes raisons, en tout ou partie, que l'on pratique tel ou tel sport ici ou là, Grèce antique, Europe moderne, Inde. Par exemple n'est-il pas remarquable que le sport devienne chez nous un supplétif à une activité physique qui a disparu chez la plupart de nos contemporains ? Qu'est-ce qui détermine aujourd'hui le rapport au corps moyen de nos contemporains ? On peut se contenter de réponses à la volée mais ces questions si elles sont sérieuses n'ont-elles pas aussi des réponses plus solides demandant à être découvertes.
  23. Nous ne savons toujours pas si Paris par exemple est une réalité ou une construction sociale ni ce qui permet de distinguer ce qui relève d'une construction sociale. Représentation et construction sociale semblent synonymes dans certains écrits. Mais personne n'a pris la peine de situer plus précisément cette notion qui est pourtant la seconde clef du problème. Qu'est-ce qu'une construction sociale ? A partir de la définition de la réalité, il est évident qu'elle n'est pas en principe une construction sociale. Ce n'est pas l'activité humaine qui crée l'univers, ce monde, cette nature qui a précédé et survivra à l'humanité. Quand bien même on avancerait l'argument d'une dialectique entre l'humain et son environnement (l'homme aussi façonne ce monde), c'est bien qu'il y a deux pôles distincts. On peut souligner le caractère construit de la représentation de la réalité et même de sa perception, ça ne change pas non plus l'affaire, car si la perception de la réalité est socialement construite, il reste ce "quelque-chose" qui est perçu, tantôt de telle façon, tantôt de telle autre, n'étant pas lui-même construit mais donnant matière à cette construction. Donc non, la réalité n'est pas en principe une construction sociale. L'enjeu du sujet se situe davantage, à mon avis, dans la manière dont nous participons à des constructions sociales qui sont réelles tout en étant construites. Il est étonnant je trouve que l'on s'échine à parler de la réalité, dont par définition nous ne pouvons que proposer des représentations, quand ce que nous pourrions connaître réellement, ce sont les constructions sociales dont nous participons. A quoi tient une nation ? A quoi tient la science ? A quoi tient la réalité de nos "construction sociale" ? Qu'est-ce que l'institution ? Etc.
  24. Il a réussi à faire de l'institution religieuse un appareil d'État, une partie intégrante de la propagande, ce n'est pas rare dans l'histoire. La grande question est : quel projet poursuit-il ? Quel projet poursuivent les salles calfetrees ou s'est décidée cette guerre ? Si on avait seulement cette donnée ! Mais on ne sait pas. Certains soulèvent que tout ceci n'est qu'une questions de démographie... Et je suis étrangement inquiet : mais oui, ceci explique beaucoup de comportements apparemment aberrants de ce pouvoir. Car après tout l'avenir démographique de la Russie est une question de sécurité nationale... Qq part ça me rassurerait presque de savoir qu'il y a un objectif et une véritable inquiétude pour l'avenir de la Russie à tout ça.
  25. Je trouve ça plus violent et barbare encore quand c'est la culture d'un Etat. Des fanatiques, des destins meurtris, des psychopathes, bon.. mais quand c'est l'État qui terrorise. Pas d'espoir du côté de la police, de la justice, aucune bouée institutionnelle... Ne reste que la terreur et la soumission, sauf révolte. Et quand je vois les effets psychologiques à de petites échelles, d'avoir vécu sous la terreur d'un père ou d'un compagnon, je n'imagine pas les effets psychologiques et politiques à long terme et à grande échelle, si on rajoute la propagande et le fonctionnement conjoint de tous les appareils d'État.
×