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Philosophons

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Invité chekhina

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Membre, 135ans Posté(e)
En nuit Membre 12 messages
Forumeur Débutant‚ 135ans‚
Posté(e)

En avançant dans mes lectures, je m’aperçois que dès qu’on tente de comprendre la Religion comme phénomène humain, on se heurte aux limites mêmes de la compréhension occidentale de l’Homme. L’Histoire, la sociologie ou la psychologie peuvent décrire le religieux, mais elles n’expliquent pas ce qui le rend "universel". C’est là que l’anthropologie intervient, et c’est aussi là que son propre dogme apparaît.

Car dès qu’on essaie de faire une anthropologie de l’Occident, on découvre que les catégories mêmes de l’anthropologie sont issues de l’histoire théologique et juridique occidentale. Feuerbach l’avait déjà formulé : « Le secret de la théologie n’est pas la philosophie, mais l’anthropologie. » Il est tout de même curieux que, pour répondre à la vieille question « qu’est‑ce que l’Homme ? », nous en venions sans cesse à nous interroger sur « qu’est‑ce que Dieu ? ».

Talal Asad montre que la notion moderne de « religion » est une construction occidentale, chrétienne, i.e. héritée de Rome. Et Pierre Legendre révèle que nos institutions reposent sur un montage dogmatique hérité de l’Empire romain et du christianisme latin. Pour Legendre, le dogme n’est pas un contenu religieux, mais la structure symbolique qui fat tourner la société. Sa formule, « l’image, c’est le dogme », signifie que toute société se fonde sur des images qui organisent le pouvoir, et la scène où elle se représente elle‑même. On retrouve cette dimension scénique au cœur même du droit, et particulièrement du droit romain, dont le droit canon est une dérivation directe. Le droit romain n’est pas seulement un ensemble de règles : c’est une mise en scène de l’autorité, un théâtre institutionnel où se jouent les positions, les gestes, les rituels, les hiérarchies. Chez Legendre, l’image est donc inséparable de la théâtralité : le dogme est une dramaturgie, et le droit en est l’un des dispositifs centraux.

C’est précisément ce point qui permet d’éclairer la notion d’imago mundi chez Musso. Quand Musso parle de Religion industrielle, il décrit une nouvelle scène d’images de techniques, de rôles et d'interprètes. C’est pourquoi je pense qu’il est nécessaire de revenir à Legendre avant de poursuivre Musso : pour comprendre la structure symbolique, et la théâtralité, qui rend possible l’imago mundi contemporain.

L'image c'est le dogme 

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Modifié par En nuit
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