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Invité chekhina

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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 463 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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Comment est il encore possible d'agir, c'est à dire de peser sur l'évolution de notre monde ? Notre rayon d'action réel, au delà de soi-même, c'est la famille, le quartier, l'entreprise... Au delà de soi-même.

Il est aussi possible d'agir sur soi, seul, en visant sa seule évolution personnelle. Dans ce cas nous nous enlisons me semble t il dans l'élaboration de représentations mentales destinées à être telles que nous nous y sentions bien. A l'intérieur.

Si je veux être en accord avec moi la seule action possible que je puisse engager c'est l'action fondée sur la transmission. Le champ d'action pour ma part est alors la famille.

A l'heure où mes enfants commencent à avoir des enfants je me rends compte qu'ils sont toujours en attente de leurs parents. Le plus jeune est plus complexe à comprendre, tout est dans le sentiment avec lui. Le sentiment voyage de conscience en inconscience et vive versa, c'est difficile d'agir de manière créatrice, sans faire d'erreurs. Quand il me tend son fils nouveau né je le vois dans une attente que je ne déchiffre pas tout de suite. Je comprends qu'il me demande d'accepter son fils, il attend que je transmette à son fils. Mon attitude va influer sur son attitude avec son propre fils. Je le rassénère, je prends son fils et le lui rend, je tente de lui dire : à ton tour de transmettre, je te confie désormais le soin de transmette. Il prend l'enfant, lui donne le biberon et je sens dans le regard qu'il porte sur son fils un amour qui me touche, c'est comme cela que commence la transmission, dans des actes de partage comme celui là. Donner le biberon ce n'est pas seulement participer aux taches du ménage comme le pense la belle mère c'est d'abord et surtout accomplir un acte d'amour entre l'enfant et le parent.

L'acte de transmettre est somme toute délicat. L'ainé je suis obligé là aussi de deviner. De lever en moi toute résistance à son attente, ce n'est pas là non plus facile. Il semble choisir pour lui l'identité juive et je vois bien qu'il attend mon assentiment, plus, bien que je ne sois pas juif moi-même il attend que je l'instruise. La transmission entre sa mère, juive, et lui est fondée sur le seul sentiment. Il attend une transmission plus intellectualisée. Cela m'oblige à reconsidérer toute ma vision du judaïsme, il s'git maintenant de réussir à lui transmettre le meilleur de cette culture. 

Toutes ces actions peuvent paraitre microcosmiques. Mais au moins elles sont action dans le monde, elles participent à la création du monde.

 

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  • 2 semaines après...
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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 463 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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Quand je vois les photos du baby prises par O. je vois  qu'il  perçoit "autre chose" que l’enfant tel que nous avons l’habitude de voir un enfant. C’est non seulement un enfant qui vient mais c’est aussi comme une présence venue d’un autre monde. L'enfant est émerveillé face au monde qu’il découvre, son émerveillement engendre à son tour l’émerveillement de O. qui, du coup, prend cette photo.

Ce qui apparaît, ce qui vient est un universel, ce n’est pas seulement propre à un enfant d’une famille, une communauté, c'est propre à tout enfant. Le sens de l’universel ne provient pas de la raison mais de la sensibilité.

Quand le sens de l’universel vient de la raison alors cet universel n’est plus respecté dès lors qu’il vient en contradiction avec les intérêts particuliers, Il est possible de clamer le respect pour tout enfant sans être gêné par la mise à mort de l’enfant de l’ennemi. Le Hamas n’est pas gêné de massacrer un enfant juif et les Israéliens ne sont pas gênés de tuer un enfant palestinien.

Un anthropologue expliquera cette sensibilité devant l’enfant en produisant un discours explicatif aveugle à ce que présente la sensibilité. L’anthropologue se fera géologue et expliquera pourquoi l’eau de la source-là tient cette position-là mais il ne verra pas l’eau en soi. Il voit le chemin qui conduit, il en voit pas ce qui est conduit.

Notre usage de la raison est tel que nous immobilisons par le langage tout ce qui est en mouvement. Le scientifique comprend le monde dès lors qu’il l’a au préalable immobilisé. Pour rendre au monde sa mobilité il faut autre chose que la raison.

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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 463 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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Katie Mack, 44 ans, astrophysicienne américaine « Comment va finir l’Univers »

Il existe une poignée de scénarios (décrivant l’évolution finale de l’Univers) tous se rejoignent sur un point : il y aura bien une fin » [ le Big Crunch, la mort thermique, le Big Rip, la désintégration du vide, le Rebond]. « Il y aura à tout le moins une transition qui...détruira tout, rendant le cosmos inhabitable par quelque structure organisée que ce soit » Pulvérisation ou désagrégation finales.

Ce que nous avons donc devant nous, au plus loin, c’est une disparition finale et inéluctable de l’humanité, de toute vie. Cette perspective affecte surtout celles et ceux qui se vouent à la transmission. Transmettre implique cet acte de foi : la vie continue, toujours, le chemin continue, toujours...Si le chemin sombre dans un néant final faut-il encore transmettre ? La volonté de transmettre face au non-sens de la transmission. C’est une contradiction sévère dans laquelle il est difficile de rester. Soit la volonté de transmettre et même le désir de se reproduire s’affaiblit, avant de s’éteindre, soit il faut faire un sacré effort sur soi et engendrer un nouvel imaginaire, qui transcende cette contradiction, sans nier le fait, qu’in fine, disparaissent à jamais tout humain, toute humanité, toute vie.

 

 

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Membre, 35ans Posté(e)
Loufiat Membre 2 707 messages
Mentor‚ 35ans‚
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Il y a 2 heures, Arkadis a dit :

Katie Mack, 44 ans, astrophysicienne américaine « Comment va finir l’Univers »

Il existe une poignée de scénarios (décrivant l’évolution finale de l’Univers) tous se rejoignent sur un point : il y aura bien une fin » [ le Big Crunch, la mort thermique, le Big Rip, la désintégration du vide, le Rebond]. « Il y aura à tout le moins une transition qui...détruira tout, rendant le cosmos inhabitable par quelque structure organisée que ce soit » Pulvérisation ou désagrégation finales.

Ce que nous avons donc devant nous, au plus loin, c’est une disparition finale et inéluctable de l’humanité, de toute vie. Cette perspective affecte surtout celles et ceux qui se vouent à la transmission. Transmettre implique cet acte de foi : la vie continue, toujours, le chemin continue, toujours...Si le chemin sombre dans un néant final faut-il encore transmettre ? La volonté de transmettre face au non-sens de la transmission. C’est une contradiction sévère dans laquelle il est difficile de rester. Soit la volonté de transmettre et même le désir de se reproduire s’affaiblit, avant de s’éteindre, soit il faut faire un sacré effort sur soi et engendrer un nouvel imaginaire, qui transcende cette contradiction, sans nier le fait, qu’in fine, disparaissent à jamais tout humain, toute humanité, toute vie.

Vous suivez un chemin, et tenez des contradictions, qui ne sont pas sans rappeler le cheminement de l'Ecclésiaste ("tout est vanité - mais aussi "tout ce que ta main trouve à faire, fais-le").

J'y pense, et en vous relisant je me demande ce que la prévision scientifique de l'extinction de toute vie et de la possibilité même de la vie dans cet univers, change fondamentalement à cette expérience de la finitude et de la vanité. Qu'apporte cette prévision scientifique, est-elle vraiment essentielle, déterminante dans votre prise de conscience ? 

Toute la philosophie indienne, elle aussi, pose et repose dans tous les sens ce problème de l'action en face de ses contradictions insolubles. Au total il faut agir, quand et parce que cette action, à ce moment-là, nous est dévolue, et non pas pour les conséquences (de toute façon inconnues) qui enchaîneraient alors cette action - si nous échouons par exemple, mais aussi si nous réussissons.

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Membre, 44ans Posté(e)
ashaku Membre 891 messages
Mentor‚ 44ans‚
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Il y a 4 heures, Arkadis a dit :

Katie Mack, 44 ans, astrophysicienne américaine « Comment va finir l’Univers »

Il existe une poignée de scénarios (décrivant l’évolution finale de l’Univers) tous se rejoignent sur un point : il y aura bien une fin » [ le Big Crunch, la mort thermique, le Big Rip, la désintégration du vide, le Rebond]. « Il y aura à tout le moins une transition qui...détruira tout, rendant le cosmos inhabitable par quelque structure organisée que ce soit » Pulvérisation ou désagrégation finales.

Ce que nous avons donc devant nous, au plus loin, c’est une disparition finale et inéluctable de l’humanité, de toute vie. Cette perspective affecte surtout celles et ceux qui se vouent à la transmission. Transmettre implique cet acte de foi : la vie continue, toujours, le chemin continue, toujours...Si le chemin sombre dans un néant final faut-il encore transmettre ? La volonté de transmettre face au non-sens de la transmission. C’est une contradiction sévère dans laquelle il est difficile de rester. Soit la volonté de transmettre et même le désir de se reproduire s’affaiblit, avant de s’éteindre, soit il faut faire un sacré effort sur soi et engendrer un nouvel imaginaire, qui transcende cette contradiction, sans nier le fait, qu’in fine, disparaissent à jamais tout humain, toute humanité, toute vie.

 

 

Ces scénarios sont des suppositions construites avec l'état actuel de nos connaissances, loin d'être parfaites. Ce que les scientifiques étudient, c'est la physique. Ce que les scénarios prédisent, c'est la fin de ce que nous comprenons en physique mais pas la fin de tout.

On ne saurait mettre de coté la réalité que nous vivons -et l'actuel désir de transmission que l'on peut éventuellement ressentir- au nom d'une idée imaginaire de fin finale, même si elle vient d'une science dure comme l'astrophysique.

Les philosophies dont j'ai pris connaissance ont au contraire tendance à montrer que tout continue, tout recommence, les formes naissent et meurent mais leur succession est sans fin.

Personnellement, je me dit que ces scénarios qui prétendent dire ce qui se passera dans trouzmille milliards d'année sont tout simplement dans l'erreur. Ces scénarios sont encore à l'état d'élaboration et ne tiennent compte que de modèles fixes et limités. Il y a régulièrement des découvertes qui remettent en question ce que nous croyions auparavant.

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  • 1 mois après...
Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 463 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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C'est une idée difficile à tenir présente dans le champ conscient : l'espèce humaine (comme toutes les espèces ) disparaitra. C'est une idée facile à énoncer bien sûr, mais à peine énoncée elle est oubliée, tant, en fait, elle anéantit nos espoirs, nos croyances, nos philosophies, etc. 

J'éprouve une certaine admiration pour Katie Mack cette jeune cosmologiste qui tient cette idée fermement en conscience quand tous ou presque autour d'elle pourtant convaincus eux aussi de la mortalité de l'espèce humaine ne peuvent continuer à vivre qu'en effaçant cette idée.

Garder cette idée vivante, en soi, participe de cette autre idée : plus je serai lucide sur les choses et sur soi plus j'aurai de chances de découvrir ce que nul encore n'a découvert. Mais le risque c'est qu'une lucidité trop "intense" de la réalité des choses ne finisse par devenir mortelle. Ce serait curieux que développer l'acuité de notre capacité à être conscient nous conduise à l'anéantissement. 

Modifié par Arkadis
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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 463 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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La disparition de l'espèce humaine est posée comme une évidence (non dite toutefois) par les purs physiciens. Quand j'étais enfant j'entendais mes parents parler de la disparition de la Terre et je m'étonnais déjà qu'ils n'en tirent pas les conséquences. Ensuite, quand je fus ado, quand il fut évident que l'Univers avait une histoire je les entendis parler d'expansion et de contraction et je m'étonnais encore que, dans le cas d'une contraction, ils n'en tirent pas les conséquences, l'humanité ne pouvait pas en réchapper. 

Aujourd'hui ce sont encore les physiciens qui mettent les points sur les i, et encore, uniquement ceux qui font de la recherche fondamentale. Ca fait pas grand monde.

Cela dit cette disparition est (parait) si lointaine dans le temps qu'il est inutile d'en faire une question sentimentale. 

Si je m'applique à faire cette expérience de pensée : j'imagine un univers sans humanité, sans vie même, j'imagine un univers dans lequel même le souvenir que l'être humain a existé est effacé, alors je constate que les concepts et idées, tels que  : Dieu, le Bien, le Mal, le Beau, le Vrai, la Conscience etc. n'existent pas. Ces "réalités" n'ont pas d'existence dans un Univers sans homme voire sans vie. 

J'en tire la conséquence suivante  ces "réalités" n'existent que dans l'univers humain. Se pose alors la nature de leur existence. Je serais tenté de penser : ces réalités n'existent pas, mais j'aurais tort. Elles existent. Je pense que ces réalités sont des instruments, des outils conçus par les êtres humains en vue de gérer, d'animer les rapports qu'ils entretiennent entre eux. La Conscience par exemple n'existe pas comme réalité indépendante de l'humain, c'est un outil de communication entre les humains. Ces outils semblent en outre avoir une fonction essentiellement affective. 

Ainsi quand quelqu'un vient parler de Vérité il rentre dans un rapport affectif avec les autres humains même si cette affectivité est cachée sous un discours rationnel.  S'il y a bien une dimension affective dans l'élaboration de ces outils alors nous n'en aurons jamais fini avec Dieu, la Vérité, le Bien, le Mal, etc. Ces "réalités" resteront  fluctuantes comme sont fluctuants les rapports affectifs humains.

Si j'en reviens à mon expérience de pensée je me pose alors la question : est-ce qu'il existe encore quelque chose dans un univers débarrassé de toute présence humaine, voire de toute vie  (ce qui finira par arriver) ? 

Modifié par Arkadis
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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 463 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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Il y a une limite à notre volonté de connaître. Il n’est pas possible de savoir ce qui peut bien exister dans le monde quand nous avons retranché de ce dernier le vivant. Ce n’est pas possible justement parce que nous restons vivant, nous ne pouvons pas nous retrancher du monde en tant que vivant. Nous ne pouvons ni percevoir ni penser le monde sans humaniser le monde. Nous ne pouvons pas accéder à ce qui dans la réalité n’est pas humain. Le non humain pur nous est inaccessible. Il y a une dimension de la réalité qui nous sera à jamais inaccessible du seul fait que, dès que nous accédons à une connaissance quelconque, cette connaissance est humanisée.

Je pose l’existence d’un inconnu qui restera à jamais inconnu (sauf si nous arrivions à ne plus être humain). Cet inconnu agit dans notre univers humanisé. Nous pouvons à partir de cette action imaginer cet inconnu, mais même dans notre imagination nous continuons d’humaniser le monde. Il restera toujours un facteur d’imprévisibilité dans toutes nos perceptions, dans toutes nos pensées du fait même que nous ne pouvons pas connaître cet inconnu sans l’humaniser sans lui donner une finalité qui n’est pas la sienne mais la nôtre. Je pense que cette dimension inaccessible de la réalité agit aussi bien dans nos perceptions que dans nos pensées. Nous rejoignons là le concept d’inconscient utilisé en psychologie.

Ce qui me paraît en revanche certain, même s’il y a un facteur d’imprévisibilité dans toutes nos projections du futur, c’est que non seulement l’être humain finit par mourir mais que l’espèce humaine aussi finit par mourir. Or la mort de l’espèce humaine ne peut pas être neutre dans notre façon de vivre quotidienne. En particulier une telle mort ruine la notion de « sens » en ôtant à cette notion toute certitude, toute permanence. Le « sens » n’est plus alors qu’un outil, qu’un moyen d’action, ce n’est plus un « donné » qui pourrait nous transcender. Il n’ y a par exemple pas de sens de l’Histoire, un tel sens est un outil, seulement un outil que nous pouvons remiser dans notre boite quand nous jugeons qu’il ne nous sert plus.

Il est toujours possible de nier la mortalité de l’espèce humaine, mais toute pensée souple et ouverte doit pouvoir inclure tous les possibles, y compris celui de l’extinction de l’espèce humaine. Une pensée qui présuppose un fait que nous ne pouvons pas observer est une pensée qui a toutes chances d’être aberrante.

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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 463 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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Si je conserve bien, comme information, entre autres, que l'espèce humaine comme toute vie disparaitra, je n'en continue pas moins de vivre. Ce qui change, avec une telle information, c'est que je ne donne plus l'importance que je donnais avant à toutes pensées, fussent elles géniales. Rien, du fait de cette information, aucune pensée, aucune théorie, n'atteint quoi que ce soit au-delà de la communauté humaine. Tout provient de la communauté en ce qui la concerne, tout y reste, tout y disparaitra. Mais la communauté vit toujours, là, au présent, tant qu'elle vit. Cette information, tout disparaitra et le souvenir même que l'être humain a pu exister s'effacera, cette information donne du relief, de la consistance, au non humain, au non vivant. Il est possible que ce non humain, ce non vivant qui se déploie devant nous, ces milliards de galaxies, ces infinis à venir pour nous inconcevables,  il est possible que tout cela aille son chemin, dans l'indifférence totale du chemin suivi par le vivant. Peut être même que le vivant, l'être humain est une simple curiosité pour ce non vivant, il est possible que nous soyons pour lui une simple expérience. 

Je comprends mieux, maintenant, la position de Jacques Monod qui estimait que la vie était une simple anomalie, que si l'univers reprenait depuis le début, la vie ne réapparaitrait pas tant sa probabilité d'apparition jouxte le zéro. Puisque l'univers n'est plus absolument déterminé depuis l'introduction, dans la vision quantique, du champ des probables à la place du champ du certain dans le déroulé des choses  une réédition de l'univers, même à partir de l'identique, ne donnerait pas la vie. A l'époque je m'étais insurgé contre Monod, je n'acceptais pas sa pensée. Il faut dire que ce n'est pas évident à accepter une telle pensée, ni cette pensée d'un univers in fine disloqué. Sachant de toute façon que ce concept de dislocation ultime n'est signifiant que pour l'être humain.

Modifié par Arkadis
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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 7 357 messages
Maitre des forums‚
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Le 24/03/2026 à 14:28, Arkadis a dit :

Peut être même que le vivant, l'être humain, est une simple curiosité pour ce non vivant, il est possible que nous soyons pour lui une simple expérience. 

Jusqu'à preuve du contraire, scientifiquement acquise, pour qu'il y ait " expérience ", il faut du vivant.

Le 24/03/2026 à 14:28, Arkadis a dit :

Je comprends mieux, maintenant, la position de Jacques Monod qui estimait que la vie était une simple anomalie, que si l'univers reprenait depuis le début, la vie ne réapparaitrait pas tant sa probabilité d'apparition jouxte le zéro.

Il se trouve qu'avec les progrès de la science en astronomie (exoplanètes, etc.), les dites probabilités ont furieusement augmentées. Je donne mon sentiment. Il y a de la vie ailleurs que sur notre planète dans l'univers. A contrario, je ne fais pas de la science fiction, j'imagine plutôt des formes de vie très élémentaires. Ce qu'il s'est passé sur notre planète montre très bien que l'apparition de la vie, d'une part, et, d'autre part sa diversification, sont tout aussi problématiques. Pendant des milliards d'années sur Terre, il n'y a eu que des organismes unicellulaires.

Le 24/03/2026 à 14:28, Arkadis a dit :

Cette information, tout disparaitra et le souvenir même que l'être humain a pu exister s'effacera, ...

Ça ne constitue pas une raison pour etc.

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  • 3 semaines après...
Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 463 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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Aliocha se disait qu'il y avait une utilité à disposer dans son environnement d'un milieu hostile. A condition qu'il puisse choisir le moment où s'y frotter, à condition aussi de ne pas personnaliser cette hostilité. Garder près de soi l'hostilité d'un milieu, non l'hostilité d'un individu.

L'intérêt de cette hostilité était qu'elle le poussait à écrire plutôt qu' à simplement penser ou parler. Ecrire avait un effet surprenant, l'écriture lui permettait de fixer des idées. Il écrivait par ailleurs, mais en toute quiétude, il ébauchait un essai ou un roman ou un legs écrit, bref il écrivait, mais écrire dans un milieu hostile engendrait une autre écriture, intéressante. Comme un moyen d'explorer d'autres régions mentales.

Ce milieu hostile, doté de cette commodité d'y plonger quand il le décidait, il le trouvait dans les réseaux socaiux, il avait fini par en choisir un, ne pas non plus se disperser.

Cela pourrait faire l'objet d'un sujet de philosophie au bac pensait-il : "L'intérêt des réseaux sociaux n'est-il pas d'y trouver un milieu hostile à volonté ?"

Un milieu hostile permet de mieux souligner, de mieux prendre conscience de ses propres orientations, sensibilités, croyances, philosophies, etc. L'adversaire est nécessaire, l'adversité est nécessaire. 

Ce qui l'étonnait le plus c'était la communion dans le plaisir, la satisfaction, parfois même la jouissance à voir mourir des gens. Mais aussi les mêmes se désolaient, se lamentaient d'en voir mourir d'autres. C'était un scandale qu'en Iran les mollahs tuent 40 000 personnes, mais c'était une joie que les Israéliens tuent 40 000 palestiniens. C'était une horreur que le Hamas massacre 1500 juifs, mais c'était une joie quand les Israéliens tuaient 300 Libanais dans un même bombardement pour tuer deux combattants du Hezbollah. C'était une joie de rétablir la peine de mort pour les Palestiniens par pendaison, on sablait même le champagne, pourtant  Badinter, un juif lui aussi, avait toute sa vie combattu la peine de mort. Tout devenait à ses yeux incohérent.

Ce qui était en train d 'exploser sous ses yeux c'était le concept même de "valeur universelle". Il n' y avait pas de valeur universelle bien que les Occidentaux s'évertuaient à clamer le contraire. Le concept de valeur universelle était un mensonge. La vie d'un enfant, d'une femme d'un homme n' avait de valeur que selon leur appartenance clanique, ou tribale, ou communautaire. Il n' y avait que des valeurs claniques, il n' y avait pas de valeurs universelles.

Son sentiment, en lisant les discours de haine un peu partout c'était qu'il était probablement le seul à ne pas savoir qu'il n' y avait jamais eu de valeurs universelles, tous savaient qu'il n' y avait que des valeurs claniques, voire des valeurs limitées à soi seul, selon son histoire personnelle.

Cette évidence l'obligeait à reconstruire sa vision du monde social, et même sa vision du monde tout court. Il fallait qu'il s'observe, voir qu'elles étaient ses propres valeurs. Après tout s'il ne jouissait pas de voir mourir des gens, qu'ils soient juifs, arabes, russes, ukrainiens, iraniens etc. il restait finalement indifférent. S'il fouillait au fond de lui il ne restait sensible qu'à la situation de ceux qu'il aimait, épouse, enfants, petits enfants, conjoints des enfants, etc. C'était cette communauté familiale qui le mobilisait dans les faits. Qui mobilisait son temps et ses moyens financiers.

Pourtant il restait toujours en lui cette volonté de construire une vision globale du monde. Voire de l'univers. Une volonté peut être issue de sa condition d'être humain, qui cherche toujours à se protéger de l'inconnu en tentant de se l'approprier et de le rendre ainsi prévisible par le savoir ou l'imagination.

 

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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 463 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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La réaction de Luc Ferry  lors de  lors du rétablissement de la peine de mort pour les Palestiniens en Israël l'étonnait. Ferry ne comprenait pas qu'un Etat théocratique comme Israël institutionnalisait la peine de mort alors qu'un tel Etat se réclamait du Décalogue. Aliocha se rappelait cette discussion avec les cousins de son épouse, juive, auxquels il avait fait une remarque de ce style, ne comprenant pas leur désinhibition totale quant au fait de tuer des palestiniens en masse, dont des enfants. Ils lui avaient répondu en souriant, que l'Alliance de l'Eternel concernait le peuple de l'Eternel, les Hébreux. C'est dans le cadre de cette alliance entre un peuple et son Dieu que le décalogue avait force d e loi. Il était interdit de tuer un Hébreu, pas interdit de tuer un non Hébreux. 

Bien sûr il existe un mince frange de juifs qui tendent eux à l'universel, qui tentent de  dépasser le cadre de cette alliance entre un peuple et son Dieu. Mais cette frange est bien mince, et nous la trouvons surtout dans la diaspora, dans des milieux extrêmement cultivés. Cette frange est aujourd'hui totalement marginalisée. Mais après tout Aliocha se rappelait qu' Anna Arendt aussi avait été  marginalisée et traitée de "mauvaise" juive par la majorité des juifs.

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Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 463 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
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Il lui apparaissait que les conflits en cours, en Ukraine, en Palestine, en Iran nourrissaient des mondes inconscients chez le particulier. Quand un individu, vivant en France,  exprimait son avis, son opinion sur de tels conflits, le lecteur avait face à soi une singularité. La personne signifiait une singularité, la sienne, elle ne disait rien ou pas grand chose, en fait, sur ces conflits. Ces conflits venaient nourrir des positions préalables, des sentiments a priori qui se réveillaient grâce à ces conflits. L'individu disait quelque chose de lui, uniquement de lui (ou d'elle). Il fallait lire en sachant cela, en sachant, que la parole écrite là, consciemment, était en fait déterminée par des mondes inconscients. Cela corroborait ce qu'il pensait depuis longtemps : la conscience était un fantassin, aux ordres d'autres entités. Ce n'était pas la conscience qui pilotait le monde, la conscience était un brave exécutant faisant l'interface entre les mondes inconscients (en général les sentiments) et la réalité, celle qui s'impose à soi quoi qu'on fasse. L'univers n'était pas régi par une Conscience, il était régi, s'il était régi, par des réalités qui déterminaient la conscience.

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