Aller au contenu

Philosophons

Noter ce sujet


Invité chekhina

Messages recommandés

Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 6 482 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 3 heures, zenalpha a dit :

La réalité, dans son sens philosophique classique, désigne ce qui existe indépendamment de notre perception ou de nos croyances.

Ça, c'est l'objet de la science, etc. Hors sujet ici.

Il y a 3 heures, zenalpha a dit :

Le réalisme naïf postule que nous percevons directement la réalité telle qu'elle est. L'idéalisme soutient que la réalité est fondamentalement mentale ou dépend de la perception.

" Réalisme versus idéalisme ", un avatar du cogito en l'état, j'en ai assez dit à ce sujet, comprenne qui peut.

Il y a 3 heures, zenalpha a dit :

Mais aussi sur ce lien entre l'observateur et le phénomène en particulier en mécanique quantique.

Pour les " soucis d'ordre existentiel (etc.) ", pour euphémiser, la mécanique quantique n'est d'aucun secours.

Il y a 3 heures, zenalpha a dit :

La philosophie, les sciences, bien sûr visent à minimiser la subjectivité mais butent toutes deux sur le problème du fondement.

La philosophie ne cherche pas à " minimiser " la subjectivité, mais à la comprendre et à la corriger, et même à l'augmenter dans les meilleurs termes possibles. La fin de la subjectivité, c'est la mort. L'événement majeur chanté dans la Théogonie d'Hésiode (1), c'est la Gigantomachie, la victoire des Olympiens avec le Grand Zeus à leur tête, l'avènement d'un ordre cosmique, d'un Cosmos : le ciel ne peut plus nous tomber sur la tête. Après le cogito de Descartes, on peut faire une précision très précieuse : à chacun la Sienne, de Gigantomachie. 

(1) Pour ceux qui ne l'ont jamais lu, un petit conseil : la lire en passant, sautant, les interpolations. Elles sont énormes, elles ont leur intérêt, etc., mais elles dévastent, déforment, brisent, etc., le texte d'Hésiode qui devient méconnaissable. Ensuite, le refaire en lisant les interpolations. Les éditions scientifiques indiquent ces interpolations.

 

Modifié par Neopilina
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant
Membre, 42ans Posté(e)
Leverkuhn Membre 521 messages
Forumeur alchimiste ‚ 42ans‚
Posté(e)

Il y a quelque chose de profondément grisant à philosopher sur le bien et le mal, comme une drogue subtile, insidieuse. C’est un élan vertigineux, sordide. On s’aventure dans un espace clos, un arrière-monde où la douleur disparaît, où tout ce qui y est réfléchi semble déjà mort ou mutilé. C’est sans doute ce que Nietzsche ressentait lorsqu’il écrivait. Le mieux étant de philosopher soi-même en lisant, de manière à ne pas être complètement happé, à rester aux bords des mondes.

Modifié par Leverkuhn
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 6 482 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
il y a une heure, Leverkuhn a dit :

Le mieux étant de philosopher soi-même en lisant, de manière à ne pas être complètement happé, à rester aux bords des mondes.

Il est tout à fait exact que tout individu, Sujet, philosophiquement dit, vit en " Lisière ", est une Fenêtre sur Son (cogito) Extérieur. Le Sujet ne veut rien savoir de l'Intérieur, il a Ses " Raisons ", mais c'est in fine, le plus prodigieux des gâchis.

Modifié par Neopilina
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Agitateur Post Synaptique, 57ans Posté(e)
zenalpha Membre 23 830 messages
57ans‚ Agitateur Post Synaptique,
Posté(e)
Il y a 10 heures, Neopilina a dit :

Ça, c'est l'objet de la science, etc. Hors sujet ici.

Qu'y avait il de si compliqué dans ma formulation "au sens philosophique" ?

Tu pourrais faire l'effort philosophique de la définir cette réalité du coup mais non...fuite.

Il y a 10 heures, Neopilina a dit :

" Réalisme versus idéalisme ", un avatar du cogito en l'état, j'en ai assez dit à ce sujet, comprenne qui peut.

Que tu n'as strictement rien compris de la philosophie de Descartes pour qui le "je pense donc je suis" et non ton "cogito" tout court est sa première certitude qui sort du doute hyperbolique afin d'avoir une première fondation pour refonder la science 

Le dualisme cartésien étant sa conclusion.

Sa philosophie est simple mais ton entendement étant ta seule mesure, elle le dépasse deja très largement par définition.

Il y a 10 heures, Neopilina a dit :

Pour les " soucis d'ordre existentiel (etc.) ", pour euphémiser, la mécanique quantique n'est d'aucun secours.

Disons que pour toi qui pense ton entendement comme la mesure de toute chose, il est déjà surprenant de sortir du contenu de ton frigo.

En revanche pour qui tente de comprendre quelles sont les fondations de la matière dont nous sommes pourvus, quand bien même on l'associerait à l'esprit comme Descartes, c'est essentiel et fondamental.

Ton univers est ce que tu essayes de comprendre, ton intérieur qui t'échappe et par définition c'est extrêmement succinct.

Il y a 9 heures, Neopilina a dit :

Le Sujet ne veut rien savoir de l'Intérieur, il a Ses " Raisons ", mais c'est in fine, le plus prodigieux des gâchis.

Que ce soit par la psychologie, par la philosophie, par la psychanalyse, par la spiritualité ou par les neurosciences, c'est faux.

Il suffit de sortir de ta propre tête ce qui va demander un certain travail

Un énorme travail.

Le monde ne gravite pas autour de ton cerveau en revanche ta place est comme la mienne, insignifiante en soi.

Modifié par zenalpha
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Agitateur Post Synaptique, 57ans Posté(e)
zenalpha Membre 23 830 messages
57ans‚ Agitateur Post Synaptique,
Posté(e)
Il y a 10 heures, Leverkuhn a dit :

Il y a quelque chose de profondément grisant à philosopher sur le bien et le mal, comme une drogue subtile, insidieuse. C’est un élan vertigineux, sordide. On s’aventure dans un espace clos, un arrière-monde où la douleur disparaît, où tout ce qui y est réfléchi semble déjà mort ou mutilé. C’est sans doute ce que Nietzsche ressentait lorsqu’il écrivait. Le mieux étant de philosopher soi-même en lisant, de manière à ne pas être complètement happé, à rester aux bords des mondes.

Je te recommande sa toute dernière oeuvre, ecce Homo parce que justement ce n'est pas une autobiographie classique mais un manifeste existentiel ou sa vie devient la preuve et l'incarnation de sa philosophie 

Bref, "comment on devient ce qu'on est" y est la clé de lecture

La transvaluation vécue, l'amor fati (amour du destin), le philosophe...psychologue justement...

Pour Nietzsche créer sa morale c'est se créer soi même 

"Le problème de la valeur du bien et du mal...je suis le premier à l'avoir découvert, le premier à en avoir pris conscience"

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 449 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
Posté(e)
Il y a 11 heures, Leverkuhn a dit :

Il y a quelque chose de profondément grisant à philosopher sur le bien et le mal, comme une drogue subtile, insidieuse. C’est un élan vertigineux, sordide. On s’aventure dans un espace clos, un arrière-monde où la douleur disparaît, où tout ce qui y est réfléchi semble déjà mort ou mutilé. C’est sans doute ce que Nietzsche ressentait lorsqu’il écrivait. Le mieux étant de philosopher soi-même en lisant, de manière à ne pas être complètement happé, à rester aux bords des mondes.

Ce qui est grisant c'est qu'ainsi il est possible de se dégager du mal et du bien et de tout s'autoriser, de faire cette expérience : je m'autorise tout. Je me dégage de la populace, des classes moyennes dont je sais que leur morale est une morale contrainte, une soumission à l'ordre des puissants, une soumission à leur Loi. Immanquablement celui qui se dégage de la Loi, du mal et du bien, a le sentiment d'être un "prince", il rejoint les puissants, ceux qui peuvent se payer le luxe de se situer au delà du mal et du bien. C'est ce que ressent Nietzsche qui va même s'inventer une origine aristocratique polonaise bidon. Il ne parvient pas à se hisser au niveau aristocratique qu'il revendique, il reste le fils de pasteurs, il reste un prophète qui séduit les faibles ou les adolescents, les immatures. 

Une fois la griserie passée il reste la réalité vécue. Il ne s'agit plus de lire Nietzsche et de se mouvoir dans ses miasmes il s'agit d'éprouver la vie dans la pratique quotidienne. Il s'agit alors de s'engager dans la vie des autres, il ne s'agit plus de pérorer.

A ce moment là vous revenons au réel, nous rencontrons l'autre, qu'il soit faible ou puissant, maitre ou esclave, nous voyons apparaitre la subtilité, la fragilité et la puissance  de la Vie, qui certes continue de se situer hors du mal et du bien mais qui appelle à la compréhension, à la compassion. Ce que nous rencontrons au delà du mal et du bien, c'est d'abord la guerre et le désir de guerre certes, mais c'est ensuite la séduction exercée par le vivant, qu'il soit puissant ou faible, qu'il soit dans le Mal ou dans le Bien. 

  • Merci 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Agitateur Post Synaptique, 57ans Posté(e)
zenalpha Membre 23 830 messages
57ans‚ Agitateur Post Synaptique,
Posté(e)
Il y a 1 heure, Arkadis a dit :

Il ne parvient pas à se hisser au niveau aristocratique qu'il revendique, il reste le fils de pasteurs, il reste un prophète qui séduit les faibles ou les adolescents, les immatures. 

Excellente illustration de votre intérêt bravo.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 449 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
Posté(e)

Il semble que la philosophie, au moins en France, soit devenue un lieu d'expression d'errances mentales. Quelque chose de moribond, vaguement attractif pourtant, mais justement : qu'est ce qui peut être attractif dans de telles affections mentales ?  

Je ne parle pas que du forum, mais de tous les forums de philosophie qui sont tous morts ou qui meurent. Sur digression, dont un exclu venu ici a le spleen, ils ne sont plus que trois ou quatre à répéter la même chose depuis dix ans, des répétiteurs qui ne savent même pas qu'il existe d'autres philosophies que la philosophie momifiée des Grecs.

Il y a pourtant une attraction comme si tout ce qui était morbide finissait par éveiller la curiosité. La maladie mentale dit aussi quelque chose de nous, nous les êtres humains. Certains viennent toujours contempler le cadavre de Dieu, d'autres contemplent les reliques de la philosophie grecque. Que nous disent ces ossements ?

Aujourd'hui les philosophes, en France, sont devenus des animateurs d'émissions de télé, ils animent, donnant leur caution à n'importe qui dès lors qu'il est puissant, en citant Platon, Parménide, Aristote, enfin tous ceux qu'ils peuvent citer, citations dont tout le monde se fout. 

Il n' y a plus guère que certains scientifiques pour réfléchir aux questions essentielles. Nous voyons derrière eux surgir des révérends, prosternés,  reprenant leurs travaux sans être capables de maitriser aucune technique scientifique, fascinés par un Verbe auquel ils ne comprennent rien.

Pourtant il existe des scientifiques humbles, qui ne s'appuient pas sur le Verbe mais sur les inquiétudes de chacun pour tenter d'ouvrir de nouvelles voies d'exploration des mystères propres à notre vie sur terre.

La philosophie n'est pas morte quand elle accompagne des engagements politiques, sociaux, scientifiques, familiaux quand elle accompagne l'action, elle devient maladie mentale quand elle devient un métier, une spécialisation. 

 

 

 

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 6 482 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 2 heures, Arkadis a dit :

Sur digression, dont un exclu venu ici a le spleen, ils ne sont plus que trois ou quatre à répéter la même chose depuis dix ans, des répétiteurs qui ne savent même pas qu'il existe d'autres philosophies que la philosophie momifiée des Grecs.

Je suis très fier d'avoir été exclu de " Digression " comme je l'ai été. C'est une ciguë qui m'est très vite passée. Et si j'étais toi, j'éviterais de faire la leçon à autrui avec tes 25 000 pseudos successifs, etc.

Et si j'ai le spleen, c'est pour une seule raison : ne pas trouver d'interlocuteur. Et tu le sais bien, ça fait très très longtemps que tu fais partie des non-interlocuteurs. Quand tu parles de la philosophie, tu souilles quelque chose que tu ne connais pas.

Il y a 2 heures, Arkadis a dit :

Il y a pourtant une attraction comme si tout ce qui était morbide finissait par éveiller la curiosité. La maladie mentale dit aussi quelque chose de nous, nous les êtres humains. Certains viennent toujours contempler le cadavre de Dieu, d'autres contemplent les reliques de la philosophie grecque. Que nous disent ces ossements ?

Ces " ossements ", c'est ceux de l'Occident. Tu as le droit de prendre l'avion pour la destination non-occidentale de ton choix. Faut être conséquent dans la vie. " Doux comme un agneau mais très verd si on me manque ". C'est moi qui peut, au cas échéant, pratiquer " la gifle philosophique ", pas toi. Et j'espère que tu vivras assez longtemps pour le voir : c'est bien la philosophie occidentale continentale qui finira par dénicher le Dieu. Et non des fanatiques venus de je ne sais où.

Modifié par Neopilina
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Agitateur Post Synaptique, 57ans Posté(e)
zenalpha Membre 23 830 messages
57ans‚ Agitateur Post Synaptique,
Posté(e)
Il y a 4 heures, Arkadis a dit :

La philosophie n'est pas morte quand elle accompagne des engagements politiques, sociaux, scientifiques, familiaux quand elle accompagne l'action, elle devient maladie mentale quand elle devient un métier, une spécialisation. 

Pour nous convaincre que tu es grand spécialiste et grand professionnel, c'était à peu près le dernier moyen.

Bien joué.

Il y a 1 heure, Neopilina a dit :

C'est moi qui peut, au cas échéant, pratiquer " la gifle philosophique ", pas toi.

La célèbre argumentation philosophique du nananère. 

A coupler avec le célèbre c'est pas moi c'est lui.

J'ai grandi la dessus moi aussi.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 6 482 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 9 heures, Arkadis a dit :

La philosophie n'est pas morte quand elle accompagne des engagements politiques, sociaux, scientifiques, familiaux quand elle accompagne l'action, ...

Il va de soi. Si depuis le temps tu n'as pas vu que c'est mon cas, c'est sans remède. J'ai eu le temps de m'en apercevoir : je n'ai pas la fibre mathématique (dès le CM1 ou CM2 j'ai buggé avec Pi, etc.), je n'ai pas la fibre économique, je n'ai pas la fibre politique, je n'ai pas la fibre idéologique et Dieux merci : elle aveugle et finit même par tuer. Quand je la vois suinter, j'ai des hauts le coeur. Je suis humaniste, démocrate, et, ayant bien regardé le Monde (i.e. des hommes) autour de moi, quand je vais voter, je vote à gauche. Etc.

  • Merci 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 42ans Posté(e)
Leverkuhn Membre 521 messages
Forumeur alchimiste ‚ 42ans‚
Posté(e)

Dans beaucoup de milieux intellectuels, l'alpha et l'omega de l'Occident, c'est la Grèce. Pourtant, l'Occident n'est pas grec. Il ne saurait l'être. La Grèce est un carrefour entre l'Occident et l'Orient. C'est ce qui a fait son rayonnement. L'Occident moderne s’en réclame comme caution spirituelle, comme si sa puissance et sa culture n’avaient pas d’existence propre. Rome, n’a jamais produit d’esprit comparable. Elle s’est contentée d’adopter celui des Grecs. La modernité glorifiant Rome, a choisi la Grèce comme légitimation symbolique. Certains sont même allés jusqu'à s'inventer des liens raciaux avec les Grecs, tout en excluant d’autres héritages. Le XXᵉ siècle a montré jusqu’où ce délire pouvait mener.

Aujourd’hui, ce lien persiste. La Grèce sert de paravent spirituel à une puissance qui, sans elle, se trouverait nue dans sa brutalité. On continue de contempler le cadavre de Dieu ou de le chercher dans je ne sais quels ossements ou morceaux d’hellénisme, espérant ainsi rhabiller le christianisme.

Et tel un miroir inversé, dans le récit qu’on construit de l’islam, on lui attribue un lignage judéo-chrétien et une influence grecque, exactement comme pour l’Occident. La symétrie est totale : les civilisations dites antagoniques sont enrichies des mêmes sources que l’autre, comme si les qualités attribuées à l’une se reflétaient dans l’autre. Le prétendu « choc des civilisations » devient alors une farce.

C'est une vaste blague, nourrie de "ce qui vient au monde dégoulinant de sang et de saleté par tous ses pores de la tête aux pieds."

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

  • 2 semaines après...
Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 449 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
Posté(e)

L'une de mes erreurs les plus graves c'est d'avoir cru en l'universalité du principe d'égalité, principe conçu ainsi : chacun peut faire ce que chacun fait , chacun peut exercer une fonction sociale de responsabilité telle que chacun l'exerce. Les responsabilités sociales les plus hautes peuvent être exercées par chacun et s'il y a partout des strates hiérarchiques cela tient à des structures sociales identifiables et réformables qui sont inégalitaires du fait d'une injustice imposée par des prédateurs, des dominateurs, etc. Le problème de l'inégalité devient alors un problème moral. Il ressortit alors à la lutte éternelle du mal contre le bien. Cette erreur est vraiment énorme.

L'expérience de la vie impose cette constatation : l'écrasante majorité des gens aspire à la soumission que ce soit dans le domaine social, religieux, politique, intime, etc. l'écrasante majorité des gens exige de tenir des positions subalternes, par exemple exige d'être des salariés, exige de faire du télétravail, exige d'être des exécutants dans le domaine économique, ils exigent des responsables privés ou publics de vivre sous leur autorité. Cette exigence n'a rien à voir avec la morale. La revendication de la position subalterne, l'exigence de pouvoir vivre l'esclavage sans subir l'arbitraire du dominant n'est pas une position morale ou psychique "névrotique", c'est bel et bien une revendication majoritaire humaine. La revendication est celle ci : je veux m'en remettre à ta protection et je veux dans le même mouvement, sous ta protection, faire certes ce que tu veux (mais n'abuse pas quand même hein !) mais faire surtout  ce que je veux. Je veux pouvoir être un enfant. La liberté sous la protection d'un autre. La liberté sous la protection non plus d'un dieu beaucoup trop arbitraire dans sa volonté, mais sous la protection du chef d'entreprise ou de l'État. Bon ok tu veux que je range ma chambre je vais le faire mais fais pas chier maman. Bon OK Trump tu veux que je paye des droits de douane mais fais pas trop chier quand même moi je veux que tu me protèges contre les Russes pendant que je me paye des vacances au Maroc (ça c'est le discours du retraité aisé). Cette stratégie du subalterne n'est pas condamnable, c'est là que je me goure, cette stratégie du subalterne est même judicieuse,  tant que cette stratégie fonctionne. Principe de réalité. C'est le principe de réalité qui s'impose, ce n'est pas la morale genre "valeurs universelles". Si j'ai acquis une position subalterne ou d'esclavage et que cet esclavage (en matière de sécurité, de confort) me rapporte plus que ne me rapporterait une position de responsabilité, alors je choisis l'esclavage et c'est même le choix le plus rationnel qui soit. Le plus intelligent. Bruno Lemaire qui est réputé être très intelligent s'est vraiment comporté comme un con en prenant des responsabilités en tant que ministre des Finances. Faut vraiment qu'il soit con. Maintenant qu'il se range du côté de son intelligence il est parti travailler pour une mégaentreprise américaine dont il devient le salarié obéissant. La volonté de puissance (devenir ministre d'Etat ! quelle idée !) rend vraiment con parfois. La volonté de puissance est un truc pour les imbéciles ou les cinglés. Il a mis du temps à respecter son intelligence celui là. Il a mis du temps à comprendre les incomparables avantages de l'esclavage volontaire.

Il y a cette autre constatation, chacun, même le tyran le plus sanguinaire, s'en remet, dans tel ou tel compartiment de sa vie à l'autorité d'un dominant, dont il devient le subalterne, l'esclave. Le tyran va ainsi s'en remettre à son médecin ou à son gourou, ou à sa cartomancienne... Les Grecs finissent par aller écouter les délires de la Pythie. Certes le délire est interprété come le tyran le veut, mais il lui faut quand même au tyran une impulsion, ou un socle, donnés par le délire, il y a bien un point originel, un "quelque part" sur lequel s'appuie même le tyran, même lui il lui faut un point d'ancrage qui puisse satisfaire son désir (besoin ?) d'esclavage. 

Cette stratégie de l'esclavage, comme position sociale plus confortable que la stratégie visant à la responsabilité, domine actuellement notre culture. C'est probablement même la stratégie la plus intelligente dans l'état actuel de nos structures sociales. Cela va jusqu'à éduquer les enfants dans cette stratégie : devient fonctionnaire soit de l'Etat, soit de collectivités territoriales, arrange toi pour faire du télétravail, trouve un emploi dans une mégaentreprise ou dans la fonction publique d'entreprise, surtout soit un salarié ! ou choisis une profession libérale bien réglementée.

En fait tout cela est hyper sensé. La question qui se pose : quel est le prix à payer ?  Et : est ce que cela durera tout le temps ? En fait la stratégie est celle ci : si cela dure tant que je suis vivant, ca me suffit. L'être humain est ce qu'il est : après moi le déluge. Cette maxime est même moralement béton, il s'agit avant tout d'assurer sa survie, la sienne.  C'est même encore plus puissant que d'affirmer sa foi en un dieu. Le principe moral le plus solide qui soit  c'est : assure ta propre survie, premier verbe, deuxième verbe, ce n'est pas : assure la survie de tes enfants, c'est : après moi le déluge. Le souci des autres c'est le troisième ou quatrième ou dixième verbe, ce souci existe bien sûr ! mais il est assez loin dans le classement  des exigences. 

Voyons cette rationalité mentale de l'être intelligent. Il se dit certes exempt de toute volonté de puissance, mais il a besoin, l'intelligent, d'un maitre à servir dont il pourra sucer le sang. Or les maitres, dominés par la volonté de puissance sont tous cinglés ou cons. Ca c'est dingue ! les maitres sont ou cinglés ou cons (Trump par exemple selon les français) mais ils sont nécessaires pour prendre les responsabilités dont personne ne veut, dont aucun esclave, surtout intelligent,  ne veut. 

 

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 6 482 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
il y a 23 minutes, Arkadis a dit :

Les Grecs finissent par aller écouter les délires de la Pythie.

C'est grossier, méprisant (raciste ?). A ce " niveau " là, on peut aussi y ranger les " délires " des Prophètes de l'A.T., etc. Ce que je ne fais pas. Ézéchiel est dingue, paranoïaque dans le texte, etc. C'est prendre les autres cultures par le petit bout de la lorgnette, et on sait où ça mène.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 44ans Posté(e)
ashaku Membre 714 messages
Forumeur expérimenté‚ 44ans‚
Posté(e)
il y a une heure, Arkadis a dit :

L'une de mes erreurs les plus graves c'est d'avoir cru en l'universalité du principe d'égalité, principe conçu ainsi : chacun peut faire ce que chacun fait , chacun peut exercer une fonction sociale de responsabilité telle que chacun l'exerce. Les responsabilités sociales les plus hautes peuvent être exercées par chacun et s'il y a partout des strates hiérarchiques cela tient à des structures sociales identifiables et réformables qui sont inégalitaires du fait d'une injustice imposée par des prédateurs, des dominateurs, etc. Le problème de l'inégalité devient alors un problème moral. Il ressortit alors à la lutte éternelle du mal contre le bien. Cette erreur est vraiment énorme.

L'expérience de la vie impose cette constatation : l'écrasante majorité des gens aspire à la soumission que ce soit dans le domaine social, religieux, politique, intime, etc. l'écrasante majorité des gens exige de tenir des positions subalternes, par exemple exige d'être des salariés, exige de faire du télétravail, exige d'être des exécutants dans le domaine économique, ils exigent des responsables privés ou publics de vivre sous leur autorité. Cette exigence n'a rien à voir avec la morale. La revendication de la position subalterne, l'exigence de pouvoir vivre l'esclavage sans subir l'arbitraire du dominant n'est pas une position morale ou psychique "névrotique", c'est bel et bien une revendication majoritaire humaine. La revendication est celle ci : je veux m'en remettre à ta protection et je veux dans le même mouvement, sous ta protection, faire certes ce que tu veux (mais n'abuse pas quand même hein !) mais faire surtout  ce que je veux. Je veux pouvoir être un enfant. La liberté sous la protection d'un autre. La liberté sous la protection non plus d'un dieu beaucoup trop arbitraire dans sa volonté, mais sous la protection du chef d'entreprise ou de l'État. Bon ok tu veux que je range ma chambre je vais le faire mais fais pas chier maman. Bon OK Trump tu veux que je paye des droits de douane mais fais pas trop chier quand même moi je veux que tu me protèges contre les Russes pendant que je me paye des vacances au Maroc (ça c'est le discours du retraité aisé). Cette stratégie du subalterne n'est pas condamnable, c'est là que je me goure, cette stratégie du subalterne est même judicieuse,  tant que cette stratégie fonctionne. Principe de réalité. C'est le principe de réalité qui s'impose, ce n'est pas la morale genre "valeurs universelles". Si j'ai acquis une position subalterne ou d'esclavage et que cet esclavage (en matière de sécurité, de confort) me rapporte plus que ne me rapporterait une position de responsabilité, alors je choisis l'esclavage et c'est même le choix le plus rationnel qui soit. Le plus intelligent. Bruno Lemaire qui est réputé être très intelligent s'est vraiment comporté comme un con en prenant des responsabilités en tant que ministre des Finances. Faut vraiment qu'il soit con. Maintenant qu'il se range du côté de son intelligence il est parti travailler pour une mégaentreprise américaine dont il devient le salarié obéissant. La volonté de puissance (devenir ministre d'Etat ! quelle idée !) rend vraiment con parfois. La volonté de puissance est un truc pour les imbéciles ou les cinglés. Il a mis du temps à respecter son intelligence celui là. Il a mis du temps à comprendre les incomparables avantages de l'esclavage volontaire.

Il y a cette autre constatation, chacun, même le tyran le plus sanguinaire, s'en remet, dans tel ou tel compartiment de sa vie à l'autorité d'un dominant, dont il devient le subalterne, l'esclave. Le tyran va ainsi s'en remettre à son médecin ou à son gourou, ou à sa cartomancienne... Les Grecs finissent par aller écouter les délires de la Pythie. Certes le délire est interprété come le tyran le veut, mais il lui faut quand même au tyran une impulsion, ou un socle, donnés par le délire, il y a bien un point originel, un "quelque part" sur lequel s'appuie même le tyran, même lui il lui faut un point d'ancrage qui puisse satisfaire son désir (besoin ?) d'esclavage. 

Cette stratégie de l'esclavage, comme position sociale plus confortable que la stratégie visant à la responsabilité, domine actuellement notre culture. C'est probablement même la stratégie la plus intelligente dans l'état actuel de nos structures sociales. Cela va jusqu'à éduquer les enfants dans cette stratégie : devient fonctionnaire soit de l'Etat, soit de collectivités territoriales, arrange toi pour faire du télétravail, trouve un emploi dans une mégaentreprise ou dans la fonction publique d'entreprise, surtout soit un salarié ! ou choisis une profession libérale bien réglementée.

En fait tout cela est hyper sensé. La question qui se pose : quel est le prix à payer ?  Et : est ce que cela durera tout le temps ? En fait la stratégie est celle ci : si cela dure tant que je suis vivant, ca me suffit. L'être humain est ce qu'il est : après moi le déluge. Cette maxime est même moralement béton, il s'agit avant tout d'assurer sa survie, la sienne.  C'est même encore plus puissant que d'affirmer sa foi en un dieu. Le principe moral le plus solide qui soit  c'est : assure ta propre survie, premier verbe, deuxième verbe, ce n'est pas : assure la survie de tes enfants, c'est : après moi le déluge. Le souci des autres c'est le troisième ou quatrième ou dixième verbe, ce souci existe bien sûr ! mais il est assez loin dans le classement  des exigences. 

Voyons cette rationalité mentale de l'être intelligent. Il se dit certes exempt de toute volonté de puissance, mais il a besoin, l'intelligent, d'un maitre à servir dont il pourra sucer le sang. Or les maitres, dominés par la volonté de puissance sont tous cinglés ou cons. Ca c'est dingue ! les maitres sont ou cinglés ou cons (Trump par exemple selon les français) mais ils sont nécessaires pour prendre les responsabilités dont personne ne veut, dont aucun esclave, surtout intelligent,  ne veut. 

 

C'est édifiant, et je ne saurais forcément le contredire. Mis à part que, de mon point de vue, il y a une telle disparité de comportements humains que j'ai du mal à classifier aussi catégoriquement mais quoi qu'il en soit, je retrouve ton discours chez mes contemporains, chez les gens que je connais et dans une certaine mesure en moi-même en fait.

Je me demande pourquoi il en est ainsi. Quand on sait pourquoi, on accepte mieux. La vision que j'ai est justement à propos d'inégalité. D'ambition, d'engagement, de volonté. Beaucoup de gens vivent comme tu l'énonces, avec l'intelligence de ne pas péter plus haut que son cul, jouir du présent, trouver le meilleur compromis coût/avantages. Mais certains depuis l'aube de l'humanité ont eu cette volonté d'aller plus loin, de fédérer plus de gens, de construire plus haut, de contrôler plus de flux. Et au fil de l'histoire humaine, cette frange particulière a fait l'avènement des institutions, des gros groupes industriels, des avancées scientifiques majeures, etc.

Il y a dans la culture humaine des artefacts d'un très haut niveau de sophistication, et ces derniers forment les principes qui dirigent la vie de tout un chacun. On utilise le GPS, on paye ses impôts, on discute politique. Mais l'écart (l'inégalité entre le niveau max de sophistication à un moment donné et les gens qui vivent à ce moment) est devenu tel aujourd'hui que la plupart des gens vont avoir du mal à rentrer dans cette course (moi le premier) et on va constater le comportement que tu décris : faites vos trucs tant que vous me faites pas trop chier. Réponse intelligente d'un individu face à un système qui le dépasse, tant le nombre de facettes du système et la subtilité de chaque valeur possible sont grands.

On pourrait tous optimiser nos impôts, peu le font. On pourrait tous se lancer dans l'entreprenariat, peu le font. Les codes sont devenus plus qu'intimidants. Et les risques sont bien réels dans cette course compétitive.

 

Ta conclusion fait réfléchir. J'avais constaté que les dirigeants étaient des sociopathes, j'attribuais ça à un système de filtrage "seuls les plus requins parviennent à la place du haut". Je déplorais un système qui donne les clés de la ville au plus taré des citoyens. Mais tu évoques presque l'inverse : ces postes sont fuis par toute personne rationnelle qui y voit bien le piège de la décision impossible et ne veulent pas l'assumer. Et ce sont donc les plus irresponsables, les plus sujets à l'excès de confiance qui occupent ces postes, pour les résultats qu'on connait.

Cela se tient. Il y manque tout de même un élément important : l'aristocratie. Connais-tu le spectacle "incultures" de Franck Lepage ? Il y décrit comment, étant très bon à l'école il a poussé jusqu'à l'ENA et étant issu d'un milieu modeste y a vécu un véritable ostracisme de la part des élèves et des profs. Ils vivent entre eux, décident entre eux et se refilent les postes de haut fonctionnaire en famille le samedi soir. Le critère n'est pas la compétence mais le nom de famille et la fortune du papa. Ce biais mérite-t-il d'être pris en compte dans ton analyse ? Quel impact lui attribuerais-tu ?

Modifié par ashaku
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 6 482 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 3 heures, ashaku a dit :

faites vos trucs tant que vous me faites pas trop chier ...

Si je complète cette proposition par " ... pour que je puisse faire ce que j'ai envie de faire ", alors, oui, moi aussi j'ai fais ce choix.

Et il me semble bien que comportement n'a rien de récent.

Modifié par Neopilina
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 42ans Posté(e)
Leverkuhn Membre 521 messages
Forumeur alchimiste ‚ 42ans‚
Posté(e)

Les effets du langage sont saisissants, ils entraînent l'EXPERIENCE de la VIE dans des convictions creuses et vides, celles qui ne proposent comme seul horizon qu'une véritable soumission. Toute une génération, essentiellement des boomers aisés, est biberonnée à l'idée qu'il faut devenir son propre patron. C'est un slogan, celui d'Uber. "Devenez votre propre patron".   Résultat du fantasme, le gars est un chauffeur dont la vie dépend intégralement d'une plateforme étrangère et privée, mais dans sa tête, c'est un big boss le mec. C'est un plus gros big boss que Bruno Lemaire, conseiller du comité exécutif d'un gigantesque groupe industriel de semi-conducteurs. Bruno Lemaire, il préfère se soumettre et se la couler douce que d'avoir la grande ambition de faire partie des grands big boss de leur entreprise qui conduisent la nuit et nettoient les vitres le jour. Ils sont tous cons, ces bigs boss, s'ils savaient qu'en fait, il n'avaient qu'à vouloir être comme Bruno Lemaire pour occuper ses fonctions. On est même plus dans la servitude volontaire mais dans la bête, qui arrache le fouet au maître et se fouette elle même en pensant ainsi devenir maître. Tout ça fait grandement réfléchir :shok:

Modifié par Leverkuhn
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 449 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
Posté(e)

Il est possible que le vieillissement de la population française dite au carré soit un problème plus grave qu'il n' y parait. Nous sommes nombreux à vieillir. Et le risque c'est que notre vieillissement si nous n'y prenons pas grade finisse par provoquer le vieillissement moral des moins âgés et même des jeunes qui finissent par penser comme les vieux pour certains.

Mais quel est le plus grand danger du vieillissement pour un pays ? Celui ci : l'incapacité croissante à agir ou à renouveler son action (action dans sa dimension créatrice) Les boomers (nés avant 65) sont classés dans cette catégorie de gens incapables d'action créatrice  en raison  surtout  du fait qu'ils perçoivent une rente qui leur permet de ne plus se battre. C'est un peu dur, mais c'est vrai, sans le combat, la lutte et même la guerre (la guerre pilote l'univers, Héraclite) il n' y plus d'action créatrice nouvelle.  De plus la frange de la population, de plus en plus mince, capable d'action créatrice doit payer les pensions des personnes devenues incapables d'action créatrice. 

Mais ce vieillissement touche aussi beaucoup les personnes âgées disons entre 50 et 60 ans qui agissent de manière mécanique, de manière répétitive, de manière routinière en attendant la retraite. La répétition aussi provoque la vieillissement mental prématuré. Le pays est en effet mal barré. Pourtant l'émigration tant décriée par le Français au carré apporte un espoir grâce à sa jeunesse.

Pour ma part si je considère ce problème à ma dimension il n' y a qu'une action créatrice encore à ma portée : la transmission, il s'agit de trouver le vecteur de cette transmission. J'ai choisi d'enseigner les maths il y a quelques temps, bénévolement,  mais je n'en peux plus, j'ai arrêté, cette transmission a fini par m'épuiser. Je dois trouver un nouveau vecteur de transmission, et finalement ce n'est pas pour moi que je dois trouver cela, mais pour mes enfants, pour tous les enfants. Ceux qui vont vivre après nous. J'admire mon amie ancienne prof de philo, qui, à 85 ans, ne se satisfait plus de philosopher, de lancer des mots, elle va chaque soir enseigner les enfants...Quand un enfant apprend alors le monde continue de vivre. Ca me rappelle un film Barberousse. Il faut que je retrouve dans ma mémoire la scène qui m'avait bouleversé.

 

 

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 45ans Posté(e)
Arkadis Membre 449 messages
Forumeur alchimiste ‚ 45ans‚
Posté(e)

Dans une de ses vidéos que Todd émet en ce moment sur youtube il part du constat que les populations françaises sont aujourd'hui sur-éduquées et que cela les rend ingouvernables. Plus les populations font des études, notamment des études supérieures, plus elles tombent dans l'esprit critique, dans la déconstruction de toutes pensées, dans la relativité des valeurs, dans la défiance envers l'autorité, dans la destruction des croyances et mythes, dans une exclusive rationalité. Il y voit une menace pour la démocratie laquelle a besoin de croyances collectives, de mythes fondateurs, d'adhésion... Il incrimine surtout les savoirs des sciences humaines, sociologie, psychologie, philosophie.

Il me semble qu'en effet la philosophie actuelle, en France, telle qu'elle est enseignée, participe à cette destruction des récits collectifs. Par exemple dans l'enseignement dispensé par Jostein Gaarder dans "Le Monde de Sophie" l'auteur apprend à une jeune fille que la philosophie grecque a su se libérer de la pensée mythique pour la remplacer par la pensée fondée sur l'expérience et la raison. C'est évidemment faux, les Grecs ont su garder leurs mythes fondateurs, ils ont simplement complété la pensée mythique par la pensée rationnelle.

Je ne crois pas du tout comme Todd que cette disparition de toute pensée construite, de tout engagement créatif soit une conséquence de l'instruction croissante des populations françaises. Il y a des causes certes, mais  tout autres.  

Si je prends la communauté juive française bien que super éduquée elle ne tombe pas dans le bavardage philosophique, ni dans l'impuissance à l'action. Et il me semble que la communauté musulmane française ne sombre pas non plus dans cette asthénie. Je remarque que ces deux communautés ont su garder et respecter leurs mythes fondateurs.

Mais si j'essaye de faire un historique de cette impuissance, de cette stérilité des classes francaises au carré éduquées force est de conster que ça remonte à loin. Il y a eu un choc et une révolte culturelle face à l'ouverture aux marchés économiques mondiaux et aux nouveaux modes de production lentement diffusés en France par le néo-capitalisme de l'occident. Mais cette révolte n'a pas pu trouver un terrain à partir duquel résister. Les Français au carré subissent l'évolution mondiale des modes de production, des modes de management dans laquelle ils ne se reconnaissent pas culturellement mais  sans avoir aucune idéologie sérieuse à opposer (stérilité conceptuelle et incapacité à la mise en oeuvre de nouveaux modes de production). Ils ont voulu dans le même temps qu'ils s'exposaient aux assauts idéologiques mondiaux (essentiellement américains)  détruire leurs croyances religieuses, mais ce faisant ils ont remplacé leurs croyances par...rien. Ils sont enfoncés. Pour être honnête ils ont essayé de lutter en adhérant à des représentations communistes, socialistes ou nationalistes ( De Gaulle), mais ces représentations ont fait flop. Aujourd'hui ils sont nus et désarmés face aux puissances, aux empires qui émergent. Cette défaite cantonne au nihilisme, au narcissisme, à l'égoïsme. Mais il reste à se battre pour les enfants, et là, il est encore possible de continuer le combat en les armant.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant

Rejoindre la conversation

Vous pouvez publier maintenant et vous inscrire plus tard. Si vous avez un compte, connectez-vous maintenant pour publier avec votre compte.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

Chargement

×