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Psychologie et littérature


Blaquière

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)

Je suis tombé sur cette interview qui m'a intéressé. Si vous avez le temps...

Il y est question de la "résilience", de la transformation par le langage (et l'écriture) des souvenirs, de la "réécriture" des traumas par notre "mémoire saine",  des rapports des écrivains avec la perte (jeune) de leurs parents, (en particulier leurs pères), de la fascination en littérature (cinéma aussi)  des "mauvais garçons"... "Ceux qui font ce que nous n'osons pas faire"...

Écrire ses souvenirs, c'est (en partie) les réinventer...

Pour en savoir plus, y'a cette page avec des critiques sur le bouquin et un peu ce qui y est dit :

https://www.babelio.com/livres/Cyrulnik-La-nuit-jecrirai-des-soleils/1137503

 

 

 

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Membre, 70ans Posté(e)
Don Juan Membre 3 292 messages
Forumeur vétéran‚ 70ans‚
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il y a 26 minutes, Blaquière a dit :

Écrire ses souvenirs, c'est (en partie) les réinventer...

Oui, mais quel lien vois-tu, si tu en vois un, entre résilience et écriture ?

 Je suis en train de l'écouter, il faudrait comprendre qu'une certaine forme d'écriture, une réinvention des faits installerait une résilience, tu y crois ?

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)
il y a 26 minutes, Don Juan a dit :

Oui, mais quel lien vois-tu, si tu en vois un, entre résilience et écriture ?

 Je suis en train de l'écouter, il faudrait comprendre qu'une certaine forme d'écriture, une réinvention des faits installerait une résilience, tu y crois ?

C'est vrai que c'est un peu une idée à la mode... Comme faire son deuil. "Il faut en parler" ou en écrire !

C'est tout le principe de la psychanalyse. "Verbaliser". Il est sûr que ça ne change pas les faits, pas le réel, ce qui a eu lieu a eu lieu! Mais peut-être (c'est en tout cas l'idée) que ça (peut) changer la vision qu'on en a ? Et donc peut-être affaiblir le trauma, la douleur ?

Réinventer non pas au sens de se mentir, mais de reconstruire avec un autre regard que celui de l'enfance par exemple.... @Don Juan

L'autre versant, non dit,  c'est "faut-il en baver' pour faire"quelque chose" ?! "

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Membre, 70ans Posté(e)
Don Juan Membre 3 292 messages
Forumeur vétéran‚ 70ans‚
Posté(e)
il y a 32 minutes, Blaquière a dit :

C'est vrai que c'est un peu une idée à la mode... Comme faire son deuil. "Il faut en parler" ou en écrire !

C'est tout le principe de la psychanalyse. "Verbaliser". Il est sûr que ça ne change pas les faits, pas le réel, ce qui a eu lieu a eu lieu! Mais peut-être (c'est en tout cas l'idée) que ça (peut) changer la vision qu'on en a ? Et donc peut-être affaiblir le trauma, la douleur ?

Réinventer non pas au sens de se mentir, mais de reconstruire avec un autre regard que celui de l'enfance par exemple.... @Don Juan

L'autre versant, non dit,  c'est "faut-il en baver' pour faire"quelque chose" ?! "

Une personne traumatisée dans sa petite enfance n'aura aucun mal à croire en des souvenirs qu'il aura "réinventés", cela se fait tout seul, mais je ne pense pas que ça représente une bonne résilience dans tous les cas, même s'il a la bonne idée d'écrire sa vie.

Un adulte qui est traumatisé suite à la mort brutale de ses enfants dans un accident de la route ou dans une fusillade pourra atteindre une forme de thérapeutique en écrivant son histoire des faits, mais je ne suis pas sûr que cela reviendra à une résilience.

Que l'écriture représente un chemin idéal d'une manière générale pour résilier me remplit de doutes.

Et si nous pouvions citer un auteur qui est parvenu à la résilience par le fait d'écrire, cela ne ferait sans doute pas une règle, non ?

 

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)
il y a 2 minutes, Don Juan a dit :

Une personne traumatisée dans sa petite enfance n'aura aucun mal à croire en des souvenirs qu'il aura "réinventés", cela se fait tout seul, mais je ne pense pas que ça représente une bonne résilience dans tous les cas, même s'il a la bonne idée d'écrire sa vie.

Un adulte qui est traumatisé suite à la mort brutale de ses enfants dans un accident de la route ou dans une fusillade pourra atteindre une forme de thérapeutique en écrivant son histoire des faits, mais je ne suis pas sûr que cela reviendra à une résilience.

Que l'écriture représente un chemin idéal d'une manière générale pour résilier me remplit de doutes.

Et si nous pouvions citer un auteur qui est parvenu à la résilience par le fait d'écrire, cela ne ferait sans doute pas une règle, non ?

 

T'as peut-être raison, et que le fait d'écrire sur son traumatisme recompose une autre personne à côté de la première (qui reste traumatisée) et qui la cache ?

Tout dépend de ce qu'on entend par résilience. Il ne peut pas y avoir d'effacement j'imagine ? Juste une possibilité de mieux supporter, de mieux vivre ? c'est déjà pas mal....

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Membre, 70ans Posté(e)
Don Juan Membre 3 292 messages
Forumeur vétéran‚ 70ans‚
Posté(e)
il y a 6 minutes, Blaquière a dit :

T'as peut-être raison, et que le fait d'écrire sur son traumatisme recompose une autre personne à côté de la première (qui reste traumatisée) et qui la cache ?

Tout dépend de ce qu'on entend par résilience. Il ne peut pas y avoir d'effacement j'imagine ? Juste une possibilité de mieux supporter, de mieux vivre ? c'est déjà pas mal....

Oui, tout dépend de ce que l'on appelle une résilience, c'est vrai, mais en gros pour moi, c'est une façon de positiver les événements vécus, autrement dit, de parvenir à voir dans un fait ou une série de faits une sorte de tremplin qui nous propulse vers l'avant. L'avant étant ce que l'on peut affronter, quel qu'il soit, en se sentant fort d'une expérience douloureuse convertie en potentiel disponible.

C'est quoi ta façon de comprendre la résilience ?

je ne crois pas que l'effacement soit recherché.

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)
il y a 4 minutes, Don Juan a dit :

Oui, tout dépend de ce que l'on appelle une résilience, c'est vrai, mais en gros pour moi, c'est une façon de positiver les événements vécus, autrement dit, de parvenir à voir dans un fait ou une série de faits une sorte de tremplin qui nous propulse vers l'avant. L'avant étant ce que l'on peut affronter, quel qu'il soit, en se sentant fort d'une expérience douloureuse convertie en potentiel disponible.

C'est quoi ta façon de comprendre la résilience ?

Je sais qu'on dit que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort... je n'irai pas jusque là !

Atténuer la douleur, la possibilité de se reconstruire, me semble suffisant. Mais je parle en théorie. Même s'il est vrai que je me suis mis par exemple  à écrire en provençal, par rapport aux morts d'un grand oncle et d'un grand père, à réfléchir sur la psychanalyse à la mort de mon beau père que je veillais à l'hôpital... je ne crois pas que ça soit par hasard...

Même sans traumas terribles, on cherche des solutions pour s'échapper... (à la douleur, à l'angoisse)

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 542 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
Posté(e)
Il y a 3 heures, Blaquière a dit :

Je suis tombé sur cette interview qui m'a intéressé. Si vous avez le temps...

Il y est question de la "résilience", de la transformation par le langage (et l'écriture) des souvenirs, de la "réécriture" des traumas par notre "mémoire saine",  des rapports des écrivains avec la perte (jeune) de leurs parents, (en particulier leurs pères), de la fascination en littérature (cinéma aussi)  des "mauvais garçons"... "Ceux qui font ce que nous n'osons pas faire"...

Écrire ses souvenirs, c'est (en partie) les réinventer...

Pour en savoir plus, y'a cette page avec des critiques sur le bouquin et un peu ce qui y est dit :

https://www.babelio.com/livres/Cyrulnik-La-nuit-jecrirai-des-soleils/1137503

 

 

 

C'est un peu un lieu commun. A part Christine Angot peut-être ou l'autre rigolo de Yann Moix, un écrivain ne va pas passer toute sa vie à ressasser ses problèmes de jeunesse à travers ses livres.

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)
il y a 20 minutes, Gouderien a dit :

C'est un peu un lieu commun. A part Christine Angot peut-être ou l'autre rigolo de Yann Moix, un écrivain ne va pas passer toute sa vie à ressasser ses problèmes de jeunesse à travers ses livres.

Marrant ! On parlait de ça à l'instant et on a pensé à Yan Moix et Christine Angot aussi !

Je pense aussi comme toi qu'il va pas ressasser tout sa vie son traumatisme. mais est-ce qu'il n'a pas permis de ... mettre le feu aux poutres (comme à Notre Dame) ?

 

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 542 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
Posté(e)
il y a une heure, Blaquière a dit :

Marrant ! On parlait de ça à l'instant et on a pensé à Yan Moix et Christine Angot aussi !

Je pense aussi comme toi qu'il va pas ressasser tout sa vie son traumatisme. mais est-ce qu'il n'a pas permis de ... mettre le feu aux poutres (comme à Notre Dame) ?

 

Quand un écrivain écrit son premier roman, même s'il n'a que 25 ans, il raconte sa vie. Plus tard, s'il est un peu intelligent et lucide, il se rend compte que ça n'a absolument aucun intérêt, et il passe à autre chose. Enfin il y a des exceptions...:p

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Membre, 36ans Posté(e)
Ambre Agorn Membre 2 174 messages
Mentor‚ 36ans‚
Posté(e)
Il y a 12 heures, Gouderien a dit :

Quand un écrivain écrit son premier roman, même s'il n'a que 25 ans, il raconte sa vie. Plus tard, s'il est un peu intelligent et lucide, il se rend compte que ça n'a absolument aucun intérêt, et il passe à autre chose. Enfin il y a des exceptions...:p

Je ne suis pas vraiment d'accord avec vous deux, @Gouderienet @Blaquière

Je pense qu'à 25ans (pour reprendre l'exemple de Gouderien), en effet on est assez naïf pour raconter sa propre vie et ses propres blessures. Par contre là où je nuancerai la suite, c'est qu'une fois passé cette innocence/naïveté, on ne raconte plus des événements de notre propre vie, mais on continue de raconter sa vie quand même dans le sens où on parle de nos blessures sous d'autres aspects. On parle de ce que l'on connais, le livre ou l'histoire est emprunte de nos propres expériences, nos propres limites, nos propres blessures.

Nous ne faisons, en réalité, que ressasser le passé (même si ce passé est récent), parce qu'écrire un livre est souvent une démarche qui fait suite à une action  ou événement plus ou moins digérée, plus ou moins gérée, etc.

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 542 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
Posté(e)
il y a 8 minutes, Ambre Agorn a dit :

Je ne suis pas vraiment d'accord avec vous deux, @Gouderienet @Blaquière

Je pense qu'à 25ans (pour reprendre l'exemple de Gouderien), en effet on est assez naïf pour raconter sa propre vie et ses propres blessures. Par contre là où je nuancerai la suite, c'est qu'une fois passé cette innocence/naïveté, on ne raconte plus des événements de notre propre vie, mais on continue de raconter sa vie quand même dans le sens où on parle de nos blessures sous d'autres aspects. On parle de ce que l'on connais, le livre ou l'histoire est emprunte de nos propres expériences, nos propres limites, nos propres blessures.

Nous ne faisons, en réalité, que ressasser le passé (même si ce passé est récent), parce qu'écrire un livre est souvent une démarche qui fait suite à une action  ou événement plus ou moins digérée, plus ou moins gérée, etc.

Bien entendu un écrivain s'inspire de sa vie. Heureusement qu'en général il n'en reste pas là, sinon nous n'aurions eu ni Balzac, ni Hugo, ni Zola etc. Maintenant aujourd'hui il existe un genre qui s'appelle l'autofiction, très couru par des gens qui n'ont d'autre horizon que leur propre nombril et qui pensent que les détails insignifiants de leur existence monotone vont intéresser des lecteurs. A fuir.

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Membre, 36ans Posté(e)
Ambre Agorn Membre 2 174 messages
Mentor‚ 36ans‚
Posté(e)

Ai-je bien compris: Boris Cyrulnik est en train de dire, dans la vidéo, que la résilience est un mensonge (oui il n'utilise pas ces mots-là, mais j'ai entendu ça), non? Une façon de détourner notre cerveau de la réaité pour pouvoir l'accepter, c'est ça?

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Membre, 70ans Posté(e)
Don Juan Membre 3 292 messages
Forumeur vétéran‚ 70ans‚
Posté(e)
à l’instant, Ambre Agorn a dit :

Ai-je bien compris: Boris Cyrulnik est en train de dire, dans la vidéo, que la résilience est un mensonge (oui il n'utilise pas ces mots-là, mais j'ai entendu ça), non? Une façon de détourner notre cerveau de la réaité pour pouvoir l'accepter, c'est ça?

J'avoue que j'ai arrêté de visionner à la moitié du temps, parfois, un mensonge bien fait réussi mieux qu'une vérité écartelée.

Comprendre la résilience, ou autrement dit, le fait de produire dans son cerveau une sorte de remodelage des traces creusées par un traumatisme, ne peut se faire que lorsque l'on a réalisé une résilience. Mais je pense que tout ce qui fonctionne peut être assimilé à une ruse, une ruse est-ce un mensonge ?

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)
il y a 35 minutes, Ambre Agorn a dit :

Je ne suis pas vraiment d'accord avec vous deux, @Gouderienet @Blaquière

Je pense qu'à 25ans (pour reprendre l'exemple de Gouderien), en effet on est assez naïf pour raconter sa propre vie et ses propres blessures. Par contre là où je nuancerai la suite, c'est qu'une fois passé cette innocence/naïveté, on ne raconte plus des événements de notre propre vie, mais on continue de raconter sa vie quand même dans le sens où on parle de nos blessures sous d'autres aspects. On parle de ce que l'on connais, le livre ou l'histoire est emprunte de nos propres expériences, nos propres limites, nos propres blessures.

Nous ne faisons, en réalité, que ressasser le passé (même si ce passé est récent), parce qu'écrire un livre est souvent une démarche qui fait suite à une action  ou événement plus ou moins digérée, plus ou moins gérée, etc.

J'aurais tendance à penser comme toi. On ne peut vraiment parler que de soi. Honnêtement. Même par personnages interposés. Inventer d'autres psychologies je crois que ça tient de l'arnaque et qu'elles sont fausses. Mais après tout pourquoi pas, il y a aussi de belles arnaques ? ça peut plaire aussi la fausseté!... Ce qui compte c'est l'effet que ça fait sur nous... (j'aime pas trop dire ça !.. -question rigueur-)

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Membre, 36ans Posté(e)
Ambre Agorn Membre 2 174 messages
Mentor‚ 36ans‚
Posté(e)
il y a 10 minutes, Don Juan a dit :

J'avoue que j'ai arrêté de visionner à la moitié du temps, parfois, un mensonge bien fait réussi mieux qu'une vérité écartelée.

Comprendre la résilience, ou autrement dit, le fait de produire dans son cerveau une sorte de remodelage des traces creusées par un traumatisme, ne peut se faire que lorsque l'on a réalisé une résilience. Mais je pense que tout ce qui fonctionne peut être assimilé à une ruse, une ruse est-ce un mensonge ?

J'hésite:

Soit la "résilience" est en fait pratiqué par nombre de personnes (si ce n'est tout le monde). Car je remarque que tout le monde (je modère: tout ceux que j'ai pu rencontrer), pratique une altération de leurs souvenirs pour mieux les accepter, et vivre avec.

Soit la résilience est un processus qui se fait de façon consciente, comme un choix mûrement réfléchi face au mur, et donc accessible qu'à ceux qui en eu vraiment besoin, ceux qui ne vivraient plus sans ce choix

La résilience, est-elle juste possible pour ceux qui n'ont que ce choix pour survivre ou tout le monde peut-il la pratiquer pour "mieux vivre"?

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Membre, 70ans Posté(e)
Don Juan Membre 3 292 messages
Forumeur vétéran‚ 70ans‚
Posté(e)
il y a 2 minutes, Ambre Agorn a dit :

J'hésite:

Soit la "résilience" est en fait pratiqué par nombre de personnes (si ce n'est tout le monde). Car je remarque que tout le monde (je modère: tout ceux que j'ai pu rencontrer), pratique une altération de leurs souvenirs pour mieux les accepter, et vivre avec.

Soit la résilience est un processus qui se fait de façon consciente, comme un choix mûrement réfléchi face au mur, et donc accessible qu'à ceux qui en eu vraiment besoin, ceux qui ne vivraient plus sans ce choix

La résilience, est-elle juste possible pour ceux qui n'ont que ce choix pour survivre ou tout le monde peut-il la pratiquer pour "mieux vivre"?

Doit-on considérer que la résilience est une forme de combat ?

Il y a des traces, mais ces traces n'ont pas la même "résistance" au temps, les traces qui datent de la petite enfance par exemple auront plus de résistance que des traces imprégnées à l'âge adulte.

Lorsque vous avez une altercation avec un voisin, une dispute avec votre compagnon, une trace restera pendant quelques heures, quelques jours, ou quelques mois, en général la résilience se fait toute seule parce que vous ne donnerez pas "l'accord conscient" pour que les traces soient "entretenues", la mémoire se dissipera, l'empreinte émotionnelle se réduira.

Mais si nous parlons de trauma causé par une peur sidérante de mourir, ou de trauma assez grave suite à la mort d'un être chéri, "l'accord conscient" doit être compris et  produit.

 Qu'appelle-je l'accord conscient ? Lorsque la vie nous a blessé de façon intense, nous avons deux possibilités de réaction, nous pouvons pensé : "oh ! quelle malchance ce qui m'arrive !" ou alors :" il n'est pas possible qu'il n'y ait pas dans ce fâcheux événement quelque chance à saisir".

Opter pour la première réaction nous permet de justifier la nouvelle route, les nouvelles décisions ou façons de voir les choses, le nouveau profil psychologique, tout ce que nous ferons pourra être compris, accepté, jugé, excusé, etc par l'événement qui a fait de nous dans un instant précis la victime que nous sommes devenus. Le propre du sentiment de la victime, c'est le droit à la plainte.

Opter pour la seconde réaction nous mènera au combat, nous refuserons la plainte, et nous refuserons de nous vivre comme une victime, nous chercherons chaque  jour s'il le faut (tant que nous ne serons pas arrivé au point de l’accord) le potentiel de chance qui s'offre à nous derrière le rideau du feu, sous les coups, sous les balles et les bombes.

Option, c'est l'accord.

Évidemment, je ne parle que de ma propre résilience, ce que j'ai vécu, ce que je sais de ma résilience. Il se peut bien que pour un autre, il n'en soit pas de même.

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Membre, 36ans Posté(e)
Ambre Agorn Membre 2 174 messages
Mentor‚ 36ans‚
Posté(e)
il y a 9 minutes, Don Juan a dit :

Doit-on considérer que la résilience est une forme de combat ?

Il y a des traces, mais ces traces n'ont pas la même "résistance" au temps, les traces qui datent de la petite enfance par exemple auront plus de résistance que des traces imprégnées à l'âge adulte.

Lorsque vous avez une altercation avec un voisin, une dispute avec votre compagnon, une trace restera pendant quelques heures, quelques jours, ou quelques mois, en général la résilience se fait toute seule parce que vous ne donnerez pas "l'accord conscient" pour que les traces soient "entretenues", la mémoire se dissipera, l'empreinte émotionnelle se réduira.

Mais si nous parlons de trauma causé par une peur sidérante de mourir, ou de trauma assez grave suite à la mort d'un être chéri, "l'accord conscient" doit être compris et  produit.

 Qu'appelle-je l'accord conscient ? Lorsque la vie nous a blessé de façon intense, nous avons deux possibilités de réaction, nous pouvons pensé : "oh ! quelle malchance ce qui m'arrive !" ou alors :" il n'est pas possible qu'il n'y ait pas dans ce fâcheux événement quelque chance à saisir".

Opter pour la première réaction nous permet de justifier la nouvelle route, les nouvelles décisions ou façons de voir les choses, le nouveau profil psychologique, tout ce que nous ferons pourra être compris, accepté, jugé, excusé, etc par l'événement qui a fait de nous dans un instant précis la victime que nous sommes devenus. Le propre du sentiment de la victime, c'est le droit à la plainte.

Opter pour la seconde réaction nous mènera au combat, nous refuserons la plainte, et nous refuserons de nous vivre comme une victime, nous chercherons chaque  jour s'il le faut (tant que nous ne serons pas arrivé au point de l’accord) le potentiel de chance qui s'offre à nous derrière le rideau du feu, sous les coups, sous les balles et les bombes.

Option, c'est l'accord.

Évidemment, je ne parle que de ma propre résilience, ce que j'ai vécu, ce que je sais de ma résilience. Il se peut bien que pour un autre, il n'en soit pas de même.

Du coup, dans la vidéo, B.C. ne parle que de la première des options que vous mettez en balance. D'ailleurs, tous les écrivains qu'il cite en exemple illustrent tout à fait sa façon de voir la résilience.

B.C. ne parle pas du tout de la seconde option dont vous parlez, à savoir celle de chercher le bienfait, la leçon, la chance qui s'offre à nous dans l'événement traumatisant.

J'avous que sa vision de la résilience m'a laissé comme une sorte de malaise. Je me suis pris à penser: "ça fait peur ce qu'il dit!". Je n'arrive pas à concevoir le mensonge ou modification intellectuelle des faits comme seul moyen de résilience.

Du coup, j'aurai tendance à adhérer à votre façon de voir que se battre tout les jours, et tirer les leçons de ce qui nous arrive est aussi une façon de résilier. D'ailleurs nettement plus intéressante à mon goût (j'ai un léger faible pour la bagarre en ce moment!)...

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Invité soloandsolo
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Invité soloandsolo
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Il y a 19 heures, Blaquière a dit :

C'est vrai que c'est un peu une idée à la mode... Comme faire son deuil. "Il faut en parler" ou en écrire !

C'est tout le principe de la psychanalyse. "Verbaliser". Il est sûr que ça ne change pas les faits, pas le réel, ce qui a eu lieu a eu lieu! Mais peut-être (c'est en tout cas l'idée) que ça (peut) changer la vision qu'on en a ? Et donc peut-être affaiblir le trauma, la douleur ?

Réinventer non pas au sens de se mentir, mais de reconstruire avec un autre regard que celui de l'enfance par exemple.... @Don Juan

L'autre versant, non dit,  c'est "faut-il en baver' pour faire"quelque chose" ?! "

Boris Cyrulnik n'est pas psychanalyste mais neuropsychiatre, deux disciplines très différentes et dont la fonction du langage diffère aussi, dans l'approche et la façon de l'utiliser.

Cyrulnik part du principe que le traumas se vit en deux temps, un au moment où il intervient dans le réel, un où il se revit psychiquement, le langage serait alors médiateur d'une résilience.

En psychanalyse on constate que le traumas du réel n'est pas forcément à l'origine d'un ou de symptômes, dans tous les cas le langage produit du symptôme, il n'est pas question ici de verbaliser pour qu'un autre récit fasse résilience au premier mais d'envisager le langage comme une chaine signifiante dont un ou des maillons bloque le déroulement de celle-ci, le travail se fait donc au niveau inconscient dans la structure même de celui-ci.

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Posté(e)
Il y a 3 heures, Ambre Agorn a dit :

Ai-je bien compris: Boris Cyrulnik est en train de dire, dans la vidéo, que la résilience est un mensonge (oui il n'utilise pas ces mots-là, mais j'ai entendu ça), non? Une façon de détourner notre cerveau de la réaité pour pouvoir l'accepter, c'est ça?

"Parler c'est mentir" (?) ou "dire la vérité" (?) , vérité : suffixe ité qui signifie "comme" et si c'est comme ce n'est pas tout à fait ça . Parler c'est -comme- dire le vrai, il y aurait donc toujours un écart entre le signifié et le signifiant, le vrai et le discours.

Ce qui laisse pas mal de possibilité de se raconter le vrai.

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