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Pétain


paulau

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paulau Membre 1 849 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Lors des débats relatifs au 11 Novembre , on a beaucoup parlé de Pétain.
Le gros problème : la chasse aux juifs durant l 'occupation

On peut cependant se poser la question : Pourquoi 75 % de juifs de France sauvés, 25 % chez les Néerlandais , 10 % chez les Polonais ?


En France, on refuse de reconnaître les bons côtés de l'armistice d'une part et de la présence d'un gouvernement français d'autre part, en l'occurrence celui du Maréchal Pétain.

Le Maréchal était la seule personnalité qui, face à Hitler, pouvait traiter d'égal à égal, d'ancien vainqueur à vainqueur. Les plénipotentiaires français qui discutèrent jour et nuit pour dresser les conditions d'armistice le faisaient au nom du Maréchal et pas au nom des politiciens dévalués qui n'impressionnaient ni Hitler ni ses généraux.
On oublie également les 1 900 000 prisonniers français, chiffre jamais atteint par aucune nation du monde depuis la nuit des temps. Ces prisonniers ont servi d'otages au Reich pour faire pression sur la France et son gouvernement.

L'armistice fut signé à des conditions plutôt avantageuses pour des vaincus écrasés en 6 semaines : zone libre qui permit jusqu'en novembre 42 à des milliers de juifs d'échapper à la déportation

Bien sûr, il y a le poids énorme de l'occupation et de ses frais, la présence obsédante de la Gestapo, des restrictions, , des arrestations, des exécutions, le soutien des communistes jusqu'au 22 juin 41, de la chasse aux juifs......

Et justement, ce qu ' on ne veut pas reconnaître c'est le travail de grignotage qui fut celui des fonctionnaires français pendant quatre ans, la possibilité pour les citoyens d 'aider les juifs. Le maintien d’un appareil étatique a eu un effet positif pour la survie des juifs de France , à tous les niveaux .
Constater que 75 % des juifs de France ont été sauvés ne revient pas à exonérer le maréchal Pétain. Mais on peut cependant mesurer la différence avec les Pays-Bas , placés sous l'autorité directe des Nazis ( 25 % de juifs sauvés ), et avec le Pologne où le sort des Juifs a encore été bien pire ( 10 % de juifs sauvés )

sources : https://www.la-croix.com/Actualite/France/Jacques-Semelin-75-des-juifs-vivant-en-France-ont-echappe-a-la-deportation-_NP_-2013-03-21-923518
https://www.liberation.fr/planete/1995/03/10/le-souvenir-honteux-de-l-holocauste-en-hollande_127589
https://www.nouvelobs.com/histoire/20180227.OBS2812/genocide-juif-la-pologne-face-a-ses-demons.html
 

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 475 messages
80ans‚ Talon 1,
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Paulausturmführer. Propaganda staffeln.

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Membre, 66ans Posté(e)
pila Membre 18 571 messages
Baby Forumeur‚ 66ans‚
Posté(e)

Wikipédia :

Pays-Bas.

" En avril 1943, il devient interdit aux Juifs d'habiter toute autre ville qu'Amsterdam."

Pologne avant 1939 :

"Alors que la seconde République s’affirmait, les persécutions envers les Juifs augmentèrent en Pologne. Ceux-ci n’étaient souvent pas assimilés à des Polonais de souche, vision générée à la fois par le nationalisme polonais et par le fait que la majorité des Juifs vivaient séparément du reste de la population polonaise. "

Je suppose que ce sont les explications essentielles.

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Membre, Posté(e)
paulau Membre 1 849 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
il y a 42 minutes, Talon 1 a dit :

Paulausturmführer. Propaganda staffeln.

Votre réponse est intéressante.

Cependant que répondez-vous à la question : Pourquoi 75 % de juifs de France sauvés, 25 % chez les Néerlandais , 10 % chez les Polonais ?
 

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 497 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
Posté(e)
Il y a 3 heures, paulau a dit :

Lors des débats relatifs au 11 Novembre , on a beaucoup parlé de Pétain.
Le gros problème : la chasse aux juifs durant l 'occupation

On peut cependant se poser la question : Pourquoi 75 % de juifs de France sauvés, 25 % chez les Néerlandais , 10 % chez les Polonais ?


En France, on refuse de reconnaître les bons côtés de l'armistice d'une part et de la présence d'un gouvernement français d'autre part, en l'occurrence celui du Maréchal Pétain.

Le Maréchal était la seule personnalité qui, face à Hitler, pouvait traiter d'égal à égal, d'ancien vainqueur à vainqueur. Les plénipotentiaires français qui discutèrent jour et nuit pour dresser les conditions d'armistice le faisaient au nom du Maréchal et pas au nom des politiciens dévalués qui n'impressionnaient ni Hitler ni ses généraux.
On oublie également les 1 900 000 prisonniers français, chiffre jamais atteint par aucune nation du monde depuis la nuit des temps. Ces prisonniers ont servi d'otages au Reich pour faire pression sur la France et son gouvernement.

L'armistice fut signé à des conditions plutôt avantageuses pour des vaincus écrasés en 6 semaines : zone libre qui permit jusqu'en novembre 42 à des milliers de juifs d'échapper à la déportation

Bien sûr, il y a le poids énorme de l'occupation et de ses frais, la présence obsédante de la Gestapo, des restrictions, , des arrestations, des exécutions, le soutien des communistes jusqu'au 22 juin 41, de la chasse aux juifs......

Et justement, ce qu ' on ne veut pas reconnaître c'est le travail de grignotage qui fut celui des fonctionnaires français pendant quatre ans, la possibilité pour les citoyens d 'aider les juifs. Le maintien d’un appareil étatique a eu un effet positif pour la survie des juifs de France , à tous les niveaux .
Constater que 75 % des juifs de France ont été sauvés ne revient pas à exonérer le maréchal Pétain. Mais on peut cependant mesurer la différence avec les Pays-Bas , placés sous l'autorité directe des Nazis ( 25 % de juifs sauvés ), et avec le Pologne où le sort des Juifs a encore été bien pire ( 10 % de juifs sauvés )

sources : https://www.la-croix.com/Actualite/France/Jacques-Semelin-75-des-juifs-vivant-en-France-ont-echappe-a-la-deportation-_NP_-2013-03-21-923518
https://www.liberation.fr/planete/1995/03/10/le-souvenir-honteux-de-l-holocauste-en-hollande_127589
https://www.nouvelobs.com/histoire/20180227.OBS2812/genocide-juif-la-pologne-face-a-ses-demons.html
 

Et on en est encore à répéter ces conneries… Comme je l'ai déjà écrit je ne sais combien de fois ici, le régime de Vichy a édicté des lois antisémites en octobre 1940 sans aucune contrainte du IIIe Reich. Pire, la définition du Juif selon Vichy était encore plus large que celle des nazis. Si le but de Pétain a été de faire un geste en faveur de l'Allemagne en pensant qu'il serait payé de retour, il s'est complètement gouré. Bien au contraire, les Allemands en ont conclu que puisqu'il faisait ce genre de geste sans qu'on lui demande rien, c'est qu'on pouvait exiger de lui beaucoup plus. Si 75% des Juifs français ont été sauvés, ce n'est sûrement pas grâce aux fonctionnaires de Vichy qui dans leur majorité ont appliqué sans sourciller les consignes venues d'en haut, aussi iniques qu'elles aient été; ce sont plutôt les Français de base qui ont sauvé des Juifs, au risque de s'attirer les foudres des services de répression nazis ET vichyssois.

Si on veut défendre Pétain (et il y a des arguments pour ça), il ne faut surtout pas parler du statut des Juifs, qui est l'un des plus gros points noirs du régime de Vichy - un point noir dont des gens comme Laval ou Bousquet ont fait une abomination.

(Pour le chiffre des prisonniers français, il était important, mais enfin les prisonniers soviétiques ont été bien plus nombreux. Et les Allemands les ont laissés crever de faim…)

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la loi du 3 octobre 1940 :

Signé par le maréchal Pétain et les principaux membres de son gouvernement, publié au Journal officiel le 18 octobre, le statut des Juifs commence par préciser qu'"est regardée comme juif pour l'application de la présente loi : toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou deux grands-parents de la même race, si son conjoint est lui-même juif". Puis, le statut énumère les activités qui sont désormais interdites aux Juifs : la fonction de chef d'État et de membre du gouvernement, l'accès aux grands corps (Conseil d'État, Cour de cassation, Cour des comptes, magistratures, etc.) et à l'administration, l'enseignement, l'armée, la presse, la radiodiffusion, le cinéma. Toutes les autres fonctions publiques sont ouvertes aux Juifs, à condition qu'ils soient anciens combattants de la Grande Guerre ou qu'ils aient été cités à l'ordre du jour pendant la campagne de 1939-1940 ou qu'ils aient été décorés de Légion d'honneur à titre militaire. "Les fonctionnaires juifs [...] cesseront d'exercer leurs fonctions dans les deux mois." Les prisonniers de guerre et les personnels servant outre-mer seront soumis au statut dès qu'ils seront rentrés en France. Toutefois, "par décret individuel pris en Conseil d'État et dûment motivé, les Juifs qui, dans les domaines littéraire, scientifique, artistique, ont rendu des services exceptionnels à l'État français, pourront être relevés des interdictions prévues par la présente loi".

Le statut des Juifs du 3 octobre frappe pour l'essentiel les Juifs français. Il sera complété par la loi du 4 octobre "sur les ressortissants étrangers de race juive" qui, sur décision du préfet du département de leur résidence, "pourront être internés dans des camps spéciaux" ou assignés à résidence forcée. Enfin, la loi du 7 octobre abrogera le décret Crémieux du 24 octobre 1870, aux termes duquel les Juifs indigènes d'Algérie avaient été déclarés citoyens français.

Ces trois mesures, sans précédent dans la législation française, appellent des commentaires. Depuis 1872, aucun recensement ne mentionne la religion. Pour connaître le nombre des Juifs vivant en France, les Allemands et le gouvernement de Vichy devront donc recourir aux estimations, ou au recensement. Ceux entrepris en 1940-41 donneront des résultats assez approximatifs. Le chiffre le plus acceptable semble être celui de 300.000, peut-être 350.000, soit 0,75 % de la population française. Avec une répartition géographique tout à fait inégale, puisque les deux-tiers d'entre eux sont établis à Paris et aux alentours, soit au maximum 7% des habitants de la capitale et 1% des habitants de la banlieue. Grosso modo, deux Juifs sur trois sont des immigrants de fraîche date.

La présence des Juifs sur le territoire qui deviendra la France remonte à l'époque romaine. En dépit des expulsions dont ils ont été les victimes au Moyen Age, ils forment des communautés vivantes dont l'activité économique et religieuse est attestée dans les principaux moments de notre histoire. Juifs de Bordeaux et de Bayonne, d'Avignon et du Comtat Venaissin soumis à l'autorité du Pape, d'Alsace et de Lorraine, de Paris, autant de groupes divers qui mènent une vie marginale et soumise aux discriminations, plus ou moins insupportables, des autorités politiques. L'émancipation survient avec la Révolution : les Juifs du Sud-Ouest l'obtiennent en 1790 ; ceux de l'Est en 1791. C'est la première fois en Europe que les Juifs deviennent des citoyens comme les autres. La France a donné un exemple que ses voisins suivent, bon gré mal gré, dans le courant du XIXe siècle. A condition, toutefois, que les Juifs renoncent à tout particularisme. Suivant la belle formule du comte de Clermont-Tonnerre en 1789 : "Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout leur accorder comme individus ; il faut qu'ils ne fassent dans l'État ni un corps politique ni un ordre ; il faut qu'ils soient individuellement citoyens." Ce programme, les Juifs l'ont scrupuleusement respecté au point de perdre un peu de leurs traditions, au risque de se fondre complètement dans la nation et d'y disparaître. Ils estiment désormais qu'ils sont des Français israélites, c'est-à-dire que le Judaïsme n'est plus qu'une religion comme les autres et que l'identité dominante est celle qui les rattache à la France. En 1806, Napoléon réunit une "assemblée des notables" issus de la communauté juive; ses délibérations durent du 6 juillet 1806 au 6 avril 1807. Puis l'Empereur ressuscite le "Grand Sanhédrin", chargé d'organiser le culte juif. Globalement, la législation de l'Empire complète l'œuvre de la Révolution française. Dans les autres pays d'Europe soumis à l'autorité impériale, Napoléon tente aussi d'améliorer le sort de Juifs, ce qui suscite le courroux du tsar de Russie mais aussi du pape. Si, après Waterloo, plusieurs pays reviennent sur les lois françaises, en France l'intégration de la communauté juive et sa place au sein de la nation semblent irréversibles. Mais l'avenir va montrer que les vieux démons peuvent toujours revenir...

Sans doute l'affaire Dreyfus rappelle-t-elle à ceux qui l'auraient oublié que l'antisémitisme a pris la place de l'antijudaïsme et que depuis la parution de "la France juive" d'Édouard Drumont, il exerce une puissante influence en France. Mais la Grande Guerre cicatrise les blessures. Juifs et non-Juifs communient dans l'Union sacrée d'abord, dans la commémoration des Français morts au combat ensuite. L'assimilation est si bien réussie que de nombreux Juifs français accèdent à des postes de responsabilité et à des fonctions prestigieuses. Il est hautement significatif qu'en 1936, le nouveau président du Conseil, Léon Blum, soit le premier des Juifs à diriger le gouvernement de la France.

L'antisémitisme, pourtant, ne désarme pas. Ni à l'égard des Israélites ni à l'égard de ces Juifs pauvres, qui parlent surtout le yiddish et immigrent en France en nombre croissant depuis 1881. Ils viennent de Russie, de Pologne, de Roumanie, de Lituanie, de Tchécoslovaquie, d'Allemagne, d'Autriche, parfois de Turquie. Ils fuient la persécution, la discrimination et la misère. Ce qui les attire en France, c'est la patrie des droits de l'homme, la possibilité de vivre libres et d'y travailler. Surtout à une époque où les États-Unis ont fermé leurs frontières en instaurant en 1924 la loi des quotas, où le nazisme et les avatars du fascisme font la chasse aux Juifs, où la Palestine ne suscite qu'un attrait limité. De là, l'impression que la population juive en France croît dans des proportions exorbitantes. Si elle regroupait 120.000 personnes en 1914, 150.000 en 1918 après le retour de l'Alsace-Lorraine dans la mère-patrie, elle atteint le niveau de 200.000 en 1930 et augmente encore d'au moins 50% en une décennie. La France serait-elle parvenue "à un point de saturation" comme le déclare un responsable français ? Ou plutôt ne faut-il pas replacer cette prétendue "invasion juive" dans son contexte ? La France a encouragé l'immigration au lendemain de la Grande Guerre. Au recensement de 1931, les étrangers sont 3 millions, soit 7% de la population totale. Leur nombre baisse dans les six années suivantes - conséquence de la crise économique. Certes, la France est bien alors "le premier pays d'immigration du monde", devant les États-Unis. Mais si elle a accueilli 55.000 Juifs de 1933 à 1939, si certains ont quitté notre pays et si beaucoup ont cherché à obtenir le plus rapidement possible la citoyenneté française, il ne faut pas oublier que la masse des immigrants n'est nullement juive et qu'aux côtés des 200.000 Juifs étrangers vivent, par exemple, près de 800.000 Italiens. Preuve supplémentaire, s'il en était besoin, que l'antisémitisme ne se nourrit pas de certitudes arithmétiques, mais de fantasmes et de phobies, qu'il exprime l'une des formes les plus perverses de l'imaginaire.

Xénophobie et antisémitisme font bon ménage. Les antisémites croient ou donnent l'impression de croire que tous les Juifs, français ou étrangers, forment un élément inassimilable, que l'économie, la société et l'âme de la France sont directement menacées, qu'il faut de toute urgence des mesures d'exclusion - et non point une politique d'extermination. Jusqu'à l'armistice de 1940, les groupuscules antisémites font parler d'eux, commettent des violences et ne réussissent pas à imposer leur loi.

L'avènement de la révolution nationale leur donne soudainement des moyens inespérés et la possibilité d'appliquer enfin leurs revendications. Ils font diligence. Douze jours après que Pétain ait obtenu les pleins pouvoirs, la loi du 22 juillet 1940 met en place une commission de révision des naturalisations accordées suivant la loi de 1927. Elle vise notamment les Juifs. Le 27 août, le décret-loi Marchandeau d'avril 1939 est abrogé, qui interdisait la publication dans la presse d'appels à la haine raciale et religieuse. En même temps qu'il élabore des mesures contre les francs-maçons, le gouvernement de Vichy se met au travail pour rédiger un statut des Juifs. Vraisemblablement, il est poussé par trois motivations.

L'antisémitisme est la première d'entre elles - un antisémitisme à la française, exprimé dans toute son ampleur par Charles Maurras, adopté par Pétain lui-même et les membres les plus influents de son entourage, conforté par l'exacerbation du patriotisme qui fait suite à la défaite et dont on feint de croire que les Juifs sont les ennemis. Pour que la France renaisse, il faut la préserver des agents de la décadence, la purifier des forces du Mal, la rendre pleinement aux Français, donc en exclure les Juifs.

La deuxième motivation est plus circonstancielle. Vichy et les autorités allemandes se livrent à une véritable course de vitesse. D'ailleurs, en zone occupée, la première ordonnance "relative aux mesures contre les Juifs" date du 27 septembre et revient à dire que les Allemands préparent l'aryanisation des biens juifs, donc l'appropriation d'une partie du patrimoine français. Vichy tient, en conséquence, à proclamer son autorité sur les deux zones et à ne rien perdre du gâteau que représentent les biens des Juifs.

Enfin, troisième motivation, dans la perspective d'une paix qu'on estime prochaine, Pétain et Laval voudraient, à des degrés divers et suivant des modalités différentes, intégrer la France à l'Europe hitlérienne. La "collaboration", que l'entrevue de Montoire symbolisera en ce même mois d'octobre 1940, suppose que Vichy donne des preuves de ses bonnes dispositions, fasse un pas en avant en direction d'Hitler et manifeste sans ambiguïté son désir d'entrer dans l'ordre nouveau. En adoptant le statut des Juifs du 3 octobre 1940, Vichy ne subit aucune contrainte, agit librement et va, en outre, plus loin que les occupants. En effet, l'article premier fait mention de la race juive et précise qu'un demi-Juif (qui n'a que deux grands-parents juifs) devient pleinement juif si son conjoint est juif. L'ordonnance allemande du 27 septembre, elle, n'évoque pas les conséquences du mariage d'un demi-Juif et surtout définit le Juif comme appartenant à la religion juive ou ayant plus de deux grands-parents juifs, c'est-à-dire appartenant à la religion juive. Les Allemands ont tenu compte des difficultés insurmontables à définir un Juif sur le plan racial et des complexités dans lesquelles la loi de Nuremberg les a entraînés. Les Français ne font aucune mention de la religion, évoquent le mariage d'un demi-Juif avec un Juif et non le mariage de deux demi-Juifs, bref rédigent en toute hâte un article qui puise son inspiration dans la législation nazie sans aller jusque dans le détail des mesures adoptées par l'Allemagne d'Hitler. C'est si vrai que les autorités allemandes, ravies d'avoir en face d'elles un gouvernement franchement antisémite, renforceront à plusieurs reprises leur propre législation et que Vichy sera contraint, le 2 juin 1941, d'adopter une deuxième loi portant statut des Juifs.

Quelles que soient les arguties juridiques qui naîtront inévitablement de ces textes confus et sans fondements historiques, il faut retenir qu'en excluant les Juifs de la communauté nationale, le gouvernement de Vichy prépare leur expropriation, leur arrestation et, en fin de compte, leur extermination. Il est entré volontairement dans l'engrenage de la machine nazie et ne peut être désormais que le complice actif de l'internement et de la déportation des Juifs, étrangers d'abord, français ensuite. D'autant plus qu'en ouvrant ou en étendant les camps d'internement en zone non occupée, il crée un réservoir dans lequel les nazis ne manqueront pas de puiser pour remplir les trains vers Auschwitz.

Ainsi, non seulement le gouvernement du Maréchal aligne sa politique sur celle de l'occupant (et, en l'occurrence, sans que celui-ci ait encore exercé la moindre pression), mais il fait du zèle, et renchérit en ignominie sur les nazis eux-mêmes. L'argument présenté par les défenseurs de Pétain après la guerre, et suivant lequel l'existence du gouvernement de Vichy aurait permis de sauver de nombreux Juifs, est donc entièrement fallacieux. Vichy se serait honoré en accueillant et protégeant ces Juifs contre lesquels les nazis s'acharnaient, et non pas en se livrant à une compétition d'antisémitisme avec les Allemands. L'exemple danois a montré que, dans un pays où les autorités et la population voulaient réellement empêcher les persécutions et la déportation des Israélites, les nazis pouvaient être mis en échec, et contraints dans une large mesure de renoncer à appliquer leur politique antisémite. De ce point de vue, Vichy est plutôt un contre-exemple ; même le gouvernement de Mussolini, pourtant allié d'Hitler, a beaucoup moins opprimé les Juifs que le régime du Maréchal (on a même vu, dans la zone d'occupation italienne en France, des officiers italiens défendre des Juifs contre la police de Vichy !)

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 497 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
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il y a une heure, pila a dit :

Il n'y a pas eu que des salauds chez les français !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Catégorie:Juste_parmi_les_nations_français

Entièrement d'accord, mais faut-il rappeler que les gens qui, entre juillet 1940 et août 1944, protégeaient ou hébergeaient des Juifs, risquaient l'emprisonnement, voire la peine de mort ou la déportation (et cela, aussi bien de la part des Allemands que de la police de Vichy)?

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Membre, Ursidé bien léché, 74ans Posté(e)
l'ours 5785 Membre 5 118 messages
74ans‚ Ursidé bien léché,
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Et bien, il y en a un qui a raté une occasion de se taire. :smile2:

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Membre, Posté(e)
Constantinople Membre 18 329 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Le 12/11/2018 à 17:16, Gouderien a dit :

Et on en est encore à répéter ces conneries… Comme je l'ai déjà écrit je ne sais combien de fois ici, le régime de Vichy a édicté des lois antisémites en octobre 1940 sans aucune contrainte du IIIe Reich. Pire, la définition du Juif selon Vichy était encore plus large que celle des nazis. Si le but de Pétain a été de faire un geste en faveur de l'Allemagne en pensant qu'il serait payé de retour, il s'est complètement gouré. Bien au contraire, les Allemands en ont conclu que puisqu'il faisait ce genre de geste sans qu'on lui demande rien, c'est qu'on pouvait exiger de lui beaucoup plus. Si 75% des Juifs français ont été sauvés, ce n'est sûrement pas grâce aux fonctionnaires de Vichy qui dans leur majorité ont appliqué sans sourciller les consignes venues d'en haut, aussi iniques qu'elles aient été; ce sont plutôt les Français de base qui ont sauvé des Juifs, au risque de s'attirer les foudres des services de répression nazis ET vichyssois.

Si on veut défendre Pétain (et il y a des arguments pour ça), il ne faut surtout pas parler du statut des Juifs, qui est l'un des plus gros points noirs du régime de Vichy - un point noir dont des gens comme Laval ou Bousquet ont fait une abomination.

(Pour le chiffre des prisonniers français, il était important, mais enfin les prisonniers soviétiques ont été bien plus nombreux. Et les Allemands les ont laissés crever de faim…)

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la loi du 3 octobre 1940 :

Signé par le maréchal Pétain et les principaux membres de son gouvernement, publié au Journal officiel le 18 octobre, le statut des Juifs commence par préciser qu'"est regardée comme juif pour l'application de la présente loi : toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou deux grands-parents de la même race, si son conjoint est lui-même juif". Puis, le statut énumère les activités qui sont désormais interdites aux Juifs : la fonction de chef d'État et de membre du gouvernement, l'accès aux grands corps (Conseil d'État, Cour de cassation, Cour des comptes, magistratures, etc.) et à l'administration, l'enseignement, l'armée, la presse, la radiodiffusion, le cinéma. Toutes les autres fonctions publiques sont ouvertes aux Juifs, à condition qu'ils soient anciens combattants de la Grande Guerre ou qu'ils aient été cités à l'ordre du jour pendant la campagne de 1939-1940 ou qu'ils aient été décorés de Légion d'honneur à titre militaire. "Les fonctionnaires juifs [...] cesseront d'exercer leurs fonctions dans les deux mois." Les prisonniers de guerre et les personnels servant outre-mer seront soumis au statut dès qu'ils seront rentrés en France. Toutefois, "par décret individuel pris en Conseil d'État et dûment motivé, les Juifs qui, dans les domaines littéraire, scientifique, artistique, ont rendu des services exceptionnels à l'État français, pourront être relevés des interdictions prévues par la présente loi".

Le statut des Juifs du 3 octobre frappe pour l'essentiel les Juifs français. Il sera complété par la loi du 4 octobre "sur les ressortissants étrangers de race juive" qui, sur décision du préfet du département de leur résidence, "pourront être internés dans des camps spéciaux" ou assignés à résidence forcée. Enfin, la loi du 7 octobre abrogera le décret Crémieux du 24 octobre 1870, aux termes duquel les Juifs indigènes d'Algérie avaient été déclarés citoyens français.

Ces trois mesures, sans précédent dans la législation française, appellent des commentaires. Depuis 1872, aucun recensement ne mentionne la religion. Pour connaître le nombre des Juifs vivant en France, les Allemands et le gouvernement de Vichy devront donc recourir aux estimations, ou au recensement. Ceux entrepris en 1940-41 donneront des résultats assez approximatifs. Le chiffre le plus acceptable semble être celui de 300.000, peut-être 350.000, soit 0,75 % de la population française. Avec une répartition géographique tout à fait inégale, puisque les deux-tiers d'entre eux sont établis à Paris et aux alentours, soit au maximum 7% des habitants de la capitale et 1% des habitants de la banlieue. Grosso modo, deux Juifs sur trois sont des immigrants de fraîche date.

La présence des Juifs sur le territoire qui deviendra la France remonte à l'époque romaine. En dépit des expulsions dont ils ont été les victimes au Moyen Age, ils forment des communautés vivantes dont l'activité économique et religieuse est attestée dans les principaux moments de notre histoire. Juifs de Bordeaux et de Bayonne, d'Avignon et du Comtat Venaissin soumis à l'autorité du Pape, d'Alsace et de Lorraine, de Paris, autant de groupes divers qui mènent une vie marginale et soumise aux discriminations, plus ou moins insupportables, des autorités politiques. L'émancipation survient avec la Révolution : les Juifs du Sud-Ouest l'obtiennent en 1790 ; ceux de l'Est en 1791. C'est la première fois en Europe que les Juifs deviennent des citoyens comme les autres. La France a donné un exemple que ses voisins suivent, bon gré mal gré, dans le courant du XIXe siècle. A condition, toutefois, que les Juifs renoncent à tout particularisme. Suivant la belle formule du comte de Clermont-Tonnerre en 1789 : "Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout leur accorder comme individus ; il faut qu'ils ne fassent dans l'État ni un corps politique ni un ordre ; il faut qu'ils soient individuellement citoyens." Ce programme, les Juifs l'ont scrupuleusement respecté au point de perdre un peu de leurs traditions, au risque de se fondre complètement dans la nation et d'y disparaître. Ils estiment désormais qu'ils sont des Français israélites, c'est-à-dire que le Judaïsme n'est plus qu'une religion comme les autres et que l'identité dominante est celle qui les rattache à la France. En 1806, Napoléon réunit une "assemblée des notables" issus de la communauté juive; ses délibérations durent du 6 juillet 1806 au 6 avril 1807. Puis l'Empereur ressuscite le "Grand Sanhédrin", chargé d'organiser le culte juif. Globalement, la législation de l'Empire complète l'œuvre de la Révolution française. Dans les autres pays d'Europe soumis à l'autorité impériale, Napoléon tente aussi d'améliorer le sort de Juifs, ce qui suscite le courroux du tsar de Russie mais aussi du pape. Si, après Waterloo, plusieurs pays reviennent sur les lois françaises, en France l'intégration de la communauté juive et sa place au sein de la nation semblent irréversibles. Mais l'avenir va montrer que les vieux démons peuvent toujours revenir...

Sans doute l'affaire Dreyfus rappelle-t-elle à ceux qui l'auraient oublié que l'antisémitisme a pris la place de l'antijudaïsme et que depuis la parution de "la France juive" d'Édouard Drumont, il exerce une puissante influence en France. Mais la Grande Guerre cicatrise les blessures. Juifs et non-Juifs communient dans l'Union sacrée d'abord, dans la commémoration des Français morts au combat ensuite. L'assimilation est si bien réussie que de nombreux Juifs français accèdent à des postes de responsabilité et à des fonctions prestigieuses. Il est hautement significatif qu'en 1936, le nouveau président du Conseil, Léon Blum, soit le premier des Juifs à diriger le gouvernement de la France.

L'antisémitisme, pourtant, ne désarme pas. Ni à l'égard des Israélites ni à l'égard de ces Juifs pauvres, qui parlent surtout le yiddish et immigrent en France en nombre croissant depuis 1881. Ils viennent de Russie, de Pologne, de Roumanie, de Lituanie, de Tchécoslovaquie, d'Allemagne, d'Autriche, parfois de Turquie. Ils fuient la persécution, la discrimination et la misère. Ce qui les attire en France, c'est la patrie des droits de l'homme, la possibilité de vivre libres et d'y travailler. Surtout à une époque où les États-Unis ont fermé leurs frontières en instaurant en 1924 la loi des quotas, où le nazisme et les avatars du fascisme font la chasse aux Juifs, où la Palestine ne suscite qu'un attrait limité. De là, l'impression que la population juive en France croît dans des proportions exorbitantes. Si elle regroupait 120.000 personnes en 1914, 150.000 en 1918 après le retour de l'Alsace-Lorraine dans la mère-patrie, elle atteint le niveau de 200.000 en 1930 et augmente encore d'au moins 50% en une décennie. La France serait-elle parvenue "à un point de saturation" comme le déclare un responsable français ? Ou plutôt ne faut-il pas replacer cette prétendue "invasion juive" dans son contexte ? La France a encouragé l'immigration au lendemain de la Grande Guerre. Au recensement de 1931, les étrangers sont 3 millions, soit 7% de la population totale. Leur nombre baisse dans les six années suivantes - conséquence de la crise économique. Certes, la France est bien alors "le premier pays d'immigration du monde", devant les États-Unis. Mais si elle a accueilli 55.000 Juifs de 1933 à 1939, si certains ont quitté notre pays et si beaucoup ont cherché à obtenir le plus rapidement possible la citoyenneté française, il ne faut pas oublier que la masse des immigrants n'est nullement juive et qu'aux côtés des 200.000 Juifs étrangers vivent, par exemple, près de 800.000 Italiens. Preuve supplémentaire, s'il en était besoin, que l'antisémitisme ne se nourrit pas de certitudes arithmétiques, mais de fantasmes et de phobies, qu'il exprime l'une des formes les plus perverses de l'imaginaire.

Xénophobie et antisémitisme font bon ménage. Les antisémites croient ou donnent l'impression de croire que tous les Juifs, français ou étrangers, forment un élément inassimilable, que l'économie, la société et l'âme de la France sont directement menacées, qu'il faut de toute urgence des mesures d'exclusion - et non point une politique d'extermination. Jusqu'à l'armistice de 1940, les groupuscules antisémites font parler d'eux, commettent des violences et ne réussissent pas à imposer leur loi.

L'avènement de la révolution nationale leur donne soudainement des moyens inespérés et la possibilité d'appliquer enfin leurs revendications. Ils font diligence. Douze jours après que Pétain ait obtenu les pleins pouvoirs, la loi du 22 juillet 1940 met en place une commission de révision des naturalisations accordées suivant la loi de 1927. Elle vise notamment les Juifs. Le 27 août, le décret-loi Marchandeau d'avril 1939 est abrogé, qui interdisait la publication dans la presse d'appels à la haine raciale et religieuse. En même temps qu'il élabore des mesures contre les francs-maçons, le gouvernement de Vichy se met au travail pour rédiger un statut des Juifs. Vraisemblablement, il est poussé par trois motivations.

L'antisémitisme est la première d'entre elles - un antisémitisme à la française, exprimé dans toute son ampleur par Charles Maurras, adopté par Pétain lui-même et les membres les plus influents de son entourage, conforté par l'exacerbation du patriotisme qui fait suite à la défaite et dont on feint de croire que les Juifs sont les ennemis. Pour que la France renaisse, il faut la préserver des agents de la décadence, la purifier des forces du Mal, la rendre pleinement aux Français, donc en exclure les Juifs.

La deuxième motivation est plus circonstancielle. Vichy et les autorités allemandes se livrent à une véritable course de vitesse. D'ailleurs, en zone occupée, la première ordonnance "relative aux mesures contre les Juifs" date du 27 septembre et revient à dire que les Allemands préparent l'aryanisation des biens juifs, donc l'appropriation d'une partie du patrimoine français. Vichy tient, en conséquence, à proclamer son autorité sur les deux zones et à ne rien perdre du gâteau que représentent les biens des Juifs.

Enfin, troisième motivation, dans la perspective d'une paix qu'on estime prochaine, Pétain et Laval voudraient, à des degrés divers et suivant des modalités différentes, intégrer la France à l'Europe hitlérienne. La "collaboration", que l'entrevue de Montoire symbolisera en ce même mois d'octobre 1940, suppose que Vichy donne des preuves de ses bonnes dispositions, fasse un pas en avant en direction d'Hitler et manifeste sans ambiguïté son désir d'entrer dans l'ordre nouveau. En adoptant le statut des Juifs du 3 octobre 1940, Vichy ne subit aucune contrainte, agit librement et va, en outre, plus loin que les occupants. En effet, l'article premier fait mention de la race juive et précise qu'un demi-Juif (qui n'a que deux grands-parents juifs) devient pleinement juif si son conjoint est juif. L'ordonnance allemande du 27 septembre, elle, n'évoque pas les conséquences du mariage d'un demi-Juif et surtout définit le Juif comme appartenant à la religion juive ou ayant plus de deux grands-parents juifs, c'est-à-dire appartenant à la religion juive. Les Allemands ont tenu compte des difficultés insurmontables à définir un Juif sur le plan racial et des complexités dans lesquelles la loi de Nuremberg les a entraînés. Les Français ne font aucune mention de la religion, évoquent le mariage d'un demi-Juif avec un Juif et non le mariage de deux demi-Juifs, bref rédigent en toute hâte un article qui puise son inspiration dans la législation nazie sans aller jusque dans le détail des mesures adoptées par l'Allemagne d'Hitler. C'est si vrai que les autorités allemandes, ravies d'avoir en face d'elles un gouvernement franchement antisémite, renforceront à plusieurs reprises leur propre législation et que Vichy sera contraint, le 2 juin 1941, d'adopter une deuxième loi portant statut des Juifs.

Quelles que soient les arguties juridiques qui naîtront inévitablement de ces textes confus et sans fondements historiques, il faut retenir qu'en excluant les Juifs de la communauté nationale, le gouvernement de Vichy prépare leur expropriation, leur arrestation et, en fin de compte, leur extermination. Il est entré volontairement dans l'engrenage de la machine nazie et ne peut être désormais que le complice actif de l'internement et de la déportation des Juifs, étrangers d'abord, français ensuite. D'autant plus qu'en ouvrant ou en étendant les camps d'internement en zone non occupée, il crée un réservoir dans lequel les nazis ne manqueront pas de puiser pour remplir les trains vers Auschwitz.

Ainsi, non seulement le gouvernement du Maréchal aligne sa politique sur celle de l'occupant (et, en l'occurrence, sans que celui-ci ait encore exercé la moindre pression), mais il fait du zèle, et renchérit en ignominie sur les nazis eux-mêmes. L'argument présenté par les défenseurs de Pétain après la guerre, et suivant lequel l'existence du gouvernement de Vichy aurait permis de sauver de nombreux Juifs, est donc entièrement fallacieux. Vichy se serait honoré en accueillant et protégeant ces Juifs contre lesquels les nazis s'acharnaient, et non pas en se livrant à une compétition d'antisémitisme avec les Allemands. L'exemple danois a montré que, dans un pays où les autorités et la population voulaient réellement empêcher les persécutions et la déportation des Israélites, les nazis pouvaient être mis en échec, et contraints dans une large mesure de renoncer à appliquer leur politique antisémite. De ce point de vue, Vichy est plutôt un contre-exemple ; même le gouvernement de Mussolini, pourtant allié d'Hitler, a beaucoup moins opprimé les Juifs que le régime du Maréchal (on a même vu, dans la zone d'occupation italienne en France, des officiers italiens défendre des Juifs contre la police de Vichy !)

Cette lecture est biaisée pour ne pas dire totalement fausse, c'est l'école Paxtonienne/klasferdienne, qui ne tient pas debout. Vichy non seulement ne renchérit pas, mais fais cette fameuse distinction des juifs français/étranger. Le décret est évidemment sans aucun doute antisémite, mais prends plus dans un contexte bien différent de la politique nazie : il s'agit, toujours d'un point de vue antisémite", de limiter l'influence juive dans les journaux, écoles, etc. C'est de l'anti sémitisme certes, mais il n'est pas à mettre sur le même plan que celui des Nazis, et ils ne devancent ou excédent en rien leur demande. Il n'y a pas de compétition d'anti sémitisme et faut il rappeler que la France a accueilli trés massivement, bien plus que des pays comme l'Angleterre ou les Etats unis les juifs venus d'europe, et que cet afflux de population suffit explique au moins en partie ce regain d'antisémitisme.

 

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 497 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
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il y a 23 minutes, Constantinople a dit :

Cette lecture est biaisée pour ne pas dire totalement fausse, c'est l'école Paxtonienne/klasferdienne, qui ne tient pas debout. Vichy non seulement ne renchérit pas, mais fais cette fameuse distinction des juifs français/étranger. Le décret est évidemment sans aucun doute antisémite, mais prends plus dans un contexte bien différent de la politique nazie : il s'agit, toujours d'un point de vue antisémite", de limiter l'influence juive dans les journaux, écoles, etc. C'est de l'anti sémitisme certes, mais il n'est pas à mettre sur le même plan que celui des Nazis, et ils ne devancent ou excédent en rien leur demande. Il n'y a pas de compétition d'anti sémitisme et faut il rappeler que la France a accueilli trés massivement, bien plus que des pays comme l'Angleterre ou les Etats unis les juifs venus d'europe, et que cet afflux de population suffit explique au moins en partie ce regain d'antisémitisme.

 

Ah bon, tu reconnais quand même qu'il y avait de l'antisémitisme! L'antisémitisme de Vichy a abouti en définitive au même endroit que celui des nazis : à Auschwitz. Tu auras beau couper les cheveux en quatre dans le sens de la longueur, la politique de Vichy à l'égard des Juifs porte un nom : c'est une persécution. Paxton n'a fait que rappeler des évidences, et je ne vois pas comment on peut contester la valeur de son travail, à moins bien entendu de faire partie des révisionnistes, ce qui semble être ton cas. 

Même si je suis assez généreux pour trouver quelques aspects positifs dans la politique de Vichy, globalement, l'histoire du régime du Maréchal, de 1940 à 1944, est quand même l'un des chapitres les plus répugnants de la Seconde Guerre mondiale.

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Membre, Posté(e)
Constantinople Membre 18 329 messages
Maitre des forums‚
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à l’instant, Gouderien a dit :

Ah bon, tu reconnais quand même qu'il y avait de l'antisémitisme! L'antisémitisme de Vichy a abouti en définitive au même endroit que celui des nazis : à Auschwitz. Tu auras beau couper les cheveux en quatre dans le sens de la longueur, la politique de Vichy à l'égard des Juifs porte un nom : c'est une persécution. Paxton n'a fait que rappeler des évidences, et je ne vois pas comment on peut contester la valeur de son travail, à moins bien entendu de faire partie des révisionnistes, ce qui semble être ton cas. 

Ce n'est pas moi qui le conteste, mais les faits. Sinon comment expliquer que malgré 4 années d'occupation, le taux de déportation fut trés largement inférieur à celui des autres pays européens occupés ? Vichy fonctionne ainsi : vous pouvez prendre les juifs étrangers, mais pas les juifs français. Quand ils ne pouvaient pas faire autrement, avec la pression constante de l'occupant, et dans une logique de deals contre les prisonniers français. L'antisémitisme de Vichy n'est donc pas à mettre en parallèle avec celui de l'occupant, puisque clairement, Vichy s'y oppose pour tous les français de confession juive.

Il faut rappeler un détail : la France a été ratatinée en trois semaines (trois semaines !!) et mis a néant par les occupants. nous sommes à genoux, et l'armistice négociée par Pétain est quasiment perçue comme miraculeuse par les français. Nous ne sommes pas en position de force pour discuter.

Aprés Vichy est une histoire complexe, trés mouvante, et en parler sur un paragraphe est insuffisant, je me dis depuis un moment que je devrais faire un topic sérieux sur la collaboration pour remettre les choses en perspective justement, mais c'est du boulot, et les sujets sérieux et bien traités n'interessent pas grand monde, on préfére les idées reçues, bien plus facile.

 

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 497 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
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il y a 3 minutes, Constantinople a dit :

Ce n'est pas moi qui le conteste, mais les faits. Sinon comment expliquer que malgré 4 années d'occupation, le taux de déportation fut trés largement inférieur à celui des autres pays européens occupés ? Vichy fonctionne ainsi : vous pouvez prendre les juifs étrangers, mais pas les juifs français. Quand ils ne pouvaient pas faire autrement, avec la pression constante de l'occupant, et dans une logique de deals contre les prisonniers français. L'antisémitisme de Vichy n'est donc pas à mettre en parallèle avec celui de l'occupant, puisque clairement, Vichy s'y oppose pour tous les français de confession juive.

Il faut rappeler un détail : la France a été ratatinée en trois semaines (trois semaines !!) et mis a néant par les occupants. nous sommes à genoux, et l'armistice négociée par Pétain est quasiment perçue comme miraculeuse par les français. Nous ne sommes pas en position de force pour discuter.

Aprés Vichy est une histoire complexe, trés mouvante, et en parler sur un paragraphe est insuffisant, je me dis depuis un moment que je devrais faire un topic sérieux sur la collaboration pour remettre les choses en perspective justement, mais c'est du boulot, et les sujets sérieux et bien traités n'interessent pas grand monde, on préfére les idées reçues, bien plus facile.

 

Bla-bla, bla-bla. Je t'ai répondu une fois, maintenant c'est terminé. J'ai déjà dit sur ce forum que je ne discutais pas avec les révisionnistes - par contre je suis tout prêt à dialoguer avec des gens qui ont un point de vue SÉRIEUX sur cette période tragique de notre histoire.

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Membre, Posté(e)
Constantinople Membre 18 329 messages
Maitre des forums‚
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il y a 4 minutes, Gouderien a dit :

Bla-bla, bla-bla. Je t'ai répondu une fois, maintenant c'est terminé. J'ai déjà dit ici que je ne discutais pas avec les révisionnistes - par contre je suis tout prêt à dialoguer avec des gens qui ont un point de vue SÉRIEUX sur cette période de notre histoire.

Tu veux dire que Poliakov, hillberg, alain michel, Phillipe Burrin sont des blaireaux ?

(censuré par charité d'âme )

Lis un peu plus avant de l'ouvrir.

Tu ne connais strictement rien au contexte politique de l'entre deux guerres, tu ne raisonnes qu'ne grands mythes post gaulliens, et tu viens me faire des leçon de révisionnisme. Ca confirme l'impression que tu as fait quand tu comparais bolsonaro à hitler.

Inculture crasse.

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