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Mais dans l’obscurité de la nuit, turbulente et osés, avec une avidité impie


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Ai ton nu dieu Membre 118 messages
Forumeur inspiré‚ 45ans
Posté(e)

Poème de Tagore tiré du recueil l'Offrande Lyrique

Lorsqu’il fit jour, ils vinrent dans ma maison et dirent : « Nous n’occuperons ici qu’une toute petite place. » 
Ils dirent : « Nous t’assisterons dans le culte de ton Dieu et nous n’accepterons humblement que notre portion de sa grâce » ; puis ils s’assirent dans un coin et se tinrent débonnairement tranquilles. 
Mais dans l’obscurité de la nuit, turbulente et osés, avec une avidité impie, ils violèrent mon sanctuaire ; et je trouvai l’autel tout dépouillé de ses offrandes.

Que signifie la locution  une avidité impie ?

Merci pour votre aide.

 
 
 
 

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tison2feu Membre 2 260 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a une heure, Ai ton nu dieu a dit :

Poème de Tagore tiré du recueil l'Offrande Lyrique

Lorsqu’il fit jour, ils vinrent dans ma maison et dirent : « Nous n’occuperons ici qu’une toute petite place. » 
Ils dirent : « Nous t’assisterons dans le culte de ton Dieu et nous n’accepterons humblement que notre portion de sa grâce » ; puis ils s’assirent dans un coin et se tinrent débonnairement tranquilles. 
Mais dans l’obscurité de la nuit, turbulente et osés, avec une avidité impie, ils violèrent mon sanctuaire ; et je trouvai l’autel tout dépouillé de ses offrandes.

Que signifie la locution  une avidité impie ?

Merci pour votre aide.

 
 
 
 

Les offrandes que Tagore avait déposées la veille sur l'autel ont disparu. Nous pouvons supposer que ces offrandes, présentées à une divinité, étaient constituées de fruits, soupes ou nourritures diverses; elles ont probablement été mangées par les hôtes durant la nuit. Ceux-ci ont fait preuve d'avidité (= voracité, gourmandise) et d'impiété (mépris de la religion). Ces offrandes auraient dû être bénies la nuit, puis redistribuées entre Tagore et les hôtes le lendemain.

 

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Talon 1 Membre 6 418 messages
Talon 1‚ 73ans
Posté(e)

L'hécatombe consistait à tuer 100 bœufs sans imperfections en offrande aux dieux. Ce sont les prêtres qui les mangeaient.

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querida13 Membre 24 705 messages
forumeuse acharnée‚
Posté(e)

Avec une gourmandise goulue qui ne respecte pas l'offrande consacrée aux dieux...

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tison2feu Membre 2 260 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a une heure, querida13 a dit :

Avec une gourmandise goulue qui ne respecte pas l'offrande consacrée aux dieux...

Nous pourrions ajouter que la phrase étrange prononcée par l'un des hôtes en début du poème prend alors tout son sens :  « Nous t’assisterons dans le culte de ton Dieu et nous n’accepterons humblement que notre portion de sa grâce ».

Nous réalisons que le culte indien dont il est question est basé sur une sorte de justice "commutative" qui règle les échanges, selon le principe de l'égalité arithmétique, entre des personnes elles-mêmes considérées comme égales.

Par ce système d'offrandes, il devait revenir à chacun des hôtes ainsi qu' à Tagore une égale portion de la grâce divine incarnée dans la nourriture présentée à Dieu durant la nuit. Or, les hôtes ont gravement enfreint à ce système de justice élémentaire, puisqu'il ont privé Tagore pas seulement de sa portion de nourriture, mais surtout de la portion de grâce divine qui correspondait à sa portion de nourriture. En revanche, les hôtes ont profité, de façon impie, d'une portion de grâce plus grande que celle qui leur revenait.

 

Modifié par tison2feu

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querida13 Membre 24 705 messages
forumeuse acharnée‚
Posté(e)

Quand l'appétit va, tout va!

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Swannie Membre 7 491 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Il est mieux de ne pas séparer chaque chapitre  du précédent pour analyser le sens de chacun.
Dans celui cité, recherche qui sont ceux désignés par "ils". Chapitre précédent, ceci l'explique : "Par tous les moyens, ils essaient de me garder à l’abri, ceux qui m’aiment dans ce monde. Mais il n’en va pas ainsi avec ton amour qui est plus grand que le leur, et tu me laisses libre. De crainte que je ne les oublie, ils ne se risquent jamais à me laisser seul. Mais jour après jour passe, et toi tu ne te montres pas."


"Ils" désigne ainsi  "ceux qui m'aiment dans ce monde", qui, par crainte que l'auteur ne les oublie, ne se risquent jamais à le laisser seul. Pourtant, "dans l’obscurité de la nuit, turbulents et osés, avec une avidité impie, ils violèrent mon sanctuaire ; et je trouvai l’autel tout dépouillé de ses offrandes".


Ce sanctuaire n'est pas un sanctuaire fait de mains d'hommes, c'est celui de l'âme qui, dans cette offrande lyrique et mystique, s'adresse constamment à celui qu'elle nomme  son Père et son Seigneur  :" Dans ce paradis de liberté, mon Père, permets que ma patrie s’éveille. Ceci est ma prière vers toi, mon Seigneur ".


Il y avait sur l'autel du cœur de cette âme des offrandes destinées à celui auquel elle aspire, des offrandes spirituelles. C'est la même "avidité impie" que l'on peut lire dans l'histoire romaine de Tite-Live, 4ème décade,  disant "C'est de mon vivant, c'est pendant que je respire encore, que votre avidité impie a voulu d'avance se disputer ma dépouille".

Ceux qui l'aiment dans ce monde convoitent ce que son âme (son sanctuaire) exprime, l'obscurité de la nuit représente les moments de questionnements et d'attente, pendant lesquels "turbulents et osés" ils la violèrent, la dépouillant.


L'auteur saisit ensuite  la plénitude de l'offrande attendue tel que le passage du grain de blé transformé en grain d'or l'exprime :
"J’étais allé, mendiant de porte en porte, sur le chemin du village lorsque ton chariot d’or apparut au loin pareil à un rêve splendide et j’admirais quel était ce Roi de tous les rois !
Mes espoirs s’exaltèrent et je pensais : c’en est fini des mauvais jours, et déjà je me tenais prêt, dans l’attente d’aumônes spontanées et de richesses éparpillées partout dans la poussière.
Le chariot s’arrêta là où je me tenais. Ton regard tomba sur moi et tu descendis avec un sourire. Je sentis que la chance de ma vie était enfin venue. Soudain, alors, tu tendis ta main droite et dis : « Qu’as-tu à me donner ? » Ah ! quel jeu royal était-ce là de tendre la main au mendiant pour mendier ! J’étais confus et demeurai perplexe ; enfin, de ma besace, je tirai lentement un tout petit grain de blé et te le donnai. Mais combien fut grande ma surprise lorsque, à la fin du jour, vidant à terre mon sac, je trouvai un tout petit grain d’or parmi le tas de pauvres grains. Je pleurai amèrement alors et pensai : Que n’ai-je eu le cœur de te donner mon tout
".


"Que n'ai-je eu à coeur de te donner mon tout", mon tout n'est pas ce que ce qu'il possède matériellement pour le voir changé en richesses terrestres, c'est  sa propre vie en offrande. S'il avait répondu à la question :  "Qu'as tu à me donner ?"  : "ma vie, mon âme", cette vie même recevait l'éternité.  

L'auteur parle au féminin tout au long des chapitres, l'âme étant un mot féminin. Ainsi se termine l'offrande lyrique :
"Pareil au troupeau migrateur d’oiseaux qui, nuit et jour, revolent impatients vers les nids qu’ils ont laissés dans la montagne, que ma vie, ô mon Dieu, s’essore toute vers son gîte éternel dans une suprême salutation".
 

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tison2feu Membre 2 260 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a 54 minutes, Swannie a dit :

Il est mieux de ne pas séparer chaque chapitre  du précédent pour analyser le sens de chacun.
Dans celui cité, recherche qui sont ceux désignés par "ils". Chapitre précédent, ceci l'explique : "Par tous les moyens, ils essaient de me garder à l’abri, ceux qui m’aiment dans ce monde. Mais il n’en va pas ainsi avec ton amour qui est plus grand que le leur, et tu me laisses libre. De crainte que je ne les oublie, ils ne se risquent jamais à me laisser seul. Mais jour après jour passe, et toi tu ne te montres pas."


"Ils" désigne ainsi  "ceux qui m'aiment dans ce monde", qui, par crainte que l'auteur ne les oublie, ne se risquent jamais à le laisser seul. Pourtant, "dans l’obscurité de la nuit, turbulents et osés, avec une avidité impie, ils violèrent mon sanctuaire ; et je trouvai l’autel tout dépouillé de ses offrandes".


Ce sanctuaire n'est pas un sanctuaire fait de mains d'hommes, c'est celui de l'âme qui, dans cette offrande lyrique et mystique, s'adresse constamment à celui qu'elle nomme  son Père et son Seigneur  :" Dans ce paradis de liberté, mon Père, permets que ma patrie s’éveille. Ceci est ma prière vers toi, mon Seigneur ".


Il y avait sur l'autel du cœur de cette âme des offrandes destinées à celui auquel elle aspire, des offrandes spirituelles. C'est la même "avidité impie" que l'on peut lire dans l'histoire romaine de Tite-Live, 4ème décade,  disant "C'est de mon vivant, c'est pendant que je respire encore, que votre avidité impie a voulu d'avance se disputer ma dépouille".

Ceux qui l'aiment dans ce monde convoitent ce que son âme (son sanctuaire) exprime, l'obscurité de la nuit représente les moments de questionnements et d'attente, pendant lesquels "turbulents et osés" ils la violèrent, la dépouillant.


L'auteur saisit ensuite  la plénitude de l'offrande attendue tel que le passage du grain de blé transformé en grain d'or l'exprime :
"J’étais allé, mendiant de porte en porte, sur le chemin du village lorsque ton chariot d’or apparut au loin pareil à un rêve splendide et j’admirais quel était ce Roi de tous les rois !
Mes espoirs s’exaltèrent et je pensais : c’en est fini des mauvais jours, et déjà je me tenais prêt, dans l’attente d’aumônes spontanées et de richesses éparpillées partout dans la poussière.
Le chariot s’arrêta là où je me tenais. Ton regard tomba sur moi et tu descendis avec un sourire. Je sentis que la chance de ma vie était enfin venue. Soudain, alors, tu tendis ta main droite et dis : « Qu’as-tu à me donner ? » Ah ! quel jeu royal était-ce là de tendre la main au mendiant pour mendier ! J’étais confus et demeurai perplexe ; enfin, de ma besace, je tirai lentement un tout petit grain de blé et te le donnai. Mais combien fut grande ma surprise lorsque, à la fin du jour, vidant à terre mon sac, je trouvai un tout petit grain d’or parmi le tas de pauvres grains. Je pleurai amèrement alors et pensai : Que n’ai-je eu le cœur de te donner mon tout
".


"Que n'ai-je eu à coeur de te donner mon tout", mon tout n'est pas ce que ce qu'il possède matériellement pour le voir changé en richesses terrestres, c'est  sa propre vie en offrande. S'il avait répondu à la question :  "Qu'as tu à me donner ?"  : "ma vie, mon âme", cette vie même recevait l'éternité.  

L'auteur parle au féminin tout au long des chapitres, l'âme étant un mot féminin. Ainsi se termine l'offrande lyrique :
"Pareil au troupeau migrateur d’oiseaux qui, nuit et jour, revolent impatients vers les nids qu’ils ont laissés dans la montagne, que ma vie, ô mon Dieu, s’essore toute vers son gîte éternel dans une suprême salutation".
 

Un grand merci, Swannie, pour cet éclairage beaucoup plus juste, parce que basé effectivement sur ce que nous apprennent les poèmes précédents à propos de ces "ils" qui vinrent un jour dans la maison de Tagore. Superbe référence à Tite-Live.

Cela montre à quel point la compréhension véritable d'un poème de Tagore ne peut se faire ici sans une lecture complète et attentive de la totalité du recueil L'Offrande lyrique.

Modifié par tison2feu
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Swannie Membre 7 491 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

J'ai trouvé l'intégralité du texte sur wikisource :

https://fr.wikisource.org/wiki/L’Offrande_lyrique

Quand on clique sur les petits chiffres en bleu et entre parenthèse à gauche en face de chaque poème, une page s'ouvre avec l'image du texte original du livre :) (c'est la question que je me suis posée, qui sont ce "ils", alors recherche sur le net).

 

 

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tison2feu Membre 2 260 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a 20 minutes, Swannie a dit :

J'ai trouvé l'intégralité du texte sur wikisource :

https://fr.wikisource.org/wiki/L’Offrande_lyrique

Quand on clique sur les petits chiffres en bleu et entre parenthèse à gauche en face de chaque poème, une page s'ouvre avec l'image du texte original du livre :) (c'est la question que je me suis posée, qui sont ce "ils", alors recherche sur le net).

 

 

Oui, je connaissais cette traduction française - vu que le texte d'origine, lui, est écrit en anglais par Tagore (parfois la lecture du poème en anglais peut aider à une meilleure compréhension). Comme toi, je m'étais posé la question du "ils", et j'étais remonté à quelques poèmes précédents... mais j'ai eu le tort de ne pas pousser suffisamment la recherche... faute de temps.

Modifié par tison2feu

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