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Y-a-t-il des sciences illogiques ?

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contrexemple Membre 5 779 messages
Enigmologue‚
Posté(e)

Bonjour,

1/illogique c'est à dire avec le principe d'identité faux, c'est à dire un même symbole peut renvoyer à 2 choses différentes.

2/une science est une discipline qui se soucie des observations, et qui donnent un moyen de les organiser et de les retenir.

A partir de là, il est tout à fait possible d'imaginer une science qui soit illogique, la question est que pensez-vous de mes 2 définitions, les trouvez-vous correcte ?

Bonne journée.

Modifié par contrexemple

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Lapinkiller Membre 10 109 messages
Le Dieu Lapin‚ 29ans
Posté(e)

oui c'est possible, à une époque la science disant que le soleil tournait autour de la Terre... ;)

la science n'est pas forcément exacte car elle est souvent basée sur des hypothèses non vérifiables aujourd'hui

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Quasi-Modo Membre 9 224 messages
Macrocéphale bossu‚ 33ans
Posté(e)

La logique étant la science des raisonnements corrects (quoiqu'on puisse lui dénier le statut de science) j'imagine mal une science qui s'appuyerait sur des raisonnements totalement incorrects.

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contrexemple Membre 5 779 messages
Enigmologue‚
Posté(e)

le sens du mot logique pour toi, n'est pas le même que pour moi, dans tous les cas ce dont je fais référence quand j'emploie le mot logique, c'est à celle avec principe d'identité et utilisé couramment en mathématiques par exemple.

Si tu considères qu'il peut exister des logiques sans principes d'identités, pour ma part je ne le pense pas, en effet pour moi l'étude du raisonnement n'est pas une science, car sans observation extérieure, à nous même.

Modifié par contrexemple

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Henry Martin Membre 4 459 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Bon, on a le chat de Schrödinger qui est à la fois mort et vivant, c'est pas logique.

Et aussi I2=-1 Au départ c'est pas logique.

Il y a aussi un phénomène sociologique. Après moults combats féministes, de plus en plus de femmes sont amenées à travailler dans le domaine de la science. Conséquemment le domaine des sciences illogiques va se développer considérablement.

Quoi d'autre ?

Ah, dans mon oreillette, on me conseille instamment de sortir. :snif:

:blush:

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le merle Membre 10 265 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

bonjour

en fait ,certaines sciences seraient illogiques si elles affirmaient une choses sans en connaitre tous les aboutissants .

la terre était plate , c'était logique à l'époque mais ,personne n'avait sillonné la planète pour comprendre qu'elle était ronde .

bonne journée

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Anna Kronisme Membre 2 090 messages
[Sans sous-titre - Version Originale Intraduisible]‚
Posté(e)

1/illogique c'est à dire avec le principe d'identité faux, c'est à dire un même symbole peut renvoyer à 2 choses différentes.

Pourrais-tu développer/reformuler et donner un exemple de ta définition ?

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Invité Lorrain27
Invité Lorrain27 Invités 0 message
Posté(e)

Bonjour,

Toute science a nécessairement pour fondements la logique. Sinon, ce n'est pas une science par définition.

L'expression "science illogique" est un oxymoron.

Bon, on a le chat de Schrödinger qui est à la fois mort et vivant, c'est pas logique.

Et aussi I2=-1 Au départ c'est pas logique.

Il y a aussi un phénomène sociologique. Après moults combats féministes, de plus en plus de femmes sont amenées à travailler dans le domaine de la science. Conséquemment le domaine des sciences illogiques va se développer considérablement.

Quoi d'autre ?

Ah, dans mon oreillette, on me conseille instamment de sortir. :snif:

:blush:

Bonjour,

Vous dîtes : "Et aussi I2=-1 Au départ c'est pas logique."

Non, pas d'accord ! La logique n'intervient ici que pour montrer la non-contradiction d'introduire la racine carrée de moins 1.

D'autre part il y a longtemps que la cohérence de la théorie des nombres complexes a été bien établie et démontrée.

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contrexemple Membre 5 779 messages
Enigmologue‚
Posté(e)

exemple :

si je suis en raisonnement illogique, je peux poser x=0 et x=1 alors je peux écrire x<x ainsi le x est de gauche vaut 0 et celui de droite vaut 1, ou même x=x.

Modifié par contrexemple

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contrexemple Membre 5 779 messages
Enigmologue‚
Posté(e)

La logique étant la science des raisonnements corrects (quoiqu'on puisse lui dénier le statut de science) j'imagine mal une science qui s'appuyerait sur des raisonnements totalement incorrects.

Qu'appelles tu raisonnement correct ?

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Criterium Membre 2 379 messages
Nyctalope‚ 33ans
Posté(e)

Existe-t-il une science basée sur ces deux prémisses?

Si l'on élargit à ce qui a été considéré jadis comme de la science, mais plus maintenant, alors il y aurait beaucoup de sciences occultes répondant à cette définition. — Par exemple la Kabbale. Les règles sont claires, arriver à un niveau de compréhension plus élevé d'un texte en ré-interprétant chaque lettre comme signifiante, non pas juste à la place à laquelle chacune apparaît mais également à la place à laquelle chacune pourrait apparaître (permutation, Temurah). Egalement par sa valeur numérique (Gématrie), également par les mots qu'elle crée s'il on l'interprète comme initiale - et les mots comme acronymes (Notarikon). — Ainsi chaque symbole possède une infinité d'interprétations. — Quant à l'inclusion d'observations du monde extérieur au jour le jour, il faut bien se dire que le Texte par excellence pour l'étude de la Kabbale, c'est la Torah; or celle-ci est vivante, de par le fait qu'elle soit divisée dans le temps en sections appelées parashiyot, donnant ainsi à chaque semaine sa correspondance dans une parasha.

:noel:

D'autre part l'Alchimie pourrait aussi répondre à la question: ses symboles sont très souvent équivoques, et dans sa dimension la plus immanente cette recherche pouvait ressembler à de la chimie rudimentaire; consignant observations et expériences — les textes insistent sur l'extrême importance du travail incessant et de l'alchimie comme démarche expérimentale — et en usant d'une logique propre. Au final, l'on découvre que Berthelot (1827-1907) comprend en rêve la structure circulaire du benzène après avoir appris à penser différemment de par son travail alchimique.

:noel:

Par ailleurs, certaines pratiques de divination pourraient aussi convenir: les observations sont non seulement les requêtes et la vie du visiteur, mais également le travail d'introspection du devin pour améliorer son art, sur lesquelles il joue à deviner les correspondances occultes. Cela se fait de manière logique au sens où il existe des méthodologies de tirage et d'interprétations particulières; — dans le même temps chaque symbole est ambigu, car justement on lui demande de tirer d'un ensemble réduit (22 grands arcanes du Tarot par exemple) une infinité de devinettes.

:noel:

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Henry Martin Membre 4 459 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Bonjour,

Toute science a nécessairement pour fondements la logique. Sinon, ce n'est pas une science par définition.

L'expression "science illogique" est un oxymoron.

Bonjour,

Vous dîtes : "Et aussi I2=-1 Au départ c'est pas logique."

Non, pas d'accord ! La logique n'intervient ici que pour montrer la non-contradiction d'introduire la racine carrée de moins 1.

D'autre part il y a longtemps que la cohérence de la théorie des nombres complexes a été bien établie et démontrée.

Bonjour et bonne année.

C'était une blague bien sûr.

Je ne faisais que m'amuser à citer des éléments qui peuvent sembler illogiques pour le public...

D'ailleurs I2=-1 ,n'est qu'une formulation particulière de l'invention de la roue. :cool:

Modifié par Henry Martin

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Eventuellement Membre 3 417 messages
Baby Forumeur‚ 23ans
Posté(e)

oui c'est possible, à une époque la science disant que le soleil tournait autour de la Terre... ;)

la science n'est pas forcément exacte car elle est souvent basée sur des hypothèses non vérifiables aujourd'hui

Qu'elle soit vraie ou fausse est un autre problème. Ici, on traite de savoir si elle est logique ou illogique.

S'il s'agit des maths, on parle évidemment de science logique, car la logique est au centre du raisonnement. Elle bâtit la cohérence et la non contradiction des énoncés, et ce malgré la non complétude de certains de nos systèmes axiomatiques.

S'il s'agit d'autres sciences formelles mais qui présentent un aspect empirique, alors on peut dire que l'aspect mathématique de ces sciences est logique (y compris les artefacts de logique qui sont utilisés à des fins de raisonnement - déduction, induction, raisonnement par l'absurde, par contraposée, etc.), mais que le reste est fondé sur l'observation et une prise de décision parfois arbitraire.

Cette observation ne constitue jamais une preuve. Il s'agit d'un élément qui appuie une théorie, qui sert de pivot dans un raisonnement logique, bien qu'une observation puisse être lésée par la subjectivité de nos sens (le cylindre semble circulaire si on regarde sa section droite, il apparaît plutôt rectangulaire si on l'observe de profil), par les erreurs et imprécisions de mesure (le neutrino est-il vraiment plus rapide qu'un photon dans le vide ?) ou bien peut-elle être entachée par une fausse conclusion (affirmer qu'un sondage n'est pas représentatif de la population parce que l'échantillon est trop restreint est parfois un jugement incorrect du fait que l'intervalle de confiance est en réalité très étroit).

PS : Je parle d'un cylindre circulaire, bien-sûr.

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contrexemple Membre 5 779 messages
Enigmologue‚
Posté(e)

Vos réactions?

A ceci prés que je parle d'observation extérieure (à nous), c'est à dire ne faisant pas intervenir notre subjectivité, par exemple pour l'instant un corps massif précipité en hauteur tombe au sol...

Ces pratiques sont plus proches de la subjectivité (ou croyance), en effet la représentation mentale est prise en compte.

Et surtout, il ne s'agit pas de spéculation (c'est à dire trouver de nouvelles observations ou faire des prévisions), mais faire avec les observations qui sont déjà connus, les organisés pour les rendre facile à retenir, et à facile à mobiliser.

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Criterium Membre 2 379 messages
Nyctalope‚ 33ans
Posté(e)

La différence est ténue. Je peux voir que mélanger tel et tel produit résulte en un précipitat bleu dans la solution, et selon mon système de pensée soit en déduire correctement qu'il s'agit de sulfate de cuivre, soit en déduire que l'Ange Bleu est descendu de par ma prière et mon rituel correct pour l'invoquer.

De même, je peux vouloir mesurer le spectre d'une protéine, et pour cela mettre un liquide transparent dans une machine dont je comprends un peu le fonctionnement, et en retirer une suite de chiffres. Ou alors je peux observer les éléments extérieurs qui se passent dans le monde et en deviner la signification profonde en les retrouvant écrits dans la Bible.

Tu dis "une observation (...) ne faisant pas intervenir notre subjectivité". — Est-ce même possible?

J'ai eu l'occasion de lire tes posts par le passé et tu me sembles t'y connaître en science et en philosophie. Donc tu dois connaître également Emmanuel Kant; ou plus proches de nous, Alain, ou les phénoménologues: l'un de leurs points communs n'est-il pas de jeter un doute absolu sur l'objectivité possible d'une observation du monde extérieur, dès lors que l'on ne perçoit le monde extérieur que par le verre dépoli de nos sensation traîtresses (et de notre système de pensée), à un tel point qu'il serait même possible que le monde extérieur n'existe tout simplement pas et ne soit qu'illusion ou matrice?

:noel:

Ou alors ai-je mal compris le topic?

Ce serait tout à fait possible.

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Invité Lorrain27
Invité Lorrain27 Invités 0 message
Posté(e)

Bonjour,

Tout d'abord, je ferai remarquer que depuis Emmanuel Kant et sa "Critique de la raison pure", quelques petits progrès ont été réalisés ça et là ...

Je ferai remarquer aussi, que les philosophes ne peuvent porter de jugements convenables sur la Science faute de la connaître.

Ces philosophes n'ont aucune idée de la méthode scientifique, des moyens employés pour l'observation et surtout ignorent tout du difficile problème de la mesure.

Et il ne faut pas omettre un détail important : TOUTE la physique repose sur la mathématique, science ignorée des philosophes.

A ce propos, il est bon aussi de rappeler que la mathématique elle-même repose sur une composante de la logique mathématique qu'est la métamathématique.

Enfin, il est quand même bon de préciser que la question : "Peut-il exister une science illogique" ne rime à rien et pose un faux problème à propos duquel il est vain de disserter.

Amicalement.

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Eventuellement Membre 3 417 messages
Baby Forumeur‚ 23ans
Posté(e)

Bonjour,

Tout d'abord, je ferai remarquer que depuis Emmanuel Kant et sa "Critique de la raison pure", quelques petits progrès ont été réalisés ça et là ...

Je ferai remarquer aussi, que les philosophes ne peuvent porter de jugements convenables sur la Science faute de la connaître.

Ces philosophes n'ont aucune idée de la méthode scientifique, des moyens employés pour l'observation et surtout ignorent tout du difficile problème de la mesure.

Et il ne faut pas omettre un détail important : TOUTE la physique repose sur la mathématique, science ignorée des philosophes.

A ce propos, il est bon aussi de rappeler que la mathématique elle-même repose sur une composante de la logique mathématique qu'est la métamathématique.

Enfin, il est quand même bon de préciser que la question : "Peut-il exister une science illogique" ne rime à rien et pose un faux problème à propos duquel il est vain de disserter.

Amicalement.

J'ai beaucoup de compassion pour ces grandes personnes ayant un jour disserté sur la philosophie naturelle, et dont la contribution à la compréhension du Monde se retrouve, par tes mots, balayée du revers de la main. Quid d'Etienne Klein, d'Ockham le logicien, de Descartes ou encore de Laplace ? Non, certains philosophes sont en mesure de parler de la science, et bien mieux que toi et moi, car ils sont à l'origine des réflexions épistémologiques concernant la démonstration, la réfutabilité d'une assertion, de l'axiomatisation des sciences et de leur objectivité.

Weber dit d'ailleurs, à propos des scientifiques, que jamais ils ne devraient imposer leur jugement - arbitraire par nature - comme étant une vérité dogmatique. Aussi, la physique ne repose pas sur les mathématiques, comme tu le prétends, mais sur une observation du monde. Les mathématiques ne sont qu'un outil, permettant certes de démontrer des résultats puissants, mais étant également incapables de construire une théorie physique. Les physiciens n'ont eu de cesse de devoir s'adapter à la Nature, car une explication fidèle d'un processus dont la nature nous échappe n'est pas de construire autour d'elle une théorie mathématique dont le sens physique nous échapperait, mais d'y associer constamment des corrections apportées par notre regard et notre intuition des choses : le sens physique.

Il est de même assez dommage que tu cites Kant sans expliquer à quel point son oeuvre est cruciale, et elle sert justement à expliquer que la physique ne repose pas entièrement sur les mathématiques ! Les mathématiques sont productrices d'une connaissance a priori, qui n'en est pas vraiment une car on mène, de fil en aiguille, un calcul mathématique pour aboutir à un résultat qui était contenu dès le départ dans les axiomes ou les résultats de base. Par exemple, si les équations de Maxwell semblent hermétiques à première vue, elles contiennent des résultats puissants, issus de manipulations mathématiques faites sur elles (utilisation du théorème de Gauss et - plus généralement - de théorèmes intégraux de Green pour en faire sortir les résultats primordiaux de l'électromagnétisme, réinjection en mécanique classique, puis en mécanique quantique pour démontrer quelques résultats d'optique, etc.). Mais elles constituent en elles seules une connaissance suffisante au regard de tous les résultats qui en sont issus.

Les expériences et les observations sont une connaissance a posteriori puisqu'elles fournissent soit une connaissance qui nous était auparavant cachée, soit une confirmation partielle des résultats mathématiquement trouvés.

Seulement ni les mathématiques, ni les observations, ni notre intuition des choses ne peuvent nous apporter une connaissance physique entière :

1) Les mathématiques utilisées en physique reposent sur des principes indiscutables, et si ces derniers devaient être remis en cause, ce ne sont pas seulement quelques calculs qui devront être remaniés, c'est toute la théorie qui s'effondre (en totalité, ou pour certains cas qu'elle explique).

2) L'humain interagit avec l'Univers par le biais de ses sens. Là où Kant rejoint Weber, c'est dans son constat que l'Homme ne peut véritablement pas connaître la vérité de ce qu'il observe, car il ne dispose que d'un seul point de vue, alors qu'il lui en faudrait une infinité pour être en disposition de connaître la nature profonde et intrinsèque de ce qu'il étudie. Au final, nous rejoignons le monde platonicien des idées et des formes : Que voyons-nous, aveugles de la grotte, devant ce qu'est l'idéal seulement connu de l'Omniscient ?

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Invité Lorrain27
Invité Lorrain27 Invités 0 message
Posté(e)

J'ai beaucoup de compassion pour ces grandes personnes ayant un jour disserté sur la philosophie naturelle, et dont la contribution à la compréhension du Monde se retrouve, par tes mots, balayée du revers de la main. Quid d'Etienne Klein, d'Ockham le logicien, de Descartes ou encore de Laplace ? Non, certains philosophes sont en mesure de parler de la science, et bien mieux que toi et moi, car ils sont à l'origine des réflexions épistémologiques concernant la démonstration, la réfutabilité d'une assertion, de l'axiomatisation des sciences et de leur objectivité.

Weber dit d'ailleurs, à propos des scientifiques, que jamais ils ne devraient imposer leur jugement - arbitraire par nature - comme étant une vérité dogmatique. Aussi, la physique ne repose pas sur les mathématiques, comme tu le prétends, mais sur une observation du monde. Les mathématiques ne sont qu'un outil, permettant certes de démontrer des résultats puissants, mais étant également incapables de construire une théorie physique. Les physiciens n'ont eu de cesse de devoir s'adapter à la Nature, car une explication fidèle d'un processus dont la nature nous échappe n'est pas de construire autour d'elle une théorie mathématique dont le sens physique nous échapperait, mais d'y associer constamment des corrections apportées par notre regard et notre intuition des choses : le sens physique.

Il est de même assez dommage que tu cites Kant sans expliquer à quel point son oeuvre est cruciale, et elle sert justement à expliquer que la physique ne repose pas entièrement sur les mathématiques ! Les mathématiques sont productrices d'une connaissance a priori, qui n'en est pas vraiment une car on mène, de fil en aiguille, un calcul mathématique pour aboutir à un résultat qui était contenu dès le départ dans les axiomes ou les résultats de base. Par exemple, si les équations de Maxwell semblent hermétiques à première vue, elles contiennent des résultats puissants, issus de manipulations mathématiques faites sur elles (utilisation du théorème de Gauss et - plus généralement - de théorèmes intégraux de Green pour en faire sortir les résultats primordiaux de l'électromagnétisme, réinjection en mécanique classique, puis en mécanique quantique pour démontrer quelques résultats d'optique, etc.). Mais elles constituent en elles seules une connaissance suffisante au regard de tous les résultats qui en sont issus.

Les expériences et les observations sont une connaissance a posteriori puisqu'elles fournissent soit une connaissance qui nous était auparavant cachée, soit une confirmation partielle des résultats mathématiquement trouvés.

Seulement ni les mathématiques, ni les observations, ni notre intuition des choses ne peuvent nous apporter une connaissance physique entière :

1) Les mathématiques utilisées en physique reposent sur des principes indiscutables, et si ces derniers devaient être remis en cause, ce ne sont pas seulement quelques calculs qui devront être remaniés, c'est toute la théorie qui s'effondre (en totalité, ou pour certains cas qu'elle explique).

2) L'humain interagit avec l'Univers par le biais de ses sens. Là où Kant rejoint Weber, c'est dans son constat que l'Homme ne peut véritablement pas connaître la vérité de ce qu'il observe, car il ne dispose que d'un seul point de vue, alors qu'il lui en faudrait une infinité pour être en disposition de connaître la nature profonde et intrinsèque de ce qu'il étudie. Au final, nous rejoignons le monde platonicien des idées et des formes : Que voyons-nous, aveugles de la grotte, devant ce qu'est l'idéal seulement connu de l'Omniscient ?

Bonjour,

Vous dîtes : "Quid d'Etienne Klein, d'Ockham le logicien, de Descartes ou encore de Laplace ?"

Oh la la !

Etienne Klein est un physicien contemporain, directeur de recherche au Commissariat à l'énergie atomique et spécialiste de mécanique quantique, discipline particulièrement absconse pour les philosophes.

Quant à Occam, bien connu pour son "rasoir", il s'est principalement distingué dans la "querelle des universaux" au Moyen Âge et ses rapports avec la physique sont tout simplement nuls. Aussi, je me demande ce qu'il vient faire ici !

Descartes, en plus d'être un philosophe (discours de la méthode par exemple), est surtout célèbre comme mathématicien pour avoir créé la géométrie analytique. Je mentionne au passage que ce que l'on appelle en optique "loi de Descartes" revient en fait à un physicien néerlandais (loi de Snell).

Simon de Laplace quant à lui fut avant tout un mathématicien. C'est en son honneur que fut baptisé 'laplacien" un opérateur mathématique.

Que ces physiciens s'intéressent à l'épistémologie, quoi de plus naturel puisque, aujourd'hui, les philosophes ne peuvent comprendre des théories telles que la Relativité et/ou la mécanique quantique.

Enfin, ce n'est pas porter ombrage au grand philosophe que fut Kant pour lequel j'ai toujours trouvé et trouve encore motif à admiration que constater que, entre-temps la physique a fait d'énormes progrès, progrès qu'il ignorait évidemment.

Je ferai quand même remarquer que Kant avait "démontré" qu'il ne pouvait y avoir plus de 7 planètes dans le système solaire l'année où, quelques mois plus tard, il fut découvert une 8ème (Neptune) !

Oui, plus que jamais, seuls les mathématiciens et les physiciens sont aptes à l'épistémologie car il s'agit bel et bien de leurs sciences, ces sciences hors de la compréhension des philosophes. Et c'est surtout vrai pour la mécanique quantique dont l'immense physicien Richard Feyman, prix Nobel de physique, père de l'électrodynamique quantique, père de la superbe théorie de "l'intégrale des chemins", disait : "Personne ne comprend la mécanique quantique" ! Et vous voudriez que les philosophes expliquent ce que c'est et en fassent la critique ???

Amicalement

P.S. Je dois quand même préciser que je suis mathématicien, spécialiste de logique mathématique avec un fort bagage en physique ayant débuté ma carrière en astrophysique et me suis toujours tenu au courant des développements de la physique, surtout la mécanique quantique.

Modifié par Lorrain27

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Eventuellement Membre 3 417 messages
Baby Forumeur‚ 23ans
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Etienne Klein est donc un philosophe des sciences puisqu'il l'étudie ET l'enseigne.

Ockham est aussi un logicien, voilà pourquoi il est cité.

Descartes est un mathématicien en plus d'être un savant philosophe, merci de m'aider !

Monsieur Laplace est aussi philosophe, il faut le préciser.

Tous ces cas sont des exemples de scientifiques qui ont largement exercé une activité philosophique durant leur vie, preuve que ces deux sujets ne s'excluent pas mutuellement mais se complètent !

Tu as l'air de dénoncer ce culot qu'aurait la philosophie de vouloir se substituer aux sciences pour expliquer la Nature. Pour moi, il n'en est rien. Si certains philosophes se sont tentés à des calculs dont les résultats furent faux, il faut bien sûr préciser que des erreurs adviennent également au sein de la communauté scientifique (ne parlions-nous pas d'Einstein sur un autre fil ?).

Si les philosophes auraient tort (et ça je le reconnais tout à fait) de vouloir faire le boulot des scientifiques, ils ont par contre toute la légitimité du monde pour discuter de la méthode scientifique ainsi que des principes qui fondent le raisonnement, car ce sont avant tout des notions abordées, introduites et discutées dans le cadre de la philosophie avant d'être utilisées par les hommes de science.

Les premiers scientifiques étaient de brillants géomètres, algébristes et même de très bons ingénieurs, mais pendant qu'ils s'efforçaient de résoudre certains problèmes pratiques ou un peu plus abstraits, ils se sont posés la question du pourquoi. Pourquoi la Nature se comporte-t-elle ainsi ? Les dieux ont-ils une raison qui leur échappait ?

Plus nous avons découvert de choses et plus nous avons tenté de déchiffrer le langage de la Nature, plus nous nous sommes aperçus qu'elle recelait en elle des secrets encore mieux cachés, qui dépassent l'entendement humain. Combien de prétendus paradoxes avons-nous soulevés durant le siècle dernier ? Il y en a une bonne flopée.

Et comment en vouloir aux scientifiques de s'interroger sur les concepts métaphysiques sous-jacents à leurs découvertes ? Nous sommes indubitablement tous confrontés à cette recherche du pourquoi. Et la philosophie prend nécessairement le pas devant la science, lorsque cette dernière se trouve dans une impasse.

Oh, ne te trompe pas ! Cela ne veut pas dire que la philosophie a un pouvoir explicatif bien plus puissant que la science. Il n'en est rien, et c'est même le contraire.

Seulement, la philosophie questionne, elle permet la critique (et cette critique, si elle se retrouve désormais abondamment dans nos sciences, nous la devons à l'épistémologie, c'est-à-dire à la philosophie de la méthode scientifique), elle autorise la réflexion à s'abandonner dans des confins inexplorés, à dépasser le cadre strict de la connaissance pour supputer, explorer les éventualités, permettre à l'Homme de faire mûrir sa pensée, le rendre plus sage.

Et pour un scientifique, cela n'a pas de prix.

PS : Avec tout le respect que je te dois, je me fiche de savoir qui tu es. Je ne discute pas avec toi en considération de ce que tu es, mais des arguments que tu exposes.

C'est une façon cavalière de te dire que je n'utiliserai ni n'admettrai dans cette discussion aucun argument d'autorité que ce soit. C'est selon moi une démarche assez hautaine qui limite, qui plus est, l'honnêteté intellectuelle des participants.

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Invité Lorrain27
Invité Lorrain27 Invités 0 message
Posté(e)

Bonjour,

Il y a trop de contre vérités dans votre texte. Vous me faites souvent dire le contraire de ce que j'ai écrit.

Je soutiens que, pour ce qui concerne l'épistémologie, SEULS les physiciens sont qualifiés car les philosophes "purs" n'ont aucune connaissance des mathématiques nécessaires à la compréhension de la physique. Par exemple, la mécanique quantique fait abondamment appel à ce concept mathématique que sont les espaces de Hilbert, espaces complexes (au sens de la théorie des nombres complexes) à un nombre infini de dimensions et que dire des espaces de Fock constitués d'un nombre infini d'espaces de Hilbert emboîtés ?

En Relativité générale, quelle connaissance ont les philosophes purs de l'analyse tensorielle indispensable dans cette discipline ? Etc

Dans ces conditions, comment diable les philosophes pourraient-ils porter le moindre jugement ou apporter la moindre aide ??.

Je maintiens ferme que les philosophes purs ne peuvent intervenir dans la physique d'aujourd'hui et seuls les physiciens peuvent y philosopher !

Enfin, pour ce qui concerne votre post scriptum, je le trouve, peut-être à tort, inamical. J'ai simplement voulu souligner par mon bagage scientifique que je sais de quoi je parle sans avoir en tête la moindre vantardise ni le désir d'en "imposer".

Bien à vous.

P.S. Si cet échange doit dégénérer en polémique, alors je préfère en finir.

Modifié par Lorrain27

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