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Les paradoxes de l’égalité des chances


renard79

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Membre, 47ans Posté(e)
renard79 Membre 3 212 messages
Baby Forumeur‚ 47ans‚
Posté(e)

L’égalité des chances est un concept juste, mais aveugle aux inégalités sociales. L’analyse de François Dubet, professeur de sociologie à l’université de Bordeaux et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Paris).

La suite: http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=1170

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 507 messages
80ans‚ Talon 1,
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"Un tempérament robuste ou délicat, la force ou la faiblesse qui en dépendent, viennent souvent plus de la manière dure ou efféminée dont on a été élevé que de la constitution primitive des corps. Il en est de même des forces de l'Esprit, et non seulement l'éducation met la différence entre les Esprits cultivés et ceux qui ne le sont pas, mais elle augmente celle qui se trouve entre les premiers à proportion de la culture; car qu'un géant et un nain marchent sur la même route, chaque pas qu'ils feront l'un et l'autre donnera un nouvel avantage au géant."

JJ R

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Membre, Anarchiste épistémologique, 52ans Posté(e)
kyrilluk Membre 7 694 messages
52ans‚ Anarchiste épistémologique,
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Si ce prof d'Universite avait lus Rousseau, il n'aurait pas pondu des anneries du genre: "A l’école, l’égalité des chances supposerait que la composition sociale des élites scolaires soit le reflet de la société en termes de classes sociales, de sexes, d’origines culturelles."

Le presupose, c'est que la distribution des capacitees cognitives, des aptitudes scolaires, etc est uniformement distribuee a travers les differentes strates de la population. Ce qui n'est pas le cas.

Les recherches scientifiques montrent qu'en realite, la meritoricratie augmente les inegalitees. La raison etant que les inegalite sociales ne sont que le reflet des inegalites genetiques. Donc dans un systeme ou chaques individus avait la libertee d'aller a l'ecole de son choix, faire le travail qu'il lui plait, etc.. les inegalitees entre differentes couches sociales ne fairaient qu'augmenter.

Et comme le reconnais l'auteur - sans manifestement en comprendre les causes - c'est precisement ce qui fait que la France est a la fois le pays qui insiste le plus sur l'egalitarisme et qui est le plus inegalitaire, notament a l'ecole. Maintenant que l'obsession egaliterasiste incite a donner des objectifs debile a l'Universite (80 % d'une classe d'age a l'Universite ou en etude superieure par exemple), l'on verra augmenter les inegalites meme a l'Universitee.

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 507 messages
80ans‚ Talon 1,
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Si ce prof d'Universite avait lus Rousseau, il n'aurait pas pondu des anneries du genre: "A l’école, l’égalité des chances supposerait que la composition sociale des élites scolaires soit le reflet de la société en termes de classes sociales, de sexes, d’origines culturelles."

Le presupose, c'est que la distribution des capacitees cognitives, des aptitudes scolaires, etc est uniformement distribuee a travers les differentes strates de la population. Ce qui n'est pas le cas.

Les recherches scientifiques montrent qu'en realite, la meritoricratie augmente les inegalitees. La raison etant que les inegalite sociales ne sont que le reflet des inegalites genetiques. Donc dans un systeme ou chaques individus avait la libertee d'aller a l'ecole de son choix, faire le travail qu'il lui plait, etc.. les inegalitees entre differentes couches sociales ne fairaient qu'augmenter.

Et comme le reconnais l'auteur - sans manifestement en comprendre les causes - c'est precisement ce qui fait que la France est a la fois le pays qui insiste le plus sur l'egalitarisme et qui est le plus inegalitaire, notament a l'ecole. Maintenant que l'obsession egaliterasiste incite a donner des objectifs debile a l'Universite (80 % d'une classe d'age a l'Universite ou en etude superieure par exemple), l'on verra augmenter les inegalites meme a l'Universitee.

D'accord pour tout, sauf sur les inégalités génétiques. Ce serait revenir à l'époque des gens "biens nés." Nous avons tous les mêmes capacités intellectuelles à la naissance. Elles disparaissent si elles ne sont pas exercées avant l'âge de 5 ans. Le cerveau ne s'use que si l'on ne s'en sert pas.

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Membre, 47ans Posté(e)
renard79 Membre 3 212 messages
Baby Forumeur‚ 47ans‚
Posté(e)

Je ne pense pas que ce professeur dit des âneries. Il explique surtout que l'égalité des chances est un équilibre difficile à trouver.

Comme l'auteur le dit: "Dans les faits, l’égalité des chances méritocratique est dominée par un tropisme élitiste. On fixe plus volontiers le regard et les indignations sur les classes préparatoires aux grandes écoles que sur les lycées professionnels où la ségrégation n’est pas moins forte quand on examine les origines sociales des élèves"

Ensuite, la discrimination positive est un simple pansement et non une solution pour lutter contre les inégalités:

"On croit, ou on fait semblant de croire, qu’il suffirait d’ouvrir l’accès aux élites pour changer profondément l’ordre des choses. Or, les « masses en présence » ne sont pas du même ordre en haut et en bas du système scolaire. Le doublement du nombre d’élèves d’origine modeste dans les classes préparatoires serait un exploit, mais il concernerait, au mieux, quelques milliers d’élèves alors que 150 000 élèves quittent l’école sans le moindre diplôme."

"Toutefois, l’égalité des chances est un principe de justice incontestable parce qu’il est juste que les sociétés démocratiques permettent à tous les individus de prétendre occuper toutes les positions sociales. Mais rien ne prouve que la justice faite aux individus se transforme naturellement en justice pour la société. Au contraire même. Imaginons que, demain, 10% des élèves parmi les plus méritants des quartiers les plus défavorisés quittent leur école pour des filières d’excellence : ce qui sera bon pour eux sera catastrophique pour leur quartier alors privé de ses éléments les plus actifs, les plus « intelligents » et les plus ouverts. Dans ce cas, le quartier défavorisé sera progressivement appauvri et ghettoïsé. Ce scénario n’est pas une fiction si l’on en croit certains sociologues américains qui ont montré que les politiques de discrimination positive ont réussi à créer une classe moyenne noire quittant le ghetto noir pour des « suburbs middle class » noirs, ce qui est bien, mais ce qui a eu pour effet de dégrader très profondément la situation des ghettos noirs de plus en plus pauvres, de plus en plus noirs et de plus en plus criminalisés."

Pour la France, voici le principal problème:

"Plus nous sommes convaincus que les politiques scolaires sont capables de reconnaître le mérite des individus, plus nous pensons qu’il est juste que les diplômes déterminent plus encore la vie professionnelle des individus, et plus s’accroît l’emprise des diplômes sur la société. Mais dans ce cas, l’égalité des chances peut se retourner contre elle-même. Les familles et les élèves acceptant que tout le destin des individus se joue à l’école, ils développent les conduites compétitives et instrumentales (choix judicieux des établissements et des filières…) afin de creuser les petites différences scolaires qui font les grandes différences sociales. Comment imaginer que les catégories sociales qui ont aujourd’hui le quasi monopole de l’accès aux filières d’élite aient la courtoisie de laisser la place aux challengers sans se défendre en renforçant la sélectivité scolaire ? Ce scénario n’est pas une fiction : plus l’emprise des diplômes sur l’accès à l’emploi est forte, plus les inégalités scolaires sont élevées et plus la reproduction sociale est forte, plus les enfants ont de grandes chances d’occuper les mêmes positions que celles de leurs parents. La confiance dans la méritocratie scolaire et l’emprise des diplômes qui en découle expliquent, pour une part, le paradoxe de l’école française : alors que, comparée aux pays comparables, la France est un pays plutôt égalitaire, les inégalités scolaires y sont plus fortes qu’elles ne devraient l’être. Comment pourrait-il en être autrement quand on croit que les hiérarchies scolaires sont justes et qu’il est donc juste qu’elles déterminent les hiérarchies sociales ?"

"A l’opposé de ce qui a été souvent dit après les révoltes de banlieue, si l’égalité des chances est une justice faite aux individus stigmatisés et discriminés, elle n’est pas une justice faite à la communauté ou à la classe d’où viennent ces individus méritants. Le problème est exactement le même pour ce qui est du desserrement de la carte scolaire : il est juste que des élèves puissent quitter des établissements réputés faibles, mais on ne peut ignorer que leur fuite dégrade profondément les conditions de travail et d’éducation des établissements qu’ils abandonnent. Pire encore, on pourra toujours reprocher à ceux qui restent dans ces quartiers et ces établissements de n’avoir pas eu assez de mérite et de vertu pour s’en échapper. De ce point de vue, il n’y a d’ailleurs pas de contradiction dans la politique d’un gouvernement qui, d’un côté, lutte contre les discriminations et promeut l’égalité des chances d’accès à l’élite, et qui, d’un autre côté, stigmatise comme des classes dangereuses les jeunes des quartiers qui n’ont pas su saisir leur chance. Il est même possible que les deux politiques soient logiquement articulées : internats d’excellence pour les uns, police pour les autres."

Et voici par exemple ce qui pourrait être corrigé en France:

"Nous pourrions aussi nous demander s’il est véritablement souhaitable que l’école ait une quasi exclusivité de la définition du mérite des individus. Il existe bien des formes de mérite, de compétences et de qualités, que l’école ignore ou méprise. Or, personne ne pourrait nier que les individus n’ayant guère eu de mérite scolaire occupent des emplois dont notre société ne pourrait se passer. Quitte à croire au mérite, dont la définition est toujours des plus flottantes, il n’est certainement pas juste de croire que l’école doit en avoir le monopole et sans doute serait-il plus juste de diversifier les systèmes de formation capables de faire émerger des formes de mérite que l’école ignore. C’est en multipliant la nature des épreuves, y compris non scolaires, que les individus auraient plus de chances de faire valoir leurs mérites."

"Il reste que si l’égalité des chances est un modèle de justice incontestablement juste, la promotion du mérite individuel est indifférente aux inégalités sociales elles-mêmes. Elle ne met pas en cause le fait que les plus méritants occuperont les meilleures positions et les autres, les plus mauvaises. Peut-être est-il temps de rappeler avec force qu’il existe un autre modèle de justice visant moins l’égalité des chances que l’égalisation des conditions. On peut sans doute promettre aux enfants d’ouvriers qu’ils ont le droit d’échapper à leur sort, mais on pourrait aussi améliorer la condition des ouvriers afin que ceux qui seront un jour ouvriers ne soient pas « punis » de n’avoir pas saisi leur chance. Et comme les opportunités de mobilité ascendante sont fatalement plus rares que les concurrents à la mobilité, comme l’égalité des chances exige sa part de vaincus, la justice sociale passe d’abord par la réduction des inégalités entre les revenus, les conditions de vie et les conditions d’éducation. Ajoutons que plus une société est relativement égalitaire, moins l’égalité des chances y est une chimère : plus il est facile de monter puisque les distances sociales sont faibles, moins il est tragique de descendre puisque, là aussi, les distances sociales y sont plus faibles. Autrement dit, l’égalité sociale devrait avoir la priorité sur l’égalité des chances."

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