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Le quotidien d'un ouvrier sur le chantier de Notre Dame


January

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Modérateur, ©, 109ans Posté(e)
January Modérateur 63 669 messages
109ans‚ ©,
Posté(e)

Durant plus d’un siècle, au rythme du soleil, des milliers d’hommes ont mis leur science et leur savoir-faire au service de la cathédrale parisienne.

le-quotidien-d-un-ouvrier-sur-le-chantier-de-notre-dame_paysage619.jpgLe jour se lève sur le chantier de Notre-Dame et les ouvriers (appelés «œuvriers» à l’époque), les compagnons, les maîtres et les simples manœuvres sont déjà au travail. Depuis la pose de la première pierre en 1163 par le pape Alexandre III, des milliers d’hommes se sont succédé pour construire cet édifice gothique au cœur de Paris. L’évêque Maurice de Sully, l’initiateur du projet, surveille de près l’avancée des travaux. La construction vit au rythme des saisons, mais surtout au rythme de l’argent. Si les caisses du diocèse sont vides, le chantier s’arrête. Et ne reprend que lorsque l’on peut payer à nouveau les ouvriers et les matières premières. C’est la fabrique, l’organisme chargé de la surveillance du chantier, qui gère au quotidien l’édification.

L’architecte, lui, est le maître d’œuvre. Il a dessiné les plans et a été choisi parmi plusieurs postulants. Souvent ancien tailleur de pierre, il n’hésite pas à mettre la main à la pâte sur le chantier, et fait travailler, de chantier en chantier, sa propre équipe de maîtres et de compagnons qui ont toute sa confiance. A Notre-Dame, Jean de Chelles puis Pierre de Montreuil ont été les architectes en chef. Ce sont eux qui ont manié la canne, l’outil principal des bâtisseurs de cathédrale, divisée en plusieurs mesures : la coudée, le pied, l’empan, la palme et la paume. Un genre de mètre étalon en somme.

Sur le chantier pharaonique, où en moyenne 300 hommes s’affairent chaque jour, les ouvriers sont regroupés par spécialité autour d’un maître. Ici, pas question de polyvalence. On ne taille pas des pierres le matin pour participer à la charpente l’après-midi. A l’exception des métiers du bas de l’échelle, tous sont hyperspécialisés. Les manœuvres et hommes de corvées sont recrutés sur place et payés à la journée. Ils sont chargés des tâches les plus ingrates et physiquement éprouvantes : l’eau, la chaux, le sable, le bois, les énormes blocs rocheux, ce sont eux qui les transportent. Peu considérés, ils ne peuvent changer de statut qu’en «entrant dans un métier» reconnu, tailleur de pierre, maçon, charpentier ou verrier... Ces compagnons sont tous des spécialistes hors pair qui gardent secrètes leurs recettes. Dès qu’ils le peuvent, ils se retrouvent dans leur loge, une cabane de bois située à quelques mètres de la construction. Là, protégés des regards, ils se partagent le travail ou se reposent entre deux corvées. Ils transmettent aussi les gestes du métier aux futurs compagnons dont l’apprentissage dure cinq ans.

Suite http://www.capital.fr/enquetes/histoire-eco/pyramides-cathedrales-tunnel-sous-la-manche-l-epopee-des-batisseurs/le-quotidien-d-un-ouvrier-sur-le-chantier-de-notre-dame

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Membre, 66ans Posté(e)
pila Membre 18 571 messages
Baby Forumeur‚ 66ans‚
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J'ai vu un docu-fiction sur le chantier de Strasbourg.

Quand on y pense, que d'efforts pour des chimères !

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Membre, Forumeur confit, Posté(e)
Enchantant Membre 18 663 messages
Forumeur confit,
Posté(e)

Bonjour January,

Juste pour préciser l’aspect du temps long, qui modifie la perception que nous pouvons avoir de cette époque…

Dans nos sociétés d’aujourd’hui, tout projet s’inscrit dans un temps relativement court.

Ce qui permet d’en connaître l’initiateur, le financeur, le réalisateur.

Or une cathédrale, édifice religieux comme chacun, le sait,était une construction qui s'étalait sur une durée de plusieurs siècles, donc plusieurs générations d'êtres humains.

L’évêque initiateur du projet ou donneur d’ordre, l’architecte initiateur du plan d’origine, l’entrepreneur du début des travaux, n’étaient jamais les témoins de la fin du chantier.

Dans le domaine sociale d’aujourd’hui, nous avons des associations caritatives dont les sources de financement sont européen,gouvernementaux, ou un appel aux dons et à la générosité populaire.

Les cathédrales en construction avaient un rôle social analogue au moyen âge, c’est-à-dire que toute personne dont les bras étaient disponibles, notamment en dehors des périodes de récolte agricole, pouvaient mettre leur force de travail à disposition du chantier de la cathédrale, comme manoeuvre.

Quant aux tailleurs de pierre, aux charpentiers, aux appareilleurs, toutes ces professions spécialisées allaient d'un chantier à l'autre,ce qui correspond à la tradition du tour de France des compagnons artisans.

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 914 messages
80ans‚ Talon 1,
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Il fallait de bons charpentiers car l'édifice était d'abord construit en bois. On construisait en pierres dessus. Quand on otait le bois sans écroulement, c'était réussi.

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Membre, Forumeur confit, Posté(e)
Enchantant Membre 18 663 messages
Forumeur confit,
Posté(e)

Bonjour Talon 1,

Oui, vous avez raison…

En fait, le bois était le matériau du pauvre, avec comme inconvénient l’incendie, notamment lorsque la foudre avait la malchance de tomber sur l’édifice.

L’avantage du bois, c’est sa légèreté et permet de monter des murs très hauts, alors que la voûte en pierre et son poids engendrait une poussée latérale, tendant à écarter les murs de la nef.

C’est à la suite, de nombreux incendies, de nombreux écroulements, que la notion d’arc boutant en pierre, permit enfin de monter des murs très haut, tout en se protégeant des incendies et des écroulements, tout en favorisant la lumière, justifiant ainsi le développement de l’art du vitrail.

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