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Osons imaginer l'existence sociale en dehors du travail


Pasdepseudo

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Membre, 36ans Posté(e)
Pasdepseudo Membre 711 messages
Baby Forumeur‚ 36ans‚
Posté(e)

"Osons imaginer l'existence sociale en dehors du travail !" :

(environ 8 minutes)

"Loic Wacquant, sociologue, explique que la société est prisonnière de mythes économiques tels quel le plein emploi et la croissance. Pourquoi la société ne parvient-elle pas à imaginer reconnaitre l'utilité d'autres activités en dehors du travail salarié et marchand ? Pourquoi pas le faire grâce à un revenu universel ?"

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Membre+, Posté(e)
Doïna Membre+ 19 706 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Tout à fait d'accord avec Loic Wacquant (le discours remonte à 1999 mais est toujours d'actualité). Pour ma part, je trouve que des horaires de huit heures par jour, c'est évidemment un progrès par rapport à ce qu'ont traversé les employés des générations qui nous ont précédés, mais malgré tout c'est encore de trop. Imaginez : vos huit heures de travail quotidien achevés, alors que vous êtes plus ou moins vidés de vos forces physiques et intellectuelles, qu'est-ce qu'il vous reste en sachant que le temps que vous utiliserez dès lors sera consacré aux transports, et puis aux courses, au ménage, à la cuisine, aux enfants (attente sur un banc au parc, aide aux devoirs, etc.)... qui sont encore des tâches laborieuses ? Même le week-end fait bien maigre figure puisqu'il ne représente que deux malheureux jours chômés contre cinq jours travaillés. La vie, ce n'est pas le travail à quelques exceptions près : je veux parler des bienheureux qui estiment ne pas travailler en travaillant, tant ils adorent ce qu'ils font. Mais concernant tous les autres : les ouvriers, les employés de bureau, tous ceux qui s'usent à des tâches ingrates, et bien non, tous ceux-là, pendant qu'ils bossent, sont privés d'une vraie vie. Nous devrions donc travailler quatre ou cinq heures par jour, pas plus, afin de bénéficier réellement de temps pour nous détendre, nous amuser, faire du sport et autres loisirs.

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Invité The Black Cat
Invités, Posté(e)
Invité The Black Cat
Invité The Black Cat Invités 0 message
Posté(e)

J'vais pondre un pavé, donc je préfère prévenir... J'espère que vous aurez le courage de le lire. biggrin.gif

Pourquoi la société repose sur le travail comme principal vecteur d'intégration sociale ?

L'Histoire l'explique : pendant longtemps, l'activité marchande ou productive était souvent, très souvent considérée comme une activité dévalorisante. Sous la Grèce Antique ou l'Ancien Régime, travailler quand on appartient aux classes situées au sommet de la hiérarchie sociale était perçu comme déshonorant (citoyens chez les grecs, nobles durant l'Ancien Régime). La Rome Antique constitue une exception, dans la mesure où la perméabilité progressivement développée entre le statut d'esclave et de citoyen, rendait l'activité marchande et le travail productif bien moins dévalorisant.

La société contemporaine, au-delà de ce qu'on appelle la grande bourgeoisie et son niveau plus important qui est la haute bourgeoisie (ou bourgeoisie de noblesse, qui aurait pu prétendre par exemple durant l'Ancien Régime à acheter sa noblesse), a renversé cette donne : le travail, par le développement des sociétés industrielles, est devenu mélioratif. Il est devenu prestigieux notamment de réussir par le travail, et ça s'illustre notamment à travers le concept de méritocratie, le mérite obtenu par son travail qui justifie notre position sociale.

Ça s'explique par l'industrialisation du travail, la division du travail et sa conséquence qu'est la division du travail social (les différents rôles sociaux que nous assumons). Les anciennes structures sociales, traditionnelles comme la religions ou le village deviennent désormais secondaires (pas totalement inexistants, mais bien moins importants). La nature ayant horreur du vide, il faut remplacer cette ancienne organisation autour d'un nouvel axe d'organisation sociale et le travail et tout les concepts qui gravitent autour, qu'on soit un libéral ou à l'inverse un marxiste, etc. constitue ce nouvel axe : il permet de hiérarchiser la société, de définir des règles régissant cette hiérarchie mais aussi les nouveaux groupes sociaux qui se développent notamment en parallèle sous un régime notamment démocratique (syndicalisme, partis politiques, etc.).

Il est important de noter que quelque soit les factions politiques qui s'opposent, des libéraux aux marxistes et même les conservateurs ou les mouvements nationalistes, tous désormais considèrent le travail comme vecteur d'intégration, comme le point centrale de notre organisation. Il suffit de voir que tous sont d'accord sur un point : le plein emploi, que tout le monde bossent. Mais bien sûr les moyens ne sont pas les mêmes et les principes qui portent ces moyens sont différents (pour défendre/glorifier la nation ou même la restaurer, être compétitif face aux autres pays, défendre la cohésion sociale, etc.).

Plus d'un sociologue estime que cette trop grande importance accordé au travail conduit fatalement à un éloignement des autres problématiques et activités (ce qui s'inscrit dans la pensée grecque antique, le citoyen ne devant pas travailler, ou le moins possible, pour se consacrer aux arts, à la philosophie, à la politique, etc.). Parmi ces conséquences, il y a le détachement familial par exemple, le désintérêt religieux, la contrainte temporelle (plus nous passons de temps à travailler, moins nous en disposons pour les activités périphériques), et l'une des pires éventualité qui est l'aliénation du salariat.

Cette réalité est vraie sans l'être complètement cela dit : on constate que le noyau familial résiste plutôt bien par exemple, notamment durant la crise récemment vécue et qu'on continue de vivre. Le monde associatif observe aussi une participation croissante des individus et tout particulièrement des jeunes adultes. Donc il y a malgré tout une résistance de plus en plus forte contre cette réalité de ne vivre que pour et par le travail salarié, marchand. Par contre, le religieux perd en vraiment en force dans les sociétés développées et laïques, cette sécularisation étant le fruit de sociétés accordant plus d’importance aux sciences, à la technique, etc.

Pour répondre à la question "Peut-on imaginer un monde sans travail ?" On peut répondre oui, notamment par le développement croissant de la robotique, etc. Ou du moins imaginer un monde avec un travail à un niveau très réduit. On n'est plus à une époque où, du moins dans notre partie du monde, soumis au risque de pénurie donc dans l'objectif de survivre. On est même dans une époque d'abondance, trop grande même. La question revient donc à savoir comment on doit répartir les richesses, les biens de consommation. On doit quand même garder à l'esprit que nous n'en serions pas là sans être passé par l'industrialisation et la valorisation progressive et forte du travail.

Mais pour simplement illustrer à quel point nous vivons dans l'abondance sans travailler concrètement sur ces biens que sont la bouffe, les fringues, l'électronique/informatique, etc. c'est la transformation du marché du travail : plus des 2 tiers des travailleurs bossent dans des bureaux ou même dans les activités non-marchandes (éducation, associations, professions médicales, etc.). Et avec cette transition, le chômage de masse s'est notamment développé. Et pour faire en sorte que ce modèle économique survive comme tel, il n'y a effectivement pas d'autres solutions que paupériser les travailleurs. Sauf que je doute que dans nos sociétés, nous acceptons une telle réalité, car nous avons goûté au confort, à une certaine aisance. Régresser impliquera nécessairement des outils autoritaires pour faire admettre cette régression.

En guise aussi d'illustration que le partage du travail et le chômage de masse deviennent problématiques, c'est la réduction à 35h de travail. Servant à la base à réduire le chômage par une division du temps du travail, des économistes prêchent qu'il va être prochainement nécessaire de réduire encore ce temps de travail pour par à 32 ou même 30 heures d'activités. Et si on pense que c'est un phénomène uniquement français, les américains n'échappent pas non plus à cette réduction (passant de 2000 heures à 1700 par an entre 1950 et notre époque). Il est techniquement possible d'ailleurs que les gains des travailleurs ne soient pas perdus, du moment qu'il y a une équitable répartition des revenus issus du travail, notamment grâces aux gains de productivité apportés par les nouvelles technologies. Et contrairement à une idée répandu, la baisse du temps de travail provoque un effet rebond par une baisse du chômage donc une hausse de l'activité économique d'un pays donné. Aucun pays développé n'a d'ailleurs échappé à cette baisse du temps de travail un peu "forcé".

Si vous avez lu, alors bien joué ! biggrin.gif

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Membre, 66ans Posté(e)
pila Membre 18 571 messages
Baby Forumeur‚ 66ans‚
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Encore un espèce de bonhomme qui est payé à pondre des inutilités. Le Monde ne peut exister sans travail. Et le loisir est un droit pour se reposer de l'effort fourni. Il n'y a pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre cela.

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Membre, 44ans Posté(e)
carnifex Membre 5 710 messages
Baby Forumeur‚ 44ans‚
Posté(e)

Le Monde ne peut exister sans travail.

Certes, mais l’utilité sociale et la valeur marchande du travail ne se recoupent pas nécessairement.

C’est cela qu’il s’agit de comprendre.

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Invité Amaenite
Invités, Posté(e)
Invité Amaenite
Invité Amaenite Invités 0 message
Posté(e)

Quelle idée séduisante, du temps pour "travailler" sa relation à soi et aux autres. Est ce que je me trompe ou ça suppose de la solidarité, des échanges et une égalité entre tous : détenteurs des savoirs penser, des savoirs, des savoirs faire, des savoirs créer ? C'est une révolution, mais je veux bien perdre pour la cause ma vie de "salariée-qui-aime-son-travail-mais-pas-travailler".

Mais je n'arrive pas à imaginer si la perte du lien hiérarchique (pouvoir de direction de l'employeur et lien de subordination du salarié) qu'implique le contrat de travail ne va pas renaitre sous d'autres formes. Pas grave, les solutions c'est fait pour être inventées !

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Membre, Zigbu, 77ans Posté(e)
Zigbu Membre 6 639 messages
77ans‚ Zigbu,
Posté(e)

Cela supposerait un changement radical des mentalités, et, tout le monde sait que c'est ce qui est le plus dur à faire évoluer. Demandez aux PDG d'arrêter de "faire" du fric et d'en gagner plein. D'abandonner leur vie de château, leur Rolls, leur Rolex.... Sans aller chercher aussi haut, posons nous la question de savoir ce qu'on est capable, à notre niveau, de renoncer. Sommes nous prêts à s'occuper plus des autres que de nous ? L'idée est séduisante, mais totalement utopique. Dommage, un monde de Bisounours, sans haine, guerres, crêpages de chignons en tout genre... Ne serait ce pas ce qu'on appelle, le paradis ?

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Invité Amaenite
Invités, Posté(e)
Invité Amaenite
Invité Amaenite Invités 0 message
Posté(e)

demandons nous ce qui aujourd'hui est proposé aux allocataires du RSA ? pas de vie, mais de la survie qui les poussent toujours plus vers un travail inexistant. Et ce maquis des prestations sociales coûteuses mais totalement inefficaces, déjà complément de revenus pour des salariés toujours smicards, (l'allocation logement ne cesse de baisser contre des loyers qui eux progressent inexorablement)

Toutes ces aides (des minima sociaux, dossier de surendettement, aux prestations de tout ordre) ne garantissent même plus une vie décente bien qu'elles soient fort coûteuses. Déclencher ses droits devient une sorte de lutte contre des administrations qu'il faut convaincre quand elles vous soupçonnent d'emblée de frauder !

Avoir de nos jours des revenus modestes est un travail à plein temps ! et ces "salariés de la protection sociale" ne sont pas aux 35h...

Alors concevoir une autre forme de distribution, c'est pas un rêve, c'est une urgence !

Et puis, pourquoi penser loi du plus fort ? peut être serait-t-il possible de redéfinir ce que doivent être les services publics indispensables à la société : école santé transport... pour qu'ils soient eux pris en charge collectivement. Le reste, c'est aux personnes de se l'approprier, en essayant d'entendre chacun (même ceux qui ne parlent que peu).

Non, pas un rêve, finalement, sans doute une répartition plus harmonieuse entre revenus du travail (salaire) et un revenu de vie garanti.

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