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Par le feu et par le fer.

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Loopy Membre 2426 messages
Poisson rouge très très méchant‚ 34ans
Posté(e)

Bonjour.

En ouvrant ce chapitre, je ne sais pas encore où il nous mènera. Je ne sais pas si j'aurais des lecteurs ou pas, et je dois avouer que je m'en contre fiche. L'existence même de ce que vous lisez, je ne l'explique pas.

J'ai voulu tout détruire. J'ai jeté au feu tant de mots... Ils ont brûlé et empli la pièce de leur présence Se sontmélangés dans une danse infernale Et j'ai alors pu sentir à nouveau leuressence. Ce parfum de... J'ai touché à l'atome des sens, au fondement de ce qu'ils portaient

J'ai compris à nouveau mes paroles. Mais dans ma main, restaient encore deux derniers témoins de la crémation, attendant l'heure qui ne venait pas.

Dites, mes amis, serez vous les phénix ?

L’Enigme

En cherchant sous la nuit et ses étrangesmusiques

Vous trouverez une porte affublée d’une serrure

Cachée par le blanc, se dévoile l’énigmatique

Porte fermée qui cache les fissures.

Un recueil est une énigme, une énigme estmagique

Un poème en est la clef, un autre est la poignée

Dans un mot s’en cache deux. Énigmatique

L’un s’abandonne, un Dernier Mot, qui se tait.

Il n’est point de secret qui le reste toujours

A l’exhibition tous nous penchons, sans rougir

La lune qui m’accompagne se Marie tout autour

Avec les étoiles indifférentes à ses soupirs

Mais dans leur artifi-ciel si l’une manquait

La porte resterait close et le tableau incomplet

L’éclat un peu terne d’une poésie ravagée

Le Diable Dansant, le navire amarré

Entre une Messe pour cette Mort, Ferré(e)

Entre les Abysses d’une Solitude morbide

Entre le Sang Noir et des veines lacérées

Entre l’Instant et l’Ange, la frénésie Avide

Entres... et ne ressors jamais.

Je te maudis si tu me rends la clef

roiriM

ios ed etnief enu tseénruoter tnemgarf eL

saimaj snoraun en suontond telfer lenrete’L

étirév uo egnosnem li’S

etseg ud eipoc al euqerèug tse’n li’S

seliovéd ut euq eugnalette tse elleuq rioriM

al dnauq, esrevni nomuo iom ut se rioriM

étirév am ed elcrec ua,euqllbo’l à etnegnaT

niav ne ertê tuepehcrehc ej euq sesnopér sed eugnaT

eilof am te eniah am a y li iot srevart A

ettejer al teelgnarté’l egami nom à uoc el tnaparttA

te rineva’a éssap udtiaf ut erdnietta tuep en no’uq egufeR

sap sius en ej euq ecertê’d tnasufeR

dnauq ridnarg eniah amsiaf uT

ertê sulp xuev en ejeuq ec ed emim el siaf uT

iot ec tse, erutrot al tnemelanif ut sE

iom sdnopéR ! riorim, udnep el ut sE ?

ertua enu snad uo eugnal enu snaD

erdnerpmoc ed esufer ej euq stom est tnesnaD

Il y en aura qui comprendront...

Modifié par Loopy

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Jedino Membre 47845 messages
Jedi pas oui, jedi pas no‚ 26ans
Posté(e)

Pour le second, tu l'as déjà mis, non?

Le premier me dit quelque chose aussi, mais peut-être que je confonds.

Est-ce utile de dire ce que j'en pense?

Ce besoin de détruire... Si humain...Hm.

Oui.

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emasik Membre 10172 messages
Maitre de l'overdrive‚ 24ans
Posté(e)

J'ai pas de miroir, ça me gonfle.

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Nounouille Membre+ 5791 messages
~~Cuvée spéciale~~ Zala ♥‚ 28ans
Posté(e)

C'est toujours aussi beau.

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Loopy Membre 2426 messages
Poisson rouge très très méchant‚ 34ans
Posté(e)

Ce texte contient quelques (peu) obsénités

De feu et de fer

J’étais né pour aimer.

Sincèrement, profondément, à enêtre fou, mais heureux. J’étais quelqu’un qui s’ouvrait et savait écouter. Jetrouvais même les mots pour réparer les gens, l’outil, la bonne clef pourouvrir les portes de l’esprit. Mes idées fusaient. Je concevais des systèmes etdes modèles complexes. Je m’expliquais comment les choses tournaient,fonctionnaient. Je savais manipuler ces concepts avec facilité et les façonnerquand il le fallait. J’avais tout. Je donnais tout. Je me souviens des éclatsde rire, des gestes, des sentiments, des mots, des déchirements, desretrouvailles, des voyages en avion ou sur le toit de l’imagination. Je me souviensdes jeux, des lettres, des attentions et de cette personne que je voyais lematin dans la glace, qui me souriait, me disait que rien ne pouvait arriver etque la vie est belle. Je me souviens des oiseaux, de la campagne, des désaccordset des petites disputes, Je me souviens d’une main, plongée dans la mienne, quime tenait chaud , de ces moments où l’on se croit invincible et de ces momentsoù l’on se sent fragile. Ces souvenirs luisants sont figés, comme les étoilesdans un ciel noir qui accompagne une lune souriante.

Mais j’ai encore du mal à me souvenir de ce quis’est réellement passé ensuite. Je n’ai que des bribes, des images. Je merappelle d’une voix, qui disait que tout irai bien, mais qui puait le mensonge.Je me souviens d’une chaise, et d’une pièce qui n’était jamais vide. Je merappelle avoir trituré toute ma cervelle pour trouver la faille, l’incohérencequi me prouverait que ce n’était pas réel. Et je me rappelle de cette personne,qui m’a fait comprendre que quelque chose s’était brisé. Je me souviens d’uneporte. Ca fait du temps, maintenant, mais cela s’exprime encore part laviolence.

Brisé. Tout est détruit et je saisles fantômes redoutables. Certes, je suis fou, mais plein de haine. Une haine profondeet sincère. J’aime les extrémités, le sang, l’ivresse et l’interdit, j’aime lesbarrières à franchir et les limites immondes, les plus noires. Je ne comprendsplus le monde qui m’entoure, et ne souhaite pas le comprendre. Faire mal.Blesser, manipuler sadiquement, ne pas se contenter d’entailler la chaire, maisla triturer à vif, jouer avec les blessures et ne pas les laisser cicatriser.Bousculer, et frapper au point faible.

J’aime le goût de la décadence.Homme, femme, qu’importe, sombrons dans la luxure que d’autres trouvent sidégueulasse, j’aime ça. Consommons à nous rompre, rien n’est trop grand. Par lefeu, par le fer s’il le faut. Je n’ai pas honte. J’ai séduit, j’ai fait croireet espérer le meilleur en n’offrant que le pire. J’ai jouit dans la férocitédes mots et des gestes sans jamais me repentir, je ne le regrette aucunement.Toutes des salopes… Tous des connards. Que rêver de plus. Vous n’imaginez pasle plaisir qu’on prend à violer les règles de la politesse la plus élémentaire.De toute façon je n’ai pas de compassion. Ou plutôt je suis totalementindifférent aux états d’âmes de ceux que je croise. On a baisé, j’ai eu ce queje veux, barre toi. Pleure si tu le souhaite, traite moi de tous les noms, tu n’asaucun intérêt pour moi maintenant que je connais tes entraille et que je suisplus léger des couilles… Alors dégage. Je suis quelqu’un qui brouille ma pisteet qui n’a aucune envie de vous écouter. Je trouve les mots pour détruire lesgens, l’outil, la bonne hache pour ouvrir les portes de l’esprit. Non vraiment,profondément, sincèrement :

Je vie pour haïr.

C’est lugubre, et j’aicertainement tort, mais qu’importe. Il reste encore quelque chose de jerespecte en ce monde, la vie. Comme une excuse pour ne pas avoir trouvé lecourage d’en finir. Il reste tout de même un peu de peur quelque part, un peude quelque chose. On ne peut être fait que de haine. Alors oui, parfois je m’égareet pose la machette, souvent pour la plume d’ailleurs. L’encre est tantôt de feu,celui de la vie qui me brûle, tantôt fer, froide comme le mépris que j’ai pourl’amour et toute forme d’affection en général

Et puis il y a l’autre plume,celle que l’on ne lit pas mais qu’on écoute. Aujourd’hui, sur l’ivoire coule lesang, les notes sont empreintes d’un vibrato comme ma main… Le manque… Leterrible manque… Je suis quelqu’un qui boue à l’intérieur et explose mais qui n’aaucune envie de vous l’exprimer. Je ne trouve pas les mots pour détruire labarrière, l’outil, le bon bélier pour défoncer la porte de mon esprit. Alors,marionnette je suis et resterai, profondément, sincèrement :

Je mourrai de mes fautes

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Loopy Membre 2426 messages
Poisson rouge très très méchant‚ 34ans
Posté(e)

Ce besoin de détruire... Si humain...Hm.

Crois tu ? ...

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Nounouille Membre+ 5791 messages
~~Cuvée spéciale~~ Zala ♥‚ 28ans
Posté(e)

Des frissons.

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Jedino Membre 47845 messages
Jedi pas oui, jedi pas no‚ 26ans
Posté(e)

Ce n'est pas peu de le dire.

Pour quelqu'un qui ne trouve pas ses mots, tes mots (maux) frappent à la lecture. Et, si tu es indifférent, il est difficile pour nous de le rester. J'ai eu le sentiment d'avoir été un peu comme ça à propos de quelques passages, mais sans doute pas pour les mêmes raisons.

Enfin bref, dire que j'admire serait peu dire.

Crois tu ? ...

Je crois que nous sommes à la fois destruction et création. Je vais pas citer Schumpeter parce que je ne l'aime pas, mais l'idée est là.

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Loopy Membre 2426 messages
Poisson rouge très très méchant‚ 34ans
Posté(e)

Je crois que nous sommes à la fois destruction et création. Je vais pas citer Schumpeter parce que je ne l'aime pas, mais l'idée est là.

Je pense que nous ne pouvons être les deux que si la destruction est une forme de création... Ou que la création est une forme de destruction. Je penche pour la seconde.

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Jedino Membre 47845 messages
Jedi pas oui, jedi pas no‚ 26ans
Posté(e)

Je pense que nous ne pouvons être les deux que si la destruction est une forme de création... Ou que la création est une forme de destruction. Je penche pour la seconde.

Tu déformes Schumpeter!

Cela dit, les deux sont vrais, mais à des temps différents, non?

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Criterium Membre 2380 messages
Nyctalope‚ 34ans
Posté(e)

J'aime bien le poème l'Énigme. En particulier la fin, qui rattrape quelques maladresses de répétitions au début, et, pour ainsi dire, apporte de la substance - enfin, c'est comme cela que je l'ai ressenti. La chose qui m'empêche d'apprécier Par le feu et par le fer c'est le manque de transition; les deux phases contrastant trop entre elles, et chacune hyperbolique, toute la profondeur aurait pu se trouver dans cette transition. C'est dommage. — Mais, par tous les dieux infernaux, continue de mêler création et destruction.

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Loopy Membre 2426 messages
Poisson rouge très très méchant‚ 34ans
Posté(e)

:)

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Loopy Membre 2426 messages
Poisson rouge très très méchant‚ 34ans
Posté(e)

En boite

Chapitre 1, La Liste

Vendredi, 18h30, ras le bol. Malgré le regard biais de certains collègues, je me lève, fais un signe, et me dirige vers la sortie, sans leur souhaiter l'hypocrite mais classique "bon WE". Esclaves ils sont nés, et esclaves ils resteront… Comme moi.. Sauf que moi, je ne m’en fous pas, et ça ne me rends pas heureux. C’est juste un moyen comme un autre de bouffer sans se retrouver en taule. C’est de la survie, un système D dans lequel on étouffe. On pourrait s’attendre au fait que d’avoir des diplômes et une brouette pleine d’années d’études peut prémunir d’une sorte de précarité du travail. On pourrait croire que d’avoir passé 8 ans à éplucher des bouquins pleins d'équation, à avoir fait marcher des machines bizarres et à s'attaquer à des problématiques très complexes nous ferait évoluer dans un environnement intellectuellement stimulant, et que bien sûr, l’esprit devant être occupé par autre chose que les problèmes du quotidien, la rémunération serait à la hauteur. Je le croyais, et, cher lecteur, vous aurez sans nul doute noté l’emploi du passé. Oh bien sûr il y a plus à plaindre que moi, il y a pire… Mais il y a aussi pire que pire et très franchement j’ai pas envie de fermer ma gueule simplement pour la simple raison que d'autres aussi peuvent se plaindre. Chacun défend son assiette, puisque personne d’autre ne défendra la mienne... Les seules infimes libertés que j’ai pu m’octroyer ne servent qu'à y croire un peu ou faire semblant. Enfin bon… Il est 18h30, vendredi… Parait il que c’est l’heure de se croire libre, justement.

Deux jours et deux nuits chaque semaine. C’est ce qu’ils ont cru bon pour faire retomber la pression. Je monte dans ma voiture, enclenche le démarreur et ignore royalement la jauge d’essence au plus bas. J’allume ma clope avant de pousser le chauffage et la musique à fond puis je pars enfin. Il ne fait plus jour, mais pas encore nuit. Entre chien et loup dit-on, où tout est entre actif et inactif. La populace de mouton bien tondus que nous sommes, alignés en petite files bien rangées, attend sagement (ou pas) son tour pour passer le rond-point. Fatigués, sans avenir, sans espoir, mais débilement heureux de ne pas travailler le lendemain. Ca me déprime. Notre vie est inutile, nous ne laisserons aucune trace dans l’histoire, tout ça pour rien, en somme… Si ce n’est avoir le droit de toucher une retraite misérable un jour et marmonner de toute notre aigreur et notre jalouie sur ces jeunes cons qui se croient tout permis, parce que "nous à notre époque...". Le fameux "nous à notre époque". L'argument ultime de dictature de générationnelle, de l'ancrage dans le passé morbide. Nous à notre époque, on travaillait, monsieur, parce que Nous à notre époque on avait pas tout ça, monsieur, parce que Nous à notre époque on ne se plaignait pas monsieur et on n’était pas fainéant. Oui, parce que Nous à notre époque, on aimait bien se faire prendre le cul par ces enflures. Oh on ne les entends pas, ils ne font pas grand-chose, car ils savent que de toutes façon, tu marches, ou tu crèves. Ca a toujours été vrai, ça l’est encore tout simplement parce que "Nous à notre époque...".

Faut pas que je renâcle trop mes conneries. Je pousse la porte de chez moi.

Vide, silencieux, sombre, solitaire… Je me sens déjà mieux ici. Je me pose devant le PC éteint, et réfléchis à tout en même temps. Qu’est-ce que je vais bouffer, qu’est-ce que je vais mettre ce soir pour sortir, est ce que c’est en état pour recevoir une pouffiasse sans passer trop vite pour un dégueulasse ? Oui parce que je passerais de toute façon pur un grand connard. J'en suis un, mais le génie, c’est de savoir le cacher jusqu'à avoir obtenu gain de cause… Mon petit cerveau va se charger de ranger tout ça dans l’ordre et j'aurais plus qu'à me laisser aller dans ce sens logique des choses. En pilote automatique, débranché, en mode "veille".

J'allume le PC, et direction la cuisine, il faut croire que c'était les deux priorités.

Modifié par Loopy

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Loopy Membre 2426 messages
Poisson rouge très très méchant‚ 34ans
Posté(e)

Chapitre 2, Liquidités

Il n’y a plus rien qui puisse avoir l’air d’être encore comestible dans ce putain de frigo… Une salade pourrie, du fromage qui date de noël, un vieux saucisson aussi dur que ma… enfin.. que du béton et des tomates que j’avais oubliées là. Mis à part la mayo et le piment, tout est à jeter. Tant pis, je m’en occuperais plus tard… Improvisons.Ai-je assez de liquide ? Oui… allons-y, téléphone, pizza. Je n’ai plus qu’à attendre tranquillement qu’elles arrivent. Je vais payer par carte… Quand je parle de liquide, je veux bien entendu parler du pack de 16 qui lui, est soigneusement rangé à sa place. 45 minutes qu'ils disent. Si le délai est tenu, il me restera même du liquide pour demain matin.

Vous vous rappelez ces anciennes pub Perrier, où ont voyait (disons les choses comme elles sont...) une main de femme caresser une bouteille, qui grandissait puis finissait par éjaculer du Perrier ? (cf :

) ... Oui oui, du Perrier... Mon penchant instinctif pour tout ce qui est sexuel a ancré cette image dans ma tête quand je l'ai vu pour la première fois et je dois dire maintenant une 33cl de 1664 blanche me fait un effet boeuf. Je sort la bouteille humide et fraîche décalotte, et prend une grande gorgée. Ça a un peu coulé, j'ai voulu boire trop vite, mais que c'est bon. Je me cale devant le PC, double clique sur chrome, et machinalement je tape dans la barre d'adresse "fo", puis "enter". Et là, en lavant la tête pour une seconde gorgée je me retrouve au balcon de la fausse où nous sommes tous. Je sors mon tabac, me roule une clope, et je vais voir un peu ce qui se raconte.

Dix minutes plus tard, j'ai fini ma première bibine, et après avoir fini de regarder les quelques messages qui m'intéressent, je ferme le fofo et retourne dans la cuisine. Putain encore une demi heure à attendre cette saloperie de pizza. Je vais passer aux choses sérieuses. Je pose la bière, et prend la vodka. Je pose le tabac, je sors le joint. Itunes,

à fond, vodka, joint, je sens déjà ma lèvre qui se déride, affalé dans le canap, ça va commencer à tourner... On frappe à la porte je crois.
Modifié par Loopy

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Loopy Membre 2426 messages
Poisson rouge très très méchant‚ 34ans
Posté(e)

Chapitre 3, Ce soir je chasse

La Pizza est là, en face de moi. Je la regarde, mais je n’ai plus faim. La clope, l’alcool et le joint ont la mauvaise habitude de me couper l’appétit. L’appétit culinaire j’entends, car pour ce qui est de mes autres appétits, ils sont au contraire catalysés par ce que je m’injecte. Ce soir je chasse mais on n’improvise pas une partie de chasse, ça peut être dangereux. Il suffit d’un rien pour se tirer une balle dans le pied et le jeu de la séduction ne permet aucune erreur. Bien sûr, ça ne se théorise pas, mais si on devait tout de même trouver un schéma tactique général, je dirais que la séduction c’est en premier lieu un entretien d’embauche, et donc, de la com’, de la manipulation et ça tombe bien, je suis doué dans ce domaine-là. Principe de base de la communication et de l’entretien : ne pas passer inaperçu. Il faut que sans vous connaître, sans vous avoir jamais vu, sans même chercher quoi que ce soit, la personne en face vous détecte avant même que vous ne l’abordiez, et il faut surtout qu’elle se rappelle de vous même si elle ne connait rien de vous. Pour cela, la stratégie de base, c’est l’accessoire caractéristique. Un chapeau dans un endroit où personne n’en porte, une rose rouge dans la poche, une cravate de bon gout mais un peu tape à l’œil, un trois pièces démodé mais qui vous donne l’air de venir d’un autre temps bref, n’importe quoi qui fera que des gens que vous ne connaissez ni d’Eve ni d’Adam se rappellent de vous… « C’est le mec au chapeau… ». Il faut qu’on vous reconnaisse, ça donne envie de vous connaître. Ce soir je chasse mais on n’improvise pas une partie de chasse. Par contre, on peut la tenter à l’intuition. Allez, une bière pour la route et je vais prendre une douche.

Skrillex tourne encore sur hauts parleurs de mauvaise qualité de mon PC. Ils ne m’ont pas coûté bien cher, et même si je n'y connais pas grand chose en bon son, je trouve que pour le cas de Skrillex, ça donne un certain grain à la musique, un grain qui rajoute de l’incertitude sur les notes parfaites de l’électronique, donnant un aspect plus joué. Ce n’est pas le trip de Skrillex, je crois, mais j’aime bien. Surtout quand je commence à être défoncé. Je trouve de la poésie partout. Faut dire que de manière générale je ne suis pas insensible comme beaucoup le pense. J’ai juste une sensibilité différente. Une chaise en plastique, un portillon rouillé, peuvent m’inspirer plus que la misère humaine ou même que la mort d’un proche. D’ailleurs j’ai pas de proche, alors je m’en tape. Ou alors si, j’ai des proches, mais je m’en tape aussi de toute façon. Pour l’instant, il faut que je trouve un moyen de me désinhiber complètement pour entrer dans la danse. Les lumières tournent un peu, je commence à l’imprégner

dans l’ambiance, ça m’excite. C’est bon ça… C’est très bon. Ça commence à monter, enfin. Ce soir je chasse, et je sens que je vais improviser… Comme d’hab. Au risque de finir devant un porno dégueulasse pour voir mes fantasmes assouvis par d’autres et mourir petitement dans une amertume qui donnera à mes rêves une couleur verdâtre. Je les oublierai de toute façon.

Faut pas bad tripper non plus. Mon côté sombre est une arme très puissante je le sais, mais le risque est de trop laisser paraître mon côté morbide. Je dois constamment jouer à la frontière entre les deux, sans trop déborder sinon… Ce soir je chasse, et hors de question d’astiquer le fusil, j’improvise.

Chapitre 4, Mise à nuit

On est passé sur du Archive, «

», comme un présage. Je baisse le son, mais laisse la musique tourner, je mets mon manteau, mon chapeau, enfile mes gants et sors. Il y a la queue devant la porte du X, tant mieux, plus il y a de gibier, plus il y a de chance de se faire… Bref… Moi je n’attends pas. On me connait ici, je ne paye plus l’entrée depuis quelques années et je passe devant tout le monde. C’est la première règle de la com’. Se faire remarquer, en bien ou en mal, on s’en branle, et passer devant tout le monde, c’est se faire remarquer, c’est acquérir une éphémère dose de prestige et d’importance, un VIP est d’entrée plus séduisant qu’un quelconque, même si le quelconque a son charme.

Le X, c’est une sorte de pub sur deux niveaux. Avant-boite disent certains. En effet il ferme à 4h, donc trop tard pour être un pub et trop tôt pour être une boite. C’est un intermédiaire. Articulé sur deux niveau, il présente bien des avantage. Non seulement la musique y est bonne et la sélection à l’entrée ne se fait pas sur l’apparence, mais en plus il offre la possibilité de danser, de boire, de jouer au billard ou simplement de s’assoir pour discuter. Les deux avantages les plus notables restent toutefois l’existence d’une salle fumeur ainsi que le fait que le réseau ne passe pas sauf dans le sas d’entrée. L’entrée se situe au rez de chaussée. C’est une petite pièce de passage seule endroit où on arrive, en se collant dans une position ridicule près de la porte, à capter une petite barre de réseau pour envoyer un sms. La musique n’y est pas trop forte et à l’autre bout de la pièce en face de l’entrée se trouve les toilettes. A gauche, une ouverture dans le mur assez basse ouvre la voie vers une autre pièce où se trouve un billard, bien visible de l’entrée. Je salue Mat’ , l’espèce d’armoire à glace qui fait office de videur. Il sait qu’avec moi il est inutile de s’étendre en banalité : je ne dirais pas un mot avant d’avoir mon verre à la main et mes parties de billard réservées. Alors on se sert la main et il me laisse passer sous le regard réprobateur de ceux qui attendent gentiment son bon vouloir pour entrer. Se faire remarquer disais-je. Je fais comme chez moi ici. Je suis un peu chez moi ici. Il faut dire que j’ai déjà passer des heures à rendre service à ce lieu. diagnostiquer des pannes électrique, aider à gérer les mecs bourrés en fin de soirée, faire la police autour billard, passer derrière le bar une fois ou deux pour seconder le serveur débordé, bref… Mes avantages quelque part, je me rassure en me disant que je ne les ai pas volés.

Je passe dans la pièce du billard, une pièce de taille respectable bien que sa superficie soit presque complètement gommée par le billard posé au milieu. Sur la gauche, côté rue, le vestiaire. Je suis chez moi, je ne prends que la peine de saluer la fille qui fait le vestiaire, et prend un cintre. Elle, ce n’est pas la première fois qu’elle me voit, alors elle me laisse faire. Toutefois le plus souvent, même les nouvelles n’osent pas vraiment me dire quoi que ce soit. Elles ont bien vue que j’étais en terrain conquis et devant mon assurance elles n’osent pas… Le patron n’aime pas qu’on emmerde ses meilleurs clients, même si moi je m’en tape un peu qu’on me dise d’attendre ou pas. Je n’en tiendrais rigueur à personne. Dans cette salle, la musique est plus présente que dans l’entrée. On distingue clairement l’éternelle

de Donna Summer. Sur la droite il y a l’entrée de la salle fumeur et en un escalier qui descend en sous-sol, dans le cœur même de cette grotte. Après avoir accroché mon manteau et vérifié que ma queue de billard est bien là (j’en ai une vieille que je laisse une à demeure ici, ça m’évite de me la trimbaler), je pose machinalement sur le billard les quelques pièces de 2€ que j’ai pour signifier que je suis là et que ce billard c’est un peu le mien depuis le temps. Comme pour Mat’, je salue sans un mot les potes qui sont déjà là, et me plonge dans l’escalier. Il s’enfonce dans la pénombre en contre bas. Il n’y a que peu d’éclairage au sous-sol, et j’aime cette sensation de plongée dans un autre monde, je laisse le jour derrière moi, je me mets à nuit en descendant cet escalier. Enfin, me voilà.

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Loopy Membre 2426 messages
Poisson rouge très très méchant‚ 34ans
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Chapitre 5, La proie

Le sous-sol s’étend sur à peu près autant de superficie que le RdC. Cependant le vestiaire, le sas, les toilettes, la salle fumeur et le billard en haut ne permettent pas de vraiment prendre conscience du volume. Le bas de l’escalier donne sur un renfoncement ou il y a quelques tables et chaises. Les girafes trônant s’élèvent vers le plafond en pierre, vouté, et je reconnais malgré la pénombre quelques têtes que je saluerai peut être plus tard. A droite une grande ouverture dans le mur donne sur la piste de danse, déjà bondée. Il faut la traverser pour se retrouver sous le sas au niveau du bar. Il y a du monde, mais le serveur a repérer cet énergumène qui se rapproche et qu’il connait. Il finit sa commande et sans même que je lui ai signifié quoi que ce soit sait déjà ce qu’il va me servir. Un verre de rouge. Le rouge est dégueulasse mais première règle de com’. Costard 3 pièces noir, chapeau, verre de rouge, autant vous dire que celles et ceux que je vais croiser vont obligatoirement poser un regard sur moi et ce simple fait marquera dans leur tête que je suis bel et bien là. J’ai compensé mon manque de charisme.

Ici la musique est forte. Je ne sais pas comment le DJ a pu faire une transition aussi dégueulasse mais on est passé de Donna Summer à Niagara… Evidemment, on est dans un bar, donc quand je dis Niagara, vous avez tout de suite compris «

». Ca tombe bien, parce que si je n’ai pas vu, moi, la mort se marrer, j’ai repéré une petite brune qui attendait son tour au bar. Elle m’a vu, elle aussi, à n’en point douter, et je sais déjà que lorsqu’elle me recroisera, elle saura que c’est bien la même personne qu’elle a croisé au bar et qui a éveillé sa curiosité. Inutile de se précipiter. Laissons le temps faire un peu. Y aller tout de suite ruinerai tout l’avantage que procure la dose de mystère qui a généré cette curiosité. Je passerai immédiatement pour un mort de faim (que je suis) et dévoilerai ainsi tout mon jeu sans avoir prévu d’avoir des cartes dans ma manche. Je me ferais donc jeter comme un quelconque dragueur de bar, et si ça arrive une fois, l’étiquette est collée dans la soirée. Non, je vais prendre mon temps, j’ai tout mon temps. Le lieu est assez petit pour qu’on se croise plus d’une fois et je vais repérer d’abord avec qui elle est, ce qu’elle est venue cherché ici, et comment elle compte le trouver.

La vraie victoire dans la séduction, ce n’est pas tellement d’arriver à séduire. Non, la vraie victoire c’est d’aborder, ou plutôt, se faire aborder. Pour un homme, vous pouvez être certain que si vous avez réussi à amener la proie à vous approcher de son plein gré c’est que c’est déjà gagné… Ne pas forcer la chance mais manipuler son environnement pour qu’il se comporte à notre guise. Pour se faire, il faut bien observer la proie, savoir ce qu’elle cherche et lui signifier de manière très implicite que ce qu’elle cherche, c’est moi. Elle viendra alors d’elle-même pensant avoir trouvé son graal, et lui laisser croire à ce trompe l’œil sans jamais pourtant mentir directement. L’esprit humain a ceci de très particulier qu’il voit ce qu’il veut voir. Si elle voit en moi ce qu’elle cherche, sans que je lui ai explicitement dit ce que je suis vraiment, elle se mentira à elle-même, toute seule, comme une grande. Elle va faire le boulot… Mais encore faut-il l’avoir amené à nous sans qu’elle ne s’en rende compte et donc, sans l’approcher. Je m’assure qu’elle a remarqué mon regard sur elle, assez insistant pour qu’elle en prenne note, mais pas assez pour qu’il reste un gros doute quant à la nature d’un tel regard. La dose est cruciale. Trop insister, c’est comme l’aborder, pas assez insister c’est faire croire qu’elle ne nous intéresse pas du tout. Laisser douter, c’est entretenir le mystère, la question, et sa curiosité naturellement la poussera à répondre à cette question. Si même elle est très curieuse, cette question va lui occuper l’esprit jusqu’à ce qu’elle y réponde et à chaque fois qu’elle verra ce mec étrange elle voudra un peu plus s’enfoncer dans le mystère. Je n’attends pas qu’elle finisse, je ne vais pas la suivre, c’est elle qui me suivra. Je décroche donc avant qu’elle n’ait pu commander et me prépare à retraverser la piste pour faire ma première partie de billard. Du coin de l’œil, je vois qu’elle a tourné la tête… Je vous l'ai dit : je suis un connard.

Modifié par Loopy

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Jedino Membre 47845 messages
Jedi pas oui, jedi pas no‚ 26ans
Posté(e)

Hm, je n'ai pas vu et lu ça avant, malheureusement! Ce que je trouve intéressant, c'est cette façon de mener une histoire. J'ai un peu l'impression d'avoir, disons, la même attitude. Au départ, c'est une sorte de ras le bol où les idées s'expriment (cela dit, tu es plus clair que moi). Puis, une fois passé, l'histoire s'installe. Histoire qui, si j'ai bien compris, n'est pas différente de la tienne, puisque c'est un pan de ta vie.

Cette haine (?) de soi, ou ce dégoût, je ne crois pas un instant qu'il est une nature et qu'il ou elle dit vrai. Je ne sais rien de ta vie, et tu me diras peut-être qu'il vaut mieux, que tu ne le souhaites pas. Mais, je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi. Pourquoi cette distance avec ton environnement? Pourquoi cette distance avec toi-même? Pourquoi ce rejet de soi? Pourquoi cette description du "connard" que tu te dis être? Le monde de la séduction est un monde du jeu, par définition. Tu n'es pas plus un connard qu'un autre.

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Loopy Membre 2426 messages
Poisson rouge très très méchant‚ 34ans
Posté(e)

Le Chapeau

Sur la plage, soudain, s'était levé le vent

Un éclair avait éclairé les nuages

Suivit de près par le féroce rugissement

D'une foudre dangereusement sauvage

Il tint son chapeau, pour ne point qu'il s'envole

Sans peur, résigné, baissa la tête

Prêt à affronter encore une tempête

Les torrents du ciel et la colère d'Eole

Mais rien n'indiquait cette ire

Quand au coup de poignard d'un rire

Il leva au ciel ses yeux

Il vit un soleil comme toujours radieux

De son rêve ne restait que le gout

D'une pluie salée cheminant sur sa joue

L.

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Jedino Membre 47845 messages
Jedi pas oui, jedi pas no‚ 26ans
Posté(e)

Faisait longtemps :bo:

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Loopy Membre 2426 messages
Poisson rouge très très méchant‚ 34ans
Posté(e)

Certes... Un peu trop, peut être...

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