l'alphabet des écrivains et de leurs oeuvres

aventuriere Membre 15 messages
Forumeur balbutiant‚ 36ans
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bonjour

w comme bernard WERBER le mystère des dieux je ne l'ai pas lu mais mon mari la trouver super bien il y a 3 volumes

a+

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
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Je n'ai rien pour X, Y et Z.

En A, je propose Alain-Fournier avec son grandissime roman Le grand Meaulnes : je vous en recommande vivement la lecture si vous ne le connaissez pas, il vous donnera un souvenir nostalgique du "vert paradis des amours enfantines".

François, quinze ans, est le fils de M. et Mme Seurel, instituteurs de Sainte-Agathe, en Sologne. Il fréquente le cours supérieur qui prépare au brevet d'instituteur. Un mois après la rentrée, un nouveau compagnon de dix-sept ans vient habiter chez eux. Il se prénomme Augustin Meaulnes. La personnalité mystérieuse d'Augustin, que les élèves appellent bientôt 'le grand Meaulnes', trouble le rythme monotone de l'établissement scolaire et fascine tous les élèves.
Modifié par chirona

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Poussiquette Membre 8 406 messages
Forumeur alchimiste‚ 113ans
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Jean BODEL (vers 1165 - vers 1210), trouvère français, qui a composé, pour le théâtre, une vie de Saint-Nicolas et a inventé le genre poétique, du « congé », genre poétique, qui a inspiré, après lui, des poètes, tels que Adam De La Halle et François Villon.

Il s'est illustré, dans des formes littéraires, diverses et a su introduire, dans les genres traditionnels, liés à la société chevaleresque, des éléments nouveaux, puisés dans sa connaissance, de la bourgeoisie.

On lui attribue les fabliaux de Jehan BEDEL, dont l'esprit satirique est nourri par une observation fine et aiguë de la petite bourgeoisie d'Arras (Le Morteruel; Le Vilain de Bailleul; Gombert et les Deux Clercs; Brumau, la Vache au prêtre; Les Deux Chevaux; Le Convoiteux et l'Envieux; Le Songe desvez; Le Loup et l'Oie; Barat Travers et Haimet ou Les Trois Larrons).

Il est également reconnu, comme l'auteur, d'une chanson, de geste écrite, en alexandrins et intitulée La Chanson des Saisnes, relatant les hauts faits, de Charlemagne, contre les Saxons. L'auteur s'y livre, à l'exercice, du genre épique, mais en y mêlant des éléments courtois et bourgeois.

Il compose aussi, des pastourelles et des « jeux » dramatiques, notamment le Jeu de saint Nicolas (v. 1200 ; publié en 1962), pièce hagiographique, peu conforme, à la tradition du miracle, puisqu'elle est composée, dans une veine épique (les interventions du saint ont lieu, pendant des combats, contre les infidèles) et satirique (description des scènes réalistes, voire triviales).

« Tel cuyde avancer qui recule ».

Extrait de "La Vache au prêtre".

« Congé je prends, de coeur marri, - De ceux qui doucement m'aidèrent... - Moitié sain et moitié pourri ».

« Ne sont que trois matières à nul homme entendant - De France, de Bretagne et de Rome la grant ».

Extrait de "Chanson des Saxons".

« Seigneur, si je suis jeune, ne m'ayez en dépit - Car on a vu souvent grand coeur en corps petit ».

Extrait "Le Feu de Saint Nicolas".

Modifié par Poussiquette

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Fiphi Membre 913 messages
Forumeur accro‚ 45ans
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En Y, je propose Eiji Yoshikawa - Roman "La pierre et le sabre"

Dans le japon du XVII ème siècle, Miyamoto Musashi, jeune homme fougueux, n'aspire qu'à se battre. Recherché dans tout le pays, il est recueilli par un moine et n'a bientôt plus qu'un but : tendre à la perfection grâce aux arts martiaux.

Son sabre sera désormais serviteur du bien. Il ira de combats en conquêtes à la recherche d'amour et de sagesse, épaulé par le chant de sa tendre Otsu.

Un grand classique du récit initiatique qui marie amour, aventure, et quête de soi.

Je cite

"A l'instar de l'Iliade, dont la rédaction est fortement influencée par le contexte politique et religieux, et nullement par les préoccupations contemporaines du conflit lui-même, le roman de Yoshikawa constitue donc une histoire dont la visée est au-delà de la simple restitution idéalisée de Musashi. Il utilise l'image du samouraï pour proposer, et défendre, une certaine idée de ce que doit être un Japonais. Le cours de la narration est ainsi émaillé d'une suite d'épisodes à portée hautement moralisatrice, qui explicitent ce qu'est "bien agir" en telle ou telle circonstance. Leur conclusion est d'ailleurs invariable : toute conduite conforme à l'ordre est couronnée de succès, mais qui suit le chaos finit toujours par chuter. Car c'est l'apologie d'un ordre immuable, voulu par la nature et les dieux, que propose La pierre et le sabre. Ainsi, à l'agitateur politique qui veut s'en prendre au shôgun, et dont les projets sont déjoués, on préfère la figure de Musashi qui, avant de s'occuper de réformer l'état, songe tout d'abord à réformer, critiquer, et élever à une dimension supérieure sa propre personne. L'itinéraire de Musashi est riche de sens. Si Yoshikawa s'appuie sur les évènements historiques, et des figures qui ont existé à l'époque, il n'en demeure pas moins qu'il leur insuffle une portée symbolique. Ainsi, Musashi entame son parcours dans le camp des perdants à Sekigahara, car il s'est précipité vers cette bataille sans rien connaître du monde. Puis il fuit, et commet nombre d'erreurs, guidé par son seul instinct. Cependant, la providence place sur son chemin une autre figure historique du Japon du XVIIe siècle, le moine Takuan : "Ainsi Takuan, qui tient lieu de phare et de mentor au jeune Musashi était-il un célèbre moine Zen, calligraphe, peintre, poète et "maître du thé" de l'époque." [3] Par sa grande sagesse, il fait prendre conscience à Musashi de l'animalité de ses actes et de ses réactions, et le guide vers la prise de conscience de la valeur à accorder à la vie. C'est alors que Musashi va renaître, lors d'un long enfermement au château de Himeiji, au terme duquel il prend le nom de Miyamoto Musashi en lieu et place de Shimen Takezo. Et c'est sous cette nouvelle identité qu'il va traverser plusieurs fois le Japon, faisant nombre de rencontres intéressantes, mais n'ayant surtout de cesse de progresser sur la Voie du samouraï."

Extraits :

....

Le chapitre sur la topographie de l'Art de la guerre, de Sun-Tzu, était ouvert devant lui, sur la table basse.

Sun-Tzu dit :

- Parmi les caractères topographiques,

- Il y a ceux qui sont infranchissables

- Il y a ceux qui arrêtent

- Il y a ceux qui limitent

- Il y a ceux qui sont abrupts

- Il y a ceux qui sont lointains.

Celui qui connaît l'art du guerrier n'est pas maladroit dans ses mouvements. Il agit et ne se limite pas. C'est pourquoi Sun-Tzu disait " Celui qui se connaît et connaît son ennemi l'emporte sans risque. Celui qui connaît le ciel et la terre l'emporte sur tout."

....

....

En le condamnant à la réclusion, Takuan avait dit :

"Tu peux lire autant que tu veux. Un prêtre fameux de jadis a dit un jour " je me plonge dans les Ecritures, et lis des milliers de volumes. Lorsque j'en sors, je constate que mon coeur y voit plus clair qu'avant." Considère cette chambre comme le ventre de ta mère et prépare toi à renaître. Si tu ne la regardes qu'avec tes yeux, tu ne verras rien de plus qu'une cellule close, non éclairée. Mais regarde encore, et de plus près. Regarde avec ton esprit, et réfléchis. Cette chambre peut-être la source de l'illumination, la fontaine de connaissance qu'ont découverte et enrichie les sages d'autrefois. A Toi de décider s'il doit s'agir d'une chambre de ténébres ou d'une chambre de lumière.

.....

.....

La fille que j'ai vu hier

N'est pas là aujourd'hui.

La fille que je vois aujourd'hui,

Elle ne sera pas là demain.

Je ne sais pas ce qu'apportera demain ;

Je veux aimer la fille d'aujourd'hui.

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

En C : Pierre Corneille , Le Cid (1637)

Le Cid a été créé au Théâtre du Marais en janvier 1637 et publié à Paris en mars de la même année. Corneille s'est inspiré d'une comédie espagnole , Las Macedades del Cid ( les enfances du Cid) de Guillen de Castro. C'est la neuvième pièce de Corneille et sa seconde tragi-comédie. Cette ¿uvre en 5 actes connaît dès sa création un succès immense. Elle bouleverse le paysage dramatique de l'époque mais vaut à Corneille de vives critiques d'auteurs rivaux et de théoriciens du théâtre. Les pamphlets à l'encontre de l'auteur se multiplient. Richelieu s'en mêle et demande à la jeune Académie française de prendre position. Celle-ci, prudente, déclare cependant que la pièce pêche contre la vraisemblance tant sur le plan dramaturgique que sur le plan moral. Le public, faisant fi des critiques, se presse aux représentations ( En vain contre le Cid un ministre se ligue, Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue (Boileau)) . Paris, qui n'a jamais connu un tel triomphe ne parle plus que du cas de conscience de Rodrigue, partagé entre son amour pour Chimène et sa volonté de venger Don Diègue, son père offensé : le dilemme Cornélien est né...

Acte 2 , Scène 2

Don Rodrigue

é moi, comte, deux mots.

Le Comte

Parle.

Don Rodrigue

éte-moi d'un doute.

Connais-tu bien Don Diègue ?

Le Comte

Oui.

Don Rodrigue

Parlons bas ; écoute.

Sais-tu que ce vieillard fut la même vertu,

La vaillance et l'honneur de son temps ? le sais-tu ?

Le Comte

Peut-être.

Don Rodrigue

Cette ardeur que dans les yeux je porte,

Sais-tu que c'est son sang ? le sais-tu ?

Le Comte

Que m'importe ?

Don Rodrigue

é quatre pas d'ici je te le fais savoir.

Le Comte

Jeune présomptueux !

Don Rodrigue

Parle sans t'émouvoir.

Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées

La valeur n'attend point le nombre des années.

Le Comte

Te mesurer à moi ! qui t'a rendu si vain,

Toi qu'on n'a jamais vu les armes à la main !

Don Rodrigue

Mes pareils à deux fois ne se font point connaître,

Et pour leurs coups d'essai veulent des coups de maître.

Le Comte

Sais-tu bien qui je suis ?

Don Rodrigue

Oui ; tout autre que moi

Au seul bruit de ton nom pourrait trembler d'effroi.

Les palmes dont je vois ta tête si couverte

Semblent porter écrit le destin de ma perte.

J'attaque en téméraire un bras toujours vainqueur,

Mais j'aurai trop de force, ayant trop de coeur.

é qui venge son père il n'est rien d'impossible.

Ton bras est invaincu, mais non pas invicible.

Le Comte

Ce grand coeur qui paraît aux discours que tu tiens

Par tes yeux, chaque jour, se découvrait aux miens ;

Et croyant voir en toi l'honneur de la Castille,

Mon âme avec plaisir te destinait ma fille.

Je sais ta passion, et suis ravi de voir

Que tous ses mouvements cèdent à ton devoir ;

Qu'ils n'ont point affaibli cette ardeur magnanime ;

Que ta haute vertu répond à mon estime ;

Et que, voulant pour gendre un cavalier parfait,

Je ne me trompais point au choix que j'avais fait.

Mais je sens que pour toi ma pitié s'intéresse ;

J'admire ton courage, et je plains ta jeunesse.

Ne cherche point à faire un coup d'essai fatal ;

Dispense ma valeur d'un combat inégal ;

Trop peu d'honneur pour moi suivrait cette victoire :

é vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

On te croirait toujours abattu sans effort ;

Et j'aurais seulement le regret de ta mort.

Don Rodrigue

D'une indigne pitié ton audace est suivie :

Qui m'ose ôter l'honneur craint de m'ôter la vie !

Le Comte

Retire-toi d'ici.

Don Rodrigue

Marchons sans discourir.

Le Comte

Es-tu si las de vivre ?

Don Rodrigue

As-tu peur de mourir ?

Le Comte

Viens, fais ton devoir, et le fils dégénère

Qui survit un moment à l'honneur de son père.

Modifié par chirona

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Fiphi Membre 913 messages
Forumeur accro‚ 45ans
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En D - Jean Dutourd, né en 1920, de l'académie française. Il a écrit de nombreux ouvrages ou discours. Je propose celui de mon chevet "Le vieil homme et la France". Je recommande "Le Feld Maréchal Von Bonaparte".

Le vieil homme, c'est lui, la France, c'est sa passion ou son dégoût. Disons qu'il l'aime, et qu'il aime moins ses contemporains, ceux de sa génération et des générations voisines. Il porte un regard sur lui, sa vie dans un siècle qu'il n'aurait pas choisi, à une époque qu'il dit laide, sur une terre désolante, mal compris ou incompris.

"... la mer sur laquelle je naviguais était la France, et je ne l'avais pas choisie".

Extraits : (Bonne lecture)

"Je voudaris bien qu'un homme n'ayant pas vécu dans le même siècle que moi m'éclairât sur ceci à propos de quoi je ne parviens pas à me faire une doctrine : est-ce que toute époque est laide ? N'y en t-il pas eu où les personnes de goût se sont senties heureuses ? Cela a bien du se trouver par ci, par là, encore que le temps crée des illusions d'optique, la première étant de penser que nos ancêtres regardaient avec les mêmes yeux que nous, c'est à dire des yeux d'amateurs de curiosités ou d'antiquaires. Ce que l'on produisait pour leur usage, que ce fût les cathédrales, les châteaux de Mansart, les commodes que fabriquaient les ébénistes parisiens pour le siècle des Lumières, ne leur paraissait point des trésors irremplaçables comme à nous. Tout au plus disaient-ils : "Tiens, cette année, la mode est jolie !"

....

....

"Il y a quelques vieillards morts après 1880, tels que Hugo et Verdi, dont on peut dire qu'ils ont eu de la chance, sans parler de l'apothéose qu'on leur a faite. Ils ont vécu au temps de la révolution industrielle, les chemins de fer commençaient à noircir les paysages, les usines remplaçaient les fabriques, mais la société demeurait semblable à ce qu'elle avait toujours été, c'est à dire agricole et artistique. La révolution indutrielle n'était qu'un jouet avec lequel l'humanité s'amusait timidement [...] Autre chose encore : il y avait partout du silence. On entendait dans ce silence les pas des gens sur le macadam, les cris des enfants, les disputes des ivrognes, la clochette du rémouleur, les sabots des chevaux, trottant sur le pavé. Pas de radio, pas de télé, pas de musique, pas de moteurs. Puis aux alentours de ma naissance, la civilisation agraire et littéraire s'est métamorphosée en civilisation scientifique et industrielle. Que n'étais-je Proust, qui mourait justement à ce moment-là, ou Barrès, ou Apollinaire, ou Toulet, ou même Anatole France ! Voilà ce que j'appelle des écrivains heureux : ils s'en sont allés quasiment à la minute où le monde moderne montrait son museau et commençait à souffler son haleine puante."

....

....

"Suis-je l'objet d'une hallucination de vieillard, qui ne voit que décadence et perdition autour de lui parce qu'un jour, dans son passé, sans qu'il s'en doutât, il est resté sur place, il n'a pas pris garde que les gens à la mode (ou qui faisaient la mode) ne se trouvaient plus dans les maisons où il avait l'habitude de les rencontrer, qu'ils avaient émigrer dans des rues où il ne s'était jamais aventuré ? C'est ainsi qu'il en advient d'une génération à l'autre : il n'y a pas de crime, les jeunes ne tuent pas les vieux, ils se bornent à aller fabriquer la société ailleurs et les vieux se mettent tout à coup à désespérer de cette malheureuse jeunesse, qui n'a plus de traditions, qui a perdu les secrets d'antan, et particulièrement celui de s'amuser, qui est ignare, qui a des manières, des coutumes, des vêtements et un langage ridicules."

....

....

"J'ai calculé qu'entre 1945 et 1980, j'ai traversé rois générations d'imbéciles, chacune me léguant à l'autre comme un précieux et inépuisable sujet d'indignation. Ce mot d'imbéciles est peut-excessif (ou inadéquat), mais il a l'avantage d'exprimer ce que je ressentais à la façon dont on me jugeait , et que je ressens, encore, du reste, car je vois pointer une quatrième génération, parmi laquelle une demi-douzaine d'attardés me resservent, en dépit de mon uniforme académique, les courroux de leurs aieux, et quasiment dans les mêmes termes."

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aya Membre 2 715 messages
Parle à ma main !‚ 29ans
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En E, Euripide avec Les Bacchantes

«L'homme puissant qui joint l'audace à l'éloquence devient un citoyen dangereux quand il manque de bon sens.»

Résumé

Dionysos retourne à Thèbes, où il est né, sous les traits d'un mortel, se faisant passer pour un étranger venu de Lydie. Il cherche à se venger de Penthée, qui refuse de le reconnaître et de l'honorer comme un dieu. Rapidement, il entraîne les femmes de la cité à sa suite et les emmène dans la forêt, où elles se livrent au culte orgiaque de Dionysos. Parmi elles se trouve Agavé, la mère du roi Penthée.

Penthée découvre la situation lors de son retour à Thèbes et décide d'y mettre bon ordre. Il fait emprisonner l'étranger et les femmes qui l'accompagnent. Les bacchantes sont alors poussées à la folie furieuse par le dieu, elles détruisent et tuent tout ce qui se trouve sur leur passage.

L'étranger propose à Penthée d'aller se cacher sur le mont Cithéron pour constater de lui-même la colère du dieu. Celui-ci accepte, mais il est découvert par les Ménades qui le réduisent en pièces sur l'ordre de Dionysos, Agavé à leur tête. Ce n'est qu'après avoir ramené en triomphe la tête de Penthée au palais qu'elle s'aperçoit avec horreur qu'elle a tué son propre fils.

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Fiphi Membre 913 messages
Forumeur accro‚ 45ans
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En F, je cite Fénélon (1651-1715), homme d'église, théologien, écrivain. Il fut precepteur du Duc de Bourgogne. Comme ouvrage, je choisis "Dialogue des morts". Il fut destiné à l'éducation du Duc, probable héritier de Louis XIV. Il fait dialoguer divers personnages de l'antiquité grec et romaine. Il les oppose, les confronte dans ce qu'ils accomplis de bien ou de mal. La vertu est l'enseignement essentiel de son ouvrage.

«Le bon esprit consiste à retrancher tout discours inutile, et à dire beaucoup en peu de mots.»

[ Fénelon ] - De l'éducation des filles

«Souviens-toi de la fragilité des choses humaines.»

[ Fénelon ]

«Quand tu seras le maître des autres hommes, souviens-toi que tu as été faible, pauvre et souffrant comme eux.»

[ Fénelon ] - Les aventures de Télémaque

«On ne supporte le vice qu'en le fuyant.»

[ Fénelon ] - Télémaque

Extrait du "Dialogue des morts" :

Dans un dialogue entre Socrate, et Alcibiade, Fénélon fait dire à Socrate :

"Un peuple gâté par une liberté trop excessive est le plus insupportable de tous les tyrans ; ainsi l'anarchie n'est le comble des maux qu'à cause qu'elle est le plus extrême despotisme : la populace soulevée contre les lois est le plus insolent de tous les maîtres. Mais il faut un milieu. Ce milieu est qu'un peuple ait des lois écrites, toujours constantes, et consacrées par toute la nation ; qu'elles soient au-dessus de tout ; que ceux qui gouvernent n'aient d'autorité que par elles ; qu'ils puissent tout pour le bien, et suivant les lois ; qu'ils ne puissent rien contre les lois pour autoriser le mal. Voilà ce que les hommes, s'ils n'étaient pas aveugles et ennemis d'eux-mêmes, établiraient unanimement pour leur félicité. Mais les uns, comme les Athéniens, renversent les lois, de peur de donner trop d'autorité aux magistrats, par qui les lois devraient régner ; et les autres, comme les perses, par un respect superstitieux des lois, se mettent dans un tel esclavage sous ceux qui devraient faire régner les lois, que ceux-ci règnent eux-mêmes, et qu'il n'y a plus d'autre loi reelle que leur volonté absolue. Ainsi les uns et les autres s'éloignent du but, qui est une liberté modérée par la seule autorité des lois, dont ceux qui gouvernent ne devraient être que les simples défenseurs. Celui qui gouverne doit être le plus obéissant à la loi. Sa personne détachée de la loi n'est rien, et elle n'est consacrée qu'autant qu'il est lui-même, sans intérêt et sans passion, la loi vivante donnée pour le bien des hommes. Jugez par là combien les Grecs, qui méprisent tant les barbares, sont encore dans la barbarie. La guerre du péloponnèse, où la jalousie ambitieuse de deux républiques a mis tout en feu pendant vingt-huit ans, en est une funeste preuve. Vous même qui parlez ici, n'avez vous pas flatté tantôt l'ambition triste et implacable des lacédémoniens, tantôt l'ambition des Athéniens, plus vaine et plus enjouée ? Athènes avec moins de puissance a fait de plus grands efforts, et a triomphé longtemps de toute la Grèce : mais enfin, elle a succombé tout à coup parce que le despotisme du peuple est une puissance folle et aveugle, qui se tourne contre elle-même, et qui n'est absolue et au dessus des lois que pour achever de se détruire."

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
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En G, Jean-Christophe Grangé, La ligne noire

Jacques Reverdi, ex champion d'apnée, est interné dans un asile psychiatrique de Malaisie. Accusé de meurtres insolites commis en Asie du Sud-Est, il devient le sujet d'une enquête que Marc Dupeyrat, journaliste, a décidé de mener. Marqué par le double assassinat de son meilleur ami et de sa fiancée, Dupeyrat décide d'interviewer Reverdi. Pour gagner sa confiance, le séduire et l'intriguer, il se fait passer pour une femme...

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aya Membre 2 715 messages
Parle à ma main !‚ 29ans
Posté(e)

En H, Mo Hayder avec Rituel

"Quelque part sur un plateau aride du lointain Kalahari, en Afrique du Sud, au fond d'un cratère ocre, se trouve un étang nappé d'algues vertes. Seul son silence sort de l'ordinaire - un observateur profane le remarquerait à peine, ne daignerait pas s'y arrêter. A moins que l'envie le prenne de descendre y nager. Ou d'y tremper un orteil. Il décèlerait alors une particularité.

Il commencerait par trouver l'eau froide. Et même glaciale. D'un froid presque étranger à notre planète. D'un froid issu de siècles et de siècles de silence, des plus lointains tréfonds de l'univers. Il s'apercevrait ensuite que la vie en est quasi absente, à l'exception de quelques poissons incolores. Et pour finir, à condition d'être assez fou pour y piquer une tête, il découvrirait son secret fatidique: cet étang n'a ni bords ni fond, ses eaux noires plongent à pic jusqu'au centre de la terre. Peut-être entendrait-il alors l'avertissement tant de fois murmuré par les habitants du Kalahari dans leur langue ancestrale: Ceci est la bouche de l'enfer.

Ceci est Boesmansgat.

Un lundi de mai, juste après le déjeuner, par trois mètres de fond dans le port flottant de Bristol, le sergent de police «Flea*» Marley referma ses doigts gantés sur une main humaine. Surprise de l'avoir aussi vite localisée, elle battit des jambes, ce qui eut pour effet de soulever un tourbillon de vase et d'huile de vidange et de déporter sur l'arrière le poids de son corps: elle se sentit remonter. Elle dut repiquer vers l'avant, passer la main gauche sous l'un des flotteurs du ponton et évacuer un peu d'oxygène pour retrouver sa stabilité et prendre le temps de palper sa trouvaille."

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Mescaline Membre 7 155 messages
Ensuite, il ne s'est plus rien passé.‚ 30ans
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Ionesco - La Leçon

Eugène Ionesco (né Eugen Ionescu à Slatina, Roumanie le 26 novembre 1909[1] ¿ et mort à Paris le 28 mars 1994) est un auteur dramatique et écrivain français d'origine roumaine. Coopté satrape du Collège de 'Pataphysique en 1957, élu à l'Académie française en 1970, il est un représentant du théâtre de l'absurde.

extrait :

LE PROFESSEUR

(...) Arithmétisons donc un peu

L'éLéVE

Oui, très volontiers, Monsieur.

LE PROFESSEUR

Cela ne vous ennuierait pas de me dire...

L'éLéVE

Du tout, Monsieur, allez-y.

LE PROFESSEUR

Combien font un et un?

L'éLéVE

Un et un font deux.

LE PROFESSEUR, émerveillé par le savoir de l'éIève.

Oh, mais c'est très bien. Vous me paraissez très avancée dans vos études. Vous aurez facilement votre doctorat total, Mademoiselle.

L'éLéVE

Je suis bien contente. D'autant plus que c'est vous qui le dites.

LE PROFESSEUR

Poussons plus loin: combien font deux et un?

L'éLéVE

Trois.

LE PROFESSEUR

Trois et un?

L'éLéVE

Quatre.

LE PROFESSEUR

Quatre et un?

L'éLéVE

Cinq.

LE PROFESSEUR

Cinq et un?

L'éLéVE

six.

LE PROFESSEUR

Six et un?

L'éLéVE

Sept

LE PROFESSEUR

Sept et un?

L'éLéVE

Huit.

LE PROFESSEUR

Sept et un?

L'éLéVE

Huit... bis.

LE PROFESSEUR

Très bonne réponse. Sept et un?

L'éLéVE

Huit ter.

LE PROFESSEUR

Parfait Excellent. Sept et un?

L'éLéVE

Huit quater. Et parfois neuf.

LE PROFESSEUR

Magnifique Vous êtes magnifique. Vous êtes exquise Je vous félicite chaleureusement, Mademoiselle Ce n'est pas la peine de continuer. Pour l'addition vous êtes magistrale. Voyons la soustraction. Dites-moi, seulement, si vous n'êtes pas épuisée, combien font quatre moins trois?

L'éLéVE

Quatre moins trois?... Quatre moins trois?

LE PROFESSEUR

Oui. Je veux dire: retirez trois de quatre.

L'éLéVE

éa fait... sept?

LE PROFESSEUR

Je m'excuse d'être obligé de vous contredire. Quatre moins trois ne font pas sept. Vous confondez:quatre plus trois font sept, quatre moins trois ne font pas sept... Il ne s'agit plus d'additionner, il faut soustraire maintenant.

L'éLéVE

s'efforce de comprendre. Oui... oui...

LE PROFESSEUR

Quatre moins trois font... Combien?... Combien?

L'éLéVE

Quatre ?

LE PROFESSEUR

Non, Mademoiselle, ce n'est pas ça.

L'éLéVE

Trois, alors.

LE PROFESSEUR

Non plus, Mademoiselle... Pardon, je dois le dire... ça ne fait pas ça... mes excuses.

L'éLéVE

Quatre moins trois... Quatre moins trois... Quatre moins trois?... ça ne fait tout de même pas dix?

LE PROFESSEUR

Oh, certainement pas, Mademoiselle. Mais il ne s'agit pas de deviner, il faut raisonner. Tâchons de le déduire ensemble. Voulez-vous compter?

L'éLéVE

Oui, Monsieur. Un..., deux... euh

LE PROFESSEUR

Vous savez bien compter? Jusqu'à combien savez vous compter?

L'éLéVE

Je puis compter... à l'infini.

LE PROFESSEUR

Cela n'est pas possible, Mademoiselle.

L'éLéVE

Alors, mettons jusqu'à seize.

LE PROFESSEUR

Cela suffit. Il faut savoir se limiter. Comptez donc, s'il vous plaît, je vous en prie.

L'éLéVE

Un, deux..., et puis après deux, il y a trois... quatre...

LE PROFESSEUR

Arrêtez-vous, Mademoiselle. Quel nombre est plus grand? Trois ou quatre?

L'éLéVE

Euh... trois ou quatre? Quel est le plus grand? Le plus grand de trois ou quatre? Dans quel sens le plus grand?

LE PROFESSEUR

Il y a des nombres plus petits et d'autres plus grands. Dans les nombres plus grands il y a plus d'unités que dans les petits...

L'éLéVE

... Que dans les petits nombres?

LE PROFESSEUR

A moins que les petits aient des unités plus petites. Si elles sont toutes petites, il se peut qu'il y ait plus d'unités dans les petits nombres que dans les grands... s'il s'agit d'autres unités...

L'éLéVE

Dans ce cas, les petits nombres peuvent être plus grands que les grands nombres?

LE PROFESSEUR

Laissons cela. ça nous mènerait beaucoup trop loin: sachez seulement qu'il n'y a pas que des nombres. il y a aussi des grandeurs, des sommes, il y a des groupes, il y a des tas, des tas de choses.telles que les prunes, les wagons, les oies, les pépins, etc. Supposons simplement, pour faciliter notre travail, que nous n'avons que des nombres égaux, les plus grands seront ceux qui auront le plus d'unités égales.

L'éLéVE

Celui qui en aura le plus sera le plus grand? Ah, je comprends, Monsieur, vous identifez la qualité à la quantité.

LE PROFESSEUR

Cela est trop théorique, Mademoiselle, trop théorique. Vous n'avez pas à vous inquiéter de cela. Prenons notre exemple et raisonnons sur ce cas précis. Laissons pour plus tard les conclusions générales. Nous avons le nombre quatre et le nombre trois, avec chacun un nombre toujours égal d'unités; quel nombre sera le plus grand, le nombre plus petit ou le nombre plus grand?

L'éLéVE

Excusez-moi, Monsieur... Qu'entendez-vous par le nombre le plus grand? Est-ce celui qui est moins petit que l'autre?

LE PROFESSEUR

C'est ça, Mademoiselle, parfait. Vous m'avez très bien compris.

L'éLéVE

Alors, c'est quatre.

LE PROFESSEUR

Qu'est-ce qu'il est, le quatre? Plus grand ou plus petit que trois?

L'éLéVE

Plus petit... non, plus grand.

LE PROFESSEUR

Excellente réponse. Combien d'unités avez-vous de trois à quatre?... ou de quatre à trois, si vous préférez?

L'éLéVE

Il n'y a pas d'unités, Monsieur, entre trois et quatre. Quatre vient tout de suite après trois; il n'y a rien du tout entre trois et quatre!

LE PROFESSEUR

Je me suis mal fait comprendre. C'est sans doute ma faute. Je n'ai pas été assez clair.

L'éLéVE

Non, Monsieur, la faute est mienne.

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Fiphi Membre 913 messages
Forumeur accro‚ 45ans
Posté(e)

J'ai du me replonger dans mes livres de littérature.

Veuillez me pardonner pour cet écart.

C'est dire qu'il ne fut pas facile pour moi de trouver un auteur en J.

Je lis peu les comptemporains. Si cela avait été le cas, j'aurais peut-être eu ma chance, en répondant au sujet, de manière spontanée.

Toutefois, je suis parvenu à découvrir un auteur digne d'être connu. JOUBERT Joseph (1754-1824). Paradoxalement, il n'a rien publié de son vivant. Proche de Chateaubriand, c'est ce dernier qui le fit connaître à la postérité, en publiant ses écrits dans un recueil (Recueil des pensées de M. JOUBERT). On peut donc considérer qu'il s'agit là d'un auteur dans l'histoire de la littérature au temps de l'Empire. Ses pensées sont dit-on l'oeuvre d'une âme charmante, éprise de l'exquis et du raffiné dans le sentiment aussi bien que dans son expression. Qui osera se plaindre de le connaître à présent ? Car je défis quiconque de l'avoir déjà lu ...

Extrait :

Beaucoup de mots ont changé de sens. Le

mot de liberté, par exemple, avait, au fond,

chez les anciens, le même sens que celui de

dominium. Je veux être libre, signifiait chez

eux : je veux gouverner ou administrer la cité,

et signifie parmi nous : je veux être indépendant.

liberté, chez nous, a un sens moral,

et avait, chez eux, un sens tout politique.

Les anciens, que tout matérialisait dans

leurs institutions, étaient spiritualisés par leur

poésie. Ils disaient qu' il y avait une muse

qui présidait à la science du gouvernement.

Les anciens avaient besoin de la vertu, et,

n' y étant pas portés par le précepte, ils s' y

menaient, pour ainsi dire, eux-mêmes par des

raisonnements et des considérations légères.

Les anciens apprenaient au pied des autels

de leurs dieux, en ne leur adressant que

d' agréables et douces paroles, à être doux, ornés,

polis dans leurs discours avec les hommes.

Ils faisaient cette prière à Vénus : " accordez-nous

de ne rien dire que d' agréable

et de ne rien faire qui ne plaise. "

la politesse athénienne était supérieure à la

nôtre. Elle avait presque le langage de la

galanterie. Socrate, dans le banquet de Platon,

disait à Alcibiade : " les yeux de l' esprit

deviennent plus perçants, à l' âge où les yeux

du corps s' affaiblissent, et vous êtes encore

loin de cet âge. " quelle grâce dans la contradiction !

On demandait un jour à la fille d' Aristote,

nommée Pythias, quelle couleur lui plaisait

davantage. Elle fit réponse que c' était celle qui

naissait de la pudeur sur le visage des hommes

simples et sans malice.

Citations :

  • Enseigner, c'est apprendre deux fois.
  • Quand mes amis sont borgnes, je les regarde de profil.
  • Il n'y a plus aujourd'hui d'inimitiés irréconciliables, parce qu'il n'y a plus de sentiments désintéressés : c'est un bien né d'un mal.
  • Tous les hommes viennent de peu, et il s'en faut de peu pour qu'ils ne viennent de rien.
  • L'ambition est impitoyable : tout mérite qui ne la sert pas est méprisable à ses yeux.
  • Ce n'est pas l'abondance, mais l'excellence qui fait la richesse
  • Les enfants ont plus besoin de modèles que de critiques. (Extrait des Pensées)
  • Le but de la discussion ne doit pas être la victoire, mais l'amélioration.
  • Il y a des sciences bonnes dont l'existence est nécessaire et dont la culture est inutile. Telles sont les mathématiques.
  • La raison peut nous avertir de ce qu'il faut éviter, le c¿ur seul nous dit ce qu'il faut faire.
  • Le plus beau des courages, celui d'être heureux.
  • Il est indigne des grandes âmes de faire part des tourments qu'elles éprouvent.
  • Quiconque s'agenouille devant Dieu se façonne à se prosterner devant un roi.

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Fiphi Membre 913 messages
Forumeur accro‚ 45ans
Posté(e)

Peut-être déjà cité : K pour Franz Kafka - La Métamorphose et autres récits.

Citation :

"L'oisiveté est le commencement de tous les vices, le couronnement de toutes les vertus."

Extrait de regard :

L'amoureux éconduit

Quand je rencontre une fille, que je lui dis : "Sois gentille, viens avec moi" et qu'elle passe son chemin, elle veut dire par là :

"Tu n'es pas un duc au nom prestigieux, tu n'es pas un américain à carrure de Peau-Rouge, aux yeux horizontaux, à la peau massée par le vent des prairies et par les fleuves qui les arrosent, tu n'es pas allé vers les grands lacs qui se trouvent je ne sais où et tu n'as pas vogué sur leurs eaux. Dis-moi donc, je te prie, pourquoi une jolie fille comme moi devrait venir avec toi.

- Tu oublies qu'aucune automobile ne te berce à grandes envolées de par les rues ; je ne vois pas les seigneurs de ta suite, serrés dans leurs habits, rangés derrière toi en strict demi-cercle et marmonnant pour toi leurs formules de bénédiction ; tes seins sont enfermés comme il faut dans ton corset, mais tes cuisses et ta croupe montrent moins de retenue, tu portes une robe de taffetas plissé qui faisait notre bonheur à tous l'automne dernier et pourtant - malgré ce dangereux vêtement que tu portes sur toi - il t'arrive de sourire.

- Oui, nous avons raison tous les deux et, pour ne pas nous administrer la preuve irréfutable, mieux vaut, n'est ce pas ? rentrer chez nous, chacun de son côté."

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Mescaline Membre 7 155 messages
Ensuite, il ne s'est plus rien passé.‚ 30ans
Posté(e)

Lehane, Denis - Mystic River

Résumé du livre

Dans les années 70, trois garçons, Jimmy Marcus, Sean Devine et Dave Boyle, jouent dans la rue, gravant leurs noms dans le bitume. Une voiture s'arrête alors, deux hommes soi-disant policiers ordonnent à Dave de monter pour qu'ils le raccompagnent chez lui... Il ne réapparaîtra que quatre jours après. Trente ans plus tard, la fille de Jimmy est assassinée dans sa voiture, mettant à nouveau les trois hommes sur la même route.

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

Alfred de Musset. Je vous propose un poème :

A Mademoiselle

Oui, femme, quoi qu'on puisse dire

Vous avez le fatal pouvoir

De nous jeter par un sourire

Dans l'ivresse ou le désespoir.

Oui, deux mots, le silence même,

Un regard distrait ou moqueur,

Peuvent donner à qui vous aime

Un coup de poignard dans le coeur.

Oui, votre orgueil doit être immense,

Car, grâce à notre lâcheté,

Rien n'égale votre puissance,

Sinon, votre fragilité.

Mais toute puissance sur terre

Meurt quand l'abus en est trop grand,

Et qui sait souffrir et se taire

S'éloigne de vous en pleurant.

Quel que soit le mal qu'il endure,

Son triste sort est le plus beau.

J'aime encore mieux notre torture

Que votre métier de bourreau.

Modifié par chirona

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Mescaline Membre 7 155 messages
Ensuite, il ne s'est plus rien passé.‚ 30ans
Posté(e)

Nothomb, Amélie

Extrait de Stupeur et tremblements

Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n'étais la supérieure de personne.

On pourrait dire les choses autrement. J'étais aux ordres de mademoiselle Mori, qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques.

Donc, dans la compagnie Yumimoto, j'étais aux ordres de tout le monde.

Le 8 janvier 1990, l'ascenseur me cracha au dernier étage de l'immeuble Yumimoto. La fenêtre, au bout du hall, m'aspira comme l'eût fait le hublot brisé d'un avion. Loin, très loin, il y avait la ville - si loin que je doutais d'y avoir jamais mis les pieds.

Je ne songeai même pas qu'il eût fallu me présenter à la réception. En vérité, il n'y avait dans ma tête aucune pensée, rien que la fascination pour le vide, par la baie vitrée.

Une voix rauque finit par prononcer mon nom, derrière moi. Je me retournai. Un homme d'une cinquantaine d'années, petit, maigre et laid, me regardait avec mécontentement.

- Pourquoi n'avez-vous pas averti la réceptionniste de votre arrivée ? me demanda-t-il.

Je ne trouvai rien à répondre et ne répondis rien. J'inclinai la tête et les épaules, constatant qu'en une dizaine de minutes, sans avoir prononcé un seul mot, j'avais déjà produit une mauvaise impression, le jour de mon entrée dans la compagnie Yumimoto.

L'homme me dit qu'il s'appelait monsieur Saito. Il me conduisit à travers d'innombrables et immenses salles, dans lesquelles il me présenta à des hordes de gens, dont j'oubliais les noms au fur et à mesure qu'il les énonçait.

Il m'introduisit ensuite dans le bureau où siégeait son supérieur, monsieur Omochi, qui était énorme et effrayant, ce qui prouvait qu'il était le vice-président.

Puis il me montra une porte et m'annonça d'un air solennel que, derrière elle, il y avait monsieur Haneda, Je président. Il allait de soi qu'il ne fallait pas songer à le rencontrer.

Enfin, il me guida jusqu'à une salle gigantesque dans laquelle travaillaient une quarantaine de personnes. Il me désigna ma place, qui était juste en face de celle de ma supérieure directe, mademoiselle Mori. Cette dernière était en réunion et me rejoindrait en début d'après-midi.

Modifié par Mescaline

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Fiphi Membre 913 messages
Forumeur accro‚ 45ans
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Une interview d'Amélie Nothomb sur Le Point.fr

C'est une femme exquise, curieuse, intelligente. A consommer sans modération. Son prochain livre "Le fait du prince" sort cette semaine !

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Fiphi Membre 913 messages
Forumeur accro‚ 45ans
Posté(e)

O pour Ovide (PUBLIUS OVIDIUS NASO) Né 43 av JC - mort vers 18 apr JC. Poète latin, sans doute l'un des plus grands.

Vie (Wikipédia)

Issu d'une famille de chevaliers, Ovide étudie la rhétorique à Rome. Délaissant très tôt les carrières juridique et administrative, il connaît la célébrité grâce à ses recueils de poèmes, les Amours, les Héroïdes, l'Art d'aimer et les Remèdes à l'amour. A l'âge de dix-huit ans, son père lui permet d'aller voyager à Athènes, voyage qui le marquera et alimentera ses ¿uvres (notamment Les Métamorphoses). Après l'âge de quarante ans, il abandonne la poésie érotique pour écrire les Métamorphoses, poème de 12 000 hexamètres dactyliques répartis en quinze livres et reprenant les récits de la mythologie grecque et romaine.

Extrait

"L'amour l'après-midi" de "Les Amours", élégies d'Ovide constituant un véritable inventaire des situations amoureuses. Ces pièces galantes, émaillées de quelques traits coquins, composent sans doute les pages les plus charmantes d'une littérature latine dont on sait qu'elle excelle plutôt dans la gravité ...

Chaleur...Midi passé. Au beau milieu du lit,

Je me suis allongé pour prendre du repos.

Un volet reste clos, et l'autre bâille un peu :

la lumière ressemble à celle d'un sous-bois,

D'un crépuscule à l'heure où Phébus se retire,

ou quand la nuit n'est plus, sans qu'il fasse encor jour.

Lumière que l'on offre aux amantes timides :

c'est l'abri espéré par leur chaste pudeur.

Corinne m'a rejoint, tunique dénouée,

ses cheveux en bandeaux me cachent son cou blanc.

Telle, Sémiramis allait vers son époux,

et telle fut Laïs, aux si nombreux amants.

J'arrachai la tunique : elle ne gênait guère,

(si fine) - elle luttait pour en rester vêtue.

Elle lutait, mais sans vraiment vouloir gagner,

et ne fut point fâchée de se rendre, vaincue...

Quand sans voile elle se dressa devant mes yeux,

sur son corps, tout entier, nul défaut, nulle part.

Ses épaules, ses bras, que je vis et touchai !

La forme de ses seins, faite pour les caresses !

Et ce ventre si plat sous cette gorge intacte !

La hanche, douce et pleine, et la cuisse, si jeune !

Des détails ? A quoi bon ? Tout méritait éloge

et tout contre mon corps je serrai son corps nu.

Le reste... Fatigué, nous dormîmes ensemble.

Ah ! donnez-moi souvent un tel après-midi !

Les Amours, I, 5.

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aya Membre 2 715 messages
Parle à ma main !‚ 29ans
Posté(e)

En P, Louis Pergaud De Goupil à Margot

Brusquement, sans transition, comme il arrive dans les montagnes, après les bruines froides de fin d'octobre et des premiers beaux jours de novembre qui dévêtirent la forêt de ses feuilles roussies, il vint. Quelques baies rouges luisaient encore aux églantiers des haies, quelques balles violettes de prunelles à la peau ridée par le premier gel pendaient encore aux épines, la queue au trois quarts coupée par les implacables ciseaux de la gelée ; puis un beau matin que le vent semblait s'être assoupi, traîtreusement la neige tomba, molle, douce, sans bruit, sans secousse, avec la persistance tranquille du bon ouvrier que rien ne rebute, que rien ne hâte et qui sait bien qu'il a le temps.

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Mescaline Membre 7 155 messages
Ensuite, il ne s'est plus rien passé.‚ 30ans
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Queneau, Raymond - Zazie dans le métro

Extrait

Zazie les examine des pieds à la tête et de l'épaule droite à la gauche, elle les étudie en long, en large, en biais, elle les détaille, elle les reconstruit, elle conclut qu'ils sont pas très passionnants. Une nouvelle station. Personne ne descend. Un paltoquet monte et va s'asseoir dans le fond, l'oeil tremblant. Ca se referme, les portes, grâce à l'automatique et à l'air comprimé, et l'on repart. Zazie découvre maintenant dubo, dubon, dubonnet. Elle se laisse halluciner par ce rythme enchanteur, dubo, dubon, dubonnet, dubo, dubon, dubonnet, plusieurs stations sont traversées, Zazie n'y fait plus guère attention, elle se chantonne dubo, dubon, dubonnet, elle peut plus s'arrêter.

Une interview d'Amélie Nothomb sur Le Point.fr

C'est une femme exquise, curieuse, intelligente. A consommer sans modération. Son prochain livre "Le fait du prince" sort cette semaine !

son livre sort le 21 exactement et elle devrait etre en dédicace a paris vers le 20 septembre.

Modifié par Mescaline

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