La Voyoucratie

Lupita Membre 3 533 messages
Forumeur alchimiste‚
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Pendant les vacances qui viennent... j'ai assez de matelas donc si tu es libre. Par contre c'est un peu bruyant mais on s'habitue vite.

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Invité Simplicius
Invité Simplicius Invités 0 message
Posté(e)
Non, en effet ! La sécurité n'a pas été la première préoccupation des Français lors des présidentielles de 2002. Ce qui prouve bien que la paix civile régnait sous Jospin ! :o

Ce qui n'exclut pas de pouvoir dire, par ailleurs, que les résultats de Sarkozy sont très décevants.

Mais préconiser comme remède la restauration de la police de proximité revient à militer pour la réintroduction des ventouses en médecine ! :o

En quoi cela veut-il dire que Sarkozy a fait mieux ?

Comme toujours, tu utilises un artefact rhétorique pour esquiver le fond du problème. Tu critiques Jospin dans l'absolu, mais tu évites la comparaison avec Sarkozy, car les solutions sarkoziennes ont fait empirer les choses.

Rappelons au passage que Jospin avait moins de pouvoirs à sa disposition, le président et le Sénat étant à droite, il a eu quelques diffcultés, notamment à cause du conseil constitutionnel.

Moi je commence sérieusement à me demander si tu COMPRENDS CE QUE TU LIS. Soit tu souffres d'une déficience mentale qui commence à devenir sérieuse soit tu es dans la mauvaise foi absolue. Mais au final, discuter avec toi est pénible car il faut répéter 100 fois la messe.

J'AI ECRIT NOIR SUR BLANC que la politique de Sarkozy avait été insuffisante. Car comme toujours, beaucoup d'effets d'annonce mais peu de suivi concret. Les groupes d'intervention régionaux, par exemple, étaient une bonne idée mais n'ont pas été poussés au maximum des possibilités.

La situation n'a pas empiré. Elle a simplement stagné. Ca fait plus de 15ans que des voitures brûlent le 31 décembre au soir et que la moyenne journalière de véhicules carbonisés est effrayante. Les choses "empirent" quand les médias se décident ENFIN à en parler.

Ta vision idyllique de la police de proximité et de l'ère Jospin ne résiste pas aux faits.

Cesse de nous seriner, également, avec un Jospin bloqué par le Sénat. Si tu connaissais quelque chose au droit constitutionnel, tu saurais que sauf exceptions minimes et listées, l'Assemblée nationale a le dernier mot sur le Sénat. Toujours devoir rappeler l'évidence, c'est épuisant. Ton Jospin qui ne pouvait pas faire voter les lois (ne bravant pas la Constitution évidemment) est donc un mythe et relève de la propagande dont tu te fais l'étrange zélateur.

La ville de New York, elle, a trouvé le moyen de lutter efficacement contre la délinquance. En France, Sarkozy ou pas, nulle politique comparable n'a été appliquée depuis des lustres. Le rétablissement de la police de proximité ne ferait que mobiliser des effectifs pour des missions parfaitement étrangères à celles de la force publique. Comme je le disais, bientôt les juges seront transformés en cuistots de prison ! ;)

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bestMuse Membre 3 056 messages
Forumeur alchimiste‚ 29ans
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ben moi je dis que c'est vrai c'est con d'agir comme ça,mais en même temps il faut pas se reposer sur la forme il faut aller à la racine du probléme je pense et donc je suis d'accord avec Lupita,on juge ce que les médias nous montre,mais en même temps on peut être baladé en plus.je connais des personnes qui vivent dans une cité et il y a rarement des soucis,et puis traiter tout le monde de racaille c'est pas exagérer????je pense qu(il y a un réél probléme de fond,la politique actuelle y est pour quelque chose je pense du moins elle n'arrange rien...enfin aprés je dis ça mais chacun pense ce qu'il veut ce n'est qu'un point de vue

Modifié par bestMuse

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Chapacha Membre+ 21 021 messages
Folle de chats, yo !‚ 48ans
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Aaah, Simplicius, New-York, la tolérance zéro et ses miracles... Fortement contestés par les experts...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tol%C3%A9rance_z%C3%A9ro

Extraits :

"La baisse très importante de la criminalité dans la ville de New York n'est pas due uniquement à l'application de la politique de « tolérance zéro ». Durant les années 1990, nombre d'autres grandes villes étasuniennes ont connu des baisses importantes, pour certaines comparables à New York. On peut citer notamment Boston, Houston, San Diego ou encore Dallas. Pourtant, ces villes n'ont pas pratiqué la tolérance zéro, certaines d'entre elles ont même pratiqué une politique inverse (réduction des effectifs policiers, dialogue avec les citoyens, etc.). "

"En prenant en compte tous ces facteurs, la tolérance zéro n'a pas été la méthode miracle présentée durant de nombreuses années. Peut-être a-t-elle participé à la baisse de la criminalité, mais elle n'en a pas été la cause principale. Durant les années 1990 le taux de chômage a baissé, le niveau de vie a augmenté du fait de l'importante croissance économique des états-Unis, et l'"épidémie" de crack, important facteur criminogène, fut quasiment annihilée. Ces facteurs ont très certainement participé bien plus à la baisse de la criminalité que la pratique de la tolérance zéro."

A lire aussi : "effets pervers" et "critiques"...

Autre lien :

http://www.lemensuel.net/De-New-York-a-Par...rance-Zero.html

Extrait :

"C'est en 1994, à New York, qu'émerge pour la première fois la politique dite de « tolérance zéro », doctrine visant à punir sévèrement les délinquants à la moindre infraction à la loi. Longtemps présentée comme le remède miracle à la délinquance, les premières études américaines et canadiennes commencent à relativiser son efficacité. Pourtant, en France, elle continue de bénéficier d'une popularité grandissante."

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Invité Simplicius
Invité Simplicius Invités 0 message
Posté(e)

Oui j'adore dans l'article :

"Peut-être a-t-elle participé à la baisse de la criminalité, mais elle n'en a pas été la cause principale. Durant les années 1990 le taux de chômage a baissé, le niveau de vie a augmenté du fait de l'importante croissance économique des états-Unis, et l'"épidémie" de crack, important facteur criminogène, fut quasiment annihilée. Ces facteurs ont très certainement participé bien plus à la baisse de la criminalité que la pratique de la tolérance zéro."

Je ne sais qui est l'auteur de l'article mais il est cocasse. Evidemment qu'un bon bourgeois riche sera moins tenté par la vie aventureuse de braqueur. Il est donc certain que la croissance économique peut enrayer le phénomène de la PETITE DELINQUANCE. reste le problème de la grande délinquance qui, lui, ne disparaitra jamais et qui a besoin de répression constante. Et enfin, que propose l'auteur en temps de période de croissance faible ? D'attendre des temps meilleurs sans réagir ? :o Ce qui est sûr, c'est qu'à long terme, nous serons tous morts comme disait l'autre. ;)

C'est étrange mais en Arabie Saoudite (ou la tolérance est encore plus basse que zéro), la criminalité est fort faible. :o Mais aucune relation de cause à effet. :o

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Invité Elaïs
Invité Elaïs Invités 0 message
Posté(e)
Monsieur De-Villiers aurait sut comment réagir face à ces hordes de barbares sans foi ni loi qui croient que tout leur appartient.

Il n' a pas su comment se faire élire: alors permet moi de douter sur sa capacité à gerer les problemes des autres quand il a du mal a se gérer lui même.

Il s'est fait élire à la tête de la Vendée, et, de surcroît, est député européen.

Oui et?? on parlait de lui en hypothétique Président!! un peu plus de 2% des suffrages exprimés, si c'est pas se gauffrer ca ...!!!

Sinon quand tu dis que Jospin a eu des difficultés à cause du Conseil Constitutionnel, peux-tu être plus explicite s'il te plait?

Modifié par Elaïs

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Sylvano Membre 4 949 messages
Partisan de la non-violence‚ 105ans
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Excuse moi, mais lui au moins a le mérite de bouger son cul...

Ca c'est clair, il le bouge son body, surtout devant les médias ! mais à part les phrases choc et démago, (dont le fameux karcher qui a enflammé les cités !), qu'a-t-il fait au juste ?

Il a ramené plein de contrats économiques ;) il a renué les liens avec les américains, et qu'on le veuille ou non, on en a besoin... En 6 mois, il a surement fait plus que Chirac en 10ans de mandat...

Qu'on lui laisse le temps !

Laisses tomber ceux qui ne vivent pas en cité ne savent pas. Nous on sait car c'est notre quotidien on sait ce que pensent les gens , on entend toutes sortes de propos. Les gens du forum sont bornés ce n'est pas grave.

En même temps , c'est parsqu'ils n'y vivent pas. Ils ont des idées toutes faites mais je leur propose de passer 15 jours chez moi.

Je suis bien d'accord sur une chose. La racine même vient du chomage, et il est impressionnant dans les cités (et il yen a à toulouse...).

Simplement, les patrons quand ils entendent "cité" ils ont peur. Ca t'étonne ? Quand on voit un reportage dans une cité, c'est toujours parce qu'il y a eu de la violence, des émeutes, des voitures brulées. et ça je l'ai vu en vrai, pas qu'à la tv. Je me suis une fois retrouvé au beau milieu d'une émeute, et c'est bien les banlieusards qui ont foutu la merde, pas les CRS. En général, c'est eux qui prennent les projectiles en premier.

Mais qu'ils arretent leurs conneries. Ils ne sont même pas capable de revendiquer quoique ce soit de constructif, comment veux tu qu'on les écoute ? Mais c'est pas en faisant de la violence qu'ils vont arranger les choses. Parce que si ils commencent à sortir les flingues au moindre mécontentement, ce ne sera plus les CRS qui se déplaceront mais l'armée... à eux de choisir, mais les militaires feront moins dans le détail.

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Invité seth rotten
Invité seth rotten Invités 0 message
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Super, il a copiné avec ces pourris de communistes, il a fait ami ami avec ce dégénéré de Bush, tu parles d'un bilan. Personnellement je considère que quiconque se rend en visite d'Etat dans un pays soutient de fait son gouvernement, ce qui signifie que Sarkozy soutient Bush, Jintao et Khadafi, à savoir un fou, le leader d'un régime génocidaire et un terroriste. Joli bilan, oui.

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Sylvano Membre 4 949 messages
Partisan de la non-violence‚ 105ans
Posté(e)
Super, il a copiné avec ces pourris de communistes, il a fait ami ami avec ce dégénéré de Bush, tu parles d'un bilan. Personnellement je considère que quiconque se rend en visite d'Etat dans un pays soutient de fait son gouvernement, ce qui signifie que Sarkozy soutient Bush, Jintao et Khadafi, à savoir un fou, le leader d'un régime génocidaire et un terroriste. Joli bilan, oui.

Oui mais si ce dégénéré de bush le veut, il provoque une 3ième guerre mondiale. économiquement parlant, il est certainement mieux de marcher dans son sens que contre lui. L'amérique peut nous apporter de la technologie, du soutien si on rentre en conflit.

Les contrats avec le moyen orient, mais merde, ça fait travailler des milliers de Français ;)

Putain y en aura tjrs qui seront pas content, mais sont ils conscient que le poste de chef d'Etat est loin d'être facile ?

Modifié par Sylvano

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Invité seth rotten
Invité seth rotten Invités 0 message
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Génial, copiner avec un mec qui peut déclencher l'apocalypse nucléaire, tu parles d'un pote !

Si le boulot de chef de l'Etat est si dur, c'est tant pis. Personne l'a forcé, maintenant il y est je vais pas me priver pour lui vomir dessus.

Les contrats avec le moyen orient, mais merde, ça fait travailler des milliers de Français

Travailler à fabriquer des armes, quelle fierté.

Modifié par seth rotten

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cheuwing Membre 7 582 messages
Forumeur alchimiste‚ 34ans
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ce n'est pas le sujet tu n'as qu'en créer un la dessus

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Invité Achille Talon
Invité Achille Talon Invités 0 message
Posté(e)
Super, il a copiné avec ces pourris de communistes, il a fait ami ami avec ce dégénéré de Bush, tu parles d'un bilan. Personnellement je considère que quiconque se rend en visite d'Etat dans un pays soutient de fait son gouvernement, ce qui signifie que Sarkozy soutient Bush, Jintao et Khadafi, à savoir un fou, le leader d'un régime génocidaire et un terroriste. Joli bilan, oui.

Tu as bien raison, crachons sur les relations internationales, excellente idée tient, je me demande pourquoi personne n'y a pensé avant !?

Pardon ? Parce que c'est une attitude irréfléchie tout juste digne d'un joueur d'échecs débutant incapable de voir plus d'un coup à l'avance ?

Je parie que tu es nul aux échecs ;)

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Mexicano Membre 106 messages
Forumeur inspiré‚
Posté(e)
Laisses tomber ceux qui ne vivent pas en cité ne savent pas. Nous on sait car c'est notre quotidien on sait ce que pensent les gens , on entend toutes sortes de propos. Les gens du forum sont bornés ce n'est pas grave.

En même temps , c'est parsqu'ils n'y vivent pas. Ils ont des idées toutes faites mais je leur propose de passer 15 jours chez moi.

Je suis bien d'accord sur une chose. La racine même vient du chomage, et il est impressionnant dans les cités (et il yen a à toulouse...).

Simplement, les patrons quand ils entendent "cité" ils ont peur. Ca t'étonne ? Quand on voit un reportage dans une cité, c'est toujours parce qu'il y a eu de la violence, des émeutes, des voitures brulées. et ça je l'ai vu en vrai, pas qu'à la tv. Je me suis une fois retrouvé au beau milieu d'une émeute, et c'est bien les banlieusards qui ont foutu la merde, pas les CRS. En général, c'est eux qui prennent les projectiles en premier.

Mais qu'ils arretent leurs conneries. Ils ne sont même pas capable de revendiquer quoique ce soit de constructif, comment veux tu qu'on les écoute ? Mais c'est pas en faisant de la violence qu'ils vont arranger les choses. Parce que si ils commencent à sortir les flingues au moindre mécontentement, ce ne sera plus les CRS qui se déplaceront mais l'armée... à eux de choisir, mais les militaires feront moins dans le détail.

Je pense pas que lupita soit en train de les défendre.

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Invité seth rotten
Invité seth rotten Invités 0 message
Posté(e)

Ah ben oui je suis nul aux échecs.

Je sais bien que vaut mieux être pote aux USA en cas de coup dur, ça ne m'empeche pas de trouver dégueulasse d'aller cirer les pompes de pays où on exécute à tour de bras, et où dans le cas de la chine on tire à balles réelles sur l'opposition quand elle manifeste, et où la liberté n'existe pas.

Pour la Libye, je trouve juste obscène de vendre un réacteur nucléaire à un mec qui finance le terrorisme islamiste.

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Invité Achille Talon
Invité Achille Talon Invités 0 message
Posté(e)

La question n'est pas d'être pote avec mais d'avoir des portes ouvertes. C'est là la base de cette chose extra-ordinaire que se développe depuis la fin de la seconde guerre mondiale et qu'on appelle les relations internationales.

On n'obtient rien d'autres nations en refermant les contacts. Espérer un jour inculquer des notions de base sur les Droits de l'Homme aux chinois ne se fera pas en les ignorant maintenant parce qu'ils crachent totalement dessus aujourd'hui.

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sousene Membre 2 092 messages
Awaarrrreee‚ 39ans
Posté(e)

http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?....nouvelobs.com/

s'est une gueguere qui ne secce depuis plusieur decennie, provocation d'un coté et de l'autre.

Un policier tabassé par des policiers pour son livre sur les agissements de la police Sarkosy...

full18.jpg

Le jeune CRS Jamel BOUSSETTA qui s'apprête à publier aux Editions Duboiris un livre de révélations sur le racisme, la violence et les bavures dans la police nationale vient d'être passé à tabac dans un commissariat de Bagneux par des policiers de la Brigade Anti Criminalité (BAC).

Un CRS tabassé par ses collègues parce qu'il écrit un livre !

Le jeune CRS Jamel BOUSSETTA qui s'apprête à publier aux Editions Duboiris un livre de révélations sur le racisme, la violence et les bavures dans la police nationale vient d'être passé à tabac dans un commissariat de Bagneux par des policiers de la Brigade Anti Criminalité (BAC). Victime d'un traumatisme crânien, d'un traumatisme lombaire et de plusieurs hématomes, Jamel dit avoir été privé d'eau, d'aller aux toilettes, de soins avant d'être traité de « sale boucaque » par des Gardiens de la Paix.

L'IGS (la police des polices), saisie de l'affaire, a ouvert une enquête (Cf. Le Canard Enchaîné de ce matin). Ce traitement très spécial réservé au policier Jamel Boussetta par ses collègues vient confirmer les révélations que Jamel fait dans son livre au sujet des méthodes peu déontologiques et parfois racistes régulièrement utilisées par certains policiers.

Jamel est policier et travaille sous les ordres de Nicolas Sarkozy. Signes particuliers : CRS, ex-obèse, ancien camarade de classe du chef du gang des barbares, Youssouf Fofana, et jeune banlieusard. L'idée de devenir CRS est née du ras-le-bol d'être contrôlé 10 fois par jour pour rien, d'être humilié et insulté, d'assister à la brutalité des policiers contre les jeunes des cités... Plutôt que d'insulter ou de caillasser des flics, de lancer des cocktails Molotov ou de brûler des voitures, Jamel a choisi une révolte intelligente : devenir flic pour enquêter sur la police nationale. Pour y arriver, il a accepté tous les sacrifices : obtenir son BAC avec mention, réussir le concours de la police, perdre 27 kilos en quelques mois et obtenir d'excellentes notes à l'école de police, malgré les brimades de ses chefs.

Après 3 années d'enquête, il livre des informations terrifiantes : humiliation dans des commissariats, violences contre des étrangers, dopage des élèves policiers, comportements racistes, homophobes et antisémites, passe-droits accordés aux policiers... Il raconte comment l'acteur Samy Nacery a été mis à poil et humilié en sa présence. Membre de la CRS accusée du racket des taximen et du viol de prostituées, Jamel explique comment, pour arrondir leurs fins de mois, des flics collent des outrages et rébellion à tout va. L'auteur, placé sur écoute, a déjà subi des menaces sérieuses. Son appartement a été visité et l'IGPN lui a conseillé de se taire sinon.... Traumatisé par ce qu'il a vu, Jamel le CRS pense qu'avant de nettoyer la « racaille » au Karcher, le ministre de l'Intérieur a du ménage à faire dans sa police. Car, dit-il, le travail des bons policiers est sali et anéanti par celui des mauvais, tout cela au détriment de la sécurité des Français.

http://atouteslesvictimes.samizdat.net/?p=281

Quand on seme la haine, on peut que recolter le feu !!!!

Les raisons de la colère : paroles d'émeutiers

Les émeutes de novembre 2005 sont inédites dans l'histoire de la

France contemporaine : c'est la première fois qu'elles ne sont pas localisées,

propres au quartier où un drame (généralement la mort d'un

jeune) est survenu, et prennent au contraire un caractère national, de

Dunkerque à Nice, de Strasbourg à Toulouse.

Nous ne reviendrons pas ici sur les faits, connus par ailleurs au terme

d'une recherche collective récente sur laquelle nous nous appuierons

tout au long de ce texte (1). Nous voudrions en revanche nous interroger

sur les mécanismes de propagation des émeutes et sur les motivations

des émeutiers, car ce sont là deux questions méconnues. En effet, les

discours qui ont dominé le débat public durant les émeutes ¿ et en

particulier le discours du ministre de l'Intérieur ¿ ne coïncident ni

avec le résultat de nos observations ni avec les entretiens que nous

avons réalisés avec une douzaine d'émeutiers un mois après les faits

dans un quartier d'une ville du nord de la région parisienne classé

zone urbaine sensible.

Le rôle des bandes et celui des médias

La théorie de l'organisation des émeutes par les ¿bandes délinquantes¿

a été très rapidement soutenue par le ministre de l'Intérieur,

Nicolas Sarkozy, et par le réseau des parlementaires proches de lui.

Elle n'est en réalité pas nouvelle et structure un certain discours policier

sur les ¿violences urbaines¿ depuis le début des années 90 (2). Réactivée

dès le début des émeutes, elle conduira le ministre de l'Intérieur à

déclarer devant l'Assemblée nationale que « 75 à 80 % » des émeutiers

interpellés sont des délinquants bien connus et que les émeutes traduisent

notamment « la volonté de ceux qui ont fait de la délinquance

leur activité principale, de résister à l'ambition de la République de réinstaurer

son ordre, celui de ses lois, dans le territoire » (3).

Or cette vision des choses sera d'abord démentie par les magistrats,

notamment ceux du tribunal correctionnel de Bobigny jugeant en

comparution immédiate la plupart des émeutiers poursuivis en Seine-

Saint-Denis. Pour eux, « la très grande majorité [des émeutiers jugés]

présentent un profil de primo-délinquants ». Et ce constat sera confirmé

par les parquets de Créteil, de Lyon, de Nice et de Nancy (4). La théorie

de l'organisation délinquante sera enfin démentie par un des propres

services du ministère de l'Intérieur, les Renseignements généraux (RG),

dont le journal Le Parisien révèlera un rapport sur les émeutes datant

du 23 novembre qui diagnostiquait « une forme d'insurrection urbaine

non organisée », « une révolte populaire des cités, sans leader et sans

proposition de programme », animée par des jeunes « habités d'un

fort sentiment identitaire ne reposant pas uniquement sur leur origine

ethnique ou géographique, mais sur leur condition sociale d'exclus de

la société française » (5). Le rapport ajoutait enfin que l'état s'était surtout

préoccupé de « la montée de l'islamisme radical et du terrorisme religieux »

et avait « négligé le problème complexe des banlieues ».

Au moment où l'extrême droite française et la presse étrangère soulevaient

la question du rôle de cet « islamisme radical », et alors que

le ministre de l'Intérieur avait évoqué la menace des « extrémistes » (6)

et annoncé sa volonté d'expulser les émeutiers de nationalité étrangère

même titulaires d'un titre de séjour en règle (7), ce sont à nouveau les

RG ainsi que la Direction de la surveillance du territoire (DST) qui ont

démenti toute implication des groupes musulmans radicaux (8). Ceci

pose la question de l'attitude du ministre de l'Intérieur qui semble avoir

adopté de longue date une stratégie délibérée de provocation et

de stigmatisation des jeunes des quartiers populaires. Nous y

reviendrons.

Une autre question a beaucoup agité le monde politico-médiatique

après l'extension des émeutes en province : celle du rôle de la télévision.

A-t-on encouragé la concurrence et la surenchère entre les

quartiers en montrant tous les jours des voitures qui flambent et des

groupes de jeunes caillassant les CRS ? La question est cette fois

pertinente, mais la réponse singulièrement plus complexe. Le problème

est en réalité régulièrement posé depuis au moins 10 ans, à l'occasion

de la nuit du réveillon du jour de l'an. C'est en 1995, à Strasbourg, que

les incendies de voitures prirent une ampleur nouvelle cette nuit-là. Et

depuis, force est de constater, d'une part, qu'une double concurrence

entre quartiers voisins, mais aussi entre chaînes de télévision l'a

amplifiée, et, d'autre part, que le phénomène s'est progressivement

étendu un peu partout en France (9). Ainsi, depuis 10 ans, brûler des

voitures est devenu un moyen d'expression banal dans les quartiers

populaires.

Cela étant, l'on ne saurait évidemment se contenter de dire qu'il

suffirait de ne plus montrer ces images pour que les incendies de

voitures cessent. De même que cacher la misère ne l'a jamais fait

disparaître¿ D'abord, ce n'est pas la première fois que des émeutes

éclatent dans un quartier et que la télévision en montre des images,

mais, jusqu'à présent, cela n'avait pas provoqué un tel effet de

contagion. Ensuite, dans l'esprit des émeutiers, la fonction de ces

incendies est avant tout locale, même si les mêmes causes produisent

les mêmes effets dans des quartiers très éloignés. Si compétition il y a,

c'est avec le quartier voisin et non avec des villes situées à l'autre

bout de la France. Par conséquent, c'est à ce niveau (local) qu'il faut

poser la responsabilité des médias. Et, dans certains cas, celle-ci ne

fait pas de doute. Lorsque certaines télévisions et certains journaux

diffusent notamment des cartes indiquant le nombre de voitures

brûlées dans des localités, voire des quartiers voisins, il est clair qu'ils

stimulent cette compétition et cette surenchère chez certains jeunes.

Encore une fois, il n'y a eu dans ces émeutes aucune structuration

idéologique et aucune organisation à l'échelle des quartiers, et encore

moins à l'échelle nationale. Tout au plus peut-on dire que les images

diffusées à la télévision ont montré à des jeunes ¿émeutiers potentiels¿

que d'autres s'y étaient lancés et qu'elles leur ont servi de déclencheur.

Reste à comprendre d'abord la fonction locale de ces émeutes et les

motivations des émeutiers, ensuite les raisons de fond pour lesquelles

tant d'émeutiers potentiels existaient dans tant de villes françaises.

Paroles d'émeutiers

Durant le mois de novembre, de nombreux journalistes ont réalisé

quelques articles basés sur des interviews de jeunes habitants (dont

quelques émeutiers) des quartiers populaires de la région parisienne,

en particulier en Seine-Saint-Denis où les émeutes ont été les plus

intenses (10). Ces interviews indiquent, d'une part, que ces jeunes voulaient

surtout affronter la police et, d'autre part, qu'ils voulaient également

répondre aux provocations verbales du ministre de l'Intérieur, Nicolas

Sarkozy, qui, depuis plusieurs mois, avait choisi une stratégie de communication

consistant à stigmatiser fortement les jeunes habitant des

quartiers populaires : le ministre voulait ainsi « débarrasser la France

de ces voyous », « nettoyer au Kärcher » ces quartiers qui seraient terrorisés

par des « bandes de racailles ».

Nous avons voulu vérifier cette double hypothèse en réalisant, un

mois après la fin des événements, une douzaine d'entretiens dans un

quartier ¿sensible¿ de la région parisienne auprès de jeunes âgés de

15 à 20 ans ayant participé activement aux émeutes sans toutefois

être interpellés par la police. Que disent donc ces émeutiers ? Au

total, ils évoquent beaucoup de facteurs, mais tous n'ont pas la même

importance. Certes, d'aucuns évoquent le drame de Clichy-sous-Bois (11),

mais surtout pour dire que la police y était mêlée et que le ministre

de l'Intérieur a tenté de le dissimuler. En réalité, à une exception près

(un jeune ayant des amis à Clichy), le drame initial n'est qu'évoqué,

sans plus d'émotion. Certes encore, d'autres évoquent aussi la grenade

lacrymogène lancée vers la mosquée de Clichy (12), mais là encore c'est

moins la grenade en elle-même qui les a révoltés que l'absence d'excuses

de la part de la police.

Dans le jeu des sociabilités locales, certains évoquent aussi l'effet

de concurrence et de surenchère à la fois entre quartiers voisins et entre

jeunes d'un même quartier, certains ¿petits¿ voulant montrer leur courage

physique et ainsi s'élever dans la hiérarchie locale des réputations.

Enfin, certains évoquent des films qu'ils ont vus ou des chansons de

rap qu'ils ont écoutées, mais pour dire que ces films et ces chansons

étaient prémonitoires et non pour chercher à copier des modèles.

Tout ceci est donc présent mais annexe. Le coeur du sujet n'est pas

là. Ce n'est pas tout cela qui leur donne « la rage », « la haine », la

volonté de « tout péter ». C'est autre chose. Leur colère est avant tout

une révolte contre une situation d'humiliation. Certains racontent des

expériences de discriminations à l'embauche et parlent de l'absence

de travail. Mais la plupart font clairement remonter cette humiliation

à l'école. Enfin, tous, sans exception, considèrent que la source quotidienne

de leur sentiment d'injustice et d'humiliation est leur relation

avec la police. Les récits de ces jeunes se ressemblent beaucoup, nous

en livrons ici quatre extraits.

« Avant les émeutes c'était la routine, on reste avec les potes après les

cours, on charrie entre nous, on fait quelques sorties, on va manger au grec et

si y'a du gent-ar [de l'argent] à se faire on fait parce que la mère elle peut

pas tout assurer. Par exemple, des mecs ramènent des téléphones portables de

Thaïlande qu'ils achètent 50 euros ; ben nous on va les revendre 150 et ils

nous donnent notre bifton de 50 [¿]. On s'débrouille quoi. Les flics, quand ils

nous serrent avec ça, ils savent que c'est pas de la marchandise volée, mais ces

fils de p¿ ils nous les prennent pour les garder. C'est pour ce genre de truc

que j'ai la rage, parce qu'avec leur insigne de la police nationale ils se croient

tout permis, ils savent qu'on peut pas répondre et ils nous cherchent tout le

temps en attendant qu'on fasse la moindre faute, et après ils te mettent un

outrage ou autre chose pour que tu fasses une garde à vue. Moi, c'est ce qui

s'est passé. Une fois je vendais une Rolex, ils me l'ont prise et le keuf il m'a

dit : ¿Merci pour le cadeau, je vais la porter tout le temps¿. Depuis ce jour-là

j'ai la haine. Les émeutes, c'était une vengeance par rapport à tout ça » [H.,

15 ans, en BEP].

« Pourquoi ils nous laissent pas tranquilles ? On est dans notre quartier en

train de discuter avec nos potes et ils viennent te faire chier deux ou trois fois

dans la même journée. Franchement, avant les émeutes, on était tranquille, on

jouait au foot entre potes, en plus c'était le ramadan donc on essayait de faire

le maximum attention à notre comportement, mais ils sont toujours là pour tout

casser. Et après ça a pété bien comme il faut. Toute façon, ça aurait pété à un

moment ou un autre [¿], avec ou sans la mort de ces deux mecs à Clichysous-

Bois [¿]. éa m'a fait trop plaisir quand on leur a jeté des pavés dans la

gueule, pour une fois on a inversé les rôles. Si tu les avais vus, cette fois-ci ils

faisaient moins les malins. Moi je disais aux mecs : ¿Il faut pas brûler des

voitures ! Si on doit faire quelque chose, c'est bien taper un poulet !¿, comme

ça, quand ils vont venir dans le quartier, avant de rentrer dedans ils vont se

chier dessus et ils vont tellement flipper qu'ils joueront plus les cow-boys [¿]. Y

a très peu de quartiers qui ont fait ça pour être solidaires de Clichy. Moi je te

dis que c'est la haine contre les keufs, parce qu'ils parlent trop mal [¿]. Je

sais que maintenant les Français ils vont avoir la haine contre les mecs des

cités, mais qu'est-ce que tu veux, c'est pas de notre faute. Nous on demande

juste du respect. Moi si le keuf il vient et me demande mes papiers poliment je

lui donne sans problème » [R., 16 ans, en BEP].

« On était posés et les keufs sont venus pour voir si on avait de l'essence

dans les mains, ils nous ont hagar [intimidé], ils sont venus à trois, ils se

prennent pour des chauds dans la cité alors qu'on avait rien fait. Moi je m'en

foutais des brûlés [de Clichy-sous-Bois], je voulais me taper avec les keufs [¿].

Ils commencent à crier et parlent pour rien dire alors que toi tu parles pas. Ils

t'insultent : ¿Ferme ta gueule !¿, et ils sentent tes mains pour voir si y a de

l'essence. C'était en fin d'après-midi [¿]. J'ai ressenti la rage [¿]. Nous, on

voudrait que les keufs se comportent bien avec nous : ¿Bonjour, contrôle

d'identité, vous avez vos papiers ?¿. Mais eux c'est : ¿Alors les gars, vous

galérez ? Alors on va pas s'ennuyer ! Passe-moi ta carte d'identité et ferme ta

gueule¿. Alors tu lui donnes et tu fermes ta gueule. Y'a pas d'bonjour, pas

d'au revoir, ils nous traitent comme de la merde » [b., 17 ans, à la recherche

d'un emploi].

« Franchement, dans les émeutes y'avait de tout. Il y avait les mecs qui

avaient la rage contre les keufs, d'autres qui avaient la rage contre l'école

parce qu'ils ont plus d'école, d'autres parce qu'ils ont pas de taf, d'autres

pour s'affirmer dans le quartier. Tous les mecs qui avaient une rage contre

quelque chose ils ont profité des émeutes pour tout niquer. Mais la majorité

des mecs c'est la haine contre les keufs parce qu'ils se la racontent beaucoup.

Y'en a plein ils sont racistes et ils nous traitent comme de la merde [¿].

Quand un juif se fait taper, on en fait toute une histoire au journal de

20 heures et le président en personne il présente ses excuses, mais quand c'est

un Arabe ou un Noir c'est pas grave, et encore pire : Sarkozy, il a pas essayé

de camoufler quand le keuf il a jeté la grenade lacrymogène dans la mosquée ?

C'est un pays d'hypocrites » [T., 18 ans, à la recherche d'un emploi].

Ainsi, la vengeance envers les policiers peut être considérée comme la

première motivation des émeutiers, a fortiori lorsque ¿ et de nombreux

témoignages convergent en ce sens (13) ¿ cette police ne s'est pas contentée

de subir la violence des jeunes mais est parfois venue la provoquer

(par exemple en se déployant massivement et en multipliant les contrôles

dans des quartiers où il n'y avait pas encore d'émeute). Encore une

fois, ceci peut étonner tant le discours médiatico-politique dissimule

cette réalité de terrain, ces rapports de force, ces provocations, ces

violences et ces vengeances qui structurent au quotidien les relations

entre groupes de jeunes et groupes de policiers et qui constituent une

dimension majeure de l'expérience de vie de ces jeunes. Pourtant, méconnaître

cette réalité c'est s'interdire de comprendre le déclenchement

et le déroulement de certaines émeutes. Méconnaître cette réalité c'est

enfin s'interdire de comprendre pourquoi les discours du ministre de

l'Intérieur ont réellement un impact auprès de cette jeunesse : ils cristallisent

leur sentiment d'humiliation.

Cela étant, dans le discours de plus de la moitié des émeutiers rencontrés,

en particulier de ceux qui sont sortis du système scolaire, qui

se trouvent sans travail et souvent dans la délinquance de survie

comme le petit trafic de cannabis, une deuxième caractéristique

apparaît derrière la vengeance contre la police : l'agressivité et le

ressentiment manifestés à l'égard d'une autre institution nationale,

l'école. Ceci peut expliquer le nombre inédit de bâtiments scolaires

visés par les émeutiers. Ces derniers expriment ici une colère tout aussi

forte envers une institution qu'ils accusent d'avoir gâché leur avenir.

Nous en livrons là aussi quatre extraits significatifs.

« J'habite dans un quartier pourri, sale, dégradé et à l'écart du centre-ville.

Bref, là c'est la galère, il n'y a pas de taf, c'est la merde [¿]. é l'école,

les cours étaient des leçons dictées mot à mot par le prof. On dirait qu'on était

des robots, on ne devait pas parler ni intervenir sinon on se faisait punir

directement. En plus, dès qu'on ne comprenait pas une chose, le prof s'en

foutait, il disait qu'il fallait lire le livre et qu'après on comprendrait. Alors, à

quoi ça sert de venir en classe ? [¿]. Donc moi j'ai redoublé deux fois en

troisième, j'étais pas très bon, les cours étaient pourris et les profs aussi. Ah

ouais !, je veux rajouter une chose, c'est les conseillers d'orientation. Eux, c'est

des gros bâtards, ils ne savent même pas te conseiller, ils s'en foutent de ta

gueule. Après, ils m'ont proposé un BEP en plasturgie mais je n'ai pas voulu

car c'était un vieux truc. Donc, après j'ai mal tourné [¿]. Quand je vois des

amis et mon grand frère qui sont diplômés avec des bac + 5 et qui travaillent

dans des supermarchés comme agent de sécurité, c'est quoi ce truc de fou ? ?

Je comprends rien. Ils ont fait des études, ils se sont pris la tête, et après ils

terminent [comme ça], c'est pas juste. Donc, tu vois que l'école ça apporte que

la galère au final. Lors des émeutes j'ai voulu participer grave [fortement] car

ces bâtards de la société s'en foutent de nous, ils sont payés d es barres et des

barres et ils font même pas leur taf de soutien aux élèves en difficulté. Donc, je

te dis la vérité, j'ai brûlé des voitures près du lycée pour leur montrer qu'on

existe et qu'on ne va pas se laisser niquer comme des p¿ On va leur faire

peur, comme ça ils vont changer leur comportement et vont nous respecter [¿].

On a rien à perdre vu qu'ils ont baisé nos vies. Tu vois, je suis obligé de

vendre du shit pour aider mes parents, sinon qui va m'embaucher sans

diplômes ? [¿] Tu sais quand l'école va marcher ? C'est quand ça sera des

mecs des quartiers qui vont enseigner, parce qu'ils connaissent la merde dans

laquelle on est. Putain !, ils savent pas qu'on doit faire des p¿ d'efforts ! ! On

n'a pas papa et maman qui nous aident quand on rentre à la maison pour nos

devoirs. La plupart des mecs, leurs parents, les pauvres, ils savent même pas

lire et écrire. Alors si à l'école ils ne prennent pas le temps de nous expliquer,

ça sert à rien. C'est foutu d'avance [s., 20 ans, sans travail, petit dealer de

cannabis].

Dans ce deuxième extrait, le jeune rencontré fait directement le

rapprochement entre les policiers et les enseignants qu'il accuse de

provoquer les mêmes humiliations :

« Moi aussi, j'ai participé aux émeutes et j'en suis fier. C'était pour tout

retourner et enculer les keufs, ces sales bâtards qui se la racontent trop. Je suis

dégoûté parce que je voulais aussi qu'on brûle ce lycée de merde avec ces

profs racistes. Je te jure, je mitonne pas. Si j'ai réussi à avoir mon bac c'est pas

grâce à ces chiens de profs. Ils auraient préféré que je fasse un BEP. C'est

grâce à mes frères, qui m'engueulaient quand je ne bossais pas que j'ai eu

mon bac. Par exemple, je te jure, la prof, madame M., tu sais ce qu'elle m'a

dit ? : ¿Je suis déçue que vous ayez votre bac¿. C'est pas un truc de ouf ?

Maintenant, je sais très bien que personne ne va me croire quand je dis que

certains profs sont racistes. Mais moi je sais de quoi je parle. Je l'ai vécu en

direct [¿]. J'ai vu plein de potes à moi se faire hagar [humilier] pour rien par

des profs juste parce qu'ils les aimaient pas. Je reconnais que certains

abusaient mais, ma parole, faut reconnaître aussi qu'il y a des profs qui usent

de leur autorité pour flinguer l'avenir de certains élèves [¿]. Le prof habituel,

tout ce qu'il veut, c'est terminer son programme, et tant pis pour celui qui ne

s'accroche pas. Et ouais !, c'est comme ça que beaucoup de mecs et même des

meufs ont lâché l'affaire. Alors voilà, tu sais ce que j'ai fait ? On est parti

avec des potes, o n a pris de l'essence et on a brûlé l'entrée du lycée. Mais les

keufs sont venus et on s'est sauvé. Dommage, sinon le lycée aurait brûlé. Mon

rêve, c'est que ces sales profiteurs de profs, qui prennent de l'argent pour

travailler dans des zones sensibles, dégagent de là parce que j'ai l'impression

qu'ils veulent vraiment que ça reste comme ça pour qu'ils touchent leurs primes

à la fin du mois [¿]. La hagra [humiliation] des keufs et celle des profs c'est la

même. C'est des gens qui abusent de leur putain de pouvoir sans peser les

conséquences de leurs actes. Les profs se disent pas : ¿C'est déjà un mec en

difficulté. Pourquoi je vais l'exclure et le mettre davantage en difficulté¿ ? Ils

en ont rien à foutre de son avenir ! [¿] Tous les mecs du quartier qui galèrent

sans école, ils ont tous pratiquement la même histoire, à savoir des profs qui

n'ont rien à foutre d'eux » [M., 20 ans, bachelier, chômeur].

« Pour moi, la grande faute de ces émeutes c'est surtout l'école ! L'école

c'est un endroit où on doit apprendre des choses, ils doivent nous expliquer,

mais en fait l'école est devenue un endroit où on jette les mecs comme moi, on

leur donne pas de chance de s'en sortir, on fait tout pour nous virer et garder

les Français. Même quand des gens comme moi réussissent, ils finissent par

travailler avec des personnes sous-diplômées ou bien dans des postes qui leur

conviennent pas. C'est ça la réalité, il faut arrêter de se cacher derrière. Autre

exemple : moi je travaillais normal, sans plus, mais j'étais un peu distrait avec

mes amis en cours. Mes profs se moquaient toujours de moi devant les autres

au lieu de m'encourager et de m'expliquer les choses. Dès fois les profs nous

calculaient même pas, ils nous laissaient seuls dans notre coin et faisaient

participer les meilleurs, ils parlaient entre eux, et souvent ils nous jetaient dehors

pour être tranquilles entre eux, tu vois. Moi je ressentais du dégoût [¿]. éa

fait mal de voir qu'on est pris comme un idiot ! Après j'ai décidé de quitter le

lycée car je voyais qu'on m'aidait pas. Les conseillers voulaient que je fasse

pompier, moi je voulais pas. Alors après je suis allé de petit boulot en petit

boulot sans me retrouver vraiment. L'école ne sait pas qu'elle peut faire du mal

si elle n'est pas à l'écoute des autres. L'école a baisé ma vie, et ça j'oublierai

jamais ! [¿] Franchement, j'ai la rage contre les profs parce que s'ils avaient

pris le temps de nous prendre en main, on serait pas là aujourd'hui à bicrave

[revendre] des bouts de shit en risquant notre peau » [R., 18 ans, sans travail,

petit dealer de cannabis].

« Moi, ce que je voulais pendant les émeutes, c'était brûler le lycée parce

que c'est eux qui ont baisé mon avenir. En fait, moi, quand j'étais à l'école,

j'étais pas très bon, mais j'essayais de travailler de mon mieux. En classe

j'avais du mal à suivre certains cours car à la base j'étais passé avec des notes

très moyennes. Quand je demandais au prof de m'expliquer certaines choses il

me disait que j'avais qu'à voir les meilleurs de la classe et qu'il n'allait pas

prendre du retard sur son programme. Un jour je lui ai dit que je ne comprenais

pas un truc dans son cours, et il m'a dit : ¿J'ai pas le temps, et en plus toute la

classe sait ça. Qu'est-ce que tu fais dans cette classe ? Tu es vraiment nul et

irrécupérable¿. J'avais la honte car tous les élèves se marraient et m'observaient

avec leurs regards. Moi j'avais la haine. Je lui ai demandé un vieux truc et lui il

me jette comme une merde. En plus, comme j'étais le seul rebeu [arabe],

j'avais honte d'aller voir les têtes de la classe surtout après les réflexions

humiliantes du prof sur moi. Ce qui fait que dans les contrôles j'avais des

vieilles notes. Quand je rentrais à la maison je me faisais savater par mon

père. Il me disait que l'école avait toujours raison et que c'était de ma faute.

Moi je sais qu'il fallait travailler à la maison, mais quand t'as pas compris le

cours en classe, comment tu veux réviser à la maison ? Très franchement, j'ai

baissé les bras à partir du quatrième mois, je ne faisais plus rien. J'allais en

cours pour mes parents, mais moi j'en avais plus rien à foutre [¿]. Et à la fin

de l'année, pour l'orientation, ils ne m'ont pas raté. J'étais bon pour le BEP

carrosserie [¿]. Avec du recul, j'ai la haine contre ces chiens du système

scolaire parce que oui, ils m'ont niqué mon avenir, et moi comme un con je suis

rentré dans leur jeu [¿]. L'école c'est derrière moi, mais si je revois un de mes

profs qui me cassait les couilles, je l'insulte ce bâtard » [s., 19 ans, sans

travail, petit dealer de cannabis].

Ainsi, l'école symbolise aux yeux de ces jeunes l'institution qui

leur a « gâché [leur] avenir », c'est-à-dire qui leur a fermé la possibilité

d'une insertion dans la société et les a fortement humiliés. Ils accusent

de surcroît les enseignants d'être des personnes hypocrites qui tiennent

un discours sur la réussite que dément leur pratique enseignante conduisant

à marginaliser ces jeunes issus de l'immigration dans les classes,

à ne pas leur apporter l'aide dont ils ont d'autant plus besoin que

leurs parents ne peuvent pas les soutenir sur le plan scolaire.

é travers ces entretiens avec les émeutiers, nous voyons ainsi apparaître

les raisons de leur colère, les différents types d'humiliations qu'ils

ressentent dans leur vie quotidienne : dans les relations avec la police,

dans l'absence de travail qui découle de leur échec scolaire précoce

et, en fin de compte, dans le sentiment d'être des citoyens de ¿seconde

zone¿, presque des parias. Le fond de leur révolte est donc constitué

par des sentiments d'injustice, d'abandon, de rejet, d'absence d'avenir

et de cynisme de la part de la société, qui finissent par constituer une

mentalité de « victimation collective » (14) , qui justifie et qui libère leur

colère au moment de l'émeute.

Conclusions

Les trois semaines d'émeutes de l'automne 2005 ont surpris par leur

durée, leur ampleur géographique et la jeunesse de leurs acteurs.

Elles témoignent de la colère désespérée d'une certaine jeunesse, qui

se sent dans l'impasse et de surcroît méprisée (15). Et de fait, cette

jeunesse est confrontée à une double crise d'insertion dans la société

et dans la vie adulte.

La première crise est économique et sociale : l'accès à un statut social

est rendu particulièrement difficile pour des centaines de milliers de

jeunes hommes qui se trouvent disqualifiés et parfois discriminés par

rapport à la vie professionnelle, lors même que l'emploi est la clé de

l'insertion sociale et de l'entrée dans l'âge adulte (sans emploi, pas de

logement, pas de crédits bancaires, pas de perspective de pouvoir

fonder une famille, etc.).

La seconde crise est symbolique et politique : l'accès à la citoyenneté

est rendu particulièrement difficile pour ces jeunes hommes qui se considèrent

globalement disqualifiés par rapport au modèle dominant

dans l'ordre politique, qui ne sont plus sollicités ni représentés par les

forces politiques traditionnelles et qui sont relativement démunis pour

construire des actions collectives autonomes, durables et non violentes,

par opposition à ces déchaînements émotionnels passagers que sont

les émeutes.

é leur façon, ces jeunes nous envoient pourtant bien un message

de type politique : ils nous interpellent sur leur place et leur avenir

dans la société française. C'est dire si, plutôt que de s'effrayer de

leur violence, on ferait bien de se préoccuper de la légèreté de la

réponse apportée par la classe politique.

Après le « rétablissement de l'ordre », ni les réponses du gouvernement

de droite actuel et de sa majorité parlementaire ni les vagues

propositions du Parti socialiste ne témoignent d'une prise de conscience

de la profondeur du malaise et d'une volonté d'y changer fondamentalement

quelque chose. Au contraire, au moment où nous écrivons ces

lignes (quatre mois après les émeutes), le discours dominant sur les

quartiers populaires est redevenu le discours de la peur et de la

dénonciation de la délinquance. Dans ces conditions, on ne peut que

redouter d'autres explosions de colère dans les mois et les années à

venir.

Laurent MUCCHIELLI*

Abderrahim AÏT-OMAR**

NOTES

1. Cf. MUCCHIELLI, Laurent ; LE GOAZIOU, Véronique (sous la direction de), Quand les banlieues

brûlent : retour sur les émeutes de novembre 2005, Paris : éd. La Découverte, 2006, 155 p.

2. Cf. MUCCHIELLI, Laurent, Violences et insécurité : fantasmes et réalités dans le débat français,

Paris : éd. La Découverte, 2002, 142 p. (voir pp. 40-54).

3. « Violences : 75 à 80 % des interpellés ¿déjà connus¿ de la police », déclare Nicolas Sarkozy

(AFP du 15 novembre 2005). Il ajoutera quelques jours après que « la première cause de

désespoir dans les banlieues, c'est le trafic de drogues, la loi des bandes, la dictature de la

peur, la démission de la République » (AFP du 19 novembre 2005).

4. « Les juges ne confirment pas le portrait des émeutiers dressé par Sarkozy », AFP du 17 novembre

2005.

5. Le Parisien du 7-12-2005.

6. Propos tenus en Seine-Saint-Denis le 6 novembre 2005.

7. Propos tenus à l'Assemblée nationale le 9 novembre 2005.

8. « Directeur des RG : ¿La part des islamistes dans les violences a été nulle¿ », AFP du 23 novembre

2005 ; « DST : les islamistes ¿pas impliqués¿ dans les émeutes en banlieue », AFP du 24 novembre

2005.

9. Cf. MUCCHIELLI, Laurent, Violences et insécurité, op. cit., p. 19.

10. Par exemple : « é Clichy-sous-Bois, la ¿guerre à la police¿ pour se venger et se distraire », AFP

du 2 novembre 2005 ; « é Aulnay-sous-Bois, des jeunes des 3 000 narguent les CRS en pleine

nuit », AFP du 3 novembre 2005 ; « Des adolescents du 93 fascinés par les troubles : ¿Sarko

cherche, il trouve¿ », AFP du 5 novembre 2005.

11. Le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, deux adolescents fuyant un

contrôle de police trouvaient la mort dans un transformateur électrique où ils s'étaient réfugiés.

Deux décès qui devaient embraser les banlieues françaises durant plusieurs semaines [NDLR].

12. . Le dimanche 30 octobre 2005, à 21 heures, alors que les fidèles faisaient leur prière en plein mois du ramadan, une bombe lacrymogène qui appartiendrait à des CRS a explosé à la mosquée Bilal, à Clichy-sous-Bois [NDLR].

13. Le maire de Clichy-sous-Bois lui-même déclarait à l'AFP le 2 novembre 2005 que « le dispositif policier, cette nuit, serait adapté et nettement moins provoquant », et que pour cette raison les choses devraient mieux se passer. De même, notre équipe a constaté des provocations

policières dans plusieurs quartiers de la région parisienne.

14. MUCCHIELLI, Laurent, ¿Le rap de la jeunesse des quartiers relégués. Un univers de représentations structuré par des sentiments d'injustice et de victimation collective¿, in : BOUCHER, Manuel ; VULBEAU, Alain (sous la direction de), émergences culturelles et jeunesse populaire, Paris : éd. L'Harmattan, 2003, pp. 325-355.

15. « Ces deux sentiments forts, la sensation de l'impasse et la conscience du mépris, sont

toujours à la racine des fureurs banlieusardes », écrivaient déjà Christian Bachmann et Nicole

Le Guennec en 1996. Voir BACHMANN, Christian ; LE GUENNEC, Nicole, Violences urbaine. Ascension et chute des classes moyennes à travers cinquante ans de politique de la ville, Paris : éd. Albin Michel, 1996, 557 p. (voir p. 355).

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Invité Achille Talon
Invité Achille Talon Invités 0 message
Posté(e)

Totalement imbuvable, tu aurais du faire encore plus long.

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Invité seth rotten
Invité seth rotten Invités 0 message
Posté(e)

Oui, les posts si longs personne les lit, parce que c'est insupportable de rester concentré tout ça sur un écran d'ordinateur.

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transporteur Membre 23 297 messages
forumeur révolutionnaire‚ 44ans
Posté(e)

J ai déjà posté a ce sujet une video de Jamel sur le topiq "la police".

Modifié par transporteur

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Davoust Membre 1 585 messages
Forumeur alchimiste‚ 39ans
Posté(e)
Jamel est policier et travaille sous les ordres de Nicolas Sarkozy. Signes particuliers : CRS, ex-obèse, ancien camarade de classe du chef du gang des barbares, Youssouf Fofana, et jeune banlieusard. L’idée de devenir CRS est née du ras-le-bol d’être contrôlé 10 fois par jour pour rien, d’être humilié et insulté, d’assister à la brutalité des policiers contre les jeunes des cités... Plutôt que d’insulter ou de caillasser des flics, de lancer des cocktails Molotov ou de brûler des voitures, Jamel a choisi une révolte intelligente : devenir flic pour enquêter sur la police nationale. Pour y arriver, il a accepté tous les sacrifices : obtenir son BAC avec mention, réussir le concours de la police, perdre 27 kilos en quelques mois et obtenir d’excellentes notes à l’école de police, malgré les brimades de ses chefs.

Quand on voit pourquoi se prénommé jamel est devenu policier...

Ce qu'il a fait est AUSSI une provocation... Qui vous dit que ce n'est pas lui qui a provoqué tous cela ???

Pfffff, n'importe quoi celui-là...

Modifié par Davoust

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