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De la création.

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Don Juan

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 8 430 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 5 heures, ashaku a dit :

Ah bah j'en suis encore à la phase 1 alors. J'ai une très mauvaise opinion de cet homme, lire son œuvre phare fut d'une extraordinaire pénibilité.

Je te donne mon R.E.X. sur le Fredo. Lis un texte intégral de temps en temps, dans l'ordre chronologique d'écriture et d'impression. Ne coures pas à " l'overdose ", elle peut être rapide avec lui. C'est ce qui m'est arrivé. Quand tu dis " oeuvre phare ", il faut donner le titre. 

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Membre, 71ans Posté(e)
Don Juan Membre 3 566 messages
Forumeur vétéran‚ 71ans‚
Posté(e)
Il y a 4 heures, Lasko a dit :

L’IA est un outil pourquoi pas utile pour amplifier notre intelligence mentale, je veux dire un moyen de nous aider à traiter et naviguer dans des informations complexes, mais elle doit rester subordonnée à la conscience incarnée. Peut-être, peut-on voir une création (un progrès ?) venant de l’intégration corps-esprit-IA, avec priorité absolu à la relation intime avec le corps, car c’est elle qui nous relie au monde et à notre humanité, si il en est.

Bonjour Lasko, pour ce que tu dis là je suis bien d'accord avec toi. Le fait de travailler avec un outil qui peut, par sa nature fonctionnelle, nous refleter nos propres fonctionnements, mais aussi nos insuffisances mentales, nos faiblesses, aura peut-être un effet positif sur notre évolution et daans ce cas nous aider à conserver et à élever ce qu'il y a de meilleur en nous.

Il y a 4 heures, Lasko a dit :

Et si créer, ce n'était pas mettre quelque chose de soi dans une forme, mais laisser entrer dans la forme quelque chose qui n'est pas soi ?

Tout à fait. Ici tes mots rejoignent ma conception de l'art. En ce domaine, nous avons pris l'habitude d'utiliser le terme : créer. Ce qui est à mon avis, un abus de langage. Je cite mes mots publiés ailleurs aur la poésie. Je pense qu'ils s'inscrivent dans la pensée que tu exprimes. 

1 — La poésie sacrée ne décrit pas, elle manifeste.

Elle ne dit pas l’arbre est grand, elle montre l’arbre jusqu’à ce que la grandeur de l’arbre se manifeste en nous, sans explication.

C’est un langage du dévoilement.

Pas un bruit.
Soudain, l’éclair d’une aile blanche.
Et le silence est devenu immense.

2 — La poésie sacrée n’a pas besoin du poète.

Le poète est un instrument. Plus il s’efface, plus le chant est pur.
Les anciens mystiques le savaient bien.
Rûmî, maître soufi, disait :

Je suis le luth, et le Souffle joue à travers moi.


Je dis que ma bouche remue,

que mes lèvres dansent,

que ma langue rythme le tempo,

mais que la chanson n’est pas ma fille,

qu’elle est plus vieille que mes os,

qu’elle vient d’un endroit qui n’a pas de nom,

et qu’en passant dans mon souffle

elle donne sa couleur à mon sang

qui n’est que terre rendue liquide dans les corps des vivants.

3 — La poésie touche ce que j’appellerais « l’intelligible des choses invisibles ».

Elle parle un langage que les vers de terre entendent,
Parce qu’elle n’a pas besoin du mental humain pour être comprise.
Elle résonne sur des fréquences qui précèdent les mots.


Je ne suis pas venu parler de littérature,

les mots doivent être habités d’une âme.

La carcasse d’un navire grince sous les assauts des vagues

et le marin doit être à l’écoute de ses plaintes,

qui sont littérature pour structure de navire.

La poésie est autre chose,

elle parle une langue que même les vers de terre entendent.

4 — La poésie est offrande.

La poésie sacrée n’est jamais un acte d’orgueil, mais un acte d’humilité.
Celui qui écrit pour se montrer manque le passage.
Celui qui écrit parce qu’il ne peut faire autrement, parce qu’une chose doit chanter à travers lui, s’approche du seuil.

vous êtes le flûteau sur le bord du ruisseau

l’air passe, le chant s’élève
le souffle traverse la chair

il colore le sang

il donne au limon sa voix éphémère

presque une parole d’ancêtre

les chamanes, les premiers poètes

ceux qui n’avaient même pas

de nom pour leur fonction

parlaient naturellement comme cela

leurs mots rimaient avec leur coeur

5 — La poésie, le silence est son terreau.

Plus nous savons nous taire intérieurement, plus la vraie poésie peut naître.
C’est dans le silence habité que le chant invisible se forme.

Sous la peau du monde,

quelque chose respire
il ne dort jamais
son œil sans paupière

sait le nom des pierres

Le vivant n’est jamais accouché

seule l’illusion lui laisse croire qu’il est né dehors

l’univers est un utérus, la planète un placenta

au travers je regarde les étoiles danser.

6 — la poésie ne se laisse pas conduire

Et les étoiles sont les lanternes suspendues
Dans le grand liquide matriciel,
Là où le temps n’a pas encore eu l’idée de compter.
Nous sommes embryons de l’infini,
Enroulés dans la chaleur des anciens souffles.


Mais alors, où donc était le poème

Avant qu’il ne s’insinue

Au travers du corps du poète ?

Imaginez une nappe souterraine

D’eau sous le désert

Invisible, impalpable,

Mais saturée de possibles.
Le poème existe là,

Comme une potence de formes

Encore informulées.

7 — La poésie, une trame vibratoire du réel.


Et si, dans cet état vibratoire, le poète touchait une source antérieure au langage humain ? Une trame fondamentale où le monde lui-même est poésie avant de devenir matière.

Avant que les hommes ne posent le moindre mot,
les étoiles dansaient déjà leurs équations d’équilibres,
les arbres murmuraient avec le vent,
les loups hurlaient à la lune,
les atomes pulsaient leurs rythmes secrets.

Il y a 5 heures, Lasko a dit :

Est-ce que l'IA peut-elle être traversé par ce qu'elle n'est pas ? Autrement dit peut-elle être transformer par ce qui surgit à travers ses échanges ? 

Je pense que oui, je l'espère.

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Membre, 50ans Posté(e)
Forumeur activiste‚ 50ans‚
Posté(e)
Il y a 20 heures, ashaku a dit :

Le système sera paradoxalement 100% influençable

Le système général, mais ce que tu vas ajouter comme influence lors de ton dialogue avec lui sera infinitésimal par rapport au reste, donc ne changera rien. C'est ce que j'entends par le poids. C'est comme un barycentre avec un coefficient 1 pour ta contribution en tant qu'humain, et x milliards pour le stock de contributions qui ont servi à entrainer l'IA.

Il y a 20 heures, ashaku a dit :

S'il oriente imperturbablement vers quelque chose, ne serait-ce pas vers nous-même ? Pas individuellement, en tant qu'espèce ou plutôt de culture.

Il me semble que le point de départ étant l'idée de création menée conjointement par un individu et une IA, on parle de l'individuel et non du collectif.

Mais effectivement, dans ma vision de la chose, la convergence se fait vers une sorte de moyenne du pot commun.

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Membre, 50ans Posté(e)
Forumeur activiste‚ 50ans‚
Posté(e)
Il y a 9 heures, Zerethoustre a dit :

Mais je distinguerais encore ce qui est transmis de ce que celui qui reçoit en fera.

 

Il y a 9 heures, Zerethoustre a dit :

Une éducation peut transmettre des possibilités, des habitudes, des valeurs, des outils, mais une potentialité n'est pas encore une œuvre. Et surtout, dès lors que celui qui reçoit devient lui-même sujet, il peut intégrer, modifier, refuser ou détourner ce qui lui a été transmis. 

C'est ici que la notion d'authenticité me paraît importante. 

Quelque chose peut venir de mes parents, de ma culture, de mon groupe, et pourtant ne jamais réellement devenir mien. À l'inverse, je peux recevoir une forme qui existait bien avant moi, la faire mienne, la transformer, reconnaître ce qui en elle me correspond ou me trahit. 

L'authenticité n'exige donc pas que tout vienne de moi à l'origine. Elle exige plutôt que je puisse établir une relation propre avec ce qui m'a été transmis. 

C'est d'ailleurs là qu'apparaît pour moi une condition de la création : non pas simplement répéter ce que j'ai reçu, mais pouvoir le faire mien, le reprendre, le transformer ou le refuser. 

Cela rejoint ce que j'essayais de dire plus haut avec la fidélité et la trahison. Créer suppose moins d'inventer à partir de rien que de pouvoir dire "ceci est devenu mien", ou au contraire "ceci ne l'est pas". 

Et dans le cas de l'éducation, cela explique aussi pourquoi je serais prudent avec le mot "œuvre". Le parent peut transmettre énormément, parfois même façonner durablement les possibilités de l'enfant, mais ce que l'enfant fera de cette transmission ne lui appartient plus complètement. Il y a un autre sujet en face, capable à son tour d'appropriation, de refus et de transformation. 

Il me semble que tu déplaces ici ce que l'on pourrait qualifier de création.

Dans ma formulation, la création était l'éducation transmise, du point de vue du parent. Ce que le parent a mis de lui-même, ce qu'il a choisi de transmettre, ce qu'il a corrigé au fur et à mesure des réactions de son enfant, etc ...on pourrait voir ça comme un souffle : ce qui a été insufflé à l'enfant.

Ce que l'enfant fera de cette éducation en tant que sujet, ce n'est plus la création. De la même manière qu'une oeuvre d'art cesse d'appartenir à son auteur à partir du moment où il la transmet au public, qui se l'approprie ( ou non ) et dans ce cas est entièrement maitre de ce qu'il voudra bien y voir.

Donc ici, la création éducation n'est certainement pas le résultat. C'est une potentialité du point de vue de l'enfant ( donc pas encore actualisée, surtout quand celui-ci n'est pas encore conscient de cette éducation ), mais une réalité actualisée du point de vue du parent qui l'a pensée, conçue, adaptée. Qui peut se sentir trahi même sans attendre les résultats concrets, s'il pense à un moment ne pas avoir fait ce qu'il fallait, indépendamment de ce que l'enfant fait ou fera.

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Membre, Posté(e)
Lasko Membre 119 messages
Forumeur Débutant‚
Posté(e)
Il y a 3 heures, Don Juan a dit :

Bonjour Lasko, pour ce que tu dis là je suis bien d'accord avec toi. Le fait de travailler avec un outil qui peut, par sa nature fonctionnelle, nous refleter nos propres fonctionnements, mais aussi nos insuffisances mentales, nos faiblesses, aura peut-être un effet positif sur notre évolution et daans ce cas nous aider à conserver et à élever ce qu'il y a de meilleur en nous.

Tout à fait. Ici tes mots rejoignent ma conception de l'art. En ce domaine, nous avons pris l'habitude d'utiliser le terme : créer. Ce qui est à mon avis, un abus de langage. Je cite mes mots publiés ailleurs aur la poésie. Je pense qu'ils s'inscrivent dans la pensée que tu exprimes. 

1 — La poésie sacrée ne décrit pas, elle manifeste.

Elle ne dit pas l’arbre est grand, elle montre l’arbre jusqu’à ce que la grandeur de l’arbre se manifeste en nous, sans explication.

C’est un langage du dévoilement.

Pas un bruit.
Soudain, l’éclair d’une aile blanche.
Et le silence est devenu immense.

2 — La poésie sacrée n’a pas besoin du poète.

Le poète est un instrument. Plus il s’efface, plus le chant est pur.
Les anciens mystiques le savaient bien.
Rûmî, maître soufi, disait :

Je suis le luth, et le Souffle joue à travers moi.


Je dis que ma bouche remue,

que mes lèvres dansent,

que ma langue rythme le tempo,

mais que la chanson n’est pas ma fille,

qu’elle est plus vieille que mes os,

qu’elle vient d’un endroit qui n’a pas de nom,

et qu’en passant dans mon souffle

elle donne sa couleur à mon sang

qui n’est que terre rendue liquide dans les corps des vivants.

3 — La poésie touche ce que j’appellerais « l’intelligible des choses invisibles ».

Elle parle un langage que les vers de terre entendent,
Parce qu’elle n’a pas besoin du mental humain pour être comprise.
Elle résonne sur des fréquences qui précèdent les mots.


Je ne suis pas venu parler de littérature,

les mots doivent être habités d’une âme.

La carcasse d’un navire grince sous les assauts des vagues

et le marin doit être à l’écoute de ses plaintes,

qui sont littérature pour structure de navire.

La poésie est autre chose,

elle parle une langue que même les vers de terre entendent.

4 — La poésie est offrande.

La poésie sacrée n’est jamais un acte d’orgueil, mais un acte d’humilité.
Celui qui écrit pour se montrer manque le passage.
Celui qui écrit parce qu’il ne peut faire autrement, parce qu’une chose doit chanter à travers lui, s’approche du seuil.

vous êtes le flûteau sur le bord du ruisseau

l’air passe, le chant s’élève
le souffle traverse la chair

il colore le sang

il donne au limon sa voix éphémère

presque une parole d’ancêtre

les chamanes, les premiers poètes

ceux qui n’avaient même pas

de nom pour leur fonction

parlaient naturellement comme cela

leurs mots rimaient avec leur coeur

5 — La poésie, le silence est son terreau.

Plus nous savons nous taire intérieurement, plus la vraie poésie peut naître.
C’est dans le silence habité que le chant invisible se forme.

Sous la peau du monde,

quelque chose respire
il ne dort jamais
son œil sans paupière

sait le nom des pierres

Le vivant n’est jamais accouché

seule l’illusion lui laisse croire qu’il est né dehors

l’univers est un utérus, la planète un placenta

au travers je regarde les étoiles danser.

6 — la poésie ne se laisse pas conduire

Et les étoiles sont les lanternes suspendues
Dans le grand liquide matriciel,
Là où le temps n’a pas encore eu l’idée de compter.
Nous sommes embryons de l’infini,
Enroulés dans la chaleur des anciens souffles.


Mais alors, où donc était le poème

Avant qu’il ne s’insinue

Au travers du corps du poète ?

Imaginez une nappe souterraine

D’eau sous le désert

Invisible, impalpable,

Mais saturée de possibles.
Le poème existe là,

Comme une potence de formes

Encore informulées.

7 — La poésie, une trame vibratoire du réel.


Et si, dans cet état vibratoire, le poète touchait une source antérieure au langage humain ? Une trame fondamentale où le monde lui-même est poésie avant de devenir matière.

Avant que les hommes ne posent le moindre mot,
les étoiles dansaient déjà leurs équations d’équilibres,
les arbres murmuraient avec le vent,
les loups hurlaient à la lune,
les atomes pulsaient leurs rythmes secrets.

Je pense que oui, je l'espère.

Oui, ils s'y inscrivent.

Ces mots m'ont accordé sur une tonalité profonde. Merci pour ce partage.

 

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