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Peut-on vraiment changer, ou devient-on simplement davantage soi-même ? La liberté est-elle l'absence d'engagement, ou la capacité de le choisir ?

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MidnightArcher

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Membre, 64ans Posté(e)
lunatike Membre 1 534 messages
Mentor‚ 64ans‚
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Les années qui passent, les drames, les accidents de la vie, la maladie, tout cela ne changera pas notre nature profonde, mais peut modifier notre caractère ou notre façon de voir les choses.

 

 

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Membre, Posté(e)
Passiflore Membre 24 300 messages
Maitre des forums‚
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Il y a 4 heures, ashaku a dit :

Nous accomplissons un devenir (...) Je ne crois pas qu'on devienne "soi-même" dans le sens ou ce "soi" est préexistant et qu'on le découvre comme le sculpteur découvre son œuvre dans l'argile en retirant des bouts. On se construit continuellement pendant qu'on vit et le jour où on s'arrête, on peut prendre la version finale et dire qu'on est parvenu à ça, le "soi" qui ne changera plus. Ce "soi" porte toute notre histoire mais est-il représentatif de notre personne ? (...)

 

Assez d'accord avec ceci (fermement convaincue qu'Un seul sait qui je suis) mais cependant je pense que l'on façonne, sa vie durant, son "moi" profond, pour peu que l'on soit conscient de la nécessité de le faire; ce peut être un sens donné à son existence ici-bas: découvrir qui l'on est vraiment, intrinsèquement et la vie se charge et se chargera de nous le faire découvrir au fil des épreuves existentielles vécues et de tout ce qui jalonnera son parcours de vie.

Certains se laisseront porter sans se donner la peine de réfléchir, d'autres sauront tirer un enseignement de tout événement vécu.

Je pense connaître assez bien la femme que je suis grâce à mon vécu jusqu'à aujourd'hui mais j'ai pleinement conscience que je n'ai pas fini de découvrir d'autres aspects de ma personnalité profonde et il en sera ainsi jusqu'au terme de mon existence.

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Membre, Posté(e)
Passiflore Membre 24 300 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 5 heures, MidnightArcher a dit :

Il arrive souvent d'entendre que les gens changent. Après un événement marquant, une séparation, une maladie ou simplement avec les années, on dit qu'une personne n'est plus la même. Mais est-ce vraiment un changement profond, ou simplement la révélation d'une partie d'elle-même qui était déjà présente ?

Peut-être que ce que nous appelons un changement n'est en réalité qu'un dévoilement. Les circonstances disparaissent, les masques tombent, et ce qui était latent devient visible. Dans ce cas, nous ne devenons pas quelqu'un d'autre : nous devenons davantage nous-mêmes (...)

J'aimerais connaître vos avis. Pensez-vous que nous changeons réellement au cours de notre vie, ou révélons-nous simplement ce que nous étions déjà ? (...)

 

Tout cela me parle: "révélation de soi-même", "dévoilement", "on devient davantage soi-même", autrement plus que la notion de simple changement.

On est tel ou telle intrinsèquement, à chacun-e de découvrir son "moi" profond.

Il y a 5 heures, Elisa* a dit :

(...) Concernant le changement… moi, je crois effectivement que le vécu peut nous influencer, nous amener à revoir nos prises de position, accentuer certains traits de notre caractère : notre personnalité se construit, se développe au fil du temps.

Par contre, je ne suis pas certaine que l’on change vraiment… notre naturel reste notre socle malgré tout.

 

Voilà oui, je le pense également.

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Membre, Posté(e)
Passiflore Membre 24 300 messages
Maitre des forums‚
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Il y a 4 heures, MidnightArcher a dit :

(...) Je comprends tout à fait pourquoi tu vois ces deux questions comme distinctes, et il est possible que je n’aie pas suffisamment explicité le lien que je faisais entre elles.

Pour moi, elles sont liées, car la manière dont nous répondons à la première influence la façon dont nous répondons à la seconde.

Si nous sommes réellement capables de changer, alors notre liberté réside peut-être dans notre capacité à choisir consciemment qui nous devenons à travers les engagements que nous prenons. En revanche, si nous ne faisons que devenir davantage ce que nous sommes déjà, alors la liberté consiste peut-être moins à nous transformer qu’à reconnaître et assumer notre propre nature.

Mon intention n’était donc pas d’aborder deux sujets sans rapport, mais plutôt d’explorer si notre conception du changement influence notre conception de la liberté (...)

 

Intéressante réflexion.

Oui, notre liberté consiste à choisir la voie existentielle que l'on veut suivre et à faire ses propres choix (existentiels eux-aussi).

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Membre, 53ans Posté(e)
CAL26 Membre 8 690 messages
Maitre des forums‚ 53ans‚
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Il y a 7 heures, MidnightArcher a dit :

Merci pour ton commentaire. Je comprends tout à fait pourquoi tu vois ces deux questions comme distinctes, et il est possible que je n’aie pas suffisamment explicité le lien que je faisais entre elles.

Pour moi, elles sont liées, car la manière dont nous répondons à la première influence la façon dont nous répondons à la seconde.

Si nous sommes réellement capables de changer, alors notre liberté réside peut-être dans notre capacité à choisir consciemment qui nous devenons à travers les engagements que nous prenons. En revanche, si nous ne faisons que devenir davantage ce que nous sommes déjà, alors la liberté consiste peut-être moins à nous transformer qu’à reconnaître et assumer notre propre nature.

Mon intention n’était donc pas d’aborder deux sujets sans rapport, mais plutôt d’explorer si notre conception du changement influence notre conception de la liberté.

Je serais curieuse de savoir si toi aussi tu vois ce lien, ou si, selon toi, ces deux questions devraient rester complètement distinctes.

C'est paradoxal alors de voir la liberté comme une situation définie à priori et qui ne permet que de reconnaître cette définition (c'est peut-être le paradoxe contenu dans : je suis libre si je peux être moi-même). 

Si nous voyons dans le patrimoine génétique la seule définition de qui nous sommes, il apparaît alors que la liberté n'étant même pas dans la rencontre avec l'environnement, est-elle liberté ? Mais si la définition de qui on est est vue comme le résultat de l'interaction des 2, le fait qu'on parle de résultat ne permet pas de bien situer la liberté. 

Il apparait que si le patrimoine génétique dessine des contours, il ne définit rien à priori à l'intérieur de ces contours. Ce  fonctionnement ne permet donc pas de croire qu'on est défini à l'avance. 

En fait notre identité n'a pas de réel contenu. La seule identité se trouve dans un statut social qui nous donne un nom et nous gardons cette identité tant que la société en garde la trace : le patient souffrant d'Alzheimer conservera la même identité, même quand la totalité de sa mémoire aura disparue, tant que cette identité sera connue de la société. Ce statut reste quand la personnalité voire le corps ont été totalement transformés. 

En dehors des maladies neurodégénératives ou de graves traumatismes modifiant massivement notre système nerveux, nous changeons visiblement et assez constamment pendant une phase de maturation maintenant estimée à environ 25 ans, mais ce changement "normal" n'a pas un champ des possibles infini. Et à la fin de la phase de maturation, le champ des possibles est encore plus réduit. Mais il est présent et bien que réduit de plus en plus il peut être redéfini en permanence. 

Or on "est" que relativement à cette dynamique très complexe. 

Modifié par CAL26
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Membre, 44ans Posté(e)
ashaku Membre 1 241 messages
Mentor‚ 44ans‚
Posté(e)
Il y a 1 heure, Passiflore a dit :

Assez d'accord avec ceci

Et je suis d'accord avec ce que tu développes. "Qui suis-je ?" est une question importante que tout humain a du se poser un jour ou l'autre, et chercher la réponse plus ou moins longuement. Comme tu l'évoques, certains se satisferont d'une réponse rapide, d'autres y cogiteront une vie entière. C'est un but tout à fait noble et, comme je trouve que tout est lié, il amène à s'interroger en cascade sur d'autres sujets importants comme "Qu'est-ce que le monde ?" ou "Comment je sais que je sais des choses ?". Les réponses s'entremêlent mais je divague déjà.

Il y a un personnage du roman "La horde du contrevent" dont l'histoire symbolise cette quête de l'identité. J'emprunte son image : "Notre vrai visage nous attend au bout de la route, il est encore en construction, chacun de nos actes le sculpte, le balafre ou l'embellit".

Il y a 1 heure, Passiflore a dit :

fermement convaincue qu'Un seul sait qui je suis

Joli.

Il y a 1 heure, Passiflore a dit :

Je pense connaître assez bien la femme que je suis grâce à mon vécu jusqu'à aujourd'hui mais j'ai pleinement conscience que je n'ai pas fini de découvrir d'autres aspects de ma personnalité profonde et il en sera ainsi jusqu'au terme de mon existence.

La conscience de pouvoir découvrir de nouvelles choses sur soi signifierait que les précédents choix n'ont pas seulement enfermé dans un rôle mais aussi su créer de nouvelles possibilités qui n'existaient pas avant.

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Membre, 64ans Posté(e)
ChristianB Membre 384 messages
Forumeur accro‚ 64ans‚
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Ces questions touchent au cœur de la condition humaine, mêlant psychologie et philosophie. En tant qu'intelligence artificielle, je n'ai pas de croyances personnelles, mais je peux vous proposer une synthèse des grandes perspectives philosophiques et scientifiques sur ces sujets.

Le changement : Révélation ou véritable transformation ?

Deux grandes visions s'affrontent sur la nature de l'évolution humaine :

La perspective essentialiste (Le dévoilement) : Cette approche stipule que nous possédons un noyau dur identitaire. Les crises de la vie (maladie, rupture) ne nous changent pas, mais agissent comme des révélateurs. Les masques tombent, le potentiel latent s'exprime. C'est l'idée de Nietzsche : « Deviens ce que tu es ».

La perspective existentialiste et scientifique (La malléabilité) : En psychologie moderne, les études sur la plasticité cérébrale et les traits de personnalité (comme le modèle des Big Five) montrent que si le tempérament de base reste stable, les expériences modifient profondément nos comportements, nos valeurs et notre neurobiologie. Pour Jean-Paul Sartre, « l'existence précède l'essence » : nous ne naissons pas avec une nature figée, nous nous définissons en permanence par nos actes.

La liberté : Indépendance absolue ou engagement choisi ?

Votre réflexion saisit parfaitement le paradoxe de la liberté :

La liberté négative (L'absence de contraintes) : C'est la liberté d'option. Elle refuse le compromis pour préserver le potentiel. Cependant, pousser cette logique à l'extrême mène à l'immobilisme. À force de vouloir garder toutes les portes ouvertes, on passe sa vie dans le couloir.

La liberté positive (L'autonomie de l'engagement) : C'est la liberté d'action et de vouloir. Comme le soulignait le philosophe Søren Kierkegaard, le choix véritable exige un renoncement. Choisir une voie et s'y tenir n'est pas une perte de liberté, mais l'expression la plus pure de celle-ci. C'est l'exercice de la volonté et de la responsabilité face à l'incertitude.

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Membre, 125ans Posté(e)
Anna Purna Membre 1 471 messages
Forumeur vétéran‚ 125ans‚
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Il y a 3 heures, Plouj a dit :

Je n'en suis pas si sûr ! 

Un conditionnement façon guerre du Vietnam sur des soldats américains, une secte, peuvent changer et transformer les pensées des gens.

Oui, bien sûr mais c'est la personne elle-même qui, par son vécu, son ressenti, va changer et non pas une personne extérieure qui le fera. C'est la raison pour laquelle, lorsqu'on s'engage dans une relation amoureuse, dirais-je, il faut prendre "l'autre" tel qu'il est et ne pas essayer de le faire devenir comme on veut, c'est impossible...

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Membre, 53ans Posté(e)
CAL26 Membre 8 690 messages
Maitre des forums‚ 53ans‚
Posté(e)
Il y a 2 heures, CAL26 a dit :

C'est paradoxal alors de voir la liberté comme une situation définie à priori et qui ne permet que de reconnaître cette définition (c'est peut-être le paradoxe contenu dans : je suis libre si je peux être moi-même). 

Si nous voyons dans le patrimoine génétique la seule définition de qui nous sommes, il apparaît alors que la liberté n'étant même pas dans la rencontre avec l'environnement, est-elle liberté ? Mais si la définition de qui on est est vue comme le résultat de l'interaction des 2, le fait qu'on parle de résultat ne permet pas de bien situer la liberté. 

Il apparait que si le patrimoine génétique dessine des contours, il ne définit rien à priori à l'intérieur de ces contours. Ce  fonctionnement ne permet donc pas de croire qu'on est défini à l'avance. 

En fait notre identité n'a pas de réel contenu. La seule identité se trouve dans un statut social qui nous donne un nom et nous gardons cette identité tant que la société en garde la trace : le patient souffrant d'Alzheimer conservera la même identité, même quand la totalité de sa mémoire aura disparue, tant que cette identité sera connue de la société. Ce statut reste quand la personnalité voire le corps ont été totalement transformés. 

En dehors des maladies neurodégénératives ou de graves traumatismes modifiant massivement notre système nerveux, nous changeons visiblement et assez constamment pendant une phase de maturation maintenant estimée à environ 25 ans, mais ce changement "normal" n'a pas un champ des possibles infini. Et à la fin de la phase de maturation, le champ des possibles est encore plus réduit. Mais il est présent et bien que réduit de plus en plus il peut être redéfini en permanence. 

Or on "est" que relativement à cette dynamique très complexe. 

Et une précision me semble importante : en disant qu'à la fin de la phase de maturation le champ des possibles est encore plus réduit, c'est l'importance des changements de personnalité qui en moyenne se réduit parce qu'une certaine stabilité émotionnelle correspond à cette maturité. Mais la liberté correspondant aux choix rationnels est de ce fait grandie. 

Donc en cela la dynamique est encore plus complexe : à un stade de plus grande stabilité et donc d'une certaine définition de qui on est, peut correspondre une liberté prenant appui sur cette stabilité. 

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Membre, Voyageur, 71ans Posté(e)
Plouj Membre 121 781 messages
71ans‚ Voyageur,
Posté(e)
Il y a 18 heures, Anna Purna a dit :

Oui, bien sûr mais c'est la personne elle-même qui, par son vécu, son ressenti, va changer et non pas une personne extérieure qui le fera. C'est la raison pour laquelle, lorsqu'on s'engage dans une relation amoureuse, dirais-je, il faut prendre "l'autre" tel qu'il est et ne pas essayer de le faire devenir comme on veut, c'est impossible...

Pas forcément comme on veut, mais si c'est pour son bien, une personne d'une timidité maladive, disant oui à tout, si elle est d'accord on peut la changer.

Même chose pour quelqu'un de trop crédule, c'est lui rendre service... 

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Membre, Posté(e)
Passiflore Membre 24 300 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Le 06/08/2026 à 21:12, ashaku a dit :

Et je suis d'accord avec ce que tu développes. "Qui suis-je ?" est une question importante que tout humain a du se poser un jour ou l'autre, et chercher la réponse plus ou moins longuement. Comme tu l'évoques, certains se satisferont d'une réponse rapide, d'autres y cogiteront une vie entière. C'est un but tout à fait noble (...)

Il y a un personnage du roman "La horde du contrevent" dont l'histoire symbolise cette quête de l'identité. J'emprunte son image : "Notre vrai visage nous attend au bout de la route, il est encore en construction, chacun de nos actes le sculpte, le balafre ou l'embellit".

La conscience de pouvoir découvrir de nouvelles choses sur soi signifierait que les précédents choix n'ont pas seulement enfermé dans un rôle mais aussi su créer de nouvelles possibilités qui n'existaient pas avant.

 

Oui "qui suis-je ?" et l'autre question du même ordre: "qui veux-je être ?" et ce peut être en effet le but de toute une vie: se découvrir soi.

J'aime l'image de son "visage" que l'on modèle selon ses choix, ses actes bons ou mauvais qui rejoint ma croyance en son âme que l'on s'emploie à embellir ou que l'on abîme, salit, selon certains de ses actes, ses erreurs.

Fort heureusement il n'est jamais trop tard pour rectifier le tir, renverser la vapeur, en s'employant désormais à soigner, embellir son "visage" abîmé, enlaidi.

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