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Qu’est-ce qui compte le plus : ce que l’on veut dire ou ce que l’on provoque ?

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MidnightArcher

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Membre, 46ans Posté(e)
MidnightArcher Membre 33 messages
Forumeur inspiré‚ 46ans‚
Posté(e)

Nous avons tendance à accorder à l’intention une valeur morale en soi — comme si agir avec bienveillance, empathie ou même conflit intérieur suffisait à préserver une forme de pureté. Pourtant, l’intention relève de l’intime, inaccessible aux autres, tandis que l’impact s’inscrit dans le monde commun, où ses conséquences sont réellement vécues. Dès lors, où réside la vérité : dans le récit que nous faisons de nos motivations, ou dans l’expérience de ceux qui en subissent les effets ? Une action, même animée des meilleures intentions, peut-elle encore être dite “bonne” si elle engendre confusion, déséquilibre ou souffrance ? Ou bien le sens appartient-il, en dernier ressort, non pas à l’intention, mais à l’impact ?

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Membre, 71ans Posté(e)
Don Juan Membre 3 519 messages
Forumeur vétéran‚ 71ans‚
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Il y a 7 heures, MidnightArcher a dit :

Nous avons tendance à accorder à l’intention une valeur morale en soi — comme si agir avec bienveillance, empathie ou même conflit intérieur suffisait à préserver une forme de pureté. Pourtant, l’intention relève de l’intime, inaccessible aux autres, tandis que l’impact s’inscrit dans le monde commun, où ses conséquences sont réellement vécues. Dès lors, où réside la vérité : dans le récit que nous faisons de nos motivations, ou dans l’expérience de ceux qui en subissent les effets ? Une action, même animée des meilleures intentions, peut-elle encore être dite “bonne” si elle engendre confusion, déséquilibre ou souffrance ? Ou bien le sens appartient-il, en dernier ressort, non pas à l’intention, mais à l’impact ?

Agir dans une bonne intention est une marque morale sûre. Mais cela ne suffit pas.

La quête de connaissance de ce qui aura pu générer cette bonne intention peut m'amener à découvrir que ce que je prenais pour un acte désintéressé ne l'était pas du tout.

Pourquoi est-ce si compliqué ?

Et bien je pense que la psyché humaine est compliquée à déchiffrer parce elle est composée de niveaux comme une termitière comporte plusieurs étages. Ce qui se produit à l'étage N° 3 n'est pas sans "reliance" avec les autres étages mais il est difficile d'établir les liens de causes entre les étages.

Mais il y a une valeur sûre. Puisque  je ne peux pas faire totalement confiance en mes "bonnes intentions" et que je me dois d'être prudent sur mes choix prétendus être retenus en faveur d'autrui, je me dois de penser, et d'agir non pas en suivant le fil de mes propres vues mais en fonction de celles que je pense correspondre ou s'approcher des vues d'autrui?

Dire non pas ce que pense être ma "vérité", mais une "vérité" adaptée à d'autres oreilles.

Lorsque nous voulons nourrir un petit bébé, nous ne lui donnons pas un morceau de gigot à mastiquer, n'ayant pas de dents il risque fort de ne pas pouvoir se nourrir ou de s'étouffer.

Nous commençons par lui donner du lait, et au fur et à mesure qu'il prend de l'âge, nous adaptons sa nourriture à ses moyens de l'ingérer. C'est ainsi qu'il faut pratiquer en toute occasion.

Lorsque nous ne connaissons pas bien la personne, nous devons d'abord apprendre à la connaître afin de pouvoir évaluer quelle nourriture il peut absorber.

 

Modifié par Don Juan
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Membre, 44ans Posté(e)
ashaku Membre 1 236 messages
Mentor‚ 44ans‚
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Il y a 10 heures, MidnightArcher a dit :

Nous avons tendance à accorder à l’intention une valeur morale en soi — comme si agir avec bienveillance, empathie ou même conflit intérieur suffisait à préserver une forme de pureté. Pourtant, l’intention relève de l’intime, inaccessible aux autres, tandis que l’impact s’inscrit dans le monde commun, où ses conséquences sont réellement vécues. Dès lors, où réside la vérité : dans le récit que nous faisons de nos motivations, ou dans l’expérience de ceux qui en subissent les effets ? Une action, même animée des meilleures intentions, peut-elle encore être dite “bonne” si elle engendre confusion, déséquilibre ou souffrance ? Ou bien le sens appartient-il, en dernier ressort, non pas à l’intention, mais à l’impact ?

Je te propose un schéma sur lequel s'appuyer :

Des choses se passent dans la réalité que j'observe -> Ca me fait penser à des idées aux quelles je réfléchis pour décider quoi faire -> Je fixe mon choix et j'agis conformément à ce que j'ai décidé -> la boucle recommence car suite à mon action des choses se passent dans la réalité ...

Dans ta question, tu met en comparaison d'importance d'une part l'intention impulsant une action et les effets de l'action produite. L'intention est mon étape "Je réfléchis à ces idées pour décider quoi faire" et les effets sont "J'agis conformément à ma décision".

Ce qu'il faut noter, c'est qu'il s'agit d'une boucle, les conséquences bonnes ou mauvaises de mes choix sont observées et servent de base à mes prochaines réflexions et décisions. Dans le cadre d'une boucle, aucune de ces étapes n'est plus importante que l'autre, c'est leur fonctionnement conjoint qui produit l'effet désiré : l'intelligence, l'apprentissage au cours du temps et des expériences.

Mais si tu voulais une réponse pour ton cadre spécifique, si on choisit de prendre une situation précise, un "instantané" dans la boucle, qui devient juste l'enchainement linéaire entre deux étapes, alors c'est la deuxième qui prime, la version la plus récente du traitement de l'information, et donc les effets produits. C'est eux qui doivent guider la suite, imaginons que j'ai eu une bonne intention mais obtenu des effets négatifs, posons les deux cas :

  • si je favorise mon intention sur les effets, je dis "j'ai commis une faute mais c'est pas grave mon intention était bonne"
  • si je favorise les effets sur l'intention, je dis "j'ai commis une erreur je dois changer ma façon d'agir mon intention"

Le deuxième comportement permet le changement, et donc l'apprentissage peut se produire par interaction. Ainsi que la spécialisation si on pratique beaucoup la même activité.

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Membre, 46ans Posté(e)
MidnightArcher Membre 33 messages
Forumeur inspiré‚ 46ans‚
Posté(e)
Il y a 4 heures, Don Juan a dit :

Agir dans une bonne intention est une marque morale sûre. Mais cela ne suffit pas.

La quête de connaissance de ce qui aura pu générer cette bonne intention peut m'amener à découvrir que ce que je prenais pour un acte désintéressé ne l'était pas du tout.

Pourquoi est-ce si compliqué ?

Et bien je pense que la psyché humaine est compliquée à déchiffrer parce elle est composée de niveaux comme une termitière comporte plusieurs étages. Ce qui se produit à l'étage N° 3 n'est pas sans "reliance" avec les autres étages mais il est difficile d'établir les liens de causes entre les étages.

Mais il y a une valeur sûre. Puisque  je ne peux pas faire totalement confiance en mes "bonnes intentions" et que je me dois d'être prudent sur mes choix prétendus être retenus en faveur d'autrui, je me dois de penser, et d'agir non pas en suivant le fil de mes propres vues mais en fonction de celles que je pense correspondre ou s'approcher des vues d'autrui?

Dire non pas ce que pense être ma "vérité", mais une "vérité" adaptée à d'autres oreilles.

Lorsque nous voulons nourrir un petit bébé, nous ne lui donnons pas un morceau de gigot à mastiquer, n'ayant pas de dents il risque fort de ne pas pouvoir se nourrir ou de s'étouffer.

Nous commençons par lui donner du lait, et au fur et à mesure qu'il prend de l'âge, nous adaptons sa nourriture à ses moyens de l'ingérer. C'est ainsi qu'il faut pratiquer en toute occasion.

Lorsque nous ne connaissons pas bien la personne, nous devons d'abord apprendre à la connaître afin de pouvoir évaluer quelle nourriture il peut absorber.

 

Là où j’hésite, c’est sur la conclusion selon laquelle nous devrions adapter notre vérité en fonction de ce que les autres sont capables de recevoir. Bien sûr, la sensibilité et l’attention aux autres sont importantes, mais je ne suis pas certain(e) que le fait d’ajuster la vérité à la perception de chacun résolve vraiment la tension dont je parlais.

Pour moi, la question est moins d’adapter notre perspective aux autres que de rester responsable des effets de nos actes, indépendamment de nos intentions. Car même une vérité “adaptée” peut produire de la confusion ou blesser.

Je me demande donc si l’enjeu n’est pas plutôt d’apprendre à tenir les deux à la fois : rester aligné(e) avec ce que l’on considère comme vrai, tout en étant responsable de l’impact que cela a dans le monde partagé.

Dans ce sens, il ne s’agit pas seulement de ce que les autres peuvent “recevoir”, mais aussi de ce que nos actions produisent réellement, qu’on l’ait voulu ou non.

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 8 294 messages
Maitre des forums‚
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Je m'autorise une petite incise. Dans le discours philosophique, idéalement, ce qui est dit (le philosophe s'efforce de dire ce qui est, vaut, fait sens ou Sens, justesse et/ou justice, aussi bien que possible) et l'intention ne font qu'un. Et en vertu du cogito, de la conscience de Soi, celui qui se propose de pratiquer le discours philosophique doit toujours garder à l'esprit que Son discours philosophique est toujours a priori " conformé " par le Moi.

Modifié par Neopilina
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Membre, 71ans Posté(e)
Don Juan Membre 3 519 messages
Forumeur vétéran‚ 71ans‚
Posté(e)
il y a une heure, MidnightArcher a dit :

Là où j’hésite, c’est sur la conclusion selon laquelle nous devrions adapter notre vérité en fonction de ce que les autres sont capables de recevoir. Bien sûr, la sensibilité et l’attention aux autres sont importantes, mais je ne suis pas certain(e) que le fait d’ajuster la vérité à la perception de chacun résolve vraiment la tension dont je parlais.

La vérité que nous jugeons comme telle, n'est-ce pas ? Il va sans dire que nous ne pouvons détenir la vérité or les vérités mathématiques... Même en cela j'ai pris parti de ne pas trop croire hormis à l'intérieur de certains cadres limités.

il y a une heure, MidnightArcher a dit :

Pour moi, la question est moins d’adapter notre perspective aux autres que de rester responsable des effets de nos actes, indépendamment de nos intentions. Car même une vérité “adaptée” peut produire de la confusion ou blesser.

Oui, mais tout amène de la confusion, même le fait de ne rien dire, si nous voulons coexister nous sommes bien obligés de faire l'effort de communiquer et de partager un tant soit peu.

 

il y a une heure, MidnightArcher a dit :

Je me demande donc si l’enjeu n’est pas plutôt d’apprendre à tenir les deux à la fois : rester aligné(e) avec ce que l’on considère comme vrai, tout en étant responsable de l’impact que cela a dans le monde partagé.

Mais le fait de trouver une forme audible pour autrui n'oblige en rien à nous désaligner de nous-même. Je n'irai pas jusque là du moins.

 

il y a une heure, MidnightArcher a dit :

Dans ce sens, il ne s’agit pas seulement de ce que les autres peuvent “recevoir”, mais aussi de ce que nos actions produisent réellement, qu’on l’ait voulu ou non.

Oui, pour moi pas trop de différences entre agir et parler, la parole est un acte en mots. La même prudence et la même  économie doivent être de mise.

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Membre, Posté(e)
saynow Membre 347 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

ce qu' on provoque bien sûr 

ce qu'arriver bien sûr 

l'intention est pas importante 

ce qui change la realité est le plus important 

si une personne fait des mal choses en realité qu' on peut faire avec sa intention ?!!!!!

et bien sûr il n'y a pas qui fait des bons choses avec mal intentions 

Merci

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Membre, 53ans Posté(e)
CAL26 Membre 8 690 messages
Maitre des forums‚ 53ans‚
Posté(e)
Le 17/04/2026 à 13:25, MidnightArcher a dit :

Là où j’hésite, c’est sur la conclusion selon laquelle nous devrions adapter notre vérité en fonction de ce que les autres sont capables de recevoir. Bien sûr, la sensibilité et l’attention aux autres sont importantes, mais je ne suis pas certain(e) que le fait d’ajuster la vérité à la perception de chacun résolve vraiment la tension dont je parlais.

Pour moi, la question est moins d’adapter notre perspective aux autres que de rester responsable des effets de nos actes, indépendamment de nos intentions. Car même une vérité “adaptée” peut produire de la confusion ou blesser.

Je me demande donc si l’enjeu n’est pas plutôt d’apprendre à tenir les deux à la fois : rester aligné(e) avec ce que l’on considère comme vrai, tout en étant responsable de l’impact que cela a dans le monde partagé.

Dans ce sens, il ne s’agit pas seulement de ce que les autres peuvent “recevoir”, mais aussi de ce que nos actions produisent réellement, qu’on l’ait voulu ou non.

Le système judiciaire français fait nettement la distinction entre un fait commis involontairement et un acte voulu. Ainsi un homicide (prenons un exemple extrême) involontaire (accidentel) n'est pas sanctionné comme un assassinat (meurtre prémédité) ni comme un meurtre même non prémédité.

L'intention joue donc pour notre système judiciaire un rôle central dans la responsabilité individuelle. Notamment on peut supposer qu'une personne qui a tué avec l'intention de le faire est plus dangereuse pour la société que quelqu'un qui a provoqué une mort sans intention de le faire. L'homicide involontaire est néanmoins sanctionné mais beaucoup plus légèrement. 

On peut raisonnablement penser qu'un fait provoqué sans la moindre intention est lié aux circonstances, à un concours de circonstances et donc la personne à l'origine de la cause sans avoir pu anticiper la conséquence n'a pas une plus grande probabilité de provoquer dans l'avenir le même type de drame que n'importe qui d'autre. Parce qu'engager la responsabilité individuelle c'est engager l'identité de la personne. 

Par ailleurs, la justice a conçu la notion de discernement : une personne victime d'une bouffée délirante et qui tue ne peut pas être jugée, sa responsabilité individuelle ne peut pas être mise en cause parce qu'elle n'a pas eu d'intention. Elle est par contre jugée dangereuse mais la sanction pénale n'a dans ce cas aucun sens quant à son rôle "éducatif". Ce sont alors des soins qui sont imposés. 

En complément, j'avais créé un sujet avec mon autre pseudo, sur l'évolution dans le temps de la notion de responsabilité : 

Alors si ça vous intéresse...

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Membre, Posté(e)
Orian Membre 2 012 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Le 17/04/2026 à 01:58, MidnightArcher a dit :

 ?

Aucun des deux. On ne vient que pour imposer une opinion sans jamais écouter l'autre. Il ne s'agit quasiment jamais d'échanges, mais juste d'une succession de vérités assénées par un camp puis par l'autre. Ni ce que l'on veut dire ni ce que cela provoque n'a réellement d'importance. Il est surtout question de s'auto-écouter parler avec toute l'hypocrisie possible. 

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