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Tout ce qui a été posté par Fiphi
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Aucun mérite dis-tu, avec tant d’humilité ! Tu es une muse de la littérature. Ton approche incline à s’intéresser à la matière. Elle ouvre des horizons dont se nourrissent la pensée, l’intelligence, l’âme. Scientifique de par ma formation, je tente de rattraper les années perdues ! Et tu es là !
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l'alphabet des écrivains et de leurs oeuvres
Fiphi a répondu à un(e) sujet de chirona dans Littérature
En J - Théodore Simon Jouffroy, né aux Pontets (Doubs) le 6 juillet 1796 et mort à Paris le 1 mars 1842, était un philosophe français. élevé dans la religion catholique, il tombe dans l'incrédulité lors de ses études à l'école normale supérieure. élève de Victor Cousin, il est reçu docteur ès lettres en 1816. Maître de conférence à l'école normale supérieure, il est destitué en 1822 et ouvre chez lui un cours privé de philosophie. En 1829, il fut nommé professeur de philosophie à la Sorbonne puis en 1832 au Collège de France. En 1825, il publiait un article retentissant : Comment les dogmes finissent. Propos que je trouve remarquable .... Extrait : Comment les dogmes finissent. Quand un dogme touche à la fin de son règne, on voit naître d'abord une indifférence profonde pour la foi reçue. Cette indifférence n'est point le doute : on continue de croire ; pas même une disposition à douter : on ne s'est point encore avisé que le doute fût possible ; mais c'est le propre d'une croyance qui n'a plus de vie et qui ne subsiste que par la coutume. Dans les temps éloignés où le dogme prit naissance, on l'adopta, parce qu'il parut vrai ; on croyait alors, et on savait pourquoi : la foi était vivante. Mais les enfants des premiers convertis commencèrent à admettre le dogme sans vérifier ses titres, c'est-à-dire croire sans comprendre ; dès lors, la foi change de base, et, au lieu de reposer sur la conviction, s'assit sur l'autorité et tourna en habitude. Transmis ainsi de génération en génération sous des mots consacrés, et toujours moins compris à mesure qu'il s'éloigne davantage de sa source, le moment vient où le dogme ne gouverne plus qu'en apparence. Parce que tout sentiment de sa vérité est éteint dans les esprits. La foi n'est plus qu'une routine indifférente, qu'on observe sans savoir pourquoi, et qui ne subsiste que parce qu'on n'y fait pas attention. Alors s'élève l'esprit d'examen. Etonnés de leur attachement à des formules qu'ils ne comprennent point, entourés d'un peuple qui partage leur ignorance et leur crédulité, quelques hommes se demandent si l'on doit croire sans motif, et, trouvant au fond de leur conscience une invincible répugnance à une foi aveugle, commencent à regarder de près à la vérité du dogme qui règne sans se donner la peine de justifier de ses droits. Ce n'est point là un acte d'hostilité mais de bon sens. Ceux en qui s'est développé cet esprit raisonnable y cèdent comme un besoin raisonnable. Ils ne songent ni à détruire le dogme, ni à changer les idées du peuple ; ils ne songent qu'à trouver dans la doctrine consacrée quelque chose de vrai, qui légitime leur foi passée, réponde à leur bonne volonté présente, et fonde pour l'avenir leur attachement à ses maximes sur une conviction éclairée. Mais le dogme ne leur offre point ce qu'ils cherchent car il s'est corrompu en traversant tant de siècles. Etabli par la vérité qui était en lui, cette vérité est restée pure tant que la lutte engagée pour lui donner le pouvoir a subsisté ; mais après, la ferveur est tombée, et le triomphe a produit l'apathie ; la paresse humaine l'a enveloppé de formules dont la mémoire s'est chargée, et qui ont dispensé l'intelligence de comprendre ; l'oubli du sens a permis la corruption des formes ; l'ignorance et l'intérêt, après les avoir dénaturées, les ont interprétées : en sorte qu'aujourd'hui cette doctrine, jadis pleine de vérité et de vie, ne présente plus à la bonne foi du scepticisme naissant qu'un assemblage informe de vieux symboles mutilés à travers lesquels lesquels le sens primitif ne perce plus, et de maximes despotiques ou superstitieuses ajoutées par l'ambition du pouvoir ou l'abrutissement du peuple. Ce qui me permettra d'évoquer ultérieurement Victor Cousin (1792-1867), puis Auguste Comte (1798-1857). Il y a de quoi citer en C !!! -
- Etre un injuste témoin ; étant arbitre, proclamer vainqueur celui qui pourtant a perdu. - Ou bien, ne pas savoir apprécier une belle mélodie Car Midas, roi de Phrygie fut choisi comme arbitre dans un défi opposant Marsyas à Apollon sur l'usage de la cithare et de la flûte. Marsyas ne put rivaliser. Il fut déclaré vaincu par les muses, également arbitres. Midas s'était proclamer en faveur du rival d'Apollon. Il fût châtié. Le dieu Délos ne voulut pas laisser la forme humaine à des oreilles aussi barbares ; il les allongea, les remplit de longs poils et les rendit mobiles comme celles d'un âne ...
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"Lorsque je respire je me sens vivre. Cela m'est encore insuffisant. Je vis parce qu'aussi et surtout je suis libre" (De moi) Toujours sur la liberté : un extrait d'un dialogue du cercle des poètes disparus Mr McAllister : Montre-moi coeur affranchi du fardeau des rêves et je te dirais voici un homme libre ! John Keating : C'est dans ses rêves que l'homme trouve la liberté cela fut et restera la vérité !
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J'ai été intrigué par ce nom « Chirona ». Tu nous vient donc d'une constellation. Ta naissance en est la preuve. Tu as vécu parmi les Dieux. Tu nous est revenue parmi les mortels pour nous communiquer ta science. C'est exaltant. Je suis admiratif. Serais-tu de nouveau immortelle ?
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Comment avez-vous trouvé le fait du prince ? Je n'ai pas encore eu l'occasion de l'acheter ! J'y compte bien.
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l'alphabet des écrivains et de leurs oeuvres
Fiphi a répondu à un(e) sujet de chirona dans Littérature
En E - Esope (Wikipédia) ésope, écrivain grec à qui on attribue la paternité de la fable. Tout le récit de la vie d'ésope est parcouru par la thématique du rire, de la bonne blague au moyen de laquelle le faible, l'exploité, prend le dessus sur les maîtres, les puissants. En ce sens, ésope est un précurseur de l'anti-héros, laid, méprisé, sans pouvoir initial, mais qui parvient à se tirer d'affaire par son habileté à déchiffrer les énigmes. En raison du nombre de fables que cette légende comprenait, celles-ci ont dès lors pu commencer à circuler de façon autonome, à la façon de bons mots qu'on se racontait. Par la suite, des fables antérieures auraient été réattribuées à cette source, qui jouait le rôle d'un recueil. Il faut ajouter que, le grec ne possédant pas de terme spécifique pour désigner la fable, le nom d'ésope a servi de catalyseur, et ce d'autant plus facilement que toute science, toute technique, tout genre littéraire devait chez eux être rattaché à un « inventeur ». Ainsi s'explique, en partie, qu'ésope soit si vite devenu la figure emblématique de la fable. Le premier recueil de Fables est dû à Démétrios vers 325 avJC. Le recueil original est perdu. Le recueil que connaissait La Fontaine comprenait 127 fables. Les fables d'ésope étaient écrites en prose et sans prétention littéraire. Cela a fait dire à Hegel : « La prose commence dans la bouche d'un esclave ; aussi le genre tout entier est prosaïque » (Esthétique). Les fables d'ésope seront reprises et traduites en latin par Phèdre. Babrias en produira de nouvelles (IIème S av JC) Planude, un moine byzantin du XIVe Siècle popularisera une Vie d'ésope à partir d'un matériau datant probablement du Ier siècle. ésope inspira notamment : Flavius Avianus ( IIe ou IVe siècle), Phèdre (direct inspirateur des fabulistes du XVII°), Jean de La Fontaine, Benserade (contemporain de La Fontaine), Fable : Un roseau et un olivier Un Olivier et un Roseau disputaient ensemble sur leur force et sur leur fermeté. L'Olivier reprochait au Roseau sa fragilité, qui l'obligeait de plier au moindre vent. Le Roseau ne trouvant point de bonnes raisons pour lui répliquer, garda le silence ; mais ayant attendu quelque temps sans rien dire, un vent violent vint à souffler tout à coup. Le Roseau agité par le vent, plia, et n'en fut point incommodé ; mais l'Olivier ayant voulu résister à l'orage, fut emporté et déraciné par la violence du tourbillon. Alors le Roseau prenant son temps pour parler, dit à l'Olivier qui était par terre : ¿ Tu vois bien qu'il est plus à propos de céder à un ennemi puissant, que de lui résister avec une témérité qui a toujours de mauvaises suites. ¿ Fable de La Fontaine : Le chêne et le roseau (pour comparaison) Le Chêne un jour dit au Roseau : "Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ; Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau. Le moindre vent, qui d'aventure Fait rider la face de l'eau, Vous oblige à baisser la tête : Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d'arrêter les rayons du soleil, Brave l'effort de la tempête. Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr. Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage Dont je couvre le voisinage, Vous n'auriez pas tant à souffrir : Je vous défendrais de l'orage ; Mais vous naissez le plus souvent Sur les humides bords des Royaumes du vent. La nature envers vous me semble bien injuste. - Votre compassion, lui répondit l'Arbuste, Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci. Les vents me sont moins qu'à vous redoutables. Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici Contre leurs coups épouvantables Résisté sans courber le dos ; Mais attendons la fin. "Comme il disait ces mots, Du bout de l'horizon accourt avec furie Le plus terrible des enfants Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs. Une autre pour le plaisir : Du corbeau et du renard Un Corbeau s'était perché sur un arbre, pour manger un fromage qu'il tenait en son bec. Un Renard qui l'aperçut, fut tenté de lui enlever cette proie. Pour y réussir et pour amuser le Corbeau, il commença à le louer de la beauté de son plumage. Le Renard voyant que le Corbeau prenait goût à ses louanges : C'est grand dommage, poursuivit-il, que votre chant ne réponde pas à tant de rares qualités que vous avez. ¿ Le Corbeau voulant persuader au Renard que son chant n'était pas désagréable, se mit à chanter, et laissa tomber le fromage qu'il avait au bec. C'est ce que le Renard attendait. Il s'en saisit incontinent, et le mangea aux yeux du Corbeau, qui demeura tout honteux de sa sottise, et de s'être laissé séduire par les fausses louanges du Renard. -
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Fiphi a répondu à un(e) sujet de chirona dans Littérature
J'adore Baudelaire, notamment "Le Spleen de Paris" ! Je m'y replonge très régulièrement. La fausse monnaie Comme nous nous éloignions du bureau de tabac, mon ami fit un soigneux triage de sa monnaie; dans la poche gauche de son gilet il glissa de petites pièces d'or; dans la droite, de petites pièces d'argent; dans la poche gauche de sa culotte, une masse de gros sols, et enfin, dans la droite, une pièce d'argent de deux francs qu'il avait particulièrement examinée. "Singulière et minutieuse répartition!" me dis-je en moi-même. Nous fîmes la rencontre d'un pauvre qui nous tendit sa casquette en tremblant. - Je ne connais rien de plus inquiétant que l'éloquence muette de ces yeux suppliants, qui contiennent à la fois, pour l'homme sensible qui sait y lire, tant d'humilité, tant de reproches. Il y trouve quelque chose approchant cette profondeur de sentiment compliqué, dans les yeux larmoyants des chiens qu'on fouette. L'offrande de mon ami fut beaucoup plus considérable que la mienne, et je lui dis: "Vous avez raison; après le plaisir d'être étonné, il n'en est pas de plus grand que celui de causer une surprise. - C'était la pièce fausse", me répondit-il tranquillement, comme pour se justifier de sa prodigalité. Mais dans mon misérable cerveau, toujours occupé à chercher midi à quatorze heures (de quelle fatigante faculté la nature m'a fait cadeau!), entra soudainement cette idée qu'une pareille conduite, de la part de mon ami, n'était excusable que par le désir de créer un événement dans la vie de ce pauvre diable, peut-être même de connaître les conséquences diverses, funestes ou autres, que peut engendrer une pièce fausse dans la main d'un mendiant. Ne pouvait-elle pas se multiplier en pièces vraies? ne pouvait-elle pas aussi le conduire en prison? Un cabaretier, un boulanger, par exemple, allait peut-être le faire arrêter comme faux-monnayeur ou comme propagateur de fausse monnaie. Tout aussi bien la pièce fausse serait peut-être, pour un pauvre petit spéculateur, le germe d'une richesse de quelques jours. Et ainsi ma fantaisie allait son train, prêtant des ailes à l'esprit de mon ami et tirant toutes les déductions possibles de toutes les hypothèses possibles. Mais celui-ci rompit brusquement ma rêverie en reprenant mes propres paroles: "Oui, vous avez raison; il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère." Je le regardai dans le blanc des yeux, et je fus épouvanté de voir que ses yeux brillaient d'une incontestable candeur. Je vis alors clairement qu'il avait voulu faire à la fois la charité et une bonne affaire; gagner quarante sols et le coeur de Dieu; emporter le paradis économiquement; enfin attraper gratis un brevet d'homme charitable. Je lui aurais presque pardonné le désir de la criminelle jouissance dont je le supposais tout à l'heure capable; j'aurais trouvé curieux, singulier, qu'il s'amusât à compromettre les pauvres; mais je ne lui pardonnerai jamais l'ineptie de son calcul. On n'est jamais excusable d'être méchant, mais il y a quelque mérite à savoir qu'on l'est; et le plus irréparable des vices est de faire le mal par bêtise. Quelqu'un a t-il fait un inventaire de tous les auteurs cités ? En D, je cite Diderot (1713-1784) Dans ses ouvrages personnels et dans sa direction de "L'Encyclopédie', il a été un philosophe au sens oridinaire du mot ainsi qu'au sens spécial du XVIII ème siècle. Philosophe, il a uni ses efforts à ceux de Voltaire et des Encyclopédistes pour la lutte contre l'absolutisme. Il a été, comme la plupart, modéré et partisan de réformes dans le cadre monarchique. Il voulait la fin des abus et la liberté de penser ; il aurait aimé un roi détaché des préjugés religieux et sociaux, favorable au progrès des lumières. Philosophe proprement dit il a été déiste (Voltaire-Rousseau), puis panthéiste (Spinoza), enfin a amalgamé ses idées assez peu cohérentes en une sorte de matérialisme panthéistique qui détruisait le libre arbitre, par conséquent l'obligation morale, et ne laissait de possibilité qu'à une morale sociale. Il tendait à croire, comme Rousseau, l'homme naturellement bon ; mais contrairement à Rousseau, il tenait la société pour bienfaisante, conseillère d'altruisme et d'entraide. Diderot a écrit dans tous les genres de la littérature. Il a été le directeur de l'Encyclopédie. Citations des pensées philosophiques : Recueil d'aphorismes ... «On demandait un jour à quelqu'un s'il y avait de vrais athées. Croyez-vous répondit-il qu'il y ait de vrais chrétiens ?» «Qu'est ce qu'un paradoxe, sinon une vérité opposée aux préjugés du vulgaire.» «Il ne faut pas imaginer Dieu ni trop bon, ni méchant. La justice est entre l'excès de la clémence et la cruauté, ainsi que les peines finies sont entre l'impunité et les peines éternelles.» «L'incrédulité est quelquefois le vice d'un sot, et la crédulité le défaut d'un homme d'esprit.» «Quel est donc ce Dieu ? Un Dieu plein de bonté... Un Dieu plein de bonté trouverait-il du plaisir à se baigner dans les larmes?» «Les passions sobres font les hommes communs.» «Parce qu'un homme a tort de ne pas croire en Dieu, avons-nous raison de l'injurier ? On n'a recours aux invectives que quand on manque de preuves.» «Dire que l'homme est un composé de force et de faiblesse, de lumière et d'aveuglement, de petitesse et de grandeur, ce n'est pas lui faire son procès, c'est le définir.» «Le Dieu des chrétiens est un père qui fait grand cas de ses pommes, et fort peu de ses enfants.» «Je crois que nous avons plus d'idées que de mots ; combien de choses senties qui ne sont pas nommées !» «Ce qu'on n'a jamais mis en question n'a point été prouvé.» Autres extraits : Ce qui caractérise le philosophe et le distingue du vulgaire, c'est qu'il n'admet rien sans preuve, qu'il n'acquiesce point à des notions trompeuses et qu'il pose exactement les limites du certain, du probable et du douteux. Cet ouvrage produira sûrement avec le temps une révolution dans les esprits, et j'espère que les tyrans, les oppresseurs, les fanatiques et les intolérants n'y gagneront pas. Nous aurons servi l'humanité. (Lettre à Sophie Volland - 1762) Qu'il fasse beau, qu'il fasse laid, c'est mon habitude d'aller sur les cinq heures du soir me promener au Palais-Royal. C'est moi qu'on voit, toujours seul, rêvant sur le banc d'Argenson. Je m'entretiens avec moi-même de politique, d'amour, de goût ou de philosophie. J'abandonne mon esprit à tout son libertinage. Je le laisse maître de suivre la première idée sage ou folle qui se présente, comme on voit dans l'allée de Foy nos jeunes dissolus marcher sur les pas d'une courtisane à l'air éventé, au visage riant, à l'oeil vif, au nez retroussé, quitter celle-ci pour une autre, les attaquant toutes et ne s'attachant à aucune. Mes pensées, ce sont mes catins. (Le neveu de Rameau) -
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Fiphi a répondu à un(e) sujet de chirona dans Littérature
Puisqu'il s'agit de Catilina, conspirateur, je publie les premières paroles que prononca Cicéron lors de la première Catilinaire ! Pour sauver la République. Un modèle oratoire ... Jusques à quand abuseras-tu de notre patience, Catilina ? Combien de temps encore serons-nous ainsi le jouet de ta fureur ? Où s'arrêteront les emportements de cette audace effrénée ? Ni la garde qui veille la nuit sur le mont Palatin, ni les postes répandus dans la ville, ni l'effroi du peuple, ni le concours de tous les bons citoyens, ni le choix, pour la réunion du sénat, de ce lieu le plus sûr de tous, ni les regards ni le visage de ceux qui t'entourent, rien ne te déconcerte ? Tu ne sens pas que tes projets sont dévoilés ? Tu ne vois pas que ta conjuration reste impuissante, dès que nous en avons tous le secret ? Penses-tu qu'un seul de nous ignore ce que tu as fait la nuit dernière et la nuit précédente, où tu es allé, quels hommes tu as réunis, quelles résolutions tu as prises ? 0 temps ! ô moeurs ! Le sénat connaît tous ces complots, le consul les voit ; et Catilina vit encore. Il vit ? que dis-je ? il vient au sénat ; il prend part aux conseils de la république ; son oeil choisit et désigne tous ceux d'entre nous qu'il veut immoler. Et nous, hommes pleins de courage, nous croyons assez faire pour la république, si nous échappons à sa fureur et à ses poignards. Il y a longtemps, Catilina, que le consul aurait dû t'envoyer à la mort, et faire tomber sur ta tête le coup fatal dont tu menaces les nôtres. Eh quoi ! un citoyen illustre, le grand pontife P. Scipion, frappa de mort, sans être magistrat, T. Gracchus pour une légère atteinte aux institutions de la république ; et nous, consuls, nous laisserons vivre Catilina, qui aspire à désoler l'univers par le meurtre et par l'incendie ? Je ne rappelle pas l'exemple trop ancien de C. Servilius Ahala, tuant de sa propre main Sp. Mélius, qui cherchait à faire une révolution. C'est qu'il y avait autrefois dans cette république, oui, il y avait des hommes assez courageux pour infliger des châtiments plus sévères à un citoyen pernicieux qu'à l'ennemi le plus acharné. Nous sommes armés contre toi, Catilina, d'un sénatusconsulte d'une rigueur terrible ; ni la sagesse ni l'autorité de cet ordre ne manquent à la république ; c'est nous, je le dis ouvertement, c'est nous consuls qui lui manquons. En T, Alexis Henri Charles Clérel, vicomte de Tocqueville, dit Alexis de Tocqueville, né à paris le 29 juillet 1805, mort à Cannes le 16 avril 1859. Penseur politique, historien et écrivain français. Un modèle en ce qui me concerne (ma signature que vous reconnaîtrez) ! Ses convictions des libertés J'ai pour les institutions démocratiques un goût de tête, mais je suis aristocratique par l'instinct, c'est-à-dire que je méprise et crains la foule. J'aime avec passion la liberté, la légalité, le respect des droits, mais non la démocratie. Voilà le fond de mon âme. Je hais la démagogie, l'action désordonnée des masses, leur intervention violente et mal éclairée dans les affaires, les passions envieuses des basses classes, les tendances irréligieuses. Voilà le fond de l'âme. Je ne suis ni du parti révolutionnaire, ni du parti conservateur. Mais, cependant et après tout, je tiens plus au second qu'au premier. Car je diffère du second plutôt par les moyens que par la fin, tandis que je diffère, du premier tout à la fois par les moyens et la fin. La liberté est la première de mes passions. Voilà ce qui est vrai. "Mon instinct, mes opinions" (OC, t. III, 2, p. 87) « Je n'ai pas de traditions, je n'ai point de parti, je n'ai point de cause, si ce n'est celle de la liberté et de la dignité humaine ; de cela, je suis sûr. » (Lettre à Louis de Kergorlay, 15 décembre 1850) « Je suis profondément convaincu que tout système régulier, permanent, administratif, dont le but sera de pourvoir aux besoins du pauvre, fera naître plus de misères qu'il n'en peut guérir, dépravera la population qu'il veut secourir et consoler. » (Mémoire sur le paupérisme) De la démocratie en Amérique, "Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre" Je pense donc que l'espèce d'oppression, dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l'a précédé dans le monde; nos contemporains ne sauraient en trouver l'image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l'idée que je m'en forme et la renferme; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tâcher de la définir, puisque je ne peux la nommer. Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il i reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie. Au dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulière, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? C'est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l'emploi du libre arbitre; qu'il renferme l'action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu'à l'usage de lui-même. L'égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait. Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la sue d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés,mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. -
En version originale, ça simplifie l'énigme ... Isn't it Away with your fictions of flimsy romance, Those tissues of falsehood which Folly has wove; Give me the mild beam of the soul-breathing glance, Or the rapture which dwells on the first kiss of love.
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Fiphi a répondu à un(e) sujet de chirona dans Littérature
O pour Ovide (PUBLIUS OVIDIUS NASO) Né 43 av JC - mort vers 18 apr JC. Poète latin, sans doute l'un des plus grands. Vie (Wikipédia) Issu d'une famille de chevaliers, Ovide étudie la rhétorique à Rome. Délaissant très tôt les carrières juridique et administrative, il connaît la célébrité grâce à ses recueils de poèmes, les Amours, les Héroïdes, l'Art d'aimer et les Remèdes à l'amour. A l'âge de dix-huit ans, son père lui permet d'aller voyager à Athènes, voyage qui le marquera et alimentera ses ¿uvres (notamment Les Métamorphoses). Après l'âge de quarante ans, il abandonne la poésie érotique pour écrire les Métamorphoses, poème de 12 000 hexamètres dactyliques répartis en quinze livres et reprenant les récits de la mythologie grecque et romaine. Extrait "L'amour l'après-midi" de "Les Amours", élégies d'Ovide constituant un véritable inventaire des situations amoureuses. Ces pièces galantes, émaillées de quelques traits coquins, composent sans doute les pages les plus charmantes d'une littérature latine dont on sait qu'elle excelle plutôt dans la gravité ... Chaleur...Midi passé. Au beau milieu du lit, Je me suis allongé pour prendre du repos. Un volet reste clos, et l'autre bâille un peu : la lumière ressemble à celle d'un sous-bois, D'un crépuscule à l'heure où Phébus se retire, ou quand la nuit n'est plus, sans qu'il fasse encor jour. Lumière que l'on offre aux amantes timides : c'est l'abri espéré par leur chaste pudeur. Corinne m'a rejoint, tunique dénouée, ses cheveux en bandeaux me cachent son cou blanc. Telle, Sémiramis allait vers son époux, et telle fut Laïs, aux si nombreux amants. J'arrachai la tunique : elle ne gênait guère, (si fine) - elle luttait pour en rester vêtue. Elle lutait, mais sans vraiment vouloir gagner, et ne fut point fâchée de se rendre, vaincue... Quand sans voile elle se dressa devant mes yeux, sur son corps, tout entier, nul défaut, nulle part. Ses épaules, ses bras, que je vis et touchai ! La forme de ses seins, faite pour les caresses ! Et ce ventre si plat sous cette gorge intacte ! La hanche, douce et pleine, et la cuisse, si jeune ! Des détails ? A quoi bon ? Tout méritait éloge et tout contre mon corps je serrai son corps nu. Le reste... Fatigué, nous dormîmes ensemble. Ah ! donnez-moi souvent un tel après-midi ! Les Amours, I, 5. -
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Une interview d'Amélie Nothomb sur Le Point.fr C'est une femme exquise, curieuse, intelligente. A consommer sans modération. Son prochain livre "Le fait du prince" sort cette semaine ! -
En vers, c'est mieux ... 1ère strophe ... Arrière les fictions de vos romans imbéciles, ces trames de mensonges tissues par la Folie ! Donnez-moi le doux rayon d'un regard qui vient du c¿ur, ou le transport que l'on éprouve au premier baiser de l'amour.
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Fiphi a répondu à un(e) sujet de chirona dans Littérature
Peut-être déjà cité : K pour Franz Kafka - La Métamorphose et autres récits. Citation : "L'oisiveté est le commencement de tous les vices, le couronnement de toutes les vertus." Extrait de regard : L'amoureux éconduit Quand je rencontre une fille, que je lui dis : "Sois gentille, viens avec moi" et qu'elle passe son chemin, elle veut dire par là : "Tu n'es pas un duc au nom prestigieux, tu n'es pas un américain à carrure de Peau-Rouge, aux yeux horizontaux, à la peau massée par le vent des prairies et par les fleuves qui les arrosent, tu n'es pas allé vers les grands lacs qui se trouvent je ne sais où et tu n'as pas vogué sur leurs eaux. Dis-moi donc, je te prie, pourquoi une jolie fille comme moi devrait venir avec toi. - Tu oublies qu'aucune automobile ne te berce à grandes envolées de par les rues ; je ne vois pas les seigneurs de ta suite, serrés dans leurs habits, rangés derrière toi en strict demi-cercle et marmonnant pour toi leurs formules de bénédiction ; tes seins sont enfermés comme il faut dans ton corset, mais tes cuisses et ta croupe montrent moins de retenue, tu portes une robe de taffetas plissé qui faisait notre bonheur à tous l'automne dernier et pourtant - malgré ce dangereux vêtement que tu portes sur toi - il t'arrive de sourire. - Oui, nous avons raison tous les deux et, pour ne pas nous administrer la preuve irréfutable, mieux vaut, n'est ce pas ? rentrer chez nous, chacun de son côté." -
Je suis ... infâme par ma conduite, pitoyable en raison de mon ignorance. Je lis et constate que ma mémoire à des défaillances. Je m'incline devant tant de savoirs et de connaissances. Il y tant de livres à lire ! Il s'agissait donc : Livre "DEMIAN - Histoire de la jeunesse d'Emile Sinclair " - Par Herman Hesse Voici à présent mon sujet : Un peu de poésie Arrière les fictions de vos romans imbéciles, ces trames de mensonges tissues par la Folie ! Donnez-moi le doux rayon d'un regard qui vient du c¿ur, ou le transport que l'on éprouve au premier baiser de l'amour.
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La gauche ne se porte pas si mal. Elle occupe de nombreuses collectivités territoriales. La France territoriale est à gauche d'ailleurs. Ce qui n'enlève rien à son impuissance à résoudre les problèmes des français. C'est la raison pour laquelle elle se fait discrète ! Si elle devait avouer ses incapacités !
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Comment pouvez-vous juger la police sur des niaiseries pareilles ?! Le policier aide, porte secours, renseigne, prévient, réprime, éduque aussi (permis piéton) ... constate les infractions, en recherche les auteurs. Il enquête et use de pouvoirs coercitifs que la loi lui accorde. Dans ses missions de police judiciaire, il exerce sous la direction du Procureur de la République. Pourquoi s'efforcer de juger la police, surtout en matière de social qui n'est pas sa mission essentielle. Pourquoi ne pas juger les enseignants, les éducateurs, les juges, les médecins, les assistantes sociales, les magistrats, les avocats, les parents. Pourquoi la Police ? C'est elle que l'on attend, c'est elle que l'on espère, 24 heures sur 24, pour résoudre tous les conflits ... Allez dans d'autres pays européens voire au maghreb, et vous y verrez une police moins "sociale". Mais en France, il faut un bouc émissaire .... On attend toujours plus d'elle et elle donne déjà beaucoup. Elles pansent déjà des plaies qu'on ne voit pas, dont on ne parle pas. Et il est tellement plus facile de ne pas en parler, de se taire, et de se tromper.
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N'allez par chercher l'existence de Dieu en dehors de vous-même. La réponse est dans le plus profond de l'âme. Il est aussi permis de douter quand on croit l'avoir trouvé.
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J'ai trouvé avec l'aide de Google. C'est infâme ! En voici un autre extrait. J'attends l'accord de Yiauthli pour donner ma réponse ! La vie de chaque homme est un chemin vers soi-même, l'essai d'un chemin, l'esquisse d'un sentier. Personne n'est jamais parvenu à être entièrement lui-même; chacun, cependant, tend à le devenir, l'un dans l'obscurité, l'autre dans plus de lumière, chacun comme il le peut.
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l'alphabet des écrivains et de leurs oeuvres
Fiphi a répondu à un(e) sujet de chirona dans Littérature
J'ai du me replonger dans mes livres de littérature. Veuillez me pardonner pour cet écart. C'est dire qu'il ne fut pas facile pour moi de trouver un auteur en J. Je lis peu les comptemporains. Si cela avait été le cas, j'aurais peut-être eu ma chance, en répondant au sujet, de manière spontanée. Toutefois, je suis parvenu à découvrir un auteur digne d'être connu. JOUBERT Joseph (1754-1824). Paradoxalement, il n'a rien publié de son vivant. Proche de Chateaubriand, c'est ce dernier qui le fit connaître à la postérité, en publiant ses écrits dans un recueil (Recueil des pensées de M. JOUBERT). On peut donc considérer qu'il s'agit là d'un auteur dans l'histoire de la littérature au temps de l'Empire. Ses pensées sont dit-on l'oeuvre d'une âme charmante, éprise de l'exquis et du raffiné dans le sentiment aussi bien que dans son expression. Qui osera se plaindre de le connaître à présent ? Car je défis quiconque de l'avoir déjà lu ... Extrait : Beaucoup de mots ont changé de sens. Le mot de liberté, par exemple, avait, au fond, chez les anciens, le même sens que celui de dominium. Je veux être libre, signifiait chez eux : je veux gouverner ou administrer la cité, et signifie parmi nous : je veux être indépendant. liberté, chez nous, a un sens moral, et avait, chez eux, un sens tout politique. Les anciens, que tout matérialisait dans leurs institutions, étaient spiritualisés par leur poésie. Ils disaient qu' il y avait une muse qui présidait à la science du gouvernement. Les anciens avaient besoin de la vertu, et, n' y étant pas portés par le précepte, ils s' y menaient, pour ainsi dire, eux-mêmes par des raisonnements et des considérations légères. Les anciens apprenaient au pied des autels de leurs dieux, en ne leur adressant que d' agréables et douces paroles, à être doux, ornés, polis dans leurs discours avec les hommes. Ils faisaient cette prière à Vénus : " accordez-nous de ne rien dire que d' agréable et de ne rien faire qui ne plaise. " la politesse athénienne était supérieure à la nôtre. Elle avait presque le langage de la galanterie. Socrate, dans le banquet de Platon, disait à Alcibiade : " les yeux de l' esprit deviennent plus perçants, à l' âge où les yeux du corps s' affaiblissent, et vous êtes encore loin de cet âge. " quelle grâce dans la contradiction ! On demandait un jour à la fille d' Aristote, nommée Pythias, quelle couleur lui plaisait davantage. Elle fit réponse que c' était celle qui naissait de la pudeur sur le visage des hommes simples et sans malice. Citations : Enseigner, c'est apprendre deux fois. Quand mes amis sont borgnes, je les regarde de profil. Il n'y a plus aujourd'hui d'inimitiés irréconciliables, parce qu'il n'y a plus de sentiments désintéressés : c'est un bien né d'un mal. Tous les hommes viennent de peu, et il s'en faut de peu pour qu'ils ne viennent de rien. L'ambition est impitoyable : tout mérite qui ne la sert pas est méprisable à ses yeux. Ce n'est pas l'abondance, mais l'excellence qui fait la richesse Les enfants ont plus besoin de modèles que de critiques. (Extrait des Pensées) Le but de la discussion ne doit pas être la victoire, mais l'amélioration. Il y a des sciences bonnes dont l'existence est nécessaire et dont la culture est inutile. Telles sont les mathématiques. La raison peut nous avertir de ce qu'il faut éviter, le c¿ur seul nous dit ce qu'il faut faire. Le plus beau des courages, celui d'être heureux. Il est indigne des grandes âmes de faire part des tourments qu'elles éprouvent. Quiconque s'agenouille devant Dieu se façonne à se prosterner devant un roi. -
l'alphabet des écrivains et de leurs oeuvres
Fiphi a répondu à un(e) sujet de chirona dans Littérature
En F, je cite Fénélon (1651-1715), homme d'église, théologien, écrivain. Il fut precepteur du Duc de Bourgogne. Comme ouvrage, je choisis "Dialogue des morts". Il fut destiné à l'éducation du Duc, probable héritier de Louis XIV. Il fait dialoguer divers personnages de l'antiquité grec et romaine. Il les oppose, les confronte dans ce qu'ils accomplis de bien ou de mal. La vertu est l'enseignement essentiel de son ouvrage. «Le bon esprit consiste à retrancher tout discours inutile, et à dire beaucoup en peu de mots.» [ Fénelon ] - De l'éducation des filles «Souviens-toi de la fragilité des choses humaines.» [ Fénelon ] «Quand tu seras le maître des autres hommes, souviens-toi que tu as été faible, pauvre et souffrant comme eux.» [ Fénelon ] - Les aventures de Télémaque «On ne supporte le vice qu'en le fuyant.» [ Fénelon ] - Télémaque Extrait du "Dialogue des morts" : Dans un dialogue entre Socrate, et Alcibiade, Fénélon fait dire à Socrate : "Un peuple gâté par une liberté trop excessive est le plus insupportable de tous les tyrans ; ainsi l'anarchie n'est le comble des maux qu'à cause qu'elle est le plus extrême despotisme : la populace soulevée contre les lois est le plus insolent de tous les maîtres. Mais il faut un milieu. Ce milieu est qu'un peuple ait des lois écrites, toujours constantes, et consacrées par toute la nation ; qu'elles soient au-dessus de tout ; que ceux qui gouvernent n'aient d'autorité que par elles ; qu'ils puissent tout pour le bien, et suivant les lois ; qu'ils ne puissent rien contre les lois pour autoriser le mal. Voilà ce que les hommes, s'ils n'étaient pas aveugles et ennemis d'eux-mêmes, établiraient unanimement pour leur félicité. Mais les uns, comme les Athéniens, renversent les lois, de peur de donner trop d'autorité aux magistrats, par qui les lois devraient régner ; et les autres, comme les perses, par un respect superstitieux des lois, se mettent dans un tel esclavage sous ceux qui devraient faire régner les lois, que ceux-ci règnent eux-mêmes, et qu'il n'y a plus d'autre loi reelle que leur volonté absolue. Ainsi les uns et les autres s'éloignent du but, qui est une liberté modérée par la seule autorité des lois, dont ceux qui gouvernent ne devraient être que les simples défenseurs. Celui qui gouverne doit être le plus obéissant à la loi. Sa personne détachée de la loi n'est rien, et elle n'est consacrée qu'autant qu'il est lui-même, sans intérêt et sans passion, la loi vivante donnée pour le bien des hommes. Jugez par là combien les Grecs, qui méprisent tant les barbares, sont encore dans la barbarie. La guerre du péloponnèse, où la jalousie ambitieuse de deux républiques a mis tout en feu pendant vingt-huit ans, en est une funeste preuve. Vous même qui parlez ici, n'avez vous pas flatté tantôt l'ambition triste et implacable des lacédémoniens, tantôt l'ambition des Athéniens, plus vaine et plus enjouée ? Athènes avec moins de puissance a fait de plus grands efforts, et a triomphé longtemps de toute la Grèce : mais enfin, elle a succombé tout à coup parce que le despotisme du peuple est une puissance folle et aveugle, qui se tourne contre elle-même, et qui n'est absolue et au dessus des lois que pour achever de se détruire." -
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Fiphi a répondu à un(e) sujet de chirona dans Littérature
En D - Jean Dutourd, né en 1920, de l'académie française. Il a écrit de nombreux ouvrages ou discours. Je propose celui de mon chevet "Le vieil homme et la France". Je recommande "Le Feld Maréchal Von Bonaparte". Le vieil homme, c'est lui, la France, c'est sa passion ou son dégoût. Disons qu'il l'aime, et qu'il aime moins ses contemporains, ceux de sa génération et des générations voisines. Il porte un regard sur lui, sa vie dans un siècle qu'il n'aurait pas choisi, à une époque qu'il dit laide, sur une terre désolante, mal compris ou incompris. "... la mer sur laquelle je naviguais était la France, et je ne l'avais pas choisie". Extraits : (Bonne lecture) "Je voudaris bien qu'un homme n'ayant pas vécu dans le même siècle que moi m'éclairât sur ceci à propos de quoi je ne parviens pas à me faire une doctrine : est-ce que toute époque est laide ? N'y en t-il pas eu où les personnes de goût se sont senties heureuses ? Cela a bien du se trouver par ci, par là, encore que le temps crée des illusions d'optique, la première étant de penser que nos ancêtres regardaient avec les mêmes yeux que nous, c'est à dire des yeux d'amateurs de curiosités ou d'antiquaires. Ce que l'on produisait pour leur usage, que ce fût les cathédrales, les châteaux de Mansart, les commodes que fabriquaient les ébénistes parisiens pour le siècle des Lumières, ne leur paraissait point des trésors irremplaçables comme à nous. Tout au plus disaient-ils : "Tiens, cette année, la mode est jolie !" .... .... "Il y a quelques vieillards morts après 1880, tels que Hugo et Verdi, dont on peut dire qu'ils ont eu de la chance, sans parler de l'apothéose qu'on leur a faite. Ils ont vécu au temps de la révolution industrielle, les chemins de fer commençaient à noircir les paysages, les usines remplaçaient les fabriques, mais la société demeurait semblable à ce qu'elle avait toujours été, c'est à dire agricole et artistique. La révolution indutrielle n'était qu'un jouet avec lequel l'humanité s'amusait timidement [...] Autre chose encore : il y avait partout du silence. On entendait dans ce silence les pas des gens sur le macadam, les cris des enfants, les disputes des ivrognes, la clochette du rémouleur, les sabots des chevaux, trottant sur le pavé. Pas de radio, pas de télé, pas de musique, pas de moteurs. Puis aux alentours de ma naissance, la civilisation agraire et littéraire s'est métamorphosée en civilisation scientifique et industrielle. Que n'étais-je Proust, qui mourait justement à ce moment-là, ou Barrès, ou Apollinaire, ou Toulet, ou même Anatole France ! Voilà ce que j'appelle des écrivains heureux : ils s'en sont allés quasiment à la minute où le monde moderne montrait son museau et commençait à souffler son haleine puante." .... .... "Suis-je l'objet d'une hallucination de vieillard, qui ne voit que décadence et perdition autour de lui parce qu'un jour, dans son passé, sans qu'il s'en doutât, il est resté sur place, il n'a pas pris garde que les gens à la mode (ou qui faisaient la mode) ne se trouvaient plus dans les maisons où il avait l'habitude de les rencontrer, qu'ils avaient émigrer dans des rues où il ne s'était jamais aventuré ? C'est ainsi qu'il en advient d'une génération à l'autre : il n'y a pas de crime, les jeunes ne tuent pas les vieux, ils se bornent à aller fabriquer la société ailleurs et les vieux se mettent tout à coup à désespérer de cette malheureuse jeunesse, qui n'a plus de traditions, qui a perdu les secrets d'antan, et particulièrement celui de s'amuser, qui est ignare, qui a des manières, des coutumes, des vêtements et un langage ridicules." .... .... "J'ai calculé qu'entre 1945 et 1980, j'ai traversé rois générations d'imbéciles, chacune me léguant à l'autre comme un précieux et inépuisable sujet d'indignation. Ce mot d'imbéciles est peut-excessif (ou inadéquat), mais il a l'avantage d'exprimer ce que je ressentais à la façon dont on me jugeait , et que je ressens, encore, du reste, car je vois pointer une quatrième génération, parmi laquelle une demi-douzaine d'attardés me resservent, en dépit de mon uniforme académique, les courroux de leurs aieux, et quasiment dans les mêmes termes." -
Je ne lis jamais qu'un seul livre à la fois ... La légende doré des Dieux (mythologie) Le vieil homme et la France (Dutourd) Petit traité des Grandes vertus (Sponville)
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Selon Montesquieu, le principe de la Démocratie se corrompt, "Le principe de la démocratie se corrompt, non seulement lorsqu'on perd l'esprit d'égalité, mais encore quand on prend l'esprit d'égalité extrême, et que chacun veut être égal à ceux qu'il choisit pour lui commander. Pour lors le peuple, ne pouvant souffrir le pouvoir même qu'il confie, veut tout faire par lui-même, délibérer pour le sénat, exécuter pour les magistrats, et dépouiller tous les juges. Il ne peut plus y avoir de vertu dans la république. Le peuple veut faire les fonctions des magistrats: on ne les respecte donc plus. Les délibérations du sénat n'ont plus de poids; on n'a donc plus d'égards pour les sénateurs, et par conséquent pour les vieillards. Que si l'on n'a pas du respect pour les vieillards, on n'en aura pas non plus pour les pères; les maris ne méritent pas plus de déférence, ni les maîtres plus de soumission. Tout le monde parviendra à aimer ce libertinage: la gêne du commandement fatiguera comme celle de l'obéissance. Les femmes, les enfants, les esclaves n'auront de soumission pour personne. Il n'y aura plus de m¿urs, plus d'amour de l'ordre, enfin plus de vertu. On voit, dans le Banquet de Xénophon, une peinture bien naïve d'une république où le peuple a abusé de l'égalité. Chaque convive donne à son tour la raison pourquoi il est content de lui. « je suis content de moi, dit Charmides, à cause de ma pauvreté. Quand j'étais riche, j'étais obligé de faire ma cour aux calomniateurs, sachant bien que j'étais plus en état de recevoir du mal d'eux que de leur en faire; la république me demandait toujours quelque nouvelle somme; je ne pouvais m'absenter. Depuis que je suis pauvre, j'ai acquis de l'autorité; personne ne me menace, je menace les autres; je puis m'en aller ou rester. Déjà les riches se lèvent de leurs places, et me cèdent le pas. Je suis un roi, j'étais esclave; je payais un tribut à la république, aujourd'hui elle me nourrit; je ne crains plus de perdre, j'espère d'acquérir. » Le peuple tombe dans ce malheur, lorsque ceux à qui il se confie, voulant cacher leur propre corruption, cherchent à le corrompre. Pour qu'il ne voie pas leur ambition, ils ne lui parlent que de sa grandeur; pour qu'il n'aperçoive pas leur avarice, ils flattent sans cesse la sienne. La corruption augmentera parmi les corrupteurs, et elle augmentera parmi ceux qui sont déjà corrompus. Le peuple se distribuera tous les deniers publics; et, comme il aura joint à sa paresse la gestion des affaires, il voudra joindre à sa pauvreté les amusements du luxe, Mais, avec sa paresse et son luxe, il n'y aura que le trésor public qui puisse être un objet pour lui. Il ne faudra pas s'étonner si l'on voit les suffrages se donner pour de l'argent. On ne peut donner beaucoup au peuple, sans retirer encore plus de lui; mais, pour retirer de lui, il faut renverser l'état. Plus il paraîtra tirer d'avantage de sa liberté, plus il s'approchera du moment où il doit la perdre. Il se forme de petits tyrans qui ont tous les vices d'un seul. Bientôt ce qui reste de liberté devient insupportable; un seul tyran s'élève; et le peuple perd tout, jusqu'aux avantages de sa corruption. La démocratie a donc deux excès à éviter: l'esprit d'inégalité, qui la mène à l'aristocratie, ou au gouvernement d'un seul; et l'esprit d'égalité extrême, qui la conduit au despotisme d'un seul, comme le despotisme d'un seul finit par la conquête. Voilà ce que disait Tocqueville de la démocratie : "J'ai pour les institutions démocratiques, un goût de tête, mais je suis aristocrate par instinct, c'est-à-dire que je méprise et crains la foule. J'aime avec passion la liberté, la légalité, le respect des droits, mais non la démocratie. Voilà le fond de l'âme. Je hais la démagogie, l'action désordonnée des masses, leur intervention violente et mal éclairée dans les affaires, les passions envieuses des basses classes, les tendances irréligieuses. Voilà le fond de l'âme. Je ne suis ni du parti révolutionnaire, ni du parti conservateur; mais cependant et après tout, je tiens plus au second qu'au premier. Car je diffère du second plutôt par les moyens que par la fin, tandis que je diffère du premier tout à la fois par les moyens et la fin. La liberté est la première de mes passions. Voilà ce qui est vrai." Ou encore, ce que disait Platon : Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes gens méprisent les lois, parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux l'autorité de rien ni de personne, alors c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. Nous vivons en démocratie. Celle- ci est fragile, partagée entre les vices et les vertus de la nature humaine. Que vaut une démocratie, si le peuple souverain est mal éduqué, mal policé, dépourvu de politesse, infidèle, injuste, ni généreux, imprudent, imprévoyant, intolérant, s'il ne connaît ni la douceur, ni la tempérance, ni l'amour, s'il manque de compassion, d'humilité, de courage ?! La démocratie n'est pas cette sorte d'idéal propre à assurer le bonheur et la liberté pour tous. Elle tend à conduire les hommes et femmes vers une même destinée, meilleure soit-elle ... Cependant elle est imparfaite, en constante évolution et soumise aux errements de ceux qui la représentent.
