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Tout ce qui a été posté par Arkadis
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Quel plaisir de pouvoir te lire à nouveau. Parfois je clique sur ton avatar d'enfer pour voir si tu es toujours présente et cela me rassure de constater que oui, tu es toujours présente, bien que tu choisisses le silence. Tu sors de ta réserve quand il s'agit de défendre l'enfance. j'aime ce souci que tu as, ce souci de l'enfance.
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Je termine enfin sur ce sujet. Je suis moins pessimiste que toi sur le côté inéluctable de la construction in fine d'une muraille. Le danger de construire une muraille est lié à notre action, notre insertion dans notre environnement social. Si nous ne sommes plus engagés dans une relation sociale mouvante, changeante, évolutive alors oui nous risquons de construire une muraille. Par exemple si nous avons acquis un mode de vie routinier, tous les jours la même chose (c'est le danger du salariat notamment) tous les jours le même comportement affectif, alors oui la muraille risque de se constituer. Mais si nous sommes sans cesse ouverts, même un tout petit peu ! à l'inattendu, au hasard, au non contrôlé, à l'autre, etc. alors la muraille ne parviendra pas à se refermer sur elle même. Il y aura toujours une ouverture. Nous serons toujours en construction par intégration quotidienne de réalités inattendues.
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Ah d'accord je viens de lire ta réponse. Je continue sur les ismes... Pourquoi celui là va choisir par exemple le matérialisme et cet autre le déisme, en fait je n'en sais rien. Mais l'un comme l'autre va tenter de faire disparaitre en lui toute inquiétude. En fait il n' y arrivera pas et il va alors être tenté de convaincre tout le monde de la Vérité de son idéologie comme si obtenir la conviction de tout le monde allait enfin emporter sa conviction et l'effacement subséquent de toute trace d'inquiétude. Il n'arrivera pas à ses fins pour autant. Sur un plan technique la peur, la crainte, l'inquiétude liées à tout existence vient tout simplement du fait que nous ne contrôlons pas tout et que donc, tout peut toujours arriver, même le pire. Ce désir de tout contrôler est inhérent à tout isme...Tout contrôler pour ne plus être pris au dépourvu. Il me semble que ce désir de tout contrôler est surtout spécifique aux hommes (aux mâles) comme si c'était là une caractéristique de la "masculinité" de tout vouloir contrôler.
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Je suis d'accord avec toi quant au processus de construction du réel. Dans mes notes précédentes je ne parlais pas de ce processus psychique mais du processus technique. Les deux procès d'ailleurs se combinent. Le processus technique est tout simple : nous ne connaissons pas les choses directement mais par le truchement des effets qu'elles ont sur nous au cours de la relation. La réalité nous reste étrangère puisque nous ne la connaissons que par l'intermédiaire de ses effets. Cela reste technique. Maintenant il est vrai que, dans la construction du réel, le nôtre, nous intégrons nos souvenirs, nos croyances, notre mémoire du passé, etc. C'est juste. Mais même si nous repartions de zéro, hors de toutes peurs, croyances, désirs, peurs, etc. nous serions encore obligés de construire notre réel, puisque nous n'aurions encore du réel indépendant de nous qu'une connaissance fondée sur ses effets. Nous ferions alors des expériences, qui tiendraient compte au moins, même si nous n'avions plus de patrimoine psychique, de notre corps, de sa dimension, de ses conditions de locomotion, etc. Notre réel ne serait toujours pas le réel tel qu'il existe indépendamment de nous. Par exemple selon que tu sois un être humain ou un neutron (que je suppose doué de conscience) face à un mur tu ne verras pas la même chose. Toi en tant qu'être humain tu verras quelque chose de compact, ce qui t'évitera d'aller te cogner, tandis que le neutron verra un espace pratiquement vide qu'il pourra traverser. Néanmoins je suis moins pessimiste que toi quant aux murailles que nous risquons de construire dans notre construction du réel. Ces murailles ce sont nos idéologies. Et c'est vrai que chacun va avec son panier faire ses courses sur le grand marché des idéologies : matérialisme, déisme, réalisme, idéalisme, christianisme, athéisme, bouddhisme, il y a des centaines de ismes...Chacun choisit en fonction de sa psychologie, en fonction de la nature de ses inquiétudes. J'insiste sur le mot : inquiétude, car c'est surtout à partir de cette inquiétude, que d'autres appellent pompeusement : angoisse existentielle, que chacun est tenté de construire une muraille. Bon tu me réponds alors que je n'ai pas terminé ! je vais voir ta réponse.
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Dans la culture catholique la pensée "mauvaise" est coupable. Ici ce qui est dénoncé comme "coupable" c'est une pensée mauvaise : le mépris. Pourtant il n'est pas possible ni même souhaitable de déclarer coupable la pensée mauvaise. Dans la culture juive seule l'action mauvaise est coupable. Ce qui permet l'expression de la pensée "mauvaise". Bien sûr subir la pensée "mauvaise" est pénible. Mais la pensée mauvaise n'est pénible que si nous pensons que la pensée mauvaise dit quelque chose de nous. Si nous intériorisons par exemple le mépris de l'autre sur nous. Mais la pensée mauvaise ne dit pas quelque chose de nous elle dit quelque chose de l'individu qui pense dans la mauvaiseté. Le souhait est d'interdire la pensée mauvaise évidemment, de la culpabiliser, mais ce serait une erreur. Nous irions trop loin dans la répression. Nous ne pouvons pas ni ne devons empêcher quelqu'un de mauvais d'affirmer dans sa seule pensée sa mauvaiseté plutôt que de venir à résipiscence.
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Il est probable que la dualité matière/esprit résulte d'une approche différente de la réalité. Il y a l'approche extérieure, c'est à dire la mise à distance de la réalité de manière à pouvoir l'observer d'un point de vue extérieur. C'est la méthode scientifique, la mise à distance. Il est même possible de définir la matière comme étant ce qui n'est pas soi, ce qui est différent de soi, autre que soi, sachant que cet "autre" a un effet, un pouvoir sur soi. Et il y a l'approche intérieure, qui n'est même pas une approche d'ailleurs à cause de la fusion entre ce qui est perçu et soi. C'est de cette approche intérieure, qui est plutôt une connaissance immédiate (je reprends là le vocabulaire de Penrose) que nait le concept d'esprit. Il est donc vain de rechercher une causalité entre matière et esprit puisque ces deux concepts illustrent en fait deux approches différentes d'une même réalité. Mais en posant qu'une même réalité est approchée de deux manières différentes, et que ces deux manières définissent en quelque sorte deux "projections" différentes d'une même réalité alors je pose que cette réalité n'est pas directement accessible pour nous. Ne sont accessibles que deux faces de cette réalité, deux projections, le terme projection étant ici bien sûr une image, une manière de rendre compréhensible par l'image ma position. Bien sûr ce que j'appelle ici "soi" c'est le sujet pensant, c'est le sujet conscient. Le mot conscient est aujourd'hui préférable au mot "pensant" trop restrictif. Ce qui est nouveau par rapport aux philosophies anciennes de la petite province occidentale grecque c'est bien le concept "conscient" que j'emploie à dessein comme adjectif pour éviter de sombrer dans l'idéalisme de la Conscience, c'est à dire dans la création par l'entendement d'un concept, conscience, dont l'idéaliste dit ensuite, après l'avoir créé, qu'il ne l'a pas créé mais qu'il l' a découvert. La manipulation habituelle de tant d'intellectuels toujours guidés par la recherche du pouvoir sur l'autre. Le sujet conscient, l'être conscient, est l'observateur. Il est impossible de défaire l'observateur du qualificatif "conscient". C'est à travers le filtre de cette qualité que nous observons le réel, il n' y a donc pas d'objectivité radicale possible dans l'observation, il n'existe pas d'observatoire épuré de cette qualité : conscient. Sachant que l'observation elle même donc permet de parvenir à une connaissance résultant soit d'une mise à distance (la matière) soit d'une immédiateté de la connaissance (l'esprit), immédiateté dont nous prenons conscience sur le champ, le qualificatif conscient donnant ici une indication : être conscient c'est pouvoir relater, à soi ou à l'autre, ce qui arrive ou est arrivé en "soi".
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Je vous rends hommage pour votre attention aux enfants "mâles". Vous m'avez beaucoup apporté parce que j'ai cru dans la sincérité de votre attention. Et je vais vous dire : je suis convaincu, qu'ici, hommes et femmes, hommes et FEMMES, s'en foutent de la violence endossée par les enfants mâles. C'est comme ça. Les ADULTES, tous sexes confondus, détruisent les enfants mâles ou tendent à les détruire (bon je suis excessif, c'est clair). Et je vais vous dire : cela n' a rien à voir avec les boomers. Je suis un boomer, mais imaginez moi quand je lisais le soir en revenant du lycée les billets de Matzneff dans le Monde qui allait violer les enfants en Extrême Orient et que tout le monde encensait. C'étaient les boomers qui encensaient Matzneff ? Non c'était la génération d'avant, celle de Sartre et de Simone de Beauvoir. Ne tombez pas dans le ressentiment contre les boomers, c'est plus compliqué que cela. Bon cela dit je vous rends hommage. Merci. Merci parce que ma vie familiale, réelle, est plus douce depuis que j'ai pu parler de moi sous votre égide. Votre combat a des effets réels. Soyez en sûre.
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Je ne sais pas exactement ce qui nous motive, vous et moi (et d'autres) dans notre recherche philosophique. Ce que je constate c'est que vous êtes créatif, comme je le suis, vous ne vous contentez pas de lire ni d'accepter les thèses philosophiques, vous tentez de tracer une voie qui vous soit propre. C'est d'ailleurs pour moi ce qui est intéressant chez l'autre : quelle voie est il en train de tracer, que ses connaissances philosophiques soient pointues ou pas. Le voyageur devant la forêt vierge va tenter d'ouvrir un chemin, peut être maladroitement. Mais c'est son chemin et voir comment il s'y prend, même s'il n' a pas tous les moyens idoines, est passionnant. Je vous rejoins sur ce point : tout commence dans la pensée. Bien sûr la position matérialiste est intéressante surtout si nous sommes de culture scientifique. Dans cette culture là tout commence dans le matériel. Mais nous y sommes tellement habitués que nous essayons d'explorer autre chose que le matériel finissant par laisser ce domaine aux philosophes du langage. Nous commençons toujours par penser les choses et les êtres, par penser le "matériel".. J'ai beaucoup aimé la remarque de Guillemant, un scientifique assez calé (j'aime assez ses remarques sur l'IA) qui dit : il y a confusion entre la pensée et le langage. Un scientifique sait que la pensée est au delà du langage. Quand il est affronté à un problème scientifique, mathématique, informatique pourquoi pas (j'ai écrit des programmes pendant trois ans) il sait que sa pensée suit des chemins "obscurs". Il ne peut pas toujours dire : et bien j'ai trouvé la solution en suivant tel ou tel raisonnement reproductible dans les mots. Il y a une démarche intime que nous ne pouvons même pas reproduire dans une IA. Cette démarche intime, certes, nous pouvons lui associer un algorithme, et la machine pourra alors penser comme nous et arriver à des résultats exacts. Mais la machine reçoit de nous son algorithme, elle est bien incapable de le concevoir, or nous ne savons pas toujours comment nous avons réussi à concevoir cet algorithme, même si, une fois conçu, il est là, bien décrit. Il y a quelque chose, là, qui fait que l'humain est plus que la machine. J'ai enseigné les maths à un moment donné à des ados en "difficulté" et je pensais que je pourrais communiquer mon savoir uniquement par le langage, il suffisait que je travaille bien mon langage. Et bien non ca ne suffit pas, quand nous avons un ado devant soi qui ne comprend rien à un raisonnement mathématique pourtant disséqué en mots de plus en plus précis, nous voyons qu'il faut s' y prendre autrement. Il faut suivre l'ado dans sa propre démarche, trouver ou comprendre sa démarche, voir comment agir sur sa démarche, c'est très compliqué parfois...Les mots ne suffisent pas. La pensée en mots ne suffit pas, il faut penser autrement. Donc la pensée ce n'est pas forcement la pensée dans ou par le langage. Pour le philosophe du langage si, pour lui, la pensée est celle qui passe par le langage. Mais la pensée qui passe par le langage c'est une certaine forme de pensée, ce n'est pas toute la pensée dans son exercice. Le problème c'est qu'actuellement, tout ou presque passe par le langage (les mots). Bon il y a quand même les images, le son et image, mais il manque souvent la présence physique de l'autre, présence pourtant extrêmement importante dans la communication, dans l'exercice de la pensée non verbale. C'est même cela qui tend à être expulsé dans notre civilisation : la présence physique de l'autre, des autres. C'est là un vecteur de communication pourtant très important, dans lequel la pensée non verbale peut aller son chemin propre. Tous commence dans la pensée. Même la perception, que nous croyons sauve de toute pensée, quand elle se révèle en nous est encore travaillée par la pensée. Il n' y a pas de perception qui n'ait pas été travaillée par la pensée. Ce que nous percevons et bien ce n'est pas une connaissance brute du réel c'est une connaissance déjà travaillée par la pensée dans son exercice non "verbal". Cependant quand j'affirme cela je tends à considérer la pensée comme quelque chose d'assez inédit, d'assez différent de ce qu'il est convenu d'appeler la pensée.
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A propos des juifs et j'arrête là la digression mais si je fais lire à mon fils ainé certains posts ici, lui qui a choisi l'identité de sa mère, l'identité juive, il va encore hurler et me dire : y en marre de ces goys qui veulent faire de moi une victime, marre de la shoah telle qu'ils en parlent, qu'ils aillent se faire foutre (il n'est pas très poli, j'ai dû rater quelque chose !). Bon, fin de la digression.
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Il ne faut pas tout mélanger et je suis assez agacé que l'on fasse intervenir les juifs à tout bout de champ dans tous les sujets. Laissez les juifs tranquilles. Cela dit dire à ma fille, adolescente (je suis plus ou moins directif selon l'âge de mes enfants) que telle ou telle sortie peut représenter un risque pour elle, ce n'est pas voir en elle une victime potentielle ! ça alors je n'ai jamais pris ma fille pour une victime potentielle ! Il faut arrêter de se minéraliser dans le statut de la victime. J'ai une certaine pratique de la vie, je discute avec une ado, je tente de l'avertir par la discussion, par le dialogue. De toute façon les ados faut pas croire que ce sont des gentils gentils agneaux (confer la série : adolescence). Parfois nous pouvons même être surpris quand nous constatons tout ce que connaissent les ados ! Une ado prend un risque : je le lui dis ! Je ne peux pas empêcher une ado de vouloir faire ses propres expériences sauf si je trouve celles ci vraiment suicidaires. Et encore, même dans ce cas là il s'avère que certain.es ados et bien c'est impossible de les arrêter. Ils.elles trouveront des moyens d'agir malgré tout, surtout s'ils.elles ont un fort caractère. (Bon il y a des caractères plus soumis c'est vrai, et il est possible de faire de sa fille une gentille employée qui passera toute sa vie à faire du télétravail, mais il existe aussi des filles de caractère, des conquérantes, oui il y en a !) Ma fille prend un risque. Bon, supposons qu'il se passe quelque chose, un acte dont elle serait "victime". Je ne vais pas lui reprocher d'avoir pris un risque. Et je ne vais pas non plus exonérer l'agresseur ! Un acte d'agression est un acte d'agression. Il faut tout de même partir du réel. On commence par le fait, par le réel : un acte d'agression est un acte d'agression. Point barre. Si vous cherchez des excuses à l'agresseur pour estomper l'acte, et bien non. Le point de départ est un acte. Sinon on s'enlise dans une psychologie plus ou moins obscure qui vise finalement à estomper l'acte. Non, un acte est un acte. Une agression est une agression. Après nous pouvons toujours réfléchir au pourquoi de l'acte agressif. Mais le pourquoi n'efface pas l'acte. Car de toute façon celui ou celle qui a subi l'acte est obligé.e de faire avec les conséquences de cat acte, et parfois pendant toute sa vie. Un acte ce n'est pas rien. Il est impossible de le dissoudre dans la psychologie.
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Je ne connaissais pas ce mot : mansplaining. Je suis allé voir sur wiki, après avoir été voir sur mon traducteur, mais mon traducteur traduit "mansplaining" par "mansplaining" ! Wiki : "Le mansplaining est une situation dans laquelle un homme explique à une femme quelque chose qu'elle sait déjà, voire dont elle est experte souvent sur un ton paternaliste ou condescendant." Exemple : Rebecca Solnit raconte comment un homme lui explique le sens d'un livre sans l'écouter quand elle disait en être l'auteur. Que vous vous trouviez dans une situation où un homme vous informe avec paternalisme d'un sujet que vous connaissez mieux que lui me fait sourire, assez tendrement maintenant que je commence à vous connaître un peu mieux (grâce à ce que vous dites de vous-même). Trouver une parade à ce type de caractère, et bien, ce n'est pas facile. D'ailleurs je n'ai pas trouvé de parade et je préfère ne pas dialoguer.
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Je suis touché par votre message. Je me suis dit que j'allais passer outre pensant que je ne serai pas à la hauteur pour vous répondre. Il y a une douleur profonde en vous qui déchire. Je me dis qu'il faudrait une rencontre, une personne qui sache vous écouter mais aussi qui sache vous parler pour que vous l'écoutiez aussi. Ce serait un échange. Vous trouvez cet échange avec une IA. Cet échange pourrait vous permettre de reprendre courage et de tenter à nouveau de communiquer avec des personnes réelles. J'imagine une IA qui serait dotée d'émotions (les chercheurs travaillent en ce sens) mais qui serait aussi branchée sur un pool international de toutes les connaissances psy actuelles. Vous pourriez y être mieux guidée. Je dis guidée, plutôt que satisfaite, car il me semble que parvenir à communiquer durablement avec une personne réelle ce serait un succès. Il y a des personnes plus sensibles que d'autres, tout les marque, ils sont faits d'une cire sur laquelle tout fait empreinte. Vous êtes de ces personnes là. Je vous rejoins quant à l'avenir de l'humanité. Cela fait un moment que je pense qu'elle pourrait bien disparaitre, bien avant que surgissent tous les problèmes actuels, guerres, changement climatique, etc. Comme s'il y a avait un défaut de fabrication dans notre espèce. Enfin bon, c'est par moments seulement que je pense ça. Bonne après midi, il y a du soleil chez moi, peut-être chez vous aussi ? Le soleil apaise (parfois).
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Je termine avec ce paragraphe. Vous cherchez une axiomatique sur laquelle bâtir des "tables de vérité". Cet effort a déjà été réalisé en mathématique. La Logique mathématique est d'ailleurs plutôt ardue à travailler. Cet effort axiomatique a ses limites. Gödel a défini ces limites : il existe des propositions indécidables, on ne sait dire si elles sont vraies ou fausses dans tout système axiomatique. Pour décider il faut ajouter des axiomes, puis à nouveau il y a des propositions indécidables, et ainsi de suite. Peut-être cherchez vous à construire une axiomatique en philosophie. Gödel a eu cette idée jadis. Il ne comprenait pas qu'en philosophie tout pouvait être dit et son contraire. Il y voyait un manque de cohérence. La cohérence d'un système est une obsession chez les mathématiciens car il faut tout de même éviter qu'une proposition puisse être à la fois vraie et fausse dans leur discipline. Aussi la philosophie telle qu'elle est pratiquée l'étonnait, comment se fait il que les philosophes ne se soucient pas de la cohérence de leurs systèmes ? Il a voulu construire une axiomatique en philosophie mais il n'a pas osé trop publier ses résultats. Il n'en parla qu'à sa mère (et sans doute aussi à Einstein) parce qu'il avait peur d'être pris pour un fou. De toute façon les gens normaux finirent par le prendre pour un fou. A la fin de sa vie il n' y avait plus qu'Einstein qui allait parler avec lui, en fin d'après midi dans le parc de l'université de Princeton. Il y avait aussi sa femme. Puis Einstein est mort, puis sa femme, alors il s'est laissé mourir de faim. Il n' y avait plus personne pour l'écouter. Le peu que je connais de ses réflexions me laisse interdit. Il finit par faire référence à un troisième œil au milieu du front bref il verse dans une symbolique difficile d'accès. Si vous cherchez à construire vous aussi un axiomatique en philosophie vous vous attaquez à un travail difficile.
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Guerre en Ukraine - Sujet général
Arkadis a répondu à un(e) sujet de Promethee_Hades dans International
Je pense à @Neopilinaen diffusant cette vidéo. A sa surprenante sortie, quand il apprend que ma mère est russe. D'abord : comment se fait-il que je suis en France, j'imagine qu'il va enquêter pour me faire extrader vers la Russie, mais je pense surtout à ce qu'il me dit concernant ma mère, qu'elle est le produit du viol des Mongols sur les Russes. Je n'avais jamais pensé à ça, et, à vrai dire, il est le premier Français à me dire ça. Je pense à ma mère, je regarde Natalia, et je me dis : il a probablement raison, il est bien possible que ma mère soit le produit de viols causés par les Mongols. Je pense au grand Khan, au fils du loup bleu et de la biche fauve, et je dis : maman, grâce à toi je suis moi aussi le fils du loup bleu et de la biche fauve. Et tu restes toujours aussi belle quand tu danses de cette manière-là. Ce conflit Ukraine Russie révèle des contenus psychiques décidément bien sombres chez beaucoup d'entre nous. -
La série "Adolescence" sur Netflix. Au début j'ai pensé qu'il s'agissait d'un thriller, un divertissement donc. Et puis je suis rentré dans un monde de violence usuelle, celle que vivent aujourd'hui tant d'ado. Le personnage central est un ado âgé de 13 ans, accusé du meurtre d'une jeune fille de son collège. Nous entrons dans le monde des ado, des "sous cultures" en action, celle de l'incel notamment (célibat involontaire). Celle de l'internet et de l'accès à toutes sortes de contenus, dont la pornographie, celle des réseaux sociaux dans lesquels les ado se déchirent à coups de vidéos, celle du smartphone, caméra toujours disponible au poing. C'est effrayant. Les adultes paraissent dépassés. Les prof font ce qu'ils peuvent. Ils ne peuvent pas lier l'autorité à l'attention à chacun, il faut choisir, les ado sont hyper-réactifs, ils répondent aussitôt à toute remarque. Les parents et la sœur ne voient rien venir. Ce sont des personnes aimantes mais ils ne voient rien venir. Il y a un épisode, le troisième (la série comporte 4 épisodes) où sont confrontés une psy, dans l'univers carcéral, venue expertiser le discernement de l'ado, et l'ado. C'est d'une violence mentale inouïe. Je me suis reconnu, ado, face à un psy. Je me rends compte que j'ai vécu ce type de violence. Tout de même nos sociétés restent éminemment violentes et ça ne semble pas s'arranger. Pire, ça s'aggrave.
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Guerre en Ukraine - Sujet général
Arkadis a répondu à un(e) sujet de Promethee_Hades dans International
Je ne raffole pas du tout de LCI mais pour une fois voici une interview dépouillée de toute hystérie. -
J'ai retenu ce passage de votre exposé pour mieux illustrer la différence que je fais entre Idée et concept. Imaginons que nous regardons la voute céleste la nuit et que nous parvenons à voir, par exemple, Jupiter et un satellite terrestre. Nous pouvons affirmer que Jupiter existe indépendamment de l'existence des humains. En revanche nous pouvons affirmer que le satellite terrestre n'existerait pas sans les humains, il est une construction humaine, un artefact. Jupiter illustre l'Idée, le satellite illustre le concept. Vous êtes en effet un idéaliste (je réfère là aux Idées versus Platon) et je suis plutôt un réaliste. Jupiter existe indépendamment de mon existence et sa magnitude est telle, la nuit, qu'il éclaire les objets. Vous parlez ainsi de la Conscience, qui existe en soi, indépendamment de l'existence humaine, et qui éclaire la pensée pour la rendre consciente. Ma pensée est consciente parce qu'il existe une Conscience qui la rend consciente. Vous dites la même chose pour la Vérité. La Vérité existe en soi, indépendamment de l'existence des hommes et c'est grâce à elle que nous savons que telle proposition est vraie ou pas. Vous posez ainsi l'existence de l'Idée (au sens platonicien). L'Idée existe indépendamment de l'homme, l'Idée a une existence propre. La Conscience comme la Vérité sont pour vous des Idées. Indépendantes de l'existence des humains, indépendantes de la volonté de l'humain. Ma démarche est différente. J'observe de manière concrète, dans l'expérience quotidienne, que des propositions sont vraies ou fausses. Je rassemble entre elles les propositions vraies et j'appelle cet ensemble le Vrai (ou la Vérité). Je construis un concept à partir d'expériences vécues. Je pose ainsi l'existence d'un concept. Le concept est une construction humaine, le concept a une existence conditionnée (condition : existence de l'homme qui le construit). La Conscience comme la Vérité sont pour moi des concepts. Dépendants de l'existence des humains, de sa volonté, parce que construits par les humains. Voici donc posées nos différences. Nous pourrions alors argumenter, débiter des raisonnements interminables, pour justifier nos choix. Sauf que ce ne sont pas nos raisonnements interminables qui peuvent rendre compte de nos positionnements intellectuels différents. Cette différence tient à autre chose. Quand j'étais enfant j'écoutais les longues discussions de mes ainés, parents, frères, sœurs, qui parlaient en général science (physique et chimie) mais aussi qui parlaient d'idées générales (ici j'emploie le mot idée dans son sens trivial). Souvent la discussion débouchait sur le Bien et le Mal. Je me suis alors aperçu que je ne croyais pas ceux de mes ainés qui disaient que le Mal existait en soi. Le Mal n'arrivait pas à exister dans mon esprit comme existence en soi. J'avais le sentiment que le Mal était une notion humaine, construite par les humains, à partir d'expériences quotidiennes à l'issue desquelles il était possible de dire : ceci est bien, ceci est mal. (Bien sûr vous allez me dire que cette distinction tenait quand même à quelque chose de plus vaste, la culture, mais ne digressons pas trop). Je n'avais encore rien lu, je ne connaissais de la vie que l'expérience que j'en faisais chaque matin en allant au collège. Je m'étais aperçu aussi que ma mère et mon frère ainé partaient du principe que le Mal existait en soi, alors que mon père et mes deux sœurs n'en avaient strictement rien à faire. Mon positionnement à l'époque ne pouvait pas résulter de l'étude, il résultait d'autre chose, de plus fondamental, qui existait là, en moi, dès l'enfance, peut être dès la naissance, peut être dès la conception. Ma conclusion est la suivante : nous adhérons à l'idéalisme ou au réalisme en fonction d'attitudes fondamentales, profondes, liées à notre caractère, notre idiosyncrasie. C'est pourquoi sortir des arguments raisonnés pour dire à l'autre : "tu as tort" ne sert à rien, est inutile puisque les positions intellectuelles résultent de "profondeurs" ou de déterminants psychologiques qui nous échappent. Cela dit l'idéalisme parfois me sidère. Il y a chez certains idéalistes une profondeur poétique, romantique qui m'éblouit. Il est possible que l'idéalisme ne trouve pas sa légitimité dans le discours philosophique mais plutôt dans le discours poétique. D'ailleurs quand j'étais ado j'étais fasciné par l'idéalisme de Platon. Je ne jurais que par lui. Mais quand je parlais de Platon avec le prof de philo, lui tenait un discours philosophique (rationnel) qui m'agaçait, je lui disais : vous détruisez tout avec votre raison, vous détruisez Platon, Platon est au-delà de la raison. Je ne croyais pas à l'existence des Idées mais je croyais en l'existence, en Platon, d'une intention étonnante, qui me parlait, qui me ravissait, bien que j'étais parfaitement incapable de définir cette intention. Finalement je devenais idéaliste dès lors que je versais dans la poésie, dans le romantisme, et je devenais réaliste dès lors qu'il s'agissait de physique. Tout est donc dans l'attitude.
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J'ai remarqué en effet que vous, quand vous passez une nuit difficile vous voyez apparaitre, dans votre imaginaire, des êtres un peu inquiétants. Ce doit être cela l'anxiété. Mais j'aime bien vos récits mythologiques, ils sont étonnants. Finalement j'aime bien quand vous dormez mal, vous devenez une romancière qui sait retenir l'attention.
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C'est une méthode assez courante. Au départ nous détestons quelqu'un. Cela étant posé nous allons trouver dans les dires et le comportement de ce quelqu'un tout ce qui peut légitimer notre détestation. C'est vraiment classique ça. Je déteste LFI. Point de départ. Pourquoi pas d'ailleurs (j'aime pas non plus). Du coup je vais pilonner LFI en allant chercher tout ce qui peut légitimer ma haine ou mon rejet. Et parfois ça devient n'importe quoi. Je vais dire : je hais LFI parce qu'ils sont antisémites. En fait la personne qui dit ça n'en a rien à faire qu'ils soient possiblement antisémites (sauf les juifs eux mêmes, mais là c'est plutôt normal !) mais elle sait que dans l'ambiance actuelle c'est vachement mal d'être antisémite. Donc j'y vais à fond : oui je déteste celui-là parce qu'il est antisémite. Rien à faire des juifs, en fait, qui sont convoqués ici malgré eux. En plus si je trouve des motifs légitimes à ma haine qu'est ce que ça fait du bien de dire ma haine ! ça soulage. Le forum est un centre thérapeutique parfois, et c'est plutôt sympa d'ailleurs. Bon l'infirmière en chef veille, heureusement.
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Votre affirmation m'a fait penser à ce développement relevé dans le livre de Joëlle Proust, "la nature de la volonté" "Comment une idée peut elle produire un mouvement ? s'interrogeait Théodule Ribot au début du XX siècle. Voici une question : "[là c'est Ribot qui parle] qui embarrassait fort l'ancienne psychologie...En réalité une idée ne produit pas de mouvement... ce n'est pas l'état de conscience comme tel, mais bien l'état physiologique correspondant qui se transforme en acte. Si l'on s'obstine à faire de la conscience une cause, tout reste obscur; si on la considère comme le simple accompagnement d'un processus nerveux qui lui seul est l'évènement essentiel, tout devient clair, et les difficultés disparaissent" Donc pour Ribot la conscience ne joue aucun rôle dans l'action. Ensuite Proust argumente contre la position de Ribot pendant 300 pages, et à la fin des 300 pages on ne comprend plus rien du tout, tellement c'est confus, tellement il y a des positions philosophiques dans tous les coins. La position de Ribot nous choque bien entendu mais il n'est pas possible de ne pas en tenir compte. D'autant qu'aujourd'hui, donc plus de cent ans après Ribot, quand vous lisez par exemple Harari, vous voyez écrit dans je ne sais plus dans quel livre : "nous ne savons toujours pas à quoi sert la conscience".[Harari fait le point sur l'état d'avancement des sciences dites exactes concernant la conscience] Bon ça parait un peu provocateur. Chacun, dans son intimité, se dit : bah, si, c'est bien parce que je suis conscient que je peux penser ça ou ça, faire des maths, envoyer une fusée sur la lune ou ailleurs, etc. "C'est bien parce que je suis conscient". Mais quand j'écris cela j'emploie un qualificatif : conscient, je n'emploie pas le mot : conscience. C'est parce que nous partons d'un qualificatif pour définir un substantif que nous avons un problème. La Conscience en tant que substantif, ca désigne quelque chose qui existe en soi, ou pas ? Si ça désigne quelque chose qui existe en soi, et bien, je ne vois pas du tout comment elle intervient. Comment la Conscience en tant que réalité autonome fait elle pour provoquer un mouvement ? Personne n'en sait rien, au bout d'un moment ça emmerde les scientifiques (les physiciens, les physicalistes, ceux qui donnent dans la science dure, physiciens, chimistes, je ne parle pas là des scientifiques des "humanités") qui finissent par dire : rien à faire de la Conscience, je m'en passe. Je n'en ai pas besoin pour continuer mes travaux (comme je n'ai pas besoin de Dieu d'ailleurs). Je peux me contenter d'être un physicaliste, ne serait ce que parce que je suis issu d'un milieu scientifique "dur" (maths, physique, chimie) et dire, comme je le fais parfois : rien à faire de la conscience (ou de la vérité) ça n'existe pas. Bon c'est une provocation. Dans la réalité je pense que la conscience existe (et aussi la vérité) mais pas de la même façon que vous. Ce n'est pas le même mode d'existence. La vérité n'a pas le même mode d'existence chez un idéaliste ou chez un réaliste (je préfère ce mot là au mot : matérialiste) Pour moi la conscience (ou la vérité) c'est un concept, pour vous c'est une idée. Pour bien comprendre la différence il faut que je développe encore quelques fondamentaux. Sinon vous n'allez pas me comprendre.
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Vous n'êtes pas naïf, vous êtes en revanche plein de fraicheur. Du coup je prends plaisir à dialoguer avec vous. Oui la dualité est partout. Je ne vois pas la dualité comme un "péché" contre l'intelligence. Prenons l'exemple de la médaille. Il y a en effet deux faces qui s'unissent en un seule pièce, mais il reste tout de même deux faces. Je pense aussi à la dualité extérieur-intérieur. Dualité que beaucoup attaquent. Pourtant cette dualité existe si je prends bien soin de dire ce que j'entends par extérieur et intérieur. Prenons le cas du vivant, du vivant élémentaire, la bactérie, la cellule primitive. Tout organisme vivant, et c'est même une caractéristique très importante bien que négligée du vivant, possède une membrane, une frontière qui le sépare du monde extérieur. Il y a un extérieur, le monde qui entoure la cellule, et il y a un intérieur, l'intérieur de la cellule, il y a une frontière, la membrane, la peau pour nous humains. C'est même cette frontière, dans le monde physique, qui rend compte de ce fait : nous ne connaissons du monde extérieur (physique) que ses effets sur notre "intérieur". La frontière arrête l'assaut du monde extérieur, ce dernier se cogne contre la frontière, et ce qui me reste, à l'intérieur, c'est l'effet du choc, l'onde intérieure qui parcourt toute mon intériorité, onde qui est un effet, qui n'est donc pas l'objet du monde extérieur qui m'a percuté. Donc cette notion d'exterieur-interieur (dualisme) est très importante. Je vais vous répondre par petits textes successifs car je ne dispose pas de temps long ce matin. Donc je lis votre message paragraphe par paragraphe, puis je dois m'arrêter, puis je vous réponds. Donc je n'ai pas fini de vous répondre.
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Je vois mieux votre façon de penser. Vous posez d'un côté le monde matériel, le monde avec lequel votre corps, le corps réagit. Vous posez de l'autre côté le monde des idées, le monde de la pensée, qui apparait comme étant un monde immatériel. Nous pouvons appeler par extension ce monde comme étant le monde de l'esprit, c'est à dire un monde producteur de pensées, d'idées. C'est la dualité corps-esprit que vous exposez là, dualité que les modernes reprochent d'ailleurs à Descartes puisque, pour les Modernes, la dualité est quasiment un "péché". Seule l'Unité est pure. Bref les deux mondes apparaissent comme étant distincts, voire autonomes. Il y aurait d'un coté le corps, la matière, et de l'autre côté l'esprit. Nous pouvons parfois faire remonter à Descartes cette distinction, mais sans même avoir jamais lu Descartes, tout le monde connait cette spontanéité intellectuelle : d'un côté le corps, de l'autre l'esprit. Et cette dualité, dans les faits, nous la vivons chaque jour, indépendamment des discours compliqués des philosophes et des scientifiques. Je prends un exemple. J'écoutais un commentateur sur je ne sais plus quelle radio qui discutait avec une psychologue sur le cas psychique d'un délinquant. Il écoute la psy puis soudain il la coupe : "Bon maintenant écoutons ce qu'en pense le psychiatre". Manifestement, vu le ton qu'il adopte, il pense qu'un psychiatre c'est quand même autre chose qu'une psychologue, le psychiatre a fait des études de médecine. Que voulait il dire par là ? Il voulait dire : un psychiatre, c'est un mec qui connait la chimie lui, pas toi psychologue du bavardage (qui en plus devait être nulle en sciences au lycée), et il sait quelle chimie pourrait bien soigner le délinquant. Le commentateur opposait une femme qui utilisait l'esprit pour comprendre le délinquant à un homme qui utilisait lui la science, c'est à dire la matière pour résoudre, si possible, le problème social posé par le délinquant. Mais pourquoi le psychiatre aujourd'hui a l'avantage sur le psychologue ? Parce que quand le psychiatre intervient avec sa chimie et bien le patient traité par la chimie, son esprit change ! je peux agir sur le monde de l'esprit rien que par la chimie. Tu es déprimé ? boum une petite pilule et hop tu rigoles. C'est efficace et ça permet de ne pas perdre des heures à discuter avec un psy. (C'est même mieux que l'IA la chimie, là j'adresse un sourire affectueusement moqueur à @January) Donc le matériel, la matière, détermine la pensée, détermine l'esprit. La preuve ultime : quand il n' y a plus de cerveau (quand on est mort) il n' y a plus d'esprit. En fait ce raisonnement est assez costaud. Parce que oui je peux observer que c'est vrai : quand l'individu meurt, quand le cerveau meurt, il n' y a plus d'esprit, ça c'est sûr. Donc l'hypothèse : le cerveau, ou la matière crée l'esprit tient la route. Donc actuellement avantage très net aux scientifiques, plutôt aux scientifiques de la chimie et de la physique, disons les physicalistes, ou encore : les matérialistes. Mais alors que penser alors des philosophes de l'esprit, des "mentalistes", bref de ceux qui défendent une autonomie de l'esprit ? Vous voulez réunir les deux mondes mais il faudrait au préalable être sûr qu'il existe bien un monde autonome ou relativement autonome de l'esprit, du mental. Et ce n'est pas aisé à démontrer. Vous dites : le moral agit sur le corps oui , mais comment ? Comment l'esprit pourrait il agir sur le matériel ? ça parait impossible. Vous dites ou vous pourriez dire : mais quand même je convertis sans cesse des événements physiques en événements mentaux, l'image, le son, etc. Certains scientifiques vous dirons, "ok, mais ces conversions ne servent à rien. S'il n' y avait pas de telles conversions mentales ça ne changerait rien". Là vous dites : mais c'est insensé ! mais eux vont vous faire un déroulé de toute action humaine par simple observation physique sans que jamais vos conversions mentales n'interviennent dans une telle observation. Ca fout un coup. Le matérialiste gagne par KO. Donc il faudrait déjà prouver que le mental agit sur le matériel. Pas évident. Spontanément vous allez vous écrier : mais c'est évident que le mental agit sur la santé par exemple. Le scientifique matérialiste va aussitôt vous "geler" : c'est évident ? ah oui et comment cela se passe, dans la pratique ? cette action du mental sur la santé ? Bon supposons que j'accepte l'existence de l'esprit comme "émanant" du matériel (du cerveau en l'occurrence) Comment passe t on du matériel au spirituel ? je n'en sais rien. Mais quand je dis que l'esprit "émane" du cerveau j'accepte qu'il existe une causalité entre le matériel et le mental, et le spirituel. Je suis donc plutôt du coté matérialiste. Tandis que vous ne posez pas de causalité entre le corps et l'esprit. L'esprit pour vous existe indépendamment du corps et vous voulez trouver un pont entre les deux mondes. Votre projet est ambitieux car il y a des générations de chercheurs de tous bords qui tentent d'établir ce pont sans y parvenir (étant dit que je parle là des chercheurs qui pensent qu'il y a une autonomie de l'esprit). Cela dit, à titre personnel je ne suis pas "absolument" matérialiste, car je constate quand même qu'il semble y avoir quelque chose de "mental" qui est autonome, quelque chose d'irréductible à la matière (au médicament !). Le pont pour vous est ce que vous appelez, je pense, l'homme ou l'Etre. Aujourd'hui ce pont a pris ce nom : la conscience. C'est la conscience qui ferait le pont. Ceux qui disent : le pont entre la matière et l'esprit c'est la conscience, mettent la conscience au dessus de l'esprit. C'est le discours d'Edgard Morin mais c'est aussi celui de Guillemant (la vidéo précédente). Du coup ils idéalisent la conscience qui serait une entité qui existerait en soi. Je ne retiens pas du tout cette hypothèse de la conscience comme pont car je ne crois pas en l'existence de la conscience. Je crois en l'existence de pensées conscientes mais pas dans l'existence de la conscience. Je crois en l'existence des choses vraies mais pas dans l'existence de la Vérité. Pour moi Conscience comme Vérité sont des chausse trappes propres au langage. Bref je suis en "recherche" ! et je n'ai pas trouvé ce qui peut bien exister, indépendamment de la matière.
