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Anachel

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Tout ce qui a été posté par Anachel

  1. C'est tout de même étonnant que dès qu'un passage heurte les mœurs actuelles, il faut alors l'interpréter et avoir recours à la science des oulemas. Par contre quand dieu ordonne le bien il faut alors le lire littéralement. Vous ne trouvez pas ça très commode ? Etrangement lorsque c'était dans les mœurs du temps on ne remettait pas en question le mariage des fillettes ou les appels au meurtre, ce qui est d'ailleurs vérifiable dans les pays guidés par la charia actuellement. Eux ne font guère la fine bouche sur ce que vous trouvez choquant et niez qu'il faille le lire tel que c'est écrit. Mais sans doute avez vous raison, ce sont les musulmans aux mœurs européanisées qui ont découvert la vraie signification du Coran 1400 ans après qu'il ait été écrit.
  2. Un petit florilège: Sourate VIII, verset 7 : «Le Seigneur cependant a voulu prouver la vérité de ses paroles, et exterminer jusqu'au dernier des infidèles.» Sourate XLVII, verset 4 : «Quand vous rencontrerez les infidèles, tuez-les jusqu'à en faire un grand carnage.» Et je ne parle même pas des dizaines de passages décrivant comment la peau des incroyants repoussera en enfer après avoir été brûlée afin que leur châtiment recommence éternellement simplement pour ne pas avoir cru.
  3. Ni l'un ni l'autre, la nature recèle des dangers inattendus:
  4. Pourquoi diable devraient ils être différents pour un athée et un croyant ?
  5. A mon humble avis mettre dos à dos la science d'un côté avec la spiritualité et les valeurs d'un autre côté est une erreur. C'est une erreur commune, c'est une erreur compréhensible mais c'est une énorme erreur. Je suis ce qu'on appelle communément un littéraire et lorsque j'étais jeune j'avais la conviction que la science, de par son désenchantement du monde, contribuait à vider le monde de son sens et les hommes de leurs valeurs. Puis vers 20 ans j'ai commencé à m'intéresser à l'histoire des idées. Je voulais comprendre comment les hommes avaient appréhendé le monde au cours des époques et comment ils en étaient arrivés à émettre telles théories ou à découvrir tel principe régissant le monde, ce qui m'a amené à m'intéresser à la philosophie et à l'histoire des sciences. Je vous épargne les détails car je tombe de fatigue et car je compte ouvrir un sujet dédié à ce propos mais j'en suis venu à être ébloui par la beauté des sciences, par leur richesse et leur beauté. Elles ne désenchantent le monde que pour qui ne les connait pas, je vous assure. Certes elle le dépeuplent d'êtres féériques, de récits fantastiques et de façon plus générale de ce qui donne du sens et qui réchauffe le cœur. Mais celui qui les étudie connait de nouveaux éblouissements dont le merveilleux n'a rien à envier à la magie. Je ne pourrai jamais apprécier l'élégance d'une équation mais je peux vous dire que comprendre, ne serait-ce que conceptuellement, la théorie de la relativité d'Einstein a eu sur moi un impact aussi profond et durable que lorsque j'ai entendu pour la première fois le concerto pour flute et harpe de Mozart ou lorsque j'ai découvert les alexandrins de Molière. Je ne nie pas qu'il y ai de froids techniciens dont les âmes grises ne s'émeuvent pas plus devant un sonnet ou la mort d'un enfant qu'ils ne s'interrogent sur les minces interstices de la réalité où pourraient se dissimuler des incertitudes métaphysiques. Mais la plupart des scientifiques dont j'ai lu les ouvrages, que j'ai visionnés ou dont j'ai étudié la vie ne sont pas de ces automates aux idées bornées et au cœurs desséchés. Bien au contraire. Certains sont aimables et bons vivants (George Gamov, Isaac Asimov ou Richard Feynman) quand d'autres sont solitaires ou désagréables (Isaac Newton, Paul Dirac) mais tous ont en commun une même passion. L'ouverture d'esprit que l'on prête aisément aux gens de lettres et plus facilement encore aux gens se réclamant de la spiritualité, je ne l'ai jamais autant rencontrée que chez ces esprits débordants d'idées et en effervescence permanente que sont beaucoup de scientifiques. Je gage que les préjugés que vous avez à leur encontre proviennent d'un manque d'informations. Je ne peux en être certain, d'autant qu'il me semble assuré que chacun se défendrait d'en avoir, mais moi j'ai entretenu ces idées préconçues et il m'a fallu faire un certain parcours pour m'en détacher.
  6. Une fois explicités, je ne peux qu'être d'accord avec vos propos. Féru de psychologie cognitive et porté à l'introspection, je ne sais que trop bien comment les points aveugles de notre pensée nous confortent dans nos idées et nous mettent à l'abri de toute remise en question. Et même la douloureuse conscience de l'existence des biais cognitifs ne nous prémunis pas contre eux, tout juste cela nous permet-il d'y échapper un peu plus souvent que la moyenne.
  7. Sans doute aurais-je dû dire "de type bayésien" car bien entendu notre façon de traiter naturellement l'information n'est pas parfaitement bayésienne mais elle s'en rapproche suffisamment pour que cette qualification ne me semble pas saugrenue. Si, regardant le ciel et ses lourds nuages gris, j'estime à 50% qu'il pleuvra cet après midi, je peux très bien réviser mon jugement à la hausse ou à la baisse en voyant le bulletin météo. Mettre à jour nos croyances en fonction de nouvelles informations est tout à fait courant et relève du raisonnement de type bayésien. Enfin me semble-t-il.
  8. Alors là, j'avoue que vous piquez ma curiosité. Je suis matérialiste mais cela tient pour moi plus du constat que de l'idéologie et je serais curieux de savoir en quoi le matérialisme vous semble mener à la déchéance. Certainement mais le raisonnement Bayésien est la façon dont nous traitons naturellement l'information, même de façon impensée. Y recourir pour statuer sur la question de dieu est non seulement normal, mais rationnel et adéquat. Si je souscris pleinement au fait qu'il y a certainement des vérités indémontrables dans notre univers, nous ne savons pas à priori celles qui sont démontrables et celles qui ne le sont pas, ce qui nous oblige à les tester quand même ou à se résoudre à ne rien connaître. J'ajouterai qu'exporter le théorème d'incomplétude de Gödel hors des mathématiques est aussi périlleux que de faire de même avec la physique quantique hors de l'échelle microcosmique. Ainsi une vérité mathématique démontrable est absolument démontrable, j'entends par là qu'une vérité mathématique est absolue et non contestable. Dans le monde réel aucune connaissance n'est absolue ou parfaite, nous savons que nous n'avons accès qu'aux choses phénoménales et non à leur en-soi. Connaître un objet, aussi simple soit-il, se fait par le truchement d'intermédiaires (généralement des ondes électromagnétiques ou des particules) qui ne donnent qu'un aperçu tronqué d'un objet parfois lui-même modifié par l'action desdits intermédiaires. De même, les meilleures preuves auxquelles nous avons accès dans le monde physique, c'est échouer de façon répétitive à prouver qu'une hypothèse est fausse, chaque échec successif confortant un peu plus notre confiance en ladite hypothèse. Dieu étant supposé intervenir dans les affaires du monde pour répondre aux prières, faire des miracles ou exercer sa colère, on ne saurait dire de l'univers qu'il serait alors un système fermé puisque son étanchéité d'avec la transcendance ne serait pas unilatérale.
  9. Bonjour Zenalpha, Cela faisait longtemps que nous n'avions pas devisé (j'intervenais alors sous le pseudonyme d' @épixès). Cette position qui est également celle Luc Ferry et bien d'autres me semble s'opposer aux efforts déployés depuis des siècles afin de prouver l'existence de dieu. Simples croyants, philosophes et savants docteurs de l'église n'ont eut de cesse de mettre en évidence le caractère nécessaire de l'existence de dieu et pourtant je n'en ai jamais vu aucun renier le concept de foi. Si le terme de foi vient en effet de fides, il a évolué depuis lors et a acquit en chemin une définition plus vaste que la seule confiance. Nombre de croyants veulent justifier rationnellement leur foi et je ne vois pas qu'il y ait à expulser quelqu'un de ceux qui ont la foi pour la raison que sa confiance n'est pas aveugle et qu'il souhaite l'étayer. Au demeurant cela ferait de st Thomas D'Aquin quelqu'un qui n'a pas la foi et je pense que cela embarrasserait bien des croyants. Je ne nierai pas que l'argument des réglages fins est troublant. Cependant si vous le connaissez je suppose que vous connaissez également les critiques et alternatives qui lui sont adressées, comme son caractère tautologique ou l'existence d'un multivers. Mais pour ma part je ferai simplement remarquer que même si on accepte cet argument, celui-ci ne prouve absolument pas l'existence de dieu. Il suggère simplement l'existence d'une forme de conscience intelligente qui serait l'artisan de ces ajustements fins et probablement de l'univers lui-même. Mais dans ce cas notre univers pourrait tout à fait être une simulation programmée par une espèce supérieurement intelligente ou le résultat d'une création artificielle réalisée par cette même espèce hypothétique. Bien que souvent invoqué, cet argument ne dit rien de dieu.
  10. Eh bien les preuves en faveur de l'existence de Dieu sont de deux types: testimoniales et philosophiques. Les témoignages, après la rumeur, constituent le degré zéro de la preuve. Les témoins peuvent mentir ou se tromper de bonne foi, leurs sens et leur mémoire sont faillibles, ils peuvent mal interpréter ce qu'ils perçoivent et sont soumis à des biais cognitifs. L'existence d'un texte sacré et d'une collection d'anecdotes rapportées ne constituent pas le moins du monde une preuve qui ait valeur de démonstration. Les preuves philosophiques n'en sont tout simplement pas. Outre qu'elles sont largement rejetées par la communauté philosophique, elles s'appuient sur une casuistique fallacieuse en faisant appel à des prémisses fausses et des conclusions abusives. Elles partagent également le défaut de ne rien dire d'un dieu spécifique, même si elles prouvaient quoique ce soit ce ne serait toujours pas un argument pour prouver l'existence d'un dieu en particulier. Non seulement les preuves en faveur de l'existence de dieu sont aisément réfutables mais celles en sa défaveur sont plus convaincantes ou en tout cas elles ne postulent pas d'entités immatérielles qui échappent à la vérification empirique. Afin de se faire un avis sur une question, la méthode à peu près universellement employée est d'estimer la vraisemblance d'une affirmation à l'aune des connaissances acquises et d'exiger des preuves proportionnées à son étrangeté. Si une explication sollicite l'intervention d'êtres ou de pouvoirs surnaturels, le principe de parcimonie exige d'envisager des propositions plus simples et vraisemblables en priorité. Plus une affirmation est extraordinaire, plus les preuves devant la soutenir doivent l'être également et l'affirmation qu'un dieu existe est on ne peut plus extraordinaire. Une seule preuve suffirait à prouver son existence si elle était de qualité mais non seulement il n'en existe aucune de convaincante mais il serait charitable de qualifier de médiocres celles qui existent. S'il est vrai que l'immense majorité des athées sont matérialistes, on ne peut cependant se contenter d'écarter d'un revers de main ceux qui adhèrent à une philosophie spirituelle, idéaliste ou existentialiste. Je ne saurais me prononcer pour tous les athées mais à titre personnel je suis athée et matérialiste, cependant je vous assure que pendant longtemps j'aurais préféré qu'une forme de transcendance existe, dieu ou autre chose, afin de donner un sens à toute la souffrance qui existe ainsi qu'à la vacuité et à la brièveté de nos existences. J'ai sincèrement cherché des preuves pouvant soutenir une forme d'espérance car vivre face au néant n'est pas aussi facile que vous semblez le croire. Cependant mon désir d'être rassuré étant moins fort que celui de connaitre la vérité, j'ai dû me résoudre à croire ce que les preuves tendaient à soutenir.
  11. L'agnosticisme n'est pas tant la position de celui qui doute mais de celui qui considère que la question de l'existence de Dieu est indécidable puisque relevant de la transcendance, et donc de l'inaccessible. C'est moins une position particulière à l'égard de l'existence de Dieu qu'une considération épistémologique générale sur l'impossibilité de connaître, réduite à la question du divin. L'agnosticisme est une position qui reconnait les limites de notre capacité à connaître et comprendre le monde et à statuer sur les questions métaphysiques et transcendantales. L'athéisme faible est la position de celui qui n'accepte pas l'affirmation selon laquelle Dieu existe. Cet athée là ne pense pas que la question de Dieu est indécidable, il a examiné les preuves et arguments en faveur de l'existence de Dieu et il n'a pas été convaincu par ces dernières. En réalité le nœud du problème relève encore de l'épistémologie puisque l'agnosticisme concerne la connaissance (ou l'absence de connaissance) tandis que l'athéisme concerne la croyance (ou l'absence de croyance). Les deux se rejoignent en quelque sorte puisque la connaissance EST une croyance mais c'est une croyance qui à un statut particulier, tellement particulier qu'il justifie qu'on en fasse une catégorie à part.
  12. D'aucun vous répondraient que l'athéisme est une croyance comme chauve est une couleur de cheveux. Mais en réalité tout dépend à quelle acception précise de l'athéisme on se réfère. Car comme la plupart des mots il est polysémique et désigne aussi bien la négation de l'existence de dieu (l'athéisme fort) que l'absence de croyance en celui-ci (l'athéisme faible). Cette dernière définition n'est pas une affirmation positive mais plutôt une position par défaut en l'absence de preuves convaincantes. Ce n'est donc pas une croyance, au contraire de l'athéisme fort qui est une affirmation positive. Et ces deux positions ne sont pas mutuellement exclusives. En réalité l'athéisme fort requiert l'athéisme faible, il faut nécessairement ne pas croire en dieu pour nier son existence.
  13. Je me souviens de votre réponse dans ce sujet que j'ai ouvert. Vous avez affirmé "sans aucun doute" à la question de savoir si vous auriez quitté Omelas. Et pourtant je ne peux que constater que votre réponse m'apparait comme en contradiction avec son support numérique qui implique l'exploitation d'enfants travaillant dans les mines du Congo pour en extraire les métaux rares, celle éhontée de millions d'ouvriers asiatiques besognant dans des conditions scandaleuses ou tout simplement le pillage des ressources des pays du tiers-monde pour le bénéfice des pays développés. Je pourrais multiplier les exemples à l'envi mais ce serait superflu et n'y voyez pas là un jugement de ma part. Nous faisons partie de ceux qui restent à Omelas et à titre personnel je l'assume complètement. Je n'ai pas choisi l'ordre du monde et crier mon indignation en une vaine démonstration de vertu ne révélerait que mon peu d'entendement de son fonctionnement. L'histoire montre qu'un lent travail de fourmi pratiqué de l'intérieur, que la négociation et les compromis résolvent des problèmes infiniment plus souvent qu'un acte isolé et dicté par un sens moral intraitable. Pour répondre à votre question de savoir s'il resterait quelque chose à sauver, je vous ferai remarquer que -reprenant mon exemple précédent- nous sommes précisément les descendants de ceux qui ont abandonnés des enfants et des vieillards, qui ont massacré sans pitié leurs adversaires et qui se sont occasionnellement livré à l'anthropophagie. Et cela à donné naissance aux symphonies de Mozart, aux équations d'Einstein, à la déclaration universelle des droits de l'Homme et accessoirement à votre femme et vos enfants (si vous en avez). Cela valait-il le coup ? Je vous en laisse juge.
  14. Je ne "juge" pas l'esprit cartésien supérieur à l'évidence morale mais le premier est apte à avancer des opinions qu'il saura remettre en question si des preuves viennent les réfuter, il sait se conformer à la réalité quand l'évidence morale, elle, s'en moque et est aveugle aux conséquences. S'il nous semble moralement évident que livrer un enfant ou un vieillard à la mort est mal, ne pas le faire dans un contexte d'extrême raréfaction des ressources revient à signer l'arrêt de mort de toute sa communauté. Si les tribus primitives ne s'étaient pas résolues à faire le nécessaire pour la survie du plus grand nombre, nous ne serions pas ici à deviser respectueusement. Si nous devions toujours obéir aux injonctions de notre conscience sans les questionner, prendre du recul et évaluer les répercussions de nos actes, je gage qu'aucune forme de société pérenne n'aurait pu se maintenir. La rationalité n'est pas nécessairement l'ennemie des émotions et de l'éthique mais elle à pour fonction d'en juguler les excès. Si les sentiments sont un moteur puissant, il lui faut un volant pour en gouverner la direction.
  15. Je ne saurais être plus en accord avec vous sur le fait que savoir identifier des objectifs atteignables et propices à notre épanouissement puis établir une démarche rationnelle pour y parvenir est essentiel. Cependant que certains bonheurs soient plus essentiels que d'autres me semble sujet à débat. Si je souscris émotionnellement à cette thèse, mon esprit renâcle à la valider aussi facilement. Il existe en effet des vérités objectives qui peuvent être vérifiées empiriquement et possèdent un caractère absolu qui les rend indépendantes de nos croyances et sentiments personnels. Les idées, préférences et opinions relèvent de la pure subjectivité et varient d'un individu à l'autre. J'ai un goût prononcé pour la musique classique et une aversion tout aussi profonde pour le R&B et si je pourrais arguer de la noblesse de la première, de son élévation spirituelle, de sa richesse harmonique ou de ses qualités esthétiques, ce ne seraient en réalité que des mots creux dissimulant mal la vacuité de mon argumentation qui n'exprimerait en l'occurrence que mon sentiment personnel, incapable de mettre objectivement en évidence la supériorité d'un style musical sur un autre. Je ne désire rien tant que pouvoir prouver cette supériorité que chaque fibres de mon être me hurle -elle s'impose à moi avec toute la force d'une évidence morale- et cependant mon esprit aussi rationnel que relativiste sait que ce désir est vain. J'en pleurerais mais Mozart et Aya Nakamura se dissolvent dans la même insignifiance devant le silence buté de l'univers.
  16. La sagesse ne recherche pas le bonheur, elle le laisse venir.
  17. Comme toujours il y a plusieurs facteurs explicatifs La culpabilité et le rejet me semblent une bonne piste à explorer. Il existe désormais une tendance assez commune au présentisme, cette tendance à interpréter et à juger les évènements passés à l'aune des valeurs et des normes morales du présent. C'est une forme de biais anachronique qui peut conduire à des interprétations erronées ou simplistes de l'histoire. La culture et l'histoire de France est riche et complexe et certains évènements de conquêtes, de spoliations, d'asservissement sont lus sans connaitre et sans même s'intéresser au contexte géopolitique ou culturel. Ainsi pour parler de la traite négrière on omettra de mentionner que l'esclavage à été pratiqué à peu près partout et par tout le monde, du pays le plus civilisé à la tribu la plus reculée. De la même manière, on se gardera bien de parler des religions et doctrines déniant leur statut d'humains à ceux qui étaient réduits en esclavage, ce qui permettait de moins entrer en empathie avec eux. On négligera tout autant d'aborder l'aspect rudimentaire de la technologie ne pouvant se substituer à la main d'œuvre humaine, ce qui rendait difficile d'entreprendre des travaux de grande envergure. Il fallait pour cela employer des milliers de personnes à moindre coût afin d'édifier un bâtiment colossal ou pour aménager le territoire. (voir la théorie des empires hydrauliques de Karl August Wittfogel ou celle du déterminisme environnemental de Jared Diamond). Ignorer ou nier ces facteurs c'est refuser de comprendre ce qui a mené à une situation. Car c'est désormais bien connu, comprendre c'est déjà se rendre complice. Comprendre est au mieux un compromis moral, au pire une approbation du crime. Et dans la même logique il faut non seulement reconnaitre l'évènement comme un crime mais il faut aussi que cette condamnation soit ostentatoire et votre vertu sera perçue comme proportionnelle à l'intensité de votre condamnation. Aussi assurez vous bien de crier très fort et de pleurer beaucoup. J''estime que les dirigeants français de ces dernières décennies ne sont pas exempt de responsabilité dans cette situation. Bien que je soit athée, il me semble futile de nier qu'à la suite de la séparation de l'église et de l'état, il y a eu une perte progressive de valeurs participant à constituer une identité nationale. L'humanisme des lumières longtemps porté par nos élites s'est peu à peu dilué dans un brouhaha indifférencié d'idéologies insignifiantes puis à disparu au profit de préoccupations économico-consuméristes. L'éducation nationale ne porte plus cette flamme portant une ambition pour chaque individu ne devant pas simplement se réaliser à travers l'instruction mais en faire un citoyen éclairé et avide de comprendre. Non seulement l'éducation nationale à abdiqué son idéal mais elle recule dans la réalisation de sa mission première. Elle cède du terrain devant le mécontentement des parents ou devant des revendications communautaires, elle n'exerce plus aucune autorité et permet aux élèves toute sorte de nonchalance et d'incivilité. C'est une guerre de tranchée menée par quelques soldats épars et abandonnés par leur état-major qui a capitulé depuis bien longtemps. Et que dire de nos dirigeants successifs ? Tous de tristes pantins, verbeux et insignifiants, se gargarisant de mots creux n'ayant plus en tête que leur réélection. Ils n'incarnent plus, même modestement, cet idéal de rationalité, de culture et de progrès qui caractérisait l'idéal républicain français il y a désormais bien longtemps. Leurs appétits prosaïques de pouvoir et de notoriété ainsi que leur vision étriquée d'un système économique borné au libéralisme se sont substitués aux aspirations qui faisait de notre pays une lueur intellectuelle rayonnant sur le monde entier. Et ayant abandonné cette ambition pour eux-mêmes, ils ont permis qu'elle s'éteigne en nous.
  18. Il existe différents types de modélisation. Un graphique (en l'occurrence un graphique en courbe) relève de la modélisation visuelle. Il ne sera pas dit que je suis fermé à la réfutation aussi vais-je prendre le temps d'examiner les liens que vous me présentez ainsi que d'autres sources. Bien qu'à l'ère de l'information numérique et d'extrême polarisation il soit impossible de trouver une figure publique qui ne soit pas contestée, s'il apparait que des données vérifiables -et non de simples opinions qui peuvent être le fruit de divergences idéologiques- ébranlent la légitimité de Mr. Bauer alors je reverrai mon opinion à son propos et tiendrai ses travaux pour suspects.
  19. Je parle du graphique, c'est une modélisation de données. Je me base sur deux points: -Ce que je vois sur le graphique et ce que j'en comprends. La médiane des valeurs exprimées semble former une droite ascendante entre le point d'entrée et le point de sortie. -L'avis de Mr. Bauer qui, en tant que criminologue, me semble plus qualifié que vous et moi pour en juger.
  20. Je suis un peu désarçonné. Certes le graphique oscille mais c'est précisément le rôle de cette modélisation de données que d'aider à comprendre des tendances générales à travers des variations aléatoires. Et afin de réduire l'incertitude inhérente à ce processus, on choisira un point d'entrée et un point de sortie qui ne soit pas trop rapprochés dans le temps afin d'avoir assez de données pour justement qu'une tendance générale se dessine. Il y a certes nécessairement de l'arbitraire dans le choix de ce qui ouvrira et fermera ladite modélisation mais 11 ans me semble être une période de temps suffisante pour lisser les variations et faire apparaitre un mouvement d'ensemble qui est très globalement à la hausse. Le fait que la violence est en très nette baisse depuis un siècle (ou même plusieurs) n'est pas contradictoire avec le fait qu'elle est en hausse depuis 2012, ce sont juste deux échelles de temps différentes. Peut être ladite hausse ne s'avérera qu'une micro variation dans une tendance globale qui restera in fine à la baisse ou peut être marquera-t-elle un changement de paradigme social mais seul l'avenir le dira. En attendant il ne reste pas moins vrai que cette tendance existe, qu'elle que soit la lecture qu'on en fasse. De façon moins académique et désincarnée, j'ai pu expérimenté dans mon quotidien et jusque dans ma chair ce qui m'apparait comme une fracture grandissante, une antagonisation croissante des rapports entre une certaine jeunesse et le reste de la population. Alors bien entendu je sais que l'expérience personnelle n'a guère de valeur (et à juste titre) et je garde une certaine distance avec mes convictions mais en attendant qu'elles soient démenties par les faits, je leur conserve une confiance relative.
  21. Je ne comprends pas. Qu'est-ce qui n'est pas très sérieux ? Le graphique que vous avez posté ou le fait qu'il confirme les chiffres avancés par Mr. Bauer ?
  22. Je n'ai pas l'étude présentée par Mr. Bauer sous la main mais il dit lors de son interview en confier une copie à BFMTV afin qu'ils la publient sur leur site. Sinon concernant le graphique dont vous me parlez, il me semble à peu près correspondre aux chiffres et taux avancés par Bauer.
  23. C'est parfaitement exact et 2012 est l'année où, historiquement, l'on a recensé le moins d'homicides en France. Cela n'empêche nullement que depuis lors le nombres d'homicides et de tentatives d'homicides sont de nouveau en hausse er à un rythme alarmant. De plus il se développe une forme "d'hyperviolence" que la nomenclature académique peine à cerner. Il s'agirait de crimes présentant une violence plus brutale qu'auparavant ainsi que la très nette augmentation des violences de groupes. Je n'ai malheureusement pas accès au premier article, je ne peux donc y répondre. Quant au lien des statistiques gouvernementales, il porte sur 3 mois et concerne la fin d'année 2021 / début 2022 quand Alain Bauer parle d'une augmentation sur 11 ans (2012 à 2023). Tout ce que je peux conclure à la vue des chiffres que vous me présentez et auxquels j'ai eu accès, c'est qu'ils n'invalident pas ceux de Mr. Bauer puisque ne portant pas sur la même période de temps.
  24. En réalité, si. Selon le criminologue Alain Bauer, entre 2012 et 2023 le nombre d'homicides a augmenté de 50% et en 2023 celui des tentatives d'homicides est le pire chiffre de ces cinquante dernières années. L'étude ne porte pas spécifiquement sur les jeunes mais à moins d'un renversement de portée historique, la violence est toujours et partout majoritairement le fait de jeunes hommes. Voici l'interview dans laquelle il cite ces chiffres, documents à l'appui (à 13.04). Documents qu'il dit mettre en ligne sur le site de BFMTV:
  25. D'un point de vue biologique l'amour est une stratégie évolutive de reproduction répondant à des contraintes biologiques et anatomiques impliquant des mécanismes tels que la sélection sexuelle, l'attachement parental et la cohésion sociale. Au niveau cérébral ils se traduisent par divers processus psychologiques et la libération de plusieurs hormones et neurotransmetteurs tels que l'ocytocine, la dopamine ou la sérotonine. L'amour est également une émotion intense d'attachement qui peut inspirer les pires crimes comme les sacrifices les plus altruistes, des suicides désespérés ou de sublimes sonnets. Ce sont des ailes qui vous portent vers des joies indicibles ou des lests qui vous précipitent dans l'abîme. A titre plus personnel, l'amour fut d'abord l'objet d'une espérance puis celui d'un renoncement.
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