tison2feu
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Tout ce qui a été posté par tison2feu
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Ce dernier paragraphe me semble particulièrement riche, chaque phrase étant digne d'être lue et relue, relue et méditée. Première phrase brève servant d'accroche, de fil directeur. Puis les phrases suivantes, tout en nuance qui vont échapper bien sûr aux adeptes de la lecture rapide (maladie de notre société postmoderne venant s'ajouter à la tendance déversoir) : "Le philosophe doit parfois savoir..." ; "il doit parfois savoir...", etc. Mais non rien n'y fait, l'important n'est pas de te lire, de savoir te lire et te donner ainsi la parole, mais de déverser des paroles, faire de l'humour et digresser, pour te faire dire au final ce que tu n'as jamais dit ("mutisme de moine", etc.).
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Dans les Bouches-du-Rhône oui, mais pas sur la Côte varoise ! Cet après-midi, le ciel est redevenu bleu, et aucune averse en vue ; peut-être aura-t-il plu à l'intérieur des terres seulement. Parmi les plantes grasses qui poussent bien et ne nécessitent pas beaucoup d'eau, il y a celles sans piquants, telle la crassula (que je viens de photographier, en ce temps pluvieux !) ; à l'approche du froid, les rebords des feuilles deviennent rouges : En ce moment, on peut profiter des dernières fleurs d'ibiscus, ainsi que de canna (avec de l'eau, les cannas atteignent 2 m de haut !) :
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J'envie ton chèvre-feuille, encore un parfum terriblement agréable !! Pour ce qui est des pestes végétales, je peux t'en citer deux autres : la liane araujia sericifera dont les fleurs attirent et étouffent les abeilles. Un souvenir photo, avant son élimination du jardin : Tu as également une autre plante grimpante à surveiller de très près, la passiflore (avec ses fruits de la passion) qui se multiplie très vite en de multiples petits bras tentaculaires qui vont étouffer toutes les autres plantes et arbres fruitiers aux alentours. Voilà de quoi inspirer Nietzsche, subjugué quant à lui par la liane sipo matador qui symbolise la volonté de puissance du surhomme. Pour les missionnaires, la passiflore évoque la passion du Christ parce qu'il y a une croix dessinée sur la fleur :
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Merci pour l'info météo, puisqu'au moment où j'écris, dans le Var il n'y a pas encore eu d'orage. A ce propos, certains présentateurs météo annoncent des températures sans se poser un seul instant la question de savoir ce que peut bien représenter un 34°, voire un 37° ! Ces jours derniers, une présentatrice comparait les températures du Nord, très fraîches en ce moment, avec celles du Midi, en y allant de son petit commentaire affligeant pour la température annoncée de Nice : "37°, c'est mieux !" Elle ne sait pas ce que signifie 37°. Même si la pluie est tombée, la fraîcheur sera de courte durée, car dans le Midi l'été ne se terminera pas avant fin septembre. Profite donc bien de cet instant de répit !! (L'été dernier était une exception puisqu'il y avait eu un orage chaque mois). Si tu n'as pas d'eau de forage, il te faudrait des plantes qui poussent sans trop d'eau comme les cistes dans la garrigue ! Tu as donc un séringat en fleur. Le mien avait fleuri il y a 3 mois déjà :
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Tu as une espèce croisée de géranium et pelargonium, le géranium rosat (ou géranium odorant) dont les feuilles dégagent une odeur extrêmement puissante mais pas désagréable. C'est sûr, cela ne sent pas le frésia (mon odeur préférée de fleur !). Cela fait de la verdure tout l'été, et très vite de très gros massifs, appréciable dans le Midi ! Les petites fleurs de géranium odorant (Tu reconnais à gauche des saponaires, c'était avant la floraison en avril dernier) : L'idéal, bien sûr, serait pour toi d'avoir de l'eau de forage. Avec de l'eau, tu fais des merveilles ! Tes voisins ont-ils des puits ? Tiens, je t'envoie un peu de fraîcheur, avec ces belles feuilles de bananier (j'ai récupéré des souches l'hiver dernier chez une voisine, tout avait séché, mais depuis plusieurs semaines, les feuilles sortent, ouah !!!!) :
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J'en ai planté en fin avril dernier, et un seul plant (sur 7 plants) n'a pas pris, ce qui était prévisible : la base était déjà noircie et désséchée. Moralité : dans ce cas ne surtout pas acheter ! En début mai dernier, une lavande-papillon (en arrière-plan) : En fin mai dernier, une lavande officinale (ou angustifolia), qui a ma préférence. Pour moi, c'est la vraie lavande : Bonne plantation !
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Les fleurs citées poussent sur la Côte d'Azur (Var). Il y a aussi des plantes qui tombent du ciel !!!! Le mois dernier, une graine de tournesol a atterri dans un de mes pots de fleurs, je l'ai transplantée, il faisait 1,50 m de hauteur : Une autre variété de tournesol, de 90 cm, a surgi de terre, mais il s'agit d'une autre variété (pluri-fleurs) ; il a fâné, mais je viens de découvrir de nouveaux boutons de fleur :
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En ce moment, c'est la fête aux bignones !
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Pour que le vin de fruits ait moins le goût de désinfectant, j'ai tenté de mettre davantage de fruits : pour 8 litres, j'ai mis 3 kgs de kumquats au lieu d'un demi kilo conseillé sur ma recette, et un pamplemousse + vin blanc + 1 litre d'alcool de fruits + une gousse de vanille (de la bonne), mais je trouve que ce vin a un poil trop le goût de vanille ! Les fleurs d'hortensia sont beaucoup plus grosses que celles du lantana. Les fleurs de lantana sont très nombreuses comme sur cette photo prise ce matin :
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Oui, tout l'art sera dans le dosage (gousse nouvelle ou utilisée), car trop de vanille pourrait tuer le goût du fruit, ou du vin de fruit. La photo d'une petite dernière : fleur de lantana camara, bouturé il y a quelques mois. Cela fait des fleurs tout l'été :
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Dans ta question, tu assimiles "connaissance" à "pensée". Les connaissances scientifiques sont-elles des pensées ? Ne doit-on pas distinguer radicalement entre connaître et penser, à moins de tomber dans une vision scientiste de l'univers ? Toute proposition scientifique démontrable est-elle pour autant une pensée ? N'existe-il pas des pensées intuitives indémontrables, y compris dans les sciences ?
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Eh bien voilà, cher Déjà, il aura fallu te bousculer un peu plus, pour obtenir enfin des références et une réponse plus étayée (Il ne faut pas te formaliser sur le ton de mes interventions, c'est direct tout simplement). La difficulté que je pressens, avec l'auteur que tu cites, c'est qu'en lisant ses travaux, il importera à mes yeux de faire la part de l'aspect scientifique et de l'aspect philosophique de ses travaux. Et cela vaut pour tous les philosophes-scientifiques. En tout cas, merci pour la référence. (Je suis toujours présent ici, mais j'ai parfois davantage plaisir à vous lire, et aussi à lire des ouvrages philosophiques... La tâche est immense).
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Sur la Côte d'Azur !
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Puisque l'objet de toute science porte sur un objet particulier du monde, par définition aucune science ne pense le monde dans sa totalité. En ce sens, la science ne pense pas (Cf. Heidegger, Qu'appelle-t-on penser ?). Dans ces conditions, "pensée universelle scientifique" me semble un oxymore.
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Sur cette question de la compétence des "scientifiques" actuels, j'avoue avoir eu la même réaction épidermique que Garalacass en te lisant, Déjà. Tu en rajoutes une couche en continuant ici à généraliser et à parler sans référencer tes critiques. A te lire, "ils sont encore rares", mais sur quoi te bases-tu pour conclure à pareilles généralisations ? Sans parler de la dictature du "on"... Les éthologues, anthropologues, linguistes, etc. ne t'ont pas attendu pour ouvrir les yeux sur les préjugés et autres postulats anthropocentrés du début du siècle dernier, d'où les ruptures épistémologiques conséquentes ayant permis de produire, me semble-t-il, un véritable savoir scientifique dans ces disciplines depuis plus d'un demi-siècle. Encore faut-il prendre la peine de lire ces travaux avant de les critiquer.
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Pour les amateurs de confiture à la vanille avec 4 abricots ? :p Une photo du jacobinia carnea (ou justicia carnea) tout en fleur ces jours-ci, très facile à bouturer au printemps :
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Si même nous vivons dans une société qui se transforme de façon exponentielle, cela ne doit pas signifier que les sociétés dites primitives n'auraient aucunement connu une succession de changements, une nuée de progrès techniques, une multitude de croyances nouvelles, en raison de faits de sociétés incontournables : les guerres perpétuelles (avec adoption de la langue du vainqueur), les mariages, ou l'isolement de certaines populations... autant de facteurs contribuant à toujours davantage de différentiations langagières.
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A la différence de la philosophie, les sciences n'ont pas pour finalité la conduite de l'existence ; elles ne traitent ni de morale, ni d'esthétique, ni de métaphysique, etc. De rien, Lion2, il s'agissait de remonter ensemble le chemin que la science a descendu. L’étude étymologique, comme toute science, n’est pas une aire de jeu. Si tu prenais conscience de la multiplicité des paradigmes linguistiques entrant en ligne de compte dans la recherche étymologique(et dont j’ai abordé quelques aspects seulement), tu parviendrais à faire la différence entre une activité ludique ou poétique et une activité scientifique. L’une produisant des étymologies fantaisistes, l’autre des étymologies rigoureuses. Cela ne signifie pas que l’aspect ludique soit absent de toute activité scientifique, mais le jeu a ses limites. Sophisme par pétition de principe, suivant lequel la « déraison » des mots rendrait a priori insensée toute étude linguistique sérieuse des mots (phonologique, étymologique, etc.). Comment expliquer alors l’existence – et la grande valeur - de dictionnaires étymologiques de langues ? Tu pourrais en nier l’existence, ce qui te permettrait de tenir le raisonnement suivant : point de science étymologique, tout est subjectif, tout est relatif, tout se vaut ; mon étymologie fantaisiste vaut ton étymologie rigoureuse, nous sommes à égalité. Tu as d’ailleurs déjà eu recours à ce type de raisonnement fallacieux, en écrivant supra : « Pour ce qui est de la subjectivité, il me semble que cette fois nous sommes à égalité ». Sauf que l’égalité des résultats s’est substituée au souci légitime d’égalité des droits de chacun à s’exprimer sur un forum. Ils servent avant tout à communiquer. Pas besoin de connaître le sens « premier » des mots pour communiquer dans la vie pratique de tous les jours. En focalisant comme tu le fais sur les mots et non sur la langue et ses ressources, tu oublies les possibilités inépuisables d’agencement des mots dans des phrases, d’ordonnancement de ces phrases, etc., qui justement permettent d’améliorer l’intercompréhension, a fortiori lorsqu’il s’agira, comme en philosophie, de penser cette vie (et vivre ses pensées), de partager des idées abstraites... Personne ne t’empêche alors de modifier le sens des mots et même de créer de nouveaux concepts ! C'est tout le plaisir que je te souhaite. Mais cela n’a plus rien à voir avec l’étude de l’étymologie moderne.
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Je peux très bien tenir un raisonnement devant conduire à davantage de précision sans pour autant faire de la philo. Tu me demandes d'expliciter le terme "phonologie", distinct de "phonétique", ce qui m'oblige alors à rentrer dans des considérations purement techniques qui, à mes yeux, n'ont rien de philosophiques. La phonétique est descriptive (étude des points d'articulation où sont produits les sons, description de ces sons, etc.) alors que la phonologie étudie la fonction de ces sons dans le mot : par exemple, fonction distinctive entre 2 sons permettant de distinguer 2 mots tels que "toi" et "roi", dans le cas du français, ou fonction distinctive de 2 tons permettant de distinguer 2 mots chinois, etc. N'entrevoyant rien de philosophique dans de tels propos, j'ai préféré me limiter à te donner des pistes (il ne tient qu'à toi d'approfondir si tu le souhaites). Mais ceci ne sera que la partie visible de l'iceberg, dans la mesure où il faudra aussi t'initier à la morphosyntaxe et à bien d'autres choses (étude de règles de correspondance vocalique et consonantique dans chaque grande famille linguistique, etc.). En revanche, je t'ai livré un travail de déconstruction sans recourir d'emblée à un argument d'autorité (il m'aurait suffi de citer Chantraine dès le début) afin de te permettre de découvrir par toi-même des problématiques insoupçonnées. Quant à moi, c'est un exercice très difficile de parvenir à être suffisamment clair, mais ça se travaille. Si je suis exigeant avec toi ou d'autres "faiseurs d'étymologies" qui pullulent sur le Net, c'est parce que je le suis davantage avec moi-même puisque ce domaine m'intéresse personnellement. Quant aux autres points abordés dans ton dernier post, je n'en nie pas l'intérêt philosophique, mais je n'en vois pas d'applications concrètes. Beaucoup de philosophes se lamentent de ne pas trouver le sens premier des mots. L'étymologie permet de remonter parfois à un sens antérieur, mais jamais premier. Qui pourrait prétendre remonter au sens premier des mots employés par l'Homo sapiens - que nous sommes ! -, il y a 150 000 ans ? Soyons sérieux. Actuellement, tout au plus est-ce possible de remonter à 6000 / 7000ans, et pour un nombre très limité de mots, voire à 10 000 ans grâce à une autre branche linguistique : la glottochronologie http://fr.wikipedia....ottochronologie
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En consultant par exemple les deux articles de Wikipédia consacrés à « phonétique » et surtout à « phonologie », tu pourrais faire aisément la distinction. Plus globalement, seule une formation en linguistique générale permet de découvrir l’ampleur des problèmes et pièges de tous ordres auxquels seront confrontés les passionnés d’étymologie. Je fais bref, pour cette fois, afin de cesser d’alimenter le hors sujet et le hors philo. Bien à toi.
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Le Littré n’est pas en cause. Ta « démonstration » est invalidée dès le départ par le seul fait de mal orthographier le terme français « étymologie », ce qui te conduit à faire des rapprochements sémantiques erronés du type « *éthymologie » / « éthique », en faisant l’impasse sur l’analyse phonologique des termes latins et grecs empruntés. Une analyse fine consiste à voir avec les oreilles ! Et j’ajouterai que la transcription latine n’est pas gratuite mais fort judicieuse. Les Latins doivent translittérer des sons grecs qui, dans le cas qui nous occupe, n’existent pas en latin. Par exemple, le son « U » grec (semblable au « U » français) n’existe pas en latin ; il sera transcrit par un « Y » latin (= upsilon grec en lettre majuscule). De même le son « TH » grec (semblable au « TH » anglais) n’existe pas en latin ; il sera transcrit par un « TH » latin, etc. La transcription latine tient compte de la réalité phonique du grec ancien. Et cela vaut pour chaque langue, dont la source de référence ne peut prétendre à l’universalité. Y compris pour le sanskrit… Voilà qui méritait d’être rectifié, afin de ne pas faire dire à l’illustre Anatole Bailly ce qu’il n’avait jamais dit. Pas clair. Tout locuteur est généralement très mal placé pour connaître la véritable étymologie des mots qu’il emploie dans sa propre langue maternelle. Tu peux trouver en chaque mot un goût propre à te révéler un sens profond, mais cela n’engage que ta propre subjectivité. L’étymologiste moderne ne fait dire aux mots que ce qu’ils disent objectivement, et s’il ne trouve aucune étymologie probante, il précise humblement « étymologie inconnue ». L’expression « proprement se poser soi-même » en sanskrit n’est d’aucune manière synonyme de « vrai ». C’est toi qui procèdes par association d’idées en établissant un lien subjectif entre le fait de « se poser sur, se fixer sur, etc. » et le fait d’atteindre le vrai, la vérité devenant synonyme de stabilité et d'immuabilité. Encore une fois, je constate que tu forces le sens des mots en leur faisant dire plus qu’ils ne disent. Avant de conclure aussi hâtivement, tu devrais enquêter également sur l’étymologie des termes grecs et sanskrits signifiant « vérité », et pouvant suggérer au contraire l’idée de mouvement et d’instabilité, ce qui rend cette vérité insaisissable, ou encore de bien d'autres idées (dévoilement, etc.). Ceci n'est qu'une piste d'investigation et je ne souhaite pas développer ces questions dans ce topic afin de limiter le HS. Ayant eu l'occasion de citer le prestigieux Dictionnaire étymologique de la langue grecque par Pierre Chantraine, je tenais à signaler que cet outil est disponible en ligne : http://archive.org/s...age/n5/mode/2up
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Eulen en allemand, ulen en moyen bas-allemand. Selon Wikipedia (cf. article "Till l'Espiègle"), l'étymologie est triviale : le nom vient du moyen bas-allemand ulen « essuyer » et spegel « miroir, derrière », et l'expression ul'n spegel veut dire « je t'emm... ».
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Bonjour Lion2, Ce que tu n’as pas du tout saisi, chère Lion2, c’est que dans un travail de comparaison entre deux mots, en l’occurrence, l’un français et l’autre grec ancien, il importe de connaître la prononciation du mot français, bien entendu, mais aussi la prononciation du mot grec – ce qui implique de savoir lire les lettres de l’alphabet grec et de connaître leurs prononciations restituées. Or, c’était sur la prononciation grecque que j’avais attiré ton attention, bien évidemment, en prenant soin de t’expliquer pourquoi. Je me répète donc en sollicitant de ta part la plus grande attention, étant donné que jusqu’à présent tu ne vois pas où se situe le problème. Lorsque tu écris : « Un « i » ou un « y » sonnent pareil à mon oreille », tu te réfères en effet au français. En revanche, dans les mots grecs que tu mentionnes et qui font l’objet de tes comparaisons, les « i » et « y » que tu mentionnes sont transcrits en écriture romanisée et correspondent à des « ι » et des « υ » grecs qui, eux, ne sonnent pas pareillement à l’oreille du locuteur de langue grecque car ils correspondent à deux prononciations différentes figurées par deux lettres différentes de l’alphabet grec : 1/ iota qui se prononce « i », s’écrit « ι » en grec (sans point sur le « i »), et se transcrit « i » en latin. 2/ upsilon qui se prononce « u » (comme le « u » du fr. « but »), s’écrit « υ » en grec, et se transcrit « y » en latin. Ainsi, le mot ethika est la transcription romanisée du grec εθικα, où l’on note la présence d’un iota. Or, si en recopiant ce mot ethika, un scribe met un « y » à la place du « i », cela laisse accroire qu’il existe un mot grec *εθυκα, avec upsilon et non plus iota. De la même façon, je t’avais signalé que dans les mots grecs transcrits en latin, il ne faut pas confondre les « t » et les « th » qui correspondent à des « τ » et des « θ » grecs, c’est-à-dire deux prononciations différentes. Si donc, en recopiant ce même mot ethika, un scribe étourdi (tu n’aurais pas des ancêtres scribes dans ta famille ?:) ) met un « t » à la place du « th », cela laisse accroire qu’il existe un mot grec *ε τ ικα , avec teta et non plus theta. Ce fut le cas en effet pour le mot « ethimologe », en ancien français en 1330 (et en provençal aussi). * * Si tu as cela bien en tête, tu peux désormais regrouper toute ta série de mots grecs romanisés tels que : 1/ ethica, ethos, ethnos, etc., qui correspondent au grec εθικα, εθος, εθνος (sans les signes diacritiques, pour faire simple). J’ai même trouvé le grec tardif εθιμος « habituel » dans mon Dictionnaire étymologique de la langue grecque (t. 1, p. 327, Pierre Chantraine). 2 / etymologia, etymon, etymos, etc., qui correspondent au grec ετυμολογια, ετυμον, ετυμος « vrai ». Tu réalises alors que ces deux séries de mots grecs n’ont pas la même étymologie et ne peuvent être rapprochés ni phonétiquement, ni sémantiquement (Le skr. svadha faisant partie de la 1ère série, et n’ayant jamais signifié « sincérité, honnêteté »). Je sais, la démonstration est époustouflante (tout comme ma digression). Bien à toi
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Bonjour Déjà, Le plaisir est réciproque. L’échange est positif chaque fois que la discussion permet aux interlocuteurs de se sentir plus riches, au-là de toute espérance. Surtout lorsque la discussion nous porte sur le territoire encore informe et indicible de cette espérance. Ton début d’explication me laissait sur ma faim, et j’y décelais davantage d’inconvénients que d’avantages. La piste que tu indiques entre-parenthèses aurait pu servir d’accroche plus percutante que ton début d’explication qui m’avait fait réagir (« c'est ce que font sommairement les interjections qui accompagnent les bandes dessinées »), puisqu’il est question ici de créer des temps nouveaux ou plus fournis que ceux du français, donc un nouvel espace-temps et de nouveaux horizons devant favoriser possiblement l’éclosion d’idées nouvelles. En quoi le futur antérieur de l’indicatif ne te paraît pas assez fourni ? Sinon, je trouve intéressante – et indispensable - l’idée de faire un inventaire critique détaillé de chaque langue naturelle, puisqu’il va s’agir d’éliminer le superflu (de rationaliser ?), comme l’on taillerait un arbre fruitier en vue d’une meilleure récolte à venir. Donc double démarche critique, l’une négative (rationnelle) et l’autre constructive (axée sur l’inconnu et l’irrationnel pourquoi pas ?). Peut-être suis-je trop conscient de la complexité de chaque langue naturelle. (L’audacieux, c’est aussi celui qui a la chance de foncer parce qu’il ne sait pas ce qui l’attend !). Toi-même, Déjà, tu faisais allusion à nos milliards de neurones… La construction d’une langue dite naturelle est une œuvre collective, peut-être la plus longue – s’étendant sur des siècles, voire des millénaires – et la plus colossale à avoir été entreprise et perfectionnée jusqu’à ce jour par des communautés d’hommes. Cela peut justifier à cet égard l’attachement exacerbé à une langue (par exemple, l’arabe littéraire pour les Arabes, l’hébreu pour les Juifs, ou plus anciennement le latin en Europe). Alors comment rivaliser d’inventivité face à de telles œuvres collectives, par la seule volonté individuelle ? Voilà ce qu’il convient de garder à l’esprit afin de ne pas se bercer d’illusions trop vite. Car lorsqu’il sera question d’éliminer le superflu, l’on va découvrir que la redondance n’est pas toujours si inutile pour la communication usuelle ; et lorsqu’on taillera dans tel domaine grammatical, on sera obligé de complexifier davantage dans tel autre, parce qu’une langue est un tout, et si l’on déplace un seul pion, c’est tout l’ensemble qu’il faut revoir. Pour bien prendre conscience de l’ampleur de la tâche, il suffit de se reporter à cet autre grand rêve relatif aux langues, celui de la machine à traduire. Il y a 40 ans, tous les espoirs étaient déjà permis, le projet était sur le point de se concrétiser sous l’impulsion de chercheurs soviétiques (toujours très forts dans le domaine des langues), et grâce à l’élaboration de programmes prometteurs… Mais là aussi, malgré les progrès de l’informatique, l’entreprise est plus difficile que prévue. Pour alimenter la question des motivations, cf. article Wikipedia « Langue construite » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_construite Merci de m'avoir fait découvrir les travaux de Juan Quijada, linguiste amateur californien, qui s’est formé tout seul à la science linguistique actuelle et qui a construit l’hithkuil et publié une grammaire disponible sur le net (que je prendrai le temps de lire). Son objectif a évolué : « Il ne s’agissait plus de créer un pot-pourri de particularités linguistiques astucieuses. J’ai commencé à avoir tout un tas d’idées pour améliorer l’efficacité de la langue. Je me suis dit : pourquoi je ne trouverais pas un moyen de venir à bout de ce que toutes les langues naturelles ont été incapable de terminer ? » « L’ambition de l’ithkuil est d’objectiver des niveaux cognitifs plus profonds que ceux qui sont habituellement véhiculés par les langues naturelles.» « Je voulais utiliser l’ithkuil pour montrer comment discuter de philosophie ou évoquer des états émotionnels en toute transparence.» « C’est la langue idéale pour le débat philosophique et politique, ces forums où ceux qui s’expriment escamotent leurs intentions ou se camouflent derrière le langage. L’ithkuil vous force à dire ce que vous pensez vraiment et à penser vraiment à ce que vous dites. » « Eh bien, il n’existe pas de langue, autant que je sache, qui dispose d’un mot unique pour évoquer ce moment de contemplation perplexe souvent accompagné d’un froncement de sourcils dont on fait l’expérience lorsque quelqu’un formule une idée à laquelle on n’avait jamais pensé et qui ouvre tout à coup des perspectives inédites. En ithkuil, ça se dirait ašţal. » Curieusement, Juan Quijada renonce à s’investir dans la constitution d’une communauté de locuteurs en ithkuil, un peu comme un philosophe qui, ayant été au bout de ce qu’il voulait accomplir, aurait fini par trouver le moyen de vaincre la barrière de la langue et rendre explicite l’implicite : « J’ai eu la chance de vivre une expérience rare, celle de voir ce que je considère comme un loisir me transporter vers des contrées lointaines où j’ai découvert des idées neuves ainsi que des cultures et des personnes différentes, prodigues dans leur générosité et leur respect, et tout cela m’a conduit à une humble introspection et à une nouvelle appréciation de l’esprit humain et des merveilles du monde ». (Tu as bien raison d’aller au bout de tes intuitions ). Le philosophe ne peut être indifférent aux choses de la linguistique puisque tout passe par la langue. D’où l’apparition, dans les années 50, d’un véritable « tournant linguistique » , initié par Ludwig Wittgenstein avec sa nouvelle manière de faire de la philosophie, et l’essor de la philosophie analytique (Cf. Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Tournant_linguistique ). Nous sommes passés de la philosophie de la conscience à la philosophie du langage, ce qui conduit certains grands philosophes continentaux à penser à nouveaux frais le rapport entre philosophie théorique et philosophie pratique : « Contre le contextualisme wittgensteinien des jeux de langage, contre l’idéalisme heideggerien de l’ouverture au monde par le moyen du langage, et contre la réabilitation gadamérienne du préjugé, Apel a proposé, sur le terrain d’une critique humboldtienne de Kant, un Kant transformé par le pragmatisme » (Vérité et Justification, Jürgen Habermas).
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Foutaises absolues ! Effectivement, il y a un H à la suite du T dans « éthique », mot issu du grec ethica, et ce n’est pas pour rien : ce TH est la transcription latine du son grec θ (qui n'existe pas en latin et qui se prononce comme un TH anglais), et ce son grec θ diffère de l'autre son grec T. Les lettres de l’alphabet Theta et Teta ont deux prononciations différentes et deux sens différents, et tu ne peux donc en aucun cas utiliser l’une pour l’autre puisque, ce faisant, tu modifies le sens de certains mots grecs. Tu procèdes au même amalgame avec les voyelles, en introduisant un Y dans le mot ethique, formé sur le grec ethica, sans Y, et qui signifiait « habitude » et en aucun cas « sincérité / honnêteté ». Cela invalide complètement ton hypothèse selon laquelle il serait possible de rapprocher les mots français « éthique » et « étymologie », qui sont formés à partir d’éléments sonores grecs totalement différents : en grec ancien, les deux phonèmes θ + i dans eTHica, se prononcent différemment des deux phonèmes T + U dans eTUmos, ce qui atteste la présence de radicaux grecs différents et donc des significations différentes. Ton erreur provient du fait qu'en français, le TH et le T se prononcent de la même façon, et par un double effet logocentrique et anachronique, tu en es réduite à imaginer faussement que cela était aussi le cas en grec ancien, ou disons d'une langue-mère puisque tu n'indiques pas de quelle langue sont issus tes étymons. Libre à toi d’inventer ainsi de telles étymologies subjectives en recourant au symbolisme de syllabes coupées à la tronçonneuse, sans autre justification que ta propre subjectivité. Mais, ce faisant, tu n’es pas sans ignorer que tu falsifies à loisir des étymologies laborieusement recensées par des spécialistes au fil des ans qui, elles, portent sur des faits objectifs de langue, puisque basés sur l’oralité et la prononciation authentique des mots, et sans lesquels nous ne pourrions connaître l’origine et l’histoire de la langue française. Plutôt que d’avoir recours à de tels procédés mystificateurs et obscurantistes, ne serait-ce pas préférable de dire tout simplement que, dans ton esprit, tu associes le mot « éthique » à « sincérité / honnêteté » ?
