Aller au contenu

Tequila Moor

Membre
  • Compteur de contenus

    16 721
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    6

Tout ce qui a été posté par Tequila Moor

  1. Tequila Moor

    un jour... un poème

    Rabîndranâth Tagore Le jardinier d'amour (extrait) Ô Folie, superbe ivrognesse, quand, d’un coup de pied tu ouvres ta porte et badines devant le public ; quand tu vides ton sac en une nuit et fais la nique à la prudence ; quand, sans rime ni raison, tu marches dans d’étranges sentiers et joues avec des babioles ; quand, naviguant au milieu des orages, tu casses en deux ton gouvernail ; … alors, je te suis, ma camarade, je m’enivre avec toi et je me donne au diable. J’ai perdu mes jours et mes nuits dans la compagnie de sages et honnêtes voisins. Beaucoup de savoir a grisonné mes cheveux et beaucoup de veilles ont obscurci mon regard. Pendant des années j’ai recueilli et entassé des bribes et des morceaux de science : que maintenant je les écrase, que je danse sur eux et que je les jette à tous les vents. Car je sais que la suprême sagesse est d’être ivre et de se donner au diable. Que s’évanouissent tous les scrupules trompeurs. Laissez-moi désespérément perdre ma route. Qu’un transport de vertige sauvage vienne et me balaye loin du port. Le monde est peuplé de gens honorables, de travailleurs utiles et habiles. Il y a des hommes qui se tiennent aisément au premier rang ; d’autres qui occupent décemment le second. Laissez-les être utiles et prospères et laissez-moi être futile et fou. Car, je le sais, là est la fin de tous les travaux : être ivre et se donner au diable. Je jure de renoncer désormais à toute prétention de dignité et de décence. J’abandonne mon orgueil de savoir et mon jugement du vrai et du faux. Je brise le réceptacle de mes souvenirs, éparpillant jusqu’aux dernières gouttes de mes larmes. Je me plonge dans l’écume du vin rouge des baies et j’en illumine mon rire. La politesse et la gravité, je les déchire en lambeaux. Je fais le serment sacré d’être indigne, d’être ivrogne et d’aller au diable. Ouvrage complet : https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Jardinier_d’amour
  2. Allez allez allons A chaque coup de rame Prends la force dans la taille Et dans les talons Allez allez allons A chaque coup de pioche Prends la force c’est fastoche De ma chanson Allez allez allons A chaque coup de sabre Prends l'écorce des canailles Et du canasson Allez allez allons A chaque coup de cloche Prends la crasse le cri des mioches Et des carillons Allez allez allons A chaque coup de balle Prends les confettis du stade Et celles des champions Allez allez allons A chaque coup de pioche Prends la force c’est fastoche De ma chanson
  3. Tequila Moor

    un jour... un poème

    Paul Eluard La fin du monde Les yeux cernés à la façon des châteaux dans leur ruine Une bure de ravins entre elle et son dernier regard Par un temps délicieux de printemps Quand les fleurs fardent la terre Cet abandon de tout Et tous les désirs des autres à son gré Sans qu'elle y songe Sa vie aucune vie sinon la vie Sa poitrine est sans ombre et son front ne sait pas Que sa chevelure ondulée le berce obstinément. Des mots quels mots noir ou Cévennes Bambou respire ou renoncule Parler c'est se servir de ses pieds pour marcher De ses mains pour racler les draps comme un mourant Les yeux ouverts sont sans serrure Sans effort on a la bouche et les oreilles Un tache de sang n'est pas un soleil accablant Ni la pâleur une nuit sans sommeil qui s'en va. La liberté est plus incompréhensible encore que la visite du médecin De quel médecin une chandelle dans le désert Au fond du jour la faible lueur d'une chandelle L'éternité a commencé et finira avec le lit Mais pour qui parles-tu puisque tu ne sais pas Puisque tu ne veux pas savoir Puisque tu ne sais plus Par respect Ce que parler veut dire.
  4. Tequila Moor

    Loverdose

    J'ai failli cliquer sur Alerter parce que démarrer un texte avec une punchline aussi grandiose (si les filles de joie sont des salopes, je ne sais plus quoi penser de la mère) ça ne devrait pas être permis. Puis je me suis rendu compte que j'étais juste jaloux. La suite est excellente. Oui, on fait parfois l'erreur de vouloir remplacer la joie par l'amour, mais quand on découvre que ce dernier est un maître exigeant, on s'en mord les doigts. M'enfin, pas sûr que la bêtise apporte systématiquement la joie : avant je pensais ainsi, maintenant je crois que c'est un cliché que se refilent certains intelligents pour se consoler d'être malheureux...
×