Aller au contenu

Doïna

Membre+
  • Compteur de contenus

    19 713
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    20

Tout ce qui a été posté par Doïna

  1. Choyer, aimer, c'est bien, mais ça ne suffit pas, on ne peut s'arrêter à ça comme pour l'adoption d'un animal. On ne peut pas laisser croire à l'enfant adopté que des parents homos peuvent être l'équivalent de ses parents géniteurs (forcément hétéros, donc). On ne peut pas laisser croire à l'enfant que la différence des sexes ne compte pas, qu'elle n'est accessoire, ou alors on leur mentirait. Par conséquent, laisser des homos adopter c'est réduire l'enfant à un objet dépourvu d'inconscient, ce n'est pas traîter l'enfant en individu. La construction psychique d'un enfant se fait au travers d'un tas de choses, même de très furtives, qui ont l'air anodines comme ça : le contact avec la peau de la mère, avec le corps féminin, la voix masculine, etc. C'est bien connu : la petite fille a besoin de s'identifier à sa mère, le garçon au père, et plus tard cela l'aidera à se forger une identité sexuelle. Que peuvent répondre des parents homos à un enfant qui leur demande (vu qu'un enfant pose toujours des questions), par exemple, pourquoi il y a deux papas mais pas de maman ? Vont-ils avouer qu'ils ne peuvent aimer les mamans ? On ne peut pas laisser faire n'importe quoi au nom de la liberté.
  2. Mais je suis d'accord, Fuel : l'enfant doit être aimé, choyé, respecté... Mais qu'en est-il de son identification ? Du mental qu'il va se construire ? Parce qu'évidemment, beaucoup d'enfants se retrouvent avec un seul parent suite à un divorce catastrophique ou le décès de l'autre parent, mais au tréfonds d'eux-mêmes ils savent bien qu'ils sont nés de l'union d'un père et d'une mère, quoi qu'il s'en soit suivi.
  3. Oui, c'est vrai slanny, il faut apprendre que comparaison n'est pas raison d'une part, et d'autre part que le fait qu'on soit contre l'adoption par des couples homos ne signifie pas qu'on rejette les homos. A ceux qui sont pour le droit à l'adoption des homos : Les homos font se qu'ils veulent de leur corps, ça ne nous intéresse pas, et ils ont parfaitement le droit de vivre et d'être heureux comme ils sont, mais la responsabilité d'un enfant, c'est autre chose ! On n'est pas obligé d'être d'accord avec qui prône cette idée de laisser les homos adopter, et c'est pas pour ça qu'on est moins intelligent ou qu'on devrait pas avoir de gosses. Attention avec cette manie de vous croire toujours supérieurs aux autres parce que vous avez des idées qui vous semblent en avance à vous, qui semblent fantasques à bien d'autres. De toute façon vous n'êtes pas des diplômés en psychiatrie, ni même en pédopsychiatrie, voire pas diplômés du tout, pour prétendre donner des leçons et décider de ce qui est bon ou pas pour le développement d'un enfant.
  4. slanny, détournant mes termes, déclare : Désolé mais un couple homo célèbre qui achète un bébé commandé à une mère porteuse, ce n'est pas une généralité à deux balles, c'est une triste réalité et un fait grave. Qu'en pensera ce pauvre gamin, plus tard quand, adolescent, il gambergera qu'on la mis au monde pour satisfaire au caprice d'un couple bourré de fric et incapable d'admettre que la nature n'a pas prévu la reproduction entre mecs ?
  5. De toute façon, maintenant, en France, on va pas envoyer des orphelins comme cobayes chez des homos en couple pour voir si ça se passe bien. Si des homos veulent rendre service à l'enfance, il y a plein d'autres moyens : des actions charitables, par exemple. Pour le reste, qu'ils se fassent une raison : ils ne peuvent pas avoir d'enfants entre gens du même sexe, point, ça s'arrête là.
  6. Non, ce n'est pas le cas, mais n'empêche, même si ce sont des attitudes très discrètes, ça se perçoit, surtout par un enfant qui repère tout. Pour citer un couple homosexuel célèbre : Elton John et son compagnon, avec qui il est marié, on adopté un bébé voici quelques années. Je crois même que ce bébé a été acheté à une mère porteuse, mais passons... Le compagnon d'Elton John a quand même bien des attitudes et une façon de s'habiller pas banale pour un homme, même si c'est discret. Qu'ils soient mariés, on s'en fout, mais imaginez ce bébé qui va découvrir les calins uniquement au contact de peaux masculines ? Evidemment que c'est triste, les enfants en orphelinat, mais alors il vaudrait encore mieux faciliter l'adoption par des couples hétéros. Bon, et je ne parle pas des personnes qui ont été hétéros dans une vie de couple antérieure, qui ont eu des enfants, puis qui ont divorcé et sont devenus homos. C'est un cas différent que des enfants peuvent, je pense, comprendre du moment que cela arrive à l'un de leur parent (qui reste leur parent quoi qu'il advienne).
  7. Williama dit : Cela ne m'étonne pas. Comment voulez-vous de toute façon, qu'un enfant puisse se construire sous la reponsabilité d'un couple où l'un des deux sexes existants est nié ? Que peut ressentir un enfant qui aura pour "mère" un mec adoptant des attitudes féminines, voire s'habillant en femme ? Que peut ressentir un enfant face à un couple d'hommes par exemple, qui feront la grimace quand il est question de l'attirance que les hommes portent d'ordinaire aux femmes ? Je simplifie, parce qu'il y a aussi des couples de femmes. Qu'on laisse les homosexuels se marier, d'accord, ça les regarde, mais adopter, non, et puis c'est trop facile de prendre comme prétexte les couples hétéros qui ne s'entendent pas pour justifier le droit d'adoption aux homosexuels.
  8. Baillousque dit : Ce ne sont que des phallus en plastique, point. Un jouet rigolo qui peut changer de la routine dans un couple, et qui peut rendre service à des femmes célibataires depuis beaucoup trop longtemps : elles s'amusent avec ça, c'est sans risque, au lieu d'aller commettre le péché de chair avec n'importe quel maroufle quand elles ont envie. Et puis il ne doit pas y avoir que de tels objets dans ce salon, il doit y avoir tout plein de petites culottes, de tenues coquines, de quoi affrioler son homme quoi ! Et par là même resserrer les liens sacrés du mariage, amen.
  9. En plus, il n'est question que d'un salon de l'érotisme ! L'érotisme n'est pas de la pornographie. De même qu'un strip-tease ou "les liaisons dangeureuses" de Choderlot de Laclos ne sont pas de la pornographie, l'érotisme, cela relèverait même de l'artistique. Cela demeure toujours, en tout cas, entre la suggestion et la simulation, mais cela ne montre rien de cru ni d'obscène. Pourquoi accuser les gens qui se rendraient dans ce salon de dépravation ? Pourquoi ne pas y voir des couples à la recherche d'idées pour pimenter leur quotidien amoureux ? Qu'est-ce qu'il y a de mal à ça ? Quant à ce que pensent les pays intégristes des pays occidentaux, qu'est-ce que cela peut bien nous faire : nous n'avons pas de leçons à recevoir d'eux. Chez eux, on voit le mal partout, au point de gâcher les vies des individus, au lieu de penser à lutter pour des causes qui en vaudraient vraiment la peine comme l'écologie, la santé, l'éducation, la culture, etc.. Dans les pays intégristes justement, les hommes sont tellement vicieux que les femmes ne peuvent plus faire un geste, ni rien dire, ni découvrir un centimètre carré de leur peau sans que cela soit considéré comme un appel au viol ! Alors, lesquels sont les plus dépravés ?
  10. Il y a des publicités pour certains aliments de loin plus osées que cette sobre affiche... Les pubs pour les esquimaux magnum par exemple, et on en fait pas un topic sans fond.
  11. Baillousque dit : au sujet du violeur-meurtrier d'une adolescente.Dans ce cas ce sont plutôt les parents les responsables, plutôt que le "porno". Où étaient les parents pendant qu'il visionnait des films pas de son âge ? Qu'ont-ils fait pour l'arrêter ? Ne lui ont-ils rien expliqué à leur gamin ? Est-ce que ça leur arrivait, des fois, à ces parents indignes, de frapper à la porte de la chambre de leur fils pour lui demander si tout allait bien ? Evidemment, quand un gamin est comme un étranger chez lui, que ses parents y font moins attention qu'à un courant d'air, ça ne peut que mal finir !
  12. Doïna

    un jour... un poème

    L'arbre Tout seul, Que le berce l'été, que l'agite l'hiver, Que son tronc soit givré ou son branchage vert, Toujours, au long des jours de tendresse ou de haine, Il impose sa vie énorme et souveraine Aux plaines. Il voit les mêmes champs depuis cent et cent ans Et les mêmes labours et les mêmes semailles ; Les yeux aujourd'hui morts, les yeux Des aïeules et des aïeux Ont regardé, maille après maille, Se nouer son écorce et ses rudes rameaux. Il présidait tranquille et fort à leurs travaux ; Son pied velu leur ménageait un lit de mousse ; Il abritait leur sieste à l'heure de midi Et son ombre fut douce A ceux de leurs enfants qui s'aimèrent jadis. Dès le matin, dans les villages, D'après qu'il chante ou pleure, on augure du temps ; Il est dans le secret des violents nuages Et du soleil qui boude aux horizons latents ; Il est tout le passé debout sur les champs tristes, Mais quels que soient les souvenirs Qui, dans son bois, persistent, Dès que janvier vient de finir Et que la sève, en son vieux tronc, s'épanche, Avec tous ses bourgeons, avec toutes ses branches, - Lèvres folles et bras tordus - Il jette un cri immensément tendu Vers l'avenir. Alors, avec des rais de pluie et de lumière, Il frôle les bourgeons de ses feuilles premières, Il contracte ses noeuds, il lisse ses rameaux ; Il assaille le ciel, d'un front toujours plus haut ; Il projette si loin ses poreuses racines Qu'il épuise la mare et les terres voisines Et que parfois il s'arrête, comme étonné De son travail muet, profond et acharné. Mais pour s'épanouir et régner dans sa force, Ô les luttes qu'il lui fallut subir, l'hiver ! Glaives du vent à travers son écorce. Cris d'ouragan, rages de l'air, Givres pareils à quelque âpre limaille, Toute la haine et toute la bataille, Et les grêles de l'Est et les neiges du Nord, Et le gel morne et blanc dont la dent mord, jusqu'à l'aubier, l'ample écheveau des fibres, Tout lui fut mal qui tord, douleur qui vibre, Sans que jamais pourtant Un seul instant Se ralentît son énergie A fermement vouloir que sa vie élargie Fût plus belle, à chaque printemps. En octobre, quand l'or triomphe en son feuillage, Mes pas larges encore, quoique lourds et lassés, Souvent ont dirigé leur long pèlerinage Vers cet arbre d'automne et de vent traversé. Comme un géant brasier de feuilles et de flammes, Il se dressait, superbement, sous le ciel bleu, Il semblait habité par un million d'âmes Qui doucement chantaient en son branchage creux. J'allais vers lui les yeux emplis par la lumière, Je le touchais, avec mes doigts, avec mes mains, Je le sentais bouger jusqu'au fond de la terre D'après un mouvement énorme et surhumain ; Et J'appuyais sur lui ma poitrine brutale, Avec un tel amour, une telle ferveur, Que son rythme profond et sa force totale Passaient en moi et pénétraient jusqu'à mon coeur. Alors, j'étais mêlé à sa belle vie ample ; Je me sentais puissant comme un de ses rameaux ; Il se plantait, dans la splendeur, comme un exemple ; J'aimais plus ardemment le sol, les bois, les eaux, La plaine immense et nue où les nuages passent ; J'étais armé de fermeté contre le sort, Mes bras auraient voulu tenir en eux l'espace ; Mes muscles et mes nerfs rendaient léger mon corps Et je criais : " La force est sainte. Il faut que l'homme imprime son empreinte Tranquillement, sur ses desseins hardis : Elle est celle qui tient les clefs des paradis Et dont le large poing en fait tourner les portes ". Et je baisais le tronc noueux, éperdument, Et quand le soir se détachait du firmament, je me perdais, dans la campagne morte, Marchant droit devant moi, vers n'importe où, Avec des cris jaillis du fond de mon coeur fou. Emile Verhaeren
  13. Doïna

    Narcissiques-pervers

    L'article posté par Supernova : C'est tout le portrait de ma grosse pétasse de belle-soeur, ça !
  14. Eh bien quoi ? Dans certains pays on fait bien des compétitions de natation en tchador, façon méduse, et cela ne gène personne...
  15. Ah, ça a marché ! Merci Dolph, gros bisous ! :smile2: Tu viens de m'enseigner un truc tout nouveau, que j'connaissais pas !
  16. Bonjour (encore !), je voudrais savoir comment faire pour que mon nouvel avatar s'affiche. J'en ai assez de cette tête de chat noir. Pouvez-vous m'aider s'il vous plaît ? (En fait j'aimerais changer d'avatars tous les mois pour mettre de la nouveauté).
  17. Doïna

    Narcissiques-pervers

    Ah mais, non non Simplicius, je n'ai pas précisé : une fois au restaurant il envoyait la main sous la jupe.
  18. Doïna

    Narcissiques-pervers

    Oui j'avoue, je me suis trouvée supérieure sur le plan moral à un supérieur au boulot, parce que pour ma part, si j'étais patron, je ne profiterai jamais de ce statut pour tirer profit -sexuellement parlant- de mes subalternes. Enfin, je ne suis pas psychiatre pour diagnostiquer Pierre-Paul-Jacques, on est bien d'accord, hein ? Mais que penser d'un patron, qui se présente toujours comme un mec impéccable, toujours habillé sur son 31, qui utilise un language assez charismatique pour rallier tout le personnel à sa cause dans les réunions, et puis qui, les autres jours, dans les bureaux, dans les couloirs, insiste pour que les nouvelles se laissent inviter au restaurant. Si une ose refuser, il sa suit jusque dans le bus et l'assomme de son paroli, pour la pousser encore et encore à accepter. Si elle persiste à refuser, alors il devient menaçant, et la pauvre devient sa bête noire sur le lieu de travail. Sans compter qu'il fera de son mieux pour monter tous les autres contre elle, quitte à jouer les victimes. Un type comme ça, est-ce que c'est : un pervers-narcissique ? Ou bien est-ce que c'est un mec du sud, tout simplement ? (Lol)
  19. Doïna

    Narcissiques-pervers

    Oui, c'est vrai, des fois il faut supporter des pervers-narcissiques au boulot, et comme en général ils ont des postes de supérieurs ! Je vous raconte pas... Mais un pervers-narcissique ne peut-il devenir un tueur en série ? Ou je me trompe de pathologie ?
  20. Doïna

    un jour... un poème

    Le poème suivant est traduit du persan, il est un peu humoristique : L'amour maternel Une belle disait à celui qui l'aimait : "Ta mère ne cesse de me faire la guerre. Du plus loin qu'elle me voit, son front se ride et ses sourcils se froncent. Les yeux pleins de colère, de ses traits acérés elle accable mon tendre coeur. Elle me chasse du seuil de sa maison aussi brutalement que la fronde chasse la pierre. Tant que vivra une mère si dure, le miel sera coloquinte sur mes lèvres et sur les tiennes... Si tu veux que je sois à toi, tu dois à l'instant même, sans retard, sans trembler, T'en aller déchirer ce flanc et arracher le coeur de ce sein étroit, puis, pour effacer la peine du mien, me l'apporter chaud et sanglant." Le misérable, amoureux insensé, ou plutôt criminel ignorant toute honte, était ivre de vin, égaré par la drogue : il oublia les sentiments d'un fils. Jetant sa mère à terre il lui fendit le sein et lui arracha le coeur, puis se précipita vers la maison de sa maîtresse, dans le creux de sa main tenant le coeur comme une orange. Par hasard il buta sur le seuil et tomba, se blessant légèrement au coude et laissant échapper ce coeur tout chaud et qui gardait encore un peu de vie. Et lorsque, s'étant relevé, il s'en approcha pour le ramasser, il entendit alors de ce coeur plein de sang sortir doucement ces paroles : "Mon enfant, as-tu mal à ton bras écorché ? As-tu mal à ton pied blessé ?" :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: Iradj (1874-1926)
  21. Doïna

    les langues

    Ton idée est bonne je trouve, il y a tant à apprendre sur les langues, ne serait-ce que sur la langue française. J'espère de tout coeur que ça pourra se réaliser.
  22. C'est toujours un plaisir de faire des bons petits plats et de dorloter un homme adorable.
  23. Le féminisme n'est le mal absolu que pour les phallocrates, les patrons harceleurs, les cogneurs de femmes, les proxénètes... et tous les hommes qui, d'une manière générale, veulent pouvoir considérer impunément les femmes comme un cheptel, tirer profit de leur misère quand c'est le cas, et autres injustices à leur faire subir. Je précise que tous les hommes ne sont pas comme ça (heureusement !). Mais il y en a. Il y a encore de nos jours des patrons qui veulent abuser des jeunes stagiaires, des sales types prêt à cogner leur compagne et à la rabaisser par tout moyen pour se sentir supérieurs, des voyous qui retiennent des filles sur le trottoir avec des menaces contre elles et leur famille... Sans oublier les différences dans le monde du travail : réticences à placer une femme comme manager, écarts de salaires, refus de créer des crèches au sein de l'entreprise, etc.. Aussi, je ne pense pas qu'être tatillon sur ce qui peut sembler des broutilles : suppression du terme "mademoiselle"... soit inutile. C'est toute une mentalité dans le fond qu'on remet en question, dans un pays où, dès qu'une femme se trompe (voyez les comportements des automobilistes) ou n'est pas d'accord avec un mec, il y a de fortes probabilités pour qu'on la traite de "salope", de "connasse", de "pute"... et autres insultes fort explicites sur la considération qu'on leur porte.
  24. Doïna

    les langues

    Le Grévisse très bien aussi.
  25. Doïna

    un jour... un poème

    La ville Tous les chemins vont vers la ville. Du fond des brumes, Avec tous ses étages en voyage Jusques au ciel, vers de plus hauts étages, Comme d'un rêve, elle s'exhume. Là-bas, Ce sont des ponts musclés de fer, Lancés, par bonds, à travers l'air ; Ce sont des blocs et des colonnes Que décorent Sphinx et Gorgones ; Ce sont des tours sur des faubourgs ; Ce sont des millions de toits Dressant au ciel leurs angles droits : C'est la ville tentaculaire, Debout, Au bout des plaines et des domaines. Des clartés rouges Qui bougent Sur des poteaux et des grands mâts, Même à midi, brûlent encor Comme des oeufs de pourpre et d'or ; Le haut soleil ne se voit pas : Bouche de lumière, fermée Par le charbon et la fumée. Un fleuve de naphte et de poix Bat les môles de pierre et les pontons de bois ; Les sifflets crus des navires qui passent Hurlent de peur dans le brouillard ; Un fanal vert est leur regard Vers l'océan et les espaces. Des quais sonnent aux chocs de lourds fourgons ; Des tombereaux grincent comme des gonds ; Des balances de fer font choir des cubes d'ombre Et les glissent soudain en des sous-sols de feu ; Des ponts s'ouvrant par le milieu, Entre les mâts touffus dressent des gibets sombres Et des lettres de cuivre inscrivent l'univers, Immensément, par à travers Les toits, les corniches et les murailles, Face à face, comme en bataille. Et tout là-bas, passent chevaux et roues, Filent les trains, vole l'effort, Jusqu'aux gares, dressant, telles des proues Immobiles, de mille en mille, un fronton d'or. Des rails ramifiés y descendent sous terre Comme en des puits et des cratères Pour reparaître au loin en réseaux clairs d'éclairs Dans le vacarme et la poussière. C'est la ville tentaculaire. La rue - et ses remous comme des câbles Noués autour des monuments - Fuit et revient en longs enlacements ; Et ses foules inextricables, Les mains folles, les pas fiévreux, La haine aux yeux, Happent des dents le temps qui les devance. A l'aube, au soir, la nuit, Dans la hâte, le tumulte, le bruit, Elles jettent vers le hasard l'âpre semence De leur labeur que l'heure emporte. Et les comptoirs mornes et noirs Et les bureaux louches et faux Et les banques battent des portes Aux coups de vent de la démence. Le long du fleuve, une lumière ouatée, Trouble et lourde, comme un haillon qui brûle, De réverbère en réverbère se recule. La vie avec des flots d'alcool est fermentée. Les bars ouvrent sur les trottoirs Leurs tabernacles de miroirs Où se mirent l'ivresse et la bataille ; Une aveugle s'appuie à la muraille Et vend de la lumière, en des boîtes d'un sou ; La débauche et le vol s'accouplent en leur trou ; La brume immense et rousse Parfois jusqu'à la mer recule et se retrousse Et c'est alors comme un grand cri jeté Vers le soleil et sa clarté : Places, bazars, gares, marchés, Exaspèrent si fort leur vaste turbulence Que les mourants cherchent en vain le moment de silence Qu'il faut aux yeux pour se fermer. Telle, le jour - pourtant, lorsque les soirs Sculptent le firmament, de leurs marteaux d'ébène, La ville au loin s'étale et domine la plaine Comme un nocturne et colossal espoir ; Elle surgit : désir, splendeur, hantise ; Sa clarté se projette en lueurs jusqu'aux cieux, Son gaz myriadaire en buissons d'or s'attise, Ses rails sont des chemins audacieux Vers le bonheur fallacieux Que la fortune et la force accompagnent ; Ses murs se dessinent pareils à une armée Et ce qui vient d'elle encor de brume et de fumée Arrive en appels clairs vers les campagnes. C'est la ville tentaculaire, La pieuvre ardente et l'ossuaire Et la carcasse solennelle. Et les chemins d'ici s'en vont à l'infini Vers elle. Emile Verhaeren (Les villes tentaculaires)
×