Je n'avais pas goûté aux délices de Morphée depuis un bon petit moment. Je ne me sentais pas rassasié pleinement depuis l'an passé. Comme si le simple fait de dormir pansait mes soucis. Peut-être est-ce le cas? En tout cas, cela fait un certain bien, tout autant que cela inspire. Il y a des histoires qui dorment en nous depuis longtemps, et qui n'attendent qu'une nuit pour se manifester.
Il y avait cette porte. Et puis, ce personnage. Il y avait ce décor qu'on aurait ne voir qu'en mirage. Avez-vous déjà ressenti ce sentiment de déjà-vu au moment où on se remémore un rêve, le matin?
Nos nuits ont pour seul souci de s'inspirer de la réalité. D'utiliser des pièces, des détails de notre journée. Ce qui fait qu'il n'y a qu'un pas pour sombrer dans un cauchemar. Mais qu'est-ce qu'un cauchemar, si ce n'est pas nos peurs les plus profondes? Une mise en garde contre nous-même? Ou contre notre passé? Notre avenir? Un rappel douloureux? Une cruauté qu'on s'inflige par erreur? Ou peut-être pour se motiver à changer?
Bien sûr, tout irait bien mieux dans ma tête si je m'évitais ce besoin incessant de donner un sens à tout. Mais, dans cette optique là, l'existence perd de son intérêt. Apprendre, apprendre toujours, encore. Voilà à quoi rime, ou devrait rimer, une vie. Au moins celle dont les acteurs sont malheureux. Cela pourrait les rassurer, ou les frustrer, s'ils ne sont pas capables de le supporter. Car le savoir a un poids. Tout comme la vie semble porter ceux qui l'embrassent. L'un comme l'autre, il est possible de le perdre. Je n'ose imaginer ce qu'on peut penser lorsqu'on se sent abandonné par ces ailes qui nous aidaient auparavant à avancer. Mais je sais qu'il vaut mieux perdre son savoir que la vie.
Cette parole sonne mal venant de moi, et pourtant. Peut-être que je suis plus en vie que je crois l'être?