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Aergie - Episode 12 - Du sens de nos vies

zenalpha

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Dans un temps improbable, dans un lieu inconnu, les mains flêtries d'une vieille dame couchent sur un cahier jauni empli d'une vie de pensées et de souvenirs les dernières lignes qui clotureraient l'oeuvre de sa vie.

Les 5 têtes du dragon tatouées le long de son bras frêle et sur ses doigts reposent la plume et ces derniers mots.

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Via Lucis 'La voie vers la lumière' - Epilogue.

Après notre victoire sur les forces du mal, l'étude des plans lors de ma longue existence m'a permis de visiter nombre d'univers, de galaxies et de mondes riches de spécificités et de singularités.

Quand j'essaye de relier le point commun de ces mondes et de ces peuples, le fil rouge universel que j'ai constaté est cette dualité entre le bien et le mal, le noir et le blanc, le Yin étroitement associé au bleu et le Yang étroitement associé au rouge.

Ainsi le Noir n'existe que par rapport au blanc, la nuit par rapport au jour, le Nord par rapport au Sud ou la femme par rapport à l'homme. Et ces deux aspects universels de l'univers tirent de leur dualité la complémentarité du sens de la vie.

Nous mêmes en tant qu'individus semblons déchirés entre ces deux aspects. Et bien que nous n'ayons tout compris ni tout découvert, il semblerait que notre cerveau fonctionne de manière asymétrique et bicéphale. Notre cerveau gauche plus analytique et séquentiel, notre cerveau droit plus analogique et intuitif.

Alors bien sûr, je suis ce que je suis et c'est sans doute ma nature hybride qui me souffle aujourd'hui l'intime conviction qu'en dépassant les cloisons que nous avons dressées, en reliant l'ensemble de notre complexité dans un ensemble plus global, l'individu devient Homme et qui sait si l'ensemble des hommes unis seront bâtir l'Humanité vers un destin lumineux, la via lucis.

Aergie.

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La vielle dame sentit brutalement le poids entier de sa vie s'apesantir plus encore sur ses épaules fatiguées, elle regarda par la fenêtre, sentit la sérénité l'envahir et ses dernières forces la quitter.

Elle s'effondra sur le plancher.

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Je sens mes âmes reprendre leur cours vers le fleuve des âmes. Ma vie m'a préparée à dériver loin des flux de l'Est Renascimento et loin des flux de l'Ouest Guardianium pour m'échouer sur une ïle, seule et abandonnée.

En effet, je dérive de nouveau. Tel est le prix de mon destin particulier. Le purgatoire éternel. J'y suis prête.

Tout à coup, une lumière verte profonde apparait, éclairante et d'une puissance indescriptible. Je la sens m'élever vers elle me donnant une vision globale sur une structure bicéphale et je vois les deux fleuves des âmes déboucher chacune dans leur embouchure spécifique.

Pourtant je suis amenée seule au centre de cette magnificience. Gaia, m'accepteras donc tu comme humaine malgré ma nature ?

J'entre dans une pièce, seule.

Sur ma gauche comme sur ma droite, deux voile me séparent de deux mondes. Visiblement, je suis la seule à accéder au dispositif d'ouverture.

Tout prend sens et je décide de tirer ces voiles qui nous séparent.

Hera, Le prohesseur Haris et les compagnons renascimenti qui m'ont suivi sur le fil de ma vie apparaissent et m'applaudissent ainsi que des millions de personnes derrière eux.

De l'autre côté, Tony apparait suivi d'une communauté immense de guardianiums emplis de bienveillance et de sérénité.

Maman apparait, approche et me prend la main, les larmes coulent de son visage si jeune et si pur. Papa s'approche à son tour et me glisse. Aergie, je suis si fièr de toi. Nous nous enlassons tous les trois alors que les frontières s'évanouissent et que l'ensemble des âmes communient vers le sens de la vie.

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Quelque part, un être se dresse sur ses deux jambes pour la première fois. inexplicablement, il sent en lui une lumière qu'il n'avait jamais ressentie le guider. Il rit. Il regarde la femelle et la portée qu'elle venait de mettre bas et refoule cette envie qui l'avait poussé à les abandonner. Un sentiment nouveau le prend et lui donne une force qu'il n'avait jamais ressenti jusqu'alors. L'Amour.

Un Homme est né, son cerveau n'est plus celui du primate qu'il était. Et son âme sera la première à emprunter le fleuve d'une nouvelle Humanité.

La notre.

FIN

C'est le début d'une nouvelle ère

où l'homme comprend l'univers autour de lui

Et c'est le début d'une nouvelle ère

où l'homme se comprend... lui même

Neil Armstrong

Parce qu' infiniment petit et infiniment grand sont liés sans que nous comprenions.

Parce que nous nous élevons dans un monde qui nous dépasse infiniment.

Parce qu'avec nos faiblesses et nos blessures, nous sommes libres de tracer nos chemins avec force et détermination.

Avançons, rions, risquons, tombons, relevons nous, aimons...lâchons prise parfois.

Parce que l'étincelle qui nous a été donnée ne prend sens que si nous apprenons à lui donner.

Et parce que rien ne se trouve sans qu'on ne le provoque de nos propres mains.

Je serai là, acteur de ce monde, acteur de ma vie.

Zenalpha.


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   Alerter


7 Commentaires


Commentaires recommandés

Je ne sais pas quoi dire... jamais je n'aurais pensé que l'histoire d'Aergie précédait l'Humanité... ou qu'elle en permettrait même la naissance.

Puisque 2 minutes suffisent à expliquer notre monde, prenons la mesure de notre importance et à ton image, Zenalpha, soyons-en les fervents acteurs.

Je regrette un peu que mon rôle de spectatrice/lectrice d'Aergie s'achève ici car j'ai pris tant de plaisir à vivre son histoire dans mon coeur et mes pensées mais, il faut bien qu'une histoire se termine pour qu'en débute une autre...

Alors, je te remercie encore pour ce voyage.

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Merci beaucoup Anna d'avoir été cette lectrice inspirante.

Au dela de la lectrice / spectatrice, tu es une actrice à part entière de cette histoire.

Aergie est une partie décisive de nos réseaux neuronaux à l'origine de notre humanité.

Un déclencheur.

Et si Aergie ne t'avait pas en fidèle lectrice, elle ne serait que quelques caractères couchés sur un blog éculé.

Aergie n'existe que parce que tu l'as imaginée en lisant son histoire.

Tu lui as littéralement donné vie à l'intérieur de ton propre cerveau.

Et si je ne suis pas certain qu'Aergie ait précédé l'humanité, je suis en revanche certain qu'elle a fait partie de ton humanité à toi.

Pour ma part, je te remercie de m'avoir poussé très au dela de ce que j'imaginais pour mon histoire.

J'y ai laissé une part de mon âme personnelle.

Et en effet une histoire qui se termine ouvre une nouvelle histoire qui démarre.

Bien plus attrayante encore car tout reste à inventer...

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Bonjour à toi,

J'aime beaucoup ce genre de récit. Je me sens transportée et je suis toujours curieuse de découvrir la fin.

L'idée que le corps, l'âme est énergie me plaît (peut-être parce que cela rassure de se dire que tout n'est pas fini). Par moment je me suis retrouvées dans "les thanatonautes" de B.Werber.

Merci pour ce partage, toujours enrichissant.

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Bonjour Zera.

Je te remercie.

Je dois avouer platement que la lecture des thanatonautes m'a consciemment inspiré pour une image reprise dans mon récit.

Les fils des âmes humaines qui se tendent et se déchirent vers le ciel.

Et je me rends compte qu'une seconde m'a inconsciemment inspiré dans le nom que j'ai donné au "maître du mal".

C'est en effet Werber et son néhologisme sur les thanatonautes qui m'a appris le sens étymologique du mot que j'ai repris avec l'abominable 'Thanatos' sans y prêter plus ample attention.

D'ailleurs, presque tous mes personnages ont une explication quant au nom retenu.

J'ai été beaucoup plus circonspect avec l'empire des anges et la trilogie sur les dieux.

En revanche, les fourmis restent un de mes ouvrages préférés.

Oui, je dois dire que le voyage dans la "terra incognita" de la mort par Werber m'a tout comme toi passionné.

J'aurai apprécie que Michael Pinson croise Aergie.

Après tout il donnait une fonction au centre des galaxies qui ne serait pas très éloignée de celle que je donne au cerveau Gaia.

Quand l'infiniment grand et la relativité générale s'accorde à l'infiniment petit et à la mécanique quantique, je serais très inspiré par une telle rencontre.

Quoi que je me surprends à être un peu jaloux avec Aergie...

Il faudrait peut être que mon cerveau gauche recanalise mon cerveau droit.

Faute à Aergie tout ça !

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Il y a toujours une parti de l'auteur dans son récit. Puisque celui-ci sort tout droit de son cerveau.

Intéressant de donner un sens aux noms des personnages, cela leur donnent une identité.

Y a-t'il une différence entre Héra et Era ? Laquelle ?

Werber a bien trouvé la bonne fin, en ce qui concerne la trilogie des Dieux. Elle nous ramène bien à la réalité.

Quant aux fourmis, je ne les ai pas encore lu.

J'ai seulement lu "l'ultime secret" qui a pour sujet le cerveau (qui normalement vient après "le père de nos pères").

Le monde de Michael Pinson est bien différent de celui d'Argie (passé, futur, parallèle, lointain ?)

Oui, Aergie est issu de ton imagination.

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C'est vrai Zera, j'ai un parti pris très orienté pour ce qui concerne mes écrits et Aergie est bien issue de mon imagination avec toutefois beaucoup de références qui m'ont influencé dont Werber.

Arrive ce moment où mes personnages me dépassent quand même un peu... et parfois beaucoup.

Concernant Hera, j'ai pensé à la Hera de la mythologie grecque, protectrice des femmes et gardienne de la fécondité.

Dans le cas d'Aergie, ses interventions en tant que sage femme et opératrice constituaient une double naissance quelque part.

Je ne sais pas si j'ai écrit Era quelque part dans mon récit mais si c'est le cas, c'est une erreur de ma part, il n'y a qu'un seul personnage.

L'ultime secret ne m'avait pas du tout accroché, le théme de départ était absolument merveilleux mais j'avoue que la défaite de deep blue par Samuel Fincher aurait mérité bien mieux d'autant que connaissant bien les îles de Lérins ou le cap d'Antibes, je me désolais que cela soit le théatre de ses pélégrinations auxquelles je n'ai pas adhéré une seconde malheureusement.

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