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La routine

konvicted

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L’homme est un animal routinier proche de la machine. Tout du moins, Maxime se sent très proche de l’ordinateur qui lui sert d’outil de travail. Mais si son cerveau est analogue à un processeur — ou disons deux dans ses meilleurs jours —, son esprit est à mille lieues d’un système d’exploitation stable et efficace. Loin du bon vieux Linux depuis lequel il asservit des dizaines d’autres machines au nom de la science, ce serait plutôt une vieille version de Windows privée de mises à jour, en proie aux virus et à des erreurs aussi impromptues qu’irrésolues.

Lui, par contre, est bien résolu, à mener à bien le seul rituel auquel il ne sera jamais accoutumé. Il aime les habitudes et la continuité. Le contrôle n’est possible que dans la familiarité et c’est de la constance que naît la sûreté ; l’inconnu, lui, est angoissant. La vie serait parfaite si elle n’était qu’une succession de petites habitudes imbriquées les unes dans les autres comme les rouages d’une mécanique bien huilée. Cependant, aujourd’hui, le bistrot du vendredi soir où il commande une bière puis un whisky sour et le cinéma du mardi soir lui semblent très lointains. Ce premier dimanche du mois marque un rituel qui ne lui sera jamais ordinaire. Il s’apprête à l’accomplir les mains pleines, le cerveau en ébullition et le cœur au bord des yeux.

Après avoir écarté le vieux pot de géraniums de la tombe pour en déposer un nouveau, il s’accroupit comme pour se mettre à la hauteur d’un jeune enfant, étouffe un sanglot et lance : « Salut, chérie » avant de raconter les dernières nouvelles du boulot et de la petite famille à celle qui restera de marbre de toute façon. Christelle, la sœur de Maxime, vient d’apprendre qu’elle attend un deuxième enfant. « Cette fois, ils ont décidé de ne pas savoir le sexe du bébé avant sa naissance, ils veulent avoir la surprise. Du coup, on est bien emmerdé pour les cadeaux, parce quand t’enlèves les vêtements, il reste plus grand-chose à acheter. Ils ont tout gardé de Lucie, la poussette, le landau, les biberons, etc. On va quand même pas tous lui acheter des peluches !

« Tu te rappelles la dernière fois qu’on est allé à la foire ? On a vu ce gros nounours au jeu des balles de ping-pong, on s’est regardé et on s’est tout de suite dit : il nous le faut. Je crois qu’on a dû dépenser dans les 50 € mais on a fini par l’avoir. » Alors qu’il se remémore la joie d’Alison brandissant la peluche d’un air triomphal, le visage de Maxime se fend d’un large sourire, qui se volatilise presque aussitôt. « Pour rien », ajoute-t-il avant de s’effondrer.

*

Alison et lui essayaient de faire un enfant quand Elle est morte, fauchée par un automobiliste que l’on n’a jamais retrouvé tandis qu’Elle revenait du supermarché à quatre cents mètres de chez eux. Ils avaient essayé pendant plus de six mois. Inquiets, ils avaient insisté auprès de leur médecin pour subir des tests de fertilité au bout de seulement trois. Tous deux n’avaient jamais été aussi anxieux que pendant l’attente de leurs résultats, comme deux prévenus redoutant d’être condamnés à mort — ou en l’occurrence à ne pas donner la vie. Une semaine plus tard, le verdict était rendu : ils étaient tous les deux féconds. Ils étaient naturellement soulagés, rassurés, confiants même. Ils parlaient de nouveau de leur futur enfant comme d’une certitude. Comme pour sceller cette assurance, ils commençaient à aménager la pièce de leur appartement qui leur servait à la fois de bureau et de buanderie pour accueillir le bébé qui ne saurait plus tarder. De temps à autre, au gré des allées des magasins, au hasard de leurs envies, ils achetaient une commode, une chaise haute, un biberon ou une peluche.

Maxime mourait d’envie d’être père et avec Elle il se sentait prêt, mais il se demande s’il pourrait assumer de telles responsabilités seul, si Alison était morte après l’arrivée du petit Lucas ou de la petite Rose — ils étaient fixés sur les prénoms de longue date. Certains ne supporteraient pas d’élever un petit être ressemblant trait pour trait au bonheur qu’ils ont perdu. Maxime, au contraire, pense qu’il vivrait mieux l’absence de sa défunte femme — qu’il ne cherche pas à oublier, loin s’en faut — s’il en avait un souvenir vivant. Enfin, tout cela n’a pas d’importance. Maxime n’est pas père et ne le sera jamais.

*

« Et si on a deux filles ?

— Tu ne connais donc rien à la génétique, ma pauvre. C’est toujours une fille, un garçon, une fille, un garçon, etc., c’est statistique. Au pire, on rejoue jusqu’à ce qu’on gagne… L’avantage comme ça, c’est qu’on aura le temps de se faire la main pour bien réussir le garçon.

— Je n’aime pas trop cette mentalité, jeune homme ! Mes parents m’ont inculqué l’importance de réussir les enfants du premier coup. Si je suis fille unique, c’est parce que je suis parfaite, non, tu crois pas ?

— Ça se tient, et ça expliquerait pourquoi j’ai un petit frère… Dans le doute, pourquoi on commencerait pas par le cadet ? »

*

« Désolé », bredouille-t-il pour s’excuser d’avoir pleuré devant Elle, considérant qu’il est irrespectueux d’inonder autrui de ses états d’âme. En guise de baiser, il embrasse son majeur et son index droits pour les apposer délicatement sur la pierre tombale. Puis, il prend le vieux pot de géraniums sous le bras et rebrousse chemin en baissant la tête, presque honteux d’arpenter les allées d’un cimetière avec des fleurs aussi banales, pour ne pas dire vulgaires. C’étaient les préférées d’Alison, belles et simples ; Elle, pourtant, n’avait rien de commune, mais elle était modeste.

Maxime lui disait souvent, sur le ton de la plaisanterie — quoiqu’au fond il le pensât réellement —, qu’il Lui avait fallu au moins un Nabuchodonosor de modestie et une piscine olympique d’autodérision pour s’éprendre d’un homme tel que lui. Ça ou la folie. « Oui, TA folie, grand con ! », répondait-Elle alors avant de lui flanquer un baiser qui lui clouerait le bec une minute.

*

Sa mort acheva de lui clouer le bec pour de bon. Maxime n’a jamais été loquace qu’avec Elle. Quand il ne se sent pas complètement étranger aux conversations de ses collègues — ce qui est rare —, il se dit que son opinion n’intéresse personne alors il se tait ; il faut qu’on lui demande explicitement son avis pour qu’il l’exprime, auquel cas il le fait avec plaisir et de manière aussi exhaustive que possible, comme s’il se retenait de parler depuis des années et qu’il craignait qu’on le contraigne de nouveau au mutisme. Dans sa famille, il est très prudent, donnant l’impression de risquer d’être renié à chaque mot qu’il prononce. Il n’y a guère qu’avec ses amis qu’il s’autorise à débiter des phrases au rythme qu’ils les pensent, et encore, seulement quand il n’est plus tout à fait sobre. Avec Elle, il se sentait capable de parler de tout et de rien. Il buvait les anecdotes de travail pourtant banales de sa femme et allait jusqu’à lui raconter les siennes. Elle lui rendait la parole aussi facile que la résolution d’une équation différentielle linéaire homogène du premier ordre.

Mais quand Maxime rentre chez lui, Alison n’est pas là pour l’écouter raconter dans les moindres détails la visite qu’il vient de passer au cimetière. Il n’aura pas ouvert la bouche de la journée, sauf pour se joindre le temps de quelques chansons aux voix de Brassens et Freddie Mercury qui assurent un concert privé de longue haleine pour combler le silence qu’il ne supporte plus. Il ne supporte tout bonnement plus la solitude de son appartement, alors il la peuple artificiellement ou, mieux, il l’évite.

Si bien, il est 20h10 quand, le lendemain, Maxime rentre du travail. Il a fait deux heures supplémentaires, non payées, comme tous les jours — sauf le mardi parce que c’est soirée ciné. Il aime son travail et il n’a plus de raison de se dépêcher de rentrer à la maison où il ne peut plus espérer retrouver que des pots de fleurs. Et ses orchidées n’ont pas beaucoup de conversation. À vrai dire, elles ne lui ont plus adressé la parole depuis sa dernière beuverie.

*

C’était près de trois mois après la mort d’Alison — et quelque part celle de Maxime. Il ne mettait plus le nez dehors que pour aller au supermarché ou au boulot. Son entourage s’inquiétait de le voir s’isoler de la sorte tout en continuant de travailler comme si de rien n’était — depuis le jour fatidique, il avait tout juste posé un RTT pour l’enterrement —, le pensant, à raison, dans le déni. Désespéré de le voir se couper de la réalité, Fabien, son meilleur ami, prétendit avoir besoin de ses lumières en informatique pour lui demander de passer chez lui. Maxime ne crut pas plus en ce prétexte qu’en la semaine de trente-cinq heures mais il accepta quand même ; au fond de lui, il devait avoir réellement envie d’enfin mettre des mots sur ce qu’il s’était évertué à taire.

De ce fait, bien que Fabien s’attendît à ce que ce fût la croix et la bannière et sortît sa pince à sortir les vers du nez, il eut tout juste besoin d’insinuer qu’ils se faisaient tous du souci pour lui pour que le barrage de Maxime l’Impassible cède sous la pression de cette douzaine de semaines de mensonges — en particulier à lui-même —, laissant jaillir des larmes d’autant plus nécessaires que rares, comme les pluies dans le désert.

Pour le consoler d’avoir tant pleuré — et se consoler d’être lui-même au bord des larmes —, Fabien lui proposa de passer le reste de la soirée au bar que Maxime et Alison avaient pris l’habitude de fréquenter — souvent seuls, parfois avec des amis, pratiquement toujours jusqu’à la fermeture —, tous les vendredis soir. Ça tombait bien, c’était vendredi. Fabien et lui firent la fermeture, et ils n’ont pas bu trop de tisane.

Tout ce dont Maxime se souvient, c’est d’avoir fait la conversation avec la gérante du bar, Éléonore, pendant que Fabien semblait draguer n’importe qui. Alison et lui — surtout Elle — avaient souvent eu l’occasion d’échanger avec elle, mais il en savait très peu de chose de personnel. Elle se dit étonnée de le voir sans sa femme, et de ne pas l’avoir vu depuis un moment. Elle parut sincèrement désolée d’apprendre pourquoi.

« Vous pouvez pas l’enlever, hein ? fit-elle en désignant son alliance du regard dans un hochement de tête.

—Pas moyen de l’enlever, non, je crois que mon doigt a enflé. Ça doit être le mariage, paraît que ça fait grossir.

—Je vous ai connu plus convaincant.

—C’est que j’ai perdu mon inspiration. Mais c’est Elle qui a expiré... Ah ! les aléas de la langue français, allez comprendre… Je peux pas. Parce que si je l’enlève, ça veut dire que j’admets qu’elle est partie, mais j’espère encore qu’elle va revenir de courses. Peut-être en disant : « désolée pour le retard, j’étais un peu morte sur le chemin du retour »… J’ai l’impression d’être mort aussi dans ce putain d’accident. Comment est-on censé vivre après avoir perdu la seule personne qui nous donnait envie de nous lever le matin et de rentrer chez soi le soir ?

—On s’efforce de rester la personne qu’elle aimait. Au début, on entretient la routine qu’on avait avec elle pour sentir sa présence, puis on se rend compte qu’elle nous suit partout, alors on va de l’avant. »

Il la regarda un d’air intrigué.

« J’ai été mariée pendant deux ans. Il est mort d’un AVC. On parlait tout le temps d’ouvrir un bar, dans un futur pas trop lointain, mais on se disait qu’on avait le temps. Un peu après sa mort, j’ai quitté mon boulot de comptable et j’ai décidé de réaliser notre rêve… Qu’est-ce que vous deux n’avez pas eu le temps de faire ? »

Une tartiflette, un tour d’Europe, un enfant, si peu de choses…

*

On s’efforce de rester la personne qu’elle aimait. Cette phrase resta ancrée dans son esprit comme l’air entraînant d’une chanson niaiseuse dont ne parvient pas à se libérer. À force de la ressasser, il finit par reprendre les habitudes qu’ils avaient à deux, ou du moins celles qui pouvaient se faire seul. Le cinéma du mardi soir, le bar du vendredi soir, le café du samedi après-midi, la promenade du dimanche matin. Il n’en ressentit que plus pleinement son absence, dans un premier temps. Puis, il eut l’impression qu’elle l’accompagnait toujours, bien que ce ne fût certainement que des vieux souvenirs que son subconscient tentait de faire passer pour des photos instantanées dans le but de l’apaiser. Il la voyait de nouveau du coin de l’œil dans le fauteuil contigu dans les grandes salles obscures, l’entendait commander une piña colada par-dessus la trompette de Miles Davis, sentait les arômes de son caramel macchiato, appréciait la chaleur de sa paume en arpentant les allées du parc Monceau main dans la main. Sans s’en rendre compte, il venait de sécher une première larme au coin de son deuil.

*

Maintenant qu’il y repense, Maxime est persuadé que son ami l’a délibérément délaissé pour qu’il fasse la causette avec Éléonore. Il n’a pas souvenir d’avoir jamais vu Fabien user de son bagout sur des flâneuses alcoolisées avant cette fameuse soirée. Oh ! il en baratine un paquet et en séduit certainement quelques-unes, mais jamais en compagnie de ses amis. Prétendument pour des raisons de confidentialité.

« Tant que l’INPI me refusera le droit de déposer des brevets sur mes techniques de séduction, elles devront rester pour vous un mystère impénétrable mêlé de curiosité et d’admiration.

— Et les malheureuses bimbos en manque d’amour propre qui acceptent de te vendre leur âme, t’as pas peur qu’elles ébruitent tes techniques révolutionnaires ?

— T’en fais pas pour lui, conclut Alison, si elles ont le temps de finir dans son pieu, c’est soit qu’elles se souviennent de rien, soit qu’elles aimeraient pouvoir oublier. »

Fabien a probablement déjà tenté sa chance avec Éléonore et a dû découvrir son point commun avec Maxime. C’est vrai qu’elle est plutôt mignonne. Mais bon, je suis un homme marié.

2

« Pour être honnête, je ne pensais pas que vous viendriez.

— Moi non plus. J’ai cru à une mauvaise blague mais je ne pouvais pas ne pas m’en assurer.

— Ce n’est pas une blague, croyez-moi.

— Vous dîtes que vous avez des informations sur sa mort ?

— Oui, c’est exact… Il n’y a pas de bonne façon de le dire, alors je vais être direct. Si j’ai des informations sur la mort de votre femme, c’est parce que j’en suis responsable… J’étais alcoolique à l’époque, une vraie épave. Je conduisais pas très frais ce soir-là, comme souvent, et… Enfin, vous connaissez la suite. Ça semblait irréel, je voulais pas y croire, j’ai continué ma route sans regarder dans le rétro. Au réveil, je croyais avoir fait un cauchemar. C’est quand j’ai vu l’article dans le journal que j’ai réalisé. J’étais trop lâche pour me rendre, mais au fond je voulais qu’on m’arrête, j’arrivais plus à me regarder dans une glace. Je n’y arrive toujours pas et c’est pour ça que je me suis enfin décidé à me rendre. C’est pour ça que je voulais vous voir aujourd’hui, pour vous l’apprendre moi-même avant que vous l’entendiez de la police… Je sais que rien de ce que je dirai ne pourra soulager votre peine ou votre colère, mais il n’y a pas un jour qui passe sans que j’aie envie de me…

— Ne vous rendez pas.

— Quoi ?

— Ses parents ont fait leur deuil, ne les obligez pas à devoir le faire une seconde fois. Si vous voulez vous repentir, trouvez un confessionnal. Ce n’est pas à eux de payer pour vous racheter une conscience. »

*

« Et là je me suis barré. J’ai bien fait, dis, de lui défendre de se rendre ? Si tu es d’accord, ne fais absolument aucun signe. Oui, je savais bien que tu ne voudrais pas revoir la désolation de tes vieux… C’est injuste, ce mec a ruiné tellement de vies. Mais la sienne aussi. Alors pourquoi est-ce que j’ai tellement envie de l’étrangler ? Et dire qu’avant qu’il me donne ce putain de rendez-vous, j’avais presque oublié que ce n’était pas la mort qui t’avait tuée, mais bien un homme. Qu’est-ce que je suis censé faire maintenant, lui pardonner ? »

*

« Maxime ! Qu’est-ce que vous faites ici ? s’étonne-t-il en trouvant l’homme accroupi devant sa porte.

— Je… sais plus trop.

— Entrez, je vous offre un verre. J’ai pas d’alcool, mais je peux vous proposer une citronnade maison si vous vous sentez l’âme d’un aventurier.

— Alison vous pardonne. Pardonnerait… Elle était comme ça, pas rancunière pour un sou. Elle voyait le meilleur chez les gens, ne les jugeait pas pour ce qu’ils faisaient mais pour ce qu’ils pouvaient devenir.

— Je… je suis… Elle devait être exceptionnelle.

— Oui, j’ai beaucoup de chance de l’avoir connue. J’espère qu’elle me pardonnera… »

*

« Je sais ce que tu vas dire. Mais je l’ai fait pour moi, ok. C’était facile de le pardonner pour toi qui n’as pas à subir le calvaire de te survivre. Je pouvais pas. Pas après ce qu’il m’a fait endurer ces deux dernières années. Ça ne t’aura pas fait revivre, mais moi, si, en quelque sorte. C’est peut-être ce qu’il me fallait pour faire mon deuil. Peut-être pas de le tuer, mais de sentir ton regard désapprobateur pour la première fois. Tu n’y avais pas souvent recours et je m’estimais heureux d’en avoir jamais fait les frais, jusqu’à présent. Je préfère ne pas le recroiser de sitôt, alors je propose de ne pas repasser te voir avant un petit moment. J’espère que tu sauras me pardonner avec le temps, cela dit, j’aimerais qu’on se quitte en bons termes. À bientôt Alison. »

3

« Une Karmeliet comme d’habitude ?

— Non merci, Éléonore. J’ai envie de changer un peu. Je vais plutôt prendre un mojito.

— Ouh là, je ne vais plus savoir à quel saint me vouer. Maxime prend une bière puis un whisky sour, c’est un axiome ancré aussi profondément en moi que un et un font deux, voire plus.

— I’m not going to be the person I’m expected to be anymore.

— C’est une citation, ça, non ?

— D’où tenez-vous une telle ineptie ?

— Je ne sais pas, probablement du passage incongru du français à l’anglais, ou alors du fait que ça vient d’une pub Chanel.

— I don’t know what you’re talking about. Mais je veux bien consentir à vous ménager en vous commandant une Karmeliet. Pas à la place, mais en plus et c’est vous qui la buvez.

— J’apprécie l’offre, d’autant que j’adore cette bière — vous avez bon goût —, mais je ne bois jamais en service.

— Mon offre tiendra toujours après la fin de votre service…

— Et voilà votre mojito, annonce-t-elle avant de remarquer la nudité anormale de l’annulaire gauche de Maxime qui fouille dans son portefeuille. Je ne serai certainement pas contre un verre ou deux à la fin de mon service. »


   Alerter


8 Commentaires


Commentaires recommandés

1) Je ne te permets pas l'utilisation de mon prénom.

2) Depuis quand tu fais des trucs si longs? C'est de la triche.

3) T'as oublié un mot dans ta dernière phrase.

4) C'est chelou.

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1) Tu t'appelles vraiment Alison ? C'est un prénom courant, tu sais.

2) Depuis La cuite de trop.

3) Merci (d'avoir lu jusqu'au bout). Édition : Je m'avance peut-être un peu trop, c'est vrai que tu lis de bas en haut. :p

4) Quoi donc ?

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1) Bien entendu, sinon pourquoi ferais-je la remarque?

2) Ah, je ne l'avais pas lu.

3) Mais je t'en prie. Edition : Et même de droite à gauche !

4) J'sais pas encore, mais ça l'est.

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1) Pour le plaisir de râler.

2) Si tu ne fais pas seulement semblant de l'avoir oublié, je vais être très vexé.

3) Et avec l'écran à l'envers, j'espère ? Sinon, c'est trop facile.

4) Du coup, on est deux à ne pas savoir encore. smiley_ohwell.gif

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J'aime bien, mais la seconde moitié du texte est ma partie préférée : j'ai trouvé la première partie littérairement expérimentale, dans le sens "écrivain qui se regarde écrire"... Vu que c'est ce que je fais dans mes textes le tiers ou la moitié du temps, ça ne me dérange pas, mais je crois qu'ici ça amoindrit ton propos, et l'émotion que tu cherchais à faire passer.

La seconde partie, malgré le fait qu'elle soit majoritairement constituée de dialogues, et l'introduction d'un nouveau personnage dont on doit se concentrer pour saisir le destin, passe beaucoup mieux : le texte se concentre sur l'essentiel, accélère l'action, et implique plus le lecteur via les ellipses. En tout cas, c'est ainsi que je l'ai ressenti.

Ah oui, puis j'utilise les termes "première partie" et "seconde partie" par rapport à la moitié du texte, où se trouve la phrase qui en donne la clef : "On s’efforce de rester la personne qu’elle aimait. Au début, on entretient la routine qu’on avait avec elle pour sentir sa présence, puis on se rend compte qu’elle nous suit partout, alors on va de l’avant."

En fait, j'ai trouvé dommage de ne pas avoir cette clef avant... :p

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C'est peut-être un erreur de ma part, mais je trouvais important de bien camper le personnage de Maxime, avec tous ces flash-back qui suivent sa pensée, de manière à instaurer sa routine nostalgique pour mieux la rompre par la suite. Et en même temps, je n'aurais pas pu introduire Éléonore dans la première partie si je l'avais écrite comme la seconde, ou pas aussi naturellement, parce que ce que j'aime bien dans cette partie, et la raison pour laquelle je l'ai écrite ainsi, c'est qu'il y a une continuité entre les différentes bribes de vie qui ne sont pourtant pas chronologiques.

Cela dit, c'est certain que j'aurais pu écrire ça de manière plus efficace. J'y penserai si l'envie me prend de réécrire cette nouvelle dans un avenir pas trop proche. Merci pour ton commentaire, en tout cas.

Par contre, je ne comprends pas pourquoi tu donnes tant d'importance au passage que tu cites. (Qui, pour la petite histoire, est inspirée d'une réplique de Monk dans la série éponyme, dans l'épisode Mr. Monk goes to the ballgame, saison 2 épisode 3.)

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Je lui donne de l'importance car c'est à mon avis l'idée fondamentale du texte, qui s'est bien entendu enrichie au fil du récit, mais pas assez pour dévier complètement. Et il est bien sûr important que ce soit Eléonore, l'avenir personnifié de Maxime, alors que celui-ci est encore coincé dans le passé, qui lui donne cette clef.

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