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Le mythe du Phénix est une histoire fascinante qui met en lumière le pouvoir merveilleux de la résilience

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soisig

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Membre, Posté(e)
Manrak Membre 2 682 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 3 heures, Mórrígan a dit :

Résilience. Mais qu'est-ce que je déteste ce terme ! J'en ai vraiment trop soupé. Résilience, cette prétendue force qui pousse la victime à nouveau dans les bras de son agresseur, parce qu'il faut avancer, voire l'avenir, lui pardonner pour ce faire. Résilience, cette prétendue force qui oblige à accepter l'inacceptable... Résilience, utilisé en place et lieu de renoncement.

On fera sans injonction à aller bien, à aller mieux. On fera comme on peut, simplement. 

Nos blessures ne nous rendent pas plus fort(e)s, sans doute plus sensibles. Cette sensibilité nous appartient. 

Ah quand même. Je me sens moins seul. Et ça change des propos à la con de ceux qui aiment tellement juger des blessures des autres. 

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  • 3 semaines après...
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Membre, Cóínnéóídh mé do bhás, Posté(e)
Mórrígan Membre 14 034 messages
Cóínnéóídh mé do bhás,
Posté(e)
Le 07/07/2023 à 19:13, Lowy a dit :

Du tout.

Cela n'est qu'un terme qui désigne le fait d'aller de l'avant. Aucune obligation, ni pression par rapport à cela.

Avant de répondre à nouveau sur ce sujet, je voulais relire Primo Levi, qui est un survivant des camps de concentration. Néanmoins, je n'ai pas retrouvé son livre- Si c'est un homme- dans la bibliothèque, dans les cartons. Introuvable. Primo Levi donne un sens à ce que l'on appelle de nos jours "le devoir de mémoire". Selon lui, il n'existe aucune langue au monde afin de décrire la réalité de la shoah. Pourtant il a été remarquable. Il s'est senti investi de la nécessité de faire ce témoignage, pour ses compagnons d'infortune aussi, décédés. A la fin de sa vie, Primo Levi a fait une dépression -il est sous antidépresseurs- si bien que lorsqu'il décède à la suite d'une chute dans les escaliers, d'aucuns pensent à un suicide. Il écrit avec une incroyable justesse, avec beaucoup de clarté et de sobriété. C'est dans ses poèmes - à peu près 80- que l'on sent davantage sa tristesse et sa rancoeur. Ses commentateurs disent qu'il y "hurle" sa peine.

Comment rester un homme dans une telle société de déhumanisation ? Il y a eu les camps, la shoah, il y survit avec toute la "culpabilité du survivant" (pourquoi moi et pas les autres ? Certaines personnes ont eu ce même sentiment après les attentats du Bataclan, ou de Charlie Hebdo). Il y a également la société d'après-guerre qui prête une attention relative aux témoignages des survivants. Ils n'étaient pas vraiment écoutés. Il fallait être pugnaces. Il faut être soutenu pour se (re)construire. Il faut être écouté, pas simplement entendu. La société a indéniablement un rôle à jouer. En ce qui concerne l'écoute, la bienveillance, elle est largement perfectible. 

C'est aussi ce que nous dit en filigrane Boris Cyrulnik qui est à la fois le popularisateur de la résilience et son incarnation, tant il a survécu également à la guerre en tant qu'enfant juif. Il y a choc traumatique puis un stress post traumatique, il y a une mémoire traumatique. Il y a des rechutes. Nous ne sommes pas tous égaux quant aux traumas à surmonter. Des traumas plus ou moins graves, même si une gradation n'est pas toujours bienvenue. Nous pouvons rester prisonniers du passé, un moment, longtemps et puis nous remettre... ou jamais. On peut l'être -résilient- à certains moments et pas à d'autres. La résilience, psychologie populaire, a du succès puisqu'elle promet, puisqu'elle vend de l'espoir aux gens. Il y a des événènements de vie dont on ne se relève pas. Ni maintenant, ni demain, ni jamais. 

Boris Cyrulnik est plutôt bienveillant dans ses dires, il est aussi très espiègle. Ce n'est pas le cas de tout le monde, et d'autant certains coachs du "self help" qui font un business des traumas d'autrui. On parle aujourd'hui de psychologie positive et même de positivité toxique. Boris Cyrulnik commence à travailler sur la résilience à un moment où se profile un discours qui fait un distinguo entre les personnes qui ont cette "capacité" -je préfère le terme lorqu'elle s'applique à un végétal ceci dit- à dépasser leur(s) traumatisme(s) et ceux qui n'y parviennent pas. Il évoque une conception, une pensée raciste. Pour lui, la résilience a quelque chose de clair et l'immense majorité de ses vulgarisateurs l'ont pleinement saisi. A l'instar d'Eva Illouz, je suis moins optimiste à ce propos. Ce phénomène psychologique n'est pas aussi simple que certain(e)s le pensent et il y a toujours une hiérarchisation des individus, à l'appui dudit phénomène justement. La sociologue révèle aussi que la résilience est utilisée auprès de soldats, comme d'un moyen de les endurcir face à la mort, qu'ils côtoient au quotidien, celle d'autres soldats. Elle s'interroge : "Quel genre d'êtres humains cela va t-il produire ? Est-ce que l'on veut des être humains endurcis, insensibles pour faire société ?".

J'ai détesté l'usage du terme "résilience" au moment de l'état d'urgence terroriste, puis sanitaire. Mais comment a t-on pu instrumentaliser ce terme, d'abord littéraire puis scientifique, pour faire de la politique ? Des personnes ont été profondément traumatisées, ont perdu des proches, et il leur a été imposé un seul modèle, une seule issue : la résilience, coûte que coûte. Des individus sont profondément marqués, plus que d'autres, moins ou pas résilients, et pour cause ! 

Il y a une "agonie traumatique" selon les termes de Boris Cyrulnik. Il n'est pas toujours si facile de "remonter la pente". La contingence amène à certaines rencontres déterminantes. Lui, a croisé le chemin d'Emile, le compagnon de sa tante Dora. Tout de suite, le petit Boris a su qu'il voulait être, à son instar, scientifique et rugbyman. Très vite, il s'est identifié à son oncle du moment, tout en trouvant sa propre voie : il est scientifique mais plutôt neuropshychiatre, il joue à un poste différent de cet oncle de passage. Il y a également eu son oncle Jacques, qui a réhabilité une dignité familiale alors qu'il s'est engagé dans l'armée. Puis sa tante Dora, à la fin de sa vie, plus authentique, sans son masque joyeux. Des tuteurs de résilience, c'est comme cela qu'ils sont nommés. Boris Cyrulnik est juif, il a compris très tôt, pendant la guerre, qu'être juif, le dire -et sans savoir vraiment ce que c'était- signait son arrêt de mort. Il a dit qu'il a pu endurer les coups et les humiliations d'adultes tortionnaires dans des pensionnats (en l'attente d'être en définitive adopté par sa tante). Il n'a jamais accepté qu'on lui refuse la parole, qu'on le méprise. Il faut être soutenu pour se (re)construire, un soutien affectif et verbal sont nécessaires. Tout le monde ne croise pas sur son chemin un ou des -lorsqu'on est vraiment chanceux et chanceuse- tuteurs de résilience. Boris Cyrulnik insiste sur ce point. Il faut également pouvoir se raccrocher à des événements passés joyeux, nourrissants. Certaines personnes n'ont connu que l'horreur. 

Il y a un problème dès lors que pouvoir de (re)construction se mue en devoir de (re)construction. Il y a une pression de la société, sourde aux blessés de la vie, évidemment et cela les survivant(e)s (les victimes) le saisissent très rapidement. On est chiant lorsque l'on est un blessé de la vie. On dérange. Dans l'idéal tout le monde va bien. Personne ne se complait dans cette agonie traumatique. Parfois certaines personnes s'adaptent de façon bien maladroite, voire dangereuses pour soi et autrui, parce qu'elles se sentent le devoir se reconstruire, vite. Parce qu'elles ressentent cette pression. Cette urgence. Je pense qu'il faudrait davantage les écouter, les sécuriser, les protéger, comme le dit très justement Cyrulnik. Ce que l'on ne fait pas ou pas assez. Être simplement bienveillants envers elles.

Le 07/07/2023 à 19:18, Globure a dit :

Pour le théâtre ?

C'est à dire ? 

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Membre, 53ans Posté(e)
Globure Membre 6 508 messages
Maitre des forums‚ 53ans‚
Posté(e)
il y a 22 minutes, Mórrígan a dit :

C'est à dire ? 

Qu'il y a parfois une forme de théâtralité à se poser en victime quand les torts sont souvent partagés.

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Membre, Cóínnéóídh mé do bhás, Posté(e)
Mórrígan Membre 14 034 messages
Cóínnéóídh mé do bhás,
Posté(e)
il y a 33 minutes, Globure a dit :

Qu'il y a parfois une forme de théâtralité à se poser en victime quand les torts sont souvent partagés.

Pas dans les exemples que j'évoquais. 

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  • 5 mois après...
Membre, 8ans Posté(e)
bouddean Membre 11 897 messages
Maitre des forums‚ 8ans‚
Posté(e)
Le 25/07/2023 à 19:42, Mórrígan a dit :

Il y a des événènements de vie dont on ne se relève pas. Ni maintenant, ni demain, ni jamais. 

Et bien c'est cette partie là que je conteste . 

Il y a des gens qui ne se relèveront jamais , ni maintenant ni demain de certains évènements, alors que d'autres y arrivent .

Pour éviter le mot "résilience " trop controversé, trop dévoyé, trop exploité, trop imposé, pour m'exprimer , j'ai choisi le mot "doubler" , il y a des gens qui peuvent doubler leur trauma et d'autres qui ne le peuvent pas . c'est comme à l'école, ceux qui ne le peuvent pas redoublent et redoublent année après année la même classe et ne passent jamais dans la classe au dessus pour apprendre autre chose .

Mais si il y a des gens qui ne peuvent pas, d'autres le peuvent , et  ce n'est pas  juger ceux ne le peuvent  que de dire que c'est possible   .

 

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  • 2 semaines après...
Membre, 40ans Posté(e)
Satya, l'origine Membre 157 messages
Forumeur survitaminé‚ 40ans‚
Posté(e)

Je vois ici la philosophie, diluée à la sauce psy . Le langage, est génétiquement modifié par des êtres dénués d'humanité . (Langue morte)

La résilience, c'est donc un concept du vocabulaire synthétique . La signification réelle, c'est le terme de la lobotomie du cerveau, l'état de mort cérébral (légume, ou plus acceptable chez les bien-pensants, la plante verte). À noter que seul l'être humain, est doté d'un intellect . L'étude (la psy)est faite ici à partir de la cartographie de l'être humain (le cerveau malade) . 

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