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Pierre Vermeren et Christopher Snowdon : les jeunes hommes, ces oubliés.


MarcThor

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Membre, 50ans Posté(e)
MarcThor Membre 2 219 messages
Forumeur vétéran‚ 50ans‚
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Par Pierre Vermeren LE FIGARO. 14 septembre 2021

TRIBUNE – C’est un fait social majeur et pourtant occulté: plusieurs millions de jeunes hommes français en grande difficulté se sont mis en marge de notre société. Or ils ne suscitent nulle empathie et ne bénéficient d’aucune sollicitude, explique l’universitaire, normalien, agrégé et docteur en histoire.

Auteur de nombreux ouvrages remarqués, Pierre Vermeren a en particulier publié La France qui déclasse. Les gilets jaunes, une jacquerie du XXIe siècle (Tallandier, 2019) et On a cassé la République. 150 ans d’histoire de la nation (Tallandier, 2020).

Des millions de jeunes hommes nés en France dans les années 1990 et 2000 sont à la dérive dans notre société, et cela ne se limite nullement aux classes populaires. Cette réalité humaine augure mal de l’avenir du pays en tant que nation libre et souveraine, socle de notre démocratie. Certes, la France n’a jamais été avare du sang de ses jeunes hommes, comme l’ont prouvé tant de guerres ou de faits sociaux (l’automobile a tué 600.000 Français pendant un gros demi-siècle d’accidents de voiture, de 1948 à 2015, très majoritairement des jeunes hommes). Mais notre longue période de paix accouche d’un mode sacrificiel inédit pour des millions de jeunes concitoyens. Par où commencer, tant les éléments de cette crise sont avérés, nombreux et irréfutables pour peu qu’on les observe avec attention?

Notre société âgée – cela saute aux yeux de retour d’un autre continent – a fait le choix d’occulter ses jeunes hommes, de passer outre leur avenir. Que l’on songe à la crise du Covid-19, qui a aggravé leurs maux, notamment la déprise éducative, alors qu’ils n’ont jamais couru de péril mortel ; à la réussite scolaire et universitaire des filles, qui, à situation comparable, surclassent partout les garçons, sauf en sciences (seul ce second sujet n’est pas tabou) ; à la déliquescence de leurs domaines professionnels traditionnels, l’artisanat, l’industrie, l’agriculture et la chose militaire ; et, plus généralement, à l’abandon des activités productives, transférées à l’étranger, au profit des services qui sont plus propices aux femmes ; enfin, à la désintégration de la famille comme structure de protection, de transmission culturelle, mais aussi de responsabilisation et d’amour. La liste n’est pas close.

On rétorquera dans les milieux favorisés que les grandes écoles sont peuplées de garçons brillants, que tout un chacun connaît un jeune ingénieur ou un financier junior plein d’avenir, un jeune chef cuisinier prometteur ou un ambitieux médecin, un énarque qui ira loin ou un talentueux journaliste! Mais ces arbres cachent la forêt.

Une poignée de repêchés de la filière ZEP et la réalité de jeunes femmes en grandes difficultés ne changent rien à cet effet de structure: la disqualification et la mise à l’écart de millions de jeunes hommes dans notre société, alors même que les générations sont moins nombreuses. Ce phénomène a été dévoilé en Grande-Bretagne, où les statistiques révèlent que les jeunes hommes blancs des classes populaires sont, par leur éloignement culturel et géographique, presque exclus des études supérieures (voir, par exemple, Christopher Snowdon, The Lost Boys. The White Working Class Is Being Left Behind The Spectator, 18 juillet 2020).

Nos dirigeants sont passés à côté d’un phénomène de masse qui compromet gravement l’avenir du pays : la perte de confiance, d’estime, de motivation, pour tout dire de pulsion vitale, de millions de jeunes hommes

La France accepte bon an mal an de vivre avec 6 millions de chômeurs, inactifs tout ou partie, et 2 millions d’allocataires du RSA (une faible part se recoupant). L’OCDE a pointé dans ce pays l’existence de 3 millions de jeunes ni à l’université, ni exerçant un travail, ni en stage. Le gouvernement se félicite à juste titre des progrès de l’apprentissage, puisque 500.000 apprentis (16-29 ans) sont entrés dans cette filière l’an passé. Fort bien. Mais, alors que la France traverse une période de chômage et de sous-emploi à son acmé, les employeurs attendent en vain des centaines de milliers de travailleurs et autant d’offres d’emploi demeurent non pourvues.

Il y a longtemps que la désincitation sociale et médiatique au travail, a fortiori quand il est physique, manuel et exigeant, décourage des millions d’actifs potentiels. Les causes et les justifications de ce refus de travailler trouvent leur rationalité. Les revenus sociaux de toutes sortes permettent de vivre petitement, mais tranquillement, hors du monde du travail ; le travail au noir et l’économie délictueuse emploient beaucoup de monde ; l’école, puis l’enseignement supérieur, en fourvoyant des millions de jeunes, leur ont laissé une piètre image d’eux-mêmes, incitant les plus dynamiques à partir (1 million de jeunes Français ont quitté la France en dix ans, et pas seulement de brillants diplômés), et d’autres à sombrer ; le travail ouvrier et les stages, mal payés en France, ne permettent pas de se loger dans les métropoles, sauf à jongler entre allocations, familles ou colocations, toutes choses dont il n’est pas aisé de se dépêtrer. La carence de main-d’œuvrecorvéable est la première cause de l’immigration, les classes supérieures réfugiées dans les métropoles ayant besoin d’hommes (et de femmes) à tout faire. Enfin, nous avons tous en tête le suicide d’agriculteurs ou de policiers, ce qui révèle la piètre condition offerte à de nobles métiers.

Bercés par le ronron rassurant d’une poignée de psychiatres médiatiques des années 1990 et 2000, expliquant aux boomeurs que jamais les jeunes Français n’avaient été si bien dans leur tête – ce que ces derniers voulaient entendre pour attester des vertus de leur éducation libérale-libertaire -, nos dirigeants sont passés à côté d’un phénomène de masse qui compromet gravement l’avenir du pays: la perte de confiance, d’estime, de motivation, pour tout dire de pulsion vitale, de millions de jeunes hommes. Il y a belle lurette que de jeunes Français n’ont plus gagné le Tour de France et que nos équipes professionnelles de football sont en grande partie peuplées de jeunes étrangers chargés d’animer nos stades. Nos clubs de football ont d’ailleurs souvent fermé leurs centres de formation. Mais le mal est plus grave.

Suite:  https://artofuss.blog/2021/09/15/pierre-vermeren-les-jeunes-hommes-sont-ils-en-trop-dans-la-societe-francaise/

 

AUTRE :  https://www.ultimatepocket.com/pierre-vermeren-les-jeunes-hommes-sont-ils-en-trop-dans-la-societe-francaise-le-figaro/

 

Christophe Snowdon(traduit en Français via google traduction)

Les garçons perdus : la classe ouvrière blanche est laissée pour compte

 

Vous pouvez discuter des mérites de démolir des statues, mais il est difficile de faire valoir que les manifestations de masse ne servent à rien. À tout le moins, ils provoquent le débat et attirent l'attention sur des sujets inconfortables qu'il serait autrement plus facile d'ignorer. Les récentes manifestations ont forcé tout le monde à avoir des discussions difficiles sur la race, la classe, la pauvreté et le niveau d'études. Tout examen sérieux des statistiques montre que nous sommes assez loin d'être égaux, mais ce que les chiffres montrent également, c'est qu'il est malavisé et dommageable de regrouper des groupes très différents. Dans ces discussions, les politiciens supposent souvent paresseusement que tous les BAME (noirs, asiatiques et ethniques minoritaires) sont les mêmes et que tous les groupes blancs sont également privilégiés. Mais un examen attentif des données montre non seulement qu'il existe des différences frappantes au sein des groupes BAME, mais que le groupe le moins performant de tous sont les garçons blancs de la classe ouvrière – le groupe démographique oublié.

 

Comparer différents groupes peut sembler diviser, mais le niveau d'éducation et de vie est relatif et si nous voulons aider les plus démunis, nous devons savoir qui ils sont. Nous devons aider tous ceux qui en ont besoin, mais il est essentiel de pouvoir comparer les groupes pour savoir qui est en retard par rapport à ses pairs. Les Bangladais-Britanniques gagnent en moyenne 20 % de moins que les Blancs, mais ceux d'origine indienne sont susceptibles de gagner 12 % de plus. Les Noirs britanniques gagnent en moyenne 9 % de moins, mais les Chinois gagnent 30 % de plus. Ce que ces différences nous disent, c'est que les employeurs ne font pas systématiquement de discrimination entre les personnes en fonction de leur couleur de peau, et qu'il faut chercher ailleurs pour voir les racines des inégalités.

 

Spectator.co.uk/podcast

Christopher Snowdon et l'ancien chef d'Ucas Mary Curnock Cook expliquent comment aider les garçons perdus.

 

SOURCE :  https://www.spectator.co.uk/article/the-lost-boys-the-white-working-class-is-being-left-behind

 

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Membre, 39ans Posté(e)
.iO Membre 5 005 messages
39ans‚
Posté(e)

Faut admettre que la place traditionnelle des hommes c'est déplacée, peut-être que là ou elle est arrivée ne les correspond pas ? 

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