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Michel Onfray, apologiste de la techno

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Membre 66ans Posté(e)
Maroudiji Membre 6 000 messages
Forumeur alchimiste‚ 66ans
Posté(e)

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Ce matin, au moment de la douche, une réalisation m'a conduit à écrire cette phrase choquante: La technologie est la plus grande ennemie de l'humanité. Réalisation à laquelle j’ajoutais les paroles de Krishna dans la Bhagavad-gita que j'adapte pour la circonstance: "Ce qui est jour pour le sage est nuit pour le transhumaniste". Ou pour le matérialiste. Celui qui ne se soucie guère des demandes de l'âme éternelle, qui ne croit qu'au pouvoir des sens.* il en devient le servant, contrairement au yogi, au sage. 

Alors que mon vieux père préparait son éternel café turc, je pensais à Michel Onfray. Le jour précédent, je l’avais saisi dans un clip discutant sur Radio-Sud des civilisations disparues, avec André Bercoff**. Il disait encore des sottises. 

Il ne fait pas que ça, dire des sottises, entre parenthèses, à sa décharge. 

Pendant que mon père se versait le café, j’observais le rituel avec attention. Le mare restait au fond de la cafetière. Je songeais à ma belle-mère qui buvait le sien, filtré par un appareil. Âgée, elle me fait souvent la même remarque sans s'en rendre compte: "Dans le Nord de la France on dit: café bouilli, café foutu!" Je lui rappelais que le café qu'elle boit est arabe. Mais elle oublie. 

Chacun ses goûts. 

L’habitude en France est de se faire accroire, parce que nous sommes les meilleurs du monde, que nous avons inventé la gastronomie. C'est le complexe du transhumaniste. Sapiens inventa le feu. Le Grec inventa la raison et la philosophie. On apprend cette histoire sur les bancs d'école. Et d'autres bêtises obscurantistes, genre, à peine voilé: sorti d'Afrique, le noir devenu blanc est entré dans l’histoire. Notre histoire. Il y en a pas d'autres. Les petits algériens apprenaient que leurs ancêtres étaient Gaulois. 

Hier, l'Europe, demain l'espace, l'histoire est complot. Entre temps, le Français se cherche une identité, des racines de son passé, sans se déniaiser. On créa pour ça les robots. Ils travaillent mieux que nous, les humains. Mieux que les animaux. La Sélection naturelle s’est numérisée et favorise les algorithmes les plus performants. Le darwinisme social bat son plein. 

Quand l'homme devient un dieu dans ses fantasmes, il imite alors Vishnou, l'archétype de l’Être suprême, il l’imite consciemment ou inconsciemment. L’illustration de Magritte qui orne la page couverture du livre d'Onfray, La raison gourmande (1995), n’aurait pu être mieux trouvée: du Dieu, artiste et éditeur s'en moquent avec l'intelligence, la culture et la technologie qu'ils ont acquises par la force du poignet. 

(Qu'est-ce que l'intelligence? voilà un vrai sujet de philosophie.) 

S’imaginant possible de dompter le destin pour le plier à ses utopies, Onfray écrit au sujet de Grimod de la Reynière, né en 1758 avec des moignons pour main: "Il n'aura de cesse de remplacer le personnel de service par des machines, des technologies et des mécanismes nouveaux." 

À n'en pas douter, de la Reynière est intelligent. Qui ne voudrait de vraies mains? Qui tournerait alors le dos à la science? À la technologie? 

Mon père a 94 ans. Mes frères et sœurs utilisent des capsules jetables pour leur café. L'individualisme a son credo: ”Nous ne sommes jamais mieux servis que par soi-même”.  Ils ont zappé qu'en Algérie nous étions servis par des humains durant notre enfance, les garçons en tout cas, par une boniche.  

La société préfère nettement les robots au service des hommes ou des femmes. On le voit partout; les caisses dans les supermarchés, les guichets de banque ou dans les contacts qui se faisaient ordinairement d'humain à humain. Nous autres, français, qui nous cherchons une identité, nous avons formaté le futur en fonction de la croyance au progrès technologique. Au fond, nous n'aimons pas la nature telle qu'elle est. La Sélection de Darwin trie toujours pour ne produire que le meilleur, pour que survivent uniquement les plus forts. C'est ainsi que nous voyons les choses. Dorénavant, le technologie dicte notre conduite et notre raison. 

* La traduction trouvée sur Wikisource: "Ce qui est nuit pour tous les êtres devient, pour l’homme qui a maîtrisé les sens, le temps de l’éveil ; ce qui, pour tous, est le temps de l’éveil, est la nuit pour le sage recueilli." Mais Michel Onfray croit aussi en l'âme, comme beaucoup d’athées qui ont détourné le sens du mot. Avec eux, à la suite d’Aristote, l'âme signifie un état psychologique. Dans leur bouche, il n'est qu'un concept utile pour décrire des "états d’âme", le mariage des émotions et de la pensée. La couverture de ces livres illustre cette appropriation par les athées.

** Vidéo Bercoff, Radio-Sud: https://youtu.be/hQbn8Suo4-Q

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Membre Posté(e)
system3 Membre 247 messages
Forumeur activiste‚
Posté(e)

La source du problème en France c'est qu'on ne s'aime déjà pas soi-même. Il faut avant toute chose s'aimer soi-même pour pouvoir aimer les autres et oublier les machines. Oui c'est dangereux la haine de soi. La solution c'est de reconnaître et d'accepter son ombre, celle qu'à tort on projette sur l'autre, autrement c'est la transhumanisme c'est-à-dire la DÉFIGURATION qui nous attend.

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Membre 75ans Posté(e)
Talon 1 Membre 17 476 messages
Talon 1‚ 75ans
Posté(e)

Je ne peux pas voler, alors je prends l'avion. L'outil est le prolongement de l'humain. Et l'humain est le seul animal qui le conserve pour un usage ultérieur. D'ailleurs, le premier meuble construit fut la caisse à outils. Pas la table ni la chaise.

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Membre 40ans Posté(e)
Noah le seul et unik Membre 624 messages
Forumeur forcené‚ 40ans
Posté(e)

Les pulsions du temps, parfumant au miel d'acacia le vent caressant son visage, l'urgence, la déesse aux quatre bras, parce qu'elle est sans visage, mais pleine de pouvoir, illusoire, illusion d'un soir d'hiver, l'image pour l'illusion d'une compagnie éphémère, s'évaporant le temps d'un instant, le silence sous un soleil plombé, d'une danse à quatre temps, virevoltant inlassablement, sans jamais se montrer, car le temps est assassin, oui, l'âme est la transpiration d'une humanité embrassant la mort, pour mieux percevoir la vie, ça sonne presque pareil, ça sonne authentique, dans un décor en carton pâte, le philosophe n'étant philosophe, que par l'intitulé de son livre, la gourmandise étant l'un des sept péchés capitaux, pourquoi sept, parce qu'au gré du vent, les feux sont toujours capitalisés, pour l'errance, ayant perdu son chemin, un bien maigre lest, un monde, où la nostalgie l'emporte aux suffrages, un monde, où les voleurs finissent toujours par rafler la mise, au détriment du temps, perdu pour le profit du temps, tandis que les idées voyagent, l'humanité danse seule, comme si une abeille l'avait piquée, je perçois le silence, un silence venant d'ailleurs, venu du passé, comme pour mettre en garde, un égard pour l'égaré, le témoignage d'un poilu, découvert dans la lézarde d'une habitation délaissée par le temps, mais ça, c'était un autre temps ... 

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