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TA douleur n'est pas MA douleur


Passiflore

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Membre, Posté(e)
Passiflore Membre 23 630 messages
Maitre des forums‚
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Sur un autre forum à présent fermé, j'avais ouvert un jour ce sujet : "ta douleur n'est pas ma douleur" et des choses très intéressants y avaient été dites.

 

Cette idée de sujet m'était venue suite à ce que j'avais vécu un matin en arrivant chez une vieille dame dont je m'occupais ; à mon arrivée, en pleurs, elle me dit que le bébé de sa petite-fille était mort à la naissance, ce matin-même... Bouleversée je le fus, par son chagrin mais aussi parce que cette annonce me ramena à la souffrance que moi-même j'aurais eue si j'avais eu à subir un tel drame... je ne pleurai cependant pas et elle s'en étonna, me disant sur un ton de reproche : "l'infirmière a pleuré quand je le lui ai dit"...

Moi non, je compatissais mais : "votre douleur n'est pas MA douleur" me suis-je dit... et pourtant, je partageai son chagrin.

 

On peut éprouver une profonde compassion envers la détresse, la souffrance de l'autre mais si on n'a pas soi-même vécu le drame qu'il a vécu, on ne peut ressentir la profondeur de son chagrin, on ne peut que la supposer par rapport à sa sensibilité à soi, par rapport à comment on pense que soi-même on aurait réagi face à un tel drame.

 

Ca n'enlève rien à la profonde compassion que l'on ressent et de son mieux, on tente de réconforter la personne plongée dans l'affliction mais : Sa douleur n'est pas NOTRE douleur, on ne peut que la supposer mais pas la ressentir, soi.

 

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Membre, 147ans Posté(e)
La Denise Membre 794 messages
Mentor‚ 147ans‚
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Il y a 3 heures, Passiflore a dit :

 

Sur un autre forum à présent fermé, j'avais ouvert un jour ce sujet : "ta douleur n'est pas ma douleur" et des choses très intéressants y avaient été dites.

 

Cette idée de sujet m'était venue suite à ce que j'avais vécu un matin en arrivant chez une vieille dame dont je m'occupais ; à mon arrivée, en pleurs, elle me dit que le bébé de sa petite-fille était mort à la naissance, ce matin-même... Bouleversée je le fus, par son chagrin mais aussi parce que cette annonce me ramena à la souffrance que moi-même j'aurais eue si j'avais eu à subir un tel drame... je ne pleurai cependant pas et elle s'en étonna, me disant sur un ton de reproche : "l'infirmière a pleuré quand je le lui ai dit"...

Moi non, je compatissais mais : "votre douleur n'est pas MA douleur" me suis-je dit... et pourtant, je partageai son chagrin.

 

On peut éprouver une profonde compassion envers la détresse, la souffrance de l'autre mais si on n'a pas soi-même vécu le drame qu'il a vécu, on ne peut ressentir la profondeur de son chagrin, on ne peut que la supposer par rapport à sa sensibilité à soi, par rapport à comment on pense que soi-même on aurait réagi face à un tel drame.

 

Ca n'enlève rien à la profonde compassion que l'on ressent et de son mieux, on tente de réconforter la personne plongée dans l'affliction mais : Sa douleur n'est pas NOTRE douleur, on ne peut que la supposer mais pas la ressentir, soi.

 

 On peut éprouver une profonde compassion certes,  mais il faut aussi savoir garder une certaine distance. Non sa douleur n'est pas la tienne du tout. Malheureusement c'est une réalité, chacun vit sa douleur à sa manière en fonction de son vécu et de sa construction interne.
 heureusement que cette assertion n'est pas vraie, imagine les médecins, les infirmières et les psy ! comment feraient ils pour travailler ? Ils ne pourraient pas. Imagine en Inde dans les quartiers pauvres ?  Tout le monde se suiciderait au cours de visites.

De plus et je te le dis d'expérience, on se fait une idée de la douleur de l'autre à travers son imagination et son propre esprit, mais tu ne sais ce que c'est que quand tu le vis toi. Et encore le vivras tu à ta manière. Mais c'est ce qui est le plus approchant pour connaître ce que l'autre peut éprouver.

 Et comme dit " soso" on ne peut pas porter toute la misère du monde.

 Alors je sais bien qu'en France la douleur est exaltée, mais très peu pour moi.^^ les miennes me suffisent. Ca ne m'empêche pas d'être compatissante et empathique, mais j'ai su mettre des limites. Sinon tu te laisses bouffer tout crue, et tu te vides de ton énergie.

 Et pour finir, ce recul dont je te parle te permets d'être bien plus efficace dans l'écoute de l'autre et l'aide qu'il acceptera.

il y a 21 minutes, Soso Ange du soleil a dit :

on compatit , mais on ne peut pas porter  toute la misère du monde sur nos épaules..

 Coucou soso

 C'est clair, je l'ai compris sur le tard ça,  et bien ça va mieux maintenant  lol 

( ca va mieux avec les commandes du forum ici ?  je visite... ;0) 

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Passiflore Membre 23 630 messages
Maitre des forums‚
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il y a 9 minutes, La Denise a dit :

 On peut éprouver une profonde compassion certes mais il faut aussi savoir garder une certaine distance.

 

Afin de se protéger soi, oui, je ne puis qu'être d'accord avec ce que tu dis là.

 

Lorsque j'étais plus jeune, j'ai voulu venir en aide à une femme alcoolique de mon village. J'ai pris les choses tellement à coeur qu'un soir, après des moments particulièrement éprouvants vécus avec elle lors d'une certaine journée, j'ai fait un accès de fièvre en rentrant chez moi ; ce me fut salutaire, j'ai pris pleinement conscience de l'importance de ne pas se laisser "vampiriser" par les problèmes des autres ; les aider de son mieux, oui mais pas au détriment de sa propre santé, de son propre équilibre, ce que tu dis là :

il y a 9 minutes, La Denise a dit :

(...) être compatissante et empathique mais j'ai su mettre des limites. Sinon tu te laisses bouffer tout crue et tu te vides de ton énergie.

 

il y a 9 minutes, La Denise a dit :

 Et pour finir, ce recul dont je te parle te permets d'être bien plus efficace dans l'écoute de l'autre et l'aide qu'il acceptera. 

 

Se préserver soi afin d'être plus efficace dans l'aide apportée aux autres, oui.

 

il y a 43 minutes, Soso Ange du soleil a dit :

on compatit mais on ne peut pas porter toute la misère du monde sur nos épaules...

 

C'est vrai mais "on fait sa part" (comme le colibri de la sagesse amérindienne), en offrant son écoute et son aide aux personnes en souffrance jalonnant notre chemin de vie.

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