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A Munich les gouvernements anglais et français capitulent devant Hitler - 2 -


Peyo

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Peyo Membre 1 693 messages
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2) 1936 à 1938 : La trahison de l’Espagne républicaine et de la Tchécoslovaquie par les Occidentaux, prélude de la Seconde guerre mondiale

2a) L’année 1936

Elle est cruciale dans la construction par les fascistes d’un rapport de forces permettant d’engager la guerre pour un Reich de mille ans dominant l’Europe.

- > La réoccupation de la Rhénanie en mars puis de la rive gauche du Rhin en mai donne aux nazis une puissance économique et des bases de départ militaires décisifs

7 mars 1936 L’Allemagne nazie réoccupe militairement la Rhénanie

- Le golpe des fascistes espagnols le 17 juillet matérialise l’objectif d’hégémonie fasciste européenne. Les "démocraties européennes" ne réagissent toujours pas.

Espagne 17 et 18 juillet 1936 L’armée, les riches, la droite, l’Eglise et les fascistes lancent un coup d’état contre la république

Non seulement, les démocraties occidentales n’aident pas le gouvernement légal espagnol contre les franquistes, largement aidés eux, par le Portugal, l’Italie et l’Allemagne, mais...

1 au 16 Août 1936 : Aux Jeux Olympiques de Berlin, les "démocraties occidentales" valorisent le régime nazi

Cette année 1936 est également cruciale au niveau international avec la conquête italienne de l’Ethiopie puis la signature en novembre du pacte anti-komintern germano-japonais bientôt rejoint par l’Italie.

2b) Les années 1937 et 1938

Avant la trahison de Tchèques, les Occidentaux avaient déjà laissé le champ libre aux fascistes sur trois terrains d’opération décisifs :

- l’Espagne avec une prétendue politique de non-intervention qui laissa en fait le champ libre à Franco et ses alliés

- l’immense Chine envahie par le Japon à partir de juillet 1937

- l’Autriche annexée par le Troisième Reich après l’Anchluss (12 mars 1938)

J’ajoute à cela toutes les opérations financières et politique de déstabilisation du Front Populaire français qui laissent la place à une droite revancharde.

2c) Tchécoslovaquie et question des Sudètes

La Tchécoslovaquie a été créée après l’effondrement militaire de l’empire autrichien à l’automne 1918 par les traités marquant la fin de la Première guerre mondiale (Versailles et Saint Germain en Laye).

C’est la France, principal vainqueur militaire de 1918, qui porte ce nouvel Etat sur les fonds baptismaux. Elle chaperonne la formation de son armée bientôt considérée comme une des meilleures du continent. Elle est fière de voir ce territoire devenir rapidement le plus industrialisé, le plus prospère et le plus semblable aux démocraties occidentales de toute l’Europe centrale et Europe de l’Est. En tant qu’Etat, la France garantit l’existence de la Tchécoslovaquie.

Seul bémol : le point de vue républicaniste français ne tenant aucun compte des minorités culturelles a prévalu pour la Tchécoslovaquie. Ainsi, ce dernier pays réunit les Tchèques à l’histoire très spécifique et les Slovaques qui viennent de passer un millénaire sous domination hongroise. Ces deux populations représentent globalement 50% de la nouvelle Tchécoslovaquie qui compte aussi des Hongrois, des Allemands, des Juifs germanisés, des Polonais, des Ruthènes et des Roms.

Le pourcentage de germanophones des Sudètes est d’environ un pour cinq (3 millions). A partir de la crise économique et sociale suite au krach de 1929, les nazis liés au NSDAP allemand gagnent des sympathies de plus en plus nombreuses. En 1933, ces fascistes forment le Front patriotique des Sudètes largement soutenu par Hitler. En 1935, ils obtiennent un succès électoral important.

Le 12 mars 1938, Hitler annexe l’Autriche au 3ème Reich.

Enhardi par ce succès, le principal dirigeant des nazis sudètes, Konrad Henlein, demande en avril 1938, la création d’un territoire allemand autonome avec pour objectif l’intégration au Troisième Reich. Le gouvernement tchécoslovaque d’Edvard Benes ne veut pas céder et il a raison puisque Henlein a reçu d’Hitler l’ordre de n’accepter aucun accord.

Jusqu’à l’été 1938, le gouvernement français tape du point sur la table pour stopper Hitler. Ainsi, le 12 juin, Edouard Daladier insiste durement sur "le caractère sacré et irrévocable" de l’engagement de la France aux côtés de la Tchécoslovaquie. En particulier, la France se porte garante des frontières de ce pays. Dans le même temps, l’URSS annonce qu’elle est prête à aider une alliance internationale contre Hitler si peu que l’autorisation lui est donnée de traverser la Pologne.

Complément 2 : Un jour, un évènement : le 29 septembre 1938 (Parti de Gauche

Le 29 septembre 1938, les démocraties libérales européennes capitulent face au diktat allemand et signent les accords de Munich.

Depuis le Traité de Saint-Germain-en-Laye en 1919, de nouveaux pays ont vu le jour en Europe sur les ruines de l’empire austro-hongrois. Parmi eux, la Tchécoslovaquie. Ce pays rassemble deux peupels, les Tchèques et les Slovaques en vertu du principe wilsonien du "droit des peuples à disposer d’eux-mêmes". Mais les frontières incluent de nombreuses minorités, notamment les Allemands des Sudètes.

Dès 1918, certains refusent ce découpage et demandent leur rattachement à l’Allemagne. Jusqu’en 1935, il ne s’agit que d’une minorité. L’arrivée au pouvoir d’Hitler puis l’Anschluss (réunification de l’Allemagne et de l’Autriche) en 1938, remettent la question des Sudètes au centre de la géopolitique européenne.

Hitler annonce en septembre 1938 qu’il annexera la région des Sudètes le 1er octobre au nom du même droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La France et la Grande-Bretagtne sont mises au pied du mur, car la Tchécoslovaquie est leur allié. Face à la menace de la guerre, Mussolini joue les intermédiaires et Hitler organise à Munich une conférence de la dernière chance.

La France de Daladier refuse une guerre avec l’Allemagne sans le soutien de la Grande Bretagne. Pourtant l’Allemagne n’a pas le potentiel militaire pour résister à l’armée française. Mais le sentiment pacifiste est très prégnant dans la société française fortement traumatisé par la boucherie de 14-18 et qui répond à l’idée : "plus jamais ça". La France abandonne donc son allié et cède à Hitler la région des Sudètes. Au lieu de la réprobation populaire à laquelle ils s’attendaient à faire face, Daladier et Chamberlain sont accueillis en héros à) leur retour dans leur pays respectifs.

Rares étaient ceux qui condamnèrent ces accords. Ainsi Winston Churchill déclara : "Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre." En France, Blum évoque "un lâche soulagement et la honte" en ratifiant les accords. Seuls les communistes votent conjtre la ratification des accords.

Face à la menace des fascismes, les principes sont des digues que les Républicains doivent lever et garder étanches.

Par Patrice Perdereau

si ce topic ne vous convenait, passez votre chemin pour aller forumer sur des sujets conformes à votre idéologie, je ne vous en voudrais pas. Merci.

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