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J'adore la philosophie. Je hais les philosophes. [Je t'aime, moi non plus?]


Guillaume_des_CS

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Membre, 37ans Posté(e)
Pensée philo Membre 2 498 messages
Forumeur vétéran‚ 37ans‚
Posté(e)

Je pensais que ce sujet serait une discussion sur les philosophes actuel(le)s qui reprennent beaucoup ce que pensaient les philosophes du passé et moins leurs propres pensées.

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Invité Quasi-Modo
Invités, Posté(e)
Invité Quasi-Modo
Invité Quasi-Modo Invités 0 message
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Il y a surtout un profond malentendu entre les philosophes et le reste de la population.

Un philosophe dont la philosophie est la vocation est une personne dont l'équilibre mental dépend de son activité intellectuelle philosophique. Quand on a dit ça on a tout dit : c'est une question de survie si on pousse la question à l'extrême. Ce sont des gens qui ne peuvent pas ne pas philosopher.

C'est pourquoi la philosophie est une discipline très concrète, même si elle paraît abstraite et désincarnée. Il faut bien voir qu'un philosophe ne développe un nouveau concept que s'il le juge indispensable à approfondir une vision du monde. Le paradigme du problème philosophique, ce n'est pas le dilemme, ni même les cas de conscience.

Je l'ai déjà dit ailleurs : ce sont les apories qui font les philosophes. Une aporie est une question dont l'urgence de la réponse se fait sentir, mais dont aucune des possibilités de réponse n'est totalement impossible à contester. Donc par définition, un philosophe met sa vie sur la balance : ou alors c'est que c'est un vaniteux et un cuistre qui se complaît dans l'abstraction.

C'est bien simple : la philosophie n'est abstraite que pour ceux qui ne savent pas le problème philosophique et humain qui se trouve derrière une réflexion. Ou alors si elle est abstraite et que c'est juste par envie de construire un système original, et qu'il n'y a aucun enjeu humain derrière le point de vue défendu, fuyez ces gens qui ne sont philosophes que de réputation mais pas réellement. Nietzsche disait qu'il ne fallait lire que ce qui avait été écrit avec le sang de son auteur. Encore une fois : quelle perspicacité et lucidité de sa part !

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Membre, 154ans Posté(e)
Annalevine Membre 3 528 messages
Mentor‚ 154ans‚
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Il y a 2 heures, hell-spawn a dit :

Tu parles bien de Simone Weil, la soeur du mathématicien génial André Weil et non de de Simone Veil ?

Auquel cas je suis d'accord, elle était bien plus qu'une philosophe ( bien plus qu'une Simone de Beauvoir par exemple ), mais sa contribution politique n'est pas ce qui la caractérise le mieux a mon avis, elle était encore au dessus de cela.

Oui je parle de l’auteure de l’Enracinement. Je me suis intéressé à ses positions politiques au sens : organisation de la vie sociale. Elle a émis  des idées qui m’ont intéressé dans le cadre de mes propres réflexions lorsque j’avais vingt ans. Elle préfigure toute la réflexion sur l’autogestion et la décentralisation.
Pour le reste elle m’a peu intéressé. Dans le style mystique, ma mère, convertie, la valait bien. Avec en plus, par dessus, la mystique russe.  Pour un lecteur français cette mystique est étonnante. La vivre au quotidien, cette mystique, dans les faits, dans l’action, c’est assez éprouvant.

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Invité hell-spawn
Invités, Posté(e)
Invité hell-spawn
Invité hell-spawn Invités 0 message
Posté(e)
il y a 30 minutes, Annalevine a dit :

Oui je parle de l’auteure de l’Enracinement. Je me suis intéressé à ses positions politiques au sens : organisation de la vie sociale. Elle a émis  des idées qui m’ont intéressé dans le cadre de mes propres réflexions lorsque j’avais vingt ans. Elle préfigure toute la réflexion sur l’autogestion et la décentralisation.
Pour le reste elle m’a peu intéressé. Dans le style mystique, ma mère, convertie, la valait bien. Avec en plus, par dessus, la mystique russe.  Pour un lecteur français cette mystique est étonnante. La vivre au quotidien, cette mystique, dans les faits, dans l’action, c’est assez éprouvant.

Je l'ai pas trouvé si mystique que cela, elle hésitait seulement en face des dogmes.

Elle connaissait bien l'histoire, les sciences, les mathématiques, les religions, enfin difficile de parler de cette femme en lui rendant l'honneur qu'elle mérite.

J'ai préféré "la pesanteur et la grâce".

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Invité Groenland
Invités, Posté(e)
Invité Groenland
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Posté(e)
Le 17/07/2020 à 21:04, Guillaume_des_CS a dit :

J'adore la philosophie, je hais les philosophes. Pourquoi? Parce qu'ils sont irresponsables. Or, la philosophie, implicitement, oblige à la responsabilité. Et tous les philosophes s'en dédouanent, "balaient en touche"... Tous. Non? En connaissez-vous un seul qui mette sa vie sur la balance? (Et ne me dites pas BHL [que je hais moins que les autres mais que je hais quand même] s'il vous plaît... Parlez-moi plutôt de Simone Weil que je puisse l'incendier... et tous ses prêtres avec elle..., ou encore...)

Mais justement philosopher à partir d'un certain moment c'est se promener sur des terrains inconnus voir minés ! Lorsqu'on est un vrai philosophe on ne peut pas être "politiquement correct" ou bien on est BHL entrain de faire avancer la Macronie courante !

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Invité Meruidos
Invités, Posté(e)
Invité Meruidos
Invité Meruidos Invités 0 message
Posté(e)
Le 17/07/2020 à 21:04, Guillaume_des_CS a dit :

J'adore la philosophie, je hais les philosophes. Pourquoi? Parce qu'ils sont irresponsables. Or, la philosophie, implicitement, oblige à la responsabilité. Et tous les philosophes s'en dédouanent, "balaient en touche"... Tous. Non? En connaissez-vous un seul qui mette sa vie sur la balance? (Et ne me dites pas BHL [que je hais moins que les autres mais que je hais quand même] s'il vous plaît... Parlez-moi plutôt de Simone Weil que je puisse l'incendier... et tous ses prêtres avec elle..., ou encore...)

J'adore la philosophie. Je hais les philosophes. [Je t'aime, moi non plus?]

Oui c'est schizophrénique. Celui qui aime la philosophe, philosophe a minima. Celui qui aime la philosophie n'est peut-être pas "un philosophe" au sens où "les philosophes" seraient des concepteurs reconnus et écrivains, mais c'est une forme de philosophe, disons de philosopheur. Du moment que l'on se lance dans des considérations philosophantes, on est un(e) philosopheur(se).

A partir de là, je pense qu'aimer la philo tout en rejetant les philosophes, est une façon de se dédaigner soi-même. C'est quand même mortifère. Et puis si l'on n'accroche pas avec quelqu'un, on n'est pas obligé de le prendre en grippe ; en l'occurrence : les philosophes concepteurs reconnus et écrivains.

 

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  • 3 semaines après...
Membre, 37ans Posté(e)
Kinderatomique Membre 445 messages
Baby Forumeur‚ 37ans‚
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Philosophie.

Jeu : Tue il nous vous ils.

 

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Membre, Posté(e)
Guillaume_des_CS Membre 1 420 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)
Le 18/07/2020 à 19:23, Quasi-Modo a dit :

Il y a surtout un profond malentendu entre les philosophes et le reste de la population.

Un philosophe dont la philosophie est la vocation est une personne dont l'équilibre mental dépend de son activité intellectuelle philosophique. Quand on a dit ça on a tout dit : c'est une question de survie si on pousse la question à l'extrême. Ce sont des gens qui ne peuvent pas ne pas philosopher.

C'est pourquoi la philosophie est une discipline très concrète, même si elle paraît abstraite et désincarnée. Il faut bien voir qu'un philosophe ne développe un nouveau concept que s'il le juge indispensable à approfondir une vision du monde. Le paradigme du problème philosophique, ce n'est pas le dilemme, ni même les cas de conscience.

Je l'ai déjà dit ailleurs : ce sont les apories qui font les philosophes. Une aporie est une question dont l'urgence de la réponse se fait sentir, mais dont aucune des possibilités de réponse n'est totalement impossible à contester. Donc par définition, un philosophe met sa vie sur la balance : ou alors c'est que c'est un vaniteux et un cuistre qui se complaît dans l'abstraction.

C'est bien simple : la philosophie n'est abstraite que pour ceux qui ne savent pas le problème philosophique et humain qui se trouve derrière une réflexion. Ou alors si elle est abstraite et que c'est juste par envie de construire un système original, et qu'il n'y a aucun enjeu humain derrière le point de vue défendu, fuyez ces gens qui ne sont philosophes que de réputation mais pas réellement. Nietzsche disait qu'il ne fallait lire que ce qui avait été écrit avec le sang de son auteur. Encore une fois : quelle perspicacité et lucidité de sa part !

Merci. Tu élèves le débat. 

Cependant, je ne peux dire que je sois d'accord avec toi. Mais au moins je peux répondre ! Ce qui est loin d'être le cas avec tout le monde sur ce forum...

"Un philosophe dont la philosophie est la vocation est une personne dont l'équilibre mental dépend de son activité intellectuelle philosophique. Quand on a dit ça on a tout dit..." : je peux (pourrais) partager la première partie (sauf bien sûr son côté [un peu] "doctrinaire" ? Comme s'il s'agissait d'une seule et unique... "vérité" ?) ; je vis de cette "façon", donc je comprends. Mais je rejette la deuxième partie ("Quand on a dit ça..."), car je vis aussi avec des gens différents de moi, et je sais que quand j'ai dit "ça", je n'ai rien dit (pour eux, donc pour moi... Car "Je ne sais pas ce que je dis tant que je n'ai pas vérifié et compris moi-même ce que l'autre a compris de ce que j'ai dit." C'est ma règle d'or en matière de communication...). Pourtant, je te rejoins tout de suite après : c'est une question de survie ; mais seulement pour moi. Regarde : tant que cela le restera (pour moi), je ne serai pas "philosophe" ; au moment même où je commencerais à penser de l'énoncer comme le fruit d'une "science" (la philo ?), je deviendrais ce que je hais ! Et c'est bien le sujet de ce post...

Ensuite, tu développes et argumentes ton idée. Tu le fais bien et honnêtement (intellectuellement parlant). Je respecte. Critiquer tes arguments aurait peu de sens puisqu'on diverge sur l'idée...

Pour Nietzsche quand même, tu l'as déjà compris, je serais... très prudent. "Par-delà le bien et le mal" a vraiment du mal à passer... Situe-le dans sa vie (et sa mort donc), situe-le dans l'histoire, et peut-être... 

Merci encore de ta contribution.

 

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