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Eliso


Blaquière

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
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Eliso

(èn francès èn dessouto)

(en français au dessous)

 

Vous v'aï dédja dich, Vous n'aï dédja parlat.

Es acabat. L'avèm ènterrado a-dé-matin. Sus lou cooup dé dès ouros.

Éliso.

(Vous aï dédja dich qué li déviou la vido... passèm.)

Mi sènti ün paouc coumo sé m'avièn picat ém'ün bastoun sus lèi bras et lèi cambos.

Coumo quand sias estat malaut é qu'avès tout lou corps fatigat, macat.

Mi n'èn faou pas : passara !

Maï es un paouc coumo sé lèï cavos vouèloun plus rèn diré.

Sèmblo pas véraï.

Eliso, èro la darnièro qué poudié a l'oucasièn ti parlar douèis mots dé prouvènçaou...

Per élo vénié tout soulet !

Pé' isèmplé dé la tanto Rébou qué dihié a moun grand "es per pas ti dounar dé tèntacièn qué mi tèni luènch !"

Coumo n'évèm rit d'aquo !

 S'es ènanado.

Soun drolé a bèn parlat : Ero d'aquelèi fremos qué fan gés dé brut.  Gés d'esbroufo. Maï qué tènoun bouan.

Pas gaïardos maï fouartos !

Qué fan qué la familho èisisto. Qué bastissoun émé d'amour.

E qué saboun riré dé tout.

-- Siès pas anado a l'ènterramènt d'ün taou" qué li dihièn ?

-- Li fa rèn : coumo qué siégué vèndra pas aou miéou  !

Naoutré li siam anats aou siéou !

Quand es estat fénit si siam rétroubat a soun houstaou émé sèi drolés, é touto la familho.

(Si viam pas tant souvènt qu'aquo !)

Dé cousïins qué vénièn dé luènch, dé cooups...

M'an démandat cé qué vouliou bouaé.

-- A la mémouao d'Eliso? ün pataclet !

Ero évidènt !

(Estènt qué l'avèm ènterrado sènso capélan, li a servit d'ostio !)

 

Quand si siam rétroubat èntré naoutré, lou çarclé encar un cooup pus pichoun,

Mon drolé m'a dich uno cave :

"Emé tout aquèléis qué soun dé la familho es pas parié,

Sèntem coumo une cavo qué si poou pas roumpré.

Avèm pas bésoun dé jougar un rolé : siam coumo siam !

E es ènsin qué si prénèm."

Es véraï !

 

 

Elise

 

Je vous l'ai déjà dit, je vous en ai déjà parlé...

C'est fini . Nous l'avons enterrée ce matin, vers dix heures.

Élise.

Je vous ai déjà dit que je lui devais la vie... passons.

Je me sens un peu comme si on m'avait frappé avec un bâton sur les bras et les jambes.

Comme quand on a été malade et qu'on a tout le corps fatigué, meurtri.

Je ne m'en fais pas, ça passera.

Mais c'est un peu comme si les choses ne voulaient plus rien dire.

Ça ne semble pas vrai.

Élise, c'était la dernière qui à l'occasion pouvait te dire deux mots en provençal...

Pour elle, ça sortait tout seul.

Par exemple de la tante Reboul qui disait à mon grand-père : "c'est pour pas te donner de tentation  que je me tiens loin!"

Comme on en a ri de ça !

Elle est partie.

Son fils a bien parlé. Elle était de ces femmes qui ne font pas de bruit. Pas de cinéma. Mais qui tiennent bon.

Faibles mais fortes !

Qui font que la famille existe, qui construisent de l'amour.

Et qui savent rire de tout :

-- Tu es pas allée à l'enterrement d'un tel ? qu'on lui disait ?

-- C'est pas grave : de toute façon, il viendra pas au mien !

Nous on y est allé au sien !

Quand ça a été fini et qu'on s'est retrouvés dans sa maison, avec ses fils et toute la famille,

(On se voit pas si souvent)

Des cousins qui venaient de loin, parfois,

On m'a demandé ce que je voulais boire.

-- A la mémoire d'Elise ? Un pastis !

C'était évident !

(Comme on l'a enterrée sans curé, ça lui a servi d'hostie !)

 

Quand on s'est retrouvés entre nous, en cercle encore plus restreint,

Mon fils m'a dit une chose :

"Avec ceux qui sont de la famille, c'est différent,

On sent comme une chose qui est plus solide,

On n'a pas besoin de jouer un rôle : on est comme on est

Et on s'accepte comme ça"...

C'est pas faux !

 

 

 

 

 

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 496 messages
80ans‚ Talon 1,
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Qué bos qué té disi ?

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)
Il y a 2 heures, Talon 1 a dit :

Qué bos qué té disi ?

Pas grand causo ! Qué li a dé marrits moumènts, a passar... Va (lo) sabèm...

Maï m'a fach dé bèn dé n'èn parlar...

 

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Invité narcejo
Invités, Posté(e)
Invité narcejo
Invité narcejo Invités 0 message
Posté(e)
Citation

 

Je me sens un peu comme si on m'avait frappé avec un bâton sur les bras et les jambes.

Comme quand on a été malade et qu'on a tout le corps fatigué, meurtri.

 

 

Sans pouvoir s'empêcher de visualiser l'état du piano après une interprétation de la "lettre à Elise" de Beethov par un maladroit. J'ai manqué écrire "par un manchot" mais c'eût été pour la rime, parce que sinon bon..

Excellent.

Tous ces "o" j'ai cru qu'il y avait marqué "quero" quelque part, késako, c'est pas en Espagne.

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)
Il y a 10 heures, narcejo a dit :

Tous ces "o" j'ai cru qu'il y avait marqué "quero" quelque part, késako, c'est pas en Espagne.

La lettre "e"n'est jamais muette comme en français, en provençal : c'est soit "é", soit "è".

Du coup la finale muette ou plutôt non accentuée -car elle n'est pas muette- souvent féminine est noté "o".

Qui est la lettre qui est la plus proche du "e" muet français.

Jusqu'au XV èm siècle elle était notée "a" comme dans les autres langues latines.

C'est sous l'influence du français que le "a" final est devenu "o" , Comme dans œuf ou œil ou le "o" du  "œ"  égale déjà "e"...

"Késako" pourrait s'écrire "qu'es aquo" (=qu'est ceci)... après tout en français on n'écrit pas "foutbol"...

Maintenant, ce que j'en dis...

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 496 messages
80ans‚ Talon 1,
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Il y a 12 heures, narcejo a dit :

késako

Qu'es aco ?

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
Posté(e)
il y a 45 minutes, Talon 1 a dit :

Qu'es aco ?

Why not ?!

"aco" ou "aquo" en roman on a parfois l'un parfois l'autre. en souvenir du  latin : "quod" je crois. que l'on devait prononcer |kwod] (ceci)...

 On écrit "aquo" par ressemblance avec "aquèu" = "celui-là", et "aqui"=: "là", mais ça change pas la prononciation.

aco 's'ènsin e pa'n siei(s) !

C'est ainsi ("en cinq"!) et pas en six !  : "c'est comme ci et pas comme ça !

Une expression qui est un jeu de mot... un jeu avec le langage....

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Membre, Talon 1, 80ans Posté(e)
Talon 1 Membre 24 496 messages
80ans‚ Talon 1,
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il y a 33 minutes, Blaquière a dit :

Why not ?!

"aco" ou "aquo" en roman on a parfois l'un parfois l'autre. en souvenir du  latin : "quod" je crois. que l'on devait prononcer |kwod] (ceci)...

 On écrit "aquo" par ressemblance avec "aquèu" = "celui-là", et "aqui"=: "là", mais ça change pas la prononciation.

aco 's'ènsin e pa'n siei(s) !

C'est ainsi ("en cinq"!) et pas en six !  : "c'est comme ci et pas comme ça !

Une expression qui est un jeu de mot... un jeu avec le langage....

A Rome le U s'écrivait V. Ave se prononçait Ah Ouais ? Les Gallo-Romains qui voulaient différencier le U et le V ont placé un H devant le U. Hvitre (huitre) , sinon, c'était vitre. C'était bien utile:hehe:.

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Membre, 78ans Posté(e)
Blaquière Membre 19 162 messages
Maitre des forums‚ 78ans‚
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il y a 2 minutes, Talon 1 a dit :

A Rome le U s'écrivait V. Ave se prononçait Ah Ouais ? Les Gallo-Romains qui voulaient différencier le U et le V ont placé un H devant le U. Hvitre (huitre) , sinon, c'était vitre. C'était bien utile:hehe:.

J'adore !

 C'était aussi pour mieux distinguer "utile" et "futile" ?!

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