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Tourisme humanitaire: la vraie fausse pitié


miscookiyou

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Membre, 26ans Posté(e)
miscookiyou Membre 2 416 messages
Baby Forumeur‚ 26ans‚
Posté(e)

https://www.liberation.fr/planete/2016/08/15/tourisme-humanitaire-la-vraie-fausse-pitie_1472579

Profiter de ses vacances pour aider les populations locales, l’idée est plutôt louable. Mais l’amateurisme et le cynisme de ce secteur en vogue inquiètent les ONG sérieuses.

Se prélasser aux Maldives pour son voyage de noces ? Dépassé. Le top de la tendance, c’est le honeyteering (de honeymoon et volunteering), la lune de miel humanitaire. A lire les témoignages, c’est inoubliable. Ça rapproche et ça soulage. Le phénomène ne touche pas seulement les couples fraîchement épousés. De plus en plus de particuliers donnent de leur temps de vacances pour faire du volontariat : c’est le tourisme humanitaire, ou «volontourisme». Plusieurs formules sont possibles, du groupe d’amis qui s’auto-organise et part distribuer du matériel collecté, ou donner un coup de main à une association locale (lire notre reportage au Liban) à l’initiative individuelle, en passant par les «séjours humanitaires» clé en main. Les tour-opérateurs proposent ainsi des «circuits humanitaires», qui promettent de l’atypique, de l’authentique, de l’alternatif. Avec des étapes «solidarité», hors des sentiers battus : don de fournitures scolaires dans un petit village, journée dans un orphelinat, etc.

L’intention est louable. La critique s’avère, dès lors, délicate. «Il ne faut pas casser l’élan, le désir de s’engager», prévient Brauman. Les ONG ont lancé des campagnes de dissuasion du volontouriste, à l’instar de Solidarités International. «Tout le monde ne peut pas aider sur le terrain», disent les spots. Une série de faux entretiens d’embauche croustillants, avec notamment une hippie qui a «fait grave du baby-sitting», sait ce que c’est que de vivre sans douche à force de faire des festivals, «kiffe l’Afrique» et se dit prête à partir secourir «les enfants qui meurent de faim et ont besoin d’amour». Comme si les bons sentiments à l’égard d’une misère aussi lointaine qu’abstraite dispensaient de toute réflexion intellectuelle. «Quand on est sérieux, il faut regarder quel est notre impact réel, prendre du recul, explique Sébastien Marot, directeur de Friends International, qu’il a cofondé au Cambodge en 1994. Toutes les conneries, je les ai faites. Dans la rue, je donnais à manger aux enfants cambodgiens, comme tous les touristes. Du coup, les gamins stagnaient en attendant le room service… Huit repas par jour», se souvient cet ancien directeur marketing chez L’Oréal. Vingt-deux ans qu’il voit défiler dans les orphelinats les touristes humanitaires et autres volontaires en tout genre. «L’enfant est devenu une attraction touristique. Imaginez un turn-over permanent de Japonais, un flux d’adultes inconnus qui viendraient dans nos écoles pour apprendre des chants aux petits Français, enseigner leur langue, leur offrir du riz et les photographier avant de repartir.»

Le Cambodge compte plus d’orphelinats aujourd’hui qu’en 1979, au sortir de la guerre. Rien que ces huit dernières années, leur nombre a triplé. Six cents structures ont été dénombrées et le recensement n’est pas terminé… En trente ans, le nombre d’orphelins est passé de 7000 à 47000. En fait, selon l’Unicef, 74 % d’entre eux ont des parents. «Les volontaires étrangers veulent tous ouvrir des orphelinats. Seulement, il faut les remplir ! Alors, croyant bien faire, ils retirent les enfants aux familles cambodgiennes pauvres, expliquant que c’est mieux, qu’ils ne savent pas s’en occuper. C’est raciste, colonialiste. Et si on retirait aux Français leurs enfants au seul motif qu’ils sont trop pauvres ?» interroge Sébastien Marot.

Le mot «orphelin» déclenche l’arrivée massive de l’aide étrangère et des volontaires. «Ils viennent soit se construire un CV, soit se reconstruire parce qu’ils sont dans une mauvaise passe. Charge donc aux enfants étrangers de soigner les problèmes des Occidentaux, tacle Marot. D’un point de vue marketing, l’orphelinat c’est facile à vendre. Mais pour que l’argent continue d’affluer, il ne faut pas qu’il soit investi, ce serait casser le produit. Le bâtiment doit rester pourri et les enfants avoir l’air malheureux.» Le phénomène a gagné le Laos, la Thaïlande, la Birmanie. Au Cambodge, Friends International œuvre à la réintégration des enfants dans les familles, en partenariat avec l’Unicef et le gouvernement. Depuis cette année, des orphelinats sont fermés et l’ouverture de nouveaux établissements est gelée. «Nos volontaires font des travaux administratifs, des recherches, mènent des enquêtes. Il y a beaucoup à faire et peu d’occasions de selfies avec des enfants. Ce sont des professionnels locaux et expérimentés que nous salarions qui s’en occupent.»

«Soit le séjour se passe bien et les jeunes reviennent avec l’idée que les pays en développement sont un grand bac à sable; soit cela se passe mal, et là c’est tout le secteur associatif qu’ils verront comme une vaste arnaque», souligne Pierre de Hanscutter, inquiet des valeurs inculquées ainsi à ces citoyens en devenir. Il pointe un autre écueil : «A l’étranger, le marché du travail souffre aussi, avec toute cette main-d’œuvre qui paye pour venir travailler.»

Qui sont ces volontouristes ? La sociologue Alizée Delpierre a enquêté durant trois ans chez Projects Abroad. Elle souligne le «rôle déterminant des parents», professions libérales, hauts-fonctionnaires, majoritairement aisés et résidant dans les beaux quartiers parisiens. «Ils redoutent généralement le secteur associatif, considéré comme un domaine de relégation. A ce prix-là, ils ont la garantie de l’entre-soi.»L’action humanitaire répond d’abord à «stratégie éducative», que la chercheuse détaille : «Les parents veulent que leur enfant acquière des compétences internationales, teste ses affinités avec un métier avant de payer une grande école, apprenne à se débrouiller seul ou soit confronté à la misère pour qu’il mesure combien il est privilégié…»Sur place, elle a vu des volontaires «déçus de constater le faible impact de leur action. Alors ils visitent, font du shopping». Comme des touristes tout court.

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Membre, Beluga-Pangolin, Posté(e)
BELUGA Membre 15 220 messages
Beluga-Pangolin,
Posté(e)

.. ou comment se donner bonne conscience et retourner à sa vie bien pèpère au retour...

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Membre, 26ans Posté(e)
miscookiyou Membre 2 416 messages
Baby Forumeur‚ 26ans‚
Posté(e)
Il y a 8 heures, BELUGA a dit :

.. ou comment se donner bonne conscience et retourner à sa vie bien pèpère au retour...

C'est surtout que ça n'apporte rien au personne de ses pays bien au contraire.....pour moi sa fait vraiment le complexe du sauveur blanc qui s'imagine qu'il va sauver le monde comme si ses enfants était la pour en faire des gens bien entre deux visite touristique..........(et nourrir leur CV) sa me fait penser a la campagne  d'une association ou on voyait une personne un peut hippy qui voulait faire de l'humanitaire par ce que "l'Afrique c'est kiffant" et 

qu'elle voulait aider les enfant qui meurt de faim "qui on besoins d'amour comme les enfants  normal " le cliché était bien sure pousser jusque au bout et je pense qu"il y'a des personne vraiment  sincère mais je pense que quand on veux vraiment aider on essaye de voir en quoi son action aura un impact positif sinon si c'est juste pour faire des photos d'enfants (d'ailleurs je me demande comment les gens réagirait si des étranger venait voir les enfants pauvre d'occident pour mettre leur photo sur Instagram par ce que c'est trop cool) c'est vraiment ridicule

il faut laisser les vraie ONG faire leur travail et ne pas faire de la misère un business par ce que la c'est un vraie problème pour ses pays c'est un travail pas un jeux 

 

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