Gay pride à Jérusalem


Le Texan Membre 6 messages
Baby Forumeur‚
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Par Sydney Touati

Une manifestation doit avoir lieu prochainement en Israël, à Jérusalem. Il s'agit de la « Gay Pride ».

Cet évènement suscite une émotion considérable et tout le pays s'interroge.

Faut-il voir dans cette manifestation l'usage d'un droit que la Constitution garantit à tout un chacun, ou quelque chose d'autre, à savoir l'expression de la volonté d'une minorité, hier brimée, de choquer l'opinion, voire d'exercer un pouvoir tyrannique sur la majorité ?

Le respect de la vie privée : une évolution normale de l'Etat de droit.

L'un des éléments de la vie privée concerne les relations sexuelles. Jusqu'à une période récente, la liberté ne pouvait s'exercer réellement dans ce domaine. Les relations sexuelles relevaient de « l'ordre public » et non du simple « domaine privé ». Elles obéissaient à un code précis, étaient soumises à des normes rigides qu'il était impossible de transgresser sans prendre le risque de se trouver en conflit avec le groupe social. Les relations hors mariages ainsi que l'homosexualité, pour ne citer que ces deux exemples, étaient interdits ; celui ou celle qui dérogeait à la règle s'exposait à être plongé dans l'infamie.

Dans les années 70, les défenseurs de l'Etat de droit se sont battus contre la prétention de l'autorité publique à normaliser le domaine de la vie privée et ont imposé à l'Etat le respect des choix subjectifs et la liberté de chacun. C'est ce que l'on a appelé la « révolution sexuelle. »

Aujourd'hui, la constitution des pays démocratiques, dont Israël, garantie le respect de la vie privée. La liberté sexuelle, dès lors qu'elle s'exerce entre adultes consentants, est devenue la règle.

Les défenseurs des droits de la personne ont donc obtenu gain de cause et nul ne peut être exclu du champ d'application de la loi en raison de ses choix sexuels privés. Les homosexuels peuvent accéder à tous les emplois, vivrent ensemble etc.

L'universalité de la loi est respectée. Les discriminations interdites.

Les revendications catégorielles et la fin de l'Etat de droit.

Certains cependant ne sont pas satisfaits de cette situation. Ils demandent une validation officielle du mariage homosexuel. Faut-il voir dans cette exigence une extension ou une régression du domaine des libertés ?

A priori, elle est présentée comme une application du principe d'égalité des citoyens devant la loi. En réalité, elle a pour effet de nier cette égalité en substituant le groupe au citoyen.

En effet, la loi s'applique à chaque citoyen en particulier, non à des catégories spécifiques. Demander que le droit soit adapté à une catégorie particulière de la population, les homosexuels au cas particulier, implique d'opérer une discrimination entre les citoyens.

Par ailleurs, si un droit spécifique est créé pour les homosexuels, comment le refuser aux autres catégories ? Comment refuser aux musulmans l'application de la charia ? Aux adeptes de la polygamie le droit d'avoir plusieurs femmes ? D'interdire la pratique de l'excision ? etc.

Ainsi, l'adoption du mariage homosexuel impliquerait un émiettement du domaine d'application de la loi et conduirait inéluctablement à la disparition de l'espace public, de la « res-publica » en multipliant les espaces juridiques catégoriels.

Il y aurait là, non pas acquisition d'un nouveau droit, mais remise en cause de l'essence même de l'Etat de droit fondé sur l'universalité de la loi et le principe d'égalité.

Le choix de Jérusalem.

Pourquoi choisir Jérusalem comme lieu de déroulement de la GAYPRIDE ?

Il y a longtemps que le pouvoir « laïc » dans d'autres pays démocratiques, a renoncé de facto à l'universalité de la loi et intégré comme normal la pratique de la discrimination catégorielle, sapant du même coup les fondements de l'Etat de droit.

S'il n'y a plus d'universel, il n'y a que du particulier et l'arbitraire est légitimé. Tout est interchangeable. On peut tout modifier et il n'y a plus aucune hiérarchie de normes.

Les organisateurs de la Gaypride ne veulent pas affirmer leur revendication dans un espace laïc qui leur est pourtant acquis, Tel-Aviv en l'occurrence. Ils veulent « prendre » Jérusalem. Symboliquement, ils veulent détruire le sacré ; saper le dernier ou l'ultime fondement sur lequel repose l'unité de nos sociétés : l'universalité des normes fondamentales. Car à la base du judaïsme il y a la croyance en des normes universelles sur lesquelles repose tout l'édifice social : égalité des hommes ; universalité du mariage (par définition union d'un homme et d'une femme) etc.

Une dérive sectaire.

Les excès auxquels nous assistons montrent que le mouvement gay connaît une certaine dérive sectaire que d'autres mouvements ont connu ou connaissent. La légitime défense des droits individuels qui unit et rassemble est remplacée par celle du « groupe » qui discrimine et oppose.

On ne se bat plus pour que chacun puisse vivre librement sa sexualité, mais pour imposer à l'ensemble un point de vue sectaire. On ne veut plus entrer dans l'universel, mais le scinder entre deux forces antagoniques. On retrouve dans cette dérive sectaire les mêmes ingrédients que dans les dérives intégristes. Les intégristes (idéologues, politiques, religieux...) ne se battent pas pour que chacun puisse penser librement ou pratiquer librement la religion de son choix, mais pour que la société obéisse aux normes qu'eux seuls estiment légitimes. Ils ne veulent pas étendre le champ des libertés, mais les restreindre ; ils veulent non le respect de l'autre, mais sa destruction.

Ils veulent remplacer une discrimination par une autre : la discrimination « négative » (l'exclusion des homosexuels) par la discrimination « positive » (l'homosexualité comme norme) ; créer à l'intérieur de la société, une contre société...

Or, l'homosexualité ne doit être ni rejetée ni codifiée par la loi. Elle est un élément de la vie privée et la manifestation de la libre subjectivité. A ce titre elle ne peut et ne doit faire l'objet d'aucune discrimination de la part du législateur.

Les dérives actuelles des « sectaires-gays » sont lourdes de conséquences. Elles stigmatisent à nouveau les homosexuels en les présentant comme une faction étrangère au corps social, comme un facteur de désordre et de confusion.

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danaxia Membre 1 354 messages
Cool‚ 66ans
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C'est le droit de chacun, Mais quelle tartine à lire. ;)

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clac41 Membre 2 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 47ans
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