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Charles Ceccaldi raconte sa guerre d'Algérie dans un livre


bena11

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bena11 Membre 3 087 messages
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Un «Juste» de la guerre de libération algérienne : Le sens d’un destin

A bientôt 90 ans, l'ancien maire de Puteaux Charles Ceccaldi-Raynaud a décidé de raconter son passé de jeune commissaire de police à Alger durant les "évènements". Dans un livre "La guerre perdue d'Algérie".

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Charles Ceccaldi- Raynaud

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bena11 Membre 3 087 messages
Baby Forumeur‚
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Le cargo en direction de Marseille peut enfin partir, après des heures d’attente au port d’Alger, où il règne un calme inhabituel, qui contraste avec l’effervescence de la ville. Nous sommes le 4 juin 1958, Charles de Gaulle y est attendu après son investiture du 1er juin. C’est ce jour que le commissaire Charles Ceccaldi-Raynaud, déguisé en facteur et grâce à l’aide du syndicat des postiers, choisit de fuir les mesures de répression du colonel Godard, le redoutable chef de toutes les forces de police et de sécurité de l’Algérie. L’ordre est donné à tous les responsables militaires et de police d’enfermer le commissaire Ceccaldi dans le camp d’internement tristement célèbre «Alger Sahel», d’où on a peu de chances de revenir. On ne badine pas avec les tortionnaires et la seule voie reste la fuite, fuir pour sauver sa vie et son honneur. Nul n’est à l’abri dans cette sale guerre et n’importe qui peut voir sa vie basculer dans l’horreur.

En jetant un dernier regard sur la ville au fur et à mesure que le bateau s’en éloigne, Charles Ceccaldi-Raynaud revoit le film des événements de ces quatre ans de guerre. Seuls les temps de révolution voient se mêler et se confondre la liberté et la vérité. Tel est le don de l’Algérie combattante à l’esprit de Ceccaldi-Raynaud. Telle est la lumière directrice qui a éclairé son parcours de commissaire de police exemplaire, solidement formé aux sources du droit et militant socialiste sincère. Son credo a été de combattre le courant qui prolonge le drame colonial.

- - -

Cinquante-sept ans plus tard, Charles Ceccaldi-Raynaud nous livre son expérience dans un récit mémoriel au titre hautement évocateur, La Guerre perdue d’Algérie, publié aux éditions Alfabarre. Des chefs-d’œuvre ont été écrits par de grands esprits qui se sont passionnés pour l’Algérie, tels le comte Henry de Castries, Isabelle Eberhardt, Etienne Dinet, Frantz Fanon, Germaine Tillon, Jacques Berque, etc. Le mouvement national a eu ses grands militants et ses sympathisants parmi les Européens et nous citerons l’exemple de l’anticolonialiste Victor Spielmann, fidèle compagnon de l’Emir Khaled et de Ferhat Abbas et à qui Cheikh Abdelhamid Ben Badis décerna le titre d’«ange gardien (malâk hâriss) du peuple algérien».

La guerre de Libération a suscité un mouvement de solidarité active de tous les objecteurs de conscience parmi les militaires, les fonctionnaires, les médecins et les policiers. Il y a eu aussi la mobilisation des intellectuels français qui se sont érigés en porte-voix du peuple algérien dans son combat libérateur.

De grands actes ont été accomplis pour dénoncer les affres du colonialisme et les atrocités de la guerre et surtout la torture. Au péril de leur vie et au prix d’incessants procès, ces auteurs militants ont veillé à éclairer l’opinion publique française et internationale sur la réalité douloureuse de cette guerre qui ne disait pas encore son nom.

Ce livre était attendu. Dans sa préface, Sadek Sellam estime judicieusement que «pour son courage et son humanisme, Ceccaldi-Raynaud mérite le titre de «Juste» de la guerre d’Algérie». Le livre de Ceccaldi constitue assurément un acte fondateur en projetant une lumière sur cette catégorie jusque-là inconnue des «justes» de la guerre de Libération nationale. Par sa parole libérée, cet acteur et ce témoin de la guerre de libération apporte de nouveaux éclairages sur la compréhension de la lutte contre l’ordre colonial.

Brahim Zeddour

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Membre, 115ans Posté(e)
stvi Membre 20 709 messages
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si c'est de la littérature ce n'est pas la bonne section ...

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 546 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
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Pourquoi un "Juste" de la guerre d'Algérie? Il a sauvé des Juifs?

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bena11 Membre 3 087 messages
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Pourquoi un "Juste" de la guerre d'Algérie? Il a sauvé des Juifs?

:noel:

Sa voie de «juste», Charles Ceccaldi-Raynaud la trouve dans les réponses qu’il tente d’apporter aux questions posées naguère par Emmanuel Kant pour mieux cerner cette «insociable sociabilité» de l’ordre colonial : «Que m’est-il permis d’espérer ? Que puis-je connaître ? Que dois-je faire ?» Ceccaldi se démarque de l’attitude de ses collègues aussi bien de la sûreté générale que de la SFIO à l’égard de l’ordre colonial et de la politique de répression. De la lecture du livre se dégagent quatre idées essentielles qui constituent le fondement de base de sa pensée et de sa démarche :

1- La guerre d’Algérie ne s’est jamais interrompue de 1830 à 1962.

2- L’impossibilité de rétablir l’ordre républicain par des moyens républicains.

3- L’Algérie n’est pas la France.

4- La paix passe par l’indépendance.

:p

si c'est de la littérature ce n'est pas la bonne section ...

:hu:

Nous sommes loin des récits tyranniques sur l’apologie du colonialisme et de sa prétendue œuvre civilisatrice. Ceccaldi-Raynaud dévoile les grandes vérités qui étaient et qui sont restées partiellement interdites par les médias et les analyses. Le grand effort de vérité est de rendre intelligible l’ordre colonial dans ses horreurs. Incontestablement, le fait générateur a été l’intégration de l’ordre colonial, qui est un désordre, au système politique, économique et militaire de la France.

Ce qui s’est traduit par un prolongement territorial fictif, à travers ces trois fameux départements français, où toutes les valeurs et tous les principes de la République furent à jamais perdus.

La population autochtone a été réduite à une infra-humanité et le pays a été livré aux soldats et aux colons, avec une implacable répartition des rôles : aux premiers incombe la répression aux méthodes génocidaires de la résistance du peuple algérien, aux seconds échoit l’accaparement des terres.

Le tout orchestré selon les recommandations de Victor Hugo : «Algérie. La colonisation militaire doit couvrir et envelopper la colonisation civile comme la muraille couvre et enveloppe la cité. La colonisation militaire, c’est une muraille vivante. Quel meilleur obstacle continu qu’un camp français ? Mettez le soldat en avant du colon comme vous mettez un fer au bout d’une lance.»

Incapable d’assurer l’égalité, la République française a laissé le système colonial s’imposer par la violence.

C’est contre cet ordre démoniaque que le peuple algérien n’a cessé de se soulever. C’est pour le maintien de cet ordre démoniaque que la France a mobilisé tous les moyens de renforcement.

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Membre, 61ans Posté(e)
Laurent13 Membre 2 608 messages
Baby Forumeur‚ 61ans‚
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Il faut retenir également des récits d'autres pieds-noirs, qui ont aimes ce beau pays. Mais l'Algérie n'était pas la France, les algériens sont comme les français. Ils sont rentrés en résistance contre l'occupation, mais par rapport à la France qui a gagné sa liberté en combattant l'occupant, c'est l'occupant qui leur a donné leur indépendance.

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Membre, Posté(e)
bena11 Membre 3 087 messages
Baby Forumeur‚
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:noel: Comme il a dit Lui :

''Donnez-nous vos avions et on va vous donner nos couffins -comprendre les bombes artisanales-...

Après les massacres de Mai 1945, le démantèlement de l’OS, la crise du MTLD et le trucage des élections, l’administration coloniale était convaincue d’être parvenue à faire régner l’ordre en Algérie. L’ensemble des services de Renseignement œuvrent à un strict contrôle des Algériens et de leurs mouvements politiques, culturels, sociaux avec un usage généralisé de la torture : DST, police judiciaire, police administrative, Renseignements généraux, gendarmerie, Deuxième bureau (renseignement militaire), SLNA (parallèle au 2e bureau), SDECE. Toute cette armada est restée sourde et aveugle devant l’ampleur des signes avant-coureurs et toute cette agitation à la veille du 1er Novembre 1954. Qu’on en juge : entre octobre 1953 et octobre 1954, le bilan fait état de 53 attentats dirigés principalement contre les forces de l’ordre, les infrastructures de transport et les civils européens.

Ces attentats sont souvent perçus comme des actes de banditisme car l’administration coloniale est convaincue d’avoir réussi à asservir le peuple algérien et à briser sa volonté de se redresser. «Mais que savait-on alors des aspirations des Algériens à la liberté ?» s’interroge Jean-Charles Jauffret.

Or, c’est dans ce domaine invisible et inconnu que résidait l’essentiel de la vie politique du peuple algérien.

Le 1er Novembre 1954 n’a pas surpris par l’ampleur des attentats, il a donné toute la mesure des ambitieux de la nouvelle élite en qui le peuple algérien fera totalement confiance. Désormais, le mouvement national dispose d’une doctrine et d’une stratégie de libération, il donne un sens concret au désir du peuple algérien de s’ériger en nation, de construire un Etat moderne et performant, capable de mener le développement et de s’insérer sans heurts dans le système des relations internationales. La France républicaine et coloniale répond par la guerre totale, non pas seulement contre les combattants mais contre tout le peuple algérien qui s’est érigé en chaîne de solidarité et de soutien logistique.

Et c’est dans cette folie meurtrière de guerre totale que s’est achevé le règne de l’ordre colonial en Algérie.

:bad:

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Membre, Marchombre, 33ans Posté(e)
Serguei Zoubatov Membre 4 440 messages
33ans‚ Marchombre,
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Un énième apologie des traîtres porteurs de valises et des terroristes du FLN? Y'a pas déjà plusieurs sujets comme ça?

Le 1er Novembre 1954 n’a pas surpris par l’ampleur des attentats, il a donné toute la mesure des ambitieux de la nouvelle élite en qui le peuple algérien fera totalement confiance.

Les algériens faisaient tellement confiance au FLN qu'il y avait plus de supplétifs algériens dans l'armée françaises que de combattants-terroristes au FLN.

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 546 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
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Un énième apologie des traîtres porteurs de valises et des terroristes du FLN? Y'a pas déjà plusieurs sujets comme ça?

Certainement!

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Membre, Posté(e)
bena11 Membre 3 087 messages
Baby Forumeur‚
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Un grand spécialiste de la guerre subversive, le colonel Roger Trinquier, explique aux journalistes américains la stratégie de la terreur : «Dites que je suis un fasciste, mais nous devons rendre la population docile, facile à conduire. Nous ne saurions gagner cette guerre à moins d’utiliser des méthodes dures. Il nous faut modifier notre attitude face à cette guerre. Nous devons organiser la population et la maintenir organisée. Les méthodes douces que nous avons appliquées à ce pays ne nous mèneront nulle part.» En stimulateur de conscience, Malek Bennabi alertait l’opinion internationale par son «SOS Algérie» : «Le langage est clair : il faut briser la volonté de résistance populaire en la détruisant physiologiquement dans la chair même du peuple par la torture. Robert Lacoste (sinistre/ministre résident à Alger) ne demande pas des soldats, il veut des charcutiers.»

Dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, Charles Ceccaldi-Raynaud va se heurter à cette stratégie de la terreur : torture, contre-guérilla, embrigadement des populations, guerre subversive, guerre non conventionnelle, infiltrations, justice expéditive, centres d’internement, massacres, etc. Son engagement était dangereux aussi bien pour sa carrière que pour sa vie : critique, dénonciation, aide et assistance. Il relève tous les paradoxes entre le droit et la loi, entre les lumières de la Révolution française et l’enténèbrement de l’ordre colonial, entre la morale et l’hypocrisie des dirigeants politiques, entre l’honneur et la bestialité des forces de l’ordre.

C’est à travers cette grille de lecture qu’il passe en revue les événements de la guerre d’Algérie dans ses deux principales parties : 1954-1958 et 1958-1962. Tous ces événements donnent la mesure de la désillusion des dirigeants français, toutes tendances confondues, au sujet de la chimérique Algérie française.

.

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Membre, 59ans Posté(e)
essayeur Membre 3 422 messages
Baby Forumeur‚ 59ans‚
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La colonisation c'est une histoire humaine qui concerne l'ensemble des êtres : tout peuple ayant une avance technologique a tenté de coloniser ses voisins, c'est récurrent.

L'Algérie et les algériens, qui vivaient du trafic d'esclaves, n'ont pas de leçons à donner. Ils sont aussi sales que les autres, car faire enlever des femmes et des enfants d'Europe et d'Afrique pour les vendre comme esclaves, dans les pays arabes n'est pas anodin : l'esclavagisme musulman était le plus meurtrier au monde, puisque déjà par principe tous les noirs étaient castrés, dans des conditions épouvantables, à la hache et sans désinfection, la moitié mourrait des blessures...

Je suis pour des excuses officielles adressées à l'Algérie parce que je considère que ça permettrait - peut-être - de repartir d'un bon pied, que par ailleurs il faut rester propre et intègre, l'excuse n'est pas faite pour rien... cependant il faut que les algériens sortent du délire nombriliste "hou lala j'ai été colonisé", oui nous aussi en France, nous avons été envahis, tourmentés, mais on ne regarde pas le passé... il ne fait pas bon s'enfermer dans le passé et la colonisation a aussi donné cette interpénétration des cultures, qui au final constitue une avancée pour l'ensemble des hommes.... Malgré sa noirceur elle était en quelque sorte, un mode de communication, à l'image de l'époque, c'est à dire un peu brute...

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Membre, 61ans Posté(e)
Laurent13 Membre 2 608 messages
Baby Forumeur‚ 61ans‚
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La colonisation c'est une histoire humaine qui concerne l'ensemble des êtres : tout peuple ayant une avance technologique a tenté de coloniser ses voisins, c'est récurrent.

L'Algérie et les algériens, qui vivaient du trafic d'esclaves, n'ont pas de leçons à donner. Ils sont aussi sales que les autres, car faire enlever des femmes et des enfants d'Europe et d'Afrique pour les vendre comme esclaves, dans les pays arabes n'est pas anodin : l'esclavagisme musulman était le plus meurtrier au monde, puisque déjà par principe tous les noirs étaient castrés, dans des conditions épouvantables, à la hache et sans désinfection, la moitié mourrait des blessures...

Je suis pour des excuses officielles adressées à l'Algérie parce que je considère que ça permettrait - peut-être - de repartir d'un bon pied, que par ailleurs il faut rester propre et intègre, l'excuse n'est pas faite pour rien... cependant il faut que les algériens sortent du délire nombriliste "hou lala j'ai été colonisé", oui nous aussi en France, nous avons été envahis, tourmentés, mais on ne regarde pas le passé... il ne fait pas bon s'enfermer dans le passé et la colonisation a aussi donné cette interpénétration des cultures, qui au final constitue une avancée pour l'ensemble des hommes.... Malgré sa noirceur elle était en quelque sorte, un mode de communication, à l'image de l'époque, c'est à dire un peu brute...

Tu as raison sur le point que nous n'avons aucune rancoeur envers les différents peuples qui nous ont envahi. Les algériens ont une rancoeur tenace. Pourtant beaucoup d'entre eux vivent sur le sol français. Ils n'ont pas su faire fructifier leur beau pays.

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Membre, Posté(e)
bena11 Membre 3 087 messages
Baby Forumeur‚
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:mef:

Par acquis de conscience et pour son honneur, Charles Ceccaldi-Raynaud aborde des aspects que les Français ont du mal à imaginer aujourd’hui.

On relèvera d’abord le durcissement de l’état d’exception de l’ordre colonial. Les ségrégations établies ont été aggravées par les dispositifs des pouvoirs spéciaux et de la légalisation des camps d’internement. C’est comme si, par les reflux de l’histoire, la France s’intégrait dans l’Algérie coloniale, reniant ses principes et ses valeurs. Depuis Napoléon III, la France officielle doit beaucoup aux affairistes du grand colonat.

Les pouvoirs spéciaux permettent à l’appareil répressif d’agir en toute impunité en dehors de la légalité, sans se référer ni au Parlement ni à la justice. «Le gouvernement disposera en Algérie des pouvoirs les plus étendus pour prendre toutes les mesures exceptionnelles commandées par les circonstances, en vue du rétablissement de l’ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire.» Tel est l’objet de la loi qui fut adoptée à l’Assemblée nationale, le 12 mars 1956, par 455 voix, y compris celles des 146 députés du Parti communiste français, contre 76.

Dans cet aveuglement, les événements se précipitent. Le dispositif s’avère inefficace et même contreproductif. L’ampleur des massacres renforce la Révolution algérienne, où l’indépendance devient le but suprême. En l’absence de débat démocratique sur la question algérienne, la IVe République s’écroule et par un coup d’Etat surgit la Ve République, fondée sur le seul souci de renforcer les pouvoirs de l’Exécutif dans le but de conserver l’Algérie française. Ce déni de justice et de liberté sera maintenu jusqu’au bout.

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Membre, Marchombre, 33ans Posté(e)
Serguei Zoubatov Membre 4 440 messages
33ans‚ Marchombre,
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Dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, Charles Ceccaldi-Raynaud va se heurter à cette stratégie de la terreur : torture, contre-guérilla, embrigadement des populations, guerre subversive, guerre non conventionnelle, infiltrations, justice expéditive, centres d’internement, massacres, etc. .

Etait-il en train de décrire la stratégie du FLN?

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Membre, Posté(e)
bena11 Membre 3 087 messages
Baby Forumeur‚
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Etait-il en train de décrire la stratégie du FLN?

L’OAS et ses méthodes criminelles paracheva la désillusion. Pour la France, la guerre est perdue mais elle s’obstine à voir dans l’indépendance de l’Algérie l’aboutissement du processus révolutionnaire du mouvement national. Pour preuve, refusant de considérer le FLN comme le représentant unique et légitime du peuple algérien, le gouvernement français s’abstient de parapher les négociations d’Evian qui ne deviendront officiels que par le référendum du 8 avril 1962.

Pour aggraver ce refus de reconnaissance de légitimité et de souveraineté, on est allé imaginer une singulière procédure de passation au profit d’une structure ad-hoc, l’Exécutif provisoire, pour éviter le transfert de souveraineté au GPRA. C’était le cadeau empoisonné de Charles de Gaulle dont l’Algérie ne cesse de payer les conséquences désastreuses.

Charles Ceccaldi-Raynaud a été à l’avant-garde non seulement dans la dénonciation de la torture, mais aussi dans la sanction des fonctionnaires de police. Déjà en 1951, Claude Bourdet, ancien membre du Conseil national de la résistance, publie dans L’Observateur à la suite des conditions du démantèlement de l’OS, un article intitulé «Y a-t-il une gestapo algérienne ?». Il y dénonce l’usage de la torture par la police et la complicité des magistrats. Par un autre article Votre Gestapo d’Algérie, publié en 1955, il relance le débat. C’est dire à quel point la torture en Algérie a été généralisée et même institutionnalisée.

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Membre, 115ans Posté(e)
stvi Membre 20 709 messages
Mentor‚ 115ans‚
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L’OAS et ses méthodes criminelles paracheva la désillusion. Pour la France, la guerre est perdue mais elle s’obstine à voir dans l’indépendance de l’Algérie l’aboutissement du processus révolutionnaire du mouvement national. Pour preuve, refusant de considérer le FLN comme le représentant unique et légitime du peuple algérien, le gouvernement français s’abstient de parapher les négociations d’Evian qui ne deviendront officiels que par le référendum du 8 avril 1962.

.................

et c'est reparti sur la colonisation ,la guerre d'Algérie ,les Français méchants et les gentils arabes ...

c'est la grande mission de ta vie ,comment veux tu que les jeunes Algériens puissent se tourner vers le futur avec des chibanis qui n'arrêtent pas de leur répéter leur litanie .. même les 200.000 morts des années 90 n'ont pas pu arrêter cette fuite en arrière ...

résultat ,à cause de cette progression à reculons des millions d'Algériens sans emplois rêvent d'un visa ,pour fuir ce pays sans avenir à cause de la sanctuarisation d'un passé qui a plus d'un demi siècle ....

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 546 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
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Ce type ne mérite pas le titre de juste. C'est juste... un traître. La guerre d'Algérie et l'histoire de l'Algérie après l'indépendance sont des questions tellement complexes, que les voir aborder avec un tel manichéisme (les gentils Algériens contre les méchants Français) me révulse.

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Membre, Posté(e)
bena11 Membre 3 087 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

;)Je me souviens...

Toujours la torture à grande échelle dans ce qui s’apparente aux camps d’extermination des nazis. Interdits en France, les camps d’internement ont toujours constitué un dispositif courant en Algérie. Il s’agit d’un emprisonnement administratif et arbitraire, sans aucune procédure judiciaire, souvent dans des conditions atroces. Durant la guerre d’Algérie, les camps explosent. Y sont entassés des suspects ou de simples prévenus, en attendant d’être fichés, interrogés, torturés et même tués.

Charles Ceccaldi-Raynaud est nommé par Paul Teitgen, le secrétaire général de la préfecture d’Alger, administrateur au centre de Beni Messous. Il n’y reste que quinze jours à cause de l’insoutenable ambiance. Prévu pour accueillir 350 personnes, les militaires n’hésitent pas à y emmener 1000 personnes. C’est alors que Ceccaldi-Raynaud prit la décision de n’en retenir qu’au prorata des capacités d’accueil, le reste fut libéré, provoquant la rage des militaires.

De même qu’il ne manqua pas d’instaurer une procédure de traçabilité des déplacements des pauvres malheureux, surtout quand ils étaient acheminés vers les centres de torture. Un des habitués du centre de Beni Messous est le sinistre commandant Aussaresses.Pierre Rossi nous a édifiés sur les horreurs de la torture : «Tout homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition. La fraternité n’est pas seulement un commandement d’ordre moral. Elle est aussi et surtout une communion substantielle. C’est pourquoi si la victime de la torture est déchirée dans sa chair et dans son âme, son bourreau, quant à lui, s’exclut de l’espèce humaine.»

: Je me souviens

Il y a quelques années au Québec, j'ai été surpris de la répétition à l'infini d'une formule énigmatique sur les frontons des bâtiments officiels et sur les plaques d'immatriculation de tous les véhicules : « Je me souviens ». L'apparente simplicité de cette phrase a pourtant donné lieu à une foule de questions. De quoi appelait-elle à se souvenir, de quelles meurtrissures, de quelles pages de fierté ? Personne n'en savait rien. Un consensus a fini par s'établir. Il tient dans la formule d'un certain Marquis de Lorne, dont la devise était: «Ne obliviscaris «(Gardez-vous d'oublier). Le message, en somme, était de conserver le souvenir du passé et de ses leçons, du passé et de ses malheurs, du passé et de ses gloires.

:hu:

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Membre, 115ans Posté(e)
stvi Membre 20 709 messages
Mentor‚ 115ans‚
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Et voilà ,on y arrive tout doucement ....

après les copier collé sur les vilaines actions des méchants Français ,on va arriver tout doucement aux photos de pauvres Algériens maltraités ...

on te voit arriver avec tes grosses babouches ...

mais tu peux compter sur moi pour remonter tes sujets ,pour que la modération puisse aussi en profiter ....

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Membre, Posté(e)
bena11 Membre 3 087 messages
Baby Forumeur‚
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:noel:

Un hommage est rendu à Williams Lévy, un juif d’Alger. Militant socialiste, il lutte pour une Algérie fraternelle. L’un de ses fils est tué par erreur par un combattant FLN, qui sera assassiné par les tueurs de l’OAS. La famille Lévy restera l’exemple des drames humains de la guerre d’Algérie. Charles Ceccaldi-Raynaud nous donne l’occasion d’aborder un sujet méconnu, celui des juifs d’Algérie dans le Mouvement national. Pour la colonisation, il s’agit d’un succès en matière d’intégration et de francisation des indigènes du Maghreb.

Cette émancipation a été menée dans le strict intérêt de la colonisation. Ce qui explique l’adhésion d’une infime minorité des juifs d’Algérie dans le mouvement national et dans la guerre de libération, on en a dénombré à peine un millier. Mais rien n’autorise que leur combat soit occulté dans l’histoire du mouvement national.

En janvier 1956, Charles Ceccaldi-Raynaud rencontre Albert Camus à l’occasion d’un voyage de l’écrivain à Alger après une longue absence. Après avoir quitté l’Algérie en 1942, il fait un voyage éclair du 18 avril au 7 mai 1945. C’est à Paris qu’il prend connaissance des événements tragiques du 8 mai dans le Constantinois. Il laisse l’image d’un homme tourmenté, aux idées déconnectées de la réalité mais viscéralement rattaché à l’Algérie française.

Un parallèle est fait avec Jean Amrouche, dont la vision cadre mieux avec les réalités et les perspectives. Dans une lettre adressée à Jules Roy le 6 août 1955, Jean Amrouche écrivait : «J’ai lu deux articles sur l’Algérie que Camus a donnés à L’Express. Il y a de justes remarques. Mais quant aux solutions qu’il préconise, je n’y crois pas. Le mal est beaucoup plus profond à mon avis. Il n’y a pas d’accord possible entre autochtones et Français d’Algérie. Il serait très long de l’exposer ici, un volume y suffirait à peine. En un mot, je ne crois plus à l’Algérie française. Les hommes de mon espèce sont des monstres, des erreurs de l’histoire. Il y aura un peuple algérien parlant arabe, alimentant sa pensée, ses songes, aux sources de l’islam, ou il n’y aura rien.

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Je me souviens,

Les pays développés se caractérisent par la tension vers le futur. Ils sont le siège d'innombrables think tanks qui rivalisent d'imagination pour tracer les lignes prévisibles de l'avenir, établir les contours probables du monde de demain. Là est le secret de leur réussite, vous direz-vous. Il y a un domaine dans lequel ils déploient encore davantage d'énergie, encore plus de moyens, sur lequel ils tiennent à garder la haute main, c'est celui de la mémoire et de l'Histoire.

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