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Face au changement climatique, les semences paysannes sont l’avenir de l’agriculture


Invité 1107tang

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Face au changement climatique, les semences paysannes sont l’avenir de l’agriculture

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epuis des décennies, l’agriculture industrielle fait la guerre aux semences paysannes. Elles sont pourtant mieux armées que les variétés commerciales pour résister aux effets du changement climatique, et constituent une alternative pour nous nourrir demain.

Sous le soleil couchant, les pousses de blé se parent d’un vert éclatant. Accroupi dans la terre de sa ferme de Pont de l’Arche, à Bouchemaine dans le Maine et Loire, Florent Mercier observe avec tendresse ses 200 parcelles. « Pourquoi j’aime les blés paysans ? Ils sont beaux et si variés ! » Poulette à épi blanc, Petit rouge du Morvan, Barbu de l’Aveyron... Chacun a sa couleur, sa forme, sa saveur. Des blés pourtant délaissés et oubliés, car incompatibles avec le modèle agricole intensif qui s’est imposé durant les dernières décennies.

Résultat : moins de dix variétés fournissent aujourd’hui plus de la moitié du blé tendre produit en France. Et 80 % des légumes cultivés il y a cinquante ans ont disparu. Une perte de biodiversité qui n’est pas sans conséquence pour notre environnement et notre santé.

champ-2-daf33.jpg

L’avenir de notre agriculture

Paysan bio, Florent Mercier élève des vaches laitières et cultive du blé en Anjou. Il est coprésident de l’association Triptolème dont l’objectif est la promotion et la défense de la biodiversité cultivée.

« Ces blés se cultivent sans pesticide, et ils ont une meilleure qualité nutritionnelle que les variétés commerciales », explique-t-il. Surtout, ils résistent bien mieux aux aléas climatiques. Les semences paysannes seraient-elles l’avenir de notre agriculture ?

« Les végétaux qui peuplent nos assiettes trouvent leur origine dans le travail séculaire des paysans, qui les ont d’abord domestiqués, puis adaptés, améliorés et mis en circulation à travers l’échange des graines », racontent Christophe Bonneuil, Olivier Petitjean et Frédéric Thomas, dans leur ouvrage Semences : une histoire politique. Les semences sont donc « par nature »paysannes, puisqu’elles résultent de la sélection par les agriculteurs. Ainsi « les plantes s’adaptent au fur et à mesure au terroir et aux conditions environnementales », explique Isabelle Goldringer, généticienne à l’INRA.

Résistance à la sécheresse, défense contre les pathogènes... En comparaison, les variétés modernes sont confrontées à un environnement parfois fort différent des conditions maîtrisées des laboratoires où elles ont été conçues. C’est pourquoi, « dans des fermes avec des sols peu fertiles ou des climats rigoureux, les semences locales sont plus performantes que les commerciales », observe-t-elle.

champ2-28c43.jpgFlorent Mercier cultive, en partenariat avec l’INRA, plus de 200 parcelles expérimentales. Une centaine de variétés de blés de pays différentes ont été sorties des banques de graines et semées sur sa ferme.D’autant plus que ces graines sont chaque année triées sur le volet par les paysans. « Dans les champs, la sélection naturelle et paysanne s’effectue en continu », explique Isabelle Goldringer,« donc les semences s’adaptent très vite. » Ce qui n’est pas le cas des variétés industrielles, qui peuvent mettre dix ans à voir le jour. « Entre le moment où un sélectionneur industriel va vouloir créer une variété résistante à la sécheresse et sa mise sur le marché, il peut s’écouler plus de sept ans », ajoute-t-elle. « Quand c’est fini, le climat a à nouveau changé, et il faut tout recommencer ! »

Face au changement climatique, les variétés anciennes paraissent donc mieux armées que leurs cousines commerciales. Pour Florent Mercier, elles sont avant tout une réponse immédiate à la crise écologique : « Elles sont bien plus adaptées à l’agriculture biologique, sans intrant »,constate-t-il. Il sélectionne des blés de haute taille, qui limitent la croissance des « mauvaises herbes ».

L’atout de la diversité

Mais la carte maîtresse des semences paysannes demeure leur diversité. « On parle de variété population, car au sein même d’une variété ancienne, chaque individu, chaque plante est unique, comme pour les êtres humains », explique Isabelle Goldringer. Au contraire, les variétés commerciales ressemblent à des clones, elles ont été élaborées pour être « homogènes », au nom de la standardisation et de la rationalisation de l’agriculture. Ainsi, d’après la Confédération paysanne, « les paysans du monde créent plus de biodiversité chaque année que la sélection industrielle en cinquante ans. »

« Si chaque plante est différente, en cas de maladie ou de stress, il y aura toujours des individus qui survivront », note Isabelle Goldringer. « Mais si tous sont semblables, il est possible que rien ne résiste. »

plant-3-faecd.jpgChaque variété de blé est clairement identifiée, pour pouvoir ensuite être comparée aux autres.Un constat partagé par Véronique Chable. Il y a quinze ans, cette agronome travaillant à l’établissement rennais de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) rencontre des maraîchers bio confrontés à un épineux problème : ils ne trouvent que des variétés pour le conventionnel, toutes conçues avec des biotechnologies, donc incompatibles avec les principes de l’agriculture biologique. Comment faire ? Avec la scientifique, ils sortent des banques de graines de l’INRA les semences anciennes de crucifères. Et relancent la culture du chou en Bretagne, sans pesticides.

Dans un grand hangar, Florent Mercier stocke ses précieuses graines dans des bidons. Un trésor de biodiversité, puisqu’il cultive plus d’une centaine de variétés. Pourtant, impossible pour lui de les donner ou de les vendre à d’autres paysans. L’échange de semences est en effet interdit par la loi. Brevet, certificat d’obtention végétale et catalogue officiel constituent un filet inextricable qui empêche la commercialisation des semences paysannes.

bidon-92090.jpgFlorent Mercier stocke les semences de blé dans des bouteilles en plastique, pour les protéger des rongeurs.Le catalogue officiel répertorie depuis 1949 les variétés autorisées. Comme le rappelle Christophe Bonneuil et Frédéric Thomas, « l’inscription au catalogue est conditionnée par le respect de critères très stricts de distinction, d’homogénéité et de stabilité (DHS), ainsi que de valeur agronomique et technologique (VAT), qui excluent de fait les variétés de pays. » Les deux historiens ont d’ailleurs fait les comptes : « En ce qui concerne les blés tendres, on est ainsi passé de près de 400 variétés inscrites au début des années 1930 à 65 en 1966. »

Justifiée par un impératif de modernisation agricole, la disgrâce des semences paysannes s’est poursuivie jusqu’à nos jours. A l’INRA, pas question de plancher sur ces « reliquats » du néolithique. Depuis dix ans, Isabelle Goldringer fait partie des rares chercheurs à travailler sur ces questions, en collaboration avec les paysans.

Faire reconnaître les pratiques paysannes

« Au départ, la direction n’était pas du tout coopérative. On nous a interdit de travailler sur ces questions, nos sujets de thèse ont été massacrés au moment de l’évaluation... c’était très bloqué », se rappelle-t-elle. Même son de cloche à Rennes, où Véronique Chable doit se débrouiller avec une équipe minuscule et des moyens dérisoires : « L’INRA s’est fondé sur le développement de l’agriculture conventionnelle, et toutes ses méthodes découlent de ce modèle. » Pour elle, seule « une révolution culturelle », portée par l’appétit des consommateurs pour des produits sains, peut réorienter la machine.

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Bannies des centres de recherches, privées de statut juridique, confinées dans des frigos comme« ressource phytogénétique », les semences paysannes n’ont pourtant pas dit leur dernier bourgeon. Une poignée d’irréductibles paysans, appuyés par quelques chercheurs, œuvrent d’arrache-pied pour remettre ces variétés au goût du jour. Depuis 2004, le Réseau Semences Paysannes coordonne ainsi les initiatives qui germent partout, et milite pour la reconnaissance scientifique et juridique des semences et des pratiques paysannes.

Florent Mercier est de ceux-là. Il participe, avec Véronique Chable et Isabelle Goldringer, à des programmes de sélection participative, pour trier, évaluer et améliorer ensemble des variétés de pays. Car l’objectif n’est pas uniquement de sortir ces graines de l’oubli, mais bien de renouveler la biodiversité de nos champs.

inter-58-dc1ab.jpgFlorent Mercier, en juillet 2014 lors de la Coordination agrobiologique des Pays de la Loire (photo d’Anaïs Crammm).« Les semences paysannes n’appartiennent pas au passé, ce ne sont pas des variétés anciennes réservées à quelques bobos », insiste Florent Mercier. « C’est le modèle agricole productiviste qui est dépassé. » A contre-courant des OGM et des bio-technologies, les semences paysannes apparaissent comme une alternative possible pour nous nourrir demain... malgré le changement climatique.

Reporterre

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Invité Magus
Invités, Posté(e)
Invité Magus
Invité Magus Invités 0 message
Posté(e)

Article très intéressant, merci bien =)

    Je ne connaissais pas cette terminologie de "semence paysanne". Je m'interroge tout de même sur la portée et les moyens de cette démarche pour changer notre paradigme français, quand on sait que la plupart de nos productions sont orientées par les subventions étatiques et européennes... Les crises dans le secteur agro-alimentaire n'y font rien, nous nous accrochons à coups de sauvetage de millions d'euros à cette industrie et à son caractère intensif standardisé totalement obsolète quand à nos besoins futurs en matière d'environnement, sanitaire, et nutritionnelle.

Initiative à promouvoir, en tous cas.

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Invité 1107tang
Invités, Posté(e)
Invité 1107tang
Invité 1107tang Invités 0 message
Posté(e)

Oui c'est intéressant, c'est à coté de chez moi, le Maine et Loire étant très actif en Horticulture et Agriculture (dans le meilleur comme le pire) c'est de la recherche à échelle humaine, recherche de la qualité pour nourrir les gens et pas les compte en banque.

A l'heure où on nous bassine avec les OGM qui résiste mieux à la sécheresse, demande moins de pesticides, mois d'engrais, ... mais sans dire qu'il existe déjà des semences qui ne sont plus utilisées qui corresponde à ces critères.

L'INRA qui était complétement vendu au lobby commence à investir de plus en plus vers des méthodes alternatives de culture et aider la recherche utilise pour la population.

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VIP, Gonade Absolutrice, Posté(e)
yop! VIP 20 446 messages
Gonade Absolutrice,
Posté(e)

Ça nous ramène aussi à des notions de terroir, donc à tout un pan culturel avec une valeur ajoutée économique si on l'exploite. Tout autre chose que la standardisation mondialisée qu'impose l'agriculture industrielle sous coupe réglée de semenciers géants.

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Membre, Greuh, 44ans Posté(e)
The_Dalek Membre 21 012 messages
44ans‚ Greuh,
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Des semences naturelles ? Des produits issus du cycle normal des saisons ?? Des graines qu'on récolte soi même ???

MON DIEU !!! sacrilège ! Hérésie !!! Crime de lèse multinationale ! offense suprême au dieu argent !!!

Ne savez vous pas que les semences doivent appartenir a des grosses sociétés ? Sinon les pauvres actionnaires, comment pourront ils s'offrir une cinquième rolls ou une nouvelle villa de campagne ou ils ne foutront jamais les pieds ?

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Modérateur, A ghost in the shell, 50ans Posté(e)
Nephalion Modérateur 32 783 messages
50ans‚ A ghost in the shell,
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Le premier intérêt à mes yeux de ces semences est la biodiversité.

Parce que les semences "industrielles" sont peut-être performantes.

Mais l'agriculture a tellement spécialisé ses produits, que le jour où une maladie s'en prendra à la dernière semence de Monsanto par exemple, ce sera une véritable hécatombe, les pertes de production seront telles que ça génèrera des problèmes difficilement calculables.

La biodiversité c'est ce qui permet à la nature de faire en sorte que la vie traverse les problèmes.

Et vouloir ignorer cela c'est juste se tirer une balle dans le pied.

Le bon sens ....

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Membre, Greuh, 44ans Posté(e)
The_Dalek Membre 21 012 messages
44ans‚ Greuh,
Posté(e)

le bon sens c'est pas rentable donc c'est mal

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Invité Tar Baby
Invités, Posté(e)
Invité Tar Baby
Invité Tar Baby Invités 0 message
Posté(e)

Si nous ne faisons rien, bientôt les multinationales auront privatisé toute la biodiversité.

Je viens juste de lire cet article qui tombe fort à propos.

Racket :

Des brevets européens pour voler la vie !

La décision était attendue depuis longtemps : suffit-il de découvrir un lien entre une séquence génétique existant naturellement dans une plante cultivée et un caractère particulier de cette plante pour devenir propriétaire de toutes les plantes qui expriment ce caractère ? Dans une décision du 25 mars dernier, la Grande Chambre de recours de l'Office Européen des Brevets a répondu oui.

Les brevets de deux sociétés anglaise et israélienne, sur les procédés permettant de sélectionner les choux brocolis contenant une certaine quantité d'une substance amère décrite comme anticarcinogène et des tomates dites " ridées " car contenant peu d'eau avaient pourtant été annulés précédemment : il ne s'agit en effet que de croisement naturels. Les caractères particuliers de ces choux et de ces tomates n'ont pas été inventés, ni fabriqués artificiellement. Ils existent naturellement dans des choux ou des tomates cultivés depuis longtemps ou encore chez les parents sauvages. Cela n'annule pourtant pas les brevets accordés sur tous les choux et toutes les tomates portant les séquences génétiques naturelles décrites dans ces brevets. Toute personne cultivant ou commercialisant ces choux ou ces tomates devra désormais obtenir de ces deux sociétés et leur payer des droits de licence !

Les sociétés multinationales disposant des moyens technologiques de décoder les séquences génétiques des plantes cultivées et des animaux d'élevage vont ainsi pouvoir s'approprier tout ce que nous mangeons. Les paysans ne pourront plus semer ou faire naître des animaux sans d'abord obtenir l'autorisation de la part du détenteur du brevet contre monnaie sonnante et trébuchante.. " C'est un bond en arrière de trois siècles qui rétablit la dîme versée par les paysans aux seigneurs du Moyen Àge et la porte ouverte à une bio piraterie généralisée, " dénonce Michel Metz, administrateur du Réseau semences paysannes.

Nos lois nationales doivent interdire ces brevets sur les " traits natifs ". De nombreux députés l'ont demandé lors du débat parlementaire sur la loi Biodiversité votée le 24 mars en première lecture a l'Assemblée Nationale. C'est le meilleur moyen de les interdire aussi dans les lois européennes comme le réclame le parlement européen depuis juin 2012.

Pour le Réseau semences paysannes et la coalition internationale no Patents on Seeds, il n'est plus temps d'attendre.

Bio contact mai 2015

Pour ceux que ça intéresse :

Réseau semences paysannes

2 avenue de la Gare - 47190 Aiguillon

Tél 05.53.84.44.05

Site : www.semencespaysannes.org

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Membre, Posté(e)
simple-touriste Membre 1 215 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)
« Les végétaux qui peuplent nos assiettes trouvent leur origine dans le travail séculaire des paysans, qui les ont d’abord domestiqués, puis adaptés, améliorés et mis en circulation à travers l’échange des graines »

On dirait que ces gens ne respectaient pas la Nature originelle, les graines naturelles, ni le principe de précaution. Ils n'étudiaient pas les conséquences à long terme de leurs actions avant de les entreprendre. Ils n'ont pas envisagé le risque de contamination par les graines artificielles "améliorées".

Des semences naturelles ? Des produits issus du cycle normal des saisons ?? Des graines qu'on récolte soi même ???

MON DIEU !!! sacrilège ! Hérésie !!! Crime de lèse multinationale ! offense suprême au dieu argent !!!

Ne savez vous pas que les semences doivent appartenir a des grosses sociétés ? Sinon les pauvres actionnaires, comment pourront ils s'offrir une cinquième rolls ou une nouvelle villa de campagne ou ils ne foutront jamais les pieds ?

D'après qui?

le bon sens c'est pas rentable donc c'est mal

C'est à celui qui a les bottes dans la gadoue de dire ce qui est rentable en terme d'agriculture.

Toute personne cultivant ou commercialisant ces choux ou ces tomates devra désormais obtenir de ces deux sociétés et leur payer des droits de licence !

Source?

Preuve?

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Invité elbaid
Invités, Posté(e)
Invité elbaid
Invité elbaid Invités 0 message
Posté(e)

Je suis pour . en effet il faut de la biodiversité , une semence industrielle à la qualité gustative douteuse pour les pauvres , et une autre de grande qualité en petit nombre mais non industrielle pour les riches avec un AOC . façon en France on est bon que pour les AOC .

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Invité Tar Baby
Invités, Posté(e)
Invité Tar Baby
Invité Tar Baby Invités 0 message
Posté(e)

On dirait que ces gens ne respectaient pas la Nature originelle, les graines naturelles, ni le principe de précaution. Ils n'étudiaient pas les conséquences à long terme de leurs actions avant de les entreprendre. Ils n'ont pas envisagé le risque de contamination par les graines artificielles "améliorées".

D'après qui?

C'est à celui qui a les bottes dans la gadoue de dire ce qui est rentable en terme d'agriculture.

Source?

Preuve?

Tu n'as pas autre chose comme refrain. Source, preuve, tu mens, pourquoi tu mens, n'importe quoi, etc, ce n'est même plus marrant. L'avantage avec toi, c'est que quelque soit le sujet, c'est toujours les même réponses.

Moi ce que j'attend, c'est que tu argumentes, mais là faut pas rêver, ce serait comme croire au Père Noël. Il est vrai, que d'un âne on en fait pas un cheval de course.

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  • 2 mois après...
Invité sfc
Invités, Posté(e)
Invité sfc
Invité sfc Invités 0 message
Posté(e)
Potiron bleu ou blé qui ressent le vent : ces graines que la France bannit

Thibaut Schepman | Journaliste Rue89

En France, vendre les graines des légumes et céréales qui ne conviennent pas à l’agriculture industrielle est interdit. Enquête autour de trois exemples : la tomate sans eau, le potiron bleu et le blé qui mesure le vent.

Tout est parti d’une tomate. On l’appelle Gregori Altaï, parce qu’elle vient des montagnes qui séparent la Russie de la Chine et du Kazakhstan, au sud de la Sibérie. En février dernier, j’ai demandé à Pascal Poot – cet agriculteur de l’Hérault qui parvient à cultiver des légumes sans les arroser – quelle était la « meilleure variété » qu’il connaisse. Il a immédiatement cité la Gregori Altaï.

portrait_0.jpg

Elle est à la fois précoce – elle peut donner des fruits dès le mois de mai – mais aussi résistante au froid et très productive – jusqu’à 25 kg par pied, m’a-t-il dit. Et puis il s’est énervé. Il m’a expliqué qu’il est interdit de vendre des graines de Gregori Altaï en France, parce que cette variété n’est pas inscrite au catalogue officiel des espèces et variétés végétales du Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences et des plants).

Une invitation à déjeuner

Quelques jours après la publication de l’article sur Pascal Poot, le service communication du Gnis a appelé Rue89. Le but ? M’inviter à déjeuner avec Delphine Guey, responsable des affaires publiques du groupe, afin de « rectifier quelques points ». La responsable communication n’a pas apprécié que le nom de l’organisme soit associé à cette interdiction (voir encadré).

J’accepte l’invitation et en profite pour lire l’excellent ouvrage « Semences : une histoire politique » (éd. Charles Léopold Meyer, 2012). On y apprend comment l’Etat a peu à peu délégué ses pouvoirs aux professionnels de la semence depuis la Seconde Guerre mondiale.

Si bien que le Gnis, interprofession créée par le régime de Vichy en 1941, est aujourd’hui à la fois l’institution qui défend les intérêts des professionnels du secteur mais aussi un organisme qui contribue à élaborer la réglementation sur la semence et à s’assurer que cette réglementation est bien respectée.

L’ouvrage de Christophe Bonneuil et Frédéric Thomas résume ainsi ces évolutions :

« Tout cela concourt à faire aujourd’hui du système réglementaire français l’un des plus favorables d’Europe pour les obtenteurs [les professionnels qui créent et inscrivent de nouvelles variétés, ndlr]. »

Des industriels qui assurent les missions de l’Etat ? Des semences intéressantes qui sont interdites ? Pour vous expliquer l’étonnant système français, nous avons choisi de retracer l’histoire de trois de ces plantes prohibées :

la tomate de Pascal Poot,

un potiron tout bleu,

des blés capables de sentir le vent.

C’est une histoire politique, qui raconte à elle seule l’explosion des rendements de l’agriculture française au siècle dernier et le hissage de la France au rang de premier exportateur mondial de semences, un marché à plus de 1,6 milliard d’euros.

Mais cette histoire a sa face sombre : des assiettes de plus en plus monotones [PDF], un goût en perdition, des bâtons dans les roues des agriculteurs qui cherchent des alternatives à l’agriculture conventionnelle ou qui reproduisent des pratiques millénaires, une vision toujours plus restrictive et industrielle du vivant.

1

La tomate sans eau

Qui ne rentre dans aucun catalogue

suite > http://rue89.nouvelobs.com/2015/05/29/potiron-bleu-ble-ressent-vent-graines-france-bannit-259404

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Invité 1107tang
Invités, Posté(e)
Invité 1107tang
Invité 1107tang Invités 0 message
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Les graines hybrides ont été conçu pour consommer beaucoup d'eau et beaucoup d'engrais pour faire plaisir nu vendeur d'engrais et aux vendeur d'irrigation.

Le mais qui été une plante adapté au climat sec résistait très bien à la sécheresse à force d'hybridation est est devenus très consommatrice d'eau et maintenant il sont comptant de nous dire qu'un on inventé un OGM de maïs résistant à la sécheresse. Quel foutage de gueule.

Des test sur des tomates et fruits à montré que si mettait des plantes en sécheresse en lui mettant juste assez d'eau pour survivre les graines des ses fruits étaient mieux adapté au climat sec, et plus on fait cela sur chaque génération et plus la plante s'adaptait.

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Invité sfc
Invités, Posté(e)
Invité sfc
Invité sfc Invités 0 message
Posté(e)

Et oui, la nature n'a pas vraiment besoins de l'homme, c'est le contraire, la nature a créer l'homme « encore que j'en suis pas sur » .

Mais oui on peu soumettre des semences a certaines difficultés elle en serra contraint a muter, il n'y a pas besoins de « manipulations génétiques » alors même que la nature sais parfaitement accomplir cette tache.

Mais tu te rend compte , avec la permaculture et ces semences « libre » , on pourrais vivre au milieux d'un jardin d'éden ou tous pousserais en abondance, ce serrais la mort de ces grosses « firmes » qui nous exploitent.

Si demain je m'amusais a cultiver comme bon me semble , je suis sur que des gens viendrais déverser du poison dans mes champ pour tous faire crever.

se monde doit disparaître et il vas bientôt disparaître et c'est tan mieux.

Mais pour l'instant on nous saignent.

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Membre, 115ans Posté(e)
stvi Membre 20 709 messages
Mentor‚ 115ans‚
Posté(e)

.......................

C'est à celui qui a les bottes dans la gadoue de dire ce qui est rentable en terme d'agriculture.

.......................

ceux qui ont les pieds dans la gadoue confondent rentabilité avec quantité .....

résultat ,notre blé Français devient de moins en moins panifiable ,il trouve de moins en moins de clients ....

"en fin de semaine dernière, l’Algérie aurait acheté, selon le cabinet Agritel, 400 000 tonnes de blé, en excluant la France « compte tenu des critères qualitatifs jugés insuffisants »."

bien sûr la filière a tout de suite prétexté que l'été avait été froid et que c'était exceptionnel ,on se demande juste alors pourquoi ce sont le RU et l'Allemagne nos proches voisins qui ont été retenu ...

ceux qui ont les pieds dans la gadoue s'en foutent ,de toutes façons leur blé sera acheté par les éleveurs avec au passage une petite subvention de la PAC financée par les deniers de ceux à qui on ne demande pas ce qu'ils pensent de ces nouvelles farines additionnées de gluten,d'autres farines (fève,malt),de lécithine pour que le pain se tienne ...

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Membre, Posté(e)
simple-touriste Membre 1 215 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

ceux qui ont les pieds dans la gadoue s'en foutent ,de toutes façons leur blé sera acheté par les éleveurs avec au passage une petite subvention de la PAC financée par les deniers de ceux à qui on ne demande pas ce qu'ils pensent de ces nouvelles farines additionnées de gluten,d'autres farines (fève,malt),de lécithine pour que le pain se tienne ...

Comment ça additionnées de gluten?

Quelles farines?

Les graines hybrides ont été conçu pour consommer beaucoup d'eau et beaucoup d'engrais pour faire plaisir nu vendeur d'engrais et aux vendeur d'irrigation.

C'est cela oui, le Grand Complot....

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Membre, 115ans Posté(e)
stvi Membre 20 709 messages
Mentor‚ 115ans‚
Posté(e)

Comment ça additionnées de gluten?

Quelles farines?

tu sais ces sacs de farine qui sont livrés chez ton boulanger par les grands meuniers ! car bien sûr s'ils devaient faire du pain avec le blé moulu de l'agriculteur voisin ,on aurait droit à quelque chose qui ressemblerait plus à du pain azyme qu'à la baguette craquante qu'on nous sert ...

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Invité 1107tang
Invités, Posté(e)
Invité 1107tang
Invité 1107tang Invités 0 message
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