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Mad Pride et violence psychophobe


casdenor

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Membre, Bubon baveux de Belzébuth, 38ans Posté(e)
casdenor Membre 11 203 messages
38ans‚ Bubon baveux de Belzébuth,
Posté(e)

Organisée par de nombreuses associations pour la défense des patients en milieu psychiatrique, Une Mad Pride aura lieu à Paris, samedi 14 juin.

Ainsi que le signale le site de celle-ci, la Mad Pride est avant tout la demande de l'inclusion des individus aux troubles psys dans la société en tant que citoyen à part entière.

Véritable marche contre les violences subis par les personnes ayant des troubles psys, la Mad Pride invite à rassembler toute personnes, avec ou sans trouble psy, en lien ou pas avec les milieux de soins.

Mais au final, en France, qu'est-ce qui ne va pas dans la prise en charge et la vision sociale des personnes ayant des troubles psys ?

Plusieurs choses ne vont pas. D'une part, un trouble psy est automatiquement considéré comme responsable des problèmes d'une personne. Cela peut conduire à des erreurs de diagnostic. Il y a un an, une femme, bipolaire, se plaint de maux de tête. Les médecins, du fait de sa maladie, ne la prennent pas au sérieux, considérant que c'est celle-ci qui est responsable. Bilan: Un avc. Elle décédera avant même qu'on l'ait repéré. (1) Dans le même ordre d'idée, être bipolaire peut faire que vous subissiez... une césarienne sans votre consentement ni celui de votre famille (2)

Il y a quelques mois, une mission parlementaire (3) rendait un verdit déjà plutôt bien connu des patients et de ceux qui travaillent dans le milieu psychiatrique: Dans les hôpitaux psychiatriques, la contention devient de plus en plus utilisé. Derrière ce verbe un peu simple, qui ne choque pas particulièrement de prime abord, se cache une réalité qui, elle, fait peur. La contention est le fait d'attacher pieds, mains, et parfois tête, à un lit, et ce pour des durées diverses et variées. Pour ceux qui l'ont vu ou lu, dans le roman suédois Millénium, la contention durant près d'un an de Lisbeth Salander est au coeur d'un procès. En France, il ne pourrait y avoir de procès. En effet, la décision n'est pas contrôlable. C'est celle du médecin, sans aucune responsabilité.

De façon plus générale, dans le domaine des troubles psys, le patient n'est pas élément majeur de ses soins. Facilement dénigrés, les pathologies sont régulièrement utilisées comme des insultes, et ce, jusque dans les sphères politiques (Cahuzac, taxé de schizophrène par Hervé Morin, le parti socialiste également par NKM [4]). Les personnes, quant à elles, sont facilement décriées, et ce, jusque dans les structures de soin. Une personne avec des troubles psys ne participe pas activement à son traitement, celui-ci lui est facilement imposé, et certaines lois veulent encore renforcer ces obligations.

J'attire votre attention, non seulement, bien entendu, sur la Mad Pride en elle-même, mais sur le fait que dans notre société, on taxe rapidement de "malade mental" toute personne qui a un comportement violent. Est-ce par peur ? Par Ignorance ? Sans doute un peu des deux. Mais il serait temps qu'on arrête de stigmatiser toute une portion de la population, et surtout, avant tout, de se demander pourquoi ces propos sont si courants, si habituels.

Je terminerai par cette vidéo, en anglais malheureusement, d'un slammeur avec des TOC (trouble obsessionnel-compulsif) qui chante dessus, un joli moyen de finir par une note positive (ce qu'est la MAD Pride, rappelons-le, la mise en avant également de la joie de vivre, de la joie d'être soi) et de mettre en lumière ce qu'on ne voit pas forcément:

(1) http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1163977-ma-mere-etait-bipolaire-les-medecins-ne-l-ont-jamais-prise-au-serieux-elle-en-est-morte.html

(2) http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/international/atteinte-d-un-trouble-bipolaire-une-italienne-subit-une-cesarienne-forcee-en

(3) http://www.liberation.fr/societe/2013/12/25/on-assiste-a-une-forte-derive-de-la-psychiatrie_968916

(4] http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/10/17/nkm-traite-le-ps-de-parti-schizophrene_3497160_823448.html

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Membre, Obsédé textuel, 73ans Posté(e)
Gouderien Membre 38 719 messages
73ans‚ Obsédé textuel,
Posté(e)

Je me méfie assez des "Truc pride". Pourquoi pas une "Crime pride", aussi?

Ce que tu écris me semble assez théorique. Quand on est confronté au problème d'avoir une personne atteinte d'un trouble psy dans sa famille, c'est tout sauf facile à gérer. A qui s'adresser? Ca peut vite devenir l'enfer, surtout que personne n'est là pour vous dire ce qu'il faut faire. D'où la tentation d'envoyer l'individu en question dans un centre spécialisé. Encore faut-il en trouver le bon, et s'assurer que la personne y est bien traitée. C'est un peu la quadrature du cercle...

A signaler aussi en ce moment la "mode" de la maladie d'Alzheimer, avec des médecins bien pressés de diagnostiquer cette maladie même si ce n'est pas le cas, et des centres de traitement absolument sinistres, où l'on se contente de parquer les patients pour pouvoir les surveiller plus facilement. Si j'étais mauvaise langue - que Dieu m'en garde! - je dirais qu'on a construit beaucoup de ces centres, et que maintenant il faut bien les remplir, n'Est-ce pas?

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Membre, Bubon baveux de Belzébuth, 38ans Posté(e)
casdenor Membre 11 203 messages
38ans‚ Bubon baveux de Belzébuth,
Posté(e)

Je ne dis en aucun cas que c'est facile à gérer, bien au contraire, je dis que globalement, socialement parlant, pour les personnes en question, c'est cent fois plus difficile, et qu'à l'heure actuelle, que ce soit socialement ou au sein des centres spécialisés, on est franchement pas grandiose de ce côté-là.

Le terme crime pride me paraît assez déplacé, parce que tu mets en parallèle l'illégalité et les troubles psys, des agresseurs et des victimes. Ce n'est pas exactement la même chose, si ?

(concernant Alzeihmer, j'avais hésité à publier un article d'un site de psychiatre qui parlait des "blagues" qu'ils faisaient aux patients atteint d'Alzeihmer... c'était assez flippant)

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Membre, psycho-étudiante, 38ans Posté(e)
Mel.bzh Membre 2 769 messages
38ans‚ psycho-étudiante,
Posté(e)

Voilà pourquoi il faut faire cette marche angry.gif

L autre jour a la television il y avait un reportage sur les HP mais justement la television n a montre aucun chomeur depressif, il n y avait que des cas graves c est a dire irrecuperables : des gens qui ont completement perdu leur tete malheureusement, un type qui parlait seul a un mur c est a dire que pour le medecin il voyait une femme invisible ou morte. Un autre cas croyait que Satan existait, un autre cas c etait un schizophrene c est a dire quelqu un qui se prend tantot pour un etudiant (lui meme) soit pour un tueur, je crois d ailleurs qu il etait la pour le meurtre de plusieurs personnes, etc. Je ne me rappelle pas du reportage en entier et je n ai pas les connaissances medicales suffisantes. Mais c etait choquant en effet et je n aurais pas laisse les enfants regarder un tel reportage.

Sans rentrer dans ce reportage, ce qui me choque pourquoi garder en vie des personnes incurables : pourquoi ne pas proposer aux familles l euthanasie puisque ca ne guerit pas : comment la France peut garder en pertetuite durant des decennies des malades qui ne reverront jamais la ville et la nature, les gens ? La claustrophobie et la solitude rendent fou toute personne normale en plus.

Et donc pourquoi melanger les depressions donc des maladies courtes avec des cas graves ?

Source : Tentative de suicide

Plusieurs choses ici : la méconnaissance (sur la schizophrénie, la dépression, le système de soin...), le mépris pour ces "cas grave", la violence des mots ("irrécupérable") et des idées (proposition d'euthanasie ! ).

Voilà pourquoi il faut une mad-pride, voilà pourquoi il faut changer les choses !

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