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Rwanda : la France ne participera pas aux commémorations du génocide


January

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Constantinople Membre 18 329 messages
Maitre des forums‚
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Soit, ta position est-elle la suivante Constantinople : Kagamé est le planificateur du génocide et l'assassin d'Habyarimana, et donc le TPIR n'a absolument pas rendu justice ni vérité ce que dénonce... Jean Kambanda dans la lettre adressée au TPIR en 2011 ?

Il est évident que le TPIR n'est pas allé au bout de ses conclusions. Et on sait pourquoi, pour ne pas éclabousser les mauvaises personnes.

Il ne fait guére de doute que Kagamé est l'assassin d'Habyarimana. L'assassinat était prévu de longue date, de même que l'offensive qui s'ensuivra pour aller prendre la Capitale. Dire qu'il a directement planifié un génocide contre la communauté Tutsi Rwandaise est hors de propos, tout au plus les a t'il considéré comme une victime collatérale nécessaire de son plan politique...D'autant que les massacres commis par le FPR et ce des les années 90 sont bien réels.

De même faut il rappeller que les Tutsi n'étaient pas les seules à commettre des exactions sur le sol rwandais durant ces tragiques trois mois. Kagamé à les mains ensanglanté de ses exactions mais aussi de la responsabilité énorme qu'il porte dans l'embrasement du Rwanda contre les Tutsi, de ses offensives sanglantes jusqu'à l'assassinat de l'ex président.

Or pourquoi n'a t'on pas enquêté sur assassinat de celui ci , alors que l'assassinat, et le tribunal le dit lui même au final, est l’élément déclencheur du génocide ? Pourquoi le TPIR a refusé d'inculper 9 proches de Kagamé à la demande du juge anti terroriste français Bruguiére ? Pourquoi n'a t'on jamais évoqué les exactions au cours de ces trois mois, et en amont depuis les années 90 ? Parce que ce sont les américains qui soutenaient le FPR et kagamé. Parce que le Général Dallaire a tenu un rôle trés trouble pendant les exactions.

La version officielle doit donc tenir : des extrémistes houtous ont planifié un génocide de longue date, et on assassiné leur président pour le mettre sur le dos de la communauté hutus aux yeux de la populace. Version qui ne tient pourtant plus débout car le Tribunal a du se rendre à l’évidence, le génocide n'a pas été planifié..Je ne vais pas devellopper ici mais il y aurait beaucoup à dire sur le déroulement du procès...

Actuellement, plusieurs procés tentent de faire la lumière sur le role prééminent qu'a tenu le FPR et Kagamé dans ces massacres. Le juge Trévidic ira t'il au bout ? Les pressions et les relais d'opinions en France notamment sont gros. Reguliérement Kagamé enfume certains journaux français comme libération, et ces dernières sorites infamante ne sont rien d'autre qu'une énième tentative d'enfumage qui fonctionne hélas pas mal.

Ce bourreau irresponsable traine la France dans la boue, et non seulement on l'écoute, on ne riposte pas, mais en plus on envoue malgré tout un diplomate qui se fait humilier sur place.et les journaux comme d'habitude, en bons moutons, relaient sa version sans broncher ni le remettre en question....

Donc en réalité on ne sait toujours pas qui a commis un tel acte, effectivement assez déstabilisateur pour mobiliser toute une population déjà tendue dans les précipices du chaos.

Les éléments désignant le FPR sont accablants. Et en effet, c'est un role plus que destabilisateur puisque la nouvelle des accords de paix et l'intégration politique du FPR en échange de la paix, était bien accueillie par la population hutu. Il y avait un chemin de la réconciliation possible.

Donc déjà, les premiers responsables du plus grave crime, le génocide (il me semble qu'il s'agit d'environ 800 000 morts), ce sont bien ceux qui sont tombés dans cette folie meurtrière ciblant les familles et des pacifistes, et les circonstances atténuantes ici, dans un monde qui tourne rond, ne doivent pas peser bien lourd, j'espère que nous sommes d'accord avec ça Constantinople.

Ensuite, le fait que ces extrémistes excités s'en soient pris aux Hutus modérés, ainsi qu'à tous ceux qui cherchaient à s'opposer au génocide, ça par contre, ça pèse lourd sur les idées des exterminateurs. Ils voulaient bel et bien se débarrasser de toute présence s'opposant à la suprématie du "Hutu power", ils avaient un refus féroce et très déterminé de toute solution d'ouverture.

Mais là dessus on est d'accord, bien sur, un génocide reste un génocide, planifié, ou pas. provoqué ou pas. Cependant la version officielle jusque ici présenté est incroyablement partiale, fausse, et épargne le FPR de ses propres massacres et de la responsabilité de premier plan qu'il a eu dans la folie collective en rompant les accords de paix, assassinant le président et attaquant le Rwanda dans la foulée à grand coup d'exactions.

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Membre, Un petit Socrate, 111ans Posté(e)
frédifrédo Membre 1 555 messages
111ans‚ Un petit Socrate,
Posté(e)

Les éléments désignant le FPR sont accablants. Et en effet, c'est un role plus que destabilisateur puisque la nouvelle des accords de paix et l'intégration politique du FPR en échange de la paix, était bien accueillie par la population hutu. Il y avait un chemin de la réconciliation possible.

Bien accueillie par la population hutue, sans doute, mais bien accueillie par les extrêmistes hutus haineux du FPR voire des tutsis, certainement pas !

Un chemin de réconciliation était possible, sans doute, mais saurait-on évaluer son épaisseur ?

Quand les troupes de Kagame ont marché sur la capitale pour prendre le contrôle du pays, elles n'ont rencontré que très peu de résistance. Pourquoi ? Parce que, bien que très supérieures en nombre (mais moins équipées et moins organisées), elles étaient occupées à massacrer des villages tutsis ! (J'ai trouvé ça sur Wikipédia) N'est-ce pas là la plus ignoble forme de lâcheté au combat ?

Si Kagame est responsable de l'attentat présidentiel, ce qui me semble tout compte fait possible, on peut imaginer qu'il ne s'attendait pas à une telle fureur éradicatrice (doublée d'une stupidité sans nom) de la part de l'armée défenseuse de son président ethniste pro Hutu Habyarimana, et on peut être certain que la mort de près d'un million de rwandais innocents en quelques semaines ne faisait pas partie des "dommages collatéraux" que Kagame soit prêt à accepter.

Je me suis pas mal documenté sur le sujet ces derniers jours. Ce que Kagame ne parvient pas à avaler, c'est ce dont je parlais, c'est la base profonde des massacres : les idéologies (actives ou passives). Kagame y fait d'ailleurs clairement référence dans ses discours. Les français ont fait le choix de soutenir une stabilité de pouvoir par un président d'idéologie ethniste pro hutu... avec sans doute un petit espoir que ses idées changent. Mais force est de constater, et ce sont là les "graves erreurs d'appréciation" dont a parlé Sarkozy, que le racisme ethniste de Habyarimana et d'une partie de son élite (et très certainement de ceux placés juste en dessous) allaient croissant (loin d'un discours d'apaisement des tensions qu'on aurait souhaité) et se répandait allègrement dans les bouches et les oreilles du peuple rwandais, jusqu'à la preuve que le génocide était prêt à exploser : l'élément déclencheur qui provoqua la réaction immédiate et fulgurante que nous connaissons. Mais si le président n'avait pas été assassiné, est-ce que 800 000 personnes auraient été quand même massacrées ? En vérité il est impossible de savoir si oui ou non (impossible de chercher des preuves formelles d'une situation hypothétique ! ). On peut toutefois raisonnablement avancer qu'une purge ethnique était très probable, mais sur une plus longue durée avec plus de possibilité pour les populations de fuir (car la haine -relativement- moins intense dans les coeurs des génocidaires).

Mais là dessus on est d'accord, bien sur, un génocide reste un génocide, planifié, ou pas. provoqué ou pas. Cependant la version officielle jusque ici présenté est incroyablement partiale, fausse, et épargne le FPR de ses propres massacres et de la responsabilité de premier plan qu'il a eu dans la folie collective en rompant les accords de paix, assassinant le président et attaquant le Rwanda dans la foulée à grand coup d'exactions.

"Responsabilité de premier plan" ? Ce serait là rejeter la faute sur les autres comme a tendance à le faire Kagame lui-même !

Etre responsable (complice ou auteur) d'un évènement déclencheur ne signifie pas qu'on porte une responsabilité de "premier plan" sur la suite des évènements, enfin après on tombe dans un jeu de nuances de vocabulaires.

Disons plutôt que la responsabilité "de premier plan", ce sont avant tout les extermineurs Hutus eux-mêmes, à la limite l'idéologie exterminophile appuyante du génocide. Car leur retirer la responsabilité première de leurs actes reviendrait à les considérer comme des êtres finalement pas adultes, voire même un peu comme des bêtes... et je t'accorde que pour commettre les atrocités de masse qu'ils ont fini par commettre, il faut avoir perdu pas mal de piliers qui constituent ce que j'appelle être un humain. Au moment de leur furie punitive, ils n'étaient plus des hommes mais des monstres, je veux dire de véritables monstres, au sens le plus fort et le plus concret du terme. Les choses les plus monstrueuses qu'un être humain puisse commettre, ils le firent... et certes, n'oublions pas que d'autres avant eux en firent autant, des tutsis, des membres du FPR y compris j'imagine, en particulier au Burundi.

... à côté de ça, assassiner un président et sa cohorte, porteur d'une profonde idéologie raciste aux relents nazis, ça passerait presque pour un vol de bonbons à la boulangerie d'en face :(

Ce que je peux te dire Constantinople, après avoir lu plusieurs discours de Kagame, c'est que cet homme n'est pas tout à fait en paix avec lui-même (http://www.dailymotion.com/video/xcd44r_discours-de-nicolas-sarkozy-et-paul_news). Mais par contre, je peux te dire aussi que c'est un être qui désire ardemment pousser les peuples d'Afrique vers la qualité générale, la force d'aller de l'avant, de construire leur avenir avec efficacité et pragmatisme. Il pense que le Rwanda a un rôle à jouer, et en premier lieu dans le sens de l'exemplarité en termes de réconciliation, de l'unification du peuple de son pays, et d'une prospérité, inséparable de la paix. je pense qu'on ne peut pas en dire autant, et même peut-être loin de là (mais là j'avoue ne pas trop savoir), de son prédecesseur assassiné.

Kagame est un guerrier, mais il est avant tout un constructeur. La grande énergie qu'il déploie, la quantité de déplacements diplomatiques, avec des centaines de discours de qualité (http://www.paulkagam...emid=56〈=en), et dans l'optique de créer de bonnes relations un peu partout dans le monde (développement, culture, écologie, coopération, ...), en témoignent. Son prédecesseur ne faisait-il pas plutôt partie des destructeurs, malgré les efforts de la France ?

Lisez ceci :

Paul Kagame, discours à l'assemblée générale des Nations Unies, 25 Avril 2012

Monsieur le Président de l'Assemblée Générale, Excellences, Dirigeants, Mesdames et Messieurs.

Nous nous rencontrons à point nommé au cours des prochains jours afin de chercher des solutions et moyens pour prévenir et gérer les conflits dans leur ensemble. Face à des conflits visiblement pérennes, et de plus en plus destructeurs, la tâche devient urgente et nous devons trouver des moyens plus efficaces, afin de prévenir, gérer et résoudre le problème.

Les pertes en termes de vies humaines et de dégâts matériels auxquels nous assistons, ou dont nous faisons l'expérience au quotidien sont inacceptables.

De plus à une époque où la pauvreté prend une ampleur considérable, et prive un grand nombre de personnes de leur potentiel, ces conflits freinent également notre développement.

Nous devons nous demander pourquoi, après des décennies d'efforts pour mettre fin à ces conflits à l'échelle mondiale, avec l'aide d'une structure multilatérale oeuvrant en faveur d'une paix durable, les résultats ne se font toujours pas sentir. Les raisons de cette situation sont nombreuses et variées.

Dans un premier temps, nous devons comprendre que l'exclusion, et le manque de participation de la population aux affaires de leurs pays sont à l'origine de nombreux conflits, en particulier lorsque ces questions touchent à leur vie quotidienne. La situation de plusieurs zones à risque et zones de conflit à travers le monde, nous montre les conséquences dangereuses d'une telle désillusion des citoyens. Des solutions durables ne peuvent provenir que d'une approche complète, tant au niveau politique qu'à celui du développement.

Deuxièmement, l'analyse approfondie du contexte politique et culturel d'un conflit est essentiel pour une solution durable. nous avons trop souvent tendance à foncer tête baissée dans une situation avec d'anciennes solutions basées sur une analyse superficielle de la dynamique des conflits, ce qui fait considérablement plus de mal que de bien, malgré toutes les bonnes intentions.

(...)

Monsieur le Président, au cours des cinquante années d'indépendance de notre pays et de notre appartenance à l'ONU, le Rwanda a survécu à de nombreux conflits. Notre pays a été victime de la désinsertion politique puis d'un génocide. Au cours des dix huit dernières années, nous avons été en mesure de reconstruire notre pays grâce à des politiques qui incluent tous les citoyens au processus de gouvernance, et en appliquant des résolutions adoptées lors des conflits passés et des mécanismes de développement. Bien que notre expérience au sein de l'ONU, depuis notre adhésion soit mitigée, elle a pris une tournure positive depuis quelques années, et nous restons optimistes en ce qui concerne l'avenir. Les conflits passés auxquels le Rwanda a su faire face, et ceux de notre région d'ailleurs, montrent toutefois que des améliorations sont nécessaires. Il est de notre devoir de le signaler, sans vouloir être critiques mais parce que nous adhérons aux idéaux et principes fondateurs de l'ONU. Nous pouvons faire mieux et nous le devons.

(...)

Lorsque les dirigeants travailleront conjointement (...) dans l'esprit d'un réel partenariat, je pense que les résultats parleront d'eux-mêmes, et que des milliards de vies dans le monde verront, en fin de compte, leurs conditions s'améliorer. C'est ce pourquoi nous devons tous œuvrer. Je vous remercie.

http://www.dailymoti...ame-rwanda_news

Tu vois Constantinople, quand j'entends ce gars là parler comme ça, je me dis que, comme la France, il peut avoir commis des erreurs, mais qu'en tout cas il a la tête sur les épaules, que ses objectifs sont tout à fait clairs, et surtout qu'ils sont les bons, exactement les bons même. Quand j'entends un discours comme ça, moi, je me sens ami avec lui.

Je me suis amusé à comparer avec un discours de Joseph Kabila, le dirigeant actuel du Congo, à l'ONU. Y a pas photo !

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Membre, Posté(e)
Constantinople Membre 18 329 messages
Maitre des forums‚
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Les actes valent tous les discours. Kagamé a tué, sans discernement, civils, militaires, hutus, tutsi, sans parler de ses voisins, il a provoqué une génocide pour prendre le pouvoir alors qu'une sortie pacifique du conflit se dessinait, le nombre de victime de ce sinistre individu s’élever à des millions de personne selon les enquêteurs espagnols (faut dire qu'il avait commencé sa carrière de meurtrier de masse bien avant le génocide) et actuellement le Rwanda fait partie des tout derniers pays planétaires du point de vue des libertés individuelles et démocratique. Ses adversaires politique y compris au sein de son propre camp son régulièrement assassiné. plusieurs témoins qui voulaient témoigner devant les juges européens sur son implication ont été assassinés. D'autres ont été victimes de tentatives de meurtres. Il méne une politique de déstabilisation et de pillage dans les pays limitrophes notamment le congo. Rappellon au passage que l'ex président, loin d'être le neo nazi que du décris, menait une politique de d'association entre tutsi et hutus, et qu'il avait intégré politiquement le FPr en vertu des accords de paix.

Kabila, à coté de ce type, est un véritable enfant de coeur, et tout les discours du monde ne le masqueront pas.Quand je vois la maniére dont un type comme poutine est traité médiatiquement tandis que Kagamé se permet de cracher sur la France jusque dans les colonnes de nos journaux...

Et oui, il est responsable de premier plan parce que pendant des années, il mena des raids meurtriers avec des exactions sur les civils en se foutant totalement des repercussions qu'il pourrait y avoir sur le rapport entre tutsis et hutu rwandais, le tout simplement pour une conquete de pouvoir personnel. De même il se foutait pas mal de ce que l'assassinat du president allait déclenché. La version officielle du génocide a été inventée pour protéger ce salaud et le légitimer : mais c'est la France qu'on traine dans la boue.

Tiens, une partie de l'acte d'accusation de ton "ami" et de ses "quelques erreurs":

PREMIEREMENT.

De la présente et jusqu’à ce jour, se détachent des indices rationnels et fondés que, à partir du mois d’octobre 1990, un groupe à structure politico-militaire, fortement armé et organisé, a entamé une série d’activités à caractère criminel sur le territoire rwandais, à partir d’Ouganda. Au cours des quatre premières années, se sont déroulées différentes actions organisées et systématiques dont le but était l’élimination de la population civile, tant par l’ouverture des hostilités belliqueuses contre l’armée rwandaise, que par la réalisation d’actes terroristes d’amplitude et d’intensité diverses, exécutés sur le territoire du Rwanda, principalement dans la zone septentrionale et centrale, toute cette activité enprofondeur étant sous commandement structuré, stable et tant stratégiquement que fortement organisé.

Une fois le pouvoir obtenu par la violence, ils ont mis sur pied avec les mêmes méthodes un régime de terreur et une structure criminelle parallèle à l’Etat de droit avec pour but planifié et préétabli la séquestration, le viol des femmes et des fillettes, la réalisation d’activités terroristes (tantôt conduits avec le but de simuler qu’ils avaient été réalisés par leurs ennemis), l’incarcération de milliers de citoyens sans la moindre instruction judiciaire, l’assassinat sélectif de personnes, la destruction et l’élimination systématique des cadavres par l’entassement dans des fosses communes sans identification aucune, l’incinération massive des corps ou leur précipitation dans les lacs et rivières, ainsi que les attaques non sélectives contre la population civile sur base de sa présélection ethnique dans le but d’éliminer l’ethnie majoritaire, et incluant aussi la réalisation d’actions à caractère belliqueux tant au Rwanda que dans le pays voisin le Zaïre (actuellement République Démocratique du Congo), produisant des massacres indiscriminés et systématiques de la population réfugiée ainsi que des actes de pillage à grande échelle dans le but de pourvoir à l’autofinancement de telles activités criminelles, en plus de l’enrichissement illicite des responsables.

(...)

A partir de cette plateforme, et avec l’appui initial militaire,logistique et financier du gouvernement de l’Ouganda, un nombreimportant d’extrémistes rwandais Tutsi basés en Ouganda ont fondé le Front Patriotique Rwandais (F.P.R.), et ce afin d’atteindre trois objectifs : Eliminer le plus grand nombre de personnes de l’ethnie Hutu, principalement dans leur pays d’origine. Prendre le pouvoir par la force. Constituer une alliance stratégique de l’ethnie Tutsi, encollaboration avec d’autres alliés occidentaux, pour terroriser en premier lieu la population du Rwanda, puis ultérieurement toutes les populations de la région des Grands Lacs, afin d’élargir son aire de puissance, de contrôle et d’influence, et d’envahir la région du Zaïre pour s’approprier ses richesses naturelles

De cette manière s’est constitué un groupe à structure politico-militaire, constitué par un appareil militaire sous le nom d’Armée Patriotique Rwandaise (A.P.R.), et par un bras politique sous le sigle du Front Patriotique Rwandais (F.P.R.)

(...)

Le 1er octobre 1990, environ 3.000 militants de l’A.P.R./F.P.R., entraînés militairement, disciplinés et bien équipés,ont traversé de manière organisée la frontière ougandaise,occupant une grande partie du nord-est du Rwanda.Au cours des trente premiers jours, ils sont parvenus à envahir une grande partie du nord rwandais, arrivant à quelque 100 kilomètres de la capitale Kigali, éliminant dès les premiers instants un nombre important de civils, et provoquant une gigantesque vague de déplacés internes parmi la population persécutée. Dans le chef même de l’A.P.R., les recrues Tutsi sont classifiées enfonction de cinq catégories, selon leur origine, soit :

Catégorie 1 : originaires de l’Ouganda (les mieux considérés)

Catégorie 2 : originaires de Tanzanie.

Catégorie 3 : originaires du Burundi.

Catégorie 4 : originaires du Zaïre.

Catégorie 5 : originaires du Rwanda (les moins considérés).

(...)

Entre les mois de novembre 1990 et juillet 1991, l’A.P.R./F.P.R., changeant de stratégie et se repliant en Ouganda, a commencé à perpétrer des attaques et attentats terroristes organisés selon l’appellation «Hit and Run Op. »(opérations éclairs).A cette époque, s’est constitué un groupe parallèle à l’appareil militaire de l’A.P.R./F.P.R., formé de militaires sélectionnés sous le sigle Directorate of Military Intelligence (D.M.I.), unité qui, sous

l’apparence officielle de se charger du renseignement militaire,s’est occupé en réalité de la planification, de l’organisation et de l’exécution de crimes systématiques, conçus par le haut Etat-major (High-Command) et exécutés par les Intelligence Officers (I.O.) et leurs Intelligence Staffs (I.S.)

(...)

Ensuite, entre les mois de juillet 1991 et août 1993, l’A.P.R./F.P.R. a changé de stratégie en privilégiant l’attaqueouverte des villes en vue de les contrôler définitivement, perpétrant alors de véritables massacres de la population civile,principalement, ainsi qu’il en sera question, dans la région de l’Umutara, dans les localités de Muvumba, Kiyombe et Mukarange,ainsi qu’à Ngarama, Mukingo, Kinigi, Kigombe, Matura et Kirambo.Comme il ressort de la présente, la population civile de ces localités fut décimée de manière planifiée par le biais d’attaquessystématiques. Dans la majorité des cas, les cadavres ont étéincinérés.

Les camps de déplacés ont aussi été la cible d’attaques, incluant l’utilisation d’armement lourd comme les mortiers de 120 mm, des « Katiuska » (lanceur de projectiles multiples de 107 mm) et autres armes lourdes de 23 mm, 37 mm et 14,4 mm.En parallèle à ces attaques ouvertes, ils ont réalisé des attaques à caractère terroriste dans le but de démoraliser la population et de montrer la force dont ils disposaient [

Dès le début des pourparlers de paix d’Arusha, et afin de renforcer sa position de force face à leurs partenaires, l’A.P.R./F.P.R. a créé en secret un groupe appelé «Commando Network» dont les objectifs et fins seront détaillés plus avant. De plus, ont été réalisées des opérations ponctuelles, comme l’attaque de la ville de Byumba le 5 juin 1992, attaquant de manièreindiscriminée la population, sans respecter l’accord de cessez-le-feu existant.

En février 1993, l’A.P.R./F.P.R. a commencé le massacre systématique de la population civile de la ville de Byumba et de ses environs, et de la même manière se sont produites des attaques indiscriminées contre la population civile de Ruhengeri. Le fruit detelles attaques se calcule par le massacre de plus de 40.000 personnes et la fuite de plus d’un million de personnes.

Entre le 7 et le 10 mars 1993, l’A.P.R./F.P.R. s’est activé à enterrer et brûler les cadavres de la population civile massacrée dans les régions contrôlées par ladite organisation

(...)

A partir des opérations militaires ouvertes et autres types d’attaques planifiées, sélectives et systématiques, depuis juillet 1991 jusqu’à septembre 1992, ont été enregistrés au moins 45 attentats terroristes sur l’ensemble du territoire. Une seconde campagne d’actes terroristes a été réalisée entre mars et mai 1993, la majorité d’entre eux étant perpétrés sur des marchés,bureaux de poste, minibus, taxis, hôtels et bars, et ce afin d’occasionner le plus grand préjudice possible au sein de la population civile.

Pour sa part, le M.R.N.D., le parti auquel appartenait le président de l’époque, Juvénal Habyarimana, a créé ses propres milices, qui depuis lors sont connues sous le nom de «interahamwe»,lesquelles ont perpétré de nombreuses attaques contre la population Tutsi du pays. La création de telles milices reçutl’approbation de l’A.P.R./F.P.R. afin de semer le c haos et la confusion, chargeant le «Commando Network» de réaliser de nombreux attentats qui ont été immédiatement attribués de manière stratégique aux «interahamwe»

A partir de là, l’A.P.R./F.P.R., au travers du «CommandoNetwork» et d’autres cellules des renseignements militaires, a réalisé des attentats sélectifs contre la vie des leaders intéllectuels Hutu déterminés, dans le but de les éliminer de la vie sociale, de provoquer la terreur et de provoquer la réaction de la population civile (qui à l’occasion a perpétré des massacres en réaction), en conjonction avec une attaque de grande échelle, com me celle qui se produisit avec l’attentat contre l’avion présidentiel au cours du mois d’avril 1994.

(...)

Les massacres et attaques contre les personnes de l’ethnie Tutsi se sont déroulées à chaque assassinat d’un leader Hutu ou àl’occasion des attaques contre la population civile dans le nord du Rwanda

(...)

Dans le but de préparer l’assaut final pour la prise du pouvoir, et de créer une situation de guerre civile, ont eu lieu diverses réunions à Kabale, plus tard à Mbarara, et plus tard encore à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), entre les hauts commandants et les dirigeants de l’A.P.R./F.P.R., toutes ces réunions ayant pour objectif la préparation d’un attentat visant à supprimer la vie du Président Juvénal Habyarimana

(...)

A partir de ce moment,Paul Kagame et James Kabarebe ont, depuis le Haut Commandement Militaire, donné les ordres précis pour attaquer les Forces Armées Rwandaises (FAR), et donc, en une opération planifiée auparavant, comme déclenchement de la phase finale de prise de pouvoir, tout en sachant fort bien que ses missions ne pourraient pas empêcher le massacre prévisible des personnes Tutsi qui n’avaient pas quitté le pays en 1959, et qui ont été assassinés les jours suivants demanière prévisible, surtout dans les zones de concentration (Tutsi) de Kibuye, Gikongoro, Gitarama, Bugesera et Kibungo principalement depuis les réactions violentes qui ont fait suite aux attaques terroristes provoquées par l’A.P.R./F.P.R, spécialement au cours des deux années précédentes

(...)

A partir de ce moment, se sont déroulés les massacres planifiés auparavant, des centaines de milliers de personnes fuyant vers les pays voisins, surtout via les postes frontière de Cyangugu et Gisenyi en direction du Zaïre.

(...)

Pour conquérir le pouvoir, au travers du corridor partant de la localité de Kisaro et passant par Buyoga, Muyanza,Mugambazi,Rutongo, Kabuye, Gisozi et Kinyinya, les forces de l’A.P.R./F.P.R.,principalement le Bataillon Alpha, dirigé par le colonel Sam Kak le Bataillon Bravo, dirigé par le colonel William Bagire, et la Military Police dirigée par le colonel Augustin Gashayija, ont massacré la population civile, concrètement dans les localités de Muyanza, Kiyanza, Rutongo et Kabuye, de même que lecolonel Charles Ngoga a reçu des ordres bien précis du Haut Commandement d’empêcher la fuite de la population déplacée qui se trouvait dans le camp de Nyacyonga, en faisant usage d’armes lourdes mises en place sur le mont Jali, ce qui provoqua la mort de milliers de civils.

Des opérations systématiques de« nettoyage ethnique » des Hutu ont été réalisées dans de très nombreuses localités. Les cadavres ont été incinérés ou enterrés dans les camps de Bigogwe, Mukamira, tandis que d’autres ont été transportés par camion vers des fosses communes ou des fours crématoires dans la forêt de Gishwati.Il a été calculé que seulement à Masaka, entre juillet 1994 et le premier trimestre de 1995, ont été assassinés près de 50.000 personnes, et que, dans le but de procéder à l’incinération des cadavres, les lieutenants-colonels Jackson Rwahama Mutabazi et Karake Karenzi ont organisé deux livraisons par semaine de camions pleins de barils d’essence. A cette époque, des massacres systématiques ont étéeffectués à Ndera, Gabiro, Rwimkwavu, Nasho, Kidaho, Nkumba et Ruhengeri.

Entre avril et juin 1994, des militaires du F.P.R.,appartenant au Gabiro Training Wing, se sont adressés à la population civile en leur promettant d’offrir des aliments, de l’aide et des vêtements,laquelle population s’est déplacé en grand nombre vers le Parc National de l’Akagera, puis ils les ont massacrés à la mitraillette avant de jeter les corps dans d’immenses fosses creusées dans lesol par des engins de terrassement

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Membre, Dégonfleur de baudruches, 68ans Posté(e)
Dinosaure marin Membre 24 125 messages
68ans‚ Dégonfleur de baudruches,
Posté(e)

C'est donc Kagamé qui a lancé les milices hutus pour massacrer les tutsis ?

Putain il est balèze ce gars !!

A l'occasion réflechissez à ce que vous écrivez.

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Membre, Posté(e)
Constantinople Membre 18 329 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Où ai je dit ça ? J'ai dit que c'est Kagamé qui dés les années 90 a commencé des massacres de trés grande ampleur contre la population civile Hutue. Qu'il avait dés les origines planifié des nettoyages ethniques de grande ampleur. Qu'il a commencé les assassinats politique au Rwanda.Les actes terroristes. Qu'il a planifié l'attentat contre le président. Il a notamment fait endossé cdes actes terroristes et des massacres sous la reponsabilité de la milice Hutu. Le tout en sachant très bien que ça faisait monter le pression dans le cocotte minute Rwandaise.

Qu'il y a eu un génocide, sans aucun doute. Mais la Génocide ne s'est pas déroulé tel qu'on a voulu nous le présenter. Il ne s'agit pas d'une planification de longue date de la parte d'un cercle politique Hutu. Ce ne sont pas eux qui ont assassiné le président comme un signal déclencheur du bain de sang. Ce Génocide est le stade ultme d'une guerre inter ethnique entre deux ethnies differentes chevauchant plusieurs pays, et Dont Kagamaé et sa triste troupe ont largement eu leur part de massacre de population civile. A chaque exaction du FPR, la population Tutsi Rwandaise était fragilisé, puis trinquait pour les massacres de Kagamé. Il n'était pas difficile d'imaginer ce que l'assassinat du Président et l'offensive sur la capitale avec a la clé d'autres massacres allait provoquer à l'intérieur du Rwanda.

Avec ces millions de morts sur les bras, commencés bien en amont de la catastriophe finale, continué alors meme qu'une option politique et démocratique se dessinait, oui Kagamé fait trés clairement bonne place dans la chaine de responsabilité de ce génocide. Il est par ailleurs lui aussi responsable de nettougaes ethniques de tres grande ampleur, et ce ,avant le génocide. Lisez avant de répondre.

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Membre, Dégonfleur de baudruches, 68ans Posté(e)
Dinosaure marin Membre 24 125 messages
68ans‚ Dégonfleur de baudruches,
Posté(e)

Vous n'apportez aucune preuve à l'appui de vos dire sauf la propagande des génocidaires hutus

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Membre, Un petit Socrate, 111ans Posté(e)
frédifrédo Membre 1 555 messages
111ans‚ Un petit Socrate,
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Mais sur quoi repose cet acte d'accusation ? Sur des témoignages, de qui ? Sur des traces matérielles, comment remontent-elles à Kagame ?

Cet acte d'accusation, on y croit ou on n'y croit pas, moi j'ai du mal à imaginer que tout y soit juste, après je n'ai pas la compétence d'en évaluer le degré de vérité.

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Membre, Dégonfleur de baudruches, 68ans Posté(e)
Dinosaure marin Membre 24 125 messages
68ans‚ Dégonfleur de baudruches,
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Traduction douteuse d'un texte d'origine inconnue.

Trouvez donc le texte initial sur un site espagnol officiel et on en rediscutera.

A bouffon, bouffon et demi.

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Constantinople Membre 18 329 messages
Maitre des forums‚
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Cet acte d'accusation, on y croit ou on n'y croit pas, moi j'ai du mal à imaginer que tout y soit juste, après je n'ai pas la compétence d'en évaluer le degré de vérité.

Pourquoi ? Parce qu'il fait de beaux discours ?

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Membre, Un petit Socrate, 111ans Posté(e)
frédifrédo Membre 1 555 messages
111ans‚ Un petit Socrate,
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Pourquoi ? Parce qu'il fait de beaux discours ?

Certes j'imagine qu' un beau discours peut parfois masquer une laide vision du monde, très bien cachée. Pour autant un beau discours ce n'est pas du vent.

Quand on transpire la haine, il est très difficile de ne pas le faire ressortir dans ses mots, ne serai-ce pour ne pas que se sentent trahis ses partisans les plus actifs. Ecoute les discours de Hitler, Staline, Poutine même, et de nombreux autres encore, leur façon de fonctionner transpire la haine ou la pauvreté morale, à qui sait les lire.

Après, je ne prétends pas être expert en discours de Kagame, j'en ai lu quoi six ou sept, cependant je n'ai pour l'instant rien trouvé d'inquiétant, et les critiques que j'en ai entendu jusqu'à présent ne sont pas solides, elles ne touchent pas des points majeurs d'une idéologie de haine ou d'un système d'idées moralement défaillant. Mais éclaire-moi si tu trouves des mots profondément malsains ou même très douteux dans ses discours.

Et aussi je te retourne la question, pourquoi toi tu crois à cette thèse qui fait de Kagame le monstre le plus terrible de la région des Grands Lacs ?

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Constantinople Membre 18 329 messages
Maitre des forums‚
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Certes j'imagine qu' un beau discours peut parfois masquer une laide vision du monde, très bien cachée. Pour autant un beau discours ce n'est pas du vent.

Si vous le dite.

Et aussi je te retourne la question, pourquoi toi tu crois à cette thèse qui fait de Kagame le monstre le plus terrible de la région des Grands Lacs ?

Le fait que toutes les enquêtes internationales se recoupent quand à la nature et l'histoire sanglante du FPR, soutenus par les Etats Unis, même au TPIR malgré les pressions américaines,

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Constantinople Membre 18 329 messages
Maitre des forums‚
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Rwanda : la mauvaise conscience nous aveugle

André Guichaoua écrit l’histoire du génocide

Publié le 23 avril 2014 à 16:00 dans Monde Politique

Mots-clés : André Guichaoua, Bernard Kouchner, génocide, Paul Kagamé, Rwanda

genocide-rwanda-kagame-kouchner.jpg

Écrit il y a près de quatre ans en marge d’un livre informé et crédible sur le drame rwandais, ce texte n’a pas été publié alors. L’actualité incite à le sortir des archives parce qu’il répond à la nécessité d’élargir notre attention au-delà de ce que désignent les accusations, justifiées ou non, de M. Kagame.

Spécialiste de la région des Grands Lacs africains, André Guichaoua était à Kigali au moment du génocide, où il a sauvé des enfants dont la mère (auparavant Premier ministre) venait d’être assassinée. Expert auprès du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), il a publié ou dirigé plusieurs études sur les dynamiques qui ont affecté la région. Il semble occuper une situation à part chez les spécialistes du Rwanda, les collègues ne le citant guère. En juillet 2010, il publie une somme, 600 pages serrées accompagnées, pour les acharnés, de 134 annexes accessibles sur internet. Cela s’intitule Rwanda, de la guerre au génocide. Les politiques criminelles au Rwanda, 1990-19941 .D’emblée ce titre et ce sous titre rompent avec la vulgate dominante, celle que défend le pouvoir FPR et qui associe deux dogmes : 1° la préparation du génocide n’a pas commencé en 1990 (date de l’attaque du FPR sur le territoire du Rwanda à partir de l’Ouganda), mais en 1959 avec l’installation d’un pouvoir se réclamant de la majorité hutu et les premiers massacres de Tutsis ; 2° Il n’y a pas eu « des » politiques criminelles, mais une seule, la même sous Kaybanda puis sous Habyarimana et ses successeurs, qui n’a cessé d’être raciste, « militaro-fasciste » et qui a débouché sur la boucherie de 94.

Dans Esprit2, Jean-Pierre Chrétien présente clairement le schéma idéologico-historique à quoi s’identifie le pouvoir en place au Rwanda. Au départ, il y a la colonisation, allemande puis belge qui (surtout la seconde) a répandu et institutionnalisé une interprétation ethnique et même raciale (Bantous vs Hamites) de la dualité rwandaise (Hutus/Tutsis) en réalité plutôt sociale, moins rigide et inégalitaire que ne l’ont prétendu les colonisateurs. Répandu par les administrations et surtout les misions catholiques, ce schéma attribuait aux Tutsis un sentiment de supériorité raciale, conforme à « l’idéologie qui avait été plaquée sur eux » (J-P. C.). Il a subsisté après l’indépendance tout en étant lu de manière inverse, justifiant désormais non pas le pouvoir de l’aristocratie mais celui de la masse paysanne, avec les pires conséquences. Le régime actuel se prétend la négation radicale de cela. Jetant l’opprobre sur l’histoire antérieure et cultivant la vigilance « anti négationniste », il prétend construire un nouveau pays, unanime cette fois, qui, par delà la funeste période coloniale prolongée par les deux républiques dominées par les Hutus, rejoindrait l’ancien royaume. Ceci engendre, dit Jean-Pierre Chrétien, une « peur de l’histoire à Kigali », tant ce schéma historiographique se révèle rigide et irréaliste, traduisant en fait la contradiction qu’il y a à vouloir fonder l’unité du peuple sur la mémoire sans cesse rappelée d’une division atroce, division que l’idéologie du régime absolutise tout en affirmant de cette manière construire une unanimité. Ce qui le met en position de rééducateur dictatorial du peuple dont il se réclame. D’où, dit JPC, « l’ambiance policière qui règne au Rwanda », situation vécue par beaucoup « comme intenable ».

C’est sur ce fond qu’intervient André Guichaoua, montrant que le régime de Paul Kagame est un éducateur non seulement autoritaire mais abusif, qui s’enferme dans une vue des événements simpliste pour dissimuler ses responsabilités et justifier le rôle qu’il s’attribue. De la somme touffue de Guichaoua, on peut tirer des propositions éclairantes, qu’il justifie précisément.

1° Le drame rwandais est celui d’une démocratisation manquée. Le régime issu, en 1973, du coup d’Etat du général Habyarimana a d’abord essayé de surmonter les divisions sanglantes de la période de l’indépendance. Il a prétendu le faire en instaurant un régime de parti unique et unanime (adhésion automatique de tous) et multiethnique, avec des quotas, qui ont contribué à ethniciser les mentalités. La sortie de ce système à partir de 1990 n’a jamais débouché sur une démocratie, on s’est contenté d’un pluralisme souvent manipulé et pervers, d’une répartition des postes entre clans familiaux et régionaux selon les rapports de force et les alliances conjoncturelles, sans qu’intervienne jamais pour les départager une élection libre et ouverte. D’où une décomposition du pouvoir, des rivalités de plus en plus violentes, la multiplication des meurtres, la formation de milices au sein des partis et l’appel aux frustrations et divisions anciennes qu’on exaspère et à la fin l’ethnicisation des passions politiques. En l’absence de vrai programme en effet, chacun a de plus en plus cherché à incarner le « peuple majoritaire » (hutu) apparu à la chute de la monarchie. « L’ouverture politique, dit Guichaoua, instaura une forme exacerbée de compétition politique autour des antagonismes anciens redoublés par la polarisation ethnique.» (p.110) Ainsi, dans les années 90, le pays a vu le constant affaiblissement de ceux qui voulaient mettre en place le multipartisme, ceci dit A.G, par l’effet « d’un long travail solidaire de désintégration et de reprise en mains … par la mouvance présidentielle d’un côté et le FPR de l’autre. »(p.165)

2° En effet, le FPR porte une grande part de responsabilité dans cet échec de la démocratie par la manière dont il a mis au centre la question des réfugiés. Les violences rwandaises et aussi les violences burundaises (massacre de 100.000 Hutus en 1972, assassinat du premier président hutu élu en 1993) ont eu pour effet, outre la peur répandue, l’installation aux frontières de nombreux réfugiés. Mais les Tutsis installés en Ouganda après 1959, ceux qui ont formé le FPR, sont un cas particulier. Parce qu’ils avaient activement participé à la guérilla qui a renversé Oboté en 1986, le nouveau président, Yoveri Museweni, les a soutenus quand ils ont entrepris à partir de leur base ougandaise, la reconquête de leur pays d’origine. AG insiste sur les effets déstabilisateurs de la stratégie du FPR qui a favorisé la violence et l’emprise des extrémistes. Par son choix d’agir de l’extérieur et surtout son refus constant du compromis, le FPR a contribué à l’échec de la démocratisation. Stratégie que Guichaoua analyse sévèrement : « À cette date (la mi 92) au regard de l’ampleur de la mobilisation populaire en faveur de l’opposition3, la tenue d’élections multipartites constituait pour [le FPR] le principal verrou à faire sauter. D’une part, parce que le processus électoral consacrait le recentrage sur des enjeux politiques internes et la mise en retrait, du moins provisoire, de la question des réfugiés. D’autre part, parce que le vote tutsi intérieur encore dispersé entre les partis d’opposition, détournait [ces Tutsis] durablement du FPR considéré comme une invasion ougandaise. » (p.115) D’où l’offensive FPR de juin 92 et l’échec le mois suivant des partisans de la réforme politique au congrès tenue par le parti présidentiel (le MRND).

3° Pour Guichaoua, le génocide n’avait rien de fatal, il n’était inscrit d’avance ni dans la mentalité du peuple hutu, ni dans l’idéologie du régime, il a été plutôt l’effet d’une combinaison de stratégies poursuivies chacune aveuglément par des groupes cherchant la suprématie par tous les moyens : stratégie du clan présidentiel, stratégie des militaires hutus du nord, stratégie du FPR… Même en avril 94, après le meurtre du Président, les premiers massacres, ceux qui ont lancé la folle radicalisation des comportements, avaient pour but premier la prise de pouvoir d’un clan du gouvernement contre les partisans du compromis qu’ils éliminent. Le génocide a mobilisé de vieilles passions mais celles-ci ont émergé dans (et grâce à) la confusion politique entretenue et au sentiment d’être menacé qu’elle favorise. Le pire, suggère A.G, pour une société, c’est tout simplement de ne pas se comprendre, de s’abandonner à des fonctionnements à l’aveugle où les passions se dérèglent, perdent toute mesure. Cela contredit l’idéologie actuelle des sciences humaines, pour qui il n’y a pas d’événements, mais seulement de mauvaises pensées qui vont fatalement à leur concrétisation. Cela porte aussi à s’interroger sur ce que nous Français, vivons « à domicile » actuellement : sommes-nous une société qui se comprend elle-même, ou bien fonctionnons-nous à l’aveugle ?

Quant au Rwanda, l’aveuglement a été aussi le fait des gouvernements étrangers impliqués4. Dela France d’abord, dont l’ambassade à Kigali s’est en avril 94, déshonorée par sa complicité mécanique, routinière, avec ceux qui étaient devenus sa clientèle. Mais les autres « grandes ambassades » ne se sont pas moins montrées attachées chacune à son « poulain », le FPR en ce qui concerne les Américains. « Au cour des premiers jours d’avril [1994], juge Guichaoua, il est fort probable qu’avec un appui déterminé des grandes ambassades, des forces étrangères mobilisées et des forces onusiennes, les personnalités politiques ayant pris leurs distances avec les blocs ethnistes auraient eu un ascendant suffisant pour appeler à la cessation des massacres. » (n.52, p.576)

4° Une des conclusions les plus importantes à tirer de la lecture de ce livre est l’impuissance en l’occurrence de la justice internationale (du TPIR) à produire de la vérité politique. Sous prétexte que ce qu’il doit juger ce sont les responsables du génocide, le Tribunal d’Arusha a constamment refusé de considérer les crimes adjacents, même s’ils font partie du processus qui a conduit à la catastrophe. À Arusha, les juges du siège ont fait preuve d’indépendance, refusant dans leurs jugements la thèse d’un complot de longue main pour préparer le génocide. Mais les procureurs, y compris les vedettes comme Louise Arbour et Carla del Ponte, se sont inclinés devant l’acharnement du pouvoir rwandais à délimiter le champ des investigations. C’est pourquoi un boisseau opaque reste posé sur l’affaire de l’avion d’Habyarimana5. C’est pourquoi aussi les massacres de masse du FPR, que ce soit au cours de l’envahissement du Rwanda ou à l’occasion des actions contre les Hutus réfugiés au Congo6 sont ignorés, en fait absous. L’idéologie post-Shoah a fait du génocide un objet juridique à part, décontextualisé, comme sorti de l’histoire. Mais c’est justement cette décontextualisation qui a des effets dans l’histoire. « Depuis 1990, tout ce que le FPR pouvait obtenir par les armes l’a été, la conquête du pouvoir, la caution internationale, une position politique et militaire avantageuse sur le plan régional. Se sont ajoutés, en contrepartie de l’incurie de la communauté internationale face à la tragédie de 1994, des aides financières et techniques d’un volume exceptionnel et une garantie d’impunité incluant l’ensemble des faits de guerre nationaux et régionaux, jusqu’à l’occupation maintenue de l’est dela RDC. » (p.573) De l’absurdité de vouloir isoler de son contexte un crime politique !

D’avoir suivi de près le fonctionnement du TPIR permet aussi à Guichaoua de montrer que les témoins, au moins quand ils résident au Rwanda, sont constamment l’objet de pressions et de manipulations de la part du pouvoir rwandais.

5° L’aveuglement des Occidentaux quand se préparait le pire a tenu à l’étroitesse de perspectives des différents gouvernements. Un autre aveuglement est produit désormais par la mauvaise conscience, l’aveuglement moraliste qui ressasse un discours sur les responsabilités tout en ne cherchant celles-ci que d’un seul côté, en faisant des transpositions très approximatives dela Shoah(hantise du « négationnisme »), qui par crainte de toute « relativisation » écarte des comparaisons qui pourraient être éclairantes. On peut en effet rapprocher les délires qui ont atteint le Rwanda d’autres mouvements survenus à l’entrée dans la démocratie.

Ceux par exemple qui s’indignent que certains Hutus aient évoqué 1789 pour justifier leur cause, devraient se souvenir qu’en réaction à certains thèmes de la « réaction aristocratique » Sieyès a en 1788 suggéré de renvoyer les nobles « dans les forêts de Germanie ». Ils devraient se rappeler aussi que de la Grande peur aux massacres de septembre 1792, la France révolutionnaire à connu, correspondant à la hantise des complots ou du retour des nobles des épisodes des panique accompagnés de déchaînements violents contre ceux que l’on avait sous la main. Ces épisodes le montrent : la « politisation des passions », la rationalisation des rancœurs laissées par les vieilles dominations n’est ni assurée ni spontanée, elle suppose un travail politique difficile.

On peut évoquer également une autre démocratisation sanglante et chaotique, celle qu’a connue le Mexique. Dans un contexte post-colonial, à la sortie d’un paternalisme mis en place par les missions catholiques et prolongé par Porfirio Diaz, ce pays a connu des décennies de guerres révolutionnaires7 pendant lesquelles des élites divisées ont fait s’entre massacrer diverses fractions du peuple. Après quoi s’est installé au pouvoir un « Parti révolutionnaire institutionnel » qui a empêché pendant un bon demi siècle des élections libres et pluralistes, ne passant la main que dans les années 1970.

Une des leçons que suggère la lecture de Guichaoua paraît bien être qu’au lieu de pourchasser les mauvaises pensées, on aurait intérêt à essayer d’identifier les situations dangereuses.

*Photo : Riccardo Gangale/AP/SIPA. AP20911158_000001.

  1. La Découverte, 2010.
  2. Mai 2010.
  3. Il s’agit ici de l’opposition interne, celle qui, issue du parti unique, essayait de s’organiser pour que soient mises en œuvre les promesses de démocratie et de pluralisme faites en 1991.
  4. L’analyse des archives Mitterrand par Rafaëlle Maison (Esprit, mai 2010) montre à quels aveuglements on est conduit quand on s’enferme dans une posture étroitement polémique.
  5. Boisseau encore plus lourd depuis que Kouchner et Sarkozy ont engagé une politique de réconciliation avec le régime de Kagame.
  6. Les massacres commis au Congo (200 000 victimes) ont été qualifiés de génocide par R. Garrettone, chargé par l’ONU d’une mission d’investigation qui a été interrompue par décision du Conseil de sécurité.
  7. Voir à ce sujet un livre récemment republié : La Révolution mexicaine de Jean Meyer, Taillandier 2010.

source

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Membre, Posté(e)
marcello1 Membre 321 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

La France aux commémorations du génocide Rwandais, c'est un peu comme si N'étant Yahou était allé aux obsèques de Nelson Mandela...

Moi c'est l'excuse qui m'a fait rire, digne des histoires qu'on se raconte sur eux, ils ont dit pour argumenter sur

leur non présence en Afrique du Sud :

"Trop de frais de transport" (!!!) ah ah ah ah ah !!!

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Membre, Dégonfleur de baudruches, 68ans Posté(e)
Dinosaure marin Membre 24 125 messages
68ans‚ Dégonfleur de baudruches,
Posté(e)

L'avis d'un seul expert (André Guichaoua) ne fait pas une vérité.

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Membre, 62ans Posté(e)
grandfred Membre 15 741 messages
Baby Forumeur‚ 62ans‚
Posté(e)

extrait

Quand les complotistes commémorent un génocide, ils ne peuvent pas s'empêcher d'en réécrire l'histoire...

La semaine dernière, une vidéo intitulée «Rwanda, 20 ans après : l’histoire truquée» a fait son apparition sur le Net. Sur le Net conspirationniste plus précisément (1). Il y aurait beaucoup à dire sur les 24 minutes qui composent la première partie de ce «documentaire». Pur produit de l’industrie du complot (2), le film réalisé par Paul-Eric Blanrue et Julien Teil, deux compagnons de route de Thierry Meyssan, entend nous persuader que nous sommes victimes d’un effroyable mensonge fabriqué par le lobby tutsi et ses puissants relais en France (3) avec la complicité active de la quasi-totalité des «médias».

Dès les premières secondes, Cynthia McKinney, une ex-congressiste américaine très portée sur les théories du complot, affirme sur un ton d’évidence désolée que « vingt ans après le génocide rwandais, on ne connaît toujours pas la vérité, on ne sait toujours pas pourquoi cela s’est produit » ! Vraiment ? Pourtant les faits sont là pour qui accepte de s'y intéresser. La recherche historique a pris le relais de l'enquête journalistique et une importante littérature (4) a fait la lumière sur les causes historiques et politiques du génocide, sur la logique de déshumanisation des Tutsi qui l’a préparé, sa planification administrative, sa mise en œuvre, sur les motivations de ses commanditaires hutus… Des zones d’ombre perdurent, bien sûr. Elles sont pour l’essentiel relatives à l’identité des exécutants de l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana et au degré de compromission des autorités françaises avec les génocidaires. Mais alors, où veut en venir Cynthia McKinney ?

................(..................)..............

On reconnaît là la thèse développée par Pierre Péan dans un livre consacré aux « guerres secrètes des grandes puissances en Afrique » (6). Or c’est justement une interview de Péan qui constitue le fil directeur de « Rwanda, 20 ans après ». En se compromettant avec une personnalité aussi douteuse que Blanrue (par ailleurs auteur d’un film apologétique sur le négationniste Robert Faurisson), il n’est pas certain que le journaliste d’investigation parvienne à dissiper la réputation qui lui colle à la peau depuis quelques années (lire : Pierre Péan aurait-il plagié des sites conspirationnistes ?). On se rappelle qu’à l’instar d’un Thierry Meyssan publiant son brûlot conspirationniste sur les attentats du 11-Septembre sans avoir jamais enquêté aux Etats-Unis, Pierre Péan n’a pas cru devoir se rendre au pays des mille collines pour écrire son Noires fureurs, blancs menteurs (2005), un livre animé du souci impérieux d’exonérer les autorités françaises de toute responsabilité. Y était posé le syllogisme fallacieux qui est au cœur du film de Blanrue et Teil :

1- c’est l’attentat contre le Falcon 50 de Juvénal Habyarimana qui est la vraie cause du génocide ;

2- c’est le FPR qui a commis l’attentat afin de justifier une offensive visant à s’emparer du pouvoir au Rwanda ;

3- conclusion : le FPR et son chef de l’époque, Paul Kagamé, sont les vrais coupables du génocide et ceux qui tentent de vous faire croire le contraire sont des complices, conscients ou non, du Grand Mensonge (7).

................(.........)..................

en entier sur :

http://www.conspiracywatch.info/Rwanda-20-ans-apres-le-film-revisionniste-dont-Pierre-Pean-est-le-heros_a1224.html

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Membre, Posté(e)
Constantinople Membre 18 329 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Tsss, le tpir, la justice française, la justice espagnole ont remis en question la version "officielle" qui n'est plus que la version du FPR.

Ca n'enleve en rien l'existence du terrible génocide sur la minorité Tutsi PAR LES Houtous au Rwanda du tout.

Ca met juste en relief le role de premier plan joué par Kagamé et ses sbires, et surtout replace la position française dans le contexte, que ce meurtrier traine dans la boue à la moindre occasion.

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