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La révolution romaine


g_pu_rien

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g_pu_rien Membre 5 344 messages
Baby Forumeur‚ 47ans‚
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Sommaire:

  1. Les origines
  2. L'étincelle : les Gracques
  3. Marius
  4. La guerre sociale
  5. Marius contre Sulla
  6. Le premier triumvirat
  7. Caesar Imperator
  8. Le deuxième triumvirat
  9. Chute de la République
  10. Octave Auguste

INTRODUCTION

L'Histoire de Rome c'est au départ un rassemblement de villages perchés sur une colline (le Palatin) qui se formèrent en une cité au milieu du 8e siècle av.jc. 500 ans plus tard, l'Italie était sous son contrôle. Au IIe siècle de notre ère,ce fut son apogée sous la dynastie des Antonins (dont Trajan et Hadrien).

Mais cette civilisation attaquée par les barbares à partir du troisième siècle, tombe sous les coups de boutoirs des Barbares au dernier quart du cinquième siècle.

UN PEU D'HISTOIRE...

En 509 av.jc, le roi Tarquin le Superbe fut chassé de son trône et les Romains élurent deux magistrats (appelé consul) qui gardèrent les pouvoirs du roi mais qui gouvernaient en collégialité durant un mandat d'un an sous le contrôle du Sénat.

La République romaine vit le jour. Cette république est en guerre permanente. durant laquelle elle finit par conquérir le Latium (343).

Sans reprendre son souffle, Rome débute immédiatement la conquête de l'Italie et rencontre l'un de ses deux adversaires les plus acharnés de son histoire, les Samnites. Dans le même temps, entre 280-275, Rome affronte le roi Pyrrhus d'Épire. En 272, Rome prend Tarente au Grecs, et l'Italie tombe sous domination romaine en 264.

Une lutte d'influence va provoquer la guerre entre les deux superpuissances de l'époque. Rome et Carthage vont menées trois guerres d'intensité différente. La deuxième guerre punique est la plus marquante e part l'ampleur des effectifs, la férocité des batailles et enfin, par le talent exceptionnel du général carthaginois, Hannibal. Rome passe très près de la catastrophe. Mais c'est la décision d'un homme qui fait la différence, sauve Rome et change l'histoire du Monde : celle d'Hannibal lui-même en Italie entre 218-203.

Hannibal et Carthage sont défait à la bataille de Zama par Scipion l'Africain en 202 av.jc. La troisième guerre punique, qui se résume au siège de Carthage entre 149-146 voit la destruction de la cité et son peuple réduit en esclavage.

Rome reçut de Carthage après la première guerre punique la Sicile, la Sardaigne et la Corse et le contrôle de l'ouest méditerranéen. Elle prend les territoires entre le Rubicon et l'arc alpin entre la première et la deuxième guerre punique. Et l'Italie est une seule et même entité administrative et juridique après la guerre sociale (91-89 av.jc).

LA RÉVOLUTION ROMAINE ? C'EST QUOI ?

A Rome, il n'y a AUCUNE différence entre le militaire, la religion, le juridique et la politique, c'est exactement la même chose. Ce sont "les affaires". Il n'y a qu'une limite physique: l'enceinte du pomerium où l'on n'entre pas armé ou équipé en soldat (sauf pour recevoir le triomphe ou y défiler, ou défendre la ville si elle est assiégée). C'est juste du registre du symbolique et quand le pomerium est étendu après la guerre sociale, jusqu'à un certain petit cours d'eau (vu que le pomerium, désormais, c'est l'Italie), on voit la portée réelle du truc, comme on l'avait vu au moment de Sulla : César le franchit sans que ça choque tant que ça.

L'évolution sociale et économique romaine est entièrement dictée par l'évolution militaire, donc politique. Très tôt dans l'histoire républicaine, le registre de la décision politique à tonalité militaire prend graduellement le pas sur l'intérêt fondamental "civil" (si on peut dire, en regardant avec une conception moderne des choses) des citoyens (la plèbe pour aller vite). Rome, avec l'épisode de Veies, entre dans une logique expansionniste qui devient de plus en plus la règle de croissance de l'Etat. Au lieu de servir à protéger les biens et l'activité des citoyens, l'armée devient le moyen d'expansion, qui bénéficie avant tout à la classe équestre. La polarisation des richesses, phénomène structurant de l'histoire romaine, ne fait que s'accroître à partir de ce moment, et toujours plus vite au fil des guerres, de l'accroissement de la taille des conquêtes et des chiffres en jeu.... Et, parallèlement, des besoins d'une population graduellement rendue dépendante par ce même double procédé (les grands grandissent plus vite que les petits et prennent la part du lion, donc grandissent aux dépends des petits, et les petits sont de plus en plus mobilisés pour la guerre, au détriment de leur gagne pain).

Toute l'histoire de cette fragilisation grandissante des équilibres initiaux de la société romaine peut se résumer aux spécifications de la population mobilisable, qui aurait été en effondrement constante et rapide sur toute la période si les seuils minimaux de propriété n'avaient été constamment abaissés dans le cens (réalisé tous les 5 ans du règne de Servius Tullius jusqu'au Ier siècle av JC), permettant de maintenir artificiellement la division des classes selon la fortune. Cet abaissement reflète directement la vraie courbe de décroissance de la richesse réelle par habitant dans la Rome républicaine.

SOURCES

  • Histoire romaine ; Marcel Le Glay, Jean-Louis Voisin et Yann Le Bohec, PUF.

  • La civilisation romaine : Pierre Grimal, Arthaud.

  • Dictionnaire de l'Antiquité : Jean Leclant, PUF.
  • Histoire de la Rome antique : Yann Le Bohec, Que sais-je ?.
  • Atlas du monde romain : T.Cornell et J.Matthews, Éditions du Fanal.
  • L'homme romain : Andrea Giardina, points.
  • La vie à la campagne dans l'antiquité romaine : Jean-Noël Robert, Les belles lettres.
  • La Rome antique : Guy de la Bédoyère, Catherine Salles, first éditions.
  • Les grandes civilisations : Florence Braunstein, Jean-François Pépin, First Éditions.
  • La mythologie : Christopher Blackwell, First Éditions.
  • Histoire générale des techniques, vol 1, les origines de la civilisation technique : Maurice Daumas, PUF.

Politique

  • Les institutions romaines ; Jean Rougé, Armand Colin.
  • La République romaine ; Christophe Badel, PUF.
  • Rome, de la cité-État à l'Empire, institutions et vie politique : Élizabeth Deniaux, Hachette.
  • Histoire des institution, vol 1, l'Antiquité ; Jacques Ellul, PUF.

Militaire

  • Osprey Publishing, Men At Arms. Série d'ouvrage d'histoire militaire. Utilisation des ouvrages concernant Rome et ses ennemis.
  • La guerre des Gaules : Jules César, folio.

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Membre, 47ans Posté(e)
g_pu_rien Membre 5 344 messages
Baby Forumeur‚ 47ans‚
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I - LES ORIGINES

Il n'y a pas vraiment d'année précise qui en serait l'origine.... Ou vous en trouverez beaucoup. Le "point de départ" de la dernière période républicaine est à trouver dans l'évolution socio-économique romaine, et par là dans son impact sur la polarisation croissante et violente de la scène politique.

La focalisation sur un "modèle économique de la guerre" fait dépendre Rome d'une expansion permanente.... Cette focalisation est plus nécessaire aux élites qu'au reste de la population au début, puis devient graduellement vitale L'impact de longue haleine de cette expansion permanente bouleverse les équilibres socio-économiques romains, et le système économique de la république, donc sa société: la paysannerie (la classe moyenne romaine) est graduellement appauvrie, exclue, la société se prolétarise, une partie des secteurs "artisanaux" subit le même sort, et plus encore les secteurs "manufacturiers" (reposant sur une main d’œuvre abondante et peu qualifiée formant un prolétariat citoyen). Des mobilisations trop fréquentes, des périodes de service trop longues (et s'allongeant), de trop faibles compensations, et plus encore l'afflux massif et incessant d'esclaves sont la cause directe, avec pour origine l'avidité de conquête des grandes familles et pans des élites intéressés à l'expansion (la guerre se fait pour le butin, il y a peu de "grande stratégie"; le butin "direct" et l'exploitation extrême des zones conquises). Les masses de populations appauvries, réduites à une activité à peine vivrière, mises en dépendance ou simplement prolétarisées, deviennent gigantesques et sans autre possibilité de refaire une vie.

Le résultat est un exode rural important et un repos croissant sur l'évergétisme de la classe équestre (les sénateurs et patrices ne sont pas encore une classe à part: toute l'élite est équestre): "du pain et des jeux". Une population massive de la ville elle-même dépend en grande partie de ce "système" qui se systématise et se massifie de plus en plus, réclamant en corollaire toujours plus de blé, de numéraire, et donc de conquêtes. Un pur cercle vicieux, et ce d'autant plus que la gourmandise et les ambitions des élites croissent avec, et malgré la rapidité et l'ampleur de l'expansion, le phénomène de concentration des richesses dans la société, mais aussi au sein de l'élite, va encore plus vite, ramenant les oppositions et rivalités au sein du Sénat à un affrontement de plus en plus polarisé entre un nombre réduit de clans de pouvoirs, qui se "rassemblent" dans 2 "factions", les populares (on dira aujourd'hui les démocrates)et les optimates (on dira aujourd'hui les conservateurs).

IMPACT DE LA DEUXIÈME GUERRE PUNIQUE

Le "système économique" de l'expansionnisme a été à la fois une solution à la polarisation des richesses dans la société romaine (les grands bouffent les petits et concentrent les richesses, sauf si une "soupape" permet de limiter cette tendance inévitable dans toute société), et la cause de nouveaux problèmes (implication géopolitique tous azimuths, risques accrus, besoin d'armée permanente....) au chef desquels arrive.... Une accélération de la polarisation des richesses: au phénomène normal d'une économie où les grands mangent les petits plus vite que les petits ne peuvent accroître leur part du gâteau, s'ajoute le fait.... Que la guerre mobilise sans cesse plus de petits pour de plus longues périodes, dégradant leur propre activité et leurs propriétés. La 2ème Guerre Punique fut dans ce registre le pire conflit qu'ait connu Rome, tant par sa durée que par le niveau de mobilisation (politique, économique, militaire) demandé sur cette durée, et par les dégâts occasionnés: la démographie romaine et italienne en prend un grand coup, l'économie aussi (l'impact économique pour les élites fut aussi en partie la cause d'une rivalité accrue, d'une gourmandise accrue....).

L'ACCROISSEMENT DÉMOGRAPHIQUE

Il est très important (malgré la "période de creux" pendant et après la 2ème guerre punique), beaucoup plus rapide que l'évolution des institutions: la conception des libertés et de la vie dans la cité de Rome correspond à celle d'une cité nettement plus petite. Son modèle de citoyenneté et de rapport institutions-populations ne peut fonctionner quand la cité (ou plutôt "l'espace citoyen" qui dépasse la seule ville: il y a des expats et des colonies de peuplement, surtout en Italie) dépasse les 200/300 000 habitants

L'ACCROISSEMENT DE L'ESPACE ROMAIN

Il s'agit moins là de "l'empire" territorial (qui devient immense) et plus de la péninsule italienne, à la fois par sa proximité et son importance démographique et économique: le système des "socii" ("alliés" mais à statut inférieur: de ce nom vient le terme de "guerre sociale", qui n'a rien d'une lutte des classes) ne peut plus fonctionner. La puissance romaine dépend absolument des socii italiens (militairement, économiquement), mais ceux-ci pâtissent beaucoup plus qu'ils ne bénéficient de cette puissance. Ils subissent les mêmes problèmes que les Romains, plus quelques-uns spécifiques (taxation, mobilisation obligatoire pour des guerres qui les concernent moins....), sans avoir même les quelques avantages que cela procure.

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Membre, 47ans Posté(e)
g_pu_rien Membre 5 344 messages
Baby Forumeur‚ 47ans‚
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L'ÉTINCELLE : LES GRACQUES

Ce que l'on appelle la Révolution romaine commença par une tentative de réforme démocratique de deux tribuns de la plèbe. Deux frères issus de la noblesse sénatoriale qui seront connus sous le noms des Gracques. Si, sur le moment, ils échouèrent, leurs idées respectives seront reprises sur les champs de bataille des guerres civiles et verront l’apparition d'une nouvelle république, celle des Imperatores.

Tiberius, à gauche. Caius, à droite.

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LES SEMPRONII

Maison plébéienne de noblesse sénatoriale.

Les Gracques sont fils de T.Sempronius Gracchus, deux fois consuls (177 et 163), censeur en 169.

LES CORNELII SCIPIONES

Maison patricienne de noblesse sénatoriale.

Les deux Gracques sont les fils de Cornelia Africana, fille de Scipion l'Africain, l'un des plus célèbre et prestigieux personnages de l'histoire de la Rome antique. La maison des Cornelii Scipiones est une branche de la gens Cornelia.

Ils sont cousins de Scipion Émilien, vainqueur de Carthage en 146, deux fois consul (147 et 134) et censeur de l'année 142.

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TIBERIUS

Élu tribun de la plèbe en 134 pour l'année 133. Il proposa de distribuer des terres au citoyens les plus pauvres à hauteur de 7,5 hectares prises sur le domaine public, terre largement spolié par les sénateurs qui se la partageaient. Ce domaine faisait d'eux des hommes riches et puissants. Voilà pourquoi les sénateurs étaient contre.

Toutefois un tribun, adversaire de Tiberius, Marcus Octavius, probablement acheté par le Sénat, mit son veto. Tiberius, de façon illégal, réussit à le faire destituer par les comices, la loi fut votée par l'assemblée de la plèbe.

Tiberius voulut se représenter aux élections pour un nouveau mandat de tribun de la plèbe pour l'année suivante, ce qui était encore illégal à ce moment. Ses adversaires politique crièrent alors à la tyrannie et une émeute se déclencha durant laquelle Tiberius fut probablement tué par son cousin Scipion Nasica.

Après sa mort, l’œuvre de Tiberius ne fut pas annulée. Sa loi agraire révéla une autre dimension du problème, la population italienne qui n'avait pas la citoyenneté romaine.

CAIUS

Élu tribun de la plèbe en 124 pour l'année 123, il reprit et amplifia l'action de son frère.

Meilleur politicien que son frère, il mit sur pied un programme politique démocratique de plus grande envergure qu'il put mettre en œuvre grâce à sa réélection pour 122.

Il poursuivit les distributions agraires, il décida la création de trois nouvelles colonies romaines. Il rédigea une loi frumentaire sur la distribution de blé à prix réduit au citoyens.

Il tenta aussi un coup politique en séparant les chevaliers des sénateurs avec une loi judiciaire en remplaçant les jurés sénateurs par des chevaliers. Caius tenta ainsi de rapprocher les chevaliers du peuple en isolant et en affaiblissant les sénateurs.

Enfin, Caius voulut donner aux Latins la citoyenneté romaine et le droit latin aux autres Italiens. Mais les citoyens romains refusaient de partager les privilèges. Et là, la politique contradictoire de Caius sauta aux yeux des sénateurs qui en exploitèrent les failles. Le Sénat opposa un autre tribun de la plèbe,Marcus Livius Drusus, qui proposa la création de douze colonies romaines. Mais lorsque l'on débattit sur l’abrogation de la colonie de Carthage des violences éclatèrent et le Sénat en profita pour voter l'état d'urgence en votant un « senatus-consulte ultime ».

Les partisans gracchiens se firent massacrer et Caius meurt dans des conditions encore inconnues.

ANALYSE

L'affrontement populares/optimates est de fait un phénomène montant et structurant au 2e siècle, avant de devenir le clivage fondamental au Ier.

Les Gracques, avec leur programme de redistribution des terres pour les vétérans (soldats démobilisés après avoir fini leur temps de service et nombre de campagnes) le scellent ainsi dans la vie politique, tout au long de leur "épopée" enracinant le conflit (jusqu'ici nettement plus modéré comme thème) autour d'une mesure phare et exemplaire, âprement soutenue ou combattue. Les populares sont pour, les optimates (élites conservatrices) sont contre. L'évolution militaire et territoriale romaine est de ce fait indissociable de l'histoire sociale et économique, car c'est avant tout par le traitement réservé aux démobilisés, et le devenir des combattants en général (ce qui représente des masses humaines toujours croissantes, donc de grands besoins d'espace et de moyens), qui est concerné par ces mesures en débat (rappelons aussi que les vétérans entrent de facto dans la clientèle de leur général: il doit leur fournir des trucs, ils lui doivent un service, comme réserve militaire et citoyenne -voter pour ses candidats, manifester dans la rue, prendre son parti....).

S'occuper des vétérans socii va dans le même sens:

  • Éthique et conviction politique ? Un peu.
  • Vision de l'avenir de la république et des moyens de la stabiliser ? Sans doute en bonne partie.
  • Désir d'accroître sa clientèle et son pouvoir ? Sûrement.

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Membre, 47ans Posté(e)
g_pu_rien Membre 5 344 messages
Baby Forumeur‚ 47ans‚
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MARIUS

Une génération sépare la mort de Caius Gracchus et la guerre sociale. Le Sénat tenta vainement de revenir au régime d'antan même si les lois gracchiennes ne furent jamais abrogées.

LA DOMINATION DES CAECILII METELLI

Dans cette période, une famille domine la période, les Caecilii Metelli. Cette gens plébéienne rafla cinq consulats (119, 115, 113, 111 et 109) et multiplia les triomphes (Baléares, Dalmates, Numides, Sardes). Dans ce laps de temps, Rome conquit la Gaule méridionale, la Gaule transalpine. Mais c'est en Afrique que des difficultés se présentèrent, la guerre contre Jugurtha, un prince numide qui avait massacré les colons italiens de la colonie de Cirta (112).

Rome lui déclara la guerre et les consuls de 111 et 110 avaient démontrer une incompétence évidente. Mais celui de 109, Quintus Caecilius Metellus montra une énergie et traqua Jugurtha jusqu'en Maurétanie. Mais à la veille de vaincre, il fut écarté par son légat, un client de la famille, Caius Marius.

CAIUS MARIUS

Caius Marius est issu d'une famille modeste. Son élection au consulat se fit grâce à une manipulation de tribuns populaires, il est ce qu'on appelle un homme nouveau. Après son élection, il recruta son armée auprès de la classe la plus pauvre et des petits paysans ruinés. Il ne lui fallut que deux année pour vaincre Jugurtha livré par le roi de Maurétanie (105).

Rome rencontra ensuite les peuples germaniques des Cimbres et des Teutons en 105. Ils écrasèrent les premières armées romaines envoyées à leur rencontre à Orange et menacèrent l'Italie. Marius semblait être le seul en mesure de les arrêter. De façon illégale, il cumula les consulats de 104 à 100, là encore grâce au soutien de tribuns populaires. Profitant d'une faute stratégique des Germains, il réorganisa l'armée et écrasa les Teutons à Aix, en Transalpine (102). Il affronta ensuite les Cimbres à Verceil (101).

Sauveur de Rome, Marius acquit alors un prestige sans égal depuis Scipion l'Africain et fut le premier imperator.

Comptant profiter politiquement de son triomphe, ses alliés populaires voulurent l'exploiter. Deux tribuns en furent les chefs : Lucius Appuleius Saturninus, tribun de la plèbe en 103 et 100 et Caius Servilius Glaucia, tribun de la plèbe en 104 et préteur en 100. Ces deux hommes et leurs amis passèrent de nombreuses lois et aidèrent Marius dans sa carrière jusqu'en 100. Mais leurs excès conduisit le Sénat et intima à Marius de se séparer d'eux et fit exécuter les deux hommes.

Si Marius fut un excellent général, il était, comme souvent dans l'Histoire, un piètre homme politique.

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Membre, 80ans Posté(e)
Talon Membre 1 722 messages
Baby Forumeur‚ 80ans‚
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"Le peuple de Rome qui avait un haine toujours active contre les nobles, songea à les abaisser en diminuant leurs privilèges; et ensuite, en augmentant l'autorité d'un seul."

Montesquieu

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VIP, Mangeur de fromage, 45ans Posté(e)
Belizarius VIP 22 812 messages
45ans‚ Mangeur de fromage,
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Merci, je lirai ça :)

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Membre, 47ans Posté(e)
g_pu_rien Membre 5 344 messages
Baby Forumeur‚ 47ans‚
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LA GUERRE SOCIALE

Le meurtre des Gracques, trente ans plus tôt et l'élimination de Glaucia et Saturninus, dix ans plus tôt, ne résout rien.

Les alliés, toujours mécontents, réclamaient l'égalité de traitement; ils fournissaient des contingents de plus en plus important mais les parts du butin ne suivaient pas ainsi que l'égalité des droits.

Marcus Livius Drusus, fils du tribun antigracchien et lui-même tribun de la plèbe en 91 voulut séparer les chevaliers et le peuple de la faction des populaires.

Il rédigea un programme ambitieux :

  • Loi frumentaire
  • Loi agraire
  • Intégration de 300 chevaliers au Sénat.
  • Octroi de la citoyenneté romaine aux alliés.

Mais il meurt mystérieusement.

L'aristocratie italienne qui avait soutenu Drusus ne vit désormais qu'une seule façon pour obtenir ce qu'elle voulait; la révolte. Les insurgés s'organisèrent en un état doté d'un Sénat, de magistrats et d'une capitale.

Au prix de durs combats, Rome mata la rébellion facilité par l'octroi de la citoyenneté romaine. En 89, tous les Italiens avaient la citoyenneté romaine tandis que le droit latin fut accordé à la Gaule cisalpine.

Vaincus militairement, les alliés triomphèrent sur le plan politique et civique.

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Membre, 58ans Posté(e)
Compagnon Membre 1 845 messages
Baby Forumeur‚ 58ans‚
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Deux sujets, aussi intéressant l'un que l'autre. Tu m'aura appris beaucoup, ce soir. ;)

Encore merci.

Respect. ;)

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  • 2 mois après...
Membre, 47ans Posté(e)
g_pu_rien Membre 5 344 messages
Baby Forumeur‚ 47ans‚
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MARIUS CONTRE SULLA

À peine la guerre sociale terminée, un nouveau conflit surgit. Mithridate du Pont contrecarrait les ambition d'expansion des Romains en levant la révolte (89) en Asie mineure, ou il fit massacrer 80 000 marchands italiens et envahit la Grèce (88).

Consul de l'année précédente, le commandement de l'armée revint à Lucius Cornelius Sulla, issu d'une famille patricienne déchue, la gens Cornelia. Mais un tribun de la plèbe fit casser la loi et substitua Marius. Sulla, furieux, marcha avec son armée vers Rome et entra dans la ville, violant ainsi le pomerium, sa frontière religieuse où l'on devait entrée sans armes. Marius s'enfuit vers l'Afrique.

Sulla partit alors vers l'Orient, Marius réoccupa Rome en 87. Il fut réélu pour 86 mais il décéda la même année mais les populaires restèrent au pouvoir et y firent régner la terreur. Sulla, de son coté, accumulait les succès contre Mithridate mais soucieux de rentrer en Italie il conclue une paix blanche en 85. Rentré en Italie en 83, il fut catapulté à la tête des optimates. Et occupa Rome en 82. Sulla fit alors afficher une liste d'ennemis publics que l'on pouvait tuer sans jugement et leurs biens confisqués. C'est ce que l'on appelle des proscriptions. Plus de 500 sénateurs et chevaliers en furent les victimes. Ces proscriptions virent l'enrichissement des partisans de Sulla car les biens étaient vendus à vils prix.

Marcus Licinius Crassus, l'un des futurs membres du premier triumvirat, en est l'un des plus grands bénéficiaires.

En Italie, les cités ayant pris le parti des populaires virent une partie de leur territoire réunis au domaine public. Sulla en fit bénéficié ses vétérans.

Sulla s'attribua la dictature avec pour ambition de réorganiser la République :

  • Il multiplia par deux le nombre de sénateurs : de 300 à 600.
  • Il passa de 4 à 8 préteurs
  • Les questeurs passèrent de 10 à 20.

C'est aussi sous la dictature de Sulla que le cursus honorum fut réglementé et l'attribution des provinces. Il diminua aussi la puissance des tribuns de la plèbes

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