Aller au contenu

13 juillet 1793. Charlotte Corday saigne Marat, "la bête féroce", dans sa baignoire


Invité David Web

Messages recommandés

Invité David Web
Invités, Posté(e)
Invité David Web
Invité David Web Invités 0 message
Posté(e)

13 juillet 1793. Charlotte Corday saigne Marat, "la bête féroce", dans sa baignoire

Avec un incroyable aplomb, la descendante du grand Corneille poignarde Marat, croyant ainsi sauver la France.

juillet-620979-jpg_430729.JPG

Le samedi 13 juillet 1793, vers 11 h 30, une jeune femme descend d'un fiacre devant le 30 de la rue des Cordeliers, à Paris. Les cheveux châtain clair, les traits bien dessinés, la taille souple, elle pousse la porte d'un air décidé. L'allure martiale d'une Femen prête à faire prendre l'air à Orbi et Urbi... Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont, 24 ans, arrière-arrière-arrière-petite-fille du tragédien Corneille, s'apprête à tuer la "bête féroce" qui martyrise le pays. Elle appelle ainsi Jean-Paul Marat, 50 ans, médecin, physicien, rédacteur de L'Ami du peuple, et surtout député montagnard. Charlotte monte au premier étage, frappe à la porte et déclare à la femme qui ouvre vouloir parler au citoyen Marat pour lui apprendre des choses fort intéressantes. Simone Évrard, la concubine du révolutionnaire, lui répond que c'est hors de question, puisque celui-ci est malade. Même si Charlotte insiste, Simone ne fléchit pas. "Mais quand faudra-t-il revenir ?" "Je ne peux vous assigner d'époque, ne sachant quand Marat sera rétabli", répond Simone en claquant la porte au nez de la visiteuse. Charlotte peste, elle n'a pas fait tout ce chemin depuis Caen pour renoncer. Autant demander à Fillon de s'effacer devant Sarko...

De retour à l'hôtel de la Providence où elle est descendue, Charlotte de Corday réclame du papier et une plume, puis se met à rédiger une missive destinée à Marat : "Je viens de Caen. Votre amour pour la patrie doit vous faire désirer de connaître les complots qu'on y médite. J'attends votre réponse." Tombera-t-il dans le piège ? Elle fait porter son mot et attend. Les heures tournent. N'y tenant plus, Charlotte décide de retourner au domicile de Marat. C'est que la demoiselle n'est pas du genre à reculer après avoir pris une décision. Une véritable petite Ségolène... Vers 20 heures, elle frappe de nouveau à la porte du député. Cette fois, c'est la concierge de la maison qui apparaît pour lui répéter qu'il n'est toujours pas visible. Charlotte insiste, élève la voix. Marat, assis dans sa fameuse baignoire sabot pour calmer ses irritations cutanées, ordonne qu'on laisse venir à lui cette emmerdeuse. Son bon coeur le perdra...

Mon Dieu ! Il est assassiné !

Présente dans la pièce, Simone se retire, laissant Charlotte seule avec Marat. Celle-ci s'assoit à la tête de la baignoire, derrière son occupant, de façon à ce qu'il ne puisse pas la voir. Il s'enquiert : "Que se passe-t-il à Caen ?" Elle lui fournit une liste des députés réfugiés dans la ville. "Ils ne tarderont pas à être guillotinés", répond-il. C'est alors qu'elle se lève, sort de son sein un couteau acheté le matin même pour 40 sous au Palais-Royal, chez Badin. Sans hésiter, elle le plonge sous la clavicule droite de Marat avec la maestria d'un boucher casher... La lame traverse les poumons avant de sectionner le tronc des carotides. Le révolutionnaire s'exclame : "À moi, ma chère amie, à moi !" avant d'expirer. La guillotine n'aurait pas été plus efficace.

Le sang continue à jaillir de la blessure, arrosant l'eau de la baignoire et le sol. Attirés par le cri, la cuisinière et un domestique se précipitent sur Charlotte qui se débat comme une diablesse. Simone découvre avec épouvante la baignoire : "Ah ! Mon Dieu, il est assassiné !" Puis s'empresse de prêter main-forte aux domestiques qui tentent de maîtriser la meurtrière qui parvient quand même à leur échapper. Elle est déjà dans l'antichambre quand le domestique lui assène un coup de chaise sur la tête. La voilà groggy, mais elle se relève encore. Alors, fou de rage, l'homme l'attrape par les seins et lui file une véritable trempe. Calmée, la Charlotte.

"Quel tribunal me jugera ?"

Lire la suite (Le Point).

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant
Membre, Jedi pas oui, jedi pas no, 32ans Posté(e)
Jedino Membre 48 064 messages
32ans‚ Jedi pas oui, jedi pas no,
Posté(e)

Ah oui, j'en avais entendu parler!

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
rupert801 Membre 826 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

La lettre d'adieu qu'elle écrit alors qu'elle est emprisonnée est magnifique, une pureté du style que l'on acquière plus :

Pardonnez-moi, mon cher papa, d'avoir disposé de mon existence sans votre permission.

J'ai vengé bien d'innocentes victimes, j'ai prévenu bien d'autres désastres. Le peuple, un jour désabusé, se réjouira d'être délivré d'un tyran.

Si j'ai cherché à vous persuader que je passais en Angleterre, c'est que j'espérais garder l'incognito, mais j'en ai reconnu l'impossibilité. J'espère que vous ne serez point tourmenté. En tout cas, je crois que vous aurez des défenseurs à Caen.

J'ai pris pour défenseur Gustave Doulcet : un tel attentat ne permet nulle défense, c'est pour la forme.

Adieu, mon cher papa, je vous prie de m'oublier, ou plutôt de vous réjouir de mon sort, la cause en est belle.

J'embrasse ma soeur que j'aime de tout mon coeur, ainsi que tous mes parents.

N'oubliez pas ce vers de Corneille : Le crime fait la honte, et non pas l'échafaud !

C'est demain à huit heures qu'on me juge. Ce 16 juillet.

Charlotte Corday d'Armont

En fait les lettres d'adieu des prisonniers ne seront jamais envoyées. Les révolutionnaires craignant des messages secrets entre les lignes les conserveront dans un coffre. Il sera découvert dans les années 70 et fera l'objet d'un livre en regroupant une centaine : la dernière lettre.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.

×