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12 avril 1893. La Goulue est la vedette du premier show de l'Olympia.


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Invité David Web
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12 avril 1893. La Goulue est la vedette du premier show de l'Olympia.

Sacrée bonne femme que la Goulue, qui ne se refuse aucun plaisir, aucune provocation. C'est la Madonna de son époque.

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À 27 ans, la Goulue est au sommet de son art, celui du french cancan. On accourt d'Europe entière pour la voir lever ses gambettes. Sur scène pour le commun des mortels, et dans un lit pour quelques riches amateurs, car la gourmande ne refuse jamais une bonne partie de jambes en l'air. En 1893, elle se produit au Moulin-Rouge dont elle est la grande vedette. C'est son amie Grille d'égout (un surnom épouvantable qu'elle doit à ses dents écartées) qui lui a mis le pied à l'étrier. Quand Joseph Oller, le propriétaire du Moulin-Rouge, cherche une vedette pour inaugurer la salle de spectacle qu'il vient de faire bâtir boulevard des Capucines, il n'hésite pas : ce sera la Goulue et son quadrille !

Le soir de l'inauguration, le 12 avril 1893, tout Paris se presse dans la magnifique salle de l'Olympia, d'un luxe inouï pour l'époque. Dans Le Gaulois, un certain Frimousse est dithyrambique, n'hésitant pas à comparer l'établissement à "un véritable palais, d'une hauteur superbe, d'un style exquis. De toutes parts, un éclairage électrique merveilleusement combiné vous inonde de lumière et de gaieté... Rien n'est plus admirable que les larges fauteuils d'orchestre, pareils à des chaises longues, dans lesquels on dormirait de bien bon coeur s'il n'y avait pas tant de jolies choses à regarder." Tout ce que Paris compte de vedettes et de noms aristocratiques s'entasse dans la salle. Voilà Yvette Guilbert, le baron et la baronne Finot, le prince et la princesse de Poix, le duc et la duchesse de Morny... Le programme est à la hauteur des lieux : des tireurs très adroits, une ventriloque, des chiens savants, des acrobates, la danseuse espagnole Soledad, une danseuse serpentine nommée Bob Walter qui fait l'objet d'une ovation, un ballet dansé merveilleusement par mesdemoiselles Paris et Rivolta.

French cancan

Mais le clou du spectacle, c'est la danse du french cancan par la Goulue et son quadrille. Ces demoiselles envahissent la scène avec l'énergie d'une charge de bisons. La Goulue fait virevolter les soixante mètres de dentelles de ses jupons, découvrant un pantalon cocassement brodé d'un coeur "qui se tendait, farceur, sur son petit postérieur lorsqu'elle s'inclinait en des saluts irrespectueux ; des touffes de choux de rubans roses aux genoux, une mousse adorable de dentelle descendant jusqu'aux chevilles fines laissaient paraître et disparaître ses adorables jambes, agiles, spirituelles, aguicheuses", écrit Yvette Guilbert. La ronde des filles est infernale. Les musiciens de l'orchestre se déchaînent, déclenchant les vivats des spectateurs. Un danseur très maigre donne la réplique aux filles. Probablement, le fameux Valentin le désossé, compagnon de la Goulue. Levant la jambe au plus haut, celle-ci décoiffe l'homme d'un petit coup de pied dans le chapeau puis se laisse tomber sur le sol, faisant le grand écart, le buste droit, la taille mince dans sa jupe de satin noir coupée en forme de parapluie pour qu'elle puisse s'étaler sur le sol. La salle applaudit à tout rompre. Line Renaud crie des hourras. En 1893 ? Non, non, tout de même pas...

De son vrai nom Louise Joséphine Weber, la Goulue naît en 1866 dans une famille d'origine juive alsacienne installée à Clichy-la-Garenne. Son père est journalier, sa mère blanchisseuse. Dès son plus jeune âge, elle marque sa différence. À 12 ans, elle fait sa communion solennelle en tutu et chaussons empruntés à une voltigeuse. Scandale. Elle débute comme blanchisseuse, vend des fleurs, puis devient modèle. Pour quelques sous, elle vend son corps au plus offrant. Ce serait trop bête de ne pas profiter d'un aussi beau cadeau de la nature. Elle est d'abord surnommée Vide-Bouteille, pas la peine d'explication, puis la Goulue en raison de son appétit féroce. Mais, ce qu'elle adore avant tout, c'est danser, danser et encore danser. À en perdre la raison. Elle fréquente tous les bals de l'époque. Oller, qui la remarque, l'engage au Moulin-Rouge en 1889. Le critique d'art Octave Mirbeau trace ce portrait d'elle : "La Goulue, il faut lui rendre cette justice, est une assez belle grosse fille, épaisse, colorée, qui exerce son sacerdoce avec une tranquillité remarquable. Elle plane imperturbable au-dessus de la foule maladive et de ses fanatiques. Elle sait ce qu'elle est, ce qu'elle vaut, ce qu'ils valent et, sereine, répand autour d'elle l'ordure à pleine bouche quand elle ne mange pas. Quand elle mange, le mot ordurier qui sort alterne avec la bouchée qui entre. C'est cette brutalité radieuse qui est son seul esprit."

Elle meurt obèse

Elle couche avec le princes de Galles, futur Édouard VII. Mais quelle demi-mondaine de l'époque ne l'a pas fait ? Elle pose pour Toulouse-Lautrec et Renoir. On la voit promener une chèvre à Montmartre qu'elle amène aux répétitions du Moulin-Rouge. Elle croque les hommes, mais ne dédaigne pas les femmes, même si elle s'en cache. Yvette Guilbert raconte qu'elle vécut longtemps avec une étrange petite danseuse aux airs de laveuse de vaisselle, "La môme Fromage". Un jour, un indiscret voulut savoir la vérité sur leurs relations... La Goulue, prise de pudeur, nia être lesbienne. Et la môme Fromage de hurler une phrase qui fit le tour de Paris : "Comment, Louise, tu nies que tu m'aimes ? Tu t'em...bêtes pourtant pas quand tu m'friandes !"

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voilacté Membre 5896 messages
Forumeur alchimiste‚
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mouluinninin.jpg

Impossible de faire autrement... wink1.gif

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