Aller au contenu

Handicap: un statut pour des "assistants sexuels"


Elsa

Messages recommandés

Membre, Posté(e)
Fuel4Life Membre 10 926 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Madame Bachelot-Narquin, dans une tribune publiée dans Libération (21 avril), vous vous êtes exprimée, en tant que ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, contre la reconnaissance d’un statut pour les «aidants sexuels», considérant que «l’assistance sexuelle n’est pas un travail». Je tiens d’abord à saluer votre engagement public à ce sujet, engagement d’autant plus fort que la position exprimée l’a toujours été (une première fois en janvier), sans aucun masque. Toutefois, jeune étudiant de 22 ans en situation de handicap, je suis en désaccord avec cette position qui me semble ne pas tenir compte de ce qu’est la réalité vécue par les premiers concernés.

Malgré mon jeune âge, j’ai longuement réfléchi pour moi-même, à cette question. Une des premières choses qui me semble être ignorée par votre propos, c’est le poids des représentations sur la sexualité en général, et celle des personnes en situation de handicap en particulier, véhiculées par la société. Combien de fois ne m’a-t-on pas interrogé, de façon plus ou moins directe, sur mes capacités dans l’action, sous prétexte que je ne pouvais pas tout faire comme tout le monde (du moins c’est le présupposé) ? Oui, Mme la ministre, pour beaucoup de personnes valides, penser une sexualité avec une personne assise dans un fauteuil douze heures sur vingt-quatre, avec les douleurs que cela provoque et les «blessures» du corps que cela entraîne, demeure impensable et ferme donc la porte à toute relation.

En refusant d’assimiler l’acte d’un aidant sexuel à un soin, vous semblez vouloir opposer deux choses qui, à mes yeux, ne peuvent l’être : le rôle de «l’aidant» et celui du «professionnel». Pour l’avoir vécu, je peux témoigner de cette difficulté d’être confronté au «soignant professionnel» qui manipule un corps de façon mécanique, en y appliquant un protocole défini à base de gestes maintes fois répétés. Ainsi, j’ai souvent eu l’impression de ne plus posséder et maîtriser mon corps, comme si, en somme, je ne le connaissais pas. Oui, Mme la ministre, l’action de l’assistant sexuel peut s’apparenter à un soin lorsqu’il s’agit d’apprivoiser ce corps qui nous a parfois manqué, d’apprendre à se connaître à se (re-)trouver soi-même. Cela me semble fondamental et ce d’autant plus que la connaissance de ce que l’on est, de ce corps qui nous porte, détermine beaucoup de choses et nous aide à mieux vivre le handicap chaque jour. Une reconnaissance de ce soin ne pourrait se faire que dans un cadre législatif strict visant à empêcher les dérives que vous évoquez.

La question des dérives constitue la dernière objection que je souhaiterais formuler. Vous parlez de «maltraitances» qui pourraient survenir. J’y vois là le voile d’une réalité que vous préférez nier. Que croyez-vous qu’il se passe dans de nombreux centres spécialisés (lesquels se situent pour la plupart en dehors du territoire français, faute de moyens et d’une réelle volonté politique) ? Le seul «asservissement» qui existe est lié à l’exclusion de la question sexuelle qui prévaut dans ces centres. Oui, Mme la ministre, la plupart du temps, on refuse à ces personnes qui sont dans des centres, toute relation, toute éventuelle construction d’une possible vie sentimentale et affective.

Alors oui, et même si la réalité est difficile à entendre d’un point de vue politique, à propos d’un sujet quasi philosophique, elle est bien là. Sans céder à aucune forme de pitié, il faut dire halte à l’hypocrisie ! Pour certaines personnes en situation de handicap pouvoir bénéficier de la présence et de l’assistance d’un aidant sexuel reste la seule possibilité de connaître, au moins, le commencement d’une vie sexuelle et intime. A qui peut-on le refuser ?

source

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant
  • Réponses 93
  • Créé
  • Dernière réponse
Membre, 112ans Posté(e)
Encéphale Membre 4 476 messages
Baby Forumeur‚ 112ans‚
Posté(e)

Le métier de prostitué n'est pas reconnu, elles ne payent pas d'impots etc....

Sisi, elles payent des impôts. L'hypocrisie est que cela ne leur permet pas la retraite ou l'assurance maladie, mais elles payent bien des impôts, d'ailleurs, aujourd'hui même, le sénat a pu remarquer que l'état pourrait être condamné pour proxénétisme, vu qu'il tire des revenus de la prostitution.

(je vous invite à aller lire ce rapport, d'ailleurs, qui montre la complexité de la position abolitionniste française, qui, si elle taxe la prostitution, se retrouve pratiquement hors-la-loi devant elle-même, et si elle ne le fait pas, se retrouve dans un schéma économique problématique)

http://www.senat.fr/.../r00-20915.html

Le métier de prostitué n'est pas reconnu, elles ne payent pas d'impots etc....

Justement si.

Ha, je savait pas, mais les assistantes sexuels auraient toujours des avantages que n'aurait pas une prostitué classique.

Ah mon humble avis ça ne devrais pas être rembourser par l'état certaine personne en détresse sexuel et affectueuse fréquente les prostitué et ne se voit pas attribué se droit.

Enfaite dans de tel condition les handicapés pourraient avoir une meilleur vie sexuelle que certains non handicapé.

Ce n'est pas quelque chose de simple. Je ne sais pas si je pourrais aller aussi loin que masturber la personne. Peut-être qu'on a encore trop de tabous encrés à l'égard du sexe.

Trop tabou ? Ne pas vouloir masturber une autre personne qui ne nous attires pas n'est pas une question de tabou.

La sexualité est un droit fondamental, hors beaucoup de personnes institutionnalisées en sont privées physiquement ou par règlement de l'institution.

Les handicapés ont le droit d'avoir des relations sexuels avec d'autre personnes, ce n'est pas le droit à la sexualité qui est demandé ici mais le droit au proxénétisme.

Si l'insatisfaction sexuelle est à ce point un besoin fondamental, alors il y a le recours à la prostitution, pourquoi mettre les handicapés à part et leur donner un droit sexuel supérieur aux autres ?

:plus:

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Fuel4Life Membre 10 926 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Faux, dans de nombreuses institutions les relations sexuelles sont interdites.

D'autre part, tu ne fais que parler des assistantes sexuelles, mais il existe aussi des assistants sexuels.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 112ans Posté(e)
Encéphale Membre 4 476 messages
Baby Forumeur‚ 112ans‚
Posté(e)

Faux, dans de nombreuses institutions les relations sexuelles sont interdites.

Vous mélangez les choses, il est ici question des assistants sexuels pas des réglementations des institutions.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Fuel4Life Membre 10 926 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Les handicapés ont le droit d'avoir des relations sexuels avec d'autre personnes, ce n'est pas le droit à la sexualité qui est demandé ici mais le droit au proxénétisme.

:hu:

Faux, dans de nombreuses institutions les relations sexuelles sont interdites.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 112ans Posté(e)
Encéphale Membre 4 476 messages
Baby Forumeur‚ 112ans‚
Posté(e)

Les handicapés ont le droit d'avoir des relations sexuels avec d'autre personnes, ce n'est pas le droit à la sexualité qui est demandé ici mais le droit au proxénétisme.

:hu:

Faux, dans de nombreuses institutions les relations sexuelles sont interdites.

C'est toujours hors sujet :hu: .

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Fuel4Life Membre 10 926 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

On ne parle pas de la sexualité des personnes en situation de handicap ? :hu:

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Invité Arsenic504
Invités, Posté(e)
Invité Arsenic504
Invité Arsenic504 Invités 0 message
Posté(e)

:hu:

Faux, dans de nombreuses institutions les relations sexuelles sont interdites.

T'entend quoi pas "institution" ?

( vraiment einh. )

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Fuel4Life Membre 10 926 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Foyer de vie et foyer d'hébergement

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 112ans Posté(e)
Encéphale Membre 4 476 messages
Baby Forumeur‚ 112ans‚
Posté(e)

On ne parle pas de la sexualité des personnes en situation de handicap ? :hu:

On en parle parce que c'est en rapport avec le sujet -les assistants sexuels-, les réglementations des institutions ne s'appliquent pas qu'aux handicapés, on ne va pas autorisé le proxénétisme pour les handicapés parce que la reglementation des institutions est mal faite sa n'a pas de rapport. Un handicapé a autant le droit d'avoir des rapports sexuels dans le lieu adéquate qu'un non handicapé.

Mais il est vrai qu'il ne devrait pas être interdit à un handicapé d'avoir des relations sexuels dans une institutions qui est devenu son lieu de vie principale.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Fuel4Life Membre 10 926 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Bien

Maintenant de l'incapacité physique à avoir une relation sexuelle, ne serait-ce que la masturbation ?

Une personne en situation de handicap qui ne peut pas se nourrir, se laver, se déplacer, lire, avoir des loisirs, va se voir proposer des aides pour aider à compenser son handicap. Pourquoi pour la sexualité ils ne pourraient pas avoir d'aide ?

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Invité som28
Invités, Posté(e)
Invité som28
Invité som28 Invités 0 message
Posté(e)

arsenic : Que la sexualité soit un droit, ça se discute en effet (je pense que oui, si on prends la constitution) ; en tout cas, ce qui est certain, c'est que c'est un besoin fondamental !

La société doit pallier aus besoins des handicapés (rédéfinis par la loi de 2005) ; il ne s'agit pas de "fournir une sexualité", mais de les "aider à"....nuance.

Enfin, ces assistant sexuels, qui existent dans d'autres pays, auraient bien entendu un cadre législatif stricte, qui les différenciraient de la prostitution....Mais sur le fond, je suis assez d'accord avec vous sur la confusion que cela peut entrainer, et je pense que, si on veut aller au bout du raisonnement, peut être devrait on se poser la question de la pénalisation de la prositution ! N'est ce pas la une solution pour mettre fin, justement, au proxénétisme, aux traffics humains, etc....Là, je dis ça juste comme ça, car je n'ai vraiment aucun point de vue là dessus, pour l'instant.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Invité Arsenic504
Invités, Posté(e)
Invité Arsenic504
Invité Arsenic504 Invités 0 message
Posté(e)

arsenic : Que la sexualité soit un droit, ça se discute en effet (je pense que oui, si on prends la constitution) ; en tout cas, ce qui est certain, c'est que c'est un besoin fondamental !

Sans aller jusqu'à un "besoin fondamental" presque vital il est vrais que la frustration peut entraîner de réelle souffrance voir des troubles. Je le nie pas et c'est pour ça que le sujet est très complexe.

La société doit pallier aus besoins des handicapés (rédéfinis par la loi de 2005) ; il ne s'agit pas de "fournir une sexualité", mais de les "aider à"....nuance.

J'm'en doute mais comme t'as pus le remarquer je m’intéresse beaucoup à la façon sont présenter les choses ainsi qu'à l'importance qu'ont les mots qu'on emploie : Parler de "droit fondamental" insinue que quiconque voulant avoir une sexualité se doit de l'avoir. Et qu'un puceau désespéré est un manquement cruel au droit de l'homme biggrin.gif.

Enfin, ces assistant sexuels, qui existent dans d'autres pays, auraient bien entendu un cadre législatif stricte, qui les différenciraient de la prostitution...

Y a pas réellement de différence : "prostitution" est un nom et non pas un statut.

C'est comme pour la discutions que nous avons eu sur l'eugénisme j'ai beaucoup de mal avec cette volonté d'occulter un mots dont la définition correspond.

Alors oui j'admet qu'il y aurais un profonde différence entre les assistant sexuel qui serait plutôt vu comme personnelle soignant même si leurs métier d'origine n'est en aucun lien avec la santé.

Y a pas une différence avec la prostitution c'est une pratique particulière de la prostitution.

Mais sur le fond, je suis assez d'accord avec vous sur la confusion que cela peut entrainer

Moi pas trop, les gens sont stupide et manipulable en général c'est la raison pour laquelle aucun de la grande majorité n'osera taper sur les gentils volontaire "assistant sexuel" de peur de se faire traiter de réac' ou de gros connard.

Ca va se finir comme pour l'homosexualité. Personne n'osera critiquer mais personne n'en voudra dans leurs entourage...

Ce qui l'inquiète plus c'est le risque qu'effectivement on en arrive à ce qu'on ai des abus. Aussi bien de la part des handicapé que des assistant sexuel et des intermédiaire....

et je pense que, si on veut aller au bout du raisonnement, peut être devrait on se poser la question de la pénalisation de la prositution ! N'est ce pas la une solution pour mettre fin, justement, au proxénétisme, aux traffics humains, etc....Là, je dis ça juste comme ça, car je n'ai vraiment aucun point de vue là dessus, pour l'instant.

C'est pas le sujet du débat mais j'répondrait rapidement en disant que le raccolage étant déjà interdit, la pratique de la prostitution dans la rue est illégal pénalisé les prostitué ça ferait juste que certain flics ripoux se ferait plus facilement plaisir par un abus de pouvoir...

Bon pour les clients... J'en sais rien j'ai aucun avis sur si oui ou non la prostitution est une bonne chose.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre+, 53ans Posté(e)
Ocytocine Membre+ 17 770 messages
Forumeur Débutant‚ 53ans‚
Posté(e)

Trop tabou ? Ne pas vouloir masturber une autre personne qui ne nous attires pas n'est pas une question de tabou.

Je pense que si. En tant qu'infirmière ou aide-soignant, tu essuies le caca d'un incontinent. C'est ton métier, tu es là pour le confort et la santé de la personne : personne ne viendra te dire qu'il adore essuyer des selles, mais plein de gens le font. Je pense que dans le même cadre on peut considérer masturber quelqu'un pour son confort et sa santé, même si l'autre nous dégoûte.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Invité som28
Invités, Posté(e)
Invité som28
Invité som28 Invités 0 message
Posté(e)

je parlais de "besoins fondamental", car c'est un terme parmédical qui désigne(comme son nom l'indique :gurp: ) les besoins dont l'être humain ne peut se passer ; il y en a 14 pour virginia henderson (une infirmière très imprégnée par la religion)qui n'a pas parler du besoin de sexualité), et c'est plus complexe pou Maslox (un psychologue américain) qui les décline en pyramide( les besoins physiques à la bases, et les besoins "d'épanouissement" au sommet). Pour lui, aussi, la sexualité est un besoin fondamental.

Sinon, je suis assez d'acord avec toi sauf que je ne pense pas que ce sujet fera l'unanimité dans les foyers français (et l'homosexualit est très critiquée, même par des députés!:o° )

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Bubon baveux de Belzébuth, 38ans Posté(e)
casdenor Membre 11 203 messages
38ans‚ Bubon baveux de Belzébuth,
Posté(e)

Ha, je savait pas, mais les assistantes sexuels auraient toujours des avantages que n'aurait pas une prostitué classique.

Le fait qu'il y ait une structure serait la seule différence, en vérité.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Invité Arsenic504
Invités, Posté(e)
Invité Arsenic504
Invité Arsenic504 Invités 0 message
Posté(e)

C'est sur

mais d'un autre coté la structure en elle même présente certain avantage. . .

D'une dernière chose.

Le fait que ses personne ai un travail principal en parallèle c'est pas du tout, contrairement à ce que certain aimerais croire, un moyen de ne pas faire de proxénétisme.

Mais plutôt d’empêcher "l'assistant sexuel" de voir cela comme un revenus plein et entier.

je parlais de "besoins fondamental", car c'est un terme parmédical qui désigne(comme son nom l'indique :gurp: ) les besoins dont l'être humain ne peut se passer

Justement c'est là que je coince un peu mais bon c'est pas tellement important c'est une différence minime lié au valeur de chacun de nous. J'remet pas en doute einh. J'suis convaincu par ce que tu dis mais je suis persuadé de l'inverse vois tu biggrin.gif

je ne pense pas que ce sujet fera l'unanimité dans les foyers français (et l'homosexualit est très critiquée, même par des députés!:o° )

Le syndrome NIMBY ou le fameux "pas chez moi"

Faudra s'y faire sleep8ge.gif

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Fuel4Life Membre 10 926 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Qu’est ce que le handicap ?

D’après la loi française, le handicap est défini comme " toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant." (article L114 du code l’action sociale et des familles).

Le handicap recouvre ainsi des réalités très diverses : il peut être mental, psychique, physique ou moteur.

S’intéresser à la sexualité des personnes concernées par le handicap nécessite de prendre conscience de ces situations très hétérogènes. Chacune recouvre des besoins différents et nécessite des réponses adaptées particulières.

Le droit des personnes handicapées à la sexualité

La vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap a longtemps été taboue et peu prise en compte par les politiques sanitaires et sociales.

Des textes législatifs internationaux et nationaux traitent de la nécessité de reconnaitre ce droit à la sexualité aux personnes concernées et de mettre en oeuvre les moyens de leur en assurer l’accès :

-- la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations Unies (articles 23 et 25) reconnait aux personnes handicapées le droit de se marier, d’avoir des enfants, d’avoir accès à l’information à l’éducation en matière de procréation et de planification familiale. Le texte précise que les moyens nécessaires à l’exercice de ces droits doivent être fournis.

-- en France, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées instaure la notion de compensation des conséquences liées au handicap : "La personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l’origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie." (article 11). Si la sexualité n’est pas mentionnée de façon explicite, c’est sur cette notion de compensation que les défenseurs de l’assistance sexuelle se basent pour légitimer, d’un point de vue juridique, la mise en place de l’accompagnement sexuel dont le but est de permettre l’accès à ce droit fondamental.

A contrario, les opposants estiment qu’il n’existe pas de droit à la sexualité d’un point de vue juridique : celle-ci est une liberté relevant de la sphère privée, où l’état n’a pas à intervenir.

L’accompagnement érotique et/ou sexuel

L’accompagnement érotique et/ou sexuel consiste à proposer, dans le respect et l’écoute, des services sensuels, érotiques et/ou sexuels à des personnes en situation de handicap, afin de leur permettre de se réapproprier leur corps et d’accéder à la sexualité. Il est exercé par des professionnels rémunérés ayant reçu une formation aux aspects physiques et psychologiques des différents handicaps et qui bénéficient d’un suivi lors de l’exercice de leur activité. L’accompagnant peut prodiguer des services sous forme de massages, caresses, et, dans certains cas, aller jusqu’à l’acte sexuel, qui n’est pas une fin en soi et reste rare. Il peut également aider à la réalisation d’un acte sexuel entre deux personnes étant dans l’impossibilité, du fait de leur handicap, de l’accomplir.

Ce service est légalisé dans de nombreux pays européens (en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark, en Suisse).

En France, la mise en place de ce service soulève des questions juridiques, car il nécessiterait la modification du code pénal concernant deux aspects :

-- les abus sexuels sur personne vulnérable (articles 222-24 et 222-29 du code pénal)

-- la prostitution et le proxénétisme (articles 225-5 à 225-12 du code pénal).

Il se heurte également à de fortes oppositions d’ordre idéologique de la part de personnes l’assimilant à de la prostitution.

L’homme politique Jean-François Chaussy est le porte-parole des associations et organismes défenseurs de l’assistance sexuelle auprès du gouvernement.

Dans un rapport , il présente un plaidoyer pour la règlementation de ce service en France, et en définit le cadre : l’accompagnement sexuel serait réservé aux personnes "n’ayant pas accès à leur propre corps" et exclurait l’acte sexuel. La mise en place d’un cadre éthique et juridique est jugée indispensable pour éviter toute dérive. De même, la notion du consentement éclairé de la personne demandeuse est présentée comme fondamentale.

-- Pour aller plus loin sur les propositions en France en faveur de l’assistance sexuelle, consulter le chapitre Vie affective et sexuelle consacré au sujet (extrait du rapport sur l’amélioration de vie des personnes en situation de handicap, présenté à l’assemblée nationale par Jean François Chossy, novembre 2011).

En Suisse, l’assistance sexuelle est reconnue et réglementée depuis 2007. Elle est prodiguée par des personnes ayant eu une formation spécifique et qui exercent parallèlement une autre profession. Ce service est accessible également aux personnes handicapées mentales.

-- Pour en savoir plus sur le métier d’assistant sexuel, lire l’article Assistants sexuels : corps solidaires pour corps solitaires, (magazine Faire Face, n° 684, février 2011).

Les arguments de ceux qui sont pour

Pour ses défenseurs, l’accompagnement érotique et/ou sexuel est une réponse parmi d’autres, adaptée à certaines situations précises qui n’a pas la prétention de résoudre toutes les questions relatives à la sexualité des personnes handicapées.

Elle répond à une demande légitime de certaines personnes qui sont dans l’impossibilité, due à leur handicap, d’utiliser leur corps et de vivre leur sexualité . Cette incapacité est une cause de grande souffrance. Le droit français précise que toute personne souffrant d’un handicap a droit à la compensation de celui-ci.

Une aide humaine extérieure est dans ces cas là indispensable. Si elle est prodiguée par des professionnels formés aux spécificités du handicap et à la psychologie, avec un suivi, dans un cadre éthique et juridique précis, les dérives dont s’inquiètent les opposants devraient selon eux, être écartées.

Ce service permettrait de répondre à des situations difficiles à gérer par des tiers (professionnels et parents démunis face aux demandes sexuelles et à la souffrance des personnes concernées, recours illégal à la prostitution...).

Enfin, ils considèrent que la rémunération est justifiée par une prestation professionnelle réglementée, alors que des initiatives non cadrées peuvent ouvrir la porte à des dérives.

D’autres pistes pour améliorer l’accès à la sexualité

Aujourd’hui, la question de la sexualité des personnes en situation de handicap est encore taboue et trop peu traitée. Elle nécessite d’être reconnue et défendue.

D’autres moyens pour permettre l’accès des personnes en situation de handicap à une vie affective et sexuelle épanouie sont à développer :

-- mettre en place une éducation affective et sexuelle dès le plus jeune âge adaptée aux besoins et aux formes de handicap

-- travailler à la possibilité d’avoir une vie sexuelle dans les institutions, à des aménagements pour des vies en couple

-- lutter pour une meilleure intégration des personnes handicapées dans la société, afin qu’elles aient une vie sociale comme tout un chacun, leur permettant de faire des rencontres amicales ou amoureuses.

source

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre+, 53ans Posté(e)
Ocytocine Membre+ 17 770 messages
Forumeur Débutant‚ 53ans‚
Posté(e)

Qui paierait pour cette assistance ? Le handicapé ou la sécurité sociale ?

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
Fuel4Life Membre 10 926 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Cela est à établir dans le cadre justement.

Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.


×