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Harcèlement sexuel en Egypte: quand le cinéma brise le silence


metal guru

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metal guru Membre+ 33 623 messages
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forum Vendredi 25 novembre - 16:52[/DATE]
Le bus «678» mène droit à l'enfer. Fayza, mère de famille égyptienne, est forcée de le prendre chaque jour et d'y subir les attouchements les plus répugnants



    Avec 678, son premier long métrage, le cinéaste Mohammed Diab brosse un portrait sans complaisance de la société égyptienne, à travers le destin de trois femmes. Unies par leur décision de ne plus être des victimes silencieuses, elles porteront ensemble pour la première fois un cas de harcèlement sexuel devant la justice cairote. Projeté aujourd'hui et demain dans le cadre du Festival des droits humains (qui se poursuit jusqu'au 13 mars), le film est inspiré d'histoires vraies, notamment de la première condamnation pour violence sexuelle que la justice égyptienne ait connue. C'était en 2008. Autant dire que 678 a crée le buzz au Caire.
    Le réalisateur signe ainsi une oeuvre d'avant garde, autant sur le fond que sur la forme, qui lui a valu trois procès. Porté par le Printemps arabe, il souhaite désormais mettre en image les évènements qui ont secoué la place Tahrir en février dernier. La chute de Hosni Moubarak en ligne de fond, Mohamed Diab raconte sa volonté franche de faire changer les mentalités dans une société où le tabou sexuel règne en maître. Rencontre.
    
    678 amène le thème du harcèlement sexuel pour la première fois dans les cinémas égyptiens. Pourquoi ce film?
    
    Mohamed Diab:Le harcèlement sexuel sévit en Egypte depuis longtemps, mais les hommes en entendent peu parler. J'ignorais l'ampleur du phénomène jusqu'il y a trois ans, époque à laquelle un cas de gang bang en pleine foule a été très médiatisé. Des hommes qui ne se connaissaient pas ont harcelé des femmes au milieu de la rue. Depuis lors, la société a commencé à s'y intéresser. J'ai entrepris d'interroger des filles pour cerner l'envergure du fléau. J'ai été très choqué! Dès qu'il y a une foule, il y a du harcèlement sexuel. Dans les transports publics, partout. C'est un désastre. Il traverse toutes les classes sociales. Il fallait faire un film.
    
    Depuis sa sortie, la loi a d'ailleurs changé: le harcèlement sexuel est maintenant considéré comme un crime en Egypte.
    
    Oui. C'est un pas en avant, mais le problème ne se situe pas tant au niveau de la loi qu'au sein des mentalités. La communauté a une conception tronquée des victimes. On les considère comme des filles cassées pour lesquelles on ne peut plus rien faire, ce qui est totalement faux. En même temps, je voulais aussi expliquer aux hommes qu'un attouchement peut détruire une vie. Le cinéma a cette faculté de vous faire vivre le parcours de n'importe qui, depuis l'intérieur.
    
    Vous «démantelez» un tabou très puissant...
    
    Oui, nos mères, nos soeurs, nos femmes ne nous disent rien. Comment être au courant au milieu de ce silence? Les gens sont terrassés par la honte et la peur de faire souffrir leur entourage. Or, cette souffrance est une aide précieuse pour d'autres victimes. C'est pourquoi mon film leur dit: vous avez le droit de vous plaindre. Et toute personne qui se tait aujourd'hui est en partie responsable des prochaines agressions. 678 vise essentiellement à briser le silence.
    
    Sa sortie, un mois avant la chute de Hosni Moubarak, a crée le buzz au Caire. Pari gagné?
    
    Rien n'est gagné, mais je suis optimiste. Les femmes ont salué sa venue. Il y a eu une explosion de plaintes officielles. Des personnes m'ont confié avoir déposé leur cas après avoir vu le film. Mais au début, beaucoup de personnes respectables pensaient que j'avais exagéré la situation. Ce soupçon serait resté si j'avais été une femme. On ne m'aurait pas pris au sérieux. Alors que réalisé par un homme, le film incite davantage les gens à se rendre compte de la véracité du problème. Quel intérêt aurais-je en effet à leur mentir?
    A la fin des projection, les hommes se retiraient, laissant passer les femmes avant eux. Que ce soit une preuve de crainte ou de respect, peu importe. Cela n'arrive jamais en Egypte.


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forum Source: lecourrier.ch
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A part ça y a les pyramides dans ce beau pays ! :bo:

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