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Réforme de la psychiatrie


Invité Marinelou

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Invité Marinelou
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Invité Marinelou
Invité Marinelou Invités 0 message
Posté(e)

C'est passé presque inaperçu.

Le gouvernement UMP propose sa loi visant à criminaliser la folie.

Loin d'une analyse de fond sur la maladie mentale, cette loi est née du cerveau malade de Sarkozy suite à un fait divers en 2008 : un schizophrène avait fugué de l'hôpital et poignardé un adolescent. Le président s'est dit "choqué"...

S'en suivent des mesures répressives contre tous les patients :

- Création de 4 unités pour malades difficiles (UMD) supplémentaires, alors qu'il n'en n'existe actuellement que 5 en France;

- Création d'unités fermées et de chambres d'isolement à la sécurité renforcée dans chaque hôpital psychiatrique si besoin;

- Obligation de soins hors hospitalisation pour toute personne présentant des troubles mentaux, même sans consentement (sans précision sur les possibilités de mise en application d'une telle mesure);

- "Géolocalisation" des patients dangereux et fugueurs, en les équipant d'un dispositif électronique;

- Obligation de validation par le préfet de toute sortie d'essai ou définitive d'un patient hospitalisé d'office après l'avis de deux psychiatres et d'un cadre infirmier;

- Et enfin, création d'un fichier sur les hospitalisations d'office

C'est assimiler les patients relevant de la psychiatrie à de dangereux criminels.

C'est pervertir la mission de soin des équipes soignantes qui deviennent les policiers sanitaires.

C'est nier l'évidence scientifique qui démontre que les malades mentaux ne sont pas plus criminels que les personnes dites normales.

C'est mépriser le travail de la psychiatrie déjà en sous-effectif et à qui on ajoute des tâches répressives.

(70 millions sont alloués à ces mesures, non pour la création de personnels mais pour la construiction de nouvelles prisons sanitaires).

source

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Membre, 38ans Posté(e)
Y-S Membre 531 messages
Baby Forumeur‚ 38ans‚
Posté(e)

Si un jour je découvrais que je suis un possible danger pour les autres, je trouverais ça rassurant de savoir que je suis surveillé, même si je sais qu'en étant malade j'aurais peut-être perdu conscience de ça.

Le peu que je connais du sujet par contre me fait plutôt dire qu'il faudra se méfier (comme toute loi) des applications qui ne sont pas explicitement détaillées.

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Invité Marinelou
Invités, Posté(e)
Invité Marinelou
Invité Marinelou Invités 0 message
Posté(e)
Si un jour je découvrais que je suis un possible danger pour les autres, je trouverais ça rassurant de savoir que je suis surveillé, même si je sais qu'en étant malade j'aurais peut-être perdu conscience de ça.

Eh bien, sois en sûr : tu es un danger potentiel pour les autres. Tout autant qu'un schizophrène.

Alors ? on te surveille puis que tu es d'accord ? Camisole chimique ? bracelet électronique ou incarcération ?

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Membre, 35ans Posté(e)
Ved Membre 3 967 messages
Baby Forumeur‚ 35ans‚
Posté(e)
Eh bien, sois en sûr : tu es un danger potentiel pour les autres. Tout autant qu'un schizophrène.

Une personne "malade" mentalement n'a t-elle pas moins de chances de réussir à se retenir "par la morale" de commettre un crime?

Quoiqu'il en soit je n'aime pas du tout cette réforme.

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Membre, 38ans Posté(e)
Y-S Membre 531 messages
Baby Forumeur‚ 38ans‚
Posté(e)
Eh bien, sois en sûr : tu es un danger potentiel pour les autres. Tout autant qu'un schizophrène.

Alors ? on te surveille puis que tu es d'accord ? Camisole chimique ? bracelet électronique ou incarcération ?

Si un seuil cohérent était fixé pour prendre une telle décision, et que la règle était la même pour tous, alors oui je pense que si j'étais jugé dangereux pour autrui il me faudrait accepter une décision de ce genre.

Et si je peux choisir, le bracelet me va au fait, tu l'as avec un joli motif?

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Membre, 114ans Posté(e)
Undead Rex Membre 1 585 messages
Baby Forumeur‚ 114ans‚
Posté(e)
Eh bien, sois en sûr : tu es un danger potentiel pour les autres. Tout autant qu'un schizophrène.

Démonstration s'il te plait.

Affirmer que le péquin moyen est aussi dangereux qu'un schizophrène ça sent bon la franche poilade. /em va chercher le pop-corn.

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Invité Marinelou
Invités, Posté(e)
Invité Marinelou
Invité Marinelou Invités 0 message
Posté(e)
Une personne "malade" mentalement n'a t-elle pas moins de chances de réussir à se retenir "par la morale" de commettre un crime?

Peu importe : il n'y a pas plus de crimes commis par des malades que par des gens jugés sains.

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Membre, 114ans Posté(e)
Undead Rex Membre 1 585 messages
Baby Forumeur‚ 114ans‚
Posté(e)

Là encore : source ?

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Membre, 38ans Posté(e)
Y-S Membre 531 messages
Baby Forumeur‚ 38ans‚
Posté(e)
Démonstration s'il te plait.

Affirmer que le péquin moyen est aussi dangereux qu'un schizophrène ça sent bon la franche poilade. /em va chercher le pop-corn.

Potentiellement tout homme vivant est un risque pour les autres, à ce niveau là je comprends ce que Marinelou voulait dire (il n'y a pas besoin de maladie pour que des événements tragiques arrivent).

Par contre, s'il y a des risques accrus (qui ne changent pas le potentiel dangereux, mais augmente ses chances de manifestation), alors il n'y a rien de mal à prendre des mesures préventives tant qu'on reste dans un principe de respect de la vie humaine, de l'individu, et d'égalité face à la prise de décision concernant ces mesures.

edit: des chiffres seraient pas mal pour faire une comparaison en effet.

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Membre, 114ans Posté(e)
Undead Rex Membre 1 585 messages
Baby Forumeur‚ 114ans‚
Posté(e)
Potentiellement tout homme vivant est un risque pour les autres, à ce niveau là je comprends ce que Marinelou voulait dire (il n'y a pas besoin de maladie pour que des événements tragiques arrivent).

Non, ce que Marinelou a dit c'est que le péquin moyen est aussi dangereux qu'un schizophrène. Pour en avoir approché de près de par mon boulot c'est une énormité sans nom.

Si encore elle avait fait un distingo du genre "certaines personnes normales sont aussi dangereuses que ..."

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Invité s
Invités, Posté(e)
Invité s
Invité s Invités 0 message
Posté(e)

Je suis contre cette réforme dans la mesure ou les psychiatres sont contre et que c'est eux qui soignent les malades, donc leur avis est important. Sinon, je pense que Sarkozy ferait mieux de trouver des solutions pour des gens qui sortent de prison et qu'on laisse sortir alors qu'ils sont considérés comme dangereux, exemple pour le cas de certains pédophiles.

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Membre, 38ans Posté(e)
Y-S Membre 531 messages
Baby Forumeur‚ 38ans‚
Posté(e)

Des chiffres m'aideraient à trouver une tendance (méfiance vis à vis des statistiques), car je ne suis pas sûr de ça.

C'est à coupler à d'autres infos, mais le docteur Langstrom en Suède par exemple a l'air d'y avoir consacré des études parues en 2009 et 2010: La schizophrénie n'augmente pas le risque de crime violent - Idem pour le désordre bipolaire (ça se dit comme ça?)

Edit: pour résumer le cas des schizophrènes, 5% de la population saine est dangereuse, 8% des schizophrènes non drogués aussi, 28% des schizophrènes avec consommation excessive de drogue le sont.

re-Edit: pour les troubles bipolaires: 3% / 5% / 21%

En absence de drogue VS en présence de drogue on devine effectivement un fort impact de cette consommation, mais il n'empêche que par rapport à la population saine, les malades (même sans drogue) passent plus à l'acte.

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Invité Marinelou
Invités, Posté(e)
Invité Marinelou
Invité Marinelou Invités 0 message
Posté(e)

Quelques sources alors :

"De nos jours, les communiqués de presse ayant trait à la maladie mentale ont tendance à insister sur le fait qu'un soi-disant lien existe entre la violence et la maladie mentale. Les reportages suggèrent souvent qu'une forte relation existe entre la maladie mentale et le crime. Pourtant, la majorité des gens qui sont violents ne sont pas atteints de maladies mentales. En fait, les gens atteints d'une maladie mentale sont plus susceptibles d'être la victime d'un acte de violence que de le commettre."

source

Maladies mentales et violences

Deux pièges nous guettent dans l'étude des rapports entre schizophrénie et violence :

¿ assimiler schizophrénie et crime, en stigmatisant le malade schizophrène comme criminel en puissance ;

¿ oublier que nombre de schizophrènes dans leur évolution peuvent être amenés à des passages à l'acte violents, notamment au moment des poussées processuelles et quand il existe une rupture du contrat de soins et de la prise du traitement.

Dans un remarquable travail de synthèse publié en 2002, Walsh et al. [20] reprennent l'ensemble des études centrées sur le rapport entre violence et schizophrénie. Dans les études de populations de patients schizophrènes avant ou pendant et après la sortie, il apparaît bien que la prévalence de la violence est maximum, touchant 20 % de la population étudiée, avant et pendant l'accès aigu de la maladie. Cette prévalence n'est que de 9 % après la sortie. Walsh et al. rappellent que la prévalence de la violence est moins élevée dans la schizophrénie que pour d'autres pathologies psychiatriques : elle est de 19 % dans les épisodes dépressifs majeurs, 15 % dans les troubles bipolaires, 29 % dans les addictions et, surtout, 25 % dans les troubles de la personnalité. La comparaison de groupes de schizophrènes à la population générale ou à des groupes témoins montre que les excès d'actes violents dans les groupes de schizophrènes sont retrouvés entre un facteur 4 pour l'étude de Wessely (1994) et un facteur 12 dans l'étude de cohorte prospective de Tiihonen (1997). Les études de prévalence dans la communauté comme celle de Swanson (1990) montrent que 8 % des patients atteints de schizophrénie sont violents, versus 2 % de ceux qui n'ont aucun trouble psychiatrique [20]. En cas d'abus de substances, alcool ou drogues, ce pourcentage passe à 30 %. Dans l'étude de Haffner et Boder, rétrospective sur 10 ans, le risque de passage à l'acte violent est sensiblement identique dans la population de malades mentaux et la population générale : les actes imputables aux malades mentaux représentent 3 % des actes violents et 5,6 % des meurtres et homicides [20]. Il faut tempérer ces chiffres en prenant en compte le fait que la désocialisation et la précarisation majorent le risque de passage à l'acte violent dans un facteur supérieur à dix dans nombre de travaux internationaux.

S. Hodgins, dans un travail publié en 2004 [5], montre bien que les facteurs prédictifs de la violence chez les schizophrènes sont au nombre de quatre : la prise d'alcool, la consommation de drogues, la coexistence de troubles de la personnalité de type psychopathique et, surtout, une rupture dans la prise en charge avec arrêt traitement. Dans ce travail particulièrement riche, les auteurs mettent l'accent sur le rôle majeur de la surveillance et de la prévention joué par le psychiatre et son équipe pour les actes délictueux effectués par les personnes souffrant de troubles mentaux. Ils insistent sur la nécessité d'un programme thérapeutique rigoureux et prolongé dans le temps avec des évaluations répétées des facteurs de risque et s'interrogent sur les difficultés des hôpitaux psychiatriques généraux à assurer la prise en charge en leur sein de patients schizophrènes ayant pu être violents.

Le maintien durable d'un suivi longitudinal du patient schizophrène est donc le problème majeur avec la nécessité d'un travail en réseau pour établir et maintenir l'insertion professionnelle et familiale. De la même façon, la nécessité d'un travail sur la prise en charge partenariale des personnalités psychopathiques apparaît bien dans notre pays où ces psychopathologies ne sont surtout connues que des équipes des SMPR et des UMD.

source

les crimes violents chez les personnes souffrant de troubles mentaux seraient dus davantage à des abus de drogues et d'alcool qu'à des facteurs inhérents à la maladie.

le docteur Fazel, un brin provocateur, estime qu'il est plus dangereux de passer devant un bar tard le soir qu'à côté d'un hôpital psychiatrique...

source

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Membre, 74ans Posté(e)
jp1 Membre 803 messages
Baby Forumeur‚ 74ans‚
Posté(e)

La psychiatrie en prison relève exclusivement de la farce. L'expertise , en cours d'instruction dure au mieux 15 mn...Il faut jouter un pseudo suivi psy, fait par une élève , qui ignore tout ,non seulement du milieu dévolu à la personne concernée, n'a aucunement les connaissances nécessaires pour exercer, mais n'a en fait qu'un but s'instruire sur des cas réels...Ce n'est pas exclusivement la psychiatrie qu'il faut réformer ,mais l'ensemble à savoir, les prétendus experts, élaborer une véritable réflexion ,incluant les responsabilités, en aucun cas ne laisser cette initiative à Nabotléon , il s'avère aussi ignare dans ce domaine que dans le reste , ne possédant aucune formation (sa capa lui fut accordée par ses pairs et non sur enseignement)

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Membre, 38ans Posté(e)
Y-S Membre 531 messages
Baby Forumeur‚ 38ans‚
Posté(e)
Les études de prévalence dans la communauté comme celle de Swanson (1990) montrent que 8 % des patients atteints de schizophrénie sont violents, versus 2 % de ceux qui n'ont aucun trouble psychiatrique [20]. En cas d'abus de substances, alcool ou drogues, ce pourcentage passe à 30 %. Dans l'étude de Haffner et Boder, rétrospective sur 10 ans, le risque de passage à l'acte violent est sensiblement identique dans la population de malades mentaux et la population générale : les actes imputables aux malades mentaux représentent 3 % des actes violents et 5,6 % des meurtres et homicides [20]

Ce que je vois ici, comme pour l'autre source que je cite, c'est que des facteurs autres que la maladie augmentent fortement le taux de passage à l'acte, mais ça ne veut pas dire pour autant que la maladie seule ne change rien! La preuve même dans ta citation, il y a 4 fois plus de passage à l'acte chez les schizophrènes!

Quant aux chiffres qui minimisent les actes violents de malades mentaux, ça me parait logique qu'il y en ait moins à passer à l'acte s'il la majorité de la population n'est pas atteinte...

D'ailleurs, on se focalise pas mal sur la schizophrénie, mais on est d'accord que ce projet concerne toutes les maladies mentales jugées potentiellement dangereuses?

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Invité Marinelou
Invités, Posté(e)
Invité Marinelou
Invité Marinelou Invités 0 message
Posté(e)
D'ailleurs, on se focalise pas mal sur la schizophrénie, mais on est d'accord que ce projet concerne toutes les maladies mentales jugées potentiellement dangereuses?

Oui absolument même si le point de départ de la communication de Sarkozy s'est appuyé sur un fait divers en rapport avec un schizophrène.

Je ne mélange pas la légitimisation et le fond de cette loi repressive.

Ces mesures trouvent leur légitimité chez les citoyens par la sollicitation des peurs de la population. Il est indéniable que le fou dangereux fait peur à tout le monde. Et dans l'esprit de beaucoup, cette loi pourrait même permettre de mieux contrôler les crimes des pervers (mais les violeurs, tueurs en série etc... n'ont évidemment rien à faire dans des établissements de psychiatrie sauf si une comorbidité existe).

Bref dans les esprits, le schizophrène cristallise le crime, il est un bouc émissaire de plus.

Maintenant dans le fond, au delà des aspects idéologiques qui font penser à une dérive vers un état policier, cette loi est une réponse de répression à une problématique de soins. On répond au manque de moyens de la psychiatrie française par l'emprisonnement des fous présumés dangereux non plus par les psychiatres mais par le préfet.

L'autre volet est l'obligation de traitement. Elle existe déjà en hospitalisation mais cette loi veut l'étendre en ville et ce, sans moyens supplémentaires. C'est juste impossible. Pour s'en convaincre, il suffit de connaître les délais d'obtention d'un rendez-vous à l'hôpital ou en CMP pour apprécier la charge de travail des équipes.

Bref, je pense que cette loi est dédiée aux schizophrènes mais si elle l'était aux patients atteints de maladie mentale, elle concerne aussi les toxicomanes, les alcooliques, les dépressifs qui on l'a vu sont plus criminels que les schizophrènes.

Alors on enferme ou on soigne ?

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Membre, 38ans Posté(e)
Y-S Membre 531 messages
Baby Forumeur‚ 38ans‚
Posté(e)

Dans les propositions de ce projet, je vois autant de suivi et d'obligation de soin que d'enfermement... Donc pourquoi opposer l'un et l'autre?

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Membre, "Contraria contrariis curantur", Posté(e)
Valtesse Membre 6 551 messages
"Contraria contrariis curantur",
Posté(e)
Alors on enferme ou on soigne ?

On guillotine.

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Invité Marinelou
Invités, Posté(e)
Invité Marinelou
Invité Marinelou Invités 0 message
Posté(e)

tiens tiens... le troll de service...

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Membre, "Contraria contrariis curantur", Posté(e)
Valtesse Membre 6 551 messages
"Contraria contrariis curantur",
Posté(e)

Les insultes commencent...chassez le naturel, il revient au galop!

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