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Pourquoi ne pas ré-haussmanniser l'agglomération parisienne ?


Kefta

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Membre+, Vendeur de rêve, 36ans Posté(e)
I_Love_Myself Membre+ 7 363 messages
36ans‚ Vendeur de rêve,
Posté(e)
Ne serait-il pas plus raisonnable que l'Etat tente réellement de favoriser l'émergence de 10-15 villes de province d'1 million d'habitants (par une délocalisation sérieuse de certaines administrations par exemple) plutôt que d'accroître toujours plus l'araignée ?

Déjà fait, 1964. Ta réflexion a juste 50 ans de retard :/

"Institution de huit métropoles d'équilibres à partir de 1964. Il s'agit de villes seules comme de groupes de villes en réseaux : Lille-Roubaix-Tourcoing, Metz-Nancy, Strasbourg, Nantes-Saint-Nazaire, Lyon-Saint-étienne-Grenoble, Bordeaux, Toulouse, Marseille, et des centres régionaux de plein exercices (Rennes, Nice, Dijon, Clermont-Ferrand) qui vont accueillir des grands équipements et des infrastructures lourdes afin de rayonner sur les villes moyennes de leur environnement régional."

Pour ce qui est d'aujourd'hui, l'Etat n'a pas les moyens d'engager de politiques d'aménagement nationales. Ca coûte des milliards. L'Etat était présent, très, trop présent pendant les 30 glorieuses et à dépenser quitte à faire des énormes boulettes (ce qu'on appelle aujourd'hui les banlieues, l'aménagement du littorial, ..).

Aujourd'hui, l'argent il est dans les collectivités locales (Région / Département / Communes).

Et donc l'argent c'est :

#1: La taxe professionnelle

#2: Les impôts locaux

#3: les DGF (dotation globale de fonctionnement) de l'Etat vers les collectivités territoriales.

Sauf qu'aujourd'hui, réforme des collectivités territoriales et de la fiscalité locale.

- Suppression de la TP: les collectivités perdent en quelques sortes leur pouvoir de financement. Quand une ville se battait pour avoir des entreprises, et avoir de la TP, aujourd'hui cela ne sers à rien. Seules les entreprises "tertiaires" vont rapporté.

- Les Dotations de l'Etat baisse drastiquement d'années en années.

- Il reste une source de financement: nos impôts, qui, si on veux garder un niveau acceptable de financement, exploserons sous peine de perte de nombreux services locaux.

Voilà c'était mon petit topo d'aménagement du soir. J'espère vous avoir appris quelque chose ^^

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Invité Simplicius
Invités, Posté(e)
Invité Simplicius
Invité Simplicius Invités 0 message
Posté(e)

Je n'ai jamais prétendu que cette idée n'avait jamais été évoquée. Elle a notamment été développée dans l'ouvrage, publié en 1947, de Jean-François Gravier "Paris et le désert français".

Jean-François Gravier

Les métropoles d'équilibre n'ont été qu'une ébauche et ont globalement été contrebalançées par la création des "villes nouvelles" qui ont notamment fait de la banlieue parisienne un ensemble ingérable et congestionné.

En outre, je ne crois pas qu'on puisse arguer aujourd'hui que la France dispose (peut-être à l'exception de Lyon et Marseille) de véritables villes de dimension européenne en dehors de Paris. Ce qui est loin de créer un dynamisme exceptionnel de la capitale qui rejaillirait sur l'ensemble du pays. En dépit de son aspect tentaculaire, l'Ile de France n'occupe, en termes de PIB, que la 6e place des 271 régions de l'Union européenne. Mais parmi les régions qui dépassent 125 % de la moyenne européenne, alors que huit sont allemandes, cinq britanniques et quatre italiennes, une unique est française.

Résumé de l'étude Eurostat

Les collectivités territoriales peuvent s'essayer à soutenir le développement économique (c'est notamment dans les attributions de la Région) mais soyons sérieux : contrairement à ce que tu affirmes, ce ne sont absolument pas elles qui ont les réelles manettes financières en France. Non seulement elles n'ont pas la réelle maitrise de leurs ressources (décidées en immense partie par l'Etat que ce soit par la part très importante de la Dotation globale de fonctionnement au détriment des ressources propres qui font parler de néocentralisme ou que ce soit par la détermination légale du taux maximum d'imposition des taxes locales) mais en outre leurs dépenses obligatoires dans les domaines dévolus par la loi (entretien des lycées pour les régions par exemple) ne leur offre pas de réelle marge de manoeuvre.

Contrairement à ce qui est trop souvent assené, seul l'Etat a les moyens de mettre en oeuvre des politiques nationales d'envergure. Ne serait-ce que parce qu'il constitue la seule collectivité territoriale (au sens juridique du terme) à pouvoir adopter un budget en déficit.

En outre, lui seul peut décider du transfert du siège d'administrations sur le territoire national et non les collectivités locales. Il est du coup à noter la frilosité française en ce domaine : qu'on se rappelle les difficultés de Cresson pour transférer l'ENA à Strasbourg (ENA qui continue de disposer de locaux à Paris). Le déménagement du Musée de la Marine, un temps évoqué, a été abandonné.

Pourquoi certaines entités administratives de création relativement récente comme la HALDE ou le CSA n'ont pas vu leur siège installé en province ?

En Allemagne, il n'existe pas un centralisme aussi délirant ni autour de Berlin ni autour de l'ancienne capitale Bonn. La BCE est à Francfort, la Cour Constitutionnelle à Karlsruhe. Et il ne s'agit pas là d'organes dépendant des Landers.

Je me répète donc : plutôt que de fantasmer sur un Paris de 8-10 ou pourquoi pas 15 millions d'habitants, c'est à dire une ville qui n'est plus à taille humaine, qu'il est impossible de traverser à pied et qui ne peut que connaître des problèmes de congestion et de mauvaise administration, pourquoi ne pas décider une réelle politique d'harmonie territoriale par la constitution de 10, 15 ou 20 villes d'1 million d'habitants qui allieraient dynamisme permettant leur intégration dans l'économie européenne (on en est très loin) et qualité de vie ?

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Membre, Posté(e)
williama Membre 3 892 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)
Et donc l'argent c'est :

#1: La taxe professionnelle

...

Sauf qu'aujourd'hui, réforme des collectivités territoriales et de la fiscalité locale.

- Suppression de la TP: les collectivités perdent en quelques sortes leur pouvoir de financement. Quand une ville se battait pour avoir des entreprises, et avoir de la TP, aujourd'hui cela ne sers à rien. Seules les entreprises "tertiaires" vont rapporté.

...

Voilà c'était mon petit topo d'aménagement du soir. J'espère vous avoir appris quelque chose ^^

On a surtout appris des infos erronées. La taxe prof n'a pas été supprimé, elle a été réaménagé subtilement en "cotisation foncière des entreprises". j'ai eu la joie de recevoir la mienne en tant qu'entrepreneur en décembre sensiblement égale à l'ancienne TP. Certains de mes collègues ont eu la fâcheuse surprise de constater que son montant était même supérieur à l'ancienne taxe ... voire beaucoup plus!!!

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Membre+, Vendeur de rêve, 36ans Posté(e)
I_Love_Myself Membre+ 7 363 messages
36ans‚ Vendeur de rêve,
Posté(e)

Comme je me plaçait du point de vue de la collectivités, il faut prendre en compte que la TP n'est plus.. vraiment la TP.

Cette CFE s'appuie sur d'autres critères qui font que ce ne sont plus les industries lourdes qui ramène l'argent, mais plutôt le secteur tertiaire (ce qui explique des tas de choses pour les entreprises qui paient +).

Mais pour la collectivité, elle recevra "l'équivalent de ce qu'elle percevait". Ce qui va dire que l'Etat va leur donner l'équivalent de ce qu'elle recevait avant, et donc que la collectivité ne fixe plus réellement le taux d'imposition etc etc.. C'est très (trop) schématisé mais bon.

Sinon pour Simplicius, je suis totalement d'accord.

La France, par la taille de Paris a les caractéristiques d'un pays en voie de développement (macrocéphalie d'une ville) et aucune réelle autre ville à mettre en balance.

Pour ce qui est des financement. Certes l'Etat à toujours les possibilité de mettre en oeuvre ce genre de politique.. sauf qu'il n'est pas au goût du jour de dépenser.. Et surtout de se re-endetter.

Y'a autant de chance de voir l'Etat mettre en oeuvre aujourd'hui une politique comme celles des 30 glorieuses que de découvrir que le sol français contient des montagnes d'or et de pétrole. M'enfin je n'en serai qu'agréablement surpris si l'Etat ouvrais le robinet..

Tu es géographe à l'université ? Car tes propos me font vraiment penser à la vision qu'on m'apprenez quand j'était en Géo avant de partir en urbanisme/aménagement.

Et aussi, comparer organisation des villes en France et en Allemagne n'est pas tout à fait cohérent. Outre l'histoire qui a fait que l'Allemagne ne s'est pas construite autour d'une "superville", c'est un Etat fédéral et donc l'Etat n'a pas du tout le même "pouvoir" que les collectivités locales. Particulièrement les landers.

Je pense que déjà, si la décentralisation avait eu lieu dans les années 50, avant que le pognon arrive à flot.. Les villes de second rang serait aujourd'hui plus propre des 2 millions que de 1.

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Invité Simplicius
Invités, Posté(e)
Invité Simplicius
Invité Simplicius Invités 0 message
Posté(e)

J'ai bien précisé que pour l'Allemagne je ne parlais justement pas d'organismes relevant des Lander. En outre, l'Histoire ne peut tout expliquer car le dynamisme économique ne remonte pas au Saint Empire mais davantage au XIXe et à l'époque de Bismark alors même qu'une Prusse d'essence plutôt centralisatrice était à l'oeuvre. Mais abandonnons l'exemple allemand puisqu'il te chagrine. Je ne retiendrai même pas l'Italie, en dépit de son fort centralisme du Risorgimento jusqu'aux années 70-80.

Prenons l'Angleterre ! Comme construction étatique d'essence centraliste avec une capitale forte sur plusieurs siècles, c'est à dire sosie de la France, on fait difficilement mieux. Or si Londres est sans surprise en tête du classement, il n'en demeure pas moins que figurent parmi les 20 premières régions européennes les Berkshire-Buckinghamshire-Oxfordshire et même le North Eastern Scotland. Le centralisme politique n'est donc pas, par essence, synonyme de concentration quasi totale des activités sur la capitale et de désertification accélérée du reste du territoire.

Communiqué de presse d'Eurostat

Les pesanteurs inhérentes au jacobinisme français nécessitent cependant de ne pas compter sur une prise de conscience spontanée des acteurs économiques de l'aberration d'une concentration parisienne stérile mais appellent une action volontaire de l'Etat. Les sommes abyssales gaspillées dans le Grand Emprunt bien souvent pour donner un coup de peinture et relancer le bâtiment par des dépenses stériles montrent que l'Etat est capable de débourser (même si ses choix sont parfois déraisonnables). Et de toute façon, une "réhaussmannisation" du Grand Paris ne pouvant se faire sans le concours financier de l'Etat, n'est-il pas préférable que les dépenses correspondantes soient affectées à tirer le reste du territoire de son endormissement ? Rien n'est irréversible ! Tout est affaire de volontarisme.

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