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Au fil du temps


Jano

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Membre, 56ans Posté(e)
Jano Membre 29 messages
Baby Forumeur‚ 56ans‚
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Chapitre I : De Napoléon aux Carolingiens

Si, comme dans les contes, on m'offrait la possibilité d'exaucer un v¿u, il serait vite trouvé. Je demanderais à arpenter la trame du temps en demeurant invisible et impalpable tel un esprit errant. Je choisirais cette forme évanescente pour me prémunir de toute agression mais aussi pour empêcher une action intempestive de ma part. Nul ne sait ce qu'il peut advenir du futur si la moindre parcelle du passé venait à être modifiée.

Je commencerais alors à m'enfoncer dans les profondeurs de l'histoire, vers des époques qui m'ont toujours fasciné. Je franchirais comme un météore les temps modernes qui ne m'intéressent pas spécialement tant nous disposons de documents pour les connaître. Il faut dire que personne ne prendrait le même chemin dans un voyage à travers le temps, chaque destination répondant à des goûts personnels. Pour ma part, ce sont surtout les époques reculées, obscures, où le peu de vestiges découverts laissent de grandes parts d'ombres que je viserais. Il me sera difficile de garder une progression linéaire dans cette aventure, bien souvent obligé de faire des sauts en avant ou en arrière selon les circonstances et les continents parcourus. J'espère ne pas égarer le lecteur dans le flot des dates !

Sur ma progression vers ces âges lointains je ferais néanmoins quelques arrêts. Ainsi ma première étape me conduirait en 1805 au c¿ur des armées napoléoniennes. Je ne suis pas un fervent admirateur du « petit caporal », mais j'ai toujours eu envie de voir les tenues hautes en couleurs des hussards, des dragons et autres grenadiers.

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Bien que je goûte peu les carnages, j'irais sur le théâtre d'un champ de bataille apprécier la stratégie de Napoléon face à ses adversaires. Je me rendrais en suivant à Trafalgar, malgré mon dépit devant la déroute de l'escouade française. Je contemplerais les superbes navires de l'époque qu'étaient les frégates, les corvettes, les bricks, armés jusqu'aux dents et fendant les mers toutes voiles dehors. Au fur et à mesure de mon parcours je quitterais souvent les continents pour me rendre au large et voir des esquifs de tout horizon et de tout âge : caravelles portugaises partant découvrir le monde, lourds galions espagnols revenants des Amériques, pirates et corsaires, galères romaines, trières grecques, etc.

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Après mon escale au Premier Empire, je m'envolerais vers la cour de Louis XIV, le fameux « roi-soleil ». On a dit tellement de choses sur la grandeur de son règne qu'il est impossible d'en faire l'impasse, et c'est en compagnie de la noblesse que je déambulerais dans les couloirs de Versailles. J'en profiterais pour rendre visite à quelques grands esprits du XVIe et XVIIe siècle dont les inévitables Mozart, Beethoven, Voltaire, Kant, Molière parmi ceux que j'ai en tête. Je me mêlerais aux conversations de ces hommes qui ont tous apporté une contribution au patrimoine culturel de l'humanité. Je descendrais les degrés de cet Ancien Régime flamboyant pour jauger aussi la condition du peuple, me rendant dans les bourgs et les campagnes partager la vie quotidienne des petites gens.

Poursuivant ma route à rebours du temps, je rejoindrais sans transition le Moyen Age, période qui a toujours passionné l'écolier que j'étais. Je commencerais par le 18 juin 1429, lorsque Jeanne d'Arc mis en déroute une armée anglaise à Patay. Ce haut fait d'arme de la « Pucelle », moins connu que la levée du siège d'Orléans, me permettra de vérifier le don qu'on lui prêtait d'haranguer ses troupes pour les mener à la victoire. Je verrais ainsi de quoi elle avait l'air et je me doute que bien des surprises m'attendent dans ce périple à travers l'histoire !

Sans plus attendre, après avoir serré une main virtuelle au connétable Du Guesclin et au Prince Noir, deux célèbres protagonistes de la Guerre de Cent Ans, je franchirais les siècles pour me joindre à une assemblée de l'ordre des chevaliers du Temple, plus connu sous le nom de Templiers. Cet ordre à vocation religieuse et militaire créé en 1119 pour protéger les pèlerins en Terre Sainte m'a toujours impressionné. Féru des armures et costumes de guerre médiévaux, je trouve celle des Templiers d'une grande beauté esthétique. J'écouterais les sermons du grand maître puis j'irais les voir dans leurs efforts désespérés pour défendre Jérusalem contre l'armée de Saladin. Je me joindrais ensuite aux Hospitaliers, autre communauté monastique se transformant en ordre militaire sous l'influence des croisades. Et pour finir mon tour d'horizon des moines-soldats, j'irais admirer les chevaliers Teutoniques issus des croisés allemands. Ceux qui ont vu le film « Alexandre Nevski » du cinéaste Eisenstein ne peuvent oublier leur allure martiale.

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Mon intérêt pour la chevalerie m'aura évidemment entraîné dans plusieurs joutes, ces tournois qui débutèrent au XIe siècle et qui virent des cavaliers ou des hommes à pieds s'affronter dans des simulacres de combats afin de prouver leur vaillance. On reconnaît là l'enfant qui sommeille en moi et qui passait des heures à jouer avec ses petits soldats. J'imagine qu'une exploratrice dans la même situation extraordinaire que la mienne aurait d'autres préférences, rejoignant les alcôves des dames de l'époque pour admirer leurs vêtements et parures, se faire charmer par les troubadours et s'esclaffer des pitreries du bouffon ! Je les retrouverais dans les châteaux-forts, qui n'auront plus aucun secret pour moi tant j'en aurais parcouru les moindres recoins.

Il est vrai qu'à force de côtoyer batailles et guerriers, l'on va finir par me prêter des goûts belliqueux. Mais c'est un fait que les civilisations se sont forgées par le fer, le feu et le sang et on ne peut en faire l'impasse. Pour oublier cette triste réalité, j'abandonnerais le plus souvent possible la fureur des hommes pour retrouver ce qui fait leur grandeur. Et au Moyen-Age, l'endroit où se concentrait la culture et les arts c'était les monastères. Le fait d'en avoir beaucoup visités à mon époque m'a toujours donné envie de connaître leurs vies passées. Fréquemment nichés en pleine nature, dans des endroits isolés, une aura mystérieuse se rajoute à ces édifices remarquables.

A l'ombre des murs épais, je passerais de longues heures à écouter les chants grégoriens s'élever dans la nef ; dans un silence religieux, je suivrais avec attention à la lueur des bougies de suif le travail minutieux des scribes ornant les manuscrits de magnifiques enluminures

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Je les accompagnerais dans leurs tâches quotidiennes, les suivant dans leurs champs et dans leurs vignes ; je comparerais les règles de vie des différents ordres du XIIIe siècle : Bénédictins, Franciscains, Carmélites ; avec les populations locales je verrais les rapports qui les unissaient. A chaque fois, je m'imprégnerais des beautés robustes de l'art roman. N'y voyez là aucun sentiment dévot mais le simple désir de connaître la vie de ces communautés retranchées en partie du monde.

Alors, encore envoûté par les volutes d'encens et les chants sacrés, je refermerais doucement la porte du Moyen-Age pour me rendre au Xe siècle chez les carolingiens.

( à suivre )

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Membre, Posté(e)
halman Membre 2 191 messages
Baby Forumeur‚
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Moi si je pouvais remonter le temps en un être immatériel, j'irai voir surtout comment sont nées les premières cellules vivantes procaryotes à l'antécambrien.

C'est plus la naissance et l'évolution de la vie et de la conscience à travers les espèces qui me fascine, plutôt que l'histoire de l'espèce humaine qui n'est qu'une péripétie parmi tant d'autres dans l'histoire des planètes.

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Membre, 115ans Posté(e)
DevilDice Membre 76 messages
Baby Forumeur‚ 115ans‚
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Trop bien, ce que tu ferais, je crois que j'aimerais faire la même chose, de même que j'aimerais aussi voir les origines de tout, de l'Homme et du reste.

Cela dit, il y a déjà tant de choses du présent que je serais curieuse de voir. Ainsi, si je pouvais me faufiler partout sans qu'on me remarque, alors je commencerais par le présent et bien sûr, entre autres choses, j'irais jeter un oeil dans les coulisses du pouvoir. Evidemment, je prendrais des photos, j'enregistrerais tout, histoire de montrer à tous le vrai visage de l'humanité. Je sais bien que mettre les gens en face de leurs défauts (ou face aux défauts des autres qu'ils savent inconsciemment être les leurs aussi) ne m'attirera que la foudre de tous, mais tant pis.

Ensuite seulement, j'irais voir ce que l'humanité était à ses débuts, histoire de comprendre comment elle en est arrivée là.

:yahoo:

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  • 2 semaines après...
Membre, 56ans Posté(e)
Jano Membre 29 messages
Baby Forumeur‚ 56ans‚
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Chapitre II : Des Carolingiens à Rome

A Poitiers, je regarderais comment Charles Martel parvint à arrêter l'expansion musulmane, le 25 octobre 732. Son fils, Pépin le Bref, donna naissance à un personnage que je ne pouvais oublier dans mes pérégrinations : Charlemagne. Redoutable chef de guerre, il réussit à élargir considérablement le royaume des francs par des conquêtes impitoyables. J'irais le voir dans ses luttes cruelles contre les saxons et les lombards, mais pour ne pas garder de lui qu'une image sanguinaire, je visiterais également Aix-la-Chapelle. Capitale administrative de son royaume, c'est ici que s'exprima pleinement la vie intellectuelle et artistique de l'époque. J'achèverais ma rencontre avec Carolus Magnus le jour de Noël de l'an 800, à Saint-Pierre de Rome, quand le pape le couronna empereur d'Occident. Cette cérémonie importante doit certainement valoir son coup d'¿il.

Puis je prendrais de nouveau mon essor pour gagner les lieux sauvages et reculés du Nord de l'Europe d'où partirent des expéditions qui firent longtemps trembler les peuples de l'époque. Tel un goéland, je survolerais longtemps les fjords brumeux et enneigés de la Norvège, du Danemark, de la Suède, et enfin je les apercevrais, au loin sur la mer. Je distinguerais d'abord des bateaux aux voiles rectangulaires surmontés de proues à tête de dragon, des coques bardées de boucliers et, en m'approchant, des occupants à la barbe broussailleuse et aux cheveux longs. Pas d'erreur possible, ce serait bien eux, les terribles vikings à bord de leurs drakkars !

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Sans doute avons-nous des idées préconçues sur ces guerriers nordiques avides de rapines, je constaterais donc si la terreur qu'ils inspiraient n'était pas usurpée. Leurs incursions en France virent leur apogée vers 830, quand ils profitèrent du démembrement de l'empire carolingien et des luttes intestines entre ses héritiers. Les scandinaves mirent alors à sac les villes côtières et remontèrent à l'intérieur des terres en empruntant les voies fluviales. Ils iront jusqu'à assiéger Paris en 885-886, défendu vaillamment par le comte Eudes qui me verra à ses côtés.

Je compte voguer quelque temps avec les vikings qui n'étaient pas que des pillards mais aussi d'intrépides explorateurs. Songez qu'un des leurs, Erik le Rouge, aurait découvert l'Amérique bien avant Christophe Colomb. D'autres, qu'on appelèrent les Varègues, poussèrent jusqu'au fin fond de la Russie pour fonder Kiev et Novgorod.

Je les laisserais fendre les flots pour reculer encore dans le temps jusqu'en 486 après J.-C., quand le dernier représentant de l'empire romain en Gaule, Syagrius, fut défait par un roi franc dénommé Clovis. Tous les écoliers français le connaissent grâce à l'épisode du vase de Soissons et de l'adresse supposée de ses guerriers à lancer la francisque. Je suivrais un temps son règne et ses conquêtes qui contribuèrent à former véritablement l'ébauche de la France. Toujours désireux de connaître les us et coutumes de la population, je sillonnerais longuement les chemins du pays. Je me rendrais sur des lieux connus pour m'étonner de leurs apparences à cette époque ; des villes que j'ai fréquenté, les rives de la méditerranée sans urbanisation, mon village d'enfance, des endroits que j'apprécie, etc.

Ma curiosité rassasiée je m'éloignerais de nouveau, tel un papillon butinant à travers les âges, pour plonger dans la période tumultueuse des invasions barbares.

De l'an 400 à l'an 1000, bousculés par la pression des Huns et à la recherche de nouvelles terres, les peuples germaniques franchirent par vagues successives les limes romaines. Vandales, Francs, Suèves, Goths, Saxons, Burgondes parmi tant d'autres, déferlèrent sur l'empire romain qui s'écroula, signant définitivement la fin de l'antiquité. Avant de me mêler à ces peuples hétéroclites, je rencontrerais celui qui participa à ces exodes massives et dont la cruauté légendaire de sa horde franchit les siècles : Attila, « le fléau de dieu ». Pour mieux m'imprégner du mode de vie de son peuple, les Huns, j'irais partager leur quotidien de nomades dans les immenses steppes d'Asie. Le succès de leur suprématie militaire reposait essentiellement sur leur mobilité à l'attaque. Cavaliers émérites, ils privilégiaient les escarmouches brusques et soudaines en harcelant de volées de flèches leurs ennemis puis se repliaient rapidement. On retrouvera les mêmes techniques de combat dans les immenses armées de Genghis Khan. Les forces adverses lourdement équipées ne pouvait rien face à ces attaques éclairs. On comprend mieux la déroute d'Attila et de ses troupes lors de la bataille rangée des champs Catalauniques en 451.

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Je suis en train de me rendre compte que dans mon voyage intemporel à travers les civilisations je risque fort d'être pénalisé par la barrière de la langue. Comment avoir une approche directe des peuples rencontrés si je suis incapable d'en saisir les dialectes ? C'est la raison pour laquelle, permettez cet écart, que lors de la formulation de mon souhait j'aurais demandé de pouvoir comprendre toutes les langues parlées sur la Terre depuis l'aube de l'humanité.

Polyglotte et toujours parmi les peuples barbares, je risque de m'attarder avec les Wisigoths qui s'implantèrent en Espagne et dans le Sud-Ouest de la Gaule. Je trouve intéressant leur parcours, leur légendaire chef Alaric, les églises qu'ils ont laissées derrière eux et l'impression qu'ils donnent de ne pas avoir été uniquement des brutes mais aussi des gens qui admiraient et respectaient les m¿urs romains. Leur monarchie perdurera jusqu'en 711, date de l'arrivée des arabo-berbères sur la péninsule ibérique qui les refoulèrent en Asturie. C'est de cette région que partira la Reconquista chrétienne des siècles plus tard.

Je laisserais du coup les Wisigoths pour me fondre dans cette Espagne mauresque nouvellement établie. A bien des égards, du moins durant une période donnée, la coexistence entre arabes, juifs et chrétiens restera un modèle de tolérance. Cette proximité entre différentes confessions façonna une culture originale marquée par un essor sans précédent de la littérature, des sciences et de l'architecture. De cet âge d'or sortit des joyaux tels l'Alhambra de Grenades et la grande mosquée de Cordoue. Emprunt d'un raffinement typiquement oriental, je goûterais l'art de vivre des dynasties Omeyyaddes et Almoravides installées au sud de l'Espagne.

Abandonnant à regret le soleil Andalou, je me rendrais alors en Italie centrale entre le VIIIe et le IIIe siècle av .J.-C. pour en savoir un peu plus sur les énigmatiques Etrusques. Peu de civilisations anciennes ont soulevé autant d'interrogations et nombres d'hypothèses tentent d'éclaircir les origines et les coutumes de ce peuple singulier. Les vestiges légués intriguent en effet par leur éclat, leur finesse, qu'une écriture à ce jour indéchiffrable empêche d'en saisir les subtilités. Ces mystères m'ont toujours donné envie d'en savoir davantage et j'assouvirais enfin ma curiosité, explorant en profondeur cette société brillante qui finira par être absorbée par l'empire romain.

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( à suivre )

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  • 2 semaines après...
Membre, 56ans Posté(e)
Jano Membre 29 messages
Baby Forumeur‚ 56ans‚
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Chapitre III : de l'empire romain à la Grèce

Car je serais maintenant dans l'antichambre de la fabuleuse histoire de Rome, si riche en évènements que je me verrais obligé de sélectionner arbitrairement quelques dates à partir de 753 av. J.-C., année supposée de la fondation de Rome par Romus et Romulus. Je regarderais l'embryon de la ville éternelle se lover dans les méandres du Tibre et constaterais si ses deux fondateurs ont réellement existé, où, plus sérieusement, de quelle étoffe était les personnages à l'origine de la légende.

Sans transition je passerais en 218-201 av. J.-C. pour suivre la deuxième guerre punique. Qui n'a jamais eu envie de partager l'incroyable périple d'Hannibal des côtes espagnoles jusqu'aux plaines de l'Italie ? L'épisode de la traversée des Pyrénées puis des Alpes par l'armée carthaginoise accompagnée de ses éléphants de guerre est dans toutes les mémoires. J'en profiterais pour visiter Carthage à son âge d'or afin de comprendre comment elle avait pu à ce point menacer la suprématie romaine en méditerranée.

En 73-71 av. J.-C., je soutiendrais la révolte des esclaves menés par le célèbre Spartacus. Plein de fureur, j'accompagnerais le soulèvement tragique de ces opprimés qui firent trembler Rome. J'ignore si j'aurais le courage d'affronter la vue de ces milliers d'esclaves crucifiés le long de la voie Appia lorsque finalement ils furent vaincus. Mais avant de suivre leur épopée et pour mieux les connaître, j'aurais assisté au quotidien des gladiateurs.img021.png

Bon patriote, je rejoindrais les années 58-50 av. J.-C. pour assister à la guerre des Gaules menée par les légions de Jules César. Je ne peux manquer les combats épiques de Gergovie et d'Alésia. Il va de soit que je suivrais pas à pas Vercingétorix, notre héros national, dans sa lutte contre l'envahisseur latin. J'en profiterais pour me mêler aux populations celtes et ligures installées dans le pays à cette époque. J'assisterais également aux cultes rendus à Toutatis, Lug et Taranis en présence des druides dont on sait si peu de choses.

Consterné par la reddition du chef Arvernes, je me consolerais en observant la Gaule se transformer progressivement en province romaine. Je me rendrais sur les grands chantiers comme les aqueducs, les ponts, les voies de circulation, qui témoignaient des prouesses techniques du génie civil romain. Tout au long de ma traversée de la Rome antique, je multiplierais les visites de bâtiments et de monuments. Je fréquenterais de nombreuses villas un peu partout dans l'empire pour apprécier les décorations, les mosaïques et les fresques murales, les statues, les jardins et les patios dissimulés aux yeux des regards indiscrets. Assis sur les gradins de majestueux théâtres, j'écouterais avec intérêt les ¿uvres de Virgile et d'Horace et applaudirais à l'unisson des spectateurs. Tapi dans les recoins sombres des temples, j'observerais les cérémonies dédiées au panthéon romain en présence des vestales. Dans les hippodromes, les amphithéâtres tel le Colisée, j'hurlerais avec la foule devant les courses de chars et frémirais à la vue des combats de gladiateurs. Epicurien, je participerais aux orgies, symboles des débauches de la noblesse romaine, hélas comme un fantôme ! Fatigué par mon long voyage à travers les siècles, je ferais semblant de me délasser dans l'atmosphère chaude et humide des thermes où j'écouterais tribuns et sénateurs parler politique.

En 31 av. J.-C. j'assisterais à la bataille navale d'Actium qui vit la victoire d'Octave sur Antoine, un ancien lieutenant de César allié à Cléopâtre. En fait, bien souvent je me rendrais sur des lieux ou des situations connus à travers des films ou des romans. Il n'y a pas que les livres d'histoire qui guideraient mes pas ! L'idylle entre Antoine et Cléopâtre fait justement partie d'un thème souvent repris au cinéma qui attirerait mon attention sur cette période.

Jésus-Christ ayant vécu sous domination romaine, je me rendrais en Galilée aux alentours de l'an 0 pour assister à sa naissance. Venu en effet au monde entre -7 et -5, je me dis qu'il ne sera pas si évident que ça de retrouver l'endroit exact de son lieu de naissance. En effet, d'aucuns le situe à Nazareth et d'autres à Bethléem ! Les avis divergent sur le lieu où vivaient précisément Marie et Joseph dont je ne connais pas les noms en araméens. Bien que je disposerais d'un temps infini, il me sera donc ardu d'identifier Jésus parmi tous les nouveaux-nés durant cet intervalle et entre ces deux villes. De surcroît, je ne pourrais me fier à son jour de naissance pour affiner mes recherches car chacun sait qu'il fut choisi arbitrairement. Si j'en crois la tradition, ma seule chance de ne pas me tromper serait de croiser les rois mages ! Ceux-ci n'étant en réalité qu'une interprétation théologique ils ne me seront d'aucun secours.

Si je ne parviens pas à reconnaître Jésus enfant, je suis à peu près sûr de le retrouver adulte au regard de l'agitation qu'il provoqua dans les territoires occupés. Je m'appuierais sur mes maigres connaissances du Nouveau Testament pour vérifier les faits et les dires qu'on lui prête. Je suivrais scrupuleusement ses enseignements, l'écouterais deviser avec ses Apôtres et l'accompagnerais jusqu'au fatidique mont Golgotha. Après sa mort, j'attendrais son éventuelle résurrection ( si je la constate, je jure que l'athée que je suis se convertira sur le champ !) puis je reprendrais le cours mouvementé de l'histoire romaine.

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Parce que je désire en savoir davantage sur les Parthes, cavaliers redoutables de l'Asie occidentale, je les regarderais en 51-53 ap. J.-C. affronter les légions de Marc Aurèle. Je reculerais jusqu'au règne de Mithridate Ier durant lequel l'empire Parthe atteignit son apogée et j'y resterais le temps que je juge nécessaire.

De retour à Rome, je survolerais la conquête de la Grande-Bretagne, les guerres contre les Daces, les Perses, et rendrais visites à quelques empereurs célèbres. Enfin, j'achèverais mon odyssée romaine en compagnie de Justinien Ier ( 527-565 ), empereur d'Orient. Car en 293 ap. J.-C., l'empire romain devenu trop vaste et incapable de garder son unité, se scinda en deux grands ensembles. D'un côté l'Empire romain d'Occident, qui finit par s'écrouler sous les assauts répétés des barbares, de l'autre l'Empire romain d'Orient, appelé aussi empire Byzantin, qui subsista jusqu'en 1453, date de la prise de Constantinople par les Turcs.

Le règne de Justinien Ier est considéré comme l'âge d'or de Byzance tant au niveau des institutions qu'au niveau des arts. Influencé par les apports gréco-romains et orientaux, l'art byzantin est d'une exceptionnelle beauté. D'échoppes en ateliers, j'assisterais assidument au travail délicat des artisans.

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J'aurais alors terminé mon tour d'horizon de l'histoire romaine et je me tournerais maintenant vers la Grèce, berceau de la culture occidentale.

( à suivre )

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