Les plus beaux poèmes

Invité THEO2PHIL
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On s'aimera

Pour un quignon d' soleil

Qui s'étire pareil

Au feu d'un feu de bois

On s'aimera

Pour des feuilles mourant

Sous l'¿il indifférent

De Monseigneur le Froid

De Monseigneur le Froid ...

On s'aimera cet automne

Quand ça fume que du blond

Quand sonne à la Sorbonne

L'heure de la leçon

Quand les oiseaux frileux

Se prennent par la taille

Et qu'il fait encore bleu

Dans le ciel en bataille

Dans le ciel en bataille ...

On s'aimera

Pour un manteau pelé

Par les ciseaux gelés

Du tailleur des frimas

On s'aimera

Pour la boule de gui

Que l'an neuf à minuit

A roulée sous nos pas

A roulée sous nos pas ...

On s'aimera cet hiver

Quand la terre est peignée

Quand s'est tu le concert

Des oiseaux envolés

Quand le ciel est si bas

Qu'on l' croit au rez-de-chaussée

Et qu' le temps des lilas

N'est pas près d'être chanté

N'est pas près d'être chanté ...

On s'aimera

Pour un tapis tout vert

Où comme les filles de l'air

Les abeilles vont jouer

On s'aimera

Pour ces bourgeons d'amour

Qui allongent aux beaux jours

Les bras de la forêt

Les bras de la forêt ...

On s'aimera ce printemps

Quand les soucis guignols

Dansent le french-cancan

Au son du rossignol

Quand le chignon d'hiver

De la terre endormie

Se défait pour refaire

L'amour avec la vie

L'amour avec la vie ...

On s'aimera

Pour une vague bleue

Qui fait tout ce qu'on veut

Qui marche sur le dos

On s'aimera

Pour le sel et le pré

De la plage râpée

Où dorment des corbeaux

Où dorment des corbeaux ...

L. F

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Invité Karbomine
Invité Karbomine Invités 0 message
Posté(e)

On doit laisser pousser ses ongles pendant quinze jours. Oh ! comme il est doux d'arracher brutalement de son lit un enfant qui n'a rien encore sur la lèvre supérieure, et, avec les yeux très-ouverts, de faire semblant de passer suavement la main sur son front, en inclinant en arrière ses beaux cheveux ! Puis, tout à coup, au moment où il s'y attend le moins, d'enfoncer les ongles longs dans sa poitrine molle, de façon qu'il ne meure pas ; car, s'il mourait, on n'aurait pas plus tard l'aspect de ses misères. Ensuite, on boit le sang en léchant les blessures ; et, pendant ce temps, qui devrait durer autant que l'éternité dure, l'enfant pleure. Rien n'est si bon que son sang, extrait comme je viens de le dire, et tout chaud encore, si ce ne sont ses larmes, amères comme le sel. Homme, n'as-tu jamais goûté de ton sang, quand par hasard tu t'es coupé le doigt ? Comme il est bon, n'est-ce pas ; car, il n'a aucun goût. En outre, ne te souviens-tu pas d'avoir un jour, dans tes réflexions lugubres, porté la main, creusée au fond, sur ta figure maladive mouillée par ce qui tombait des yeux ; laquelle main ensuite se dirigeait fatalement vers la bouche, qui puisait à longs traits, dans cette coupe, tremblante comme les dents de l'élève qui regarde obliquement celui qui est né pour l'oppresser, les larmes ? Comme elles sont bonnes, n'est-ce pas ; car, elles ont le goût du vinaigre. On dirait les larmes de celle qui aime le plus ; mais, les larmes de l'enfant sont meilleures au palais. Lui, ne trahit pas, ne connaissant pas encore le mal : celle qui aime le plus trahit tôt ou tard... je le devine par analogie, quoique j'ignore ce que c'est que l'amitié, que l'amour (il est probable que je ne les accepterai jamais ; du moins, de la part de la race humaine). Donc, puisque ton sang et tes larmes ne te dégoûtent pas, nourris-toi, nourris-toi avec confiance des larmes et du sang de l'adolescent. Bande-lui les yeux, pendant que tu déchireras ses chairs palpitantes ; et, après avoir entendu de longues heures ses cris sublimes, semblables aux râles perçants que poussent dans une bataille les gosiers des blessés agonisants, alors, t'ayant écarté comme une avalanche, tu te précipiteras de la chambre voisine, et tu feras semblant d'arriver à son secours. Tu lui délieras les mains, aux nerfs et aux veines gonflées, tu rendras la vue à ses yeux égarés, en te remettant à lécher ses larmes et son sang. Comme alors le repentir est vrai ! L'étincelle divine qui est en nous, et paraît si rarement, se montre ; trop tard ! Comme le c¿ur déborde de pouvoir consoler l'innocent à qui l'on a fait du mal : "Adolescent, qui venez de souffrir des douleurs cruelles, qui donc a pu commettre sur vous un crime que je ne sais de quel nom qualifier ! Malheureux que vous êtes ! Comme vous devez souffrir ! Et si votre mère savait cela, elle ne serait pas plus près de la mort, si abhorrée par les coupables, que je ne le suis maintenant. Hélas ! qu'est-ce donc que le bien et le mal ! Est-ce une même chose par laquelle nous témoignons avec rage notre impuissance, et la passion d'atteindre à l'infini par les moyens même les plus insensés ? Ou bien, sont-ce deux choses différentes ? Oui... que ce soit plutôt une même chose... car, sinon, que deviendrai-je au jour du jugement ! Adolescent, pardonne-moi ; c'est celui qui est devant ta figure noble et sacrée, qui a brisé tes os et déchiré les chairs qui pendent à différents endroits de ton corps. Est-ce un délire de ma raison malade, est-ce un instinct secret qui ne dépend pas de mes raisonnements, pareil à celui de l'aigle déchirant sa proie, qui m'a poussé à commettre ce crime ; et pourtant, autant que ma victime, je souffrais ! Adolescent, pardonne-moi. Une fois sortis de cette vie passagère, je veux que nous soyons entrelacés pendant l'éternité ; ne former qu'un seul être, ma bouche collée à ta bouche. Même, de cette manière, ma punition ne sera pas complète. Alors, tu me déchireras, sans jamais t'arrêter, avec les dents et les ongles à la fois. Je parerai mon corps de guirlandes embaumées, pour cet holocauste expiatoire ; et nous souffrirons tous les deux, moi, d'être déchiré, toi, de me déchirer... ma bouche collée à ta bouche. O adolescent, aux cheveux blonds, aux yeux si doux, feras-tu maintenant ce que je te conseille ? Malgré toi, je veux que tu le fasses, et tu rendras heureuse ma conscience." Après avoir parlé ainsi, en même temps tu auras fait le mal à un être humain, et tu seras aimé du même être : c'est le bonheur le plus grand que l'on puisse concevoir. Plus tard, tu pourras le mettre à l'hôpital ; car, le perclus ne pourra pas gagner sa vie. On t'appellera bon, et les couronnes de laurier et les médailles d'or cacheront tes pieds nus, épars sur la grande tombe, à la figure vieille. O toi, dont je ne veux pas écrire le nom sur cette page qui consacre la sainteté du crime, je sais que ton pardon fut immense comme l'univers. Mais, moi, j'existe encore !

Comte de Lautréamont, Les chants de Maldoror, Chant I, Strophe 6.

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Lune_go Membre 834 messages
Forumeur accro‚ 30ans
Posté(e)

L'éternelle chanson

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille

Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,

Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille,

Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.

Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête,

Nous nous croirons encor de jeunes amoureux ;

Et je te sourirai tout en branlant la tête,

Et nous ferons un couple adorable de vieux.

Nous nous regarderons assis sous notre treille,

Avec de petits yeux attendris et brillants,

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.

Sur notre banc ami, tout verdâtre de mousse,

Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer.

Nous aurons une joie attendrie et très douce,

La phrase finissant souvent par un baiser.

Combien de fois jadis j'ai pu dire : ¿Je t'aime !¿

Alors avec grand soin nous le recompterons :

Nous nous ressouviendrons de mille choses, même

De petits riens exquis dont nous radoterons.

Un rayon descendra, d'une caresse douce,

Parmi nos cheveux blancs, tout rose se poser,

Quand sur notre vieux banc, tout verdâtre de mousse,

Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer.

Et comme chaque jour je t'aime davantage,

Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain,

Qu'importeront alors les rides du visage ?

Mon amour se fera plus grave et plus serein.

Songe que tous les jours des souvenirs s'entassent ;

Mes souvenirs à moi seront aussi les tiens :

Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent

Et sans cesse entre nous tissent d'autres liens.

C'est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l'âge,

Mais plus fort chaque jour je serrerai ta main,

Car vois-tu, chaque jour je t'aime davantage,

Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.

Et de ce cher amour qui passe comme un rêve

Je veux tout conserver dans le fond de mon coeur :

Retenir, s'il se peut, l'impression trop brève

Pour la ressavourer plus tard avec lenteur.

J'enfouis tout ce qui vient de lui comme un avare,

Thésaurisant avec ardeur pour mes vieux jours :

Je serai riche alors d'une richesse rare :

J'aurai gardé tout l'or de mes jeunes amours !

Ainsi de ce passé de bonheur qui s'achève

Ma mémoire parfois me rendra la douceur ;

Et de ce cher amour qui passe comme un rêve

J'aurai tout conservé dans le fond de mon coeur.

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,

Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille,

Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.

Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête,

Nous nous croirons encore aux jours heureux d'antan,

Et je te sourirai tout en branlant la tête,

Et tu me parleras d'amour en chevrotant.

Nous nous regarderons, assis sous notre treille,

Avec de petits yeux attendris et brillants,

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,

Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs

Rosemonde Gérard Rostand

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Criterium Membre 2 376 messages
Nyctalope‚ 32ans
Posté(e)

Vous avez été si nombreux à le demander, le voilà enfin : Chants de Maldoror ¿ chant IV, strophe 4

:o°

Je suis sale. Les poux me rongent. Les pourceaux, quand ils me

regardent, vomissent. Les croûtes et les escarres de la lèpre

ont écaillé ma peau, couverte de pus jaunâtre. Je ne connais

pas l'eau des fleuves, ni la rosée des nuages. Sur ma nuque,

comme sur un fumier, pousse un énorme champignon, aux

pédoncules ombellifères. Assis sur un meuble informe, je n'ai

pas bougé mes membres depuis quatre siècles. Mes pieds ont

pris racine dans le sol et composent, jusqu'à mon ventre, une

sorte de végétation vivace, remplie d'ignobles parasites, qui

ne dérive pas encore de la plante, et qui n'est plus de la

chair. Cependant mon coeur bat. Mais comment battrait-il, si

la pourriture et les exhalaisons de mon cadavre (je n'ose pas

dire corps) ne le nourrissaient abondamment? Sous mon

aisselle gauche, une famille de crapauds a pris résidence,

et, quand l'un d'eux remue, il me fait des chatouilles.

Prenez garde qu'il ne s'en échappe un, et ne vienne gratter,

avec sa bouche, le dedans de votre oreille: il serait ensuite

capable d'entrer dans votre cerveau. Sous mon aisselle

droite, il y a un caméléon qui leur fait une chasse

perpétuelle, afin de ne pas mourir de faim: il faut que

chacun vive. Mais, quand un parti déjoue complétement les

ruses de l'autre, ils ne trouvent rien de mieux que de ne pas

se gêner, et sucent la graisse délicate qui couvre mes côtes:

j'y suis habitué. Une vipère méchante a dévoré ma verge et a

pris sa place: elle m'a rendu ennuque, cette infâme. Oh! si

j'avais pu me défendre avec mes bras paralysés; mais, je

crois plutôt qu'ils se sont changés en bûches. Quoi qu'il en

soit, il importe de constater que le sang ne vient plus y

promener sa rougeur. Deux petits hérissons, qui ne croissent

plus, ont jeté à un chien, qui n'a pas refusé, l'intérieur de

mes testicules: l'épiderme, soigneusement lavé, ils ont logé

dedans. L'anus a été intercepté par un crabe; encouragé par

mon inertie, il garde l'entrée avec ses pinces, et me fait

beaucoup de mal! Deux méduses ont franchi les mers,

immédiatement alléchées par un espoir qui ne fut pas trompé.

Elles ont regardé avec attention les deux parties charnues

qui forment le derrière humain, et, se cramponnant à leur

galbe convexe, elles les ont tellement écrasées par une

pression constante, que les deux morceaux de chair ont

disparu, tandis qu'il est resté deux monstres, sortis du

royaume de la viscosité, égaux par la couleur, la forme et la

férocité. Ne parlez pas de ma colonne vertébrale, puisque

c'est un glaive. Oui, oui... je n'y faisais pas attention...

votre demande est juste. Vous désirez savoir, n'est-ce pas,

comment il se trouve implanté verticalement dans mes reins?

Moi-même, je ne me le rappelle pas très clairement;

cependant, si je me décide à prendre pour un souvenir ce qui

n'est peut-être qu'un rêve, sachez que l'homme, quand il a su

que j'avais fait voeu de vivre avec la maladie et

l'immobilité jusqu'à ce que j'eusse vaincu le Créateur,

marcha, derrière moi, sur la pointe des pieds, mais, non pas

si doucement, que je ne l'entendisse. Je ne perçus plus rien,

pendant un instant qui ne fut pas long. Ce poignard aigu

s'enfonça, jusqu'au manche, entre les deux épaules du taureau

des fêtes, et son ossature frissonna, comme un tremblement

de terre. La lame adhère si fortement au corps, que personne,

jusqu'ici, n'a pu l'extraire. Les athlètes, les mécaniciens,

les philosophes, les médecins ont essayé, tour à tour, les

moyens les plus divers. Ils ne savaient pas que le mal qu'a

fait l'homme ne peut plus se défaire! J'ai pardonné à la

profondeur de leur ignorance native, et je les ai salués des

paupières de mes yeux. Voyageur, quand tu passeras près de

moi, ne m'adresse pas, je t'en supplie, le moindre mot de

consolation: tu affaiblirais mon courage. Laisse-moi

réchauffer ma ténacité à la flamme du martyre volontaire.

Va-t'en... que je ne t'inspire aucune piété. La haine est

plus bizarre que tu ne le penses; sa conduite est

inexplicable, comme l'apparence brisée d'un bâton enfoncé

dans l'eau. Tel que tu me vois, je puis encore faire des

excursions jusqu'aux murailles du ciel, à la tête d'une

légion d'assassins, et revenir prendre cette posture, pour

méditer, de nouveau, sur les nobles projets de la vengeance.

Adieu, je ne te retarderai pas davantage; et, pour

t'instruire et te préserver, réfléchis au sort fatal qui m'a

conduit à la révolte, quand peut-être j'étais né bon! Tu

raconteras à ton fils ce que tu as vu; et, le prenant par la

main, fais-lui admirer la beauté des étoiles et les

merveilles de l'univers, le nid du rouge-gorge et les temples

du Seigneur. Tu seras étonné de le voir si docile aux

conseils de la paternité, et tu le récompenseras par un

sourire. Mais, quand il apprendra qu'il n'est pas observé,

jette les yeux sur lui, et tu le verras cracher sa bave sur

la vertu; il t'a trompé, celui qui est descendu de la race

humaine, mais, il ne te trompera plus: tu sauras désormais ce

qu'il deviendra. O père infortuné, prépare, pour accompagner

les pas de ta vieillesse, l'échafaud ineffaçable qui

tranchera la tête d'un criminel précoce, et la douleur qui te

montrera le chemin qui conduit à la tombe.

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Invité château
Invité château Invités 0 message
Posté(e)

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,

De vers, de billets doux, de procès, de romances,

Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,

Cache moins de secrets que mon triste cerveau.

C'est une pyramide, un immense caveau,

Qui contient plus de morts que la fosse commune.

- Je suis un cimetière abhorré de la lune,

Où comme des remords se traînent de longs vers

Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.

Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,

Où gît tout un fouillis de modes surannées,

Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,

Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.

Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,

Quand sous les lourds flocons des neigeuses années

L'ennui, fruit de la morne incuriosité,

Prend les proportions de l'immortalité.

- Désormais tu n'es plus, ô matière vivante !

Qu'un granit entouré d'une vague épouvante,

Assoupi dans le fond d'un Saharah brumeux ;

Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,

Oublié sur la carte, et dont l'humeur farouche

Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.

Beau de l'air (charlie) "J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans"

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Invité THEO2PHIL
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Posté(e)
On s'aimera

Pour un quignon d' soleil

Qui s'étire pareil

Au feu d'un feu de bois

On s'aimera

Pour des feuilles mourant

Sous l'¿il indifférent

De Monseigneur le Froid

De Monseigneur le Froid ...

On s'aimera cet automne

Quand ça fume que du blond

Quand sonne à la Sorbonne

L'heure de la leçon

Quand les oiseaux frileux

Se prennent par la taille

Et qu'il fait encore bleu

Dans le ciel en bataille

Dans le ciel en bataille ...

On s'aimera

Pour un manteau pelé

Par les ciseaux gelés

Du tailleur des frimas

On s'aimera

Pour la boule de gui

Que l'an neuf à minuit

A roulée sous nos pas

A roulée sous nos pas ...

On s'aimera cet hiver

Quand la terre est peignée

Quand s'est tu le concert

Des oiseaux envolés

Quand le ciel est si bas

Qu'on l' croit au rez-de-chaussée

Et qu' le temps des lilas

N'est pas près d'être chanté

N'est pas près d'être chanté ...

On s'aimera

Pour un tapis tout vert

Où comme les filles de l'air

Les abeilles vont jouer

On s'aimera

Pour ces bourgeons d'amour

Qui allongent aux beaux jours

Les bras de la forêt

Les bras de la forêt ...

On s'aimera ce printemps

Quand les soucis guignols

Dansent le french-cancan

Au son du rossignol

Quand le chignon d'hiver

De la terre endormie

Se défait pour refaire

L'amour avec la vie

L'amour avec la vie ...

On s'aimera

Pour une vague bleue

Qui fait tout ce qu'on veut

Qui marche sur le dos

On s'aimera

Pour le sel et le pré

De la plage râpée

Où dorment des corbeaux

Où dorment des corbeaux ...

L. F

http://www.youtube.com/watch?v=y938fzU5HP0

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Cette blessure

Où meurt la mer comme un chagrin de chair

Où va la vie germer dans le désert

Qui fait de sang la blancheur des berceaux

Qui se referme au marbre du tombeau

Cette blessure d'où je viens

Cette blessure

Où va ma lèvre à l'aube de l'amour

Où bat ta fièvre un peu comme un tambour

D'où part ta vigne en y pressant des doigts

D'où vient le cri le même chaque fois

Cette blessure d'où tu viens

Cette blessure

Qui se referme à l'orée de l'ennui

Comme une cicatrice de la nuit

Et qui n'en finit pas de se rouvrir

Sous des larmes qu'affile le désir

Cette blessure

Comme un soleil sur la mélancolie

Comme un jardin qu'on n'ouvre que la nuit

Comme un parfum qui traîne à la marée

Comme un sourire sur ma destinée

Cette blessure d'où je viens

Cette blessure

Drapée de soie sous son triangle noir

Où vont des géomètres de hasard

Bâtir de rien des chagrins assistés

En y creusant parfois pour le péché

Cette blessure d'où tu viens

Cette blessure

Qu'on voudrait coudre au milieu du désir

Comme une couture sur le plaisir

Qu'on voudrait voir se fermer à jamais

Comme une porte ouverte sur la mort

Cette blessure dont je meurs ....

http://www.youtube.com/user/JPTALIMI

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Invité THEO2PHIL
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Posté(e)

Casse-têtes

Ils m'ont tapé sur la tête

Je ne me rappelle plus pourquoi

Ni même si ça m'a fait mal

Parce que j'en suis mort

Qu'est-ce que j'étais, déjà ?

Travailleur immigré, philosophe,

Résistant caché, dissident notoire

Ou bien animal à fourrure ?

Je m'appelais comment, déjà ?

José, Abdel, Argentino,

Arabica, Jan Patocka

Ou bien alors bébé phoque ?

Ils m'ont tapé sur la tête

Je ne me rappelle plus pourquoi

Ni même si ça m'a fait mal

Parce que j'en suis mort

M'a-t-on assommé pour mes idées

Ou pour faire de moi un manteau,

Pour de l'argent ou la couleur de ma peau ?

J'ai un bout d'os dans la mémoire

Quand leurs pieds chaussés m'ont cerné

Etais-je allongé dans des draps

Ou bien couché sur la banquise

Ou est-ce que je sortais d'un café ?

Je suis mort dans la rue de l'Ouest

Sur la glace du Nord ou chez les flics de l'Est

Ou dans la Pampa des casquettes

A coups de triques noires

Est-ce que je rêve de vengeance,

De têtes policières éclatées,

De tête de chasseurs sanglantes,

De têtes de racistes en purée ?

Ou bien est-ce que je vois des têtes

Emerveillées d'elles-mêmes

Emerveillées de leur dedans

Et se découvrant nouveau monde ?

Je suis mort, répondez pour moi !

Je m'appelais Jan Patocka

Argentin et bébé phoque arabe

Maintenant... éa me revient !

Paroles: Gébé. Musique: Michel Philippe-Gérard 1978

http://www.youtube.com/watch?v=3XPAB_xF40o

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Fiphi Membre 913 messages
Forumeur accro‚ 45ans
Posté(e)

Trop rares sont les femmes qui ont écrit ce qu'elles éprouvaient en amour ;comme une sorte de bâillon les empêche, un voile recouvre leur esprit et des liens ligotent leurs mains ... Voici un contre exemple qui nous vient de Louise Labé. Quel homme comblé fut celui à qui elle adressait ces quelques vers ....

é beaux yeux bruns, ô regards détournés

é chauds soupirs, ô larmes épandues,

é noires nuits vainement attendues

é jours luisants vainement retournés !

é tristes plaints, ô désirs obstinés,

é temps perdu, ô peines dépendues,

é mille morts en mille rets tendues,

é pires maux contre moi destinés !

é ris, ô front, cheveux, bras, mains et doigts !

é luth plaintif, viole, archet et voix !

Tant de flambeaux pour ardre une femelle !

De toi me plains, que tant de feux portant,

En tant d'endroits d'iceux mon coeur tâtant,

N'en est sur toi volé quelque étincelle.

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Drakkus Membre 637 messages
Forumeur forcené‚
Posté(e)

Pierre de RONSARD

A cassandre

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avoit desclose

Sa robe de pourpre au Soleil,

A point perdu ceste vesprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,

Mignonne, elle a dessus la place

Las ! las ses beautez laissé cheoir !

é vrayment marastre Nature,

Puis qu'une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que vostre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez vostre jeunesse :

Comme à ceste fleur la vieillesse

Fera ternir vostre beauté.

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Lucy Van Pelt Membre 27 463 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Seul avec tout le monde. Bukowski

la chair recouvre les os

et ils y mettent un cerveau et

parfois une âme,

et les femmes jettent

les vases contre les murs

et les hommes boivent beaucoup

trop

et personne ne trouve

son pendant

mais tous gardent

un espoir

rampant d'un lit

à l'autre.

la chair recouvre

les os et la

chair cherche

plus cher

que la chair.

il n'y a aucun

salut :

nous sommes tous

soumis

à un destin singulier.

personne ne trouve

son pendant.

la ville se remplit d'ordures

les dépotoirs se remplissent

les asiles se remplissent

les hôpitaux se remplissent

les cimetières se remplissent

ce sont bien les seules choses

qui se remplissent.

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Invité THEO2PHIL
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Posté(e)

http://www.musicme.com/Leo-Ferre/albums/Ba...26.html?play=07

Lien invalide

LE LIT

Cette antichambre du tombeau

Où froissent comme des drapeaux

Les draps glacés par la tempête

Ce tabernacle du plaisir

Avec la porte du désir

Battant sur l'ennui de la fête

Cette horizontale façon

De mettre le coeur à raison

Et le reste dans l'habitude

Et cette pâleur qu'on lui doit

Dès que l'on emmêle nos doigts

Pour la dernière solitude

Le lit

Fait de toile ou de plume

Le lit

Quand le rêve s'allume

Cette maison du rêve clos

Sur le grabat, dans le berceau

Au point du jour ou de Venise

Cette fraternité de nuit

Qui peut assembler dans un lit

L'intelligence et la bêtise

Qu'il soit de paille ou bien de soie

Pour le soldat ou pour le roi

Pour la putain ou la misère

Qu'il soit carré, qu'il soit défait

Qu'importe lorsque l'on y fait

Autre chose que la prière

Le lit

Enfer pavé de roses

Le lit

Quand la mort se repose

Qu'il soit de marbre ou de sapin

Quant au lit qui sera le mien

Dans le néant ou la lumière

Je veux qu'on ne le fasse point

Et qu'on y laisse un petit coin

Pour un ami que j'ai sur Terre

Cet ami que je laisserai

Quand il me faudra dételer

Pour l'aventure ou la poussière

Ce frère de mes longues nuits

Et que l'on appelle l'ennui

Au fond du lit des solitaires

Le lit

Quand s'endort le mystère

Sans bruit

Dans la vie passagère

L. FERRE

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Anahita Membre 8 messages
Baby Forumeur‚ 26ans
Posté(e)

Victor Hugo ( 1802- 1885 )

"Demain, dès l'aube"

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par le montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

"La poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la musique" ( Léo Ferré )

Bien à vous :o°

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Invité Karbomine
Invité Karbomine Invités 0 message
Posté(e)

Lorsque les ténèbres grandissent et obscurcissent les étoiles,

Quand les hiboux sur les branches crient de frayeur

Et les dormeurs sont arrachés du sommeil par les soucis,

Déterminé, je brave les interdits.

Si tu parviens à rassembler l'intelligence du c¿ur,

L'épée tranchante et la bravoure, alors tu échapperas à la tyrannie.

Amrû ibn Burâqa al-Hamadâni

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Fiphi Membre 913 messages
Forumeur accro‚ 45ans
Posté(e)

Le Premier Baiser de l'amour

Arrière les fictions de vos romans imbéciles,

ces trames de mensonges tissues par la Folie !

Donnez-moi le doux rayon d'un regard qui vient du c¿ur,

ou le transport que l'on éprouve au premier baiser de l'amour.

Rimeurs, qui ne brûlez que du feu de l'imagination,

dont les passions pastorales sont faites pour le bocage,

de quelle heureuse source d'inspiration couleraient vos sonnets,

si vous aviez savouré ce premier baiser de l'amour !

Si Apollon vous refuse son aide,

si les neuf s¿urs paraissent vouloir s'éloigner de vous,

ne les invoquez plus, dites adieu à la muse,

et essayez de l'effet que produira le premier baiser de l'amour.

Je vous hais, froides compositions de l'art.

Dussent les prudes me condamner et les bigots me désapprouver,

je recherche les inspirations d'un c¿ur

qui bat de volupté au premier baiser de l'amour.

Vos bergers, vos moutons, tous ces sujets fantastiques

peuvent amuser parfois, mais ne pourront jamais émouvoir.

L'Arcadie n'est, après tout, qu'un pays de fictions ;

que sont ces visions-là, comparées au premier baiser de l'amour ?

Oh ! ne dites pas que l'homme, depuis sa naissance,

depuis Adam jusqu'à nos jours, a été soumis à la loi du malheur ;

il y a encore sur la terre quelque chose du paradis,

et l'éden revit dans le premier baiser de l'amour.

Quand l'âge aura glacé notre sang, quand nos plaisirs auront disparu, -

car les années pour s'enfuir ont les ailes de la colombe, -

le souvenir le plus cher et qui survivra à tous les autres,

celui que notre mémoire aimera le plus à se rappeler, c'est le premier baiser de l'amour.

Lord Byron

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kili Membre 73 259 messages
Forumeur alchimiste‚ 41ans
Posté(e)

Paul Verlaine

Le soleil du matin doucement chauffe et dore

Le soleil du matin doucement chauffe et dore

Les seigles et les blés tout humides encore,

Et l'azur a gardé sa fraîcheur de la nuit.

L'on sort sans autre but que de sortir ; on suit,

Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes,

Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes.

L'air est vif. Par moment un oiseau vole avec

Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec,

Et son reflet dans l'eau survit à son passage.

C'est tout.

Mais le songeur aime ce paysage

Dont la claire douceur a soudain caressé

Son rêve de bonheur adorable, et bercé

Le souvenir charmant de cette jeune fille,

Blanche apparition qui chante et qui scintille,

Dont rêve le poète et que l'homme chérit,

Evoquant en ses voeux dont peut-être on sourit

La Compagne qu'enfin il a trouvée, et l'âme

Que son âme depuis toujours pleure et réclame.

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Invité ouaif
Invité ouaif Invités 0 message
Posté(e)

Il l'a tirée

De sa poche percée

L'a mise sous ses yeux ;

Et l'a bien regardée

En disant : " Malheureux ! "

Il l'a soufflée

De sa bouche humectée ;

Il avait presque peur

D'une horrible pensée

Qui vint le prendre au coeur.

Il l'a mouillée

D'une larme gelée

Qui fondit par hasard ;

Sa chambre était trouée

Encor plus qu'un bazar.

Il l'a frottée,

Ne l'a pas réchauffée,

é peine il la sentait ;

Car, par le froid pincée

Elle se retirait.

Il l'a pesée

Comme on pèse une idée,

En l'appuyant sur l'air.

Puis il l'a mesurée

Avec du fil de fer.

Il l'a touchée

De sa lèvre ridée. -

D'un frénétique effroi

Elle s'est écriée :

Adieu, embrasse-moi !

Il l'a baissée

Et après l'a croisée

Sur l'horloge du corps,

Qui rendait, mal montée,

Des mats et lourds accords.

Il l'a palpée

D'une main décidée

é la faire mourir.

- Oui c'est une bouchée

Dont on peut se nourrir.

Il l'a pliée,

Il l'a cassée ;

Il l'a placée,

Il l'a coupée,

Il l'a lavée,

Il l'a portée,

Il l'a grillée,

Il l'a mangée.

- Quand il n'était pas grand, on lui avait dit :

- Si tu as faim, mange une de tes mains.

Xavier Forneret

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Invité ouaif
Invité ouaif Invités 0 message
Posté(e)

Ce soir,

Si j'écrivais un poème

pour la postérité ?

fichtre

la belle idée je me sens sûr de moi

j'y vas

et à la postérité

j'y dis merde et remerde

et reremerde

drôlement feintée

la postérité

qui attendait son poème

R.Queneau

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Angeluscologie Membre 353 messages
Forumeur survitaminé‚
Posté(e)

Poesie pour enfant

En voyage

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Quand vous m'ennuyez, je m'éclipse,

Et, loin de votre apocalypse,

Je navigue, pour visiter

La Mer de la Tranquillité.

Vous tempêtez ? Je n'entends rien.

Sans bruit, au fond du ciel je glisse.

Les étoiles sont mes complices.

Je mange un croissant. Je suis bien.

Vous pouvez toujours vous fâcher,

Je suis si loin de vos rancunes !

Inutile de me chercher :

Je suis encore dans la lune.

Jacques CHARPENTREAU

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