l'alphabet des écrivains et de leurs oeuvres

Invité kaerlyon
Invité kaerlyon Invités 0 message
Posté(e)

Vi, c'est Pile à Lire. Désolée, j'ai écrit en vitesse :blush:

En D, je propose Alexandra David-Neel

Il y a une époque, j'ai été fascinée par cette personne extraordinaire qui n'a pas hésité à se déguiser en homme pour entrer dans Lhassa, interdit aux femmes. En plus d'être une exploratrice, c'est un écrivain de talent qui sait mettre de la magie dans ses mots.

Louise Eugénie Alexandrine Marie David, plus connue sous son nom de plume Alexandra David-Néel, née le 24 octobre 1868 à Saint-Mandé (Val-de-Marne), morte le 8 septembre 1969 à Digne (Alpes-de-Haute-Provence), de nationalités française et belge, est une orientaliste, tibétologue, chanteuse d'opéra, journaliste, écrivaine et exploratrice. Outre sa longévité (presque 101 ans), son trait de gloire le plus marquant reste d'avoir été, en 1924, la première femme d'origine européenne à séjourner à Lhassa au Tibet, exploit dont la publicité fut soigneusement orchestrée dans les années 1920 et qui contribua fortement à sa renommée, en plus de ses qualités personnelles et de son érudition.... Lire la suite sur Wiki
Ce n'est pas au Dalaï-Lama seul qu'est due la singulière fascination émanant du « Pays des Neiges ». Il est, par excellence, la terre de la magie, du merveilleux. Un monde de génies, de fées et d'enchanteurs a toujours hanté ses solitudes désolées. Les dévots voyageurs qui se hâtent vers Kra-sis-lhum-po ou vers Lhassa ont mille sujets, mille buts divers qui les attirent. Ce sont les lacs sacrés que les Dakinîs effleurent de leurs robes éclatantes et dont les eaux limpides purifient de toutes souillures. C'est l'arbre de Kou-Boum, ce sont les abikheshas, les initiations mystérieuses ouvrant au fidèle les portes du monde des dieux et ce sont les dieux eux-mêmes, enfin, les dieux vivants et tangibles, répandus dans toute la contrée.

On trouverait difficilement, chez une autre nation, les traits qui caractérisent la mentalité thibétaine. Fanatisme, dévotion, religiosité, sont des termes inexacts impuissants à définir le sentiment réel que décèlent la littérature et les m¿urs du « Pays des Neiges ». Il semble, plutôt, qu'à vivre si près du ciel ses habitants s'y soient rapprochés naturellement des hôtes surhumains qu'on lui prête et que, les coudoyant sans cesse, en un perpétuel prodige, ils rééditent cette ère de la Fable où les immortels descendaient de l'Olympe pour se mêler aux hommes

"Le pouvoir religieux au Tibet" 1905

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Annonces
Maintenant

Messages recommandés

chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Ellroy, James (1948)

Explorateur des bas-fonds de Los Angeles et de l'âme humaine, James Ellroy commence à écrire tardivement, après quelques années de délinquance et de prison. Hanté par le meurtre non élucidé de sa mère, les premiers romans d'Ellroy sont marqués par la figure maternelle, auquel peut être associé par exemple le personnage du Dahlia Noir, victime atrocement mutilée du roman éponyme qu'il publie en 1987. Sa ville natale sert non seulement de décors à des oeuvres comme L. A. Confidential mais devient un personnage à part entière avec son identité, ses secrets et son histoire. Dans sa trilogie américaine : American Tabloïd, American death trip et Underworld USA, le romancier s'attaque à l'univers politico-médiatique et fait apparaître des figures mythiques de son pays comme les frères Kennedy ou Howard Hugues. Il y dépeint une Amérique coupable, gangrenée par la violence et la corruption. Devenu une référence du roman noir, James Ellroy inspire nombre de réalisateurs comme Curtis Hanson ou Brian de Palma qui prennent un malin plaisir à recréer l'univers sombre de son oeuvre. Sources : Evene.fr

Je propose Le Dahlia Noir, oeuvre qui a fait l'objet d'une lecture collective.

Voici les liens pour ceux que ça intéresse :

Le Dahlia noir, partie 1 et 2

Le Dahlia Noir, partie 3 et 4

Je rajoute également les 2 topics créés par Yavin sur l'auteur :

James Ellroy explore le côté obscur des années peace and love

James Ellroy, un maître du polar

Modifié par chirona

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Flaubert, Gustave (1821-1880)

Fils d'une famille bourgeoise, Gustave Flaubert abandonne rapidement le droit qu'il étudiait sans passion pour se consacrer à l'écriture. Très tôt habité par le goût de la découverte, il voyage en Egypte, en Asie mineure, en Turquie, en Grèce et en Italie. Quand il n'est pas à l'étranger ou dans les salons parisiens où il côtoie Baudelaire et Gautier, l'auteur s'enferme dans la propriété familiale du Croisset où il écrit et réécrit les brouillons des oeuvres qui deviendront ses plus grands romans. Inspiré d'un fait divers lu dans le journal, Madame Bovary lui assure une rapide consécration littéraire mais son héroïne représente bien trop ce que la morale bourgeoise réprouve, liberté et désirs avoués ; en 1864, le Rouennais est condamné pour outrage aux bonnes moeurs. Attaqué par les moralistes, Flaubert entreprend de donner le jour à un projet baroque, loin du réalisme de son roman décrié : il signe Salammbo, ou les amours impossibles d'une princesse et d'un mercenaire dans la Carthage antique. Deux ans plus tard, c'est le souvenir de sa passion inassouvie pour Elisa Schésinger qui lui inspire le personnage de Marie Arnoux, la femme cristallisée de L'Education sentimentale. Sa dernière oeuvre, le satirique Bouvard et Pécuchet, restera inachevée, puisque Gustave Flaubert décède brutalement, foudroyé par une hémorragie cérébrale, laissant à la littérature française l'une des oeuvres les plus abouties. Sources : Evene.fr

Voici un extrait de Madame Bovary (1857)

Elle songeait quelquefois que c'étaient là pourtant les plus beaux jours de sa vie, la lune de miel, comme on disait. Pour en goûter la douceur, il eût fallu, sans doute, s'en aller vers ces pays à noms sonores où les lendemains de mariage ont de plus suaves paresses! Dans des chaises de poste, sous des stores de soie bleue, on monte au pas des routes escarpées, écoutant la chanson du postillon, qui se répète dans la montagne avec les clochettes des chèvres et le bruit sourd de la cascade. [...] Il lui semblait que certains lieux sur la terre devaient produire du bonheur, comme une plante particulière au sol et qui pousse mal tout autre part. Que ne pouvait-elle s'accouder sur le balcon des chalets suisses ou enfermer sa tristesse dans un cottage écossais, avec un mari vêtu d'un habit de velours noir à longues basques, et qui porte des bottes molles, un chapeau pointu et des manchettes!
Modifié par chirona

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Gogol, Nikolaï (1809-1852)

Après des études médiocres, il s'établit à 19 ans à Saint-Pétersbourg, où il trouve une place d'expéditionnaire dans un ministère. Instable, il abandonne bientôt son emploi et se met à écrire. Il se lie alors avec Pouchkine, qui sera pour lui un excellent conseiller. Un roman, Tarass Boulba, lui vaut une chaire d'histoire à l'université de Saint-Pétersbourg. Gogol donne alors une série de nouvelles pétersbourgeoises qui mettent l'accent sur le divorce existant entre le rêve et la réalité. Son chef-d'oeuvre - Le Manteau - date de 1841, qui introduisit le thème de la pitié sociale dans la littérature russe. La même année, il rentre en Russie pour la publication de son roman Les Ames mortes dont la seconde partie ne fut pas publiée. En 1848, il part pour Jérusalem afin de travailler, dit-il, à sa perfection spirituelle. Il en revient dans un état d'exaltation religieuse extraordinaire, et mène désormais une vie de prière et de jeûne. épuisé, il meurt d'une fièvre typhoïde en 1852. Sources : Evene.fr

Voici l'incipit de la nouvelle fantastique Le Nez (1836) publiée des Les Nouvelles de Pétersbourg en 1843 :

Le 25 mars, il se passa à Saint-Pétersbourg un événement extraordinairement bizarre. Le barbier Ivan Iakovlievitch (son nom de famille s'est enseveli dans la nuit des temps, de sorte que, même sur l'enseigne qui représente un homme avec une joue couverte de mousse de savon, avec, dessous, cette inscription : « On tire aussi le sang », - ce nom ne se trouve pas) -, Ivan Iakovlievitch donc s'éveilla d'assez bonne heure et fut aussitôt frappé par une odeur de pain chaud. Se levant un peu sur son séant, il s'aperçut que son épouse, matrone très respectable, qui avait un goût prononcé pour le café, sortait du four des pains fraîchement cuits.

- Praskovia Ossipovna, lui dit Ivan Iakovlievitch, je ne prendrai pas de café aujourd'hui, parce que j'aime mieux déjeuner avec du pain chaud et de l'oignon (c'est-à-dire qu'Ivan Iakovlievitch aurait préféré l'un et l'autre, mais il savait qu'il lui était absolument impossible de demander deux choses à la fois, Praskovia Ossipovna ne tolérant jamais semblables fantaisies).

« Qu'il mange du pain, l'imbécile, se dit en elle-même la digne matrone, ce n'en est que mieux pour moi, j'aurai un peu plus de café. »

Et elle jeta un pain sur la table.

Ivan Iakovlievitch, par respect pour les convenances, endossa un vêtement par-dessus sa chemise et, ayant pris place à table, posa devant lui deux oignons et du sel ; puis, s'emparant d'un couteau, il se mit en devoir de couper le pain. L'ayant divisé en deux, il jeta un regard dans l'intérieur et aperçut avec surprise quelque chose de blanc. Il y plongea avec précaution le couteau, y enfonça un doigt : « C'est solide ! fit-il à part soi, qu'est-ce que cela pourrait bien être ? »

Il enfonça encore une fois les doigts et en retira... un nez !...

Modifié par chirona

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Huxley, Aldous (1894-1963)

Fils de l'écrivain Leonard Huxley et de sa première épouse Julia Arnold, Aldous Huxley est issu d'une famille de scientifiques de renom, entre un frère biologiste et un grand-père naturaliste. Rendu quasi aveugle à l'âge de 16 ans à cause d'une maladie des yeux, il obtient néanmoins son diplôme de littérature anglaise au Balliol College d'Oxford. C'est dans cette école qu'il fait la rencontre d'écrivains tels que Lytton Strachey et D. H. Lawrence avec qui il se lie d'amitié. Il publie un premier recueil de poèmes à 25 ans et se tourne vers le journalisme et la critique de l'art. Voyageant énormément avec son épouse Maria Nys, il découvre l'Inde et les Etats-Unis. En 1931 sort l'un de ses plus importants romans, Le Meilleur des mondes, déjà très précurseur puisqu'il aborde la menace grandissante du progrès scientifique. En 1937, l'écrivain part s'installer en Californie, où il devient scénariste pour Hollywood. Il poursuit en parallèle l'écriture de romans, parmi lesquels La Fin et les moyens en 1937, Jouvence en 1939, Temps futurs en 1948 et Retour au meilleur des mondes en 1958, un essai qui pose notamment la question de la surpopulation. Puis Huxley s'intéresse à un autre thème, les drogues. Considéré comme l'un des plus grands auteurs anglais (47 livres), il décède le même jour que le président Kennedy et sera incinéré en Grande-Bretagne. Sources : Evene.fr

Le Meilleur des mondes (écrit en 1931 - paru en 1932) :

Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d'oeuvre de la littérature d'anticipation a fait d'Aldous Huxley l'un des témoins les plus lucides de notre temps. "Aujourd'hui, devait écrire l'auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s'abatte sur nous dans le délai d'un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d'ici là de nous faire sauter en miettes... Nous n'avons le choix qu'entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progès technologique."

Sources : 4ème de couverture de l'édition Pocket

Modifié par chirona

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Irish, William est le pseudonyme de Cornell Woolrich, écrivain américain né le 4 décembre 1903 à New York, où il meurt le 25 septembre 1968.

Né dans un milieu aisé, il suit son père, ingénieur des travaux publics, au Mexique, à Cuba et aux Bahamas. Après le divorce de ses parents, à l'âge de 15 ans, il rentre à New York pour vivre auprès de sa mère, pianiste, et termine ses études en 1925 à l'université de Columbia. Il écrit son premier roman, Chef d'accusation en 1935, influencé par l'¿uvre de Francis Scott Fitzgerald. Il est engagé comme scénariste à Hollywood pour travailler sur l'adaptation de Les enfants du Ritz, paru en 1927. Il se marie en 1930 avec Violet Virginia Blackton (1910-1965), fille du producteur de film muet. J. Stuart Blackton., mais cette union est un échec et il divorce au bout de trois mois. Il retourne alors vivre chez sa mère avec qui il vivra jusqu'à sa mort, dans le même appartement d'Harlem. Jusqu'en 1940, les éditeurs refusent de publier ses livres, il publie dans des pulps (pulp magazines = magazines populaires) près de trois cent cinquante nouvelles sous trois noms différents : William Irish, George Hopley et son vrai nom. Il connaît le succès à partir de 1940, avec La mariée était en noir. En 1954, il reçoit le Grand prix de littérature policière en France pour Un pied dans la tombe. Sa mère meurt en 1957, il s'isole de plus en plus, sombre dans l'alcoolisme. Il est amputé d'une jambe atteinte de gangrène. Il meurt d'une attaque en 1968.

De nombreux metteurs en scène ont porté les ¿uvres à l'écran de ce maître du suspense, notamment Alfred Hitchcock pour Fenêtre sur cour, d'après une nouvelle, et François Truffaut pour La sirène du Mississippi et La mariée était en noir. William Irish a également écrit des récits fantastiques. Sources : Wikipédia

La Mariée était en noir :

«Je vais éliminer cette femme de mes calculs et de mes suppositions aussi complètement que si elle n'existait pas. Elle me gêne. Elle est comme un nuage de brume qui enveloppe toute l'affaire. J'ai l'intention de concentrer mes efforts sur les quatre hommes. Lorsque j'aurai découvert le point où leurs vies se sont rencontrées, la femme rentrera immédiatement en scène, et je ne tarderai pas à découvrir le motif qui l'a fait agir.»

Le roman d'une implacable vengeance...

Sources : Folio policier

Modifié par chirona

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Jarry, Alfred (1873-1907)

Précurseur du surréalisme et du théâtre de l'absurde, Alfred Jarrry crée le personnage d'Ubu, alors qu'il est encore lycéen. Inspiré par l'un de ses professeurs, cette figure phare de la pièce Ubu roi et de ses suites Ubu enchaîné, Ubu cocu etc. incarne la tyrannie poussée à son extrême bêtise. Proche de Marcel Schwob, d'Alfred et de Rachilde Valette, le trublion originaire de Laval parvient à se faire un début de réputation dans les milieux artistiques parisiens. Anarchiste convaincu, les oeuvres délirantes de Jarry ne manquent pas de faire scandale, notamment lors d'une représentation au Théâtre de l'Oeuvre en 1896. L'écrivain, lecteur assidu de Rabelais, exerce des talents de poète symboliste avec des oeuvres comme César antéchrist, et de romancier avec Les Jours et les nuits et Le Surmâle. Créateur de la pataphysique, science définie dans Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, Alfred Jarry entraîne dans son sillage de nombreux écrivains adeptes de la folie et de la dérision.

Source : Evene.fr

Modifié par chirona

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Je propose la Scène 1 de Ubu roi (1888) : j'avais lu cette pièce à la fac et je me souviens que je l'avais trouvée complètement déjantée. J''aimais beaucoup la formule très souvent utilisée par Ubu :"de par ma chandelle verte". A découvrir par tous ceux qui aiment le burlesque. Ionesco est dans le même genre avec les grossièretés en moins.

" Merdre " (Scène 1)

Ubu Roi est la première pièce d'une trilogie racontant, sur le mode burlesque, les aventures d'un ancien capitaine des dragons, qui, après avoir assassiné le Roi Venceslas, accède au trône d'une Pologne imaginaire. La première représentation de la pièce le 10 décembre 1896 fit scandale, le public se révoltant contre cet excès d'ineptie et de grossièreté (Journal Le Temps). En voici l'exposition.

PéRE UBU

Merdre!

MéRE UBU

Oh ! voilà du joli, Père Ubu, vous estes un fort grand voyou.

PéRE UBU

Que ne vous assom'je, Mère Ubu!

MéRE UBU

Ce n'est pas moi, Père Ubu, c'est un autre qu'il faudrait assassiner.

PéRE UBU

De par ma chandelle verte, je ne comprends pas.

MéRE UBU

Comment, Père Ubu, vous estes content de votre sort ?

PéRE UBU

De par ma chandelle verte, merdre, madame, certes oui, je suis content. On le serait à moins : capitaine de dragons, officier de confiance du roi Venceslas, décoré de l'ordre de l'Aigle Rouge de Pologne et ancien roi d'Aragon, que voulez-vous de mieux ?

MéRE UBU

Comment ! après avoir été roi d'Aragon vous vous contentez de mener aux revues une cinquantaine d'estafiers armés de coupe-choux, quand vous pourriez faire succéder sur votre fiole la couronne de Pologne à celle d'Aragon ?

PéRE UBU

Ah ! Mère Ubu, je ne comprends rien de ce que tu dis.

MéRE UBU

Tu es si bête !

PéRE UBU

De par ma chandelle verte, le roi Venceslas est encore bien vivant ; et même en admettant qu'il meure, n'a-t-il pas des légions d'enfants ?

MéRE UBU

Qui t'empêche de massacrer toute la famille et de te mettre à leur place ?

PéRE UBU

Ah ! Mère Ubu, vous me faites injure et vous allez passer tout à l'heure par la casserole.

MéRE UBU

Eh ! pauvre malheureux, si je passais par la casserole, qui te raccommoderait tes fonds de culotte ?

PéRE UBU

Eh vraiment ! et puis après ? N'ai-je pas un cul comme les autres ?

MéRE UBU

é ta place, ce cul, je voudrais l'installer sur un trône. Tu pourrais augmenter indéfiniment tes richesses, manger fort souvent de l'andouille et rouler carrosse par les rues.

PéRE UBU

Si j'étais roi, je me ferais construire une grande capeline comme celle que j'avais en Aragon et que ces gredins d'Espagnols m'ont impudemment volée.

MéRE UBU

Tu pourrais aussi te procurer un parapluie et un grand caban qui te tomberait sur les talons.

PéRE UBU

Ah ! je cède à la tentation. Bougre de merdre, merdre de bougre, si jamais je le rencontre au coin d'un bois, il passera un mauvais quart d'heure.

MéRE UBU

Ah ! bien, Père Ubu, te voilà devenu un véritable homme.

PéRE UBU

Oh non ! moi, capitaine de dragons, massacrer le roi de Pologne ! plutôt mourir !

MéRE UBU, à part.

Oh ! merdre ! (Haut.) Ainsi tu vas rester gueux comme un rat, Père Ubu.

PéRE UBU

Ventrebleu, de par ma chandelle verte, j'aime mieux être gueux comme un maigre et brave rat que riche comme un méchant et gras chat.

MéRE UBU

Et la capeline ? et le parapluie ? et le grand caban ?

PéRE UBU

Eh bien, après, Mère Ubu ? (Il s'en va en claquant la porte.)

MéRE UBU, seule.

Vrout, merdre, il a été dur à la détente, mais vrout, merdre, je crois pourtant l'avoir ébranlé. Grâce à Dieu et à moi-même, peut-être dans huit jours serai-je reine de Pologne.

source :www.lescorriges.com/.../jarry_alfred_ubu_scene_1.htm

Modifié par chirona

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Lautréamont, comte de (1846-1870)

Fils d'un chancelier du consulat de France à Montevideo, Isidore Ducasse, dit Lautréamont, n'a qu'un an lorsque sa mère meurt, peut-être suicidée. De caractère plutôt renfermé, il se montre brillant élève, surtout en mathématiques et en sciences. Arrivé en France en 1859, il poursuit ses études à Tarbes et à Pau, et découvre la littérature pour laquelle il se passionne. Son baccalauréat ès sciences en poche, il débarque à Paris pour - paraît-il - préparer le concours d'entrée à l'école polytechnique. Mais, installé près de la Bourse, Isidore s'enferme dans sa chambre et passe ses nuits à écrire. En août 1868, il fait paraître à compte d'auteur et sous anonymat, le premier Chant de Maldoror, qui passe totalement inaperçu. Dans l'année, il achève les cinq chants suivants et prend le pseudonyme de Comte de Lautréamont. Le volume est imprimé l'été 1869 mais n'est pas mis en vente, l'éditeur jugeant finalement le livre trop cru. En 1870, Isidore Ducasse fait imprimer sous son vrai nom le premier fascicule de Poésies, suivi peu après par le second fascicule. Si Les Chants de Maldoror, où malheur et méchanceté tiennent lieu de sublime, incarnait le désespoir, Poésies en est le pendant, consacré à l'espérance et la bonté. On trouve la même intensité de sarcasme, le même souci de critique, proféré par une double voix, contre la veulerie humaine et la bêtise de la soumission. A 24 ans, Isidore Ducasse meurt à son domicile dans des circonstances restées mystérieuses.

Source : Evene

Une citation très célèbre extraite des Chants de Maldoror :

Il est beau [...] comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie ! »

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Meyer, Stephenie

(née Morgan le 24/12/1973) est une écrivain américaine. Elle est l'auteure de la Saga du désir interdit (aussi connue sous le nom anglais de Twilight), qui tourne autour de la relation d'une humaine Bella Swan et d'un vampire Edward Cullen. Stephenie a vendu plus de 18 millions de copies de Twilight dans 37 pays, et plus de 8,5 millions de copies uniquement aux états-Unis. Stephenie Meyer a été classée 49ème dans la liste des 100 personnes les plus influentes du Time Magazine en 2008.

source : Wikipédia

Voici le synopsis de Twilight 1 (Fascination)

Bella, dix-sept ans, décide de quitter la ville ensoleillée de Phoenix, en Arizona, où elle vivait avec sa mère, inconséquente et amoureuse, pour s'installer chez son père, affectueux mais solitaire et qu'elle n'a pas vu depuis son enfance. Celui-ci est chef de la police de Forks, une petite ville pluvieuse de l'Etat de Washington, dans le nord-ouest des Etats-Unis. Lorsqu'elle quitte Phoenix, Bella croit renoncer à tout ce qu'elle aime, certaine qu'elle ne s'habituera jamais ni à la pluie ni à Forks, la "ville la plus pluvieuse des états-Unis", où l'anonymat est interdit.

Mais dès son arrivée au lycée, elle remarque la famille Cullen, qui reste toujours à l'écart des autres lycéens. Tous les cinq sont d'une beauté irréelle et leur comportement est souvent étrange. Parmi eux, un des adolescents, Edward Cullen, l'attire particulièrement. Le hasard fait que, dès la première journée de cours, Bella se trouve placée à la même table que lui. Dans un premier temps, celui-ci l'évite. Bella ne comprend pas son attitude et reste avec ses amis qui l'accueillent plus chaleureusement et l'introduisent à la vie du lycée.

Source : Wikipédia

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Nabokov, Vladimir (1899-1977)

Issu d'une famille aristocratique, cultivée et libérale, Vladimir Nabokov apprend de ses gouvernantes et de ses précepteurs les langues étrangères. Le jeune homme étudie à Tenichev, un lycée d'avant-garde. Son père, opposant au régime tsariste, meurt assassiné. Mais, protégé par sa mère, Nabokov mène une enfance heureuse et se découvre une passion pour la littérature. Pourtant, la révolution russe met un terme à son adolescence dorée et sa famille doit quitter Saint-Pétersbourg et se réfugier à Londres. Vladimir commence alors des études de Lettres. Il publie des critiques littéraires, des poèmes et un premier roman, Machenka, qui lui vaut une petite renommée, parmi la communauté russe de Londres : on voit en lui le plus grand espoir de sa génération. Roi, Dame, Valet, parut en 1928, accroît sa réputation. Lorsque l'URSS l'invite à retourner dans son pays natal, il refuse et part enseigner la littérature russe dans les meilleures universités des Etats-Unis. Naturalisé américain en 1945, il n'obtient la reconnaissance du milieu littéraire américain qu'en 1951, lorsqu'il publie Parle, le récit de ses souvenirs d'enfance. Sa notoriété devient mondiale en 1958 avec la publication de Lolita, qui provoque un scandale, mais où la critique s'accorde à reconnaître un chef-d'oeuvre. En 1959, il s'installe à Montreux, où il écrit son chef-d' oeuvre, Ada (1969). C'est dans ce lieu qu'il terminera sa vie.
Source : Evene

Voici un extrait de l'émission "Apostrophes" de Bernard Pivot du 30 mai 1975

Modifié par chirona

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Paolini, Christopher : né en 1983 à Los Angeles, Californie, Etats-Unis.

Christopher Paolini a passé toute son enfance à Paradise Valley dans le Montana. Dès l'âge de quinze ans, ce fils d'un écrivain propriétaire de la maison d'édition "Paolini International LLC" commence un premier roman de Fantasy inspiré de Dragon Hatcher de Bruce Coville. Eragon, premier tome de sa série L'Héritage est publié en 2003 : Christopher Paolini a dix-neuf ans. La seconde édition est expurgée de quelques longueurs. La traduction française paraît chez Bayard jeunesse en 2004.

Le deuxième tome intitulé Eldest est sorti en Amérique du Nord en août 2005, et sa traduction est publiée en France six mois plus tard, sous le nom de L'Aîné.

Le troisième tome, Brisingr, est sorti en 2008 aux états-Unis, et en 2009 en français.

Christopher Paolini a été élevé sans télévision ni internet, son inspiration lui est donc venue des livres (de J. R. R. Tolkien, d'E. R. Eddison et le poème Beowulf et de ses promenades dans les montagnes de Beartooth, dans le Montana. Montagnes qui ressemblent étrangement aux montagnes du Béors.

Source : Wikipédia

Voici un extrait d'Eragon :

Les monstres à cornes émergèrent de la forêt pour l'encercler. Ils barraient la moindre issue. L'elfe avait beau tourner la tête en tout sens, cherchant un moyen de s'enfuir, elle était cernée. Elle s'arrêta, affichant un mépris souverain. L'Ombre s'approcha d'elle, une main levée. Un bref instant, il jouit de l'impuissance de sa proie, puis ordonna :

- Attrapez-la !

Les Urgals firent un pas vers la femme, qui ouvrit sa bourse, glissa la main dedans, en sortit un grand saphir où se reflétait la lumière furieuse de l'incendie, et le brandit au-dessus de sa tête. Ses lèvres s'agitaient frénétiquement.

Cédant à la panique, l'Ombre aboya :

-Garjzla !

Une boule de feu fusa en direction de l'elfe. Trop tard : un éclair de lumière vert émeraude avait illuminé la forêt, et la pierre avait déjà disparu quand la flamme de l'Ombre frappa la femme, qui s'effondra.

Dans un hurlement de rage, l'Ombre jeta son épée contre un arbre. La lame se planta dans le tronc et vibra un moment avant de s'immobiliser. Neuf boules d'énergie jaillirent alors de la paume de l'Ombre. Les Urgals périrent sur-le-champ.

source : fnac.com

Modifié par chirona

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Quintilien (en latin Marcus Fabius Quintilianus) : rhéteur et pédagogue latin du 1er siècle après J. C.

Il est né entre 30 et 35 ap. J.-C., à Calagurris Nassica (aujourd'hui Calahorra), près de Logrono, dans la province romaine de Tarraconaise en Espagne.

Le jeune Quintilien fait ses premières études à Rome où son père exerce la profession de rhéteur ou d'avocat. Il y acquiert une culture générale complète en suivant les leçons de Palémon pour la littérature et de Domitius Afer pour l'éloquence. Membre du barreau de Rome pendant quelques années, il regagne l'Espagne en 61 avec Galba que Néron vient de nommer gouverneur de la province de Tarraconaise. Pendant sept ans, il y est professeur d'éloquence et avocat. Il rentre à Rome en 68, après l'assassinat de Néron, lorsque Galba est nommé empereur : il y exercera la double profession de rhéteur et d'avocat pendant vingt ans.

Lorsque Vespasien accède au pouvoir en l'an 69, il décide de promouvoir au sein du pays un enseignement officiel. Son choix se porte alors naturellement sur Quintilien qui devient, en quelque sorte, le premier professeur de l'instruction publique romaine. Il ouvre une école de rhétorique qui va devenir parmi les plus courues de la capitale, rassemblant les fils de bonnes familles. Il touche environ 100 000 sesterces par an. Homme de confiance et ami de Pline l'Ancieen, il compte, parmi ses élèves, Pline le Jeune, les neveux de Domitien, les petits-fils de la reine Domitella, peut-être même Tacite.

Après vingt années d'enseignement, il se retire de la vie publique en 89 après avoir obtenu plusieurs distinctions : les ornamenta, les consularia et le laticlave (bande pourpre qui ornait la tunique des nobles romains). La fin de sa vie est marquée par une série de drames familiaux : en 89, il perd sa femme âgée de 19 ans ; en 90, il perd son premier fils âgé de cinq ans ; en 95, il perd son second fils âgé de dix ans.

Il meurt probablement peu après l'assassinat de l'empereur Domitien en 95.

Son oeuvre la plus importante reste le De institutione oratoria, qu'on traduit souvent par De l'institution oratoire, au sens humaniste du terme, c'est-à-dire Au sujet de la formation de l'orateur. L'oeuvre compte 12 livres qui nous sont intégralement parvenus.

Si, dans les deux premiers livres, Quintilien donne une idée du parcours que doit suivre un enfant - surtout l'enfant de riches citoyens qui ont le moyen de payer un grammaticus - pour être formé à l'art oratoire, c'est dans son troisième livre qu'il décrit, de façon théorique, les cinq actes qui, selon lui, caractérisent cet art oratoire :

  • inventio (« l'invention ») : trouver quoi dire.
  • dispositio (« la disposition ») : savoir organiser ce qu'on va dire.
  • elocutio (« l'élocution ») : choisir la façon pour le dire.
  • actio (« l'action ») : savoir allier la parole et le geste.
  • memoria (« la mémoire ») : retenir ce qu'on doit dire.

source : Wikipédia

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Rice, Anne (née en 1941)

Née sous le nom, peu commun pour une fille, de Howard Allen O'Brien, elle choisit le prénom Anne lors de son premier jour d'école. En 1964, elle obtient un diplôme en sciences politiques et rédactionnelles. Elle publie son premier roman fantastique en 1976, Entretien avec un vampire, qui sera adapté au cinéma en 1994. En complétant ce roman par quatre autres tomes, elle crée la Chronique des vampires qu'elle achèvera par les Nouveaux contes de vampire. Par la suite, Anne Rice se consacre à un autre thème fantastique, la sorcellerie, avec la saga des sorcières Mayfair. Elle publie également des romans sous le nom de Anne Rampling et une trilogie érotique sous celui de A.N. Roquelaure. Anne Rice est une spécialiste des histoires épiques où les mondes visibles et invisible se croisent... pour le plus grand bonheur des lecteurs.

Source : Evene.fr

Voici un extrait de Entretien avec un vampire (1976) :

Je suivis Lestat en bas, dans la rue, et marchai longtemps. Les rues étaient sales à l'époque, c'étaient en fait de véritables caniveaux qui séparaient les îlots de maisons, et toute la ville était très sombre, si l'on compare aux villes de maintenant. Les lumières étaient comme des phares sur une mer obscure. Même dans l'aube qui se levait lentement, seuls les mansardes et les porches des maisons émergeaient de l'ombre, et pour un mortel les rues étroites que je trouvais sur mon chemin n'étaient que de ténébreux tunnels. Suis-je damné? Suis-je une émanation diabolique? Ma vraie nature est-elle une nature démoniaque? Je tournais et retournais sans cesse ces questions dans ma tête. Et, si cela est, pourquoi me révoltais-je contre cette nature, pourquoi ai-je tremblé quand Babette m'a jeté cette lanterne emflammée, pourquoi me détourner de dégoût lorsque Lestat tue? Que suis-je devenu en me transformant en vampire? Où vais-je aller? Et pendant tout ce temps, tandis que mon désir de mort me faisait négliger ma soif, elle n'en devenait que plus ardente. Mes veines dessinaient un réseau de douleur dans ma chair, mes tempes palpitaient, et finalement je ne pus en supporter davantage...
Modifié par chirona

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité kaerlyon
Invité kaerlyon Invités 0 message
Posté(e)

Puisque je te vois jouer toute seule, je viens un peu de te tenir compagnie :yahoo:

Je suis surprise de ne pas voir apparaitre George Sand dans la liste. Je vais reparer cet oubli :rtfm:

"George Sand est le pseudonyme d'Amantine Aurore Lucile Dupin, romancière et écrivain française, plus tard baronne Dudevant, née à Paris le 1er juillet 1804 et morte à Nohant le 8 juin 1876.

Elle a écrit des romans, des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre, une autobiographie, des critiques littéraires, des textes politiques.

Elle a fait scandale par sa vie amoureuse agitée, par sa tenue vestimentaire masculine dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin qu'elle adopte dès 1829, et dont elle lance aussi la mode.

Ses détracteurs les plus acharnés : Charles Baudelaire, Jules Barbey d'Aurevilly, Henri Guillemin n'ont retenu d'elle que cela, alors que George Sand était au centre de la vie intellectuelle de son époque, accueillant à Nohant-Vic ou à Palaiseau : Liszt, Marie d'Agoult, Balzac, Flaubert, Delacroix, et Victor Hugo, conseillant les uns, encourageant les autres.

Outre son immense production littéraire, elle s'est illustrée par un engagement politique actif à partir de 1848, inspirant Alexandre Ledru-Rollin, participant au lancement de trois journaux : « La Cause du peuple », « Le Bulletin de la République », « l'éclaireur », plaidant auprès de Napoléon III la cause de condamnés, notamment celle de Victor Hugo dont elle admirait l'¿uvre et dont elle a tenté d'obtenir la grâce."

Extrait source Wiki

Un extrait de "François le Champi" :

Un matin que Madeleine Blanchet, la jeune meunière du Cormouer, s'en allait au bout de son pré pour laver à la fontaine, elle trouva un petit enfant assis devant sa planchette, et jouant avec la paille qui sert de coussinet aux genoux des lavandières. Madeleine Blanchet, ayant avisé cet enfant, fut étonnée de ne pas le connaître, car il n'y a pas de route bien achalandée de passants de ce côté-là, et on n'y rencontre que des gens de l'endroit.

¿ Qui es-tu, mon enfant ? dit-elle au petit garçon, qui la regardait d'un air de confiance, mais qui ne parut pas comprendre sa question. Comment t'appelles-tu ? reprit Madeleine Blanchet en le faisant asseoir à côté d'elle et en s'agenouillant pour laver.

¿ François, répondit l'enfant.

¿ François qui ?

¿ Qui ? dit l'enfant d'un air simple.

¿ é qui es-tu fils ?

¿ Je ne sais pas, allez !

¿ Tu ne sais pas le nom de ton père !

¿ Je n'en ai pas.

¿ Il est donc mort ?

¿ Je ne sais pas.

¿ Et ta mère ?

¿ Elle est par là, dit l'enfant en montrant une maisonnette fort pauvre qui était à deux portées de fusil du moulin et dont on voyait le chaume à travers les saules.

¿ Ah ! je sais, reprit Madeleine, c'est la femme qui est venue demeurer ici, qui est emménagée d'hier soir ?

¿ Oui, répondit l'enfant.

¿ Et vous demeuriez à Mers !

¿ Je ne sais pas.

Tu es un garçon peu savant. Sais-tu le nom de ta mère, au moins ?

¿ Oui, c'est la Zabelle

¿ Isabelle qui ? tu ne lui connais pas d'autre nom ?

¿ Ma foi non, allez !

¿ Ce que tu sais ne te fatiguera pas la cervelle, dit Madeleine en souriant et en commençant à battre son linge.

Modifié par kaerlyon

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Merci kaerlyon pour ta participation :yahoo: .

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité kaerlyon
Invité kaerlyon Invités 0 message
Posté(e)

Pas de problème. J'en profite pour utiliser la lettre T et citer mon poète préféré : Dylan Thomas.

Dylan Thomas est né à Swansea, ville côtière du Pays de Galles.

Son père David diplômé en anglais et écrivain, poussa son fils à parler anglais plutôt que le gallois que parlait sa mère. Son deuxième prénom « Marlais » vient du bardic name (pseudonyme utilisé au Pays de Galles par les artistes liés au mouvement eisteddfod) de son oncle, le ministre unitariste, Gwilym Marles (dont le vrai nom était William Thomas). Jugé trop frêle, l'auteur n'a pas pu participer à la Seconde Guerre mondiale. Il participa toutefois à l'écriture d'¿uvres de propagande en faveur du gouvernement.

Thomas fréquenta la Swansea Grammar School (maintenant connue sous le nom de Bishop Gore School), école pour garçons où son père enseignait la littérature anglaise. C'est dans un magazine scolaire que le jeune Thomas publie son premier poème. Il quitta l'école à 16 ans pour devenir reporter durant un an et demi.

Thomas passa la majeure partie de son enfance à Swansea, hormis de réguliers voyages à la ferme de Carmathen que possédait la famille de sa mère. Ces séjours ruraux, différents de l'atmosphère de la ville, influencèrent beaucoup son travail ; on le remarque dans de nombreuses histoires courtes, dans des ¿uvres radiophoniques ou encore dans le poème Fern hill.

Thomas écrivit la moitié de son ¿uvre alors qu'il vivait dans la maison familiale du 5 Cwmdonkin Drive (le poème le plus connu étant : And death shall have no dominion). En novembre 1934, son premier recueil de poésie, 18 Poems, est publié. C'était à l'époque l'un des jeunes poètes les plus excitants écrivant en langue anglaise.

En 1937, Thomas se marie avec Caitlin Macnamara (1913-1994) et aura trois enfants avec elle, malgré une relation houleuse et entachée par des écarts conjugaux, Caitlin étant proche du peintre Augustus John. Un premier garçon nommé Llewelyn naît en janvier 1939 (décédé en 2000), puis une fille en mars 1943, Aeronwy Thomas (décédée en 2009), et enfin un autre garçon, Colm Garan, naît en juillet 1949.

Thomas aimait se vanter de sa consommation d'alcool. Durant un accident survenu le 3 novembre 1953, Thomas retourna au Chelsea Hotel de New York et déclara: "I've had 18 straight whiskies, I think this is a record" (j'ai bu 18 whisky, je pense que c'est un record). Six jours plus tard, pendant sa tournée promotionnelle new-yorkaise à la White Horse Tavern, de Greenwich Village (Manhattan ¿ états-Unis), il s'évanouit après avoir trop bu .

Plus tard, Thomas mourut au St Vincent Hospital (New York) à l'âge de 39 ans. La cause première fut une pneumonie, accompagnée d'une faiblesse du foie et d'une hypertension intra-crânienne (souvent causée par un hématome ou un ¿dème cérébral, mais aussi par une défaillance du foie) en causes aggravantes. D'après Jack Heliker, ses derniers mots ont été : "After 39 years, this is all I've done" (Après 39 ans, c'est tout ce que j'ai fait). é la suite de sa mort, son corps fut rapatrié au Pays de Galles pour être enterré à Laugharne, ville qu'il appréciait. En 1994, sa femme Caitlin fut mise en terre à ses côtés. Le caractère et les hommes de Laugharne sont dépeints dans son oeuvre Under Milk Wood.

Source Wikipédia

Il y a beaucoup de ses poèmes qui me plaisent, dont celui-ci :

"J'ai ardemment souhaité partir

Loin des sifflements du monde usé

Et du cri incessant des vieilles terreurs,

Plus terribles à mesure que le jour

Passe la colline et plonge dans la mer profonde.

J'ai ardemment souhaité partir

Loin de la répétition des saluts

Car il y a des âmes dans l'air

Et des échos d'âme sur ma page

Et le tonnerre des appels et des notes.

J'ai ardemment souhaité partir mais j'ai peur.

Une vie, encore neuve, pourrait fuser

Hors du vieux mensonge en feu sur le sol

Et, crépitant dans l'air, me laisser à demi aveugle.

Et dans la vieille peur de la nuit,

Le couvre-chef que l'on ôte,

Les lèvres pincées devant le récepteur,

Je ne tomberai pas sous la plume de la mort.

Peu importe si je meurs de tout ceci qui est

é moitié convention et à moitié mensonge."

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

U ? Je passe

Vigny, Alfred Victor, comte de : écrivain, dramaturge et poète français, né le 27 mars 1797 ou 7 Germinal An 5 à Loches (Indre-et-Loire) et mort le 17 septembre 1863 à Paris, 8ème. Figure du romantisme, contemporain de Victor Hugo et de Lamartine – il fréquente le Cénacle – il écrit parallèlement à une carrière militaire entamée en 1814 et publie ses premiers poèmes en 1822. Avec la publication de Cinq-Mars en 1826, il contribue au développement du roman historique français. Ses traductions versifiées de Shakespeare s'inscrivent dans le drame romantique, de même que sa pièce Chatterton (1835). Son œuvre se caractérise par un pessimisme fondamental, et une vision désenchantée de la société. Il développe à plusieurs reprises le thème du paria, incarné par le poète, le prophète, le noble, Satan et le soldat. Sa poésie est empreinte d'un stoïcisme hautain, qui s'exprime en vers denses et dépouillés, souvent riches en symboles, annonçant la modernité poétique de Baudelaire, Verlaine et Mallarmé.

Source : Wikipédia

Voici un extrait de "La maison du berger", seul poème d'amour écrit par Vigny. Extrait du recueil Les Destinées (1864). C'est le poème le plus long du recueil : 336 vers.

La maison du berger

A Eva

I

Si ton coeur, gémissant du poids de notre vie,

Se traîne et se débat comme un aigle blessé,

Portant comme le mien, sur son aile asservie,

Tout un monde fatal, écrasant et glacé ;

S'il ne bat qu'en saignant par sa plaie immortelle,

S'il ne voit plus l'amour, son étoile fidèle,

Eclairer pour lui seul l'horizon effacé ;

Si ton âme enchaînée, ainsi que l'est mon âme,

Lasse de son boulet et de son pain amer,

Sur sa galère en deuil laisse tomber la rame,

Penche sa tête pâle et pleure sur la mer,

Et, cherchant dans les flots une route inconnue,

Y voit, en frissonnant, sur son épaule nue

La lettre sociale écrite avec le fer ;

Si ton corps frémissant des passions secrètes,

S'indigne des regards, timide et palpitant ;

S'il cherche à sa beauté de profondes retraites

Pour la mieux dérober au profane insultant ;

Si ta lèvre se sèche au poison des mensonges,

Si ton beau front rougit de passer dans les songes

D'un impur inconnu qui te voit et t'entend,

Pars courageusement, laisse toutes les villes ;

Ne ternis plus tes pieds aux poudres du chemin

Du haut de nos pensers vois les cités serviles

Comme les rocs fatals de l'esclavage humain.

Les grands bois et les champs sont de vastes asiles,

Libres comme la mer autour des sombres îles.

Marche à travers les champs une fleur à la main.

La Nature t'attend dans un silence austère ;

L'herbe élève à tes pieds son nuage des soirs,

Et le soupir d'adieu du soleil à la terre

Balance les beaux lys comme des encensoirs.

La forêt a voilé ses colonnes profondes,

La montagne se cache, et sur les pâles ondes

Le saule a suspendu ses chastes reposoirs.

Le crépuscule ami s'endort dans la vallée,

Sur l'herbe d'émeraude et sur l'or du gazon,

Sous les timides joncs de la source isolée

Et sous le bois rêveur qui tremble à l'horizon,

Se balance en fuyant dans les grappes sauvages,

Jette son manteau gris sur le bord des rivages,

Et des fleurs de la nuit entrouvre la prison.

Il est sur ma montagne une épaisse bruyère

Où les pas du chasseur ont peine à se plonger,

Qui plus haut que nos fronts lève sa tête altière,

Et garde dans la nuit le pâtre et l'étranger.

Viens y cacher l'amour et ta divine faute ;

Si l'herbe est agitée ou n'est pas assez haute,

J'y roulerai pour toi la Maison du Berger.

Elle va doucement avec ses quatre roues,

Son toit n'est pas plus haut que ton front et tes yeux

La couleur du corail et celle de tes joues

Teignent le char nocturne et ses muets essieux.

Le seuil est parfumé, l'alcôve est large et sombre,

Et là, parmi les fleurs, nous trouverons dans l'ombre,

Pour nos cheveux unis, un lit silencieux.

Je verrai, si tu veux, les pays de la neige,

Ceux où l'astre amoureux dévore et resplendit,

Ceux que heurtent les vents, ceux que la mer assiège,

Ceux où le pôle obscur sous sa glace est maudit.

Nous suivrons du hasard la course vagabonde.

Que m'importe le jour ? que m'importe le monde ?

Je dirai qu'ils sont beaux quand tes yeux l'auront dit.

Que Dieu guide à son but la vapeur foudroyante

Sur le fer des chemins qui traversent les monts,

Qu'un Ange soit debout sur sa forge bruyante,

Quand elle va sous terre ou fait trembler les ponts

Et, de ses dents de feu, dévorant ses chaudières,

Transperce les cités et saute les rivières,

Plus vite que le cerf dans l'ardeur de ses bonds

Oui, si l'Ange aux yeux bleus ne veille sur sa route,

Et le glaive à la main ne plane et la défend,

S'il n'a compté les coups du levier, s'il n'écoute

Chaque tour de la roue en son cours triomphant,

S'il n'a l'oeil sur les eaux et la main sur la braise

Pour jeter en éclats la magique fournaise,

Il suffira toujours du caillou d'un enfant.

Sur le taureau de fer qui fume, souffle et beugle,

L'homme a monté trop tôt. Nul ne connaît encor

Quels orages en lui porte ce rude aveugle,

Et le gai voyageur lui livre son trésor,

Son vieux père et ses fils, il les jette en otage

Dans le ventre brûlant du taureau de Carthage,

Qui les rejette en cendre aux pieds du Dieu de l'or.

Mais il faut triompher du temps et de l'espace,

Arriver ou mourir. Les marchands sont jaloux.

L'or pleut sous les chardons de la vapeur qui passe,

Le moment et le but sont l'univers pour nous.

Tous se sont dit : " Allons ! " Mais aucun n'est le maître

Du dragon mugissant qu'un savant a fait naître ;

Nous nous sommes joués à plus fort que nous tous.

Eh bien ! que tout circule et que les grandes causes

Sur des ailes de feu lancent les actions,

Pourvu qu'ouverts toujours aux généreuses choses,

Les chemins du vendeur servent les passions.

Béni soit le Commerce au hardi caducée,

Si l'Amour que tourmente une sombre pensée

Peut franchir en un jour deux grandes nations.

Mais, à moins qu'un ami menacé dans sa vie

Ne jette, en appelant, le cri du désespoir,

Ou qu'avec son clairon la France nous convie

Aux fêtes du combat, aux luttes du savoir ;

A moins qu'au lit de mort une mère éplorée

Ne veuille encor poser sur sa race adorée

Ces yeux tristes et doux qu'on ne doit plus revoir,

Evitons ces chemins. - Leur voyage est sans grâces,

Puisqu'il est aussi prompt, sur ses lignes de fer,

Que la flèche lancée à travers les espaces

Qui va de l'arc au but en faisant siffler l'air.

Ainsi jetée au loin, l'humaine créature

Ne respire et ne voit, dans toute la nature,

Qu'un brouillard étouffant que traverse un éclair.

On n'entendra jamais piaffer sur une route

Le pied vif du cheval sur les pavés en feu ;

Adieu, voyages lents, bruits lointains qu'on écoute,

Le rire du passant, les retards de l'essieu,

Les détours imprévus des pentes variées,

Un ami rencontré, les heures oubliées

L'espoir d'arriver tard dans un sauvage lieu.

La distance et le temps sont vaincus. La science

Trace autour de la terre un chemin triste et droit.

Le Monde est rétréci par notre expérience

Et l'équateur n'est plus qu'un anneau trop étroit.

Plus de hasard. Chacun glissera sur sa ligne,

Immobile au seul rang que le départ assigne,

Plongé dans un calcul silencieux et froid.

Jamais la Rêverie amoureuse et paisible

N'y verra sans horreur son pied blanc attaché ;

Car il faut que ses yeux sur chaque objet visible

Versent un long regard, comme un fleuve épanché ;

Qu'elle interroge tout avec inquiétude,

Et, des secrets divins se faisant une étude,

Marche, s'arrête et marche avec le col penché.

Modifié par chirona

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Kinwena Membre+ 4 724 messages
Patate fossilisée‚ 30ans
Posté(e)

J'allais dire que je n'avais pas d'idée...

Mais en fait, un petit clin d'¿il à une autre topic:

En W, William Wordsworth poète anglais.

Et comme je suis une flemmarde pressée, je re cite le poème cité par chirona dans cet autre topic:

"Lines written in Early Spring"

I heard a thousand blended notes,

While in a grove I sate reclined,

In that sweet mood when pleasant thoughts

Bring sad thoughts to the mind.

To her fair works did Nature link

The human soul that through me ran;

And much it grieved my heart to think

What man has made of man.

Through primrose tufts, in that green bower,

The periwinkle trailed its wreaths;

And 'tis my faith that every flower

Enjoys the air it breathes.

The birds around me hopped and played,

Their thoughts I cannot measure:--

But the least motion which they made

It seemed a thrill of pleasure.

The budding twigs spread out their fan,

To catch the breezy air;

And I must think, do all I can,

That there was pleasure there.

If this belief from heaven be sent,

If such be Nature's holy plan,

Have I not reason to lament

What man has made of man?

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

x ? y ? z ? :yahoo:

Atwood Margaret : (née le 18 novembre 1939 à Ottawa, Ontario) est une romancière, poètesse et critique littéraire canadiene. Elle est l'une des écrivaines canadiennes les plus connues. (source : wikipédia)

Voici le résumé de son roman La Servante écarlate ( The Handmaid's tale, 1985) :

Defred est en quelque sorte un bien national, à elle seule une entreprise de salubrité publique. En ces temps de dénatalité galopante, elle a dû mettre au service de la République de Gilead, tout récemment fondée par une poignée de fanatiques religieux, son attribut le plus précieux: sa matrice. Et c'est avec un sentiment mal réprimé de révolte qu'elle offre son corps, comme toutes les femmes en âge de procréer, aux privilégiés en mal de progéniture.

Vêtue d'écarlate, à l'exception des voiles blancs de sa cornette, elle accomplit sa tâche comme une somnambule. Doit-elle céder à la révolte, tenter de tromper le système? é ce jeu-là, elle a déjà tant perdu: son mari et sa fille lui ont été arrachés¿

Le soir, Defred regagne sa chambre à l'austérité monacal. Là, elle laisse affluer les souvenirs. Elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, d'échanger des confidences, de dépenser de l'argent, d'avoir un travail, un nom, des amants¿ C'était le temps où l'amour était au centre de tout.

L'amour, cette chose si douce punie de mort¿ (source : laffont.fr)

J'ai lu ce livre il y a très longtemps et il m'avait profondément marquée et mise assez mal à l'aise : un roman d'anticipation où les femmes sont traitées comme des objets sexuels. Pas besoin de faire de l'anticipation pour penser au sort de certaines femmes dans le monde dont la dignité humaine est bafouée au-delà du supportable.

Modifié par chirona

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Annonces
Maintenant

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant