La dictée de Lili

Ocytocine Membre+ 17 768 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
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corrigé (pardon pour le retard):

Si une femme dépasse un certain âge et vit seule (contrainte et forcée, on ne peut le concevoir autrement dans notre société), elle est affublée d'un très seyant patronyme: VF, autrement dit Vieille Fille. Considéré comme définitivement sexiste en société, mais très largement plebiscité dans les fameux couples "mariés fiers de l'être". Les VG n'existent pas ; l'homme célibataire étant simplement un homme qui n'a pas encore trouvé chaussure à son pied - l'élue, la mère de ses enfant -, le pauvre chéri!

Affublé(e) prend deux F. VF marque un raccourci qui est très à la mode: PPDA pour Patrick Poivre d'Arvor, DSK, pour Dominique Strauss-Kahn et plus récemment CBS pour Carla Bruni Sarkozy ;) . Par conséquent quand on donne l'intitulé exact, on marque les capitales. Attention au plébiscité, qui prend bien un S avant le C, bien que cela paraisse inutile. C'est encore à cause des Romains et de leur latin plebiscitum, signifiant "décision" ; on comprend pourquoi un certain petit village résiste encore et toujours à l'envahisseur... bref. :snif:

Vieux garçon ne s'applique qu'aux quinquagénaires en dépresssion nerveuse - en gros, ils sont deux - , donc pas la peine d'en parler. Par contre, la vieille fille a aux alentours de trente ans, ne s'est pas mariée, n'a pas d'enfants, mais un bon poste (bien sûr, elle n'a que ça à foutre).

Appliquer prend deux P (on en rajoute quand on s'applique, non?), mais il y avait un piège sur l'accent de quinquagénaire. Aux alentours est toujours au pluriel quand il représente un substantif. Mais on dira "trouver quelque ombre alentour" si c'est un adverbe. Le substantif est aujourd'hui beaucoup plus usité et l'adverbe quelque peu précieux ;) . Le contexte (en l'occurence la parenthèse qui suit) aurait pu vous faire comprendre qu'il s'agissait d'un bon poste et non d'un bon pote. En effet, une VF a plutôt des copines ;) .

Alors moi je dis: "ça suffit de nous prendre pour des buses". On nous a fait croire tout notre enfance au magnifique prince charmant qui viendrait chercher sa princesse, même cachée derrière une peau d'âne, endormie depuis mille ans, ou prisonnière en haut d'un château, mais alors super haut, genre il faut faire de la varappe pour accéder à une meurtrière où même ton bras après une liposuccion ne peut pas passer. Et maintenant qu'on arrive à l'âge d'être dans le clan des "je suis en couple, oui, une table pour deux", on nous dit qu'en fait Môsieur a pris un peu de retard.(...)

Buse est un oiseau qu'on trouve très idiot et qui s'écrit avec des S. La princesse n'est évidemment pas "casée", sinon aurait-elle besoin d'un prince charmant? :snif: Elle est cachée derrière une peau d'âne dans un conte célèbre.

Mille ne prend jamais, je dis bien JAMAIS, de S! Seuls vingt et cent en prennent et dans certaines circonstances, déjà évoquées. Château prend un circonflexe, comme tout le monde le sait. :snif: Et bravo à ceux qui ont bien mis deux P à varappe. :o Le est ici un adverbe de lieu, donc il prend l'accent grave. Liposuccion, ce n'était pas facile. Le terme méprisant Môsieur, prend parfois un deuxième S pour accentuer le mépris, mais dans tous les cas un R au bout, car il est issu de Monsieur.

Bon, comme on est débrouillarde, on attend un peu, très vite ça nous saoule, donc on part en quête du prince. Il doit être en retard, ce n'est pas sa faute, le chemain était mal indiqué. Très vite ça ressemble aux Croisades: nous voilà parties armées (minijupes et talons hauts), brandissant bien haut les étandards, sur notre cheval blanc.

Débrouillarde reste au singulier car le on est considéré comme un "il" ou un "elle". idem pour la suite. Saoule et soûle ont exactement le même sens et la même origine mais s'écrivent différemment :coeur: . La contraction a d'ailleurs tendance à prendre le dessus. La quête prend un circonflexe car il s'agissait d'une "queste" en ancien français. Minijupe s'écrit en un seul mot (quand je vois que même des messieurs ne repèrent pas cette faute, je me demande... Passons ;) ). Etendards prend un D.

Cela dit, le problème c'est que le prince lui, sait qui on est - normal c'est le prince - mais nous on le connaît pas le mec censé nous sauver de notre existence misérable de VF. Alors, d'un, ce con s'est paumé, de deux on passe pour des abruties avec nos fanions "houhou je suis la princesse" et de trois on se tape tous les tarés du coin. Faut bien tester pour voir si c'est le prince, il est peut-être amnésique (de nos jours une mauvaise chute de cheval est si vite arrivée).

J'ai repéré au moins une fois que la différence entre censé et sensé n'est pas comprise :snif: . Censé a ici le sens de "supposé" et non de "quelqu'un qui a tous ses sens" (pas comme l'auteur de la faute non corrigée en tous cas ;) , mais les mauvaises langues diront que je le trouble :o ). Pour ceux qui ont oublié le circonflexe à connaît devrait se replonger un tantinet dans ce bon vieux Bescherelle (je vous assure, ça fait pas ringard à la plage!!! :snif: . Quoique...). On met un E à abruti car c'est un discours on ne peut plus féminin, non? Fanion ne prend qu'un N. Amnésique prend un N après le M, car il vient du grec memnos, "la mémoire". Ainsi on dira aussi: mnémotechnique, mot super difficile à dire et à placer dans la conversation, mais ça en jette! :o La mnémonique a le même sens: rien à voir avec une certaine Monique, mais la plus célèbre est le fameux "mais où et donc or ni car?"

Et nous voilà parties dans les affres des relations mythologiquement grotesques du plan cul, du beau mec arriviste ("J'me la pète, j'ai de gros muscles, mais j'ai oublié de passer prendre un cerveau"), du "j'aurais bien aimé être ton prince, mais aujourd'hui j'ai piscine", du "hey!, c'est moi, Charmant, Ton Charmant, ma Mireille". C'est con, moi c'est Brigitte. Et de tout le reste: gentil garçon, paumé, obsédé, p'tite bite, tros gros cerveau, SM, colérique, macho, lavette, raté, trop gentil, pas câlin, pas compréhensif, pas sensible, pas le temps, pas, et encore pas, et toujours pas.

Les affres prennent deux F, tellement elles sont terribles. L'expression "plan cul" ne prend pas de tiret. Si l'infinitif de pêter prend un circonflexe dans "j'me la pète" c'est un accent grave. Dans "j'aurais bien aimé", il y a une hypothèse, un regret, quelque chose qui ne s'est pas vraiment passé, donc plus-que-parfait obligatoire. Pas la peine de triturer "p'tite bite" pour faire beau, c'est bien comme cela que l'auteur a choisi de l'écrire pour exprimer un grand mépris. ;) SM ne prend pas de tiret, c'est une abréviation du même type que VF pour Vieille Fille, VO pour Version Originale, etc. Câlin prend un circonflexe comme tous ses dérivés, câliner, câlinerie, câlinement. :o

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Invité donjuan
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Gros travail, :snif:

et le retard, c'est de ma faute. :snif:

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Invité donjuan
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Pas question de te lâcher, :snif:

à quand la prochaine dictée?

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Invité donjuan
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J'attends ! :snif:

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Invité donjuan
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C'est bien bô d'expliqué les kuriosités de la lange fransaise mais j'attend ma dicté!!! :snif:

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Ocytocine Membre+ 17 768 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Numéro 7?

Reste ici caché : demeure!

Dans une heure

D'un oeil ardent tu verras

Sortir du bain l'ingénu

Toute nue

Croisant ses mains sur ses bras

(Victor Hugo)

Ses six vers se constiutent en stroffes (sizin), car la correspondance des rimes est achevée (chacune des trois rimes trouve son répondant) et clos (les rimes ambrasées asurent une liaison solide, alors qu'une suite de rimes à rimes plats formerait un ensemble trop lache) ; de plus l'alternance des mètres obéit à un ordre précit: chaque vers de trois sylabes est encadré par un ver de sept ; le système de mètres est clos quand chachun a trouvé son omologue, donc seulement au 6e ver. La non correspondance des rimes des deux vers courts introduit une heureuse discordence dans une structure de liaisons très solides. c'est la superposition des deux structures rymiques et métrique qui assure la cohérence de la stroffe. Le seul système des rimes pouvait laisser apparaître un risque de disloquation, la stroffe se décomposant en un dystique suivi d'un quatrain. La disposition tipographique (le retrait des vers courts par rapport aux vers long) rend la stroffe perceptible à l'oeil.

Les poètes du xixe siècle (Victor Hugo plus que tout) ont poursuivi méthodiquement la recherche de formes strofiques nouvelles.

extrait de : La Poésie, par Jean-Louis Joubert, coll. "Cursus", Armand Colin, 1989.

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Invité donjuan
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Numéro 7?

Reste ici caché : demeuré!

Dans une heure

D'un oeil ardent tu verras

Sortir du bain l'ingénu

Toute nue

Croisant ses mains sur ses bras

(Victor Hugo)

Ses six vers se constitutent en strophes (sizin), car la correspondance des rimes est achevée (chacune des trois rimes trouve son répondant) et clos (les rimes embrasées assurent une liaison solide, alors qu'une suite de rimes à rimes plats formerait un ensemble trop lâche) ; de plus l'alternance des mètres obéit à un ordre précis: chaque vers de trois syllabes est encadré par un ver de sept ; le système de mètres est clos quand chachun a trouvé son homologue, donc seulement au 6e ver. La non correspondance des rimes des deux vers courts introduit une heureuse discordance dans une structure de liaisons très solides. c'est la superposition des deux structures rimiques et métrique qui assure la cohérence de la strophe. Le seul système des rimes pouvait laisser apparaître un risque de dislocation, la strophe se décomposant en un dystique suivi d'un quatrain. La disposition typographique (le retrait des vers courts par rapport aux vers long) rend la strophe perceptible à l'oeil.

Les poètes du xixe siècle (Victor Hugo plus que tout) ont poursuivi méthodiquement la recherche de formes strophiques nouvelles.

extrait de : La Poésie, par Jean-Louis Joubert, coll. "Cursus", Armand Colin, 1989.

Ouf, merci Lili,

court mais pas facile. :snif:

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goods Membre 9 981 messages
Forumeur alchimiste‚ 106ans
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Pourquoi proposer davantage de dictées quand on sait le nombre incroyable de correcteurs d'orthographe existant sur le marché! :snif:

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Ocytocine Membre+ 17 768 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Parce que la langue française est trop complexe et subtile pour les correcteurs d'orthographe électroniques. C'est d'ailleurs pourquoi le métier de correcteur existe toujours. Moi, j'essaie juste de préserver la langue à ma manière ; je suppose que j'ai l'air de crâner. Maintenant, si le principe de ce topic te semble débile, tu peux passer ton chemin. Ou alors organise une pétition pour fermer le sujet...

"Pourquoi marcher alors qu'il existe d'excellents fauteuils roulants électriques?" :snif: Maîtriser sa propre langue sans recourir à un correcteur c'est autant une chance que de marcher au lieu d'être invalide.

Avant de juger, as-tu essayé de corriger mes dictées truquées avec tes fameux correcteurs informatiques? Te donnent-ils TOUS le bon résultat? :snif:

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Ocytocine Membre+ 17 768 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Reste ici caché : demeure!

Dans une heure

D'un oeil ardent tu verras

Sortir du bain l'ingénu

Toute nue

Croisant ses mains sur ses bras

(Victor Hugo)

Ses six vers se constiutent en stroffes (sizin), car la correspondance des rimes est achevée (chacune des trois rimes trouve son répondant) et clos (les rimes ambrasées asurent une liaison solide, alors qu'une suite de rimes à rimes plats formerait un ensemble trop lache) ; de plus l'alternance des mètres obéit à un ordre précit: chaque vers de trois sylabes est encadré par un ver de sept ; le système de mètres est clos quand chachun a trouvé son omologue, donc seulement au 6e ver. La non correspondance des rimes des deux vers courts introduit une heureuse discordence dans une structure de liaisons très solides. c'est la superposition des deux structures rymiques et métrique qui assure la cohérence de la stroffe. Le seul système des rimes pouvait laisser apparaître un risque de disloquation, la stroffe se décomposant en un dystique suivi d'un quatrain. La disposition tipographique (le retrait des vers courts par rapport aux vers long) rend la stroffe perceptible à l'oeil.

Les poètes du xixe siècle (Victor Hugo plus que tout) ont poursuivi méthodiquement la recherche de formes strofiques nouvelles.

On voit que c'est l'été, plus personne ne participe... :snif:

Voilà un corrigé rapide ; je remettrai le couvert en septembre.

Reste ici caché : demeure!

Dans une heure

D'un oeil ardent tu verras

Si votre traitement de texte le permet (et en principe tous le permettent), faites attention à mettre le E dans l'O à oeil [on peut pas ici, je crois :snif: ]

Sortir du bain l'ingénue

Peu d'ingénus dans la poésie de cette époque, surtout qui se mettent à poil! :snif: Donc on rajoute un E pour féminiser: l'adjectif suivant nue vous guide. :snif:

Toute nue

Croisant ses mains sur ses bras

(Victor Hugo)

Ses six vers se constituent [il y a une vilaine coquille] en strophe (sizain) [cf. le célèbre "quatrain" évoqué ci-dessous], car la correspondance des rimes est achevée (chacune des trois rimes trouve son répondant) et close (les rimes embrassées assurent une liaison solide, alors qu'une suite de rimes à rimes plates formerait un ensemble trop lâche) ; de plus l'alternance des mètres obéit à un ordre précis: chaque vers de trois syllabes est encadré par un vers de sept ; le système des mètres est clos quand chacun a trouvé son homologue [du grec homos= identique], donc seulement au sixième vers. La non-correspondance des rimes des deux vers courts introduit une heureuse discordance dans une structure de liaisons très solides. C'est la superposition des deux structures rimique [ne pas confondre avec rythmique ; il s'agit bien de rimes ici] et métrique qui assure la cohérence de la strophe. Le seul système des rimes pouvait laisser apparaître un risque de dislocation, la strophe se décomposant en un distique [ce mot est difficile car la racine dys- est fréquente] suivi d'un quatrain. La disposition typographique (le retrait des vers courts par rapport aux vers long) rend la strophe perceptible à l'oeil. [encore un E dans l'O si possible]

Les poètes du XIXe [les siècles doivent se mettre en petites capitales sur traitement de texte avec le E en exposant, mais jamais -ème] siècle (Victor Hugo plus que tous) ont poursuivi méthodiquement la recherche de formes strophiques nouvelles.

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vivi 04 Membre 80 messages
Forumeur en herbe‚ 38ans
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Bonsoir Lili,

Je viens de tomber sur ton post et je le trouve formidable!

Je suis nouvelle et si tu as eut l'occasion de regarder ce que j'ai écrit, tu aura sûrement remarqué toutes les fautes d'orthographe dont je suis capable!!Alors si tu as une petite dictée sous la main, je suis partante et très motivée. Je trouve formidable que tu expliques aussi toutes les régles associées!!

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Ocytocine Membre+ 17 768 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
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Cette journée démarre sous de bons auspices, grâce à ce compliment, merci. :snif:

Dans ces conditions, je ne vais peut-être pas attendre septembre...

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mayl Membre 865 messages
Forumeur accro‚ 26ans
Posté(e)

il est super ce sujet

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vivi 04 Membre 80 messages
Forumeur en herbe‚ 38ans
Posté(e)
Cette journée démarre sous de bons auspices, gràce à ce compliment, merci. :snif:

Dans ces conditions, je ne vais peut-être pas attendre septembre...

n'hésite surtout pas, nous sommes à nos claviers!

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cbar Membre+ 5 806 messages
avec Cbar, point de cafard‚
Posté(e)
Cette journée démarre sous de bons auspices, gràce à ce compliment, merci. :snif:

Dans ces conditions, je ne vais peut-être pas attendre septembre...

c'est mieux que dans des bons hospices¿ :snif:

gràce
grâce qu'est Lili ! :snif:

pas grasse !

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Ocytocine Membre+ 17 768 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

J'ai réussi à faire une faute. :snif:

Les flatteries ça me trouble trop. :snif:

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vivi 04 Membre 80 messages
Forumeur en herbe‚ 38ans
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navrée.. :snif: bon bin je n'en ferai plus .... :snif::snif:

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Ocytocine Membre+ 17 768 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

une dictée spéciale été pour vivi 04. :snif:

Il ne sous estimait jamais le moment magique qu'est pour un homme le choix de son métier. Sachant bien que la vie est trop courte pour que ce chois ne soit pas irréparrable, il avait été angoissé de constater qu'aucun métier ne l'atirait spontanément. Avec septicisme, il avait examiné l'éventail des possibilités qui s'offraient : les procureurs qui consacrent toute leur vie à la persècution des autres ; les instituteurs, souffre douleurs des enfants mal élevés ; les disciplines techniques, dont le progrés apporte avec un petit avantage une énorme nossivité ; le bavardage aussi sofistiqué que vide des sciences humaines ; l'architecture intérieure (elle l'attirait en souvenir de son grand-père qui était menuisier) complètement asservi aux modes qu'il détestait ; le métier des pauvres pharmaciens réduits à être des vendeurs de boites et de flacons. Quand il se demandait : quel métier choisir pour toute ma vie? son fort intérieur tombait dans le plus embarrassé des silences. Si, à la fin, il s'était décidé pour la médecine, il n'avait obéi à aucune atirance secrète mais à un idéalisme altruiste: il considérait la médecine comme la seule ocuppation incontestablement utile à l'homme et dont les progrès techniques apportent d'effets négatifs.

Les déceptions n'ont pas tardé quant, au cours de la 2ème année, il dût passer son temps dans la salle de dissection: il subit un choc dont il ne s'était jamais remis : il était incapble de regarder la mort en face ; peu après il s'avoua que la vérité était pire encore : il était incapable de regarder le cor en face : sa fatale, iresponsable imperfection ; l'horloge de décomposition qui régis sa marche ; son sang, ses entrailles, sa douleur.

emprunté à Milan Kundera dans L'identité, coll. "nrf", Gallimard, 1997.

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Chapacha Membre+ 21 021 messages
Folle de chats, yo !‚ 48ans
Posté(e)

Il ne sous-estimait jamais le moment magique qu'est pour un homme le choix de son métier. Sachant bien que la vie est trop courte pour que ce choix ne soit pas irrépa(r)rable, il avait été angoissé de constater qu'aucun métier ne l'attirait spontanément. Avec scepticisme, il avait examiné l'éventail des possibilités qui s'offraient : les procureurs qui consacrent toute leur vie à la persécution des autres ; les instituteurs, souffre-douleur(s) des enfants mal élevés ; les disciplines techniques, dont le progrès apporte avec un petit avantage une énorme nocivité ; le bavardage aussi sophistiqué que vide des sciences humaines ; l'architecture intérieure (elle l'attirait en souvenir de son grand-père qui était menuisier) complètement asservie aux modes qu'il détestait ; le métier des pauvres pharmaciens réduits à être des vendeurs de boîtes et de flacons. Quand il se demandait : quel métier choisir pour toute ma vie ? son for(t) intérieur tombait dans le plus embarrassé des silences. Si, à la fin, il s'était décidé pour la médecine, il n'avait obéi à aucune attirance secrète mais à un idéalisme altruiste : il considérait la médecine comme la seule occu(p)pation incontestablement utile à l'homme et dont les progrès techniques apportent (il manque un mot ou deux là non ? :snif: ) d'effets négatifs.

Les déceptions n'ont pas tardé quand, au cours de la 2ème année, il dut passer son temps dans la salle de dissection : il subit un choc dont il ne s'était jamais remis : il était incapable de regarder la mort en face ; peu après il s'avoua que la vérité était pire encore : il était incapable de regarder le corps en face : sa fatale, irresponsable imperfection ; l'horloge de décomposition qui régit sa marche ; son sang, ses entrailles, sa douleur.

:snif: Me revoilou Lili, pardon pour l'abandon, honte sur moi et sur ma paresse autant physique qu'intellectuelle... :snif:

Et merci de ne pas nous abandonner... :snif:

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shiny Membre 67 messages
Forumeur en herbe‚ 30ans
Posté(e)
[...] les instituteurs, souffre-douleur(s) des enfants mal élevés ; [...]

Personnellement j'aurais laissé souffre-douleurs tel quel, juste le tiret en plus !

Sinon le reste semble bon. :snif:

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